
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-02-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-262212)
8 porcs vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures classées en souffrance légère. Sous anesthésie générale, ils subissent une ponction de l’artère fémorale, des acquisitions scanner et une dénervation endovasculaire d’une heure destinée à détruire des nerfs, pour tester une technique de traitement de la douleur cancéreuse chez l’humain. Le porteur justifie leur mise à mort par le prélèvement des organes traités, qu’il décrit comme « indispensable » pour confirmer les données d’imagerie. Il retient le porc pour sa taille proche de celle de l’humain, qui permet d’utiliser le même matériel qu’en clinique.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La douleur viscérale chronique est une condition fréquente chez les patients atteints de cancer, qui contribue à une diminution dramatique de la qualité de vie. Son traitement repose largement sur les antalgiques tels que les opioïdes mais est limité par des effets secondaires et/ou des effets insuffisants. En effet, parmi les patients atteints de cancer de l’abdomen, 80% ne répondent pas de manière adéquate à la prise en charge pharmacologique ou présentent des effets secondaires importants. En outre, 10 à 15% des patients souffrant de douleurs accompagnées d’épisodes de douleurs aiguës doivent changer d’opiacé et/ou subir une procédure invasive de gestion de la douleur, notamment une neurolyse. La neurolyse consiste en une destruction intentionnelle sélective du tissu nerveux visant à interrompre la conduction des stimuli douloureux des tissus vers les centres supérieurs, par des moyens chimiques (alcool – phénol) ou physiques (chaleur – congélation). La neurolyse du plexus cœliaque est maintenant considérée comme un moyen efficace qui s’ajoute à l’approche médicale standard pour le traitement de la douleur viscérale chez les patients atteints de cancer. Les options de neurolyse cœliaque actuellement disponibles comprennent la neurolyse du plexus cœliaque avec injection d’alcool ou de phénol, du bloc du plexus cœliaque avec stéroïdes, l’ablation du nerf splanchnique par radiofréquence percutanée et la neurolyse hypogastrique supérieure avec injection d’alcool ou de phénol. La dénervation rénale endovasculaire par ablation aux ultrasons est actuellement une option thérapeutique sûre et efficace de l’hypertension primaire. Étant donné que la taille de l’artère rénale est comparable à celle du tronc cœliaque, de l’artère mésentérique supérieure et des branches principales de l’artère iliaque interne, la technologie développée pour la dénervation rénale devrait être sûre et efficace dans le cadre de la dénervation cœliaque endovasculaire pour le traitement des patients cancéreux souffrant de douleurs viscérales réfractaires. L’objectif de ce projet est de développer une approche endovasculaire de neurolyse utilisant la technologie de dénervation pour les patients cancéreux souffrant de douleurs viscérales réfractaires. Dans le cadre d’un développement par étapes de cette approche, nous proposons d’entreprendre une étude préclinique pour explorer la faisabilité ainsi que la sécurité et l’efficacité de cette technique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette étude permettra de valider une approche endovasculaire de neurolyse utilisant la technologie de dénervation pour les patients cancéreux souffrant de douleurs viscérales réfractaires. Après validation de la faisabilité, de la sécurité et de l’efficacté technique de cette approche, une étude clinique pourra être envisagée.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le jour de l’intervention (J0) et à J7, les animaux seront prémédiqués par piqure intramusculaire du mélange sédatif, cette étape ne dure que 5 minutes (piqure avec une grande tubulure permettant l’injection lente du produit sans contention) puis seront placés sous anesthésie générale et ventilation controlée. Des acquisition scanner seront réalisées à J0 et J7 sous anesthésie générale (durée: 10minutes). La procédure de dénervation endovasculaire par radiologie interventionnelle est une procédure d’une durée d’1h maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux pourront être soumis à un stress, notamment la veille de l’intervention pendant la phase d’isolement en petit groupe (n=2) pour la mise à jeun. Le jour de l’intervention (J0) et à J7, l’anesthésie sera précédée d’un isolement de l’animal dans un box vide afin de réaliser la prémédication par piqure intramusculaire du mélange sédatif. Une voie veineuse périphérique sera mise en place au niveau de l’oreille de l’animal par laquelle une administration d’anesthésie chimique sera réalisée. Après intubation orotrachéale, l’anesthésie générale sera assurée par administration gazeuse. Un introducteur 7F sera mis en place après ponction de l’artère fémorale droite sous repérage échographique. Les animaux seront soumis, sous anesthésie générale, à de l’imagerie médicale: acquisitions scanner et angiographies.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux (n=8) du projet seront mis à mort à la fin de la procédure. Le prélèvement des organes cibles ayant reçus le traitement de dénervation est indispensable afin de pouvoir confirmer les données d’imagerie par les analyses histologiques et immunohistochimiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe pas de méthode alternative permettant d’atteindre cet objectif dans des conditions le plus proches possibles des cas cliniques. Il s’agit d’une étude ayant pour objectif d’évaluer l’efficacité et l’innocuité d’une procédure de dénervation par radiologie interventionnelle. L’ensemble de ces dispostifs ont été testés in vitro, cependant, il est nécessaire d’évaluer l’efficacité et la sécurité de ces dispositifs en réalisant des tests sur organismes vivants pour prendre en compte les éléments qui ne peuvent pas être démontrés par des tests in-vitro (dommages tissulaires dans les artères dénervées ainsi que dans les organes environnants, évaluation des lésions nerveuses dans les artères dénervées). Le projet a pour objectif de valider les aspects d’efficacité et de sécurité dans un modèle in-vivo, ne pouvant être validés lors des tests in-vitro. Le modèle porcin, de par sa taille, présente l’avantage d’avoir des tailles d’organes comparables à l’Homme, et permet la mise en oeuvre de procédures de radiologie interventionnelle.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet est une preuve de concept. Le nombre d’animaux a été réduit au maximum en veillant toutefois à obtenir un nombre de zones traitées suffisant pour les analyses statistiques. Le nombre d’animaux nécessaires a été défini selon notre expérience et non selon une approche statistique. La plupart des analyses dépendront de données qualitatives, par expérience, un nombre de 8 permettra d’obtenir des résultats interprétables, en tenant compte de la variabilité interindividuelle.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les procédures expérimentales ainsi que l’environnement d’hébergement ont été optimisées. Les animaux , issus de la même fratrie, seront hébergés ensemble dans un box de 9m² avec de la fibre de bois au sol et des objets d’enrichissement renouvelés régulièrement (kong, balles, jouets caoutchouc durs masticables…). Les gestes interventionnels seront toujours réalisés sous anesthésie générale, par du personnel formé, permettant un temps interventionnel réduit au maximun, afin de prévenir la souffrance et l’angoisse de l’animal. Le bien-être de l’animal sera contrôlé en veillant aux conditions d’hébergement et au comportement des animaux. L’acclimatation des animaux sera d’une semaine avant d’entrer dans le protocole. Des observations quotidiennes seront réalisées par une personne compétente basées sur l’apparence physique externe, le comportement (sociabilité, appétit) et les réponses comportementales aux stimuli externes (peu enclins aux manipulations, tentative de fuite). Ces contrôles sont enregistrés et permettent de repérer tout animal malade ou blessé pour prendre des mesures appropriées. Des controles biquotidiens en postopératoire sur une durée de 2 jours seront réalisés par une personne compétente avec évaluation du bien-être et de la douleur. L’évolution du score permet de noter l’amélioration ou l’aggravation de l’état de l’animal et de prendre des mesures appropriées (points limites). Chaque paramètre est ainsi quantifiable, les scores sont additionnés et l’atteinte d’un score supérieur ou égal à 6 définit un point limite et engendre la sortie de l’animal du programme et sa mise à mort après consultation du vétérinaire référent si nécessaire. Tout constat d’un mal-être est remonté au responsable du bien-être des animaux pour examen approfondis, traitements adaptés et/ou consultation du vétérinaire référent.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il s’agit d’une étude ayant pour objectifs de vérifier la faisabilité, la sécurité et l’efficacité d’une technique de neurolyse par dénervation. Cette technique utilise des protocoles et du matériel de radiologie interventionnelle qui ne peuvent etre mis en place que sur des animaux de taille conséquente. Le porc est devenu l’animal de taille humaine de référence parce qu’il est très proche de l’homme d’un point de vue physiologique et anatomique (taille, structure et morphométrie des organes, stabilité génétique). Les animaux seront de jeunes adultes âgés de 5 à 6 mois (50+/-5 kg). Les animaux de cet âge présentent des organes de tailles équivalentes à l’humain et offrent l’avantage de travailler avec le même matériel que celui utilisé en pratique clinique humaine.