Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

252 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés. Des femelles gestantes reçoivent des injections d’alcool pour reproduire une alcoolisation foetale, puis leurs petits subissent imagerie de l’oeil, test de vision et électrophysiologie à 15 jours et à l’âge adulte. Le porteur décrit des mères qui vacillent sous l’effet de l’alcool et prévoit d’écarter les petits atteints de cataracte ou d’inflammation, rétines et cerveaux étant prélevés après mise à mort. Il présente l’examen de la rétine comme une piste de diagnostic précoce chez l’enfant et affirme qu’aucune méthode non animale ne fournit de telles images.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-238767v1
Types de recherche
· Organes sensoriels · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Alcoolisation foetale, Vision, Ophtalmologie, Imagerie, Fond d'oeil
Souris : 252

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’objectif de ce projet est d’évaluer l’intérêt diagnostique de la mise en évidence d’anomalies ophtalmiques dans un contexte d’exposition prénatal à l’alcool (EPA). Dans ce projet nous évaluerons les conséquences d’une EPA sur la vision et la structure de la rétine chez des souriceaux âgés de 15 jours et une fois l’âge adulte atteint. Des expériences menées sur des souris sauvages et transgéniques afin de caractériser les mécanismes moléculaires impliqués dans les effets d’une EPA sur le système visuel et d’envisager des cibles thérapeutiques.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Cette étude permettra d’envisager à l’avenir une surveillance adaptée des enfants ayant été exposés à l’alcool in utero. Chez l’Homme, une exposition prénatale à l’alcool (EPA) peut se traduire par des anomalies neurodéveloppementales souvent sévères. Le syndrome d’alcoolisation foetale (SAF), qui est la forme la plus sévère d’une exposition prénatale à l’alcool, est détectée dès la naissance du fait d’anomalies morphologiques. Cependant, le diagnostic des formes plus modérées (ou TCAF) est posé plus difficilement et plus tardivement avec des troubles cliniques qui apparaissent progressivement au cours du développement. Chez ces enfants, en plus des anomalies cérébrales déjà mises en évidence dans différentes parties du cerveau, il a été montré qu’une grande majorité des enfants SAF présente également des anomalies oculaires pouvant toucher toutes les parties de l’oeil. En effet, 90% des enfants SAF présentent des anomalies oculaires telles qu’une hypoplasie du nerf optique, une baisse de l’acuité visuelle et des troubles de la vision (comme la myopie ou l’astigmatie). Ces enfants présentent également des vaisseaux rétiniens qui apparaissent tortueux à l’imagerie du fond d’oeil. Aujourd’hui une meilleure caractérisation de ces anomalies ophtalmiques est nécessaire afin d’identifier de nouveaux marqueurs diagnostiques du SAF et du TCAF. Ainsi des techniques d’imagerie non invasives de l’oeil pourraient devenir une aide au diagnostic de ce syndrome.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Afin de mimer une alcoolisation foetale, de l’alcool sera administrée par voie sous cutanée à des souris gestantes du 15ème au 20ème jour embryonnaire. Ce protocole d’alcoolisation répétée par injection est décrit dans des cas d’alcoolisation maternelle et est réalisé chez la souris gestante. La vision des souris issues de ces portées sera analysée chez le jeune (souriceaux âgés de 15 jours- âge d’ouverture des yeux chez la souris) et à l’âge adulte (10 semaines- âge ou le système visuel est mature chez la Souris) par 2 techniques d’imagerie in vivo (Micron IV et OCT- 5 minutes par animal), par une étude de comportement (optocinétique-5 à 10 minutes) et par une technique d’électrophysiologie (30 minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A la suite de l’injection d’alcool chez les mères gestantes, les souris vacillent reflétant l’alcoolémie mesurée après 30 min comme observé chez l’humain après une alcoolisation. Au cours de l’injection, les souris ne montrent pas de signe de souffrance. Chez les petits nés de ces portées, en cas de détection d’une cataracte ou d’inflammation des yeux, les animaux seront sortis des procédures expérimentales.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les femelles gestantes (n=36) ne seront exposées qu’à la première procédure (alcoolisation). Ces femelles ayant été injectées (avec du NaCl ou de l’alcool), elles ne pourront pas etre réutilisées pour une nouvelle procédure. Une fois les petits sevrés, elles seront alors mises à mort. Les souriceaux âgés de 15 jours et les souris âgées de 10 semaines, tous issus de la procédure 1, seront utilisés pour la procédure 2 (n=216). A la fin de cette procédure, ils seront tous (n=216) mis à mort et les rétines et les cerveaux seront utilisés pour des analyses histologiques complémentaires.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La rétine constitue un miroir des atteintes cérébrales induites par une alcoolisation fœtale. La caractérisation de ces anomalies rétiniennes et le développement d’outils pour leur analyse précise constituent une voie innovante pour le diagnostic précoce des troubles causés par l’alcoolisation fœtale. L’imagerie du fond d’œil constitue par elle-même une technique de remplacement vis-à-vis des approches invasives telles que l’histologie et les analyses moléculaires au niveau cérébral qui nécessitent un nombre important d’animaux. En amont des expérimentations sur l’animal proposées dans ce projet des expériences in vitro (à partir de cultures cellulaires de cellules endothéliales) et des études histologiques ex vivo à partir de rétines étalées ont été menées et ont permis de mettre en évidence des anomalies de l’angiogenèse et de la neurogenèse rétinienne induites par une exposition à l’alcool. Ces anomalies ont également été corrélées aux anomalies cérébrales induites par une alcoolisation fœtale. L’objectif est maintenant i) de faire la démonstration de la valeur diagnostique de l’examen rétinien in vivo dans le dépistage précoce des atteintes neurovasculaires cérébrales chez le nouveau-né exposé in utero à l’alcool ii) de mettre en évidence la transposition possible chez l’humain avec le développement d’outils d’analyse permettant l’interprétation des données d’imagerie rétinienne. Aucune technique de remplacement non animale permettant d’obtenir de telles images de fond d’œil et d’explorer les performances du système visuel ne sont disponibles en préclinique.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le nombre d’animaux a été limité au minimum nécessaire pour atteindre l’objectif scientifique de ce projet avec des résultats statistiquement interprétables. Les procédures comportementales et d’imagerie de l’œil envisagées dans ce projet étant non invasives, un même animal peut être soumis à l’ensemble de ces tets, limitant ainsi le nombre d’animaux requis. Le minimum d’individus à inclure a été évalué d’après des résultats d’analyses du réseau vasculaire rétinien réalisées ex vivo sur des images de rétines étalées ; il convient alors d’inclure au moins 9 individus par groupe.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront examinés quotidiennement par les expérimentateurs et/ou le personnel qualifié de l’animalerie et seront hébergés dans les conditions conformes à la réglementation. Un enrichissement sera mis en place (tunnel en carton, demi-sphère de cellulose et lanières de papier kraft). Ils bénéficieront des mesures préventives (prévention du desséchement de l’oeil par l’application d’un gel aqueux ophtalmologique), anesthésiques et analgésiques (si besoin) adaptées à chaque animal et à chaque procédure expérimentale. Une signalétique particulière des animaux en expérimentation est utilisée afin de suivre chaque animal tout au long des différentes procédures. Elle permettra une surveillance adaptée des animaux en fonction des expérimentations pour s’assurer de leur bien-être. Si les points limites suivants sont dépassés : les signes de douleurs extérieurs indexés sur le Grimace Scale Souris, manifestations de signes de détresse ou signe d’infection, les animaux seront mis à mort par inhalation de CO2 dans une nécrobox. Pour les procédures, les animaux seront amenés dans la pièce 1 heure avant le début de l’expérimentation pour leur laisser un temps d’habituation. Les animaux seront maintenus dans un environnement stabilisé (température 21°C, hygrométrie 55%, luminosité 100 lux, durée du cycle de lumière 12h/12h) avec nourriture et boisson à volonté. Les animaux seront conservés dans leur cage de stabulation avec nourriture et boisson à volonté avant et après les procédures. La cage sera conservée à l’écart de la table d’expérimentation afin de minimiser le stress de l’animal. Les procédures seront réalisées dans une pièce isolée et calme. Après anesthésie, les animaux seront placés en chambre de réveil thermostatée à 30°C.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La Souris est un modèle de choix pour l’étude de nombreux systèmes complexes communs aux mammifères comme le système nerveux et le système visuel. En effet, le développement et le fonctionnement du système visuel de la Souris est très proche de celui de l’Homme. De plus, l’utilisation des lignées transgéniques Grin-/-/VeCadCre dont le gène codant la sous unité GluN1 du récepteur NMDA a été invalidé au niveau endothélial permettra de caractériser l’implication de ce récepteur dans les effets d’une exposition prénatale à l’alcool sur le fonctionnement du système visuel. L’utilisation des lignées transgéniques KO-tPA, dont le gène code un facteur impliqué dans les effets toxiques de l’alcool sur l’angiogenèse cérébrale, permettra de vérifier l’implication de ce facteur angiogénique. Ces expériences permettront de mieux comprendre la physiopathologie des effets neurodéveloppementaux d’une exposition prénatale à l’alcool. Pour ce projet, afin de mimer une alcoolisation foetale, de l’alcool sera administré par voie sous cutanée à des souris gestantes et les études seront ensuite menées sur les animaux, nés de ces portées, âgés de 15 jours et à l’âge adulte (10 semaines). Nous avons choisi des animaux âgés de 15 jours car cet âge correspond à l’ouverture des yeux chez la Souris permettant ainsi des techniques d’imagerie du fond d’oeil. Chez les animaux adultes, âgés de 10 semaines, le système visuel est mature chez la Souris. Nous pourrons ainsi vérifier si les anomalies observées à l’âge de 15 jours sont toujours observables à l’âge adulte. Les résultats obtenus nous permettront ainsi de caractériser l’impact d’une alcoolisation foetale sur le développement du système visuel et de vérifier si ces effets persistent jusqu’à l’âge adulte.