
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-10 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-849715)
189 souris immunodéprimées vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal reçoit dans le cerveau une injection de cellules cancéreuses humaines lors d’une chirurgie d’une heure, puis est pesé chaque jour pendant deux à trois mois le temps que la tumeur se développe, avant d’être tué pour prélever son cerveau. Le porteur indique que la pousse tumorale peut provoquer perte de poids, baisse des déplacements et retrait du groupe social. Il affirme que le pouvoir métastatique de ces cellules ne se vérifie qu’in vivo et juge le recours à « l’animal entier » « absolument nécessaire », les retombées thérapeutiques restant renvoyées au long terme.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les métastases cérébrales sont les tumeurs intracrâniennes du système nerveux central les plus fréquentes chez les adultes, elles représentent la troisième maladie neurologique en termes d’incidence avec plus de 30.000 nouveaux patients par an en France. Ces métastases sont associées à un mauvais pronostic et à une altération de la qualité de vie. La maladie métastatique implique plusieurs évènements dont la dissémination des cellules tumorales à partir de la tumeur primitive. Les données récentes suggèrent que ce sont essentiellement les cellules souches cancéreuses qui sont capables de donner des métastases. Ces cellules souches cancéreuses sont caractérisées par une capacité d’auto-renouvellement, une prolifération extensive, une capacité à se différencier et à reproduire une seconde tumeur identique à la tumeur d’origine. Les hypothèses actuelles postulent que les cellules souches métastatiques sont des cellules souches cancéreuses migrantes qui ont initié une tumeur à distance dans un nouveau site. Dans ce contexte, nous nous focalisons sur l’étude des cellules souches de métastases qui ont migré dans le cerveau. Les cellules souches de métastases cérébrales issues de cancers humains primitifs différents (colorectal, sein), seront caractérisées de manière complète in vitro en laboratoire. Une fois les cellules parfaitement décrites d’un point de vue biologique, la dernière étape de la caractérisation consiste en la vérification de la capacité de ces cellules à reproduire une tumeur humaine chez la souris. Cette dernière étape, in vivo, est, d’une part standardisée et internationalement reconnue comme telle et, d’autre part, absolument nécessaire à la validation de l’hypothèse. En effet, la finalité est de mieux décrire les cellules à l’origine des métastases chez l’homme issues de divers cancers primitifs afin de bloquer la migration de ces cellules. Ceci permettra l’ouverture vers de nouvelles thérapies ciblées chez l’Homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A court terme, nous souhaitons prouver que certaines cellules sont à l’origine des métastases cérébrales les caractériser. A long terme, nous espérons pouvoir ainsi les bloquer pour éviter un échappement du site primitif (sein, colorectal) vers le cerveau. Ceci permettra de développer de nouveaux médicaments empêchant la formation de métastases chez l’Homme.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont soumis à une injection de cellules cancéreuses humaines dans le cerveau. Cette chirurgie dure approximativement 1 heure et est réalisée sous anesthésie avec antalgiques. Suite à ces injections, les souris seront pesées (durée approximative 3 minutes) quotidiennement pendant 2 à 3 mois, qui est le temps nécessaire au développement tumoral.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Suite à la chirurgie, nous pouvons observer un inconfort sur les premiers jours post chirurgie puis, lors du développement tumoral : la perte de poids, la diminution des déplacements ainsi que le retrait de l’individu du groupe social établi. La chirurgie peut aussi induire un inconfort au niveau de la plaie du crâne et de la présence des fils de suture.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but est la récupération du cerveau des animaux. Il nous faut donc mettre à mort les animaux afin de récupérer leurs organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le domaine de la cancérologie, les potentiels tumorigénique et métastatique ne peuvent pas être appréhendés seulement par des expérimentations in vitro. Toutes les expérimentations in vitro classiques concernant les cellules souches (autorenouvellement, dilution limite, présence de marqueurs souches mis en évidence par différentes technologies de pointe) ont été réalisées en amont des expérimentations in vivo faisant l’objet du présent projet. L’administration des cellules à l’animal permet aux cellules souches de métastases cérébrales d’être au contact d’un environnement complexe qu’il n’est pas possible de reproduire in vitro. Il n’est donc pas envisageable d’utiliser des méthodes de substitution à l’animal entier à ce stade du projet qui consiste à vérifier sans aucun doute qu’il s’agit bien de cellules souches de métastases cérébrales.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre d’animaux, nous avons déterminé par un test statistique de calcul de puissance le nombre minimum d’animaux nécessaire dans chaque groupe expérimental afin d’obtenir des résultats statistiquement valides (Ce nombre est de 7 souris par groupe). Compte tenu des procédures à mettre en place pour valider les cellules souches de métastases cérébrales et du nombre de cellules souches de métastases cérébrales à valider, nous utiliserons 189 souris au total sur les 5 ans du projet. De plus, l’utilisation de souris ayant un statut hormonal identique à la personne d’où sont extraites les cellules souches de métastases cérébrales nous permet d’avoir une meilleure prise tumorale. Ceci limite aussi le nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris sont élevées en portoirs ventilés en accord avec le statut sanitaire d’animaux immunodéprimés. Les souris seront maintenues constamment en groupe d’au moins 2 individus afin de limiter le mal-être engendré par l’isolement d’individus. Un enrichissement adapté à l’espèce utilisée est mis à disposition dans les cages. Afin de s’assurer de leur bien-être, les souris seront pesées et observées quotidiennement à la recherche de signe de souffrance ou de comportement inadapté pendant toute la durée de la procédure. Les chirurgies seront réalisées selon des règles de bonnes pratiques chrirugicales (aseptie, anesthésie, antalgie, contrôle de la température) et par des personnes expérimentées. Une habituation en pré-opératoire est réalisée pour les pesées quotidiennes, afin de limiter le stress occasionné par celles-ci, pendant 7 jours. Une habituation à une nourriture enrichie riche en glucides et en lipides est aussi réalisée 48 heures avant les chirurgies pour veiller à la bonne reprise alimentaire en partie post-chirurgicale. Une prise en charge antalgique est réalisée en parties pré et post-opératoires. Des points limites (critères d’arrêt) spécifiques des procédures expérimentales appliquées sur les animaux ont été établis et seront appliqués. Au moindre signe clinique d’inconfort, une surveillance particulière de l’animal réalisée et un antidouleur puissant est introduit (morphinique). Si après 48h, le comportement de l’animal n’est pas revenu à la normale, l’animal sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris (Mus musculus) athymiques « nude »sont à ce jour l’espèce modèle de mammifères pour les études en cancérologie. En effet, ce modèle ne possède pas de système immunitaire compétent et ne peut donc pas rejeter une greffe d’origine humaine. Nous utiliserons des souris âgées de 6 semaines pour cette étude. Nous travaillerons avec des jeunes souris imprégnées d’hormones et facteurs de croissance permettant une meilleure croissance du greffon. Ceci permettant aussi de limiter le nombre d’animaux utilisés.