Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

1848 souris vont etre utilisees, toutes tuees a l’issue, dans des procedures impliquant un niveau de souffrance modere. Chaque animal recoit une greffe de tumeur sous la peau puis des traitements, avant d’etre tue pour des prelevements, le resume restant tres bref sur le deroule des procedures. Le porteur prevoit une mise a mort par dislocation des qu’un point limite est atteint et administre le butyrate dans l’eau de boisson pour limiter les manipulations. Il qualifie le recours a l’animal d' »incontournable », jugeant impossible de reproduire le systeme immunitaire et ses interactions hors d’un organisme vivant.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-052700v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Immunothérapie anticancéreuse, Butyrate
Souris : 1848

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les acides gras sont naturellement présents dans la circulation sanguine et sont utilisés comme source d’énergie par le corps humain. Lorsque ces acides gras possèdent 6 atomes de carbones ou moins, ils sont qualifiés d’acides gras à chaines courtes (AGCC). Lors d’une précédente étude, nous avons démontré que des souris recevant une boisson enrichie en butyrate (AGCC possédant 4 atomes de carbones) et traitées avec un anticorps monoclonal (médicament fabriqué en laboratoire qui est capable de se fixer spécifiquement sur une cible désignée) présentaient une réponse anti-tumorale significativement réduite par rapport aux souris également traitées mais buvant de l’eau normale. Une observation similaire a été faite dans une étude clinique chez l’homme : des concentrations plus élevées en AGCC (butyrate ou propionate, respectivement 4 et 3 carbones) ont été mises en évidence dans le sang des patients n’ayant pas répondu à un traitement par anticorps monoclonal. Ce projet a pour but de déterminer si l’efficacité d’un traitement par un type d’anticorps monoclonal (anticorps actuellement le plus fréquemment utilisée chez l’homme pour combattre le cancer) pouvait également être altérée par le butyrate. Si c’est le cas, le butyrate pourrait alors devenir une molécule prédictive de la réponse au traitement anti-cancéreux. Evaluer les effets des acides gras à chaine courte (AGCC) sur la réponse anti-tumorale et mettre en évidence les mécanismes immunosuppresseurs induits par les AGCC (butyrate et propionate) induisant une résistance aux médicaments ciblant et bloquant les checkpoints immunitaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le butyrate (et dans une moindre mesure le propionate) sont décrits comme pouvant réduire l’activité du système immunitaire : en grandes quantités, ils vont faire pencher la balance immunitaire en faveur d’une tolérance (pouvant expliquer la tolérance vis-à-vis de la tumeur). La compréhension des mécanismes d’actions permettrait de proposer des molécules bloquant l’action des AGCC qui pourraient, à terme, être utilisées chez l’homme en combinaison des traitements actuels pour augmenter les chances de réponses.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Greffes de tumeurs par voie sous-cutanée.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nuisances dues à la présence de tumeurs greffées en sous-cutané, et d’administrations de médicaments.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront mis à mort pour prélèvements post-mortem et analyses.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet nécessite de travailler sur des souris vivantes car il est actuellement impossible de reproduire les mécanismes du système immunitaires ex-vivo du fait de sa complexité . Les modèles in-silico et in-vitro sont importants et permettent de tester les hypothèses développées dans une certaine mesure. Cependant ces modèles présentent rapidement leurs limites : ce projet s’intéresse à la modulation du système immunitaire en fonction de la concentration en AGCC. Les expérimentations font donc appel aux interactions s’établissant entre plusieurs systèmes complexes (système digestif, système immunitaire …) qui ne peuvent être reproduit in-vitro. Le caractère incontournable du recours à l’animal est de nous permettre d’étudier, dans sa globalité, la modulation du système immunitaire (et ses interactions avec les autres systèmes complexes). Pour l’heure, il reste impossible de reproduire le système immunitaire et ses interactions avec les autres systèmes ex-vivo.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour ce projet, nous avons déterminé le nombre de souris nécessaire grâce au logiciel G*Power et d’après le critère le plus pertinent : le volume tumoral. Le nombre d’animaux a été calculé à l’aide d’un test Wilcoxon-Mann-Whitney et d’après les moyennes et les écarts types obtenus après 23 jours de croissance tumorale (plus grande différence de surface entre les groupes de souris). Les variables obtenues et utilisées dans le calcul sont les suivantes : « effect size d » = 0.954, α=0.05 et « Power » =0.85.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les injections seront faites sous anesthésie locale (lidocaïne) ou générale (isoflurane). Les prélèvements de sang se feront au niveau la veine submandibulaire pour réduire la douleur au long terme induite par ce genre de procédure. De plus, au moment du prélèvement, les souris seront maintenues sous anesthésie par isoflurane (1 à 1.5L/min d’air à une concentration de 1.5 à 2% d’isoflurane) et nous vérifierons que les souris sont bien endormies avant de procéder à la piqûre. Les souris seront également surveillées jusqu’à leur réveil pour contrôler le bon rétablissement après anesthésie. Les cages seront enrichies avec du sizzle nest et des tubes en carton permettant de réduire le stress induit à chaque fois qu’elles seront manipulées. De plus lors de leur arrivée dans l’animalerie, les souris seront placées en quarantaine pendant 1 semaine pour leur permettre de s’acclimater à leur nouvel environnement. Les acides gras administrés aux souris seront directement présents dans l’eau de boisson. Cela réduit fortement l’angoisse et la douleur engendrées chez les souris car cela évite des administrations de produit quotidiennement par gavage ou par injection intrapéritonéale. Enfin les souris ayant reçues des cellules tumorales seront surveillées quotidiennement et la détection de points limites entrainera un sacrifice par dislocation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le butyrate a montré qu’il était capable d’inhiber de la réponse anti-tumorale aux immunothérapies chez la souris. Il est donc cohérent de poursuivre la caractérisation des mécanismes d’actions dans ce modèle animal. Les anticorps bloquant les checkpoints immunologiques CTLA-4 et PD-1 que nous souhaitons étudier ont été développés et optimisés chez la souris et ont fait leurs preuves. Nous utiliserons deux modèles syngéniques : BALB/c et C57Bl/6. Ces modèles sont capables de porter des tumeurs décrites comme sensibles aux immunothérapies (CT26 et MC38 et B16K1). Les souris BALB/c et C57Bl/6 possédant des fonds génétiques différents, les mécanismes impliqués dans la réponse anti-tumorale varient également. Un parallèle peut être fait avec l’homme dont la diversité génétique explique les variabilités de réponse face aux traitements. Nous intéresserons également à un modèle tumorale capable de faire de la dissémination métastatique (4T1) qui ne peut être greffé que sur le modèle BALB/c. Les souris qui seront utilisées auront au minimum 8 semaines. Elles auront d’une part atteint la maturité sexuelle et d’autres part, elles auront fini de développer leur système immunitaire. Travailler sur le système immunitaire mature des souris permettra, en partie, de faire le parallèle avec celui de l’homme.