
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-550542)
30 porcs vont être utilisés, opérés sous anesthésie générale et tués avant tout réveil. Sur chaque animal, des chirurgiens créent des lésions hémorragiques répétées, une vingtaine de mesures par animal, sur le cerveau, le cœur ou le foie, pour tester deux agents hémostatiques d’un fabricant. Vingt des trente porcs servent à la formation de chirurgiens à l’usage du nouveau produit, pas à produire des connaissances. Le porteur décrit une répétition de lésions pouvant dégrader l’état de l’animal jusqu’à imposer une euthanasie anticipée, et présente le porc comme « l’animal de référence » pour ce type de procédure.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les saignements liés à la résection des tissus sont inhérents à la chirurgie et sont liés par définition à la fuite de sang en dehors du système circulatoire normalement fermé. Différents degrés de sévérité peuvent être observés. Le but de l’hémostase chirurgicale est d’arrêter le saignement en fermant la brèche créée dans la paroi vasculaire par une approche mécanique, physiologique, thermique ou chimique (ou par combinaison de ces méthodes). Cette fermeture est complémentaire du système de coagulation. L’hémostase chirurgicale doit être réalisée de façon permanente et pas seulement avec un contrôle temporaire des saignements au cours d’une opération. Ce concept peut sembler logique et simple, mais la réalité per-opératoire est que les variations de l’anatomie, de la physiologie, de la pathologie, des instruments, des matériaux et de l’état d’esprit du chirurgien peuvent rendre cet objectif beaucoup plus difficile à atteindre qu’il n’y paraît sur le papier. Divers agents hémostatiques topiques sont disponibles. Bon nombre d’entre eux doivent être préparés juste avant leur utilisation, ce qui retarde leur emploi et nécessite un certain degré de compétence. Il existe aujourd’hui un besoin d’hémostatiques locaux innovants et puissants, immédiatement disponibles, rapidement efficaces et simples d’emploi, tout en étant sans danger pour les tissus. Pour répondre à cette demande, un nouveau dispositif médical (IEIK13) a été développé par la société 3-D Matrix, pour lequel les premières études sur des animaux de petite taille et sur des porcs sont prometteuses. Ce projet a pour objectif d’améliorer les procédures d’hémostase en neurochirurgie, chirurgie cardiaque et chirurgie hépatique à l’aide de ce produit.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Confirmer la commodité d’emploi et l’efficacité hémostatique d’IEIK13 en neurochirurgie, chirurgie cardiaque et hépatique
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seont soumis à 1 type de procédure chirurgicale distincte, neuro-chirurgicale ou cardio-hépatique, qui ont pour objectif de créer des saignements modérés standardisés sur lequel sont appliqués les produits étudiés pour obtenir l’arrêt du saignement
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront systématiquement euthanasiés en fin de session sous anesthésie générale
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont opérés sous anesthésie générale et font l’objet de lésions hémorragiques répétées sur lesquelles est aussitôt appliqué un des agents hémostatiques étudiés. Il sont sous la surveillance constante du vétérinaire et les pertes sanguines sont compensées par des solutés de remplissage. Lors des deux procédures chirurgicales, neuro-chirurgicale ou cardio-hépatique, la répétiton des lésions hémorragiques peut conduire à une détérioration de l’état de l’animal et nécessiter une euthanasie anticipée. En fin de procédure, la multiplication des lésions impose de réaliser systématiquement une euthanasie.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Seule l’expérimentation animale permet de réaliser des modèles hémorragiques dont l’arrêt du saignement par le produit étudié permet d’en mesurer l’efficacité. Le porc est choisi pour sa proximité anatomique et physiologique avec l’homme et reste l’animal de référence pour ce type de procédure du fait de sa résistance.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des lésions vasculaires standardisées, source de saignement modéré et à la sévérité évaluée, sont traitées avec les produits étudiés. Vingt mesures d’arrêt du saignement sont prévues par animal et par procédure. Trente animaux, pesant 40 à 50 kilos seront nécessaires. Les 10 premiers sont destinés à la phase 1 (5 animaux pour la procédure neurochirurgicale permettant 10 mesures intracrâniennes et 10 mesures intrarachidiennes, et 5 animaux pour la procédure cardio-hépatique, comprenant 10 mesures sur le cœur et 10 mesures sur le parenchyme hépatico-splénique). 100 mesures sont nécessaires pour le produit étudié et 50 pour chacun des comparateurs, soit en tout 200 mesures à réaliser sur 10 animaux, à raison de 20 mesures par animal. S’il est possible d’effectuer davantage de mesures par animal, il sera possible de réduire le nombre d’animaux à utiliser lors de cette phase 1. Les 20 animaux suivants sont destinés à la phase 2 pour la formation des chirurgiens à l’utilisation du nouveau produit. Elle utilisera les mêmes procédures chirurgicales en nombre identique lors de sessions regroupant plusieurs chirurgiens afin de réduire le nombre d’animaux. Seul IEIK13 sera utilisé dans cette phase.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre de lésions hémorragiques créées par animal dont les pertes sont compensées par des solutions de remplissage mais sans transfusions de produits sanguins est susceptibles de provoquer des difficultés au maintien d’une physiologie normale. De ce fait, une euthanasie est indiquée en fin de session et peut même être anticipée si l’état de l’animal le demande quand les mesures de contrôle interventionnel s’avèrent inoéprantes pour ne pas compromettre le bien-être animal
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le porc domestique (Sus scrofa domesticus) a été choisi. D’un point de vue hématologique, il est indiqué que les modèles ovins et porcins simulent le plus précisément les caractéristiques de l’anatomie et de la physiologie humaines et présentent des propriétés hémostatiques similaires à celles des humains (Saeed, 2009). Enfin pour une analyse standardisée de performance d’hémostase, basée sur une analyse de la littérature, le porc a souvent été utilisé comme modèle d’hémostase préclinique. Les grands modèles animaux ont une pression artérielle et des volumes sanguins suffisants, et il est possible d’y effectuer davantage de tests par animal que chez les petites espèces. Des jeunes porcs domestiques mâles ou femelles, âgés de 11 à 12 semaines, pesant 40 à 50kg sont requis. Il s’agit de jeuns porcs âgés de 11 à 12 semaines, pesant 40 à 50 kgs car ils sont suffisament résistants aux traumatismes chirurgicaux à ce stade et encore d’un poids modéré permettant leur manipulation. 3.4.12. Indiquer le sexe des animaux et le justifier Des porcs des deux sexes peuvent être utilisés à cet âge car ils ne sont pas pubères et il n’y a donc pas lieu de craindre chez les femelles de variation de la coagulation liées à l’oestrus.