
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-05-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-753787)
864 souris vont être utilisées, opérées sous anesthésie profonde et tuées avant tout réveil. Chaque animal subit une thoracotomie, ouverture de la cage thoracique que le porteur qualifie lui-même d’acte douloureux, suivie d’une perfusion intracardiaque de fixateur, pour préparer le cerveau à des analyses histologiques. Ces souris sont génétiquement modifiées pour reproduire des maladies neurodéveloppementales avec déficience intellectuelle ou autisme et des maladies neurodégénératives, et sont uniquement dédiées à des études post-mortem. Le porteur affirme qu’aucun modèle in vitro, y compris les organoïdes cérébraux, ne remplace l’étude d’un cerveau entier.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de la fixation est de préserver des tissus biologiques rapidement et de façon uniforme afin de réaliser des examens histologiques de qualité. Placer directement un tissu ou un organe dans une solution de fixation est efficace pour de petits volumes. Pour un organisme entier, il est nécessaire de passer par l’étape de perfusion afin que le fixateur pénètre dans tous les organes et à des concentrations similaires. C’est pourquoi la perfusion par voie intracardiaque est utilisée, ainsi la la solution de fixation circule dans l’organisme par les vaisseaux sanguins pour une fixation optimale. Ce projet nous permet de regrouper les perfusions faites sur différentes lignées génétiquement modifiées afin d’étudier le système nerveux central des animaux lors d’analyses histologiques de qualité. Le projet concerne des modèles de maladies neurodéveloppementales avec retard mental et/ou autisme ainsi que des maladies neurodégénératives. Les animaux concernés sont des souris génétiquement modifiées pour modéliser des des mutations et des anomalies chromosomiques (duplications ou pertes de fragments de chromosomes) observées dans les maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives étudiées. Les animaux de ces études sont uniquement dédiés à des études post-mortem après la perfusion. C’est donc la seule PE de ce projet.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette procédure permet d’avoir des prélèvements de qualité pour réaliser des études histologiques et mieux comprendre certaines maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris subissent une chirurgie sans réveil pour pouvoir fixer le cerveau de manière optimale. Pour cela, une anesthésie profonde est couplée à un anti-douleur.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale consiste en un acte chirurgical avec une thoracotomie (ouverture de la cage thoracique), qui est un acte douloureux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette procédure implique la mort des animaux. Les cerveau ainsi qu’éventuellement d’autres organes seront utilisés pour des analyses histologiques
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour les études concernant le cerveau, il n’existe à l’heure actuelle pas d’alternative à l’utilisation des animaux. Les organoïdes cérébraux, censés mimer la structure et les fonctions principales du cerveau, n’ont pas la capacité de répliquer toutes les structures et réseaux neuronaux d’un cerveau adulte. Il n’existe donc pas encore de modèle de cerveau in vitro ou autre permettant de réaliser les analyses qui sont faites dans ce projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours de ce projet 12 lignées de souris mutantes seront utilisées. Ces lignées pourront pour certaines aussi contenir un marqueur fluorescent pour l’analyse de lignées neuronales spécifiques. Pour chaque lignée, les effectifs ont été calculés au plus juste pour satisfaire aux exigences en matière de réduction du nombre d’animaux utilisés (n=6 individus par sexe et génotype et par âge (non-sevré (P8-P12), juvénile (3-6 semaines), jeune adulte (2-4 mois), vieux (6-18 mois)) soit 6 individus x 2 sexes x 2 génotypes (mutant/contrôle) x 3 âges (non sevré, juvénile et jeune adulte pour les maladies neurodéveloppementales ou jeune adulte et 2 stades de vieillissement pour les maladies neurodégénératives) = 72) ) tout en assurant la qualité des résultats obtenus et la robustesse de leur validité statistique. L’effectif total de souris utilisées sera donc de 12 x 72 = 864.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale consiste en un acte chirurgical avec une thoracotomie (ouverture de la cage thoracique), qui est un acte douloureux. Afin que l’animal ne ressente aucune douleur, les animaux reçoivent préalablement une injection d’un mélange d’anesthésiques. Ces anesthésiques sont administrés afin de plonger l’animal dans une anesthésie profonde mais non létale et d’éviter tout réveil. Comme la souris peut conserver un certain degré de réaction douloureuse lors de l’anesthésie, un analgésique est ajouté au mélange d’anesthésiques. L’absence de douleur est vérifiée par la perte des réflexes de retrait de la patte et des réflexes palpébraux. L’anesthésie peut entrainer un stress léger chez l’animal. L’analgésique qui est administré ayant aussi un effet sédatif, permet aussi de calmer l’animal et de réduire l’anxiété. La procédure étant sans réveil, il n’y a pas besoin de suivi post-chirurgical.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La compréhension des mécanismes associés à des déficits neurologiques, requiert l’étude d’un organisme vivant dans son intégrité et sa globalité et il n’existe donc pas de méthode autre que l’étude in vivo. La souris est une espèce physiologiquement et génétiquement proche de l’Homme dans laquelle nous pouvons réaliser les manipulations génétiques pour obtenir ces modèles de pathologies humaines. Les animaux sont utilisés à différents stades post-natals : avant sevrage (8-12 jours) juvénile (3-6 semaines), jeune adulte (2-4 mois) et vieux (6-18 mois)). Pour les syndromes neurodéveloppementaux, les études nécessitent de comprendre le développement dès le stade embryonnaire et jusqu’à l’établissement des pathologies à l’âge adulte. Cependant, pour des raisons techniques, la procédure expérimentale utilisée ne concerne que les individus à partir de 8 jours post-natal, celle-ci ne pouvant être réalisées sur des individus plus jeunes. Pour les syndromes neurodégénératifs, la progression de la maladie doit être suivie à partir du stade jeune adulte et sur au moins un stade intermédiaire (stade prodromique) avant la déclaration complète des symptômes.