
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-781994)
912 lapins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, une partie réutilisée jusqu’à quatre fois et le reste tué par surdosage de barbituriques. On leur pose des inserts ophtalmiques dans le cul-de-sac conjonctival, retirés au huitième jour, pour évaluer le temps de résidence, la pharmacocinétique et la tolérance oculaire d’un dispositif à libération prolongée. Le porteur reconnaît que l’insert « peut induire une gêne oculaire » et admet n’avoir mené « aucune approche statistique » pour fixer un effectif calqué sur des études antérieures. Le bénéfice annoncé, remplacer des instillations quotidiennes par une application hebdomadaire, vise le confort des patients.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet doit permettre d’évaluer les points suivants : 1) le temps de résidence (c’est-à-dire la vitesse de disparition) au niveau de la surface oculaire des inserts ophtalmiques en cours de développement, 2) le devenir du médicament contenu dans les inserts dans les tissus de l’oeil (avec le dosage dans les tissus oculaires et le sang des principes actifs testés ; 2 à 3 dans le cadre de ce projet), et 3) confirmer la bonne tolérance oculaire des inserts. Le but est ainsi d’élaborer des inserts restant un maximum de 7 jours au niveau du cul-de-sac conjonctival après avoir été déposés sur l’œil (un seul insert par œil) et qui délivre le principe actif durant cette période.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices pour le patient d’un insert ophtalmique délivrant un principe actif pendant 7 jours seront une amélioration de leur qualité de vie et de l’observance de leur traitement en remplaçant des instillations journalières par une application hebdomadaire de l’insert. Une meilleure observance des traitements par le patient le préviendra d’une évolution défavorable de la maladie pouvant entraîner la perte de la vue.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis aux procédures suivantes : – Contention et pose de l’insert dans le cul-de-sac conjonctival (une légère sédation ainsi qu’une anesthésie peuvent être envisagées si besoin), durée 2-3 minutes, 5-10 minutes si une sédation est nécessaire.- Retrait de l’insert (ou de ce qu’il en reste) au jour 8 (contention et légère sédation et anesthésie si nécessaire) durée 2-3 minutes, 5-10 minutes si une sédation est nécessaire- Manipulation et contention des lapins afin de faire les observations avec l’ophtalmoscope et la lampe à fente, durée 15 à 20 minutes. – Pour la partie “étude du devenir du médicament dans les tissus de l’oeil” , les animaux sont contentionnés puis sacrifiés par surdosage de barbituriques (durée 5-10 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les inserts développés utilisent des excipients déjà largement utilisés pour la formulation de collyres ou dispositifs médicaux appliqués sur la surface oculaire des patients. Il n’est pas attendu que les constituants des inserts induisent une réaction toxique au niveau de la surface de l’œil. Les inserts, petits solides de 10 mg de forme allongée, peuvent cependant induire une gêne oculaire lors de leur pose. Une fois ces derniers hydratés par les larmes ils forment un gel translucide dont la gêne oculaire doit être fortement réduite. Cette gêne oculaire sera également évaluée et caractérisée pendant le déroulé des études et du projet, principalement lors de la phase 1 du projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la phase 1 du projet (suivi du temps de résidence et de la tolérance des inserts), un lapin peut être réutilisé jusqu’à 4 fois, après des périodes de repos d’une semaine minimum, et conformément à l’avis du vétérinaire (seuls les animaux sains, ne présentant aucune lésion oculaire, pourront être réutilisés). Pour la phase 2 du projet (étude du deveir du médicament dans les tissus de l’oeil), les animaux sont mis à mort par surdosage d’anesthésique aux temps prévus des prélèvements.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La vitesse de disparition des implants de la surface oculaire ne peut être modélisée avec précision par des méthodes in vitro ou in silico. Il n’existe pas de méthode de remplacement pour l’évaluation du temps de résidence au niveau de la surface oculaire. Cependant, des expérimentations in vitro, permettant de définir la vitesse de dégradation des inserts sont réalisés avant de tester les inserts chez l’animal. Seuls les inserts ayant les meilleurs profils en terme de vitesse de dégradation seront par la suite testés chez l’animal, ce qui permettra aussi de limiter le nombre d’animaux à utiliser (voir point suivant, réduction).
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des expérimentations in vitro, permettant d’établir des vitesses de dégradation des inserts dans des conditions données sont réalisées avant de tester les inserts chez l’animal. Seuls les inserts ayant les meilleurs profils en terme de vitesse de dégradation seront par la suite testés chez l’animal, ce qui permettra aussi de limiter le nombre d’animaux à utiliser. De plus, les lapins ne seront pas systématiquement mis à mort à la fin d’un cycle d’évaluation de la phase 1 du projet. En effet, après un temps de repos d’une semaine environ, les lapins pourront être utilisés pour tester un nouvel insert dans l’œil n’ayant pas servi lors de la première évaluation. Plusieurs cycles sont ainsi possibles pendant 6 mois (lapins de 2-3 mois au début des premiers tests, et lapins de 9-10 mois lors du dernier test). Il n’est pas attendu de différence de réaction oculaire entre des jeunes lapins de 3 mois et des lapins plus vieux de 10 mois, ce qui permet de réutiliser les lapins. L’évaluation pharmacocinétique quant à elle utilise par définition beaucoup d’animaux. Cependant dans le but de réduire leur nombre, il est prévu de n’utiliser que 3 lapins par temps de prélèvement. Pour cela aussi les deux yeux seront dosés avec la référence ou les inserts à évaluer. Aucune approche statistique spécifique n’a été réalisée pour déterminer le nombre d’animax à utiliser. Cependant ce nombre a été déterminer en s’appuyant sur les nombres utilisés dans des études du même ordre.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lapins seront placés dans des cages individuelles avec enrichissement du milieu afin que ces derniers soient dans un environnement qui leur soit le plus adapté possible. Ils seront suivis quotidiennement pendant les périodes d’évaluation, ainsi que pendant les phases « de repos » afin de s’assurer de leur bien-être et de pouvoir apporter rapidement des soins le cas échéant. Les lapins disposeront également de bâtons de bois à ronger, de papier kraft ciselé et des jouets en caoutchouc.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour les études ophtalmiques, le lapin, avec son œil relativement grand représente le modèle animal le plus adapté pour ce type d’étude. Des lapins adultes, âgés de 2-3 mois et pesant environ 2-2,5 kg seront commandés pour ces études.