
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-954695)
90 rats vont être utilisés dans des procédures classées sans réveil, l’acte final étant mené sous anesthésie sans reprise de conscience. Une hyperglycémie leur est induite par injection de streptozotocine ou de glucose, et une partie court cinq séances de tapis roulant par semaine pendant cinq semaines, un tapis équipé d’une stimulation électrique de faible intensité. Le porteur reconnaît que ce dispositif peut être « générateur de stress ou de douleurs légères à modérées » et prévoit une grille de points limites. Il affirme qu’il « n’existe aucun modèle de substitution in vitro » et juge l’usage d’animaux « indispensable » pour étudier l’ischémie-reperfusion sur le vaisseau entier.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Depuis plusieurs années, l’hyperglycémie est considérée comme un facteur de risque majeur dans le développement des maladies cardiovasculaires (Infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébrale…). Par ailleurs, une étude clinique a récemment corrélé la consommation régulière de boissons sucrées et le risque de mortalité cardiovasculaire (Malik et al., 2019). Cependant, les mécanismes cellulaires sous-jacents sont encore mal compris. Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer l’origine de cette glucotoxicité, qui apparait dès une exposition brève au glucose. L’une des principales est la production exacerbée d’espèces réactives de l’oxygène (ROS), déclenchée en condition d’hyperglycémie aigue (Yang et al., 2008, Lu et al, 2020). Lors d’un stress hyperglycémique, le stress oxydant, présent au niveau vasculaire semble impacter directement la biodisponibilité du monoxyde d’azote (NO) entrainant ainsi une dysfonction vasculaire (Forstermann and Munzel, 2006; Loader et al, 2017; Pektas et al, 2018). En condition pathologique telle que les pathologies ischémiques ces altérations de la fonction endothéliale pourraient conduire à une aggravation des lésions occasionées lors de la reperfusion. Cette hypothèse est en adéquation avec plusieurs méta-analyses indiquant qu’une glycémie élevée lors de l’admission à l’hôpital est associée à un pronostic plus défavorable lors d’un infarctus du myocarde (Capes et al, 2001) mais également lors d’un accident vasculaire cérébral (Moulin et al, 1997; Weir et al, 1997; Bruno et al, 1999). Suite à ces observations, l’hyperglycémie aigue, est considérée comme un « nouveau » facteur de risque durant un syndrome ischémique et comme un facteur prédictif de la sévérité des lésions de reperfusion (Ceriello, 2005). L’objectif principal de ce projet sera donc d’investiguer les mécanismes vasculaires impliqués dans l’aggravation des lésions d’ischémie reperfusion observées en condition hyperglycémiques. L’activité physique régulière etant maintenant largement reconnu pour ses effets vasculo-protecteurs (Joyner et Green 2009) notamment lors d’ischémies reperfusions (Farah et al., 2017; Boulghobra et al., 2020), le second objectif de ce travail sera d’évaluer les effets protecteurs d’une activité physique régulière sur la sensibilité à l’ischémie-reperfusion en condition hyperglycémique
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Malgré l influence reconnu de l’hyperglycémie dans l’aggravation des effets délétères des pathologies ischémiques, peu de travaux ce sont intéressés aux effets directs de celle-ci sur la vasculature. Une meilleur compréhension de ces phénomènes semble indispensable afin de prévenir ces altérations. Par ailleurs il semble pertinent d’évaluer les potentiels effets protecteurs de l’activité physique sur les altérations spécifiques du tissu vasculaire.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux des groupes hyperglycémiques sont soit soumis à une injection unique de streptozotocine (60mg/kg, 0,1ml/100g) soit de glucose (2 g/kg, 0.1ml/100g ip) en intrapéritonéale. Par ailleurs, tous les animaux des groupes exercés sont acclimatés au tapis roulant pendant 5 jours avant le protocole, à raison de 10 min de course à plat à une faible vitesse (15 m/min) qui est progressivement augmentée jusqu’à 22m/min. Puis le protocole d’activité physique consiste en 5 séances d’entraînements de 45 minutes par semaine pendant 5 semaines à une intensité correspondant à environ 60% de la vitesse maximale aérobie des animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’induction d’une hyperglycémie par injection intra-péritonéale de Streptozotocine ou de glucose est une procédure pouvant entrainer des douleurs faibles au site d’injection. Suite à cette injection les animaux seront placés sous surveillance durant 2 heures. La réalisation d’activité physique sur tapis roulant motorisé incluant une stimulation electrique de faible intensité peut être génératrice de stress ou de douleurs légères à modérées chez les animaux réalisant ce protocole. Afin de réduire ce stress tous les animaux sont acclimatés au tapis roulant pendant 5 jours avant le protocole, à raison de 10 min de course à plat à une faible vitesse (15 m/min) qui est progressivement augmentée jusqu’à 22m/min. Par ailleurs afin de limiter la douleur induite par ce protocole un système de contrôle permet l’arrêt automatique des chocs électriques si l’animal s’arrête sur les grilles de stimulation. Celles-ci deviennent alors une zone refuge pour l’animal (le temps que l’expérimentateur le retire du tapis et le replace dans sa cage). Durant la période de réalisation de l’activité physique mais également suite à l’injection de streptozotocine un contrôle de l’état clinique des animaux sera réalisé quotidiennement selon un système d’évaluation avec indices de 0 (normal ou léger) à 3 (changements importants par rapport à la normale) pour différents critères physiologiques et comportementaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de la procédure les animaux sont euthanasiés (Doléthal : 182mg/kg, 0.1ml/100g ip) afin de prélever les artères fémorales et muscles de la patte postérieure ayant suivi le protocole d’ischémie-reperfusion ainsi que la patte controlatérale.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe à l’heure actuelle aucun modèle de substitution in vitro pour évaluer l’effet de l’hyperglycémie et de l’exercice physique sur la sensibilité des vaisseaux à l’ichémie-reperfusion. Par ailleurs, l’utilisation d’animaux permet d’étudier des mécanismes cellulaires qui ne peuvent être analysés chez le patient. Afin de comprendre les mécanismes délétères de l’hyperglycémie sur ce fonctionnement artériel, il semble pertinent de considérer cet organe dans son intégralité et dans des conditions expérimentales les plus proches possibles des conditions physiologiques. Par conséquent l’utilisation de modèles animaux apparait comme indispensable à la réalisation de ce protocole.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Approche statistique : Effectifs : Différences attendues entre populations sur critère de jugement principal (cf. littérature scientifique et résultats antérieurs du laboratoire sur l’altération de la fonction endothéliale) : env. 20% ; soit pour puissance statistique= 0,95, risque alpha= 0,05, 15 animaux/groupe. Analyse statistique SPSS 20.0 pour Windows (SPSS Inc.). Signification statistique pour risque d’erreur de première espèce α = 5%. Ceci, plus notre expérience préalable dans le domaine nous ont permis de déterminer le nombre d’animaux pour ces expérimentations. Approche expérimentale : La taille du rat permet de collecter une plus grande quantité de matériel biologique nécessaire à la réalisation d’évaluations vasculaires Ex-vivo et analyses biochimiques, permettant ainsi de limiter le nombre d’animaux
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont stabulés une semaine après leur arrivée, avant toute procédure, afin de s’acclimater à leurs conditions d’hébergement. Afin de permettre la formation de groupes sociaux, les rats sont hébergés en cages de 3 individus avec un enrichissement du milieu (tubes, coton, bâtons à ronger). La nourriture est standard ad libitum et un accès à de l’eau fraiche. La température et l’hygrométrie sont contrôlées. Les animaux sont visités quotidiennement par un animalier formé qui contrôle le bien-être des animaux à l’aide d’une fiche intégrant les différents point limites. Lors de la procédure les animaux sont anesthésiés à l’isoflurane (4.5% pour l’induction puis 1.5-2% pour le maintien de l’anesthésie) et une injection sous-cutanée de buprénorphine (0.3mg/kg) 30 min avant l’intervention sera également réalisée. La température des animaux est maintenue constante grâce à l’utilisation de tapis chauffants. Les animaux sont euthanasiés à la fin de la procédure d’ischémie-reperfusion par surdose d’anesthésique (Doléthal : 182mg/kg, 0.1ml/100g ip)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le rat est un modèle de choix car la physiologie cardiaque des rongeurs présente de grandes similitudes avec celle de l’homme. Le modèle rongeur a l’avantage de permettre des investigations depuis l’étage cellulaire et moléculaire jusqu’aux mesures in vivo. L’utilisation du même animal in vivo puis pour des analyses biochimiques permet de réduire le nombre d’animaux utilisés au cours du protocole expérimental. Afin d’éviter des modifications liées au développement des animaux, les animaux seront utilisés à un stade mature (rats de 12 semaines) pour être représentatif d’une population adulte