
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-10-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-230559)
120 dindes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des dindes reproductrices de 32 semaines sont infectées par des virus influenza aviaires puis soumises à des écouvillonnages du bec et du cloaque et à des prises de sang répétées pendant deux semaines, avant prélèvement d’organes, pour caractériser dix virus et leur franchissement de la barrière d’espèce. Le porteur indique que l’infection provoque de fortes chutes de ponte pouvant aller jusqu’à l’arrêt total, et qualifie ces virus de faiblement pathogènes. Il écarte le remplacement au motif que la pathogénicité ne peut pas s’évaluer in vitro, invoquant la « nécessité » d’un test in vivo sur l’espèce cible.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Depuis début 2020, de nombreux cas d’influenza ont été identifiés dans le grand ouest et principalement en Bretagne dans les élevages porcins et sont causés par des virus influenza porcin A(H1avN2) DK-EA. Un virus proche, appelé A(H1N2)v a été caractérisé chez un patient hospitalisé en Bretagne en août 2021. Des virus similaires ont également été mis en évidence depuis avril 2020 dans des élevages de dindes présentant des symptômes de chute de ponte. Ce projet vise, dans le contexte actuel d’ « une seule santé », à identifier les déterminants moléculaires viraux de la pathogénicité de virus influenza aviaires A(H1N2)v dans un modèle d’infection chez des dindes reproductrices de 32 semaines, ainsi que ceux pouvant intervenir dans le franchissement de barrière d’espèce. Les dindes reproductrices âgées de 32 semaines représentent le modèle approprié pour reproduire les symptômes observés sur le terrain en élevage. Pour ce faire, une procédure expérimentale sera mise en place et répétée au plus 10 fois afin de caractériser la pathogénicité et les facteurs intervenant dans le franchissement de la barrière d’espèce de 10 différents virus influenza aviaire A(H1N2).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de caractériser 10 différents virus influenza A(H1N2) chez des dindes reproductrices de 32 semaines, représentant le modèle approprié pour reproduire les symptômes observés sur le terrain en élevage. Ce projet permettra en particulier de caractériser la pathogénicité de ces différents virus chez la dinde (signes cliniques, lésions, cinétique d’excrétion virale…), mais également d’identifier les déterminants moléculaires viraux pouvant intervenir dans le franchissement de la barrière d’espèce.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des observations cliniques quotidiennes, des prélèvements par écouvillonnage oro-pharyngé et cloacal et des prélèvements de sang seront effectués sur les animaux pour les différentes répétitions de la procédure tels que : – En tout, 7 écouvillons oro-pharyngés et 7 cloacaux par animal pour le lot B inoculé et 2 écouvillons oro-pharyngés et 2 cloacaux pour le lot A témoin seront réalisés dans les 14 jours. Chaque prélèvement d’écouvillon oro-pharyngé et cloacal dure une minute maximum par animal, en intégrant la contention de l’animal pour réaliser le prélèvement. – En tout, 4 prises de sang au sinus occipital pour le lot B et 2 pour le lot A seront réalisées dans les 14 jours. Pour chaque prélèvement de sang, 1 à 2 mL de sang seront prélevés par animal. Chaque prise de sang dure 30 secondes maximum par animal car les prélèvements sont effectués après la réalisation des écouvillons et ne nécessitent pas une contention supplémentaire des animaux. – Prélèvements d’organes sur les animaux mis à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les différents virus influenza A(H1N2) utilisés causent des signes cliniques modérés chez les dindes reproductrices. Les effets indésirables prévus pour les animaux inoculés sont des fortes chutes de ponte allant jusqu’à une absence totale de ponte quelques jours après infection et durant quelques jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la procédure réalisée et répétée plusieurs fois, les animaux seront systématiquement étourdis puis mis à mort à la fin de la procédure.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux choisis pour ce projet sont uniquement des dindes reproductrices de 32 semaines, qui représentent le modèle approprié pour reproduire les symptômes observés sur le terrain en élevage. L’étude de la pathogénicité ne peut pas être évaluée in vitro d’où la nécessité de mettre en place un test in vivo chez l’espèce cible aviaire la plus adaptée pour évaluer la pathogénicité, c’est-à-dire les dindes reproductrices ainsi que pour évaluer les caractéristiques du virus permettant un franchissement de barrière d’espèce.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisés est le plus faible possible tout en permettant l’obtention de résultats statistiquement significatifs à l’aide de tests statistiques adaptés. En effet, certaines répétitions de la procédure seront regroupées afin de n’avoir qu’un seul lot témoin pour deux ou plusieurs lots infectés en parallèle.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les dindes seront hébergées dans des cages conformes aux conditions exigées en expérimentation animale (litière, densité, points d’alimentationet d’abreuvement…), dans des animaleries confinées de niveau 2 pour volailles. Concernant la taille des animaleries, le nombre d’animaux autorisé règlementairement pour une surface donnée sera respecté, à savoir 0,55 m2/animal. L’eau et l’aliment seront fournis ad libitum et des enrichissements appropriés tels que des cordelettes suspendues, seront mis à disposition. Les virus influenza A(H1N2) utilisés dans cette étude sont faiblement pathogènes et leur degré de sévérité est qualifié de modéré. Par ailleurs, lors de la création de virus mutés par génétique inverse, une réduction de fonction sera recherchée, diminuant ainsi la pathogénicité chez les dindes. Dans l’éventualité de signes cliniques provoqués par le virus occasionnant un mal-être chez l’animal, des points limites ont été définis pour que les animaux soient mis à mort avant que la souffrance ait un atteint un seuil non acceptable. L’approche pour réduire la souffrance des animaux réside également dans l’instauration d’observations cliniques quotidiennes.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les espèces choisies sont des espèces des dindes représentatives de l’espèce sensible d’après les données observées sur le terrain dans les élevages. Les dindes seront âgées de 32 semaines, âge pour lequel la maturité sexuelle est atteinte et pour lequel les dindes produiront des œufs. Cet âge se justifie dans la mesure où les principaux signes cliniques observés sur le terrain suite à l’infection par le virus A(H1N2) sont des chutes de ponte chez des dindes reproductrices.