
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-462164)
450 souris et 50 cobayes vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent dans le péritoine une préparation issue de prélèvements humains ou animaux, sang, biopsies, liquide céphalo-rachidien, insectes, pour que les micro-organismes qu’elle contient s’y multiplient, avant une anesthésie terminale et le prélèvement du sang et des organes. Le laboratoire indique n’utiliser que deux animaux par échantillon, le second au cas où le premier ne répondrait pas à l’inoculation. Leur corps tient lieu de milieu de culture, et le porteur affirme que produire ces germes hors d’un organisme vivant reste hors d’atteinte, les organoïdes n’étant « pas encore au point ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de ce travail est double : isoler des micro-organismes dont la culture est fastidieuse, voire impossible et les produire en grande quantité ce qui permettrait d’une part la confirmation de diagnostic, et d’autre part la mise au point d’un milieu de culture axénique (stérile et exempt d’autres microorganismes).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le laboratoire reçoit plusieurs milliers de prélèvements (sang, biopsies, LCR- Liquide Céphalo-Rachidien, arthropodes, insectes…) effectués par des vétérinaires ou des médecins dans le cadre de consultations ou de projets de recherches. Certains de ces prélèvements contiennent des micro-organismes en petite quantité qui n’ont jamais été décrits ou dont la culture n’a jamais été mise au point, d’où l’intérêt d’amplifier les pathogènes en les inoculant à un animal de laboratoire sensible. A partir des prélèvements de l’animal infecté il sera possible d’ensemencer une gamme variée de milieu afin d’identifier et de mettre au point une culture axénique. Des souris ou des cobayes seront utilisés en fonction de la nature du germe à isoler.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les interventions sur les animaux seront les injections en intrapéritonéal (IP) de la préparation issue du prélèvement et in fine, l’injection en IP des solutions d’anesthésiant/ euthanasiant avant les prélèvements post-mortem.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La première nuisance sera celle de l’injection en intrapéritonéal (IP) de la préparation issue du prélèvement. Au niveau local, une rougeur et/ou gonflement peuvent apparaitre suite à l’injection. Si ces signes diminuent ou disparaissent dans les 48heures post-inoculation, la procédure sera poursuivie jusqu’à la fin du protocole. En revanche, si des complications et des signes extérieurs d’inconforts décrits dans la grille de scores des points limites sont observés, les mesures décrites dans la grille seront appliquées. Une deuxième nuisance peut être liée à l’injection en IP des solutions d’anesthésiant/ euthanasiant avant les prélèvements post-mortem. L’anesthésie ayant un effet rapide, aucun effet indésirable n’est attendu suite à l’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Euthanasie de tous les animaux: Les animaux subissent une anesthésie profonde terminale pour permettre le prélèvement sanguin et/ ou d’organes avant l’euthanasie finale.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe pas toujours de milieu de culture pour certains micro-organismes et un animal sensible à l’infection est utilisé d’une part pour l’isolement et d’autre part pour maintenir un stock de ces pathogènes afin de les étudier ultérieurement. En outre, la mise au point d’un milieu de culture axénique (stérile et exempt d’autres microorganismes) nécessite la disponibilité d’un nombre important du pathogène à étudier pour tester ses conditions de culture (test de composés de culture différents) d’où la nécessité d’utiliser un animal pour produire les pathogènes à tester. La mise au point d’organoïdes par exemple n’est pas encore au point afin d’amplifier des microorganismes ex-vivo.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux est de 2 maximum par prélèvement potentiel. L’utilisation d’animaux dans le cadre de ce projet reste faible. Lorsque nous recevons un échantillon « précieux », il est en général en faible quantité et la concentration en microorganisme est assez faible aussi. Nous utilisons 2 animaux par échantillons au cas ou une injection ou un animal ne répondrait pas favorablement à l’inoculation.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les deux individus de la même espèce sont hébergés ensemble dans la même cage avec une surface suffisante ainsi que des éléments de raffinement appropriés (igloo, carrée de nidification, bois à ronger). Pour limiter toute souffrance et/ou angoisse des animaux, nous mettons en oeuvre des mesures d’acclimatation en zone d’hébergement d’une semaine avant de commencer les manipulations. Les animaux seront observés par un personnel compétent et expérimenté (pelage, respiration et mobilité) quotidiennement et pesées (2 fois par semaine) afin de relever tout signe d’anormalité. La température corporelle sera prise si des signes extérieurs correspondant à la grille de score sont observés. De la nourriture et de l’eau sont disponibles ad libitum. Un analgésique sera administré en cas de signes avérés de souffrance suivant la grille de score couplée à ce projet. L’analgésique que nous utiliserons sera de la buprénorphine en SC (sous-cutané) toutes les 12 heures pour la souris et toutes les 6 heures pour le cobaye. Un anesthésique sera administré avant l’euthanasie finale en injection IP pour les 2 espèces.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Certains pathogènes ne peuvent être produit qu’en utilisant un modèle animal. Selon le pathogène suspecté soit la souris soit le cobaye sera l’hôte approprié/ sensible pour sa multiplication. Par exemple: Le cobaye Dunkin Hartley pour cultiver Borrelia hispanica Les souris BALB/c: autres Borrelia, Coxiella, Bartonella et Rickettsia Le stade choisi sera le stade adulte : souris 6 à 8 semaines et cobaye 4 à 5 semaines. La volémie chez l’adulte est plus importante (un volume de sang plus important pourra être collecté).