
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-246604)
Six prises de sang en quarante-huit heures, des injections dans le sinus rétro-orbital sous anesthésie, jusqu’à sept injections intrapéritonéales par semaine et un traitement oral quotidien: 2 400 souris subissent ce protocole après qu’on leur a déclenché une maladie auto-immune. 200 d’entre elles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, 1 680 un niveau modéré et 520 un niveau léger, toutes tuées à l’issue pour prélever leurs organes. Le porteur décrit un grattage excessif avec apparition de plaies, une mobilité réduite ou des douleurs articulaires, l’épaisseur de l’oreille et le gonflement des pattes étant mesurés au pied à coulisse. Des cultures de cellules sont en développement pour tester ces molécules, mais il écrit qu’elles ne remplacent pas encore un « organisme entier ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les traitements actuellement administrés aux patients développant des maladies auto-immunes permettent de réduire les symptômes mais ne permettent pas de guérison. Il est donc nécessaire de développer de nouveaux médicaments. Une molécule est intéressante et a déjà montré des résultats encourageants. L’efficacité thérapeutique de cette molécule est en cours d’évaluation dans plusieurs maladies auto-immunes. Afin d’optimiser son potentiel, différentes modifications ont été proposées. Ce projet a pour but de tester l’efficacité de ces nouvelles molécules dans différents modèles de souris chez lesquelles seront développées des maladies auto-immunes similaires à celles que l’on connait chez l’homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Plusieurs bénéfices peuvent découler de notre projet. Si ces nouvelles molécules permettent une diminution des symptômes dans les différentes maladies auto-immunes chez la souris, des essais cliniques chez l’homme pourront débuter. Et ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes qui participent au développement de ces maladies.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les injections au niveau du sinus rétro-orbital seront réalisés sous anesthésie. Tous les gestes suivants ont une durée de 30 secondes par souris. Injection des molécules par voie rétro-orbitale : sur animal endormi, 1 fois par expérience. Prélèvements sanguins, la durée totale du geste est de 1 minute par souris. Ce geste sera réalisé 6 fois par souris (0min, 30min, 1h, 6h, 24h, 48h). Injection des vaccins en sous-cutanée : sur animal endormi, 1 fois par expérience. Injection dans la peau de l’oreille : sur animal endormi, 1 fois par expérience. Injection intradermique : sur animal endormi, 1 fois par expérience pour les souris procédure 3 et 4 fois par expérience pour les souris en procédure 4. Injection intrapéritonéale : sur animal vigile, 1 fois par expérience. Injection par voie intrapéritonéale des traitements sur animal vigile entre 2 à 7 fois par semaine selon les traitements. Administration de traitements par voie orale : sur animal vigile, tous les jours. Mesure de l’épaisseur de l’oreille et du gonflement des pattes avec pied à coulisse, sur animal vigile, tout au long de l’expérience. Mesure de la force musculaire : sur animal vigile, 1 mesure/souris. Chaque souris sera pesée 5 à 10 fois au cours des expériences.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La manipulation régulière voire quotidienne des souris, en particulier lors des traitements (par voie intrapéritonéale et/ou par voie orale) peut engendrer un stress sur les animaux. Les maladies qui se développeront pourront induire soit un grattage excessif et l’apparition de plaies, soit une mobilité réduite des souris, soit des douleurs aux articulations.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de chaque procédure les animaux seront mis à mort. Des tissus seront prélevés post-mortem pour analyse de la structure des différents organes ainsi que des cellules immunitaires défenseuses et qui modèrent le système immunitaire.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de remplacer et de limiter l’utilisation des souris des cultures de cellules sont en développement pour tester l’efficacité des nouvelles molécules. Cependant, ces modèles ne permettent pas encore de remplacer un organisme entier. De plus, les maladies auto-immunes touchent un grand nombre d’organes et il n’existe actuellement pas de système autre qu’un animal vivant comme la souris pour analyser l’effet des nouvelles molécules testées.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour réduire le nombre d’animaux utilisés, les molécules testées ont été au préalable évaluées sur des cultures en laboratoire afin d’en sélectionner un nombre réduit. Le nombre d’animaux minimal et nécessaire à chaque expérience a été évalué statistiquement avec un logiciel dédié.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris bénéficieront dans leurs cages de bâtonnets de coton et/ou maison en carton. Enfin, pour les injections nécessitant une anesthésie, la cage sera sur un tapis chauffant pour leur réveil. La mise à mort anticipée des souris sera effectuée lorsqu’un point limite énoncé dans la grille de score relative à chaque expérience est atteint. Les injections potentiellement douloureuses seront réalisées sous anesthésie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est une espèce de choix pour les expériences menées dans le domaine de l’auto-immunité car la physiologie de la souris est proche de celle de l’Homme, en particulier sur la similitude du système immunitaire à celui de l’Homme, mais également en raison de la connaissance complète du génome murin. Les souris que nous utiliserons seront âgées de 6-14 semaines afin que les souris aient fini leur croissance, et que les résultats ne soient pas affectés à cause de modifications dues à un âge trop avancé des animaux.