
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-02-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-255926)
Toutes tuées à l’issue pour prélèvement d’organes, 132 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections sous-cutanées de bléomycine cinq jours par semaine pour provoquer un durcissement de la peau, une inoculation quotidienne de Porphyromonas gingivalis dans la bouche, et pour une partie d’entre elles la pose de ligatures autour de quatre molaires trois fois par semaine sous anesthésie générale. Le porteur décrit la pose des ligatures comme non douloureuse et précise dans la même rubrique qu’aucun anti-inflammatoire ne pourra être administré, ces médicaments risquant d’interférer avec les résultats. Sur le remplacement, il écrit que la règle « n’est pas applicable dans le cas de ce projet ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La sclérodermie systémique est une maladie autoimmune rare qui touche près de 10000 personnes en France, principalement les femmes. Elle est caractérisée par une fibrose des tissus (la peau notamment), des anomalies des vaisseaux et une dérégulation du système immunitaire. La cause n’est pour le moment pas connue. Un dérèglement du microbiote, avec un déséquilibre entre les bactéries positives et négatives de notre flore microbienne (appelé dysbiose), a été impliqué dans le développement de nombreuses maladies autoimmunes, dont la sclérodermie systémique. La parodontite est une pathologie inflammatoire d’origine infectieuse très répandue dans la population mondiale, puisqu’elle touche plus de 50% de la population âgée de plus de 50 ans. Elle se caractérise par une infection et une inflammation des tissus de soutien des dents appelé parodonte, qui comprend la gencive, l’os alvéolaire et le ligament alvéolodentaire. La parodontite aboutit au déchaussement, voire à la perte des dents. Elle est la conséquence d’un déséquilibre du microbiote parodontal. La bactérie Porphyromonas gingivalis joue un rôle clé dans cette pathologie. Notre hypothèse est que la dysbiose du microbiote parodontal et en particulier la présence de la bactérie Porphyromonas gingivalis pourrait représenter un facteur de risque et avoir un impact sur le développement de la sclérodermie systémique. L’objectif de ce projet est de développer un modèle de souris permettant d’étudier l’impact de la dysbiose du microbiote parodontal dans le développement de la sclérodermie systémique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La cause de la sclérodermie systémique n’est pour le moment pas connue, mais les facteurs environnementaux, et notamment certains microorganismes, jouent un rôle dans le déclenchement de la maladie. La mise en évidence de l’implication d’une dysbiose du microbiote parodontal, et en particulier de la bactérie Porphyromonas gingivalis, dans le développement de cette maladie autoimmune rare permettra ainsi d’améliorer la compréhension de la sclérodermie systémique, ce qui nécessaire pour pouvoir développer de nouveaux traitements dans le futur. Il n’existe en effet pour le moment pas de traitement permettant de guérir cette pathologie, qui a un fort impact sur la qualité de vie et la survie des patients
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont soumis à une injection sous-cutanée de bléomycine (réalisée 5 jours par semaine), qui est une molécule ayant pour effet de provoquer une fibrose de la peau, afin de reproduire la sclérodermie systémique. La réalisation de ces injections est rapide (moins de 2 minutes). Pour induire la dysbiose du microbiote parodontal, une partie des souris sera soumise à une inoculation quotidienne avec une solution contenant la bactérie Porphyromonas gingivalis, qui sera appliquée uniquement au niveau de la bouche à l’aide d’une canule à bout mousse. Chez l’autre partie des souris, une pose de ligatures imbibées avec une solution contenant la bactérie Porphyromonas gingivalis sera en plus réalisée autour des molaires maxillaires 3 fois par semaine, afin de reproduire une parodontite. La pose des ligatures au niveau de 4 molaires est un geste nécessitant un temps d’une dizaine de minutes en tout. Les animaux seront également soumis à des prélèvements sanguins qui seront réalisés toutes les 2 semaines et qui nécessitent un temps inférieur à 5 minutes. La plupart de ces procédures (injections initiales de bléomycine, pose des ligatures, prélèvements sanguins) sera réalisée sous anesthésie générale, à l’exception de l’inoculation buccale de la bactérie Porphyromonas gingivalis, qui est une application rapide d’un petit volume de solution au niveau de la bouche de l’animal, et des injections de bléomycine après habituation de l’animal à une récompense.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les injections sous-cutanées de bléomycine initiales, le placement des ligatures imbibées de la bactérie Porphyromonas gingivalis, et les prélèvements de sang au niveau de la veine submandibulaire seront réalisés sur animal anesthésié (anesthésie générale par injection de kétamine/xylazine ou anesthésie gazeuse à l’aide d’isoflurane). Les nuisances liées aux anesthésies répétées sont inhérentes a toute anesthésie. L’utilisation de l’isoflurane pour l’anesthésie présente un aspect aversif pour la souris, cependant l’anesthésie génère un stress moins important que de réaliser les gestes à l’état vigile. La bléomycine est glycopeptide qui induit une inflammation et une fibrose cutanée progressive lorsqu’il est injecté par voie sous-cutanée. Les animaux vont donc développer une fibrose au niveau de la zone d’injection, c’est-à-dire au niveau du haut du dos. Porphyromonas gingivalis est une bactérie qui est impliquée dans le développement d’une inflammation gingivale. L’induction de la parodontite par Porphyromonas gingivalis n’est cependant pas assez longue pour obtenir une destruction complète de l’os qui soutient les dents et donc une mobilité ou une perte de dents chez les souris. La parodontite induite n’entravera pas l’alimentation des souris. Un suivi quotidien du bien être des animaux et de leur poids sera mis en place dès le début des procédures grâce à une grille de suivi comprenant des points limites.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux utilisés dans les procédures sera mis à mort à la fin des procédures (prélèvement post mortem de différents organes afin de réaliser les différentes analyses) ou en cas d’atteinte des points limites.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La règle du remplacement n’est pas applicable dans le cas de ce projet. En effet, nous devons avoir recours à un modèle in vivo afin d’étudier l’impact de la bactérie Porphyromonas gingivalis sur la physiopathologie de la sclérodermie systémique. Nous étudions notamment les réponses immunitaires et la production d’autoanticorps, qui mettent en jeu des coopérations cellulaires multiples dans les organes lymphoïdes tels que la rate et les ganglions. Pour ces raisons, nous ne pouvons avoir recours à l’utilisation de modèles in vitro. En ce qui concerne les modèles in vivo, la souris est le modèle approprié afin d’étudier les fonctions du système immunitaire ainsi que les mécanismes physiopathologiques parodontaux, car les connaissances et les outils d’analyse chez la souris sont très développés dans les domaines de l’immunité et de la parodontologie.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de respecter la règle des 3R, une réduction du nombre d’animaux utilisés a été décidée. Nous nous basons sur des protocoles déjà bien établis dans la littérature. La pertinence des résultats sera évaluée à l’aide de tests statistiques appropriés. Le nombre minimal d’animaux par groupe expérimental pour chaque question posée a été calculé et il est de 5 à 14 animaux par groupe. Toujours dans un souci de réduction, le nombre d’animaux exact nécessaire pour chaque procédure sera commandé auprès de fournisseurs agrées et nous ne réaliserons pas de croisements.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous porterons une attention particulière au bien-être animal notamment via le raffinement des conditions d’hébergement. Les groupes de souris utilisés pour les expériences seront placés dans les cages expérimentales à couvercle filtrant (6 maximum par cage) avec enrichissement (tubes en polycarbonate rouge translucides, nids, frisures de carton…) sur des portoirs ventilés deux semaines avant le début des procédures, afin de réduire au maximum le stress animal. Une habituation à la manipulation sera réalisée de façon quotidienne après la première semaine d’acclimatation, jusqu’au début de la procédure. Certaines procédures seront réalisées sous anesthésie générale. Les animaux seront pesés et suivis quotidiennement à l’aide d’une grille de score définissant des points limites, décritz pour chaque procédure, afin de les soustraire à la souffrance. Après chaque prélèvement sanguin, les animaux seront également surveillés pendant 24h en utilisant des points limites specifiques. Des soins péri- et post-opératoires seront également réalisés. Les souris anesthésiées seront placées sur une plaque chauffante (37°C) immédiatement après les anesthésies afin de maintenir leur température corporelle jusqu’à leur réveil de l’anesthésie. Une application de gel au niveau des yeux sera réalisée à intervalles réguliers jusqu’au réveil pour lubrifier la surface oculaire et de prévenir la déshydration, ainsi que l’apparition d’éventuelles lésions de la cornée. La pose des ligatures au niveau des molaires n’est pas une procédure douloureuse. Elle nécessite cependant d’être réalisée sous anesthésie générale car elle nécessite le maintien d’une ouverture buccale de la souris pendant quelques minutes. Nous ne pourrons cependant pas administrer d’anti-inflammatoires en cas de douleur, car ces médicaments pourraient interférer avec les expériences réalisées. Cependant, les gestes réalisés et notamment la pose de ligatures ne sont pas des gestes douloureux et ne nécessitent pas la mise en place d’un traitement antalgique.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un modèle couramment utilisé en immunologie, en particulier dans le domaine de l’auto-immunité, le système immunitaire des souris étant proche du système immunitaire humain. Nous disposons de nombreuses techniques d’analyse du système immunitaire chez la souris et de l’expérience requise pour le suivi des réponses immunitaires chez la souris, ce qui nous permet de limiter le nombre d’animaux utilisés. Nous utiliserons des souris âgées entre 8 et 12 semaines, qui sont des souris avec système immunitaire complètement mature et chez qui la croissance osseuse du maxillaire et la physiologie du parodonte sont établies.