Reptiles

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  • Conservation des espèces
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 90
Souffrances
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Tortues vertes et tortues imbriquées, deux espèces de reptiles que le porteur décrit comme "menacées au niveau mondial", sont capturées à la main dans un atoll, sur leurs zones d'alimentation et sur les plages de ponte. 90 tortues marines vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, soit 50 juvéniles et 10 femelles adultes de tortue verte et 30 juvéniles de tortue imbriquée. Tenues une vingtaine à une trentaine de minutes hors de l'eau, elles subissent des prélèvements de peau, d'ongle, d'écailles et de sang, la pose ou l'implantation sous la peau d'une marque acoustique et, pour les juvéniles, une laparoscopie sous anesthésie locale par une incision de 0,8 à 1,5 cm afin de connaître leur sexe, jusqu'à 20 d'entre elles portant en plus une caméra pendant trois jours au plus. Toutes sont relâchées sur leur lieu de capture, certaines avec une marque implantée, pour un suivi acoustique que le porteur prévoit sur 3,5 à 10 ans.

Objectifs

Les écosystèmes marins subissent une pression croissante liée aux impacts des activités humaines, entraînant un déclin des espèces, ainsi qu’une dégradation de la santé des écosystèmes et des services essentiels aux sociétés rendus par les océans. Dans ce contexte, les aires marines protégées (AMP) jouent un rôle clé dans la conservation des ressources. Toutefois, leur efficacité dépend notamment de la capacité à protéger les habitats réellement utilisés par les espèces, y compris lorsque celles-ci se déplacent au-delà de leurs limites. Il est donc nécessaire de mieux comprendre, à différentes échelles, le fonctionnement de leur biodiversité et leur connectivité. Les tortues marines, espèces menacées au niveau mondial, constituent des modèles biologiques particulièrement pertinents pour cette approche en raison de leurs déplacements à grande échelle et de l’utilisation successive de différents habitats au cours de leur cycle de vie. Le projet vise ainsi à comprendre comment les tortue verte (Chelonia mydas) et imbriquée (Eretmochelys imbricata) utilisent les habitats marins et les ressources naturelles à différents stades de vie, comment ces habitats sont connectés et quels sont les enjeux de conservation associés. Ses objectifs consistent à caractériser : (1) l’utilisation des habitats à des échelles locale et régionale aux différents stades de vie grâce à la télémétrie acoustique, en s’appuyant sur un réseau de plus de 400 hydrophones (station d'écoute de balises) déployés dans leurs habitats ; (2) la structure et la stabilité génétiques des populations locales ainsi que leurs connexions avec d’autres populations en renforçant la banque de données de peau existante ; (3) la structure et l’état de santé et de stress des populations en évaluant l’âge et le sexe, et via des bilans sanguins et écotoxicologiques; (4) le régime et la sélection alimentaires par l’analyse d’isotopes stables à partir d’échantillons de tissus et le déploiement de caméras sur les individus ; (5) les patrons de communication en décrivant les répertoires vocaux des différentes espèces à partir d’hydrophones (enregistreur de sons sous-marins) couplés aux caméras embarquées. En combinant ces différentes approches et par comparaison avec des données régionales, le projet permettra de mieux appréhender l’état de conservation des tortues marines, et de mieux comprendre les besoins écologiques des différents stades de vie et sexes selon les espèces.

Bénéfices attendus

Grâce i) à l’analyse spatiale des déplacements des individus marqués et suivis sur plusieurs années (de 3,5 à 10 ans) permise par le vaste réseau d’écoute en place dans la région (N>400) et sur le site (N>20) d’étude, ii) aux analyses génétiques renforcées par l’acquisition de nouveaux échantillons de peau, et iii) au développement d’indicateurs trophiques et de stress, nous pourrons mieux comprendre les zones et périodes de migration, le niveau de fidélité des espèces aux différents habitats et leur dynamique spatiale au sein du site d'étude et entre les AMP de la région d'étude. De plus, les connaissances sur la biologie et l’écologie des tortues marines seront renforcées par les autres analyses. Les résultats seront mis à disposition des gestionnaires partenaires du projet pour proposer des mesures de gestion afin d'optimiser la préservation des habitats et espèces à l’échelle du site et de la région. Le projet s'inscrit dans la poursuite d'études initiées depuis plusieurs années la région d’étude alliant des approches utilisées depuis des décennies (identification, biométrie, isotopes stables, génétique, télémétrie acoustique) et plus récentes (laparoscopie, âgeage, vocalises). Ce projet complètera les connaissances sur 1) la structure génétique spécifique au site d’étude et la stabilité temporelle des flux génétiques au sein des populations régionales, 2) les patrons d’utilisation des habitats sur le long terme, (3) les régimes alimentaires et les ressources naturelles exploitées par les tortues marines sur le site d’étude en combinant des observations directes (vidéos) et des analyses d'isotopes stables, 4) les méthodes d’analyse d’isotopes stables en comparant deux tissus (peau et ongle) afin de vérifier le remplacement possible du premier par le second (moins invasif). Le sexage par laparoscopie permettra, pour la première fois sur ce site, d'évaluer le sexe ratio des populations de juvéniles dans un contexte de changement climatique (la détermination du sexe des tortues marines est thermo dépendante, les températures > 29°C favorisant les femelles). Les vocalises produites par les tortues marines en milieu non anthropisé seront comparées à celles d’individus en milieu anthropisé sur les autres îles de la région. Enfin, les données des bilans sanguins permettront de dresser un état de santé des individus à comparer avec celui d’individus issus de différentes populations et environnements anthropisés.

Procédures

Les animaux, juvéniles au sein des habitats côtiers et femelles adultes sur les plages de ponte, seront capturés temporairement à la main et tous les individus seront, dans un premier temps, identifiés à partir de photos de leurs profils faciaux (photo-identification) et d’un numéro unique éphémère (~2 semaines) au feutre-peinture afin de s’assurer de ne pas échantillonner deux fois la même tortue, puis feront l’objet : (1) de mesures biométriques (longueur de carapace, poids, longueur de la queue), (2) de prélèvements de peau (isotopes ; âge ; sexe ; génétique), d'ongle (isotopes), d’écailles (indicateurs de stress), et de sang (bilan sanguin ; contaminants), (3) d'une laparoscopie (sexage) – uniquement pour les juvéniles – impliquant une anesthésie locale pour permettre une incision de 0,8 à 1,5cm, qui sera refermée par une double suture, (4) de la pose ou de l’implantation sous-cutanée d’une marque acoustique (selon le stade) (5) de la pose d’une caméra dotée d’un hydrophone (marque Cats) et équipée d'un système de libération automatique (uniquement pour les juvéniles) (3 jours max. de fixation; récupération en surface via un récepteur satellite après libération). Ils seront ensuite relâchés sur le lieu de capture. Cela concerne N=50 individus juvéniles et N=10 adultes de tortue verte, et N=30 juvéniles de tortue imbriquée. Dans les lots de juvéniles, un maximum de 10 individus de chacune des 2 espèces (N=20) sera équipé d'une caméra. Au total 90 tortues marines seront manipulées au maximum. Tous les individus seront relâchés en milieu naturel après équipement. L’ensemble des manipulations durera entre 20 et 30 minutes.

Impact sur les animaux

Parmi les actes réalisés, la biopsie (peau et écaille), la prise de sang et la laparoscopie sont susceptibles d'entrainer une douleur équivalente ou supérieure à l'introduction d'une aiguille. En cas d’implantation sous-cutanée de la marque acoustique, afin d’éviter une seconde incision, l’incision de la peau réalisée pour la laparoscopie sera utilisée pour l’insertion de la marque dans les tissus adipeux dans une zone ne pouvant altérer les mouvements de l’animal. Le recours à la laparoscopie est limité aux individus juvéniles pour lesquels l'information sur le sexe est indispensable au regard des objectifs scientifiques et ne peut être obtenue de manière suffisamment fiable par une méthode non invasive. Les autres actes, externes ou réalisés sur des tissus non innervés (biopsie d’ongle), ne devraient pas entrainer de douleur. En revanche, la capture et la contention de l'animal pendant environ 30 minutes hors de l'eau pour la réalisation des différents actes (mesures biométriques, biopsies, laparoscopie, implantation de marque, fixation d'équipement temporaire), génèreront sans aucun doute un stress chez les animaux qui sera pris en compte par la mise en œuvre de mesures adaptées, incluant des points limites: absence de réaction aux stimuli sur la paupière ou au niveau du cloaque, forte agitation pendant plus de 5 minutes. L'ensemble de ces actes est bien maîtrisé par le personnel manipulant les tortues et sera encadré sur le terrain par les responsables du bien-être des animaux, appuyés d’un vétérinaire. D'après l'expérience d'actes similaires réalisés par le passé par les personnels impliqués dans le projet, et bien décrits par des experts mondiaux dans la littérature, il n'est pas attendu de perte de poids, de mobilité réduite ou de comportement anormal. Les modèles de marques acoustiques utilisés sont conçus spécifiquement pour les tortues marines et n'altèrent pas l'hydrodynamisme (si fixation externe). La taille et le poids des instruments sont adaptés à ceux des animaux équipés. Les caméras (posées sur des animaux de plus de 50 cm de longueur courbe de carapace), quant à elles, resteront fixées un maximum de 3 jours et se détacheront seules grâce à un système de libération automatique.

Devenir

L’ensemble des individus utilisés (soit N=90) dans le cadre de ce projet seront replacés dans leur milieu naturel, l’objectif de l’étude étant de caractériser leur cycle de vie dans le milieu marin.

Remplacement

Il est impossible de remplacer les spécimens de tortues marines par d’autres supports expérimentaux, l’objectif même du projet étant d’acquérir des connaissances sur leurs populations pour améliorer leur conservation.

Réduction

Le nombre d’animaux est défini par la puissance statistique recherchée afin d’alimenter des modèles permettant d’estimer la variabilité des paramètres de déplacement et d’utilisation de l’espace entre individus, et l’accessibilité aux individus ciblés. Il est toujours difficile en écologie spatiale de déterminer le nombre d’individus nécessaires pour capturer la variabilité de l’utilisation de l’espace pour une population. Ce nombre est variable en fonction des objectifs, des caractéristiques écologiques de l’espèce concernée et des modèles utilisés. Sur la base (1) d’études sur l’effet de l’échantillonnage sur la qualité des résultats, (2) du nombre minimum d’individus suivis par télémétrie pour capturer l’essentiel de la variabilité, et (3) du statut de conservation des espèces, le nombre d'individus testés dans les différents lots et procédures est minimal compte tenu de la distribution de ces espèces (ouest océan Indien), de leur nombre en milieu naturel et de la nécessité de capturer la majorité de la variabilité du comportement de ces espèces considérées de grands migrateurs. Les tortues vertes étant nettement plus abondantes que les tortues imbriquées dans la région d'étude, mais également sur le site d'étude, nous ciblons pour le suivi des déplacements locaux et régionaux des juvéniles, N=50 pour les tortues vertes et N=30 pour les tortues imbriquées, un nombre inférieur à celui potentiellement recommandé pour ce type d’étude, mais qui prend en compte le statut de ces espèces (menacées) et leur abondance locale et régionale. Le nombre de N=10 tortues vertes femelles adultes qui seront équipées d’une marque acoustique est relativement faible car il prend en compte le fait qu’ils viendront compléter ceux en cours de marquage par d’autres pays de la région. Un nombre d’échantillons similaire est requis pour l’étude des structures génétiques (N>50) et états de santé des populations pour tendre vers des tailles d’échantillons significativement représentatives des populations.

Raffinement

Mise en place de procédures de capture adaptées (à la main), et de maintien à bord optimales (contention à l'ombre, application d'un linge humide sur la tête (et yeux) de l'animal, environnement calme, personnel formé) de manière à ce que l’animal ne présente pas de signe de douleur car la souffrance peut être psychologique et il est difficile d’évaluer la psychologie de l’animal (les tortues marines sont capables de jeuner sur de longues périodes, elles peuvent être maintenues hors de l’eau plusieurs heures dès lors qu’elles sont placées à l’ombre et humidifiées régulièrement), que ses mouvements soient réduits afin qu’il ne se blesse pas et qu’il se tranquillise sans entraver l’expression de ses comportements normaux. Chaque individu manipulé sera surveillé attentivement durant toute l’opération, de sa capture à son relâcher. Une anesthésie locale sera réalisée au niveau de la zone d’incision (laparoscopie et implantation de la marque). Des points limites seront définis afin de stopper les procédures, notamment l'absence de réaction aux stimuli sur la paupière ou au niveau du cloaque, et une forte agitation pendant plus de 5 minutes. Le projet propose également d’évaluer la pertinence du tissu « ongle » dans l’étude de l’écologie alimentaire, comme un tissu alternatif (non-innervé) aux autres tissus dont le prélèvement est plus invasif. Les responsables du projet restent très attentifs aux avancées scientifiques en matière de i) biologie moléculaire qui permettent de réduire la quantité de tissu nécessaire aux analyses (génétiques, isotopiques) et ii) de développement technologique qui garantit des instrumentations peu contraignantes (utilisation de balises acoustiques bien plus petite et a durée de vie beaucoup plus longue que les balises satellites), dont la collecte des données ne nécessite pas la recapture de l’animal (télémétrie acoustique ou libération automatique des bio-loggers).

Choix des espèces

Les tortues marines sont des espèces protégées à caractère emblématique, véritable « clef de voute » de la préservation de la biodiversité. Elles représentent un enjeu majeur en termes de conservation et pour la région mais surtout pour le site d'étude, un site de développement exceptionnel pour ces deux espèces. En effet, ce site constitue non seulement un des sites les plus important au monde de reproduction de la tortue verte, mais aussi un site de développement pour les juvéniles des deux espèces et un des sites de présence de tortues imbriquées le plus au sud de la planète. Pour les 2 espèces ciblées, Tortue verte (juvénile et adulte) et Tortue imbriquée (juvénile), l’étude vise des stades juvéniles en alimentation afin d’améliorer les connaissances sur ces stades peu étudiés, tandis que les adultes sont étudiés afin de compléter les jeux de données existants sur ce territoire difficile d’accès et à enjeu de conservation important puisqu’il consitue l’un des sites majeurs pour la reproduction de la tortue verte dans la région.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 1152
Souffrances
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Devenir
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Capturés sur huit sites côtiers, gardés environ une heure en tube, mesurés pendant vingt minutes, les lézards des murailles subissent une prise de sang dans le sinus post-orbital puis une biopsie de 3 millimètres au bout de la queue. 1 152 individus adultes et subadultes sont utilisés sur trois sessions dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, et tous sont relâchés sur leur point GPS de capture après vingt minutes de balnéation en tube et d'observation. Aucune anesthésie ne précède la prise de sang, le porteur indiquant qu'elle doit être réalisée vite après la capture parce que l'hormone dosée est sensible au stress, une pommade analgésique étant appliquée quinze minutes avant la biopsie caudale. Le choix s'est porté sur ce reptile pour son abondance, sa large répartition côtière et son régime alimentaire généraliste, le porteur ajoutant que l'IUCN lui attribue un statut de préoccupation mineure et stable en Europe.

Objectifs

Les écosystèmes côtiers sont soumis à une augmentation de la teneur en sel dans l’eau et le sol (salinisation) et ce phénomène devrait s’accentuer dans le futur via l’élévation du niveau de la mer, l’intensification des événements extrêmes comme les tempêtes, et la modification des températures et des précipitations. La salinisation peut avoir un impact direct sur les organismes en favorisant la déshydratation. Chez les reptiles et les amphibiens, les mécanismes de régulation de l’état d’hydratation demandent de l’énergie. Ainsi, l’énergie utilisée pour réguler leur hydratation dans des environnements salés peut compromettre les processus physiologiques, la croissance, la reproduction et la survie. Par ailleurs, la salinisation peut altérer l’abondance et la qualité nutritive des proies, ce qui pourrait contraindre ces animaux à ajuster leur régime alimentaire, avec des répercussions potentielles sur leur capacité à réguler leur état d’hydratation, leur croissance et leur survie. Si les effets de la salinisation sur ces processus ont été étudiés chez les amphibiens, nous avons peu de connaissances sur l’impact de la salinité sur les reptiles. Comprendre comment la salinité influence la morphologie, la physiologie et le régime alimentaire des reptiles est donc essentiel pour évaluer la capacité de ces espèces à faire face aux perturbations climatiques et à la salinisation des zones côtières.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour objectif de faire progresser notre compréhension des effets de la salinité sur les reptiles terrestres qui sont peu documentés. Cette étude transversale permettra (1) d’améliorer nos connaissances sur les effets de la salinité sur la morphologie, la physiologie et le régime alimentaire des reptiles présent au niveau des zones côtières, (2) d’étudier les liens entre la morphologie, la physiologie, le régime alimentaire et la salinité en milieu naturel pour ensuite mener des expériences en laboratoire afin de tester nos hypothèses, (3) de mieux anticiper les effets de la salinisation sur les reptiles et d’orienter les stratégies de conservation des populations dans les zones côtières.

Procédures

Une prise de sang et une biopsie de l'extrémité de la queue. Durée < 2 minutes

Impact sur les animaux

Le projet impliquera un stress ponctuel au moment de la capture, des mesures (environ 20 min effectuer toutes les mesures et appliquer les analgésiques) et de la détention en tube (environ 1h comprenant le temps entre la capture et les mesures et une période d’observation de 20min) avant d’être relâchés sur leur point GPS de capture. Une seconde nuisance potentielle sera la prise de sang qui devrait générer une douleur légère de courte durée. Enfin, le prélèvement de tissu caudal (3 mm), réalisé sous analgésie, induira une petite lésion sans saignement et une douleur de courte durée.

Devenir

L'ensemble des animaux sera relâché à l'endroit de leur capture après les mesures réalisées. La remise en nature est cadrée dans l'autorisation de capture de cette espèce de la faune sauvage.

Remplacement

Il est impossible de remplacer le modèle biologique par un équivalent cellulaire ou in silico car l'étude des effets de la salinité sur les traits morphologiques, écophysiologiques et le régime alimentaire des reptiles necéssite l'utilisation d'animaux en milieu naturel (comme dans notre projet) ou dans des conditions contrôlées au laboratoire.

Réduction

L'échantillon d’animaux prévu pour quantifier les conséquences de la salinité sur les traits morphologiques, physiologiques et le régime alimentaire (1152 individus adultes ou subadulte au total et toutes sessions d’échantillonnage confondues) a été dimensionné pour prendre en compte la forte variabilité inter-individuelle (âge, sexe, etc.), et permettre des comparaisons entre populations continentales et insulaires. Ces effectifs ont été réduits au minimum par rapport aux besoins du suivi transversal ainsi qu’à notre expérience concernant ces études le long de gradient environnementaux où la variabilité intra et interpopulationnelle des traits est forte et façonnée par de multiples facteurs. L'étude se déroulera au cours de trois sessions d'échantillonnage réalisées avant, pendant et après l'été. Chaque session nécessitera la capture de 384 individus, soit un total de 1152 individus sur l'ensemble du projet. Les captures seront réalisées sur huit sites répartis entre quatre sites insulaires et quatre sites continentaux. Les sites ont été sélectionnés de manière à couvrir un gradient de salinité comprenant quatre niveaux : forte, modérée, faible et très faible (ou nulle). Pour chaque session, 192 individus seront capturés sur les îles et 192 sur le continent. Ainsi, sur chacun des huit sites, 48 individus seront échantillonnés par session, répartis de la manière suivante : 24 mâles (12 adultes et 12 subadultes) et 24 femelles (12 adultes et 12 subadultes). Cet effectif est nécessaire pour tester les effets de la saison, de la salinité, du sexe et de l’âge sur la morphologie et la physiologie des lézards.

Raffinement

Afin de raffiner le protocole, les mesures seront réalisées sur le terrain et les animaux ne seront pas ramenés au laboratoire afin de limiter le stress lié à la captivité. Pour les sessions d’échantillonnage pendant (deuxième session) et après l’été (troisième session), nous vérifierons que les individus n’ont pas été capturés à la session précédente à l’aide des scans ventraux et dorsaux (reconnaissance de l’individu à l’aide de la disposition/forme des écailles ventrales et du pattern coloré du dos) pour éviter que les animaux subissent deux fois la procédure. Les mesures seront effectuées le plus rapidement possible afin de limiter la durée du stress et de ne pas biaiser les dosages d’hormones sensibles au stress. Après la prise de sang dans le sinus post-orbital, nous appliqueront un collyre ophtalmique analgésique. La prise de sang sera suivie d’une balnéation en tube Falcon (voir ci-dessous). Une anesthésie préalable à la prise de sang ne peut pas être effectuée car la prise de sang doit être réalisée rapidement après la capture. En effet, l’arginine vasotocin semble être étroitement lié à l’axe hypothalamo-hypophysaire et sensible au stress. Quinze minutes avant la biopsie caudale, un analgésique local (pommade Emla lidocaïne prilocaïne 5%) sera appliqué à l’extrémité de la queue en amont et à proximité immédiate de la zone de la biopsie afin de limiter l’impact du prélèvement sur l’animal, tout en évitant tout contact avec la zone prélevée afin de ne pas perturber le traitement ultérieur des échantillons (extractions d’ADN). Après les mesures, une période de surveillance ainsi qu’une balnéation de 20 minutes est réalisée en tube Falcon et à l’obscurité. La balnéation sera réalisée en mettant 3mm d’eau à température ambiante dans le tube falcon. Des observations répétées de l’individu seront effectués toutes les 5 minutes pour s’assurer du bon état de santé de l’animal avant qu’il soit relâché sur son point GPS de capture. Des points limites associés à des comportements atypiques lors de la contention pour la prise de sang ou le prélèvement caudal seront appliqués avec arrêt des procédures expérimentales en cas de dépassement du point limite.

Choix des espèces

Le lézard des murailles est un petit lacertidé héliophile d'Europe occidentale, largement distribué en France, et occupant généralement des habitats ouverts et rocailleux depuis l’intérieur des terres jusqu’aux zones côtières. La forte abondance de cette espèce, sa large répartition sur les zones cotières (continent et îles) et son régime alimentaire généraliste et flexible en font un modèle d’étude idéal pour étudier les effets de la salinité sur les traits morphologiques, les traits écophysiologiques et le regime alimentaire des reptiles. Selon l’IUCN, cette espèce a un statut de préocupation mineur et stable en Europe. Les animaux utilisés seront des individus subadultes (1 an) ou adultes (de 2 ans ou plus) afin de quantifier les réponses différentielles à la salinité en fonction de la classe d’âge et afin d’avoir un échantillon représentatif de l’entiereté de la population.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 4
Souffrances
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Devenir
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4 tortues marines accueillies en centre de soins subissent une capture dans leur bassin, une contention hors de l'eau d'environ quinze minutes et une incision d'un centimètre du derme pour y glisser une marque acoustique. Deux de ces reptiles sont opérés sous une anesthésie générale déjà programmée pour retirer un hameçon ingéré, les deux autres sous anesthésie locale, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Toutes retournent ensuite dans leur bassin de convalescence, en attente d'une remise en liberté, la marque restant sous leur peau puisque son retrait n'est pas prévu. Le porteur qualifie cette validation de "prérequis scientifique indispensable" avant le marquage en milieu naturel, et présente les tortues marines comme une "clef de voute" de la préservation de la biodiversité.

Objectifs

Les écosystèmes marins subissent une pression croissante liée aux impacts des activités humaines, entrainant un déclin des espèces, ainsi qu’une dégradation de la santé des écosystèmes et des services essentiels aux sociétés rendus par les océans. Dans ce contexte, les aires marines protégées jouent un rôle clé dans la conservation des ressources, et il nécessaire de mieux comprendre, à différentes échelles, le fonctionnement de leur biodiversité et leur connectivité. Un large projet vise à étudier des modèles biologiques présentant des capacités de déplacements à grande échelle en milieu naturel, telles que les tortues marines, afin mieux caractériser: (1) l’utilisation des habitats à des échelles locale et régionale grâce à la télémétrie acoustique, en s’appuyant sur un réseau de plus de 400 hydrophones déployés dans leurs habitats; (2) la structure et la stabilité des populations locales ainsi que leurs connexions avec d’autres populations via la génétique; (3) l’état de santé de certaines populations, évalué par comparaison avec des données régionales. Avant le marquage des tortues marines en milieu naturel, le présent projet vise à valider une méthode d’implantation sous-cutanée de marque acoustique décrite dans la littérature sur des individus en captivité. Cette approche s’appuie sur des travaux menés sur d’autres vertébrés (poissons, requins, mammifères marins) et sur des travaux vétérinaires de chirurgie pré-fémorale chez les tortues marines. Contrairement à la fixation sur la carapace, dont la durée est limitée en raison des frottements sur les rochers ou le récif (

Bénéfices attendus

Le bénéfice du projet est de maitriser la technique d’implantation sous-cutanée sur des individus en captivité afin qu’elle soit la moins invasive et traumatisante pour l’individu (rapidité d’intervention, zone d’implantation simple d’accès, contention adaptée des spécimens) en vue de la répliquer ultérieurement sur le terrain, en milieu naturel. Le bénéfice d’un tel projet est également de fournir un recul scientifique et technique indispensable sur la tolérance de l’implant par l’individu ainsi que le processus et la durée de cicatrisation.

Procédures

L'ensemble des animaux (N=4) seront soumis à une phase de capture dans un bassin de soins, puis à une contention et manipulation hors de l’eau. 2 individus seront soumis à une anesthésie générale (mutualisée avec une opération programmée afin de traiter la cause d’arrivée d’origine), puis 2 autres individus à une anesthésie locale, en fonction de leur état clinique et des soins nécessaires liés réhabilitation en centre de soins. Ces anesthésies seront réalisées dans le but d’implanter une marque acoustique en sous-cutané, ce qui impliquera une incision du derme (~1cm) avant insertion de la marque dans la cavité. L'ensemble de la procédure dure environ 15min avant la remise à l’eau des animaux en bassin le temps de sa convalescence. Ils seront ensuite auscultés régulièrement pour le suivi de la cicatrisation.

Impact sur les animaux

Les animaux concernés sont des animaux qui seront déjà accueillis en centre de soins. Le responsable du centre du soins, en concertation avec les vétérinaires associés au projet, sélectionnera les individus utilisés pour réaliser les implantations : - En phase 1 : sur deux individus dont l’anesthésie générale sera déjà planifiée pour traiter leur motif de prise en charge : chirurgie pour retrait d’hameçon ingéré par incision des tissus de la gorge. L’acte sera réalisé par un vétérinaire. L’intervention d’implantation de la marque occasionnera une nuisance supplémentaire à l’acte vétérinaire initial en générant une seconde zone d’incision et de cicatrisation à traiter et surveiller. - En phase 2 : sur les deux autres individus qui devront présenter un état clinique stable et compatible avec la manipulation, en respect avec les protocoles de suivi du centre de soins. Les animaux seront capturés dans leur bassin de réhabilitation. Cette capture et la contention lors de l’intervention hors de l'eau (~15min) généreront sans aucun doute un stress chez l’animal qui sera pris en compte au cours de la manipulation (mise en place de mesures et points limites). L’acte sera réalisé sous la supervision d’un vétérinaire. Une attention particulière sera portée quotidiennement aux comportements des individus manipulés : mobilité, appétit. D'après la littérature, il n'est pas attendu de perte de poids, de mobilité réduite ou de comportement anormal. Le retrait de la marque acoustique de l’animal n’est pas prévu. Les modèles de marques utilisées sont conçus spécifiquement pour les animaux marins. La taille et le poids des instruments sont adaptés à ceux des animaux équipés. Les seuls effets indésirables connus chez les tortues marines sont des complications de cicatrisation (ex : infection, inflammation). L’évolution de la cicatrisation sera surveillée une fois par semaine.

Devenir

L’ensemble des individus utilisés (soit N=4) dans le cadre de ce projet seront replacés dans leur bassin de réhabilitation initial afin de poursuivre leur convalescence dans l’attente de leur remise en liberté dans leur milieu naturel.

Remplacement

L'intérêt du projet étant de reproduire l’implantation d’une marque acoustique chez des tortues marines, il n’est pas possible de remplacer les spécimens par d’autres supports expérimentaux.

Réduction

Le nombre d’individus utilisés pour ce projet est défini en fonction de la disponibilité de spécimens présentant les caractéristiques favorables en centre de soins. L’objectif étant la maitrise de la méthode d’implantation, il n’est pas nécessaire de répliquer davantage l’opération.

Raffinement

Aucun raffinement complémentaire n’est prévu pour les N=2 individus sous anesthésie générale outre ceux déjà mis en place par les vétérinaires pour l’opération liée à la cause de prise en charge d’origine. Pour les N=2 autres tortues du centre de soins qui ne seront pas manipulés sous anesthésie générale, une anesthésie locale sera réalisée au niveau de la zone d’implantation. Leur capture, leur manipulation et leur contention suivront les procédures habituelles du centre de soins. La capture pour l’implantation et le contrôle de cicatrisation seront planifiés lors des soins hebdomadaires prodigués par les soigneurs. D’une manière générale, les tortues marines restent calmes pendant la détention dès lors que leur tête (yeux) et carapace sont recouvertes d’un linge humide. Chaque individu manipulé sera surveillé attentivement durant toute l’opération, de sa capture à son relâcher dans son bassin d’origine, puis pendant les jours suivant l’opération, jusqu’à cicatrisation complète. Des points limites seront définis afin de stopper les procédures, notamment l'agitation continue pendant la manipulation de l'animal. En cas de forte agitation ne permettant aucune manipulation de l’individu sans risque de dommage, l’animal sera remis dans son bassin d’origine sans intervention.

Choix des espèces

Les tortues marines sont des espèces protégées à caractère emblématique, véritable « clef de voute » de la préservation de la biodiversité. Elles représentent un enjeu majeur en termes de conservation et pour la région sud-ouest océan Indien. L’implantation sous-cutanée d’une marque acoustique permettant d’accroitre de manière significative la durée de transmission des marques (de 6 mois à 3 - 10 ans), et ainsi la durée de suivi des déplacements des individus, sera une avancée majeure pour améliorer les connaissances de ces espèces menacées. Tortues marines de 3 espèces potentielles (tortue verte (Chelonia mydas), tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) et tortue caouanne (Caretta caretta)). Individus immatures de 10 à 60Kg. Ne connaissant pas encore les spécimens qui seront accueillis au centre de soins sur la période du projet, il n’est pas possible de décider arbitrairement des espèces et stades exacts de développement.

  • Recherche fondamentale
    • Autre recherche fondamentale
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    • Oncologie
Reptiles : 1120
Souffrances
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Capturées gravides, maintenues en cage individuelle six à huit semaines, soumises à des prélèvements répétés de sang, de salive et de microbiote, 160 femelles lézards puis 960 nouveau-nés vont être utilisés dans des procédures classées légères à modérées. Les jeunes sont marqués par une méthode que le porteur nomme lui-même rupture des phalanges, puis une partie subit un prélèvement de tissu de la queue. Tous les individus sont ensuite relâchés dans leurs enclos, puis recapturés à l'automne et au printemps suivant. Le porteur qualifie pourtant les effets attendus de "sublétaux" et "réversibles", alors qu'il décrit l'amputation d'orteils comme une méthode stressante.

Objectifs

Chez les animaux ectothermes, les environnements plus chauds entraînent généralement une accélération du rythme de la reproduction, qui se traduit notamment par une mise bas plus précoce dans la saison. Des travaux récents suggèrent que ce phénomène s’accompagne de coûts physiologiques notables pour les femelles, avec une augmentation des dépenses énergétiques associées à la reproduction mais aussi une accumulation de dommages cellulaires et une accélération du vieillissement biologique et une perturbation du microbiote. Des effets intergénérationnels des conditions thermiques pendant la gestation pourraient aussi exister chez les espèces vivipares, dont la maintenance des embryons in utero favorise l’expression d’effets maternels, les effets de l'environnement maternel sur le comportement et le développement des descendants. Cependant, les périodes de la gestation les plus sensibles aux variations de température n’ont pas été clairement identifiées, ce qui limite notre capacité à prédire les conséquences des évènements climatiques extrêmes sur ces espèces. Dans ce contexte, le présent projet vise à analyser les effets du stress thermique pendant la gestation sur des syndromes de vieillissement physiologiques, microbiens, et cognitifs chez un lézard en intégrant une approche transgénérationnelle. Plus précisément, il s’agit d’étudier comment des conditions thermiques élevées, associées à une modification du calendrier reproducteur, influencent des marqueurs de sénescence biologique chez les mères, ainsi que les trajectoires de développement, de vieillissement et de performance des descendants.

Bénéfices attendus

Cette étude vise à caractériser les patrons et les mécanismes des perturbations physiologiques, « microbiologiques » et cognitives intergénérationnelles chez des lézards exposés au réchauffement climatique. Nous combinerons une manipulation expérimentale du stress thermique chronique à différents moments de la gestation, et une manipulation des capacités antioxydantes avec des analyses détaillées du vieillissement biologique, de la condition corporelle, de traits fonctionnels, cognitifs et microbiens. Cette approche expérimentale nous permettra ainsi de faire progresser les connaissances très rares à l’heure actuelle sur la biologie thermique du stress oxydatif chez les reptiles et le lien entre cette biologie thermique et trois syndromes importants du vieillissement de l’organisme. Elle constituera aussi notre première étude du vieillissement biologique des lézards intégrant des informations sur leur microbiome et leur cognition, dans un contexte d’accumulation d’études sur le rôle de ce microbiome dans la biologie thermique, l’immunité ou l’équilibre énergétique des reptiles. Enfin, cette étude fonctionnelle est importante pour nous aider à mieux comprendre les processus de vieillissement biologique observées dans les populations naturelles.

Procédures

Les femelles gestantes seront capturées en extérieur dans des enclos semi-naturels au printemps (n=160), maintenues en captivité en cage individuelle avec une manipulation des conditions thermiques et d'apport en antioydants alimentaires (8 groupes, 20 femelles par lot) pendant 6-8 semaines, des prélèvements sanguins et de salive (durée de manipulation de 3-4 minutes) seront effectués sur animaux vigiles au début pendant et après la manipulation (n=160, 3-4 prélèvements par animal) et des prélèvements de microbiote (duré de manipulation de 4-5 minutes) seront effectuées sur animaux vigiles u début pendant et après la manipulation (n=160, 3-4 mesures par animal). A la fin de la gestation, les nouveaux nés seront marqués individuellement (n=960; durée de manipulation de 2 minutes) et pour un premier lot un prélèvement de tissu caudal sera effectué sur les nouveaux nés (n=800, durée de manipulation de 2 minutes). Les animaux seront ensuite relâchés dans des enclos semi-naturels en extérieur puis recapturés à l'automne (400 individusu) et au printemps de l'année suivante (300 individus). Pour le deuxième lot de nouveaux nés (pris dans 80 portées), on effectuera des tests cognitifs à la naissance pendant deux semaines (n=160; durée de manipulation de plusieurs minutes par jour) avant de faire les prélèvements comme avec le premier lot et de relâcher les individus dans des enclos semi-naturels en extérieur puis recapturés à l'automne (80 individusu) et au printemps de l'année suivante (48 individus).

Impact sur les animaux

Nos projets passés indiquent que le réchauffement simulé dans cette expérience induit chez les femelles adultes une accélération de la gestation sans effets létaux pour la mère ou sa descendance mais avec des coûts (réversibles) pour le maintien de la balance énergétique maternelle et des altérations de l’effort de reproduction. De plus, une manipulation contrôlée des antioxydants n'a aucun effet indésirable reconnu. Le gavage nécessaire pour cette étape implique une contention et un stress léger. Les effets attendus sont donc ceux d’une accélération thermique de la reproduction dans la gamme de variation naturelle et une modération du stress oxydatif et des dommages associés à la reproduction accélérée en conditions d’apports alimentaires en antioxydants. Ceci devrait impliquer un stress modéré se traduisant par une moins bonne condition physique et physiologique, un plus haut niveau de mobilisation des réserves ou de potentiels dommages oxydatifs chez les femelles des conditions les plus chaudes sans supplémentation d’antioxydants. Les effets attendus sont toutefois sublétaux et normalement réversibles. Par ailleurs, les nuiances cumulées incluront un cumul de procédures non invasives (mesures morphologiques) avec des prises de sang au cours de l’expérience impliquant notamment des contentions répétées. Le marquage utilisera une méthode stressante de rupture des phalanges.

Devenir

Tous les animaux sont remis en liberté dans leur enclos d'origine à la fin de la procédure.

Remplacement

Il est impossible de remplacer le modèle biologique par un équivalent cellulaire ou in silico car l'étude écophysiologique de la reproduction et du vieillissement biologique nécessite l'utilisation d'animaux entiers dans des conditions contrôlées au laboratoire (partie manipulation) et aussi en conditions naturelles (suivi post-manipulation).

Réduction

Le projet combine deux recherches portant sur la physiologie de la reproduction et la cognition des nouveaux-nés en tirant partie d’un protocole de manipulation partagé entre les deux recherches. Ceci permettra de réduire l’échantillon par rapport à une répétition indépendante des deux recherches. Un échantillon de 160 femelles gestantes leurs 960 descendants sera utilisé pour quantifier les conséquences écophysiologiques et cognitives des températures et d’un apport en antioxydants dans la mesure où ces animaux sauvages capturés dans des enclos semi-naturels présentent une forte variabilité phénotypique (variabilité de taille, variabilité de comportement, et de condition initiale) et génétique, et parce que les animaux seront divisés en 8 groupes expérimentaux. Ces effectifs ont été réduits au minimum par rapport aux nombres de groupes expérimentaux du projet (20 individus par groupe) et aux besoins du suivi longitudinal des différents traits mesurés dans l’étude en nous basant sur une analyse de puissance issue des travaux antérieurs qui manipulaient les températures nocturnes. A noter qu’on utilisera une répartition en 4 lots des animaux pour effectuer des mesures pendant la même contention d’un individu au cours de la même journée, et ainsi limiter le stress de manipulation au cours de l’expérience. Les analyses statistiques consisteront à comparer les traits des 8 groupes expérimentaux à l'aide d'analyse de variance (modèles linéaires classiques) ou de modèles mixtes pour les données répétées (données mesurées plusieurs fois pendant, au milieu et après l’expérience) selon le type de données.

Raffinement

En élevage, on raffinera aussi les conditions de maintien grâce à un enrichissement des cages et à l'utilisation de conditions thermiques variables avec des cycles journaliers. Les cages individuelles sont enrichies à l'aide d'un abri, d'une cache artificielle pour la thermorégulation et d'un éclairage blanc naturel enrichi en ultraviolet. Des points limites associés à la perte de masse (perte de masse supérieure à 30% de la masse initiale ad libitum) et au comportement et l’état général de l’individu seront appliqués avec arrêt des procédures expérimentales en cas de dépassement du point limite et basculement des conditions d'élevage des animaux vers des conditions optimales ad libitum, si nécessaire avec soins demandés par le vétérinaire référent. Les protocoles seront appliqués pendant un temps réduit sur chaque animal avec une contention douce pour limiter le stress de manipulation. Une phase post-expérimentale de repos au laboratoire avec estimation de la condition corporelle sera proposée avant de relâcher les animaux dans les enclos. La phase de jardin commun sera effectuée dans des conditions quasiment naturelles.

Choix des espèces

L’espèce utilisée est le lézard vivipare (Zootoca vivipara, Lichtenstein 1823). Il s’agit d’un lézard de la faune française étudié depuis 30 ans dans notre laboratoire et dont les populations naturelles en France ont été bien décrites. Le modèle biologique est intéressant pour étudier la réponse des vertébrés ectothermes au changement climatique (e.g., les reptiles, les amphibiens), un groupe taxonomique particulièrement menacé par l'augmentation des températures, les vagues de chaleur et les sécheresses. Ce groupe comprend de nombreuses espèces menacées d’extinction en Europe et à valeur symbolique et écologique forte. L'espèce n’est pas menacée en Europe et est considérée comme « préoccupation mineure » par l'UICN. Elle est néanmoins protégée au titre de l’article 3 de l’arrêté du 8 Janvier 2021. Elle est également considérée comme « sentinelle du climat » en France. Les animaux utilisés seront tout d’abord des femelles adultes gestantes (de 2 ans ou plus). Afin de limiter les variations inter-individuelles, nous ne prendrons pas de femelle sub-adulte (1an) qui serait gestante car cette première reproduction à 1an est plus rare en conditions naturelles et leur morphologie (taille, masse) serait trop différente de celles des femelles adultes. Dans un second temps, les nouveau-nés issus de la reproduction de ces femelles seront étudiés. Les populations semi-naturelles seront composées par ailleurs de tous les stades de développement pour générer une structure d’âge et de sexe « naturelle » comparable à celle des populations sauvages. Les animaux sont tous identifiés individuellement par un marquage à la naissance et les individus adultes et subadultes sont par ailleurs photographiés en phase ventrale chaque année pour confirmer le marquage individuel à la naissance en cas de doute.

  • Conservation des espèces
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 60
Souffrances
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Devenir
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Relâchées sur leur lieu de capture à l'issue, 60 vipères sauvages mâles de trois espèces européennes vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Capturées puis maintenues douze jours en laboratoire, elles subissent deux prises de sang, une biopsie musculaire sous anesthésie et une exposition de 24 heures à une chaleur simulant une canicule. Le porteur affirme que les conditions thermiques imposées restent proches de celles rencontrées dans leur milieu et sous les seuils critiques. L'objectif déclaré est de prédire la vulnérabilité des espèces au réchauffement, avec des applications de conservation.

Objectifs

Comprendre les mécanismes de réponse des organismes aux variations environnementales est un enjeu majeur en écologie et notamment en conservation. Les ectothermes (animaux à température variable dont les reptiles) sont soumis à des contraintes thermiques récurrents pendant la saison d’activité (canicules). Dans ce contexte, il est important de connaître les gammes de tolérance physiologique qui varient considérablement d’une espèce à l’autre selon leur répartition. Ainsi, on peut prédire que les espèces à affinités froides sont particulièrement vulnérables à l'augmentation des températures par rapport aux espèces de zone climatiques chaudes. L’objectif de ce projet est précisément de mieux comprendre ces adaptations climatiques et les capacités de réponse chez trois espèces proches de vipères avec des répartitions contrastées : une espèce boréale, une espèce de zone tempérée, et une espèce méditerranéenne. Nous étudierons l’impact de conditions thermiques imposées pendant 24heures avec deux conditions: un groupe contrôle et un groupe simulant une vague de chaleur. Les traitements choisis correspondent aux conditions auxquelles sont exposés les individus dans leur milieu et en dessous des seuils critiques. Nous étudierons ainsi les conséquences sur des paramètres physiologiques et comportementaux selon les espèces. Afin de quantifier au mieux les adaptations locales, nous étudierons un maximum de 10 mâles adultes par groupe et par espèce soit un total de 20 individus par espèces et 60 en tout. La captivité temporaire est très bien maîtrisée et tous les individus seront replacés sur le terrain à l'issue de l'étude. Ces travaux ont des implications importantes en termes de connaissance biologique et de conservation d’espèces avec des possibilité limitée de déplacement et donc très dépendantes des conditions locales. La prise en compte de ces besoins dans la gestion des habitats/microhabitat naturels pourra par exemple atténuer les effets des épisodes climatiques extrêmes (refuges microclimatiques) et donc favoriser la persistance des populations.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour objectif de faire progresser notre compréhension des effets environnementaux sur la condition physiologique et les réponses aux stress thermique dans les populations naturelles de vipères. Nos précédents travaux suggèrent une forte sensibilité aux conditions thermique. Ce projet permettra de franchir une étape complémentaire dans la compréhension écologique et physiologique de ce processus, en explorant les capacités de réponses d’espèces proches mais à répartition très contrastées. En caractérisant finement les différences de conditions environnementales entre populations nous pourrons mieux comprendre quels facteurs du milieu provoquent ou renforcent ce stress et comment les conditions diurnes et nocturnes interagissent pour moduler ces effets. Ces travaux ont des implications importantes en termes de connaissance biologique et de conservation d’espèces avec des possibilité limitée de déplacement et donc très dépendantes des conditions locales. La prise en compte de ces besoins dans la gestion des habitats/microhabitat naturels pourra par exemple atténuer les effets des épisodes climatiques extrêmes (refuges microclimatiques) et donc favoriser la persistance des populations.

Procédures

Une fois capturés, les individus feront l'objet de mesures morphométriques. Ils seront transportés au laboratoire et maintenus en hébergement individuel pendant 12 jours. Ils seront alors exposés à un traitement thermique de 24h (deux conditions : moyenne 32 vs 24°C). Deux prises de sang (300 µL) seront réalisées, avant et après le traitement thermique. Une petite biopsie musculaire (10mg) unique sera réalisée sous anesthésie dans le tiers postérieur du corps. Après le traitement les individus seront de nouveaux maintenus en hébergement standard pendant 7 jours puis relâchés sur le lieu de capture.

Impact sur les animaux

Une première nuisance sera associée à un stress transitoire à la capture sur le terrain et ensuite lors du transport. Une seconde nuisance potentielle sera associée aux prélèvements de sang réalisée captivité (deux prises sang) entrainant une douleur légère de courte durée. La biopsie musculaire (réalisée sous anesthésie et analgésie) induira une petite lésion et une douleur transitoire . Enfin un stress thermique sera associé aux conditions expérimentales imposées (24 heures). Les conditions thermiques reflètent les conditions auxquelles sont exposés les animaux en situation naturelle et donc des contraintes écologiquement cohérentes.

Devenir

L'ensemble des animaux sera relâché à l'endroit de leur capture (point GPS) une fois la procédure réalisée. Le fait de relâcher les animaux est inclus dans la demandes d'autorisation de capture de ces espèces

Remplacement

Cette étude vise à comprendre les réponses de populations en conditions naturelles et la sensibilité au réchauffement climatique. Le projet concerne spécifiquement des espèces de la faune sauvage pour comprendre sa réponse et les variations entre population. Il nécessite donc l’utilisation d’animaux sauvages afin de pouvoir comparer les effets conditions de l’environnement local entre populations. Il n’est pas possible de remplacer in vivo ou in silico le modèle biologique utilisé

Réduction

Pour correctement caractériser l’effet des conditions thermiques et des populations nous avons estimé empiriquement et en tenant compte de nos travaux précédents qu’un effectif de 10 individus par espèce (n=3) et par traitement (n=2) permettra d’obtenir un échantillonnage suffisant à nos analyses. Nous capturerons un nombre limité mais homogène de mâles pour chaque espèce (10 vipères x 2 traitements x 3 espèces = 60 individus).

Raffinement

Plusieurs raffinements seront mis en place dans le cadre de cette étude. Les mesures sur le terrain seront effectuées en un temps réduits pour limiter les contraintes. Le protocole de terrain est défini et raffiné par l’équipe depuis plusieurs dizaines d’années. Toutes les manipulations se font à l’aide d’un tube de contention qui permet de réduire l’inconfort et d’éviter tout blocage au niveau de la tête. Un système dédié a été élaboré pour une entrée volontaire dans le tube de contention. En captivité au laboratoire, les animaux seront maintenus dans des conditions enrichies validées durant nos précédentes études et respectant la réglementation européenne ainsi que leurs exigences biologiques (gradient de température permettant une thermorégulation active, température des pièces contrôlées, litière et abris, mise à disposition d'eau et de nourriture en illimité. Ces conditions d’hébergements seront raffinées pour mieux correspondre aux besoins spécifiques des espèces notamment la mise à disposition de nombreux abris et l’aspersion d’eau pour maintenir l’humidité. Le volume sanguin prélevé cumulé est inférieur au seuil de 1% du volume sanguin. Les prélèvements seront suivis d’une administration de fluide de remplacement (eau par voie orale). Avant la biopsie musculaire la mise en place d’une sédation (midazolam,1mg/Kg) et d’une analgésie locale permettront réduire l’inconfort. Nous exposerons les animaux à des conditions écologiques pouvant être rencontrées dans leur milieu naturel. Les traitements expérimentaux correspondent donc à une contrainte thermique modérée, et éloignée de limites thermiques aigues. Les conditions thermiques des conditions d’hébergement standard et lors des traitements thermiques seront suivies en temps réel ainsi un système de mesure et transmission des alertes (site web, téléphone portable).

Choix des espèces

Notre étude vise à comprendre comment les conditions climatiques et imposées altèrent la réponse physiologique de trois espèces proches de serpents avec des répartition contrastées en Europe. Il est donc indispensable d’avoir recours à des animaux issus de la faune sauvage pour atteindre nos objectifs. Notre étude se concentre uniquement sur les mâles adultes réduisant les potentiels effets sur les femelles et leurs progénitures. L’ensemble des animaux étant relâchés à la fin de l’expérimentation

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 1500
Souffrances
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Devenir
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Relâchés dans leur enclos le jour même ou le lendemain, 1 500 lézards vivipares sont utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, sans mise à mort programmée. Chaque individu est capturé, subit une prise de sang de moins de deux minutes, puis est mesuré, photographié et débarrassé de ses ectoparasites avant d'être remis au calme dans un tube individuel. L'étude suit l'affaiblissement du système immunitaire avec l'âge dans une population captive maintenue en conditions proches du milieu naturel, sur cinq ans. Le porteur écarte toute alternative en culture ou par modélisation, la question portant selon lui sur l'organisme entier vieillissant.

Objectifs

Le vieillissement, ou sénescence, est un phénomène omniprésent dans le monde du vivant. Plusieurs mécanismes physiologiques interagissent pour causer une détérioration des performances individuelles avec l’âge, mais jusqu’à récemment ils étaient mal compris dans les populations d'animaux sauvages. L'immunosénescence, c'est-à-dire la détérioration ou la dérégulation de la fonction immunitaire avec l'âge, est considéré dans la littérature gérontologique comme un marqueur de la sénescence biologique. Cependant, nos connaissances actuelles sur l’immunosénescence proviennent presque exclusivement d’études menées sur des humains ou des animaux de laboratoire, ou, lorsqu’elles concernent les vertébrés sauvages, d’études se concentrant sur un faible nombre de composants de la défense immunitaire. Des études plus intégratives nous aideraient à comprendre les schémas de vieillissement du système immunitaire. Dans ce projet, nous proposons d’étudier la relation entre l'âge et les différentes composantes innées et acquises du système immunitaire dans une population captive du lézard vivipare (Zootoca vivipara) maintenue en conditions naturelles afin de déterminer s'il existe une immunosénescence chez le lézard vivipare, à quel rythme elle opère et sa relation avec les traits de vie individuels des lézards (croissance et longévité). Le lézard vivipare constitue un vertébré modèle pour l’étude de la sénescence en conditions naturelles du fait de sa durée de vie courte, d’études démontrant une sénescence démographique vers l’âge de 4 ans et de la pression exercée par les populations de pathogènes sur cette espèce. De plus, des travaux antérieurs des effets du réchauffement climatique sur le déclin des populations en relation avec une accélération de certains marqueurs de la sénescence biologique comme la dégradation de l'ADN.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour objectif de faire progresser notre compréhension du vieillissement chez cette espèce, et plus précisément d’en déterminer les mécanismes associés. Nos précédents travaux suggèrent qu’une boucle d’accélération de la sénescence avec le réchauffement climatique. Ce projet permettra de franchir une étape complémentaire dans la compréhension physiologique de ce processus de vieillissement, en examinant finement l’évolution du système immunitaire avec l’âge des individus dans un contexte naturel. Dans un cadre plus large, cette étude pourra aussi proposer des biomarqueurs du vieillissement accessibles lors de suivis à long terme longitudinaux. D’un point de vue fondamental, cette étude permettra également de mieux comprendre le système immunitaire des reptiles, largement encore méconnu.

Procédures

Une fois capturés, les individus feront l'objet d'une prise de sang dont la durée n'excède pas 2 minutes puis seront maintenus temporairement au calme dans des tubes individuels. Dans la même journée dans un laboratoire proche du site de capture, les individus seront identifiés, mesurés, photographiés. Un comptage des ectoparasites sera également réalisé. L'ensemble de ces mesures est très rapide (< 5 minutes environ). Les individus seront alors remis au calme dans leur tube individuel. L'ensemble des actes est effectué par un experimentateur aguerri aux gestes techniques.

Impact sur les animaux

Une première nuisance transitoire sera associée au stress induit par la capture (

Devenir

Tous les animaux sont remis en liberté dans leur enclos d'origine à la fin de la procédure.

Remplacement

Cette étude vise à comprendre comment évolue le système immunitaire avec l’âge des individus en populations naturelles afin de mieux comprendre les processus de vieillissement biologique à l’échelle de l’organisme en milieu naturel. Le vieillissement du système immunitaire implique un système intégré qui ne peut pas s’étudier en cultures cellulaires ou par modélisation. Pour ce faire, il est indispensable de travailler sur des animaux de sexes et d’âges différents et vivant dans des conditions environnementales proches du milieu naturel. Aucun remplacement n’est possible.

Réduction

L’étude en population captive sur des animaux d’âge connus en début de projet permettra de réduire significativement les effectifs nécessaires par rapport à une solution alternative de commencer un nouveau projet de suivi en population sauvage non captive. Un échantillon important d’animaux sera utilisé pour quantifier l’impact de l’âge sur les différentes composantes du système immunitaire (100 adultes environ et 200 subadultes par année) pour plusieurs raisons: (1) ces animaux présentent une forte variabilité inter-individuelle, (2) l’échantillonnage doit couvrir la gamme des âges observés en nature (de 1 à 8 ans) dans nos enclos et (3) la mortalité inter-annuelle induit la nécessité d’avoir un grand nombre d’individus initialement afin de pouvoir en recapturer un nombre suffisant d’une année à l’autre pour estimer au sein d’un même individu l’effet de l’âge. Nous pouvons estimer le nombre de suivis longitudinaux complets avec une mortalité de 50% par année et un taux de capture de 100% (tous les animaux vivants sont vus). Une cohorte de 200 subadultes par année donne 25 individus caractérisés de 1 à 4 ans d’âge et 12 individus de 1 à 5 ans d’âge. Sur les 5 années du projet, on estime ainsi seulement à quelques dizaines ou une centaine d’animaux avec des profils immunitaires complets caractérisés sur 3-4 années successives. Un test de type ANOVA en mesures répétées est alors appliquée sur les données ce qui devrait permettre des détecter des changements intra-individuels de l’ordre de grandeur de ceux suggérés par la littérature. Nous avons donc décidé de réaliser cette étude sur tous les animaux présents dans 10 enclos pour atteindre l’effectif maximal de 200 subadultes (et 100 adultes) par an proposé.

Raffinement

Pour maximiser le bien-être des animaux entre leur capture et leur mesure, ils seront maintenus dans des tubes individuels aérés, humidifiés et placés à l’ombre. Nous réduirons leur temps de captivité à un maximum d’une journée. Les mesures seront faites par un expérimentateur entraîné et assisté d’une équipe en charge de la logistique autour des mesures pour réduire les temps de contention. Les actes seront effectués selon une séquence précise, maximisant l’efficacité des procédures et limitant le temps de contention et le stress associé. Une fois l’ensemble des mesures effectuées, les individus seront relâchés dans leur enclos de capture après un temps de repos (jusqu’au jour suivant les expérimentations) dans leur tube individuel d’hébergement temporaire . Des méthodes non invasives photographiques permettront d’obtenir des informations morphologiques sans contention.

Choix des espèces

L’espèce utilisée est le lézard vivipare (Zootoca vivipara, Lichtenstein 1823). Il s’agit d’un lézard de la faune française étudié depuis 30 ans dans notre laboratoire et dont les populations naturelles en France ont été bien décrites. Le modèle biologique est intéressant pour étudier la réponse des vertébrés ectothermes au changement climatique (e.g., les reptiles, les amphibiens), un groupe taxonomique particulièrement menacé par l'augmentation des températures, les vagues de chaleur et les sécheresses. Ce groupe comprend de nombreuses espèces menacées d’extinction en Europe et à valeur symbolique et écologique forte. L'espèce n’est pas menacée en Europe et est considérée comme « préoccupation mineure » par l'UICN. Elle est néanmoins protégée au titre de l’article 3 de l’arrêté du 8 Janvier 2021. Elle est également considérée comme « sentinelle du climat » en France. Les individus utilisés seront des subadultes (1 an) et des adultes (> 2 ans). Les femelles adultes auront mis bas quelques semaines auparavant. Le projet se concentrant sur le vieillissement de l’espèce, il est nécessaire d’échantillonner toutes les classes d’âges de la population à partir de la première reproduction.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 225
Souffrances
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▲ 225
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Devenir
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 225
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Capturés dans quinze populations sauvages le long d'un gradient climatique, 225 lézards vivipares mâles vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun subit sur le terrain des mesures, une biopsie de la queue et une prise de sang, puis une semaine d'exposition à des conditions thermiques imposées en captivité, avec deux nouvelles prises de sang. L'objectif déclaré est de comprendre la sensibilité de l'espèce au réchauffement climatique, à des fins de conservation. Tous sont relâchés à leur lieu de capture à l'issue de l'étude, ce que confirment le champ de devenir et la narration.

Objectifs

Comprendre les mécanismes de réponse des organismes aux variations environnementales est un enjeu majeur en écologie et notamment en écologie de la conservation. Les animaux à température variable sont soumis à des contraintes thermiques récurrents pendant la saison d’activité (canicules). Dans ce contexte, il est important de clarifier l’impact de l’exposition à la chaleur et des possibilités d’atténuation des effets. Par exemple, l’accès à la fraicheur nocturne pourrait jouer un rôle clé pour récupérer de l’exposition à la chaleur en journée. De plus les effets des contraintes thermiques peuvent varier selon les populations selon les gradients climatiques avec des effets plus fort des canicules dans les populations en environnement frais. L’objectif principal de ce projet est donc d’évaluer dans quelle mesure, un petit vertébré terrestre, le lézard vivipare répond à des simulations de conditions thermiques imposées en comparant des populations situées sur un gradient climatique naturel. Ces travaux ont des implications importantes en termes de connaissance biologique et de conservation d’espèces qui ont des possibilités limitées de déplacement et sont donc très dépendantes des conditions locales. La prise en compte de ces besoins dans la gestion des habitats/microhabitats naturels pourra par exemple atténuer les effets des épisodes climatiques extrêmes (refuges microclimatiques) et donc favoriser la survie des populations. Cette étude sera menée sur des mâles adultes pour une durée totale de 20 jours. Nous étudierons l’impact de conditions thermiques imposées pendant une période brève (7 jours) avec trois conditions contrastées (frais, chaud le jour, chaud le jour et la nuit). Les conditions choisies reflètent les conditions auxquelles sont exposés les individus dans leur milieu et sont en dessous des seuils dangereux pour la santé. Nous étudierons ainsi les conséquences sur des paramètres physiologiques et comportementaux de cette espèce selon son aire de répartition. Afin de quantifier au mieux les adaptations locales, nous étudierons un maximum de 15 mâles adultes de 15 populations naturelles différentes, un total de 225 mâles soit 75 individus par groupe expérimental. La captivité temporaire est très bien maîtrisée pour l'espèce. Les individus seront replacés sur le terrain à l'issue de l'étude.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour objectif de comprendre la réponse au stress thermique dans les populations naturelles de lézards vivipares. Nos précédents travaux dans des populations vivipares du Massif Central suggèrent une accélération du vieillissement, la compréhension écologique et physiologique de ce processus, en explorant l’état de santé des lézards dans des populations ovipares avec des conditions climatiques très contrastées. Par ailleurs, en caractérisant finement les différences de conditions environnementales entre populations nous pourrons mieux comprendre quels facteurs du milieu provoquent ou renforcent ce stress et comment les conditions diurnes et nocturnes interagissent pour moduler ces effets. Ces travaux ont des implications importantes en termes de connaissance biologique et de conservation d’espèces avec des possibilités limitées de déplacement et donc très dépendantes des conditions locales. La prise en compte de ces besoins dans la gestion des habitats/microhabitats naturels pourra par exemple atténuer les effets des épisodes climatiques extrêmes (refuges microclimatiques) et donc favoriser la persistance des populations.

Procédures

Une fois capturés, les individus feront l'objet de mesures morphométriques, d’une biopsie d’un petit morceau de queue et d’une prise de sang. Lors de la phase de captivité, deux prises de sang seront réalisées, avant et après la phase d’exposition thermique.

Impact sur les animaux

La capture sur le terrain est associée à un stress transitoire. Les prélèvements réalisés sur le terrain (prise de sang et biopsie caudale) et en captivité (deux prises de sang) peut générer un stress et douleur transitoire. Enfin une nuisance potentielle est associée aux conditions expérimentales imposées pour simuler les conditions thermiques (7 jours) et notamment le traitement avec chaleur nocturne et diurne. Les conditions thermiques reflètent les conditions auxquelles sont exposés les animaux en situation naturelles et le reflète donc des contraintes écologiquement cohérentes. Les animaux ne sont jamais exposés à leur limite thermique maximum.

Devenir

L'ensemble des animaux sera relâché à l'endroit de leur capture après les mesures réalisées. La remise en nature est cadrée dans l'autorisation de capture de cette espèce de la faune sauvage.

Remplacement

Cette étude vise à comprendre la sensibilité au réchauffement climatique d’une espèce de lézards de milieux frais. Le projet concerne spécifiquement une espèce de la faune sauvage afin de comparer les variations selon les contextes climatique et les populations. Il n’est pas possible de remplacer in vivo ou in silico le modèle biologique utilisé.

Réduction

Pour correctement caractériser l’effet des conditions thermiques et des populations nous avons estimé empiriquement et en tenant compte de nos travaux précédents qu’un effectif de 15 individus par population permettra d’obtenir un échantillonnage suffisant à nos analyses. Ce choix est justifié par un test de puissance statistique pour une taille d'effet équivalente à nos travaux précédents. Nous échantillonnerons 15 populations le long d'un gradient climatique (15 lézards mâle adultes x 15 populations = 225).

Raffinement

Plusieurs raffinements seront mis en place dans le cadre de cette étude. Les mesures sur le terrain seront effectuées en un temps réduits pour limiter les contraintes. Le protocole de terrain a été défini et raffiné par l’équipe depuis plusieurs dizaines d’années. Avant la biopsie caudale l’utilisation d’analgésique local permettra réduire l’inconfort. Le volume sanguin prélevé (sinus orbital) est de 40 µL, soit au maximum (1% masse corporelle). Un collyre ophtalmique analgésique (tétracaïne) sera appliquée sur l’œil une fois l’acte terminé. Les prélèvements seront suivis d’une réhydratation par voie orale) et si besoin d’un apport en fer. Les études sur la sensibilité thermique impliquent souvent la mesures des températures critiques maximum ce qui peut être risqué pour les individus. Nos traitements expérimentaux (7 jours) correspondent à une contrainte thermique modérée avec des températures et éloignées de limites aigues. Les conditions thermiques des conditions d’hébergement standard et lors des traitements thermiques seront suivies en temps réel avec un système de mesure et transmission des alertes (site web, téléphone portable). En captivité au laboratoire, les animaux seront maintenus dans des conditions enrichies validées durant nos précédentes études et respectant la réglementation européenne ainsi que leurs exigences biologiques (gradient de température permettant une thermorégulation active, température des pièces contrôlées, litière et abris, mise à disposition d'eau et de nourriture en illimité. Ces conditions d’hébergements seront raffinées pour mieux correspondre aux besoins spécifiques de l’espèce notamment en terme hydriques sur la base de nos travaux de recherche. En pratique nous réaliserons des aspersions d’eau journalières pour éviter tout risque de déshydratation.

Choix des espèces

Notre étude vise à comprendre comment les conditions climatiques altèrent de façon le niveau de stress et les comportements du lézard vivipare dans le Sud de sa répartition géographique. Il est donc indispensable d’avoir recours à des animaux issus de la faune sauvage pour atteindre nos objectifs. Notre étude se concentre uniquement sur les mâles adultes réduisant les potentiels effets sur les femelles et leurs progénitures. L’ensemble des animaux étant relâchés à la fin de l’expérimentation, cela permet de limiter largement l’impact général de l’étude sur les effectifs naturels.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 1125
Souffrances
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Devenir
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Capturés dans des populations naturelles, 1 125 lézards vivipares vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous relâchés à l'endroit de leur capture. Chaque individu subit une mesure de température corporelle, des mesures de taille et de masse, des photographies, un prélèvement de tissu caudal et, pour les adultes, une prise de sang au sinus suborbital sur animal vigile, puis jusqu'à six heures d'attente en tube individuel. Le projet cherche à mesurer comment le réchauffement, l'humidité, le couvert forestier, le tourisme et l'agriculture accélèrent l'érosion des télomères et la sénescence des individus. Le porteur justifie le relâcher par les autorisations de capture d'une espèce protégée et par ses suivis de population à long terme.

Objectifs

Le changement climatique bouleverse les équilibres écologiques des animaux ectothermes pour lesquels toute activité physiologique dépend de l’environnement thermique. Chez ces espèces, l’augmentation des températures environnementales accélère les processus métaboliques et physiologiques et favorise l’accumulation de dommages biologiques. Par exemple, des dérivés réactifs de l’oxygène s’accumulent au sein de l’organisme et occasionnent des dégâts importants à l’ADN ou favorisent l’érosion des télomères. Avec le réchauffement climatique, ces dommages liés au stress sont plus intenses et plus fréquents et peuvent accélérer le vieillissement cellulaire, entraîner une sénescence précoce des individus et diminuer leur longévité. Des travaux sur le lézard Zootoca vivipara ont par exemple démontré un lien entre longueur des télomères, réchauffement climatique et risque d’extinction locale dans les populations de lézard vivipare du Massif Central. Cependant, si certaines populations semblent particulièrement menacées par le réchauffement climatique, d’autres semblent peu impactées et nous suspectons donc que d’autres facteurs environnementaux interfèrent dans les processus physiologiques ou écologiques du déclin comme l’humidité, le couvert forestier ou des perturbations liées au tourisme ou à l’agriculture. Pour explorer ces effets, nous procéderons à un bilan écophysiologique de plusieurs populations à reproduction ovipare réparties sur un gradient d'altitude de plus de 2500 m étalé entre les Landes et les Hautes-Pyrénées. Nous contrasterons le long de ce gradient altitudinal deux niveaux de précipitation (humide et sèche) et échantillonnerons à la fois des populations éloignées et d’autres proches de zones d’activités humaines (pastoralisme et tourisme). En échantillonnant des populations ovipares dans la région sud-ouest de la France, nous pourrons tester si les altérations physiologiques observées le long d’un gradient climatique sont comparables ou non à celles déjà mises en évidence avec des protocoles semblables dans des populations vivipares du Massif Central.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour objectif de faire progresser notre compréhension des effets environnementaux sur le stress chronique et le vieillissement biologique dans les populations ovipares de lézards vivipares. Nos précédents travaux suggèrent l'existence d'une boucle d’accélération de la sénescence avec le réchauffement climatique. Elle implique notamment la transmission de télomères érodés des parents à leur descendance sous l’effet du stress et participe à accélérer l’extinction locale de populations. Ils suggèrent aussi une variation de ces processus thermiques entre populations. Ce projet permettra de franchir une étape complémentaire dans la compréhension écologique et physiologique de ce processus. Surtout, en caractérisant finement les différences de conditions environnementales entre populations, et au sein même des populations, nous pourrons mieux comprendre quels facteurs du milieu peuvent atténuer ou amplifier cette boucle d’accélération du stress (altitude et climat d’un côté versus précipitations, micro-habitat et perturbations anthropiques de l’autre).

Procédures

Une fois capturés, les individus feront l'objet d'une mesure de température corporelle puis de mesures morphométriques (taille et masse corporelle), photométriques (face ventrale et dorsale) et de prélevements sur animaux vigiles (une prise de sang sur les adultes et un prélèvement de tissu caudal sur tous les individus). L'ensemble des actes est effectué par un experimentateur aguerri aux gestes techniques afin de ne pas dépasser 10 minutes de contention. Les animaux seront conservés temporairement dans des tubes pendant un maximum de six heures.

Impact sur les animaux

Une première nuisance transitoire sera associée au stress induit par la capture et lors de la contention nécessaire aux mesures. Une seconde nuisance sera associée aux prélèvements de tissus et à la prise de sang par un microcapillaire au niveau du sinus suborbital.

Devenir

L'ensemble des animaux sera relâché à l'endroit de leur capture 6 heures après les captures. Le fait de devoir relacher les animaux est obligatoire étant donné les demandes d'autorisation de capture de cette espèce protégée et pour nos suivis à long terme des populations étudiées.

Remplacement

Il existe des modèles mécanistiques pour décrire le fonctionnement hydrique, thermique et métabolique des lézards mais pas pour leur vieillissement biologique. Il n’est donc pas possible de remplacer in vivo ou in silico le modèle biologique utilisé car cette étude vise à comprendre l’effet du changement climatique et des variations environnementales sur l’augmentation du stress métabolique et l’accélération du cycle de vie des individus en conditions naturelles. Le projet nécessite donc l’utilisation d’animaux sauvages afin de pouvoir comparer les effets des conditions de l’environnement local entre populations.

Réduction

Un nombre important d’animaux sera utilisé pour quantifier les conséquences de caractéristiques individuelles et environnementales sur le vieillissement biologique des individus. Pour correctement caractériser l’effet des facteurs individuels (e.g., âge, sexe), nous avons estimé en tenant compte de nos travaux précédents qu’un effectif de 45 individus par population permettrait d’obtenir une population statistique suffisante à nos analyses. Ce choix est justifié par un test de puissance statistique sur une ANOVA pour une taille d'effet équivalente à l'étude que nous avons menée en 2022 et en 2025 dans les populations du Massif Central. Cet échantillon comportera 25 adultes et 20 subadultes. Le nombre plus important d’adultes permettra de correctement caractériser l’effet de l’âge (2 à 10 ans d’âge en moyenne) qui peut varier entre chaque individu. Dans la mesure du possible, nous équilibrerons les sex-ratios, même si la probabilité de capturer des mâles adultes diminue fortement avec l’avancement de la saison. Pour correctement caractériser les effets environnementaux, nous capturerons cet effectif dans 25 populations. Ces populations sont réparties selon un gradient altitudinal (0 à 2500m) qui permet de correctement échantillonner des populations chaudes, intermédiaires et froides contrastées pour leurs précipitations, le couvert végétal et les perturbations anthropiques au sein de chaque classe altitude-température. Les sites d’étude ont été choisis parmi une liste de populations connues de nos équipes de façon à maximiser les différences environnementales et phénotypiques. Pour réduire notre impact sur les populations, chacune d’entre elle sera visitée un maximum de trois fois, même si les effectifs ne sont pas tout à fait atteints sur certaines d’entre elles. L’effectif total sera donc de 45 individus maximum pour 25 populations, soit 1125 lézards. Une technique d'imagerie sera utilisée pour identifier les animaux.

Raffinement

Les populations seront visitées chronologiquement en suivant leur phénologie naturelle pour collecter des individus à des stades de vie similaires et de minimiser les biais de comparaisons entre populations. La période de capture (mai/juin) correspond à une période où les individus se sont déjà reproduits et à laquelle les femelles entament leur gestation. Les captures seront effectuées par du personnel formé afin d’éviter les événements d’autotomie. La contention des individus suivant la capture sera limitée à quelques secondes. Une fois la température corporelle prélevée, les lézards seront immédiatement isolés en tubes individuels opaques, ventilés et équipés d’un morceau de papier absorbant humide. Ces tubes seront placés dans un conteneur ventilé et maintenu à une température constante (25°C). Le conteneur possède un thermomètre interne muni d’une alarme sonore nous indiquant si les températures dépassent les 26°C (température létale autour des 40°C). L’ensemble des mesures sera effectué sur le terrain pour éviter le stress de transport vers un laboratoire. Pour limiter la détresse associée à la contention lors des mesures, nous effectuerons ces dernières en moins de 10 minutes. Les mesures seront effectuées par un expérimentateur entraîné et assisté d’une équipe en charge de la logistique de chaque individu. Pour éviter des manipulations inutiles, les individus de moins de 2 g ne subiront pas de prise de sang. Des mesures d’hygiène strictes seront appliquées pour éviter toute contamination entre individus (e.g., thermomètres, outils chirurgicaux et scanners nettoyés entre chaque animal, et mains des expérimentateurs avec des lingettes imprégnées d'hypochlorite de sodium). Des points limites seront appliqués tout au long des procédures, avec l’arrêt immédiat des actes en cas d’atteinte de ces derniers. Un transfert vers un élevage en captivité sera alors envisagé. Après les mesures, les individus seront maintenus en observation et réhydratés avec un buvard humecté afin de surveiller leur état de santé. Nous enregistrons les coordonnées GPS du point de capture afin de relâcher les individus dans leur domaine vital une fois nos mesures prises. En cas de recapture (identifiée grâce au prélèvement caudal), les individus seront relâchés immédiatement. Les individus seront relâchés depuis leur tube, pour éviter une manipulation supplémentaire.

Choix des espèces

Notre étude vise à comprendre comment les conditions environnementales locales altèrent le niveau de stress et la dynamique de sénescence des populations de lézards vivipares dans le sud-ouest de leur répartition en Europe, au sein de l’aire de distribution d’un clade à reproduction ovipare. Il est donc indispensable d’avoir recours à des animaux issus de la faune sauvage pour atteindre nos objectifs et à différentes classes d'âge dont des jeunes et des vieux lézards.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
    • Système nerveux
Reptiles : 6
Souffrances
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Devenir
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Sédatés pour une IRM et un scanner, transportés entre deux établissements dans un sac opaque, puis anesthésiés pour l'implantation chirurgicale d'électrodes cérébrales, 6 serpents adultes nés en captivité sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avant d'être réutilisés dans un autre programme de recherche. Une semaine de récupération plus tard, l'équipe contrôle la position des électrodes par un second scanner, puis les enregistrements commencent, quatre jours par température testée. Vient ensuite la privation de sommeil : dès que l'animal adopte la posture enroulée typique du repos, un expérimentateur le stimule, et un micro-vibreur sert à mesurer son seuil de réveil pendant quatre jours. Le porteur écrit qu'"aucune douleur n'est induite" par cette privation, tout en décrivant une hausse du stress, de l'agitation, une baisse de vigilance et une altération temporaire des rythmes biologiques.

Objectifs

L’objectif de ce projet est de caractériser le sommeil des serpents, dernière grande lignée de reptiles encore non étudiée dans l’évolution du sommeil. Le projet sera réalisé dans deux établissements utilisateurs (EU1 et EU2). Leur physiologie atypique (absence de paupières, forte inactivité, faible métabolisme) en fait un modèle pertinent pour redéfinir les critères de sommeil chez les reptiles. Pour ce faire, nous allons enregistrer en télémétrie l’activité cérébrale et les paramètres physiologiques associés (tonus musculaire, fréquence cardiaque, respiration, activité des yeux) chez des serpents, et en les comparant aux états d’éveil calme et actif. Afin de déterminer si les animaux dorment, nous évaluerons leur seuil de réveil et leur réponse à la privation de sommeil. L’effet de la température sera aussi évalué du fait que le comportement de ces animaux est extrêmement lié à la température ambiante.

Bénéfices attendus

Ce projet aidera à mieux définir les critères comportementaux et physiologiques du sommeil chez des espèces qui ne présentent pas les signes typiques observés chez les mammifères. Il complétera aussi notre compréhension parcellaire sur l’évolution des états de sommeil et notamment du sommeil paradoxal. Les résultats de ce projet pourraient aussi avoir un impact sur le bien-être animal en identifiant les conditions favorables à un sommeil réparateur chez les serpents, ces données pourront ainsi améliorer les pratiques d’élevage, de détention et de conservation des reptiles, notamment pour les espèces menacées ou maintenues en captivité (zoos, centres de sauvegarde).

Procédures

Les animaux subiront une sédation pour passer une IRM et un scanner dans l’EU2 (1 journée). Ensuite, ils subiront une anesthésie générale permettant une intervention chirurgicale dans l’EU1 EU1 afin de mettre en place des électrodes d’enregistrement, suivie d’un traitement antalgique postopératoire. Après une phase de récupération (1 semaine), les animaux seront à nouveau sédatés pour passer un nouveau scanner (EU2) et vérifier la position des électrodes. Ils seront ensuite enregistrés dans l’EU1 en télémétrie dans leur propre terrarium à différentes températures, 4 jours par température. Après 1 jour d’acclimatation, ils seront privés de sommeil par une stimulation douce (dès que l'animal prendra une posture enroulée sur lui-même, typique d'une posture de sommeil) et sa récupération sera monitorée. Enfin, après 4 jours, une évaluation du seuil de réveil (à l’aide d’un micro-vibreur induisant des vibrations légères) sera réalisée pour estimer les latences de réveil et la profondeur du sommeil (4 jours). Pendant la durée des enregistrements, les animaux seront stabulés dans un terrarium adapté à leur taille et ne seront pas dérangés outre le remplacement des batteries du dispositif d’enregistrement entre chaque protocole.

Impact sur les animaux

Les principales nuisances attendues concernent l’intervention chirurgicale d’implantation d’électrodes et la phase expérimentale de privation de sommeil. L’implantation d’électrodes, bien que réalisée sous anesthésie générale, constitue une procédure invasive. Elle peut provoquer une douleur transitoire post-opératoire, une réduction temporaire de la mobilité, une perte d’appétit ou une altération du comportement. Un inconfort local (lié à la cicatrisation ou à la présence des électrodes) est également possible dans les jours suivant l’intervention. Chez les reptiles, ces effets sont souvent discrets mais seront systématiquement recherchés. La phase d’enregistrement, bien qu’exempte de contrainte physique, impose le port d’un dispositif fixé sur le crâne. Celui-ci peut gêner légèrement les mouvements ou induire un stress comportemental transitoire, notamment au moment de sa mise en place. Toutefois, les serpents étudiés étant peu mobiles et dociles, ces effets sont attendus comme modérés. La privation de sommeil, réalisée par stimulation douce manuelle en période de repos, peut entraîner une augmentation du stress, une agitation ponctuelle ou une altération du comportement exploratoire. Chez les reptiles, les effets secondaires restent généralement limités mais incluent une possible fatigue, une baisse de vigilance ou une altération temporaire des rythmes biologiques. Aucune douleur n’est induite par cette procédure. Des manipulations régulières sont nécessaires pour les soins post-opératoires, le changement de batterie et les tests de réactivité. Elles peuvent provoquer un stress ponctuel ou une réponse de défense, bien que les individus soient habitués au contact humain. Enfin, un risque faible de complications chirurgicales (infection locale, mauvaise cicatrisation, rejet du matériel) existe, bien qu’il soit réduit par l’expérience de l’équipe et le protocole appliqué. Ces effets sont rares mais potentiellement délétères pour l’individu concerné.

Devenir

Il est prévu que les animaux soient réutilisés après l’expérimentation dans un programme de recherche comparative.

Remplacement

Le sommeil est un phénomène à la fois comportemental, neurophysiologique et physiologique, impliquant de nombreuses fonctions intégrées telles que l’activité cérébrale, les rythmes circadiens, les régulations hormonales, métaboliques, cardiovasculaires et thermiques. Ces fonctions interconnectées ne peuvent pas être reproduites ni simulées de manière fiable à l’aide de modèles in vitro, in silico ou ex vivo. De plus, l’étude de l’évolution des états de sommeil nécessite une approche comparative entre espèces vivantes, dans leur intégrité biologique, afin de caractériser les similitudes et différences entre groupes phylogénétiques. Chez les reptiles, et en particulier les serpents, aucun modèle substitutif n’existe aujourd’hui pour étudier les états de sommeil de manière complète (comportement, physiologie, activité cérébrale). Ainsi, l’utilisation de l’animal est indispensable et constitue la seule méthode permettant de répondre aux objectifs scientifiques de ce projet. Il n’existe donc actuellement aucune alternative éthique ou technique permettant de se passer de l’animal pour ce type d’étude.

Réduction

Le nombre d’animaux a été déterminé en tenant compte à la fois des exigences méthodologiques et des principes de réduction. L’objectif principal est de caractériser un phénomène biologique présent dans une espèce : le sommeil. Pour cela, il est nécessaire d’observer ce phénomène chez plusieurs individus afin de démontrer sa constance et de contrôler les variations interindividuelles. Nos travaux antérieurs et ceux d’autres équipes ayant étudié les lézards ont montré que 6 individus étaient suffisants et nécessaires pour identifier et caractériser finement un état de sommeil, son homéostasie et son seuil de réveil associé. Le design expérimental a été rigoureusement conçu pour limiter le nombre d’animaux tout en assurant la robustesse des données. Une étude pilote sur un python tapis a permis de déterminer notre capacité à obtenir des signaux de qualité en ciblant des structures cérébrales précises. L’utilisation de techniques d’imagerie pré- et post-opératoire (IRM/Scanner) pour guider l’implantation, ainsi que la maîtrise technique des interventions, permet de garantir un taux de succès élevé, réduisant ainsi le nombre d’animaux. L'ensemble des procédures suit une logique intra-individuelle : chaque animal sert de témoin à lui-même avant et après privation, avant et après nourrissage, avant et après changement de température, ce qui permet de réduire considérablement le nombre total requis tout en augmentant la puissance des comparaisons.

Raffinement

Les études sur le sommeil nécessitent des observations sur des animaux non anesthésiés vivants dans de bonnes conditions psychophysiologiques. Le bien-être des animaux est donc une condition sine qua non de chaque étape de l’expérimentation. Les conditions d'élevage, d'hébergement, de soins et les méthodes utilisées sont les plus appropriées pour réduire le plus possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommages durables que pourraient ressentir les animaux. L'environnement sera notamment enrichi de branches et de substrats adaptés pendant les périodes d’acclimatation et de récupération. Durant les enregistrements, l’animal est libre de ses mouvements dans son propre terrarium. Les animaux seront transportés entre les établissements, sédatés, dans un sac opaque, adapté au transport de serpent afin de réduire leur stress. Les mesures de raffinement lors du transport incluent le maintien d’une température stable et adaptée à l’espèce, la réduction des vibrations et du bruit, ainsi qu’une manipulation minimale pour limiter le stress et tout risque de réveil ou de blessure. Par ailleurs, une grille de suivi du bien-être animal, et des points limités adaptés et précoces, spécifiques à l’espèce ont été mis en place en consultant des spécialistes (vétérinaires, éleveurs, herpétologues). Les décisions relatives aux points limites sont prises en concertation avec le vétérinaire référent et des spécialistes des serpents, si un comportement inhabituel est identifié.

Choix des espèces

L’objectif est d’étudier le sommeil des serpents, dernière grande lignée de squamates encore peu étudiée dans l’évolution du sommeil. Leur physiologie atypique (absence de paupières, forte inactivité, faible métabolisme) en fait un modèle pertinent pour redéfinir les critères de sommeil chez les reptiles. Toute espèce appartenant au sous-ordre des serpents pourrait donc être choisie. Cependant, beaucoup d’espèces de serpents ne sont pas adaptées à cette expérimentation, pour des raisons de statut de protection, de taille, de disponibilité en élevage et de dangerosité. Nous nous tournons ainsi vers des espèces de serpent de grande taille, calmes, non venimeuses et disponibles facilement en élevage. Les individus doivent avoir une tête de taille adaptée à l’implantation stable d’électrodes pour l’étude du sommeil. Leurs morphologies et leurs comportements moteurs doivent aussi faciliter les interventions, avec un risque minimal de blessure ou de stress durable. Phylogénétiquement, M. spilota, et B. constrictor sont tous les deux des représentants du groupe des serpents qui pourraient convenir. Les individus choisis, seront adultes (>5 ans) nés en captivité, et habitués aux manipulations . M. spilota, et B. constrictor par exemple, offrent un compromis optimal entre pertinence scientifique, faisabilité technique et respect du bien-être animal. Par ailleurs, les deux espèces présentent le même mode de vie semi-arboricole et le même régime alimentaire, et ce sont deux espèces assez courantes en élevage. Elles constituent donc des modèles cible.

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    • Oncologie
    • Système nerveux
Reptiles : 6
Souffrances
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Devenir
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Dès que le serpent prend la posture enroulée typique du sommeil, une stimulation le réveille, et la privation se poursuit ainsi jour après jour, à chaque température testée. 6 serpents vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis réutilisés dans un programme de recherche comparative. Ils passent une IRM et un scanner sous sédation, subissent l'implantation chirurgicale d'électrodes sous anesthésie générale, puis sont transportés sédatés dans un sac opaque entre deux établissements, pour caractériser un sommeil encore inconnu chez cette lignée de reptiles. Le choix s'est porté sur de grands serpents calmes, non venimeux et faciles à obtenir en élevage, les espèces protégées ou dangereuses ayant été écartées.

Objectifs

L’objectif de ce projet est de caractériser le sommeil des serpents, dernière grande lignée de reptiles encore non étudiée dans l’évolution du sommeil. Le projet sera réalisé dans deux établissements utilisateurs (EU1 et EU2). Leur physiologie atypique (absence de paupières, forte inactivité, faible métabolisme) en fait un modèle pertinent pour redéfinir les critères de sommeil chez les reptiles. Pour ce faire, nous allons enregistrer en télémétrie l’activité cérébrale et les paramètres physiologiques associés (tonus musculaire, fréquence cardiaque, respiration, activité des yeux) chez des serpents, et en les comparant aux états d’éveil calme et actif. Afin de déterminer si les animaux dorment, nous évaluerons leur seuil de réveil et leur réponse à la privation de sommeil. L’effet de la température sera aussi évalué du fait que le comportement de ces animaux est extrêmement lié à la température ambiante.

Bénéfices attendus

Ce projet aidera à mieux définir les critères comportementaux et physiologiques du sommeil chez des espèces qui ne présentent pas les signes typiques observés chez les mammifères. Il complétera aussi notre compréhension parcellaire sur l’évolution des états de sommeil et notamment du sommeil paradoxal. Les résultats de ce projet pourraient aussi avoir un impact sur le bien-être animal en identifiant les conditions favorables à un sommeil réparateur chez les serpents, ces données pourront ainsi améliorer les pratiques d’élevage, de détention et de conservation des reptiles, notamment pour les espèces menacées ou maintenues en captivité (zoos, centres de sauvegarde).

Procédures

Les animaux subiront une sédation pour passer une IRM et un scanner dans l’EU2 (1 journée). Ensuite, ils subiront une anesthésie générale permettant une intervention chirurgicale dans l’EU1 EU1 afin de mettre en place des électrodes d’enregistrement, suivie d’un traitement antalgique postopératoire. Après une phase de récupération (1 semaine), les animaux seront à nouveau sédatés pour passer un nouveau scanner (EU2) et vérifier la position des électrodes. Ils seront ensuite enregistrés dans l’EU1 en télémétrie dans leur propre terrarium à différentes températures, 4 jours par température. Après 1 jour d’acclimatation, ils seront privés de sommeil par une stimulation douce (dès que l'animal prendra une posture enroulée sur lui-même, typique d'une posture de sommeil) et sa récupération sera monitorée. Enfin, après 4 jours, une évaluation du seuil de réveil (à l’aide d’un micro-vibreur induisant des vibrations légères) sera réalisée pour estimer les latences de réveil et la profondeur du sommeil (4 jours). Pendant la durée des enregistrements, les animaux seront stabulés dans un terrarium adapté à leur taille et ne seront pas dérangés outre le remplacement des batteries du dispositif d’enregistrement entre chaque protocole.

Impact sur les animaux

Les principales nuisances attendues concernent l’intervention chirurgicale d’implantation d’électrodes et la phase expérimentale de privation de sommeil. L’implantation d’électrodes, bien que réalisée sous anesthésie générale, constitue une procédure invasive. Elle peut provoquer une douleur transitoire post-opératoire, une réduction temporaire de la mobilité, une perte d’appétit ou une altération du comportement. Un inconfort local (lié à la cicatrisation ou à la présence des électrodes) est également possible dans les jours suivant l’intervention. Chez les reptiles, ces effets sont souvent discrets mais seront systématiquement recherchés. La phase d’enregistrement, bien qu’exempte de contrainte physique, impose le port d’un dispositif fixé sur le crâne. Celui-ci peut gêner légèrement les mouvements ou induire un stress comportemental transitoire, notamment au moment de sa mise en place. Toutefois, les serpents étudiés étant peu mobiles et dociles, ces effets sont attendus comme modérés. La privation de sommeil, réalisée par stimulation douce manuelle en période de repos, peut entraîner une augmentation du stress, une agitation ponctuelle ou une altération du comportement exploratoire. Chez les reptiles, les effets secondaires restent généralement limités mais incluent une possible fatigue, une baisse de vigilance ou une altération temporaire des rythmes biologiques. Aucune douleur n’est induite par cette procédure. Des manipulations régulières sont nécessaires pour les soins post-opératoires, le changement de batterie et les tests de réactivité. Elles peuvent provoquer un stress ponctuel ou une réponse de défense, bien que les individus soient habitués au contact humain. Enfin, un risque faible de complications chirurgicales (infection locale, mauvaise cicatrisation, rejet du matériel) existe, bien qu’il soit réduit par l’expérience de l’équipe et le protocole appliqué. Ces effets sont rares mais potentiellement délétères pour l’individu concerné.

Devenir

Il est prévu que les animaux soient réutilisés après l’expérimentation dans un programme de recherche comparative.

Remplacement

Le sommeil est un phénomène à la fois comportemental, neurophysiologique et physiologique, impliquant de nombreuses fonctions intégrées telles que l’activité cérébrale, les rythmes circadiens, les régulations hormonales, métaboliques, cardiovasculaires et thermiques. Ces fonctions interconnectées ne peuvent pas être reproduites ni simulées de manière fiable à l’aide de modèles in vitro, in silico ou ex vivo. De plus, l’étude de l’évolution des états de sommeil nécessite une approche comparative entre espèces vivantes, dans leur intégrité biologique, afin de caractériser les similitudes et différences entre groupes phylogénétiques. Chez les reptiles, et en particulier les serpents, aucun modèle substitutif n’existe aujourd’hui pour étudier les états de sommeil de manière complète (comportement, physiologie, activité cérébrale). Ainsi, l’utilisation de l’animal est indispensable et constitue la seule méthode permettant de répondre aux objectifs scientifiques de ce projet. Il n’existe donc actuellement aucune alternative éthique ou technique permettant de se passer de l’animal pour ce type d’étude.

Réduction

Le nombre d’animaux a été déterminé en tenant compte à la fois des exigences méthodologiques et des principes de réduction. L’objectif principal est de caractériser un phénomène biologique présent dans une espèce : le sommeil. Pour cela, il est nécessaire d’observer ce phénomène chez plusieurs individus afin de démontrer sa constance et de contrôler les variations interindividuelles. Nos travaux antérieurs et ceux d’autres équipes ayant étudié les lézards ont montré que 6 individus étaient suffisants et nécessaires pour identifier et caractériser finement un état de sommeil, son homéostasie et son seuil de réveil associé. Le design expérimental a été rigoureusement conçu pour limiter le nombre d’animaux tout en assurant la robustesse des données. Une étude pilote sur un python tapis a permis de déterminer notre capacité à obtenir des signaux de qualité en ciblant des structures cérébrales précises. L’utilisation de techniques d’imagerie pré- et post-opératoire (IRM/Scanner) pour guider l’implantation, ainsi que la maîtrise technique des interventions, permet de garantir un taux de succès élevé, réduisant ainsi le nombre d’animaux. L'ensemble des procédures suit une logique intra-individuelle : chaque animal sert de témoin à lui-même avant et après privation, avant et après nourrissage, avant et après changement de température, ce qui permet de réduire considérablement le nombre total requis tout en augmentant la puissance des comparaisons.

Raffinement

Les études sur le sommeil nécessitent des observations sur des animaux non anesthésiés vivants dans de bonnes conditions psychophysiologiques. Le bien-être des animaux est donc une condition sine qua non de chaque étape de l’expérimentation. Les conditions d'élevage, d'hébergement, de soins et les méthodes utilisées sont les plus appropriées pour réduire le plus possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommages durables que pourraient ressentir les animaux. L'environnement sera notamment enrichi de branches et de substrats adaptés pendant les périodes d’acclimatation et de récupération. Durant les enregistrements, l’animal est libre de ses mouvements dans son propre terrarium. Les animaux seront transportés entre les établissements, sédatés, dans un sac opaque, adapté au transport de serpent afin de réduire leur stress. Les mesures de raffinement lors du transport incluent le maintien d’une température stable et adaptée à l’espèce, la réduction des vibrations et du bruit, ainsi qu’une manipulation minimale pour limiter le stress et tout risque de réveil ou de blessure. Par ailleurs, une grille de suivi du bien-être animal, et des points limités adaptés et précoces, spécifiques à l’espèce ont été mis en place en consultant des spécialistes (vétérinaires, éleveurs, herpétologues). Les décisions relatives aux points limites sont prises en concertation avec le vétérinaire référent et des spécialistes des serpents, si un comportement inhabituel est identifié.

Choix des espèces

L’objectif est d’étudier le sommeil des serpents, dernière grande lignée de squamates encore peu étudiée dans l’évolution du sommeil. Leur physiologie atypique (absence de paupières, forte inactivité, faible métabolisme) en fait un modèle pertinent pour redéfinir les critères de sommeil chez les reptiles. Toute espèce appartenant au sous-ordre des serpents pourrait donc être choisie. Cependant, beaucoup d’espèces de serpents ne sont pas adaptées à cette expérimentation, pour des raisons de statut de protection, de taille, de disponibilité en élevage et de dangerosité. Nous nous tournons ainsi vers des espèces de serpent de grande taille, calmes, non venimeuses et disponibles facilement en élevage. Les individus doivent avoir une tête de taille adaptée à l’implantation stable d’électrodes pour l’étude du sommeil. Leurs morphologies et leurs comportements moteurs doivent aussi faciliter les interventions, avec un risque minimal de blessure ou de stress durable. Phylogénétiquement, M. spilota, et B. constrictor sont tous les deux des représentants du groupe des serpents qui pourraient convenir. Les individus choisis, seront adultes (>5 ans) nés en captivité, et habitués aux manipulations . M. spilota, et B. constrictor par exemple, offrent un compromis optimal entre pertinence scientifique, faisabilité technique et respect du bien-être animal. Par ailleurs, les deux espèces présentent le même mode de vie semi-arboricole et le même régime alimentaire, et ce sont deux espèces assez courantes en élevage. Elles constituent donc des modèles cible.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 400
Souffrances
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Capturés dans dix populations sauvages du Massif Central, entre 800 et 1 500 mètres d'altitude, 400 lézards vivipares vont être utilisés dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger. Chaque individu est mesuré, photographié et saigné, et les adultes perdent un morceau de queue et l'extrémité d'une phalange, le tout dans une contention que le porteur limite à dix minutes. Aucune alternative n'est retenue : il indique qu'aucun modèle mathématique ne décrit le vieillissement biologique des lézards et s'appuie sur plusieurs milliers de prises de sang faites depuis 2006 dans son laboratoire pour affirmer l'innocuité du geste. Tous sont relâchés six heures après la capture, à l'endroit exact où ils ont été pris, obligation qui découle de l'autorisation de capture délivrée pour cette espèce protégée.

Objectifs

Le changement climatique bouleverse les équilibres écologiques de nombreuses espèces à travers le monde, et en particulier ceux des animaux ectothermes pour lesquels toute activité physiologique dépend de l’environnement thermique. Chez ces espèces, l’augmentation des températures accélère les processus métaboliques et physiologiques et favorise l’accumulation de dommages biologiques. Par exemple, des dérivés réactifs de l’oxygène s’accumulent au sein de l’organisme et occasionnent des dégâts importants à l’ADN ou favorisent l’érosion des télomères (des séquences d’ADN non-codantes et protectrices situées à l’extrémité de chaque chromosome). Avec le réchauffement climatique, ces dommages liés au stress sont plus intenses et plus fréquents et ont donc le potentiel d’accélérer le vieillissement cellulaire, d’entrainer une sénescence précoce des individus et de diminuer leur longévité. Des travaux menés par notre équipe ont par exemple démontré un lien entre longueur des télomères et risque d’extinction locale dans les populations de lézard vivipare du Massif Central. Ce phénomène semble lié à une accélération du vieillissement des individus, accentué par le changement climatique et par la « transmission » des dommages à l’ADN des parents aux juvéniles. Les mécanismes détaillés à l’origine de cette accélération du vieillissement en population naturelle restent cependant mal connus. Notamment, nous ne savons pas si l’accélération de la sénescence résulte d’un stress d’ordre métabolique (e.g., dommages accrus ou perte des capacités de réparation) ou énergétique (e.g., réallocation des ressources entre croissance, réserve ou homéostasie). De même, nous ne savons pas si ces mécanismes sont les mêmes chez tous les individus, ou s’ils varient en fonction de leur sexe (e.g., état reproducteur), de leur âge (e.g., dynamique de croissance continue) ou des facteurs de environnementaux auxquels ils sont exposés (e.g., réchauffement des températures, épisodes caniculaires, humidité, niveau d’anthropisation). Ce projet a donc pour but de répondre à ces interrogations en étudiant plusieurs marqueurs du vieillissement et du stress chronique (voir prochaine section) dans plusieurs populations de lézards vivipares réparties dans le Massif Central.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour objectif de faire progresser notre compréhension des effets des vagues de chaleurs sur le stress chronique et l’accélération des dynamiques de vieillissement dans les populations naturelles de lézards. Nos précédents travaux suggèrent qu’une boucle d’accélération de la sénescence, liée à la transmission de télomères érodés sous l’effet du stress des parents à leur descendance, peut mener à l’extinction locale de populations. Ce projet permettra de franchir une étape supplémentaire dans la compréhension écologique et physiologique de ce processus et de compléter les observations effectuées en début d’été. En répétant les mesures en fin de saison, nous pourrons explorer la dynamique temporelle du vieillissement au cours d’une année de vie. Notamment nous pourrons comprendre si des demandes énergétiques importantes (gestation pour les femelles, croissance pour les subadultes et juvéniles, recherche de partenaire pour les mâles) ou des épisodes de chaleurs intenses (i.e. canicules de l’été) exacerbent l’effet du stress sur le vieillissement précoce. Par ailleurs, en caractérisant finement les différences de conditions environnementales entre populations, nous pourrons mieux comprendre quels facteurs du milieu peuvent atténuer ou amplifier ce stress (e.g., températures extrêmes, couvert végétal, perturbation anthropiques).

Procédures

Une fois capturés, les individus feront l'objet de mesures morphométriques (taille et masse corporelle), photométriques (face ventrale et dorsale) et de prélevements de tissus sur animaux vigiles (prise de sang, tissu caudal et morceau de phalange sur les adultes). L'ensemble des actes est effectué par un experimentateur aguerri aux gestes techniques afin de ne pas dépasser 10 minutes de contention.

Impact sur les animaux

Les nuisances les plus importantes sont celles liées au stress de capture et celles associées à la contention nécessaire aux mesures (quelques secondes lors de la capture, moins de 10 minutes lors des mesures). Le temps de stress sera limité à environ 10 minutes pour la capture et les manipulations, sinon les animaux seront hébergés temporairement au calme en l'absence de source de stress. Notons que les événements d’autotomie induits par la capture ou la manipulation des animaux sont rares et les individus ayant perdu leur queue à la capture ou lors des manipulations seront exclus du plan de mesure (

Devenir

L'ensemble des animaux sera relâché à l'endroit de leur capture 6 heures après les captures. Le fait de devoir relacher les animaux est obligatoire étant donné les demandes d'autorisation de capture de cette espèce protégée et pour nos suivis à long terme des populations étudiées.

Remplacement

Il existe des modèles mathématiques pour décrire le fonctionnement hydrique, thermique et métabolique des lézards mais pas pour leur vieillissement biologique. Il n’est donc pas possible de remplacer in vivo ou in silico le modèle biologique utilisé car cette étude vise à comprendre l’effet du changement climatique sur l’augmentation du stress métabolique et l’accélération du cycle de vie des individus en conditions naturelles. Le projet nécessite donc l’utilisation d’animaux sauvages afin de pouvoir comparer les effets conditions de l’environnement local entre populations.

Réduction

En tenant compte de nos travaux précédents, nous estimons empiriquement qu’un effectif maximum de 40 individus par population permettrait d’obtenir un échantillon statistique suffisant pour correctement caractériser l’effet des facteurs individuels (e.g., âge, sexe). Cet échantillon comportera 20 adultes, 10 subadultes et 10 juvéniles. Le nombre plus important d’adultes permettra de correctement caractériser l’effet de l’âge (2 à 10 ans en moyenne) qui peut varier entre chaque individu. Dans la mesure du possible, nous équilibrerons les sex-ratios, même si la probabilité de capturer des mâles adultes diminue fortement avec la fin de la saison d'activité. Nous tenterons d’atteindre un sexe-ratio équilibré au sein de chaque classe d’âge même s’il n’est pas toujours possible de déterminer le sexe des juvéniles (immature) sur le terrain. Tous les individus surnuméraires seront relâchés immédiatement. Pour correctement caractériser les effets environnementaux (e.g., température, humidité, niveau d’anthropisation), nous capturerons cet effectif sur chacune des 10 populations visitées. Ces populations sont réparties selon un gradient nord-sud et un gradient altitudinal (800 à 1500m) qui permet de correctement échantillonner des populations chaudes, intermédiaires et froides. Elles ont été choisies parmi 15 populations visitées en juin 2025 de façon à maximiser les différences environnementales. Pour réduire notre impact sur les populations, chacune d’entre elle sera visitée un maximum de trois fois, même si les effectifs ne sont pas tout à fait atteints sur certaines d’entre elles. L’effectif total sera donc de 40 individus pour 10 populations, soit 400 lézards. Une technique d'imagerie sera utilisée pour identifier les animaux et procéder à des mesures sur le terrain (coloration, épaisseur de la queue).

Raffinement

Notre protocole de terrain est défini et raffiné par l’équipe depuis plusieurs dizaines d’années. Les populations seront visitées chronologiquement en suivant leur phénologie naturelle. Cette approche nous permettra de collecter des individus à des stades phénologiques similaires et de minimiser les biais de comparaisons entre populations. Les captures seront effectuées par du personnel formé afin de minimiser le stress de contention ou les événements d’autotomie. La contention des individus suivant la capture sera limitée à quelques secondes et les individus immédiatement isolés en tubes individuels opaques, ventilés et équipés d’un morceau de papier absorbant humide en attendant les mesures. Ces tubes seront placés dans un conteneur ventilé, maintenu à une température constante et lui-même placé à l’ombre. Le conteneur possède un thermomètre interne munie d’une alarme sonore nous indiquant si les températures dépassent les 26°C. Une température contrôlée permet d’homogénéiser nos mesures pour cette espèce dont la température corporelle peut fluctuer beaucoup au cours de la journée et elle facilite aussi la fluidité sanguine. L’ensemble des mesures sera effectué sur le terrain pour éviter le stress de transport vers un laboratoire. Nous enregistrons les coordonnées GPS du point de capture afin de relâcher les individus dans leur domaine vital une fois nos mesures prises. En cas de recapture (identifiée grâce au prélèvement caudal), les individus seront relâchés immédiatement. Les individus seront relâchés depuis leur tube, pour éviter une manipulation supplémentaire. Dans un souci de raffinement, nous considèrerons au bout du 2eme jour de capture que la population est terminée si un échantillon de 15 adultes est atteint.

Choix des espèces

Le lézard vivipare (Zootoca vivipara) est un petit Lacertidé dont la distribution englobe l'Europe et l'Asie du Nord. Les populations se composent de juvéniles (nés en été), de subadultes non reproducteurs (1 an) et d'adultes (individus de plus de 2 ans). Dans le Massif Central, les individus émergent de l'hivernation au printemps. Les adultes se reproduisent peu après l’émergence. Les femelles portent les nouveau-nés jusqu'à la mise bas (mi-juillet à mi-août) et pondent des œufs membraneux qui éclosent en quelques heures. Les individus accumulent des réserves jusqu’à la prochaine hivernation (automne). Cette espèce est particulièrement sensible au changement climatique et est un bon indicateur de la qualité des habitats humides. Elle n’est pas menacée en Europe et a un statut de « préoccupation mineure » selon l'UICN. Elle est cependant protégée par l’article 3 de l’arrêté du 8 Janvier 2021 et est considérée comme « sentinelle du climat ». Elle est également considérée comme « sentinelle du climat » en France et son groupe taxonomique comprend plusieurs espèces menacées d’extinction en Europe et à forte valeur écologique.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Reptiles : 120
Souffrances
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Devenir
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Un fragment de queue prélevé sur animal vigile, trois prises de sang, trois prélèvements de salive et deux écouvillonnages cloacaux : chacun des 120 lézards vivipares immatures passe par là, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Répartis en six lots, ils vivent un mois en captivité sous trois régimes thermiques, avec ou sans complément d'antioxydants, pour mesurer si la chaleur accélère leur vieillissement biologique. Le porteur signale un risque d'autotomie lié au cumul des contentions, puis indique qu'aucun effet indésirable des prélèvements n'a été observé jusqu'ici. Les 120 animaux repartent deux mois en bacs extérieurs, subissent une dernière série de prélèvements et sont relâchés dans les enclos d'où ils venaient.

Objectifs

Les vertébrés ectothermes sont des organismes à croissance continue dont la saisonnalité de croissance et la vitesse de croissance sont dictées par les conditions environnementale ambiantes, principalement la température et la quantité ou la qualité de la nourriture. Chez les individus immatures, les ressources acquises sont allouées à la maintenance, à la croissance structurale et à la maturation sexuelle. Ce stade de vie est caractérisé par une croissance rapide mais cette rapidité est contrainte par des allométries physiques et par les coûts d’une croissance accélérée qui peuvent prendre la forme de coûts écologiques (par exemple le risque de prédation), énergétiques (par exemple des contraintes d’allocation des ressources) ou non énergétiques (principalement mais pas seulement le stress oxydatif). Ainsi, même en l’absence de prédation, une croissance maximale n’est pas forcément optimale car elle se fait au détriment de la maintenance et donc potentiellement de la longévité. Dans ce contexte, il a été récemment proposé qu’une accélération thermique de la croissance dans des conditions plus chaudes devrait accélérer la croissance corporelle mais pourrait compromettre l’équilibre oxydatif, favoriser l’accumulation de dommages oxydatifs et donc accélérer la sénescence. Les processus à l’origine de l’accumulation des dommages oxydatifs sont encore mal connus et les liens possibles avec d’autres syndromes du vieillissement biologique, notamment le vieillissement cellulaire et la dysbiose, restent à démontrer. Afin de répondre à ces enjeux, nous proposons une étude expérimentale des coûts oxydatifs d’une croissance rapide dans les environnements plus chauds exploitant la plasticité thermique de la consommation alimentaire et de la croissance chez un petit reptile terrestre, le lézard vivipare. Afin de moduler la capacité de cet organisme à faire face à ces coûts oxydatifs, nous manipulerons conjointement les conditions thermiques et les apports nutritifs en antioxydants (caroténoïdes et vitamine E alimentaire). Nous prédisons une augmentation des dommages biologiques et du vieillissement cellulaire dans les conditions chaudes accélérant significativement la croissance, et que cette augmentation soit réduite par l’apport en antioxydants et modulée par la microbiome.

Bénéfices attendus

Cette étude vise à caractériser les patrons et les mécanismes des perturbations physiologiques et «microbiologiques» associées à l’accélération des stratégies d’histoire de vie chez des lézards exposés au réchauffement climatique. Nous combinerons une manipulation expérimentale du stress thermique chronique, des suivis du microbiote et une manipulation des capacités antioxydantes avec des analyses détaillées du vieillissement biologique, de la condition corporelle et de traits fonctionnels. Nos objectifs spécifiques seront d’analyser les effets sublétaux de l’accélération thermique lors des phases de croissance du cycle de vie, et de démêler les liens de cause à effet entre le vieillissement, le stress oxydatif, et l’accélération thermique du cycle de vie. Cette approche expérimentale nous permettra ainsi de faire progresser les connaissances très rares à l’heure actuelle sur la biologie thermique du stress oxydatif chez les reptiles et le lien entre cette biologie thermique et deux syndromes importants du vieillissement de l’organisme. Elle constituera aussi notre première étude du vieillissement biologique des lézards intégrant des informations sur leur microbiome, dans un contexte d’accumulation d’études sur le rôle de ce microbiome dans la biologie thermique, l’immunité ou l’équilibre énergétique des reptiles. Enfin, cette étude mécanistique et fonctionnelle est importante pour nous aider à mieux comprendre les processus de vieillissement biologique observés dans les populations naturelles. Dans un contexte de réchauffement climatique, il a été démontré qu’il avait un impact significatif sur la longévité des amphibiens et des reptiles à travers le monde, et en particulier sur les populations naturelles menacées du lézard vivipare.

Procédures

Des lézards immatures âgés d’un an seront capturés dans un élevage en extérieur au sein d'enclos semi-naturels au printemps (n=120) et maintenus en captivité pendant 1 mois dans différentes conditions thermiques (froid, intermédiaire et chaud) et avec de la nourriture supplémentée ou non en antioxydants naturels (lutéine, zéaxanthine et vitamine E) en fonction de leur lot expérimental (6 lots, 20 individus par lot dont 10 femelles et 10 mâles). Des prélèvements sanguins et salivaires (durée de manipulation de 3-4 minutes) seront effectués sur animaux vigiles au début, au milieu et en fin d’expérimentation au laboratoire (n=120, 3 prélèvements par animal). Des prélèvements du microbiote cloacal (durée de manipulation de 1 minute) seront effectués sur animaux vigiles avant et en fin d’expérimentation au laboratoire (n=120, 2 prélèvements par animal). Un échantillon de tissu caudal (durée de manipulation de 30 secondes) sera prélevé en fin d’expérience sur animaux vigiles. Tous les animaux seront ensuite relâchés dans des bacs en extérieur pour une phase de suivi post-expérimentation de deux mois dans des conditions naturelles (n=120). Des prélèvements sanguins et salivaires et des prélèvements du microbiote (durée de manipulation de 5 minutes) supplémentaires seront à nouveau effectués en fin de cette période post-expérimentale. Les animaux seront alors tous relâchés en liberté dans les enclos extérieurs.

Impact sur les animaux

Chez les subadultes, une augmentation de la croissance structurale a été mise en évidence en climat chaud mais avec des effets négatifs sur le maintien de la condition musculaire et sur la charge en ectoparasites. Chez les mâles adultes, une alimentation augmentée en caroténoïdes se traduit par des effets non significatifs sur la condition corporelle mais une augmentation des caroténoïdes dans le sang, alors que l’apport en vitamine E semble stimuler les défenses immunitaires chez d’autres lézards. Les effets attendus sont donc ceux d’une accélération thermique de la croissance corporelle dans la gamme de variation naturelle et une modération du stress oxydatif et des dommages associés à la croissance accélérée en conditions d’apports alimentaires en antioxydants. Ceci devrait impliquer un stress modéré se traduisant par une moins bonne condition physique et physiologique, un plus haut niveau de mobilisation des réserves ou de dommages oxydatifs chez les lézards des conditions les plus chaudes sans supplémentation d’antioxydants. Les effets attendus sont toutefois sublétaux et normalement réversibles. Les procédures expérimentales invasives comprennent des prises de sang, prélèvement de microbiote et un prélèvement de tissu caudal dont le cumul avec des contentions est susceptible d’engendrer du stress sur les animaux et un risque d'autotomie. Toutefois, d'après notre expérience et les travaux de la littérature vétérinaire, il n'y a pas d'effet indésirable des prélèvemens effectués au cours du projet. Par ailleurs, des points limites ont été établis et des mesures, notamment d'exclusion des animaux, seront mises en place si ces points limites sont atteints.

Devenir

Tous les animaux seront relâchés dans des enclos semi-naturels donc replacés en captivité dans des conditions proches du milieu naturel. Les animaux utilisés dans le projet viennent de ces enclos et donc on peut considérer qu'ils sont replacé en élevage en conditions extérieures mais pas réutilisés.

Remplacement

Il est impossible de remplacer le modèle biologique par un équivalent cellulaire ou in silico car l'étude écophysiologique de la plasticité de la croissance corporelle et du vieillissement biologique nécessite l'utilisation d'animaux dans des conditions contrôlées au laboratoire et aussi en conditions naturelles comme dans notre projet.

Réduction

Un échantillon important d’animaux sera utilisé pour quantifier les conséquences écophysiologiques des températures et d’un apport en antioxydants (120 animaux) dans la mesure où ces animaux sauvages capturés dans des enclos semi-naturels présentent une forte variabilité phénotypique (variabilité de taille, deux classes de sexe avec des mâles et des femelles, variabilité de comportement et de condition initiale) et génétique, et parce que les animaux seront divisés en 6 groupes expérimentaux. Ces effectifs ont été réduits au minimum par rapport aux 6 groupes expérimentaux du projet et aux besoins du suivi longitudinal des différents traits mesurés dans l’étude en nous basant sur une analyse de puissance issue de travaux antérieurs qui manipulait les températures nocturnes. Les analyses statistiques consisteront à comparer les traits des six groupes expérimentaux à l'aide d'analyse de variance (modèles linéaires classiques) ou de modèles mixtes pour les données répétées (données mesurées plusieurs fois pendant, au milieu et après l’expérience) selon le type de données. Une technique d'imagerie sera utilisée pour identifier les animaux.

Raffinement

En élevage, on raffinera aussi les conditions de maintien grâce à un enrichissement des cages et à l'utilisation de conditions climatiques avec des cycles journaliers (température nocturne variable selon les traitements, température diurne avec un gradient thermique pour la thermorégulation). Les cages individuelles sont enrichies à l'aide d'un abri, d'un abri artificiel pour la thermorégulation et d'un éclairage blanc naturel enrichi en ultraviolet. Les bacs d’hébergement en extérieur seront très proches du milieu naturel avec des conditions environnementales ambiantes, une végétation dense et des abris. Des points limites associés à la perte de masse (perte de masse supérieure à 30% de la masse initiale ad libitum) et au comportement et l’état général de l’individu seront appliqués avec arrêt des procédures expérimentales en cas de dépassement du point limite et basculement des conditions d'élevage des animaux vers des conditions optimales ad libitum, si nécessaire avec soins demandés par le vétérinaire référent. Les mesures et les prélèvement seront appliqués pendant un temps réduit sur chaque animal avec une contention douce pour limiter le stress de manipulation et effectuées par un personnel formé et compétent. Une phase post-expérimentale de repos au laboratoire avec estimation des performances digestives des animaux et de la condition corporelle sera proposée avant de relâcher les animaux dans les bacs. La phase de jardin commun sera effectuée dans des conditions quasiment naturelles. A noter qu’on utilisera une répartition en 3 groupes des animaux pour effectuer des mesures pendant la même contention d’un individu au cours de la même journée, et ainsi limiter le stress de manipulation au cours de l’expérience. Une technique d'imagerie sera utilisée pour identifier les animaux et une mesure sans manipulation de la température corporelle par IR sera utilisée. Une évaluation basée sur le comportement, les défauts de mue, et les changements de masse permettra de suivre l'état de santé des animaux. Des points limites ont été établis et des mesures, notamment d'exclusion des animaux, seront mises en place si ces points limites sont atteints.

Choix des espèces

Le lézard vivipare est un petit Lacertidé dont la distribution englobe l'Europe et l'Asie du Nord. Les populations se composent de juvéniles (nés en été), de subadultes non reproducteurs (1 an) et d'adultes (individus de plus de 2 ans). Dans le Massif Central, les individus émergent de l'hivernation au printemps. Les adultes se reproduisent peu après l’émergence. Les femelles portent les nouveau-nés jusqu'à la mise bas (mi-juillet à mi-août) et pondent des oeufs membraneux qui éclosent en quelques heures. Les individus accumulent des réserves jusqu’à la prochaine hivernation (automne). Les immatures ont une croissance rapide et plastique et constitue le stade clef pour l'âge à première reproduction, la croissance en taille et donc la première reproduction dans la vie. Cette espèce est particulièrement sensible au changement climatique et est un bon indicateur de la qualité des habitats humides. Elle n’est pas menacée en Europe et a un statut de « préoccupation mineure ».