Autres mammifères

37 contenus, page 1 sur 4
  • Recherche appliquée
    • Maladies infectieuses
Autres mammifères : 7
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 7
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 7

Infectées sous anesthésie par voie orale, nasale et intrapéritonéale avec un virus de la famille des Paramyxoviridae, des chauves-souris frugivores subissent ensuite écouvillonnages oraux, nasaux et rectaux, prises de sang, pesées et prises de température, à J0, J3, J6, puis chaque semaine jusqu'à J21 et toutes les deux semaines jusqu'à J91. Au total, 7 chauves-souris adultes, déclarées dans la catégorie "Autres mammifères", vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour des analyses immunologiques, virologiques et histologiques, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Trois d'entre elles, suivies plus longtemps, reçoivent en plus trois doses de dexaméthasone, qui provoque une immunosuppression, et le porteur reconnaît que les nuisances viennent surtout des "anesthésies répétées". Le projet sert à mettre au point un protocole d'infection pour des études futures, mais le résumé ne nomme pas l'espèce de chauve-souris et ne dit pas si les individus sont capturés ou élevés.

Objectifs

Le projet vise à développer et caractériser un modèle d'infection virale expérimentale chez des chauves-souris frugivore. Cette étude permettra d'établir les conditions expérimentales nécessaires à la réalisation d'études futures portant sur les interactions entre les chauves-souris et les virus dont elles constituent des réservoirs naturels ou potentiels. Le virus de la même famille (Paramyxoviridae), connu pour induire une infection asymptomatique ou faiblement pathogène chez les chauves-souris, sera utilisé comme modèle d'infection. Les objectifs spécifiques du projet sont : 1. mettre en place et valider un protocole d'infection expérimentale chez les chauves-souris ; 2. caractériser la cinétique de l'infection par le suivi de la virémie, de l'excrétion virale et de la distribution tissulaire du virus ; 3. évaluer l'évolution clinique de l'infection au cours du temps ; 4. caractériser les réponses immunitaires humorales et cellulaires induites par l'infection ; 5. générer les données de référence nécessaires au développement d'études visant à comprendre les mécanismes de contrôle des infections virales chez les chauves-souris.

Bénéfices attendus

Ce projet permettra de développer et de valider un modèle d'infection virale expérimentale chez les chauves-souris. Les données obtenues permettront de mieux décrire la cinétique de l'infection, la distribution du virus dans les tissus ainsi que les réponses immunitaires induites chez cette espèce. Les résultats générés constitueront des données de référence indispensables pour la mise en place d'études visant à comprendre les mécanismes impliqués dans les interactions entre les chauves-souris et les virus dont elles sont réservoirs. À plus long terme, ces travaux pourraient participer à une meilleure compréhension des facteurs impliqués dans l'émergence et la transmission de certains virus d'intérêt en santé animale et en santé publique.

Procédures

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : infection expérimentale - réalisée une seule fois à J0 sous anesthésie par voies orale, nasale et intrapéritonéale, sous anesthésie avec une durée environ 10 minutes par animal. Prélèvements répétés : écouvillonnages oral, nasal et rectal, prélèvement urinaire si disponible, prélèvement sanguin, mesure du poids et de la température. Ces prélèvements seront réalisés à J0, J3, J6, puis une fois par semaine jusqu’à J21, puis toutes les deux semaines jusqu’à J91. Des prélèvements complémentaires seront réalisés à J94, J97 et J100 selon les animaux avec une durée estimée : environ 10 à 15 minutes par animal et par temps de prélèvement. Administration de dexaméthasone : réalisée chez les trois animaux suivis à long terme, avec une durée de quelques minutes par animal et par administration (3 fois durant l'étude).

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues au cours de cette étude sont principalement liées aux anesthésies répétées nécessaires à la réalisation des différentes procédures expérimentales. Bien que de courte durée, ces anesthésies peuvent entraîner un stress transitoire lors de l'induction et du réveil ainsi qu'un risque faible de complications anesthésiques. L'infection pourrait induire des modifications de l'état général telles qu'une baisse transitoire d'activité, une diminution de la prise alimentaire, une perte de poids ou une modification de la température corporelle. Cependant, le virus utilisé est décrit comme peu ou pas pathogène chez les chauves-souris. Les animaux suivis à long terme recevront un traitement à la dexaméthasone. Ce traitement est susceptible d'entraîner une immunosuppression transitoire ainsi qu'un inconfort léger et temporaire lié à son administration.

Devenir

Les animaux seront euthanasiés afin de réaliser des analyses immunologiques, virologiques et histologiques.

Remplacement

Des travaux préalables ont été réalisés à l'aide de modèles in vitro afin d'étudier certaines interactions entre le virus et les cellules de chauve-souris. Ces approches ont permis d'acquérir des données et de répondre à plusieurs questions mécanistiques. Cependant, elles ne permettent pas d'évaluer les interactions complexes se produisant à l'échelle de l'organisme entier. À l'heure actuelle, il n'existe pas de méthode alternative permettant de reproduire l'ensemble des mécanismes impliqués dans la réponse immunitaire d'un animal vivant après infection. L'utilisation de chauves souris est donc nécessaire pour répondre aux objectifs du projet..

Réduction

Le nombre d'animaux a été limité au strict nécessaire pour répondre aux objectifs du projet. Chaque animal fera l'objet de plusieurs prélèvements au cours du suivi expérimental, permettant d'obtenir un maximum d'informations à partir d'un même individu. De plus, les prélèvements réalisés à l'euthanasie seront utilisés pour différentes analyses (virologiques, immunologiques et histologiques), limitant ainsi le recours à des animaux supplémentaires.

Raffinement

Les animaux disposeront d'une période d'acclimatation de 14 jours avant le début de l'étude. Les procédures seront réalisées par du personnel formé à la manipulation des chauves-souris. Les anesthésies utilisées pour les différentes interventions permettront de limiter le stress et l'inconfort des animaux. Les animaux seront suivis régulièrement tout au long de l'étude et toute modification de leur état général fera l'objet d'une prise en charge adaptée. Un suivi clinique rapproché sera assuré après chaque procédure, avec mise en place de critères d’arrêt si nécessaire, afin de garantir le bien-être des animaux tout au long du projet. Des points limites ont été définis afin de garantir le bien-être des animaux. De plus, les conditions d’hébergement seront adaptées à l’espèce, avec des volières spacieuses permettant aux chauves-souris de se déplacer librement, de se suspendre la tête en bas et de déployer leurs ailes. Bien qu’il n’existe pas de cadre réglementaire spécifique pour l’hébergement de ces animaux, les installations ont été définies sur la base des retours d’expérience de structures spécialisées et des recommandations issues de la littérature, afin d’assurer des conditions adéquates et conformes aux besoins biologiques de l’espèce.

Choix des espèces

Les chauves-souris ont été choisies car elles constituent des hôtes naturels de nombreux virus d'intérêt en santé animale et en santé publique. Elles présentent la particularité d'héberger ces agents infectieux sans développer les formes cliniques sévères observées chez d'autres espèces de mammifères. L'objectif du projet étant de caractériser l'évolution d'une infection virale et les réponses de l'hôte dans une espèce réservoir, il n'est pas possible de remplacer la chauve-souris par une autre espèce animale. Les animaux utilisés seront des chauves-souris adultes. Ce choix se justifie par le fait que la procédure prévue nécessite des animaux ayant atteint un développement physique complet et une taille suffisante pour permettre une manipulation sûre.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres mammifères : 475
Souffrances
▲ -
▲ 475
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 475
 -
 -

150 cerfs élaphes, 75 renards roux, 50 blaireaux et 50 chats forestiers sont capturés par fléchette anesthésiante ou au piège, puis sédatés, bagués, pucés, équipés d'un collier émetteur et soumis à des prélèvements de sang, de poils et de fèces dans le rectum, tandis que 150 faons de cerf et de chevreuil sont saisis au gîte peu après la naissance et manipulés sans anesthésie. Déclarés dans la catégorie autres mammifères, ces 475 individus sauvages sont utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Le porteur décrit pourtant, pour les pièges à contention, des luxations, des "fractures des os longs" et de l'automutilation dans de rares cas, ainsi qu'un risque de mortalité faible lié à l'anesthésie ou aux blessures. Tous sont relâchés sur leur site de capture et suivis pendant des mois, parfois des années.

Objectifs

Le projet vise à étudier les interactions comportementales entre la faune sauvage et les activités humaines le long d’un espace où la nature passe progressivement d’un environnement très naturel à un environnement fortement modifié par l’homme (route nationale, voie ferrée, urbanisation). Il porte sur deux ongulés (cerf élaphe et chevreuil européen) et trois mésocarnivores (renard roux, blaireau européen et chat forestier). Pour suivre leurs déplacements, nous utilisons des dispositifs innovants qui enregistrent les mouvements avec une fréquence bien supérieure à celle des colliers GPS classiques, trop peu précis pour l'étude fine des comportements. Le projet se décline en trois axes : (1) étudier l’impact des aménagements humains (routes, rails, zones urbaines) sur les voies de passage des animaux. Il combine le suivi des déplacements animaux avec une cartographie détaillée du trafic et de l’usage du sol, et une approche pseudo-expérimentale associée à l’ouverture d’une nouvelle route de 4 km ; (2) évaluer les risques liés aux contacts entre faune sauvage et domestique en suivant des cerfs et des bovins afin de mesurer la transmission possible de maladies (e.g. le virus de la maladie hémorragique épizootique) et la concurrence pour la nourriture. Les mésocarnivores sont étudiés afin de caractériser leurs interactions spatiales avec les carnivores domestiques, les dynamiques de transmission associées (e.g. virus de la maladie de Carré) et les facteurs favorisant la reproduction entre les chats forestiers et domestiques ; (3) déterminer comment les conditions de vie précoces des faons de cerf et de chevreuil influencent leurs déplacements et leurs comportements à l’âge adulte.

Bénéfices attendus

Le projet apportera des bénéfices en termes de connaissances fondamentales et appliquées et d’appui aux politiques publies. Sur le plan fondamental, le projet permettra d’améliorer la compréhension des mécanismes de décision comportementale à l’origine du mouvement et de l’occupation de l’espace. Sur le plan finalisé, le projet vise à produire des connaissances appliquées pour améliorer la coexistence entre faune sauvage et activités humaines : prévention des risques sanitaires à l’interface faune sauvage et domestique, optimisation des mesures de mitigation (corridors écologiques, protection des cultures, aménagement de franchissements). Le projet va enfin contribuer aux politiques publiques en fournissant des bases scientifiques pour restaurer les continuités écologiques et développer des approches intégrées de santé « One Health », tenant compte simultanément de la santé des animaux, des humains et de l’environnement.

Procédures

Les animaux capturés font l’objet de manipulations, marquages, prélèvements biologiques et suivis des déplacements dans le cadre de trois procédures concernant les cerfs élaphes subadultes et adultes, les faons de cerf et chevreuil européen et les mésocarnivores (renard roux, blaireau européen et chat forestier). Il ne s’agit pas d’interventions chirurgicales. Les captures sont réalisées à l’aide de dispositifs adaptés (principalement par anesthésie réalisée à distance et cages-pièges) ou par capture directe au gîte pour les faons peu après la naissance. A l’exception des faons qui sont manipulés brièvement sans anesthésie, les autres animaux sont systématiquement sédatés par injection afin de sécuriser les manipulations. Le marquage repose sur la pose de boucles auriculaires pour tous les individus et, pour les cerfs et mésocarnivores, l’implantation d’une puce électronique sous-cutanée. Les animaux sont équipés de colliers émetteurs (GPS, VHF ou reverse-GPS) adaptés à leur morphologie ou croissance, permettant un suivi à distance des déplacements. Des prélèvements biologiques sont effectués lors de la manipulation, incluant du sang (< 1% de la masse), des poils, des muqueuses (écouvillons), des fèces, des vibrisses, des ectoparasites et de graines dans le pelage selon les espèces. La durée d’une intervention individuelle de capture et de manipulation est généralement d’une demi-heure. Après manipulation, les animaux sont relâchés sur leur site de capture et font l’objet d’une surveillance jusqu’à récupération complète. Le suivi des déplacements se poursuit ensuite sur plusieurs mois à plusieurs années selon la durée de vie des dispositifs et les systèmes de décrochement programmés ou naturels, sans intervention invasive supplémentaire. Sur l’ensemble du projet de cinq ans, les interventions concernent 150 cerfs subadultes ou adultes, 100 faons de cerf, 50 faons de chevreuil, 75 renards roux, 50 blaireaux et 50 chats forestiers.

Impact sur les animaux

Sauf mention contraire, il est anticipé que les nuisances décrites ci-dessous durent pendant moins d’une journée. La capture et la contention peuvent occasionner : - Stress : altération de la mobilité de l’animal pendant la phase de réveil, et du comportement spatial jusqu’à deux semaines suivant la capture. - Douleur lors des prélèvements (prise de sang) ou du marquage (bague auriculaire, puce sous-cutanée d’identification). - Inconfort lié au prélèvement de fèces dans le rectum, au port du collier pendant la durée du suivi. - Troubles locomoteurs légers en réponse à un stress musculaire. - Blessures superficielles. Celles-ci mettent un temps variable à se résorber en fonction de leur nature et de leur profondeur (quelques semaines au maximum). Pour les captures par anesthésie à distance (par projection d’une seringue) : hématomes sur la zone d’injection ; pour les captures par piège : plaie au niveau du membre entravé, atteinte des tendons et hématomes (pour pièges à contention), lésions de la cavité buccale, limage des griffes. - Atteintes des muscles squelettiques (myopathie) : ce risque est faible mais ne peut être exclu dès qu’une contention/anesthésie a lieu. - Blessures sévères dans de rares cas : boiterie du membre entravé, luxation des articulations, fractures des os longs, automutilation pour les captures avec des pièges à contention. - Risque de mortalité : faible, en lien avec l’anesthésie ou des blessures sévères à la capture. Les effets indésirables de la sédation profonde incluent : - Diminution des capacités motrices et de vigilance dans une courte phase suivant le réveil - Nausées, vomissements - Ulcères cornéens - Perturbations de la température corporelle : hypothermie et hyperthermie - Troubles ioniques, notamment l’excès de potassium dans le sang - anomalies du rythme cardiaque - Hypotension - Hypovolémie par vasoconstriction puis vasodilatation en cas d’hémorragie - Dépression respiratoire : hypoventilation pouvant conduire à une diminution de la pression partielle en oxygène dans le sang artériel (hypoxémie) puis à une diminution de la quantité d’oxygène apportée par le sang aux tissus (hypoxie) - Dans de rares cas, arrêt cardio-respiratoire dû à l’induction de l’anesthésie.

Devenir

Tous les animaux sont relâchés dans le milieu naturel immédiatement après leur manipulation.

Remplacement

Les questions scientifiques abordées dans ce projet, portant sur les interactions entre faune sauvage et activités humaines, notamment les enjeux de connectivité écologique à de larges échelles spatiales et les échanges de pathogènes entre faune sauvage et domestique, ne peuvent actuellement être résolues par des méthodes alternatives. De même, les observations à l’échelle des décisions comportementales ne sont pas disponibles sur ces espèces ce qui nécessite donc nécessairement l’acquisition de nouvelles données. En revanche, ces données acquises au cours de ce projet grâce à des technologies innovantes (logger GPS R&D, reverse-GPS) constituent une ressource de référence qui peut être utilisée dans de futures études traitant de problématiques similaires, contribuant ainsi à limiter le recours à de nouvelles captures et à de nouvelles expérimentations.

Réduction

Cette étude multi-spécifique croisant suivi spatial, comportemental et sanitaire le long d’un gradient de naturalité bénéficie à de nombreux projets du laboratoire et à ceux de partenaires scientifiques, institutionnels et territoriaux. Les données sur l’écologie spatiale des individus suivis sont mises à disposition dans le cadre d’un réseau scientifique européen sur les mouvements des mammifères et, plus globalement, dans une dynamique mondiale de partage de ce type de données. Les données génétiques (génotype des individus et souches d’agents pathogènes) générées dans le cadre de ce projet sont mises à disposition sur une plateforme. L’effort particulier consenti par l’équipe du projet à la réutilisation des données est de nature à réduire la nécessité de multiplier ce genre de suivi à long terme et donc de réduire in-fine le nombre d’animaux utilisés par la communauté scientifique dans sa globalité. De plus, ce projet envisage d’utiliser les données obtenues pour évaluer l’apport de méthodes moins invasives (loggers passifs déployés sans captures, pièges-photographiques) aux questions souhaitées et ainsi de tester des alternatives de remplacement.

Raffinement

Raffinement des captures : les individus reproducteurs sont capturés hors du dernier tiers de la gestation et de la période de mise bas. Les captures nécessitant une anesthésie (procédures 1 et 3) sont réalisées pour des températures comprises entre -5° et 25°C, en privilégiant des protocoles rapidement réversibles. Raffinement des captures par piège (ponctuellement cerfs, procédure 1; mésocarnivores, procédure 3) : les opérations sont guidées par des pièges photographiques afin de limiter les captures d’espèces non-cibles. Les pièges sont équipés d’une alarme de déclenchement et/ou d’un piège photo transmettant les images en temps réel. Les opérateurs interviennent dans un délai maximal de 2h après détection en cas de capture diurne, d’intempéries, de capture d’un chat forestier ou de capture par piège à contention. Dans les autres cas, les pièges sont relevés dans les 2h suivant le lever du soleil et inspectés visuellement 2 fois par jour. Les pièges à contention sont équipés de ressorts et d'articulations sur la longe afin d’amortir les forces de traction et de torsion), ainsi que de bourrelets en tissus maintenant la circulation sanguine ; leur tension est réglée pour améliorer la sélectivité. Raffinement des manipulations : le rôle de chaque intervenant est défini à l’avance afin d’optimiser la prise en charge de l’animal. Les opérations sont réalisées sous la supervision d’un vétérinaire. Après formation des équipes, un vétérinaire référent reste disponible pour avis. Les constantes vitales et points limites sont surveillés, les animaux protégés des conditions climatiques et des stimuli externes, et les prélèvements ainsi que la pose des équipements suivent des procédures standardisées. Les animaux sont placés dans une caisse isolée durant le réveil, relâchés sur site après récupération complète, puis localisés afin de détecter toute anomalie. Procédure 2 : manipulation par une seule personne expérimentée (< 5 min.); mains frottées dans la végétation afin de limiter les odeurs d’origine humaine ; intervention reportée si le faon a moins de 24h afin de préserver l’établissement du lien mère-jeune. Dans une démarche d’amélioration continue, des bilans post-capture semestriels sont réalisés au sein de la structure bien-être animal afin d’évaluer le déroulement des opérations, les incidents et les effets observés, puis d’adapter et d’actualiser les procédures si nécessaire.

Choix des espèces

Le choix de ces cinq espèces répond à des enjeux écologiques et de gestion complémentaire. Le cerf constitue un modèle central pour étudier les interactions faune–activités humaines, notamment en raison de son implication dans les collisions routières, son impact sur la régénération forestière, ses interactions avec les bovins et son rôle potentiel dans la circulation d’agents pathogènes (maladie hémorragique enzootique, fièvre catarrhale ovine, diarrhée virale Bovine, tuberculose bovine). Le chevreuil apporte un modèle contrastant d’ongulé, avec des stratégies spatiales et des réponses aux perturbations différentes. Le renard et le blaireau, concernés par la mortalité routière, permettent d’analyser l’effet des infrastructures sur les mésocarnivores et leurs interactions avec les paysages anthropisés. Le chat forestier représente un enjeu majeur de connectivité et de conservation face à l’hybridation avec le chat domestique. Ces espèces présentent également un intérêt du fait de leur implication dans la circulation d’agents pathogènes d’intérêt (virus de la maladie de Carré, virus de l’immunodéficience féline, virus de la leucose féline, parvovirus félin et canins, virus de l’influenza aviaire). Procédures 1 et 3 : les individus subadultes ou adultes sont ciblés. Ces classes d’âge sont les plus pertinentes pour répondre aux objectifs scientifiques visés, les déplacements des très jeunes individus étant encore fortement contraints par leur dépendance maternelle et leur développement locomoteur. Les subadultes sont particulièrement pertinents du fait des dispersions natales (déplacements importants, potentiellement limités par les continuités écologiques). Sont ainsi considérés : cerf (>6 mois), renard (>6 mois), blaireau (>9 mois) et chat forestier (>6 mois). Procédure 2 : des nouveau-nés de cerf et de chevreuil (>24h) sont équipés puis suivis sur le long terme, jusqu’à la perte de l’équipement ou à la fin de leur suivi. Ce suivi longitudinal est indispensable pour étudier les liens entre conditions précoces et développement du comportement. Les objectifs de cet axe ne peuvent être atteints par l’étude d’individus adultes.

  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
    • Maladies infectieuses
Autres mammifères : 7
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 7
▲ -
Devenir
 -
 -
 7
 -

Déjà maintenues en captivité et retenues pour cette raison, 7 chauves-souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis gardées en vie pour être réutilisées après une période de repos. Le vaccin expérimental contre la rage est appliqué une fois sur une scarification superficielle de la face interne de la joue ou de la peau, sous anesthésie de dix à quinze minutes. Dix prélèvements sanguins suivent au cours des six mois, chacun sous une nouvelle anesthésie de dix à quinze minutes, plus six écouvillonnages oraux sur animal vigile, et le porteur précise qu'aucun cadre réglementaire ne régit l'hébergement de cette espèce, les volières ayant été définies d'après les retours d'expérience de structures spécialisées. Ni le résumé ni le champ structuré des espèces, qui les range parmi les "Autres mammifères", n'indiquent de quelle chauve-souris il s'agit.

Objectifs

La rage est une maladie virale qui peut affecter de nombreux mammifères, y compris certaines espèces de chauves-souris. Ces animaux peuvent jouer un rôle dans la circulation des virus responsables de la maladie et contribuer à leur transmission à d'autres animaux, voire dans de rares cas à l'Homme. Les méthodes actuellement utilisées reposent principalement sur la surveillance des populations animales et, dans certaines régions du monde, sur des actions visant à réduire le nombre d'animaux porteurs du virus. Le développement d'un vaccin destiné aux chauves-souris représente une alternative permettant de limiter la circulation du virus tout en préservant ces espèces, qui jouent un rôle important dans les écosystèmes. L'objectif de ce projet est d'étudier un vaccin expérimental conçu pour protéger les chauves-souris contre la rage. L'étude permettra de vérifier que ce vaccin est bien toléré par les animaux, qu'il est capable de stimuler leurs défenses immunitaires et que son mode d'administration est adapté à cette espèce. Les résultats obtenus contribueront au développement de nouvelles stratégies de prévention de la rage chez les chauves-souris tout en favorisant leur conservation.

Bénéfices attendus

Les résultats de cette étude contribueront à évaluer la capacité de ce candidat vaccin à induire une réponse immunitaire chez l'espèce cible ainsi qu'à identifier la voie d'administration la plus adaptée. À plus long terme, ces données pourraient contribuer au développement d'une stratégie vaccinale destinée aux populations de chauves-souris sauvages afin de limiter la circulation de la rage.

Procédures

Les animaux seront soumis à une administration unique du vaccin par application sur une scarification superficielle de la face interne de la joue ou de la peau. Cette intervention sera réalisée une seule fois et durera quelques secondes. Elle sera effectuée sous anesthésie, dont la durée est estimée entre 10 et 15 minutes. Des prélèvements sanguins seront réalisés à 10 reprises au cours de l'étude afin d'évaluer la réponse immunitaire induite par la vaccination. Chaque prélèvement durera moins de 2 minutes mais sera réalisé sous anesthésie, pour une durée totale d'environ 10 à 15 minutes par intervention. Des écouvillonnages oraux seront réalisés à 6 reprises sur animaux vigiles. Chaque prélèvement durera moins d'une minute. La durée de l'étude est 6 mois.

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues au cours de cette étude sont principalement liées aux anesthésies répétées nécessaires à la réalisation des différentes procédures expérimentales. Bien que de courte durée, ces anesthésies peuvent entraîner un stress transitoire lors de l'induction et du réveil ainsi qu'un risque faible de complications anesthésiques. L'administration du vaccin par scarification superficielle de la face interne de la joue ou de la peau est susceptible d'entraîner une irritation locale légère et transitoire au niveau du site d'application. Les prélèvements sanguins répétés peuvent provoquer un inconfort limité ainsi qu'une faible réaction locale au point de ponction. Au regard des données disponibles dans la littérature concernant des vaccins recombinants similaires à base de poxvirus administrés chez les chauves-souris, aucun effet indésirable majeur lié au vecteur vaccinal n'est attendu. Les animaux feront l'objet d'une surveillance clinique régulière tout au long de l'étude afin de détecter précocement toute altération de l'état général, réaction locale ou effet inattendu lié aux procédures ou au vaccin.

Devenir

Les procédures réalisées ne devraient pas avoir d’impact durable sur la santé ou le bien-être des animaux. Les animaux seront maintenus en vie à l’issue de la procédure afin de pouvoir être réutilisés, après avis favorable du vétérinaire sanitaire et de la structure chargée du bien-être animal, et après une période de repos adaptée.

Remplacement

Avant l'expérimentation animale, le vaccin recombinant a fait l'objet de validations in vitro permettant de confirmer sa production et sa stabilité. L'objectif de cette étude est d'évaluer la réponse à un vaccin chez les chauves-souris. À l'heure actuelle, il n'existe pas de méthode alternative permettant de reproduire l'ensemble des mécanismes impliqués dans la réponse immunitaire d'un animal vivant après vaccination. L'utilisation de chauves-souris est donc nécessaire pour répondre aux objectifs du projet.

Réduction

Le nombre d’animaux utilisés sera limité au strict nécessaire pour assurer la reproductibilité de la procédure, afin de pouvoir le reproduire sur les animaux sauvage. De plus, les animaux inclus dans cette étude sont des animaux déjà maintenus en captivité et pouvant être réutilisés conformément à la réglementation en vigueur

Raffinement

Les animaux disposeront d'une période d'acclimatation de 14 jours avant le début de l'étude. Les procédures seront réalisées par du personnel formé à la manipulation des chauves-souris. Les anesthésies utilisées pour les différentes interventions permettront de limiter le stress et l'inconfort des animaux. La scarification réalisée pour l'administration du vaccin sera superficielle et limitée à la zone strictement nécessaire. Les animaux seront suivis régulièrement tout au long de l'étude et toute modification de leur état général fera l'objet d'une prise en charge adaptée. Un suivi clinique rapproché sera assuré après chaque procédure, avec mise en place de critères d’arrêt si nécessaire, afin de garantir le bien-être des animaux tout au long du projet. Des points limites ont été définis afin de garantir le bien-être des animaux. De plus, les conditions d’hébergement seront adaptées à l’espèce, avec des volières spacieuses permettant aux chauves-souris de se déplacer librement, de se suspendre la tête en bas et de déployer leurs ailes. Bien qu’il n’existe pas de cadre réglementaire spécifique pour l’hébergement de ces animaux, les installations ont été définies sur la base des retours d’expérience de structures spécialisées et des recommandations issues de la littérature, afin d’assurer des conditions adéquates et conformes aux besoins biologiques de l’espèce.

Choix des espèces

Les chauves-souris ont été choisies pour cette étude car le vaccin testé est destiné à être utilisé chez cette espèce. Afin de savoir si ce vaccin est bien toléré et s'il permet de déclencher une réponse de protection contre la maladie, il est nécessaire de l'évaluer directement chez les chauves-souris. Les résultats obtenus chez d'autres espèces animales ne permettraient pas de prédire de manière fiable la réaction des chauves-souris à la vaccination. Seuls des animaux adultes seront utilisés. Ce choix permet de travailler avec des animaux ayant atteint leur développement complet et présentant une taille suffisante pour réaliser les manipulations et les prélèvements dans de bonnes conditions de sécurité pour l'animal et les opérateurs.

Immunisations de lamas

(NTS-FR-925108v1 – 28/05/2026)
  • Production de routine
  • Tests réglementaires
Autres mammifères : 30
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 30
▲ -
Devenir
 -
 30
 -
 -

Maintenus en vie à l'issue, 30 lamas sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, cas rare où les animaux ne sont pas tués. Chacun reçoit quatre à six injections d'antigènes avec adjuvant, des contentions au couloir et des prises de sang, pour produire des anticorps de petite taille recherchés en biotechnologie. Les réactions attendues vont de l'inflammation locale à une fièvre et une fatigue passagères. Un même lama peut enchaîner trois séries d'immunisation au cours de sa vie, avec six mois de repos entre chacune.

Objectifs

Ce projet a pour objectif de produire des petites molécules naturelles de défense très précises, appelées anticorps, en vaccinant des lamas avec des cibles, appelées antigènes, liées à la maladie d’intérêt. Les lamas fabriquent un type particulier d’anticorps, plus petits et plus stables que ceux des autres animaux. Grâce à leur taille réduite, ils peuvent atteindre des zones difficiles d’accès dans l’organisme tel que le système nerveux central. Ils sont déjà utilisés dans le domaine de la biotechnologie et constituent une avancée importante pour la médecine. Ce travail permettra de développer de nouveaux outils pour le diagnostic et le traitement de certaines maladies, avec des retombées potentielles pour la santé publique. Les lamas recevront des injections contenant les cibles afin d’activer leur système immunitaire. Des prises de sang seront réalisées régulièrement pour suivre la réaction de l’organisme et récupérer les anticorps produits.

Bénéfices attendus

Les Camélidés, espèce à laquelle appartiennent les lamas, ont une caractéristique unique qui consiste à produire des anticorps spéciaux beaucoup plus petits que les anticorps classiques. Leur taille et leur stabilité leur permettent d’atteindre des zones difficiles, de résister à des conditions extrêmes et d’être faciles à produire. Grâce à ces qualités, ils sont utilisés en thérapie, diagnostic et biotechnologie, ouvrant la voie à des avancées majeures en médecine et en recherche.

Procédures

La vaccination consiste en 4 à 6 injections de la cible espacées de 7 à 14 jours. Une prise de sang est réalisée en début et milieu de vaccination afin d’évaluer l’activation du système immunitaire des lamas. En fin de vaccination, un prélèvement final est réalisé afin de récolter les anticorps produits. Tous les gestes sont réalisés sur animal vigile et immobilisé dans un couloir de contention à l’aide d’un licol par du personnel compétant. La durée totale d’une vaccination est de 40 ou 43 jours.

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues chez les lamas suite à des injections d’antigènes avec adjuvant sont principalement des réactions locales au site d’injection (légère inflammation, induration, douleur transitoire), plus rarement des effets systémiques légers tels qu’une légère fièvre (n’excédant pas 40°C) ou une fatigue passagère (activité et/ou réactivité ralenties par rapport au reste du troupeau). Lors des prélèvements sanguins, les animaux peuvent ressentir une douleur brève au moment de l’insertion de l’aiguille. Bien qu’un travail d’habituation et de conditionnement soit réalisé avec les lamas, le stress lié à la contention est également possible. Pour réduire ces nuisances, la procédure prévoit une manipulation douce par du personnel expérimenté, l’utilisation d’aiguilles adaptées et la surveillance clinique régulière.

Devenir

À l’issue du projet, tous les animaux seront maintenus en vie. En fin de programme d’immunisation un examen vétérinaire est réalisé pour vérifier l’état de santé complet de l’animal après l’enchaînement des injections et s’assurer qu’aucune nuisance ou complication anormale n’est survenue.

Remplacement

Les lamas ont la particularité de produire des molécules de défenses, appelées anticorps, de très petite taille. On peut fabriquer des anticorps en laboratoire, mais ces méthodes ne reproduisent pas la variété et la qualité obtenues naturellement. Pour avoir des anticorps très spécifiques et efficaces, il faut vacciner l’animal, car cela déclenche une vraie activation du système immunitaire. C’est pourquoi l’utilisation des animaux reste nécessaire : il n’existe pas d’alternative équivalente pour obtenir des résultats fiables et utiles en recherche et en médecine.

Réduction

Le nombre de séries de vaccination est estimé à 8 par an soit 40 sur 5 ans. Deux lamas sont utilisés par série. Au cours de sa vie, un même animal peut intégrer 3 séries d’immunisation en respectant un repos de 6 mois minimum entre 2 séries, de ce fait 30 lamas seront nécessaires.

Raffinement

Le projet intègre plusieurs mesures pour réduire la douleur, le stress et l’inconfort des animaux tout en garantissant la qualité scientifique des résultats. Les animaux seront choisis pour leur docilité et leur aptitude à la manipulation, afin de réduire le stress lors des procédures. Un contrôle de l’état de santé des animaux est réalisé avant immunisation afin de s’assurer qu’ils sont aptes à subir des injections et des prélèvements sanguins. Un examen vétérinaire en fin de programme d’immunisation est réalisé pour vérifier l’état de santé complet de l’animal après l’enchaînement des injections et s’assurer qu’aucune nuisance ou complication anormale n’est survenue. Les lamas sont identifiés individuellement et seront suivis tout au long du projet pour assurer leur bien-être et la traçabilité des données. Les injections et les prélèvements seront réalisés par du personnel compétent, auquel les animaux sont habitués afin d’assurer une contention douce et rapide et un geste précis et efficace. Les volumes d’injection et de prélèvement seront strictement conformes aux recommandations pour limiter les réactions indésirables. Des aiguilles adaptées seront utilisées pour réduire la douleur, les antigènes seront injectés en alternant les côtés. A l’issue des injections ou prélèvements, les animaux concernés seront gardés tous ensemble en observation dans le box « Infirmerie » ou dans l’enclos contigu à l’infirmerie pendant une trentaine d’heures pour s’assurer de l’absence de réaction anormale (le lama étant un animal grégaire, aucun animal ne restera isolé de ses congénères). Ils regagneront ensuite le reste du troupeau. L’isolement ne dépassera pas 4 jours pour éviter tout problème comportemental lors de la réintégration. Une surveillance clinique quotidienne permettra d’intervenir rapidement en cas de signe d’inconfort.

Choix des espèces

Le recours aux lamas est essentiel pour ce projet, car ils appartiennent à la famille des Camélidés, seule espèce capable de produire des anticorps de très petite taille leur permettant ainsi d’atteindre des cibles inaccessibles par les anticorps classiques. Les lamas utilisés pour les séries de vaccination doivent être des adultes jeunes, généralement âgés de 2 à 11 ans, car cet intervalle correspond à une maturité optimale du système immunitaire garantissant le succès du projet. Les animaux trop jeunes (moins de 2 ans) présentent un système immunitaire encore en développement, ce qui pourrait compromettre la qualité des anticorps produits. À l’inverse, les animaux âgés peuvent avoir un système immunitaire affaibli ou des comorbidités, augmentant les risques de réactions indésirables. Le choix d’animaux adultes en bonne santé assure donc la fiabilité scientifique des résultats tout en limitant les risques pour leur bien-être.

  • Protection de l’environnement
  • Recherche appliquée
    • Alimentation animale
    • Autres troubles humains
    • Cancers
    • Diagnostic des maladies
    • Maladies des plantes
    • Toxicologie (hors obligations réglementaires)
    • Troubles cardiaques
    • Troubles endocriniens
    • Troubles gastrointestinaux
    • Troubles immunitaires
    • Troubles respiratoires
    • Troubles sensoriels
  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
    • Organes sensoriels
    • Système cardiaque
    • Système endocrinien
    • Système immunitaire
    • Système musculosquelettique
    • Système respiratoire
    • Système urogénital
Autres mammifères : 375
Souffrances
▲ -
▲ 375
▲ -
▲ -
Devenir
 175
 200
 -
 -

Jusqu'à huit épisodes d'injections d'antigènes et d'adjuvant, une prise de sang finale de cinq à dix minutes dans un couloir de contention avec licol et sangles sous-ventrières, et pour les meilleurs répondeurs jusqu'à trois campagnes supplémentaires espacées de six mois. 375 lamas vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous gardés vivants, 200 restant à l'élevage comme reproductrices et 175 placés chez des détenteurs qualifiés. Les anticorps polyclonaux obtenus sont produits à la demande de clients, un anticorps monoclonal étant ensuite sélectionné pour son potentiel thérapeutique. Le porteur affirme qu'il est "indispensable", "du moins pour le moment", de passer par le système immunitaire d'animaux, les banques d'anticorps synthétiques demandant selon lui encore une dizaine d'années de recherche.

Objectifs

MODIFICATION : L’objectif de ce projet est de produire des anticorps polyclonaux à usage thérapeutique. Les anticorps polyclonaux ont plusieurs cibles sur l'antigène, tandis que les anticorps monoclonaux n'en ciblent qu'une seule. Après plusieurs étapes de sélection, un anticorps monoclonal sera sélectionné parmi la masse d’anticorps polyclonaux sur la base de son potentiel thérapeutique, par example le traitement de maladies inflammatoires comme la myasthénie grave. Les anticorps polyclonaux sont obtenus par immunisations de lamas, car les anticorps du lama ont une structure très proches des anticorps humains, ce qui pourrait de fait limiter les risques de rejet thérapeutique chez l’homme et accélérer le développement pré-clinique. En outre le système immunitaire exceptionnellement robuste des lamas réagit en créant une palette très riche d’anticorps lors d’une stimulation spécifique. Le lama ne sera pas utilisé pour la production en masse du produit thérapeutique, mais celle-ci se fera en laboratoire. L’objectif de ce projet est donc de produire des anticorps à la demande de clients (prestation de services) à but thérapeutique dans le cadre des recherches translationnelles ou appliquées réalisées par ceux-ci. La recherche translationnelle (ou recherche de transfert) se situe entre la recherche fondamentale, dont le travail consiste à comprendre les mécanismes à l’origine du développement d’un cancer par example, et la recherche clinique (ou appliquée) qui vise à évaluer l’efficacité et thérapeutique dans des champs d’application aussi variés que: La prévention, la prophylaxie, le diagnostic ou le traitement de maladies, de mauvais états de santé ou d’autres anomalies, ou de leurs effets chez l’homme, les animaux ou les plantes. L’évaluation, la détection, le contrôle ou les modifications des conditions physiologiques chez l’homme, les animaux ou les plantes. Le bien-être des animaux et l’amélioration des conditions de production des animaux élevés à des fins agronomiques. La protection de l’environnement naturel dans l’intérêt de la santé ou du bien-être de l’homme ou de l’animal. MODIFICATION : L’objectif additionnel améliore l’affinité et augmente la réactivité croisée des anticorps candidats grâce à la réutilisation des animaux les plus réactifs pour entre une à trois immunisations supplémentaires (rappel utilisant un déterminant antigénique éprouvé ou un changement d’antigène) après un délai minimal de six mois entre chaque procédure.

Bénéfices attendus

MODIFICATION: Les lamas produisent 2 types d'anticorps : les anticorps à chaînes lourdes et les anticorps conventionnels. Les anticorps conventionnels sont très similaires aux anticorps humains. Ceci est très important car les anticorps seront utilisés comme médicament chez des patients. Plus les anticorps ressemblent à l'humain, moins il y a de réactions contre ces anticorps et donc moins d’effets secondaires indésirables apparaissent. Les anticorps à chaîne lourde ne se trouvent que dans les camélidés (lamas, alpagas) et possèdent des propriétés uniques. Ils sont particulièrement petits, ce qui leur permet de pénétrer des tissus autrement impénétrables (barrière sang/cerveau) et de plus elles résistent à des environnements hautement acides ou des températures élevées. Leurs qualités se sont avérées très utiles pour diverses applications biotechnologiques. A terme, cela conduira à la mise au point de médicaments contre de nombreuses maladies graves, telles que des cancers et les maladies auto-immunes. Chaque immunisation a pour but d’augmenter la réponse immunitaire et d’accroitre l’affinité des anticorps générés par le lama pour obtenir une grande variété de candidats anticorps à portée thérapeutique. Plus le nombre de candidats est élevé, plus la chance d’avoir un anticorps efficace en clinique dans une maladie donnée est élevée. MODIFICATION : Les immunisations supplémentaires (au maximum 3) accroissent la probabilité d’obtenir des anticorps de plus forte affinité et/ou à réactivité croisée vers des gènes communs à différents espèces et réagissant spécifiquement entre eux. Ceci permet des programmes non cliniques plus efficaces tout en épargnant des espèces supérieures. Les comparaisons intra-individuelles réduisent la variabilité et diminuent le nombre d’animaux requis.

Procédures

MODIFICATION - Au jour 0, un prélèvement de sang non-encore immunisé est prélevé du lama (durée du geste 1 à 2 minutes), après quoi l'animal reçoit immédiatement la ou les injections d’immunisation qui prennent quelques secondes. La quantité totale injectée ne dépassera pas les 4ml. L'injection du cocktail d'antigènes et de l'adjuvant est effectuée 1x/semaine ou à des intervalles de temps plus longs (2 semaines, ou jusqu’à 4 semaines dans de rares projets pour lesquels le nombre d’injections sera alors réduit à 3), répétée généralement 6 fois, rarement jusqu’à un maximum de 8 épisodes d’injections. Un prélèvement sanguin unique (1 à 2 minutes) ou à intervalles réguliers (2-4 semaines) pendant les séquences de « vaccination » pourra permettre d’évaluer la réponse immunitaire avant la fin de la procédure. Dans un délai de 4 à 14 jours après la dernière injection d'antigène, un prélèvement de sang sera réalisé en bas du cou. La prise de sang finale dure 5 à 10 minutes pendant lesquelles l'animal sera immobilisé dans un couloir de contention à l'aide d'un licol et de sangles sous-ventrières. Tous les gestes sont réalisés sur animal vigile. MODIFICATION - Les lamas ayant produit les meilleures réactions à la première immunisation pourront être utilisés pour 1 à 3 campagnes supplémentaires maximum (après un délai de repos d’au moins six mois entre chacune d'elles), suivant un protocole similaire à la première immunisation (prélèvements décrits ci-dessus). Ceci pour créer premièrement des réactions croisées améliorant les anticorps identifiés pendant la première campagne, en se concentrant sur les parties de la protéine qui importent le plus, afin d’augmenter leur efficacité. Le deuxième but est de trouver des anticorps capables de réagir avec différentes espèces afin de développer des traitements tout en réduisant l’utilisation d’espèces supérieures, conformément au principe du bien-être animal.

Impact sur les animaux

L’utilisation d'un adjuvant lors des immunisations peut provoquer une réponse inflammatoire locale classique, accompagnée d'un gonflement. Comme pour toute vaccination, un épisode de fièvre peut survenir accompagnant cette inflammation. Les injections peuvent provoquer des douleurs aiguës transitoires (selon le produit injecté), ainsi qu’un inconfort dû à la contention légère nécessaire à la réalisation des gestes, un bras autour du cou pour quelques secondes. Même s’il peut y avoir un risque théorique de choc anaphylactique par l’utilisation d’un cocktail antigénique, il est finalement quasi nul, car les antigènes utilisés (protéines ou séquences ADN humaines) n'ont rien en commun avec le lama. Les prises de sang finales nécessitent une immobilisation plus longue, source d’un inconfort, voire d’un stress de 10 à 15 minutes, d’intensité et de durée variable selon les individus.

Devenir

Les femelles resteront en grande partie à l'élevage en tant que reproductrices, les mâles et les autres femelles seront placés chez des détenteurs qualifiés. Ceci après inspection par notre vétérinaire sanitaire en vue de leur état de santé et de leur socialisation.

Remplacement

Il est indispensable, du moins pour le moment, d’obtenir les anticorps polyclonaux en utilisant le système immunitaire d’animaux (in vivo). En effet, les techniques pour produire des anticorps à partir de librairies d’anticorps synthétisées (in vitro) ne sont pas encore au point et leur utilité est limitée à un nombre de domaines restreint (certains experts estiment qu’il faudrait au moins encore une dizaine d’années de recherches pour améliorer leurs capacités même dans ceux-ci). Elles génèrent des anticorps de moins bonne qualité car nous sommes encore loin de la complexité et de l’efficacité des anticorps obtenus via le système immunitaire des mammifères (ou même des humains dans le cas du covid), qui a évolué sur des millions d’années. De produire des anticorps à l’aide d’animaux fait usage d’une série de processus naturels améliorant, entre autres, leur capacité de se lier aux molécules de la maladie. Ceci car l’organisme animal est capable de sélectionner l’anticorps le mieux à même de se lier à une cible spécifique parmi mille milliards d’anticorps à l’aide un processus hautement complex, impossible à réaliser in vitro. Ce processus est déclenché par le démarrage de la réponse immunitaire de l’animal. La plus efficace des techniques in vitro arrive à gérer dix milliards. Étant donné que les anticorps des camélidés sont structurellement très proches des anticorps humains, il n'y aura que des modifications minimes qui seront nécessaires pour convertir les anticorps de lamas en anticorps pleinement tolérés par le système immunitaire humain. Ces qualités rendent les petits camélidés uniques. Les anticorps polyclonaux obtenus par immunisations de lamas sont la base pour les anticorps thérapeutiques sélectionnés (monoclonaux) qui seront séquencés et produits en masse en laboratoire (in vitro) sans utilisation d'animaux. Les anticorps prennent une place de plus en plus importante dans la recherche et les thérapeutiques humaines et vétérinaires, voir même agricoles. Nous avons donc besoin d’anticorps de la plus haute qualité. Naturellement les conditions dans lesquelles ces immunisations sont réalisés doivent obligatoirement se faire sous les meilleures conditions, afin d’éviter toutes souffrances inutiles aux animaux.

Réduction

MODIFICATION: En utilisant des cocktails de différents antigènes cibles, sous forme de protéine purifiée par exemple, le nombre d'animaux dans les essais est fortement réduit, tout en préservant le rendement expérimental. Nous visons une compatibilité suffisante des différentes protéines pour maximiser le nombre de cibles dans le cocktail. En outre le système immunitaire exceptionnellement robuste des lamas réagit en créant une palette très riche d’anticorps lors de chaque stimulation spécifique. Pour chaque expérience d’immunisation ciblée, 2 à 4 animaux maximum seront utilisés, car un individu seul pourrait produire des réactions atypiques ou non-concluantes. Le nombre d'animaux est basé sur les résultats des expériences précédentes. Des lamas non consanguins sont utilisés; donc des lamas qui sont génétiquement éloignés les uns des autres, ce qui rend leurs systèmes immunitaires plus efficaces. MODIFICATION : L’utilisation continue d’animaux présentant une forte réponse immunitaire réduit la nécessité de constituer de nouveaux groupes d'animaux naïfs pour des objectifs similaires, diminuant ainsi le nombre total d’animaux utilisés.

Raffinement

MODIFICATION: Toutes nos installations sont conçues pour permettre aux lamas de vivre de sorte que soient respectés le mieux possible leurs besoins physiologiques et comportementaux. Les animaux sont logés en groupes sociaux stables, formés d’individus compatibles. Nous élevons des animaux de pâturage et les hébergeons sur nos 30 hectares de prairies permanentes et de bois. Dans le cours des soins de routine, nos lamas sont régulièrement manipulés. Traitements vermifuges par injections sous-cutanées et par solutions administrées oralement, tous les trois mois (Moxidectine, Praziquantel, Fenbendazol). Prises de sang pour les analyses de santé, tonte, coupe des ongles etc. La tonte annuelle étant l’intervention la plus stressante dans ce cadre, mais entièrement réalisée pour le confort des lamas, nous ne commercialisons pas la laine. Ces interventions ont comme effet collatéral d’habituer les animaux aux interventions humaines, ce qui nous permet de limiter le stress ou l’inconfort liés aux gestes d’injection ou de prélèvements sanguins répétés. Comme nos lamas sont destinés à une utilisation en tant qu’animaux de loisirs et de bât, voir de médiation animale, ils suivent également un entrainement à la longe. Nous sélectionnons nos lignées depuis plus de 30 ans selon des critères d’anatomie, de laine, de couleur, mais avant tout de caractère. Même dans ces conditions il y a toujours des individus plus sensibles que d’autres, qui auront droit à des séances d’éducation complémentaires. Nos interventions durant les procédures expérimentales prévues ne dépassent pas le cadre de ce qu’ils sont habitués à subir pour leurs soins courants et sont réalisés sur des animaux vigiles. L’impact léger de ces procédures ne donne pas lieu à prévoir des points limites, ni de traitements antalgiques. Naturellement les animaux peuvent avoir un problème de santé sans relation avec la procédure durant celle-ci, en quel cas la vétérinaire les traitera selon leurs symptômes et décidera, en consultation avec le donneur d’ordre, s’ils doivent être retirés de la procédure. Les gestes réalisés sont de nature à ne provoquer qu’un inconfort voire du stress sur les animaux les plus sensibles au contact, malgré les séances d’habituation lors des soins quotidiens. MODIFICATION : Un intervalle minimal de six mois entre deux nouvelles campagnes d’immunisation est systématiquement respecté.

Choix des espèces

Les lamas produisent 2 types d'anticorps : les anticorps à chaînes lourdes et les anticorps conventionnels. Les anticorps conventionnels sont très similaires aux anticorps humains. Ceci est très important car les anticorps seront utilisés comme médicament chez les patients. Plus les anticorps ressemblent à l'humain, moins il y a de réactions contre ces anticorps et donc moins d’effets secondaires indésirables apparaissent. Les anticorps à chaîne lourde ne se trouvent que dans les camélidés (lamas, alpagas) et possèdent des propriétés uniques telles que leur taille et leur stabilité. Leur spécificité et leur sélectivité se sont avérés très utiles pour diverses applications biotechnologiques. A terme, cela conduira à la mise au point de médicaments contre diverses maladies graves, telles que des cancers et les maladies auto-immunes. Les lamas âgés de plus de 9 mois, mâles ou femelles, sont utilisés parce qu'ils ont un système immunitaire mature et que leur poids permet des prélèvements de sang adaptés à leur volume sanguin. Les lamas âgés de plus de 9 mois, mâles ou femelles, sont utilisés parce qu'ils ont un système immunitaire mature et que leur poids permet des prélèvements de sang adaptés à leur volume sanguin, c’est à dire 250ml pour les lamas de moins de 100kg et entre 250 et 400ml pour les individus plus lourds. Nos clients potentiels nous indiquent que 250ml pourraient désormais être la norme et que le maximum de 400ml sera normalement abandonné, ce qui constituerait un raffinement de la procédure.

  • Formation professionnelle
Autres mammifères : 15
Souffrances
▲ -
▲ 15
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 -
 15
 -

Chauves-souris frugivores du genre Pteropus, réservoirs naturels de virus émergents, 15 individus sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Aucune mise à mort n'est comptée, les 15 étant déclarées réutilisables, et le porteur indique que la plupart seront gardées en vie après avis du vétérinaire et de la structure de bien-être animal. Chaque séance comprend deux à huit répétitions du même geste sur la même chauve-souris, injections sous-cutanées, intramusculaires ou intraveineuses, pose de cathéter et prises de sang, sous anesthésie générale d'au plus une heure ou sous anesthésie locale sur animal vigile, avec sept à quinze jours de repos entre deux séances. La finalité déclarée est la formation du personnel de l'établissement, et le porteur affirme qu'aucune alternative ne reproduit les conditions réelles de manipulation d'une chauve-souris.

Objectifs

Notre laboratoire est impliqué dans un projet global d'étude des maladies émergentes tropicales d'origine virale dont plusieurs ont pour réservoir des chauve-souris frugivores du genre Pteropus. Notre rôle est de maintenir en laboratoire, dans les meilleures conditions, des spécimens de ces espèces, et de réaliser des suivis cliniques ainsi que des prélèvements de sang sous anesthésie. La connaissance de la biologie, de l'élevage et des constantes normales de ces espèces est fondamentale pour la suite du projet. Nous devons donc, dans un premier temps, au contact d'un vétérinaire expert, former toute une équipe à l'élevage, à la manipulation et aux procédures de bases de notre laboratoire, déjà très performante dans le travail avec d'autres espèces animales. Les prélèvements réalisés au cours de cette phase d'apprentissage seront analysés et contribueront à l'amélioration des connaissances de base en hématologie et biochimie de ces animaux.

Bénéfices attendus

Ce projet permettra de mettre en place l’hébergement et les procédures expérimentales sur les chauves-souris, récemment ajoutées à l’agrément de l’établissement. Il a pour but de former le personnel aux gestes techniques de base (manipulation, anesthésie, prélèvements, contention, etc.) et de favoriser la familiarisation avec cette nouvelle espèce. Ces formations contribueront à améliorer la qualité des futures études avec une meilleure maîtrise des techniques et une réduction du stress et de la douleur pour les animaux. Elles permettront également d’assurer des conditions de travail sécurisées pour le personnel et de renforcer les compétences internes de la plateforme. À terme, ce projet doit permettre de disposer d’un modèle expérimental fiable et d’un personnel formé, conditions necessaires pour la mise en œuvre des futures études en virologie.

Procédures

Trois essais de gestes techniques différents pourront être réalisés : une administration sous-cutanée, une administration intramusculaire ou intraveineuse (ou la pose d’un cathéter). Ces actes pourront être effectués sous anesthésie générale ou sur animal vigile après application d’une anesthésie locale. Le nombre de ponctions sera limité à deux par site au maximum, afin de réduire toute gêne ou irritation locale. La durée totale d’anesthésie ne dépassera pas une heure, incluant la phase de réveil et la surveillance post-anesthésique. La durée totale ne dépassera pas 5 à 10 minutes pour les gestes effectués sans anesthésie — les manipulations seront progressives et leur durée augmentera graduellement, sans toutefois excéder 10 minutes. Sous anesthésie, la durée maximale sera d’une heure. Un minimum de 7 jours de repos sera appliqué entre les sessions.

Impact sur les animaux

Les nuisances attendues dans le cadre de ce projet sont limitées. Elles concernent principalement le stress lié à la manipulation et à la familiarisation avec un nouvel environnement. Certaines formations pratiques pourront entraîner un stress transitoire ou un léger inconfort, notamment lors de la contention, de l’anesthésie ou de la réalisation de prélèvements sanguins.

Devenir

Dans ce projet, la grande majorité des actes techniques à mettre en place sont peu invasives et n’entraînent ni douleur significative ni altération durable de l’intégrité ou du bien-être de l’animal. Ainsi, la plupart des animaux seront gardés en vie à l'issue de leur procédure, afin de pouvoir être réutilisés, après avis du vétérinaire sanitaire et de la structure chargée du bien-être animal, prenant en compte un temps de repos suffisant en fonction de la procédure qui a été effectuée sur l'animal, ainsi que leur état de santé et des possibilités de réutilisation.

Remplacement

L’utilisation d’animaux vivants est rendue nécessaire pour cette phase de formation et d’acquisition des gestes techniques. Aucune alternative ne permet actuellement de reproduire les conditions réelles de manipulation, d’anesthésie ou de prélèvements sur des chauves-souris, dont la morphologie et le comportement diffèrent des autres espèces déjà étudiées. Des supports théoriques et audiovisuels (présentations, vidéos, photos) seront utilisés en amont pour limiter le nombre d’animaux impliqués et préparer au mieux le personnel avant toute manipulation pratique. Lorsque cela est possible, des modèles inertes (matériel de simulation, animaux décédés issus d’autres protocoles) pourront être utilisés pour les démonstrations initiales. Les séances pratiques sur animaux vivants seront donc réduites au strict nécessaire, et réalisées uniquement dans le cadre de la formation du personnel devant intervenir ultérieurement sur cette espèce.

Réduction

Le nombre d’animaux utilisés sera limité au strict nécessaire pour assurer la formation pratique du personnel et la mise au point des procédures expérimentales. Chaque séance de formation sera organisée de manière à maximiser l’apprentissage tout en réduisant le nombre d’animaux manipulés, en regroupant plusieurs apprentissages sur les mêmes individus lorsque cela est compatible avec leur bien-être. Les animaux ne seront utilisés qu’une seule fois par jour, avec des périodes de repos suffisantes entre les séances.

Raffinement

Les techniques utilisées sont les mêmes que celles que nous mettons en oeuvre pour nos projets. Trois principales mesures de raffinement sont utilisées. La première est la limitation du nombre d’actes par animal et par séances. Deux à huit répétitions de geste par animal et par séance (comme la prise de sang par exemple). Les volumes administrés ou prélevés sont minimes (< 1 ml). Largement inférieurs aux recommandations d’usage en recherche, puisque ce qui compte est que le geste soit bien réalisé. L’autre est un enregistrement précis des utilisations et réutilisations de chaque animal en respectant un temps de repos de 7 jours entre deux séances sans anesthésie et 15 jours entre deux séances avec anesthésie. Toute blessure au cours de la séance est prise en charge et prolonge le temps de repos de l’animal. De plus, les conditions hébergement des animaux seront adaptées à l'espèce, ainsi que leurs soins quotidiens. Seuls les animaux en bonne santé participent à ces séances de formation. Les séances sont interrompues si les animaux montrent un signe de mal-être ou de stress trop important. Des critères d'arrêt anticipé, très précoce sont mis en place pour éviter dee solliciter un animal qui n'est pas en parfaite santé et de les soigner au moindre signe de mal-être. Un programme de conditionnement avec des friandises adaptées sera mis en place. Enfin, la troisième mesure de raffinement repose sur la formation du personnel, qui sera assurée par le vétérinaire désigné, déjà formé dans la gestion et les soins des chauves-souris.

Choix des espèces

Chauves souris constituent des modèles d’intérêt majeur en virologie, en raison de leur rôle reconnu comme réservoirs naturels de nombreux virus, et de leur tolérance particulière aux infections virales. Les animaux utilisés seront des chauves-souris adultes.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres mammifères : 4
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 4
▲ -
Devenir
 -
 4
 -
 -

Quatre loups vont être capturés au piège à patte ou par fléchette anesthésique, chacun immobilisé environ 45 minutes, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance modéré. Pendant ce laps de temps, l'animal est pesé, mesuré, prélevé de sang et d'ADN, perforé aux deux oreilles pour y fixer une étiquette et équipé d'un collier GPS. Le porteur énumère les risques de la capture, du stress aux blessures superficielles jusqu'aux luxations, fractures des os longs et myopathie de capture, et rappelle que l'anesthésie peut provoquer un arrêt cardio-respiratoire. Les quatre loups sont relâchés immédiatement après la manipulation puis suivis douze à vingt-quatre mois, le temps de la batterie du collier.

Objectifs

Un certain nombre d’études ont été menées à travers le monde sur le loup et son rôle sur les populations proies et les écosystèmes. En effet, en tant que prédateur, le loup a un impact potentiellement important sur les populations de proies, en particulier les ongulés sauvages, en termes de densité et de comportement en modifiant la distribution, la sélection des habitats, le régime alimentaire et la démographie des grands herbivores sauvages, avec des effets sur les écosystèmes associés. Ces effets sont toutefois très peu documentés dans des environnements dominés par les activités humaines, tel qu’on peut en trouver en France et en Europe. Or, en tant que super-prédateur, l’humain et ses activités impactent l’ensemble des interactions entre les espèces et leur environnement. Alors que le loup recolonise rapidement le territoire européen et français, il devient nécessaire de mieux évaluer son comportement dans des écosystèmes dominés par les activités humaines et les effets de son expansion sur ceux-ci, en particulier sur des territoires à protection forte. Ce projet vise à combler ces lacunes en étudiant le comportement et l’utilisation de l’espace d’une meute de loups vis-à-vis des activités humaines et de ses interactions avec les autres espèces sauvages, et ainsi nous éclairer sur le rôle que joue le loup dans un écosystème anthropisé de montagne. Du fait des nombreux suivis qu’elle réalise sur la faune sauvage, la flore et les habitats naturels depuis de nombreuses années, et de son rôle majeur dans la conservation de la biodiversité, une Réserve naturelle nationale abritant depuis peu une meute de loup, représente un site d’étude idéal pour étudier ces questionnements. Les objectifs d’une telle étude sont : Étudier le comportement d’une meute de loup sur leur territoire en fonction de la saisonnalité et des activités humaines; Définir le régime alimentaire des loups dans un contexte d’abondance forte de cervidés sauvages et une dominance de l’élevage bovin ; Évaluer les impacts sur la densité, la distribution et le comportement des ongulés sauvages, notamment du Cerf élaphe, et les effets indirects à plus ou moins long terme sur les écosystèmes forestiers utilisés par ces derniers. L'intérêt global est l'acquisition de données comportementales sur le loup en tant que nouvel acteur dans un écosystème à protection forte afin de pouvoir assurer sa conservation ainsi qu'une coexistence optimale de cette espèce avec les différentes activités humaines.

Bénéfices attendus

Ce projet a pour but de concrétiser des études et suivis de loups dans un territoire multi-usages et multi-acteurs, typique des paysages montagnards confrontés au retour de ce grand prédateur ces dernières décennies en France et en Europe. Via l’acquisition de données par GPS sur cette espèce très discrète, sur un site d’étude protégé et très suivi (faune, flore et habitats) par ailleurs sur le long terme, ce projet permettra d’acquérir de nouvelles connaissances sur le comportement des loups, le fonctionnement d’une meute dans un contexte local à usages multiples et leurs rôles dans les socio-écosystèmes de montagne. Des connaissances importantes seront également acquises sur les impacts directs et indirects des loups sur la faune sauvage à l’instar des ongulés sauvages, mais aussi sur d’autres espèces à enjeu telles le Grand tétras, la Gélinotte des bois et le Lynx, ainsi que sur les écosystèmes associés (notamment forestiers). Bénéficiant de paysages contrastés, le projet permettra également d’acquérir des connaissances sur les potentiels points de contacts entre loups et humains et sur les déplacements de loup dans un paysage dynamique en termes de dérangements anthropiques en fonction des secteurs et de la saisonnalité. À plus long terme, le projet permettra de mettre en évidence les effets indirects du loup sur les écosystèmes forestiers et le rôle bénéfique qu’il pourrait jouer via la réduction des impacts des herbivores sur les forêts exploitées. Les connaissances acquises serviront à une conciliation des usages entre les activités d’exploitation forestières et de chasse tout en assurant le maintien de la biodiversité sur les milieux forestiers. Enfin, le suivi des loups et l’étude de leurs interactions avec les activités humaines et la faune sauvage, nous permettra d’avoir une meilleure compréhension de l’espèce et de son rôle dans les écosystèmes. En local, afin de maintenir l’intégrité des loups équipés et le bon fonctionnement de la meute suivie, la Réserve naturelle coordonnant ce projet a proposé en parallèle, pour les zones en dehors de son territoire (le tir létal dans la Réserve naturelle étant interdit), des alternatives aux tirs létaux de défense (ex. surveillance troupeau par agent de la réserve ou bénévole, aide berger, tir d’effarouchement, etc), ce qui assurerait la protection des individus concernés.

Procédures

Les loups seront capturés avec des pièges à patte ou par téléanesthésie (flèche anesthésique projetée par un fusil alimenté au CO2). Ils seront manipulés sous anesthésie générale. Sur une bâche de manipulation, ils seront équipés d’un collier GPS puis un ensemble de mesures corporelles (poids, mensuration), une prise de sang (analyses sanguines) et un frotti buccal (prélèvement ADN) seront effectués avant que l’animal soit relâché. Un marquage auriculaire sera également réalisé par perforation sur chaque oreille à l’aide d’une pince et d’une étiquette en plastique spécifique et adaptée. L’ensemble des manipulations est réalisé en 45 minutes environ (de l’anesthésie générale au relâcher). Après leur relâcher, les déplacements des animaux seront suivis pendant 12 à 24 mois (durée de batterie du collier). Une fois le suivi terminé le collier sera décroché automatiquement ou à distance.

Impact sur les animaux

La capture peut occasionner du stress, des troubles locomoteurs légers en réponse à un stress musculaire, des changements hiérarchiques au sein de la meute, des blessures superficielles en cas de traction sur le piège ou de morsure du câble, des blessures sévères (rares : boiterie du membre entravé, luxation des articulations, fractures des os longs), une myopathie de capture, un risque de mortalité (très faible: aucun cas de mortalité n’a été rapporté avec ce protocole par les partenaires internationaux du projet). Les effets indésirables potentiels de l'anesthésie sont : hypoventilation, hypotension, anomalies du rythme cardiaque, perturbations de la température corporelle, troubles neurologiques, nausées, vomissements, déficit de la circulation sanguine, ulcères de la cornée de l’œil, arrêt cardio-respiratoire dans de très rares cas. Des protocoles seront mis en place tout au long de l’anesthésie pour prévenir ou contrecarrer ces effets.

Devenir

Tous les animaux sont relâchés dans le milieu naturel immédiatement après leur manipulation.

Remplacement

Il n’y a pas d’alternative satisfaisante aujourd’hui au suivi des grands prédateurs en milieu naturel, constat établi récemment par le conseil scientifique du Plan National d’Actions loup et activités d’élevage. En effet, les études écologiques et comportementales impliquant le suivi de ces espèces sont essentielles pour comprendre leurs interactions avec les activités humaines, la faune sauvage ainsi que les effets en cascade sur la végétation forestière notamment. Cet état des connaissances est d'autant plus important dans un contexte montagnard qui est sensible au retour du loup de par sa fragilité intrinsèque, mais aussi par la présence de multiples activités humaines, dont le pastoralisme. Cependant, les données apportées par ce type de suivi permettront d’ouvrir la voie à la modélisation informatique de l’utilisation de l’espace par les loups et de leurs interférences avec la faune sauvage et les activités humaines, ce qui pourrait autoriser à l’avenir un remplacement des suivis en nature pour répondre à certaines questions scientifiques et/ou de gestion (par exemple caractérisation des facteurs orientant la prédation sur des animaux domestiques).

Réduction

Pour obtenir des données généralisables à d’autres contextes, en prenant en compte les différences intrinsèques liés à l’individu, son rôle social au sein de la meute, les variations de cultures de meute, etc, il faut compiler des données sur un certain nombre d’animaux. Dans un premier temps, nous avons pour ambition de commencer par la capture de 4 loups, qui permettront de construire la capacité et les connaissances de terrain sur les captures, et commenceront à produire des données exploitables (dès la première capture). Capturer plusieurs individus d’une même meute est envisagé afin d’obtenir des informations sur la dispersion d’individus isolés d’une part, et pour assurer une redondance en cas de tir/collision avec un véhicule ou autre mortalité d’un individu suivi d’autre part. Ce suivi de plusieurs loups par collier GPS en milieu de moyenne montagne bénéficiera à de nombreux partenaires scientifiques en France et en Europe. En effet, les données sur l’écologie spatiale du loup seront mises à disposition dans le cadre d’un réseau scientifique européen sur les mouvements des mammifères et, plus globalement, dans une dynamique mondiale de partage de ce type de données. Les données collectées lors de notre projet, uniques en France, seront combinées à celles d'autres projets européens (dans des contextes socio-écologiques différents) impliquant des captures de loups et s'intéressant à des questions similaires. Une collaboration nationale et internationale est déjà établie dans ce sens avec les équipes partenaires travaillant sur ce sujet en France et en Europe.

Raffinement

1/ Piégeage : *Choix des sites et moments de capture priorisant la sécurité des animaux (pas de capture en été et dans conditions météo non favorables) *Ajout de ressorts et d'articulations (pivots) à la longe afin de garantir un bon niveau d'absorption pour limiter les risques de blessures *Ajout de bourrelets en tissus sur le lacet coulant pour assurer la circulation sanguine dans la patte *Alerte de déclenchement pour une intervention rapide (

Choix des espèces

Dans des territoires sauvages, il a été montré que le loup peut substantiellement modifier la densité, la distribution et le comportement des grands herbivores sauvages (ses proies privilégiées) avec des conséquences en cascade sur les écosystèmes associés. Le comportement du loup, ses interactions avec les autres espèces et son impact sur les écosystèmes sont toutefois peu documentés dans des environnements dominés par les activités humaines, qui peuvent impacter l’ensemble des interactions entre les espèces. Ainsi, les connaissances sur l'écologie du loup demeurent encore insuffisantes pour appréhender et prédire ses effets sur un territoire. Ce projet vise donc à combler ces lacunes et à nous éclairer sur le rôle que joue le loup dans un écosystème anthropisé de montagne. Pour répondre à cette problématique le recours au suivi de loups équipés de collier GPS est l’option la plus pertinente (cf. rapport du Plan National d’Actions loup et activités d’élevage). Les équipements seront déployés uniquement sur des individus subadultes et adultes d’au moins 23 kilogrammes, qui sont jugés comme suffisamment développés pour pouvoir supporter un équipement par collier GPS, d’après les retours d’expérience des projets européens portant sur le loup. Les périodes ciblées de capture permettront d’éviter de capturer des femelles dans le dernier tiers de gestation ou des jeunes.

  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
Autres mammifères : 480
Souffrances
▲ -
▲ 480
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 480
 -
 -

Jusqu'à 70 microlitres de sang prélevés par incision d'une veine de l'aile, soit près de 10 % du volume sanguin d'un animal de 12 grammes : 480 minioptères de Schreibers vont être capturés au filet ou au piège-harpe, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque chauve-souris est mesurée, pesée, marquée par transpondeur et écouvillonnée dans la bouche, en moins de dix minutes de contention. L'objet est de chercher des traces d'exposition à des lyssavirus, coronavirus et filovirus sur deux sites français, à raison de soixante individus par session et de huit sessions réparties sur deux ans. Toutes les chauves-souris sont gardées vivantes et relâchées, le porteur rappelant que la détention de ces espèces protégées est interdite en France.

Objectifs

Les chauves-souris appartiennent au groupe de mammifères le plus diversifié après les rongeurs et sont connues pour héberger une grande diversité de micro-organismes dont des pathogènes. Il semblerait que la diversité de ces derniers soit due au grand nombre d’espèces que présentent ce groupe de mammifères. De plus un nombre de maladies infectieuses négligées ou émergentes et hautement pathogènes chez les humains résultent d’une origine fortement suspectée chez les chauves-souris (ex : virus de la rage, Ebola, Marburg, Nipah, divers coronavirus responsables du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère). Les chauves-souris possèdent des capacités physiologiques uniques comme la capacité de vol, une grande longévité au regard de leur taille, et aussi un système immunitaire puissant qui pourrait expliquer leur capacité à survivre à des infections virales et donc potentiellement à les héberger et en constituer un réservoir. L’objectif de ce projet est de rechercher pour le Minioptère de Schreibers, et à différents moments de son cycle biologique, l’évidence d’expositions et d’infections par des agents pathogènes, en ciblant plus particulièrement 4 genres différents, le genre Lyssavirus, Alphacoronavirus, Betacoronavirus et Cuevavirus (famille des Filovirus). Cette évaluation permettra de mieux appréhender la dynamique de transmission de ces pathogènes.

Bénéfices attendus

Le projet permettra de mieux appréhender la circulation de 3 groupes de virus encore très peu étudiés chez le Minioptères de Schreibers. Il permettra notamment, pour chaque groupe de virus (LLEBV, WCBV, LLOV, α COV et βCOV) d’estimer si les individus ont été exposés, s’il existe une différence de leurs séroprévalences entre les saisons et entre les jeunes ou adultes. Un des virus étudié (LLOV) est à l’origine de fortes épizooties chez cette espèce (exemple de l’épizootie détectées en Espagne en 2002 et en Hongrie en 2016) et n’a encore jamais été étudié en France alors que des événements de fortes mortalités pouvant faire suspecter la présence du virus ont été observés. Alors que le virus LLOV n’apparait pas zoonotique mais est d’intérêt d’un point de vue conservation de l’espèce, les virus de la famille des Lyssavirus (LLEBV et WCBV) sont potentiellement zoonotiques. Leur étude et donc d’intérêt pour appréhender le risque de transmission à d’autres mammifères. Dans ce projet, il s’agit tout d’abord de détecter la circulation de pathogènes dans l’hôte, avec pour sites d’études, deux sites identifiés, un dans l’Est et un dans l’Ouest de la France, à la limite de répartition de l’espèce.

Procédures

Biométrie sur animal vigile (avant-bras et poids)

Impact sur les animaux

Les effets indésirables induits par la capture, la manutention, la prise de sang et de salive ainsi que le marquage sont le stress et le refroidissement de l’animal si la manutention est maladroite et trop longue. Ces effets ne devraient pas durer au-delà du temps de l’expérimentation. Des système de chauffages ou installation des pochons sous les vetements des manipulateurs seront mis en place en cas de refroidissement (détécté par la baisse d’activité) des individus.

Devenir

les chauves-souris sont gardées en vie et relâchées

Remplacement

L’étude des pathogènes portés par les chauves-souris ne peut être réalisée que sur des matrices provenant de chiroptère sauvages. Les prélèvements salivaires et de sang devant être frais, ils ne peuvent être effectués que sur des animaux capturés vivants.

Réduction

Un effectif de 60 individus sera capturé, marqué et prélevé par session de capture. L’effectif nécessaire, par capture, a été estimé en fonction du taux d'individus avec présence d'anticoprs attendue afin de permettre de détecter une difference de l’exposition virale entre la session de printemps et la session d’été. Un total de 8 captures (2 sessions de capture par site et par an, sur une durée de 2 ans), pour un nombre total d’animaux prélevés de 480

Raffinement

Les captures sont réalisées par filet japonais ou harp-trap en dehors des périodes critiques pour l’animal qui sont la période de perte de poids en hiver ou la période de mise bas et de croissance des jeunes (Juin /début juillet). Le stress des animaux est réduit au maximum du fait d’une contention/manipulation rapide (< 10 minutes) pour le démaillage, mesures biométriques et écouvillonnage par des personnes compétentes et formées (les chiroptérologues pour l’ensemble des manipulations dont le transpondage et les personnes du laboratoire pour l’écouvillonnage et la prise de sang). Les animaux sont maintenus dans des sacs individuels pour leur acheminement jusqu’à la table de prélèvement. Le maintien dans un sac permet également de limiter le refroidissment de l’animal. Le volume de sang maximum prélevé est de 70µl (maximum 10% du volume total de sang en estimant qu’une chauve-souris, au même titre qu’une souris, possède environ 60ml de sang par kg de poids corporel et que l’espèce Minioptère de Schreibers pèse environ 12g). La prise de sang est réalisée par incision d’une veine du patagium et prélèvement du sang par capillarité via une pipette ou un buvard.

Choix des espèces

L’objectif du projet étant l’étude in natura de la circulation de pathogènes chez l’espèce Miniopterus schreibersii, il n’est pas possible d’utiliser d’autres animaux que ceux capturés dans la nature. De plus, toutes les espèces de chauves-souris présentes sur le territoire français sont protégées et leur détention/élévage est interdit. La capture qui aura lieu en printemps sera effectuée sur des adultes. La capture qui aura lieu en fin d’été sera effectuée sur adultes et juveniles émancipés (donc poids comparable aux adultes).

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres mammifères : 5
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 5
▲ -
Devenir
 -
 5
 -
 -

Capturés au piège à patte ou par fléchette anesthésiante tirée au fusil à CO2, cinq loups gris au maximum sont manipulés sous anesthésie générale pendant quarante-cinq minutes environ, équipés d'un collier GPS, mesurés, pesés, marqués par perforation des deux oreilles, puis relâchés. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré et les cinq animaux repartent dans le milieu naturel. Le porteur énumère ce que la capture peut occasionner, plaie au membre entravé, tendinopathie, hématomes, lésions de la cavité buccale, automutilation, plus rarement luxation ou fracture des os longs, sans exclure la myopathie de capture ni les accidents d'anesthésie. Suivis vingt-quatre mois, ces loups pourront recevoir jusqu'à six tirs d'effarouchement traumatiques, c'est-à-dire douloureux, lors de trois tentatives de prédation sur des troupeaux d'élevage, le projet visant à mesurer si la douleur s'apprend et se transmet à la meute.

Objectifs

La gestion du conflit entre les activités d’élevage et le loup gris en France s’appuie très largement sur les tirs létaux. Cependant, de nombreux travaux de recherche menés sur la question pointent l’intérêt des interventions non-létales (conditionnements aversifs, effarouchement, animaux de protection) comme alternatives, dont les effets positifs pour la protection des troupeaux seraient plus durables. Dans ce contexte, ce projet vise à évaluer une méthode d’effarouchement non létale mais douloureuse, le tir d'effarouchement traumatique (TEFT), afin de pouvoir proposer une alternative à la destruction de loups, a fortiori dans les espaces protégés. Ce projet repose sur l’étude comportementale du loup en action de déprédation et sa réponse dans le temps à un stimulus traumatisant. Jusqu’à cinq animaux seront utilisés. L’objectif sera d’évaluer : • La capacité d’apprentissage par association des loups exposés à ce type de traumatisme en documentant notamment l'effet des TEFT sur les comportements immédiats et post traumatiques des loups (présence/absence de déprédation, utilisation de l’espace), la durée de l’apprentissage (combien d’expositions au traumatisme pour enregistrer une sensibilisation) et sa persistance dans le temps. • La part de l’apprentissage social dans la diminution du risque de prédation attendue : est-ce qu’un loup qui a été exposé au traumatisme transmet sa peur aux autres membres de la meute et aux générations suivantes ?

Bénéfices attendus

Ce projet a vocation à faire avancer les connaissances sur la protection des troupeaux d’animaux d’élevage vis-à-vis des grands prédateurs en apportant des données précises sur l’effet d’une mesure d’effarouchement prometteuse mais encore peu documentée : le tir d’effarouchement traumatique.

Procédures

Jusqu’à cinq loups seront capturés avec des pièges à patte ou par téléanesthésie (flèche projetée par un fusil alimenté au CO2). Ils seront manipulés sous anesthésie générale. Sur une bâche de manipulation, ils seront équipés d’un collier GPS puis un ensemble de mesures biométriques (poids, mensuration) et un frottis buccal (génétique) seront effectués avant d’être relâché. Un marquage auriculaire sera réalisé par perforation sur chaque oreille à l’aide d’une pince et d’une étiquette en plastique. L’ensemble des manipulations est réalisé en 45 minutes environ (de l’anesthésie générale au relâché). Après leur relâcher, les déplacements des animaux seront suivis pendant 24 mois. Ils pourront être soumis à des tirs d’effarouchement lors de trois tentatives de déprédation sur des animaux d’élevage, chacune étant espacée d’une semaine. Chaque tentative de déprédation pourra donner lieu à un voire deux tirs d’effarouchement consécutifs, soit un total maximal de six tirs par individu.

Impact sur les animaux

La capture peut occasionner : - Stress : altération de la mobilité de l’animal pendant la phase de réveil, et du comportement spatial jusqu’à deux semaines suivant la capture. - Changements hiérarchiques au sein de la meute. - Troubles locomoteurs légers en réponse à un stress musculaire. - Blessures superficielles : en cas de traction sur le piège / morsure du câble ; plaie au niveau du membre entravé, tendinopathie, hématomes, lésions de la cavité buccale, limage des griffes, voire automutilation. - Blessures sévères : dans de rares cas ; boiterie du membre entravé, luxation des articulations, fractures des os longs. - Myopathie de capture : ce risque ne peut être exclu dès qu’une contention / anesthésie a lieu. - Risque de mortalité : très faible ; sur les 29 loups capturés par l’équipe de recherche de l’université de Sassari (partenaire) avec le même protocole, aucun cas de mortalité n’a été rapporté. Il existe des effets indésirables potentiels de l'anesthésie chez un loup sauvage : hypoventilation, hypotension, anomalies du rythme cardiaque, perturbations de la température corporelle, troubles ioniques, nausées, vomissements, hypovolémie, ulcères cornéens ; arrêt cardio-respiratoire dans de très rares cas. Le tir d’effarouchement peut occasionner une altération temporaire du comportement, des douleurs locales, une altération temporaire de la mobilité, des, blessures superficielles). Il existe aussi un risque très faible, suite à un tir mal dirigé, de traumatismes plus sérieux (fracture ou une blessure interne).

Devenir

Tous les animaux sont relâchés dans le milieu naturel immédiatement après leur manipulation.

Remplacement

Il n’y a pas d’alternative satisfaisante aujourd’hui au suivi in-situ des grands prédateurs. Les études écologiques et comportementales impliquant le suivi de ces espèces sont essentielles pour comprendre leurs interactions avec les activités pastorales et tenter de réduire les dommages causés par la prédation, le principal enjeu pour la conservation des grands carnivores en Europe. Ces données sont nécessaires pour appréhender la réaction des loups aux moyens de protection et aux mesures d’effarouchement et comprendre les mécanismes comportementaux sous-jacents. Cependant, les données apportées par ce type de suivi pourront permettre d’ouvrir la voie à la modélisation informatique de l’utilisation de l’espace par les loups et de leurs choix de prédation, ce qui pourrait autoriser à l’avenir un remplacement des suivis en nature pour répondre à certaines questions (caractérisation des facteurs orientant la prédation sur animaux domestiques).

Réduction

Ce suivi de plusieurs loups par bio-logging en milieu de montagne bénéficie à de nombreux partenaires scientifiques en France et en Europe. En effet, les données sur l’écologie spatiale du loup seront mises à disposition dans le cadre de réseaux internationaux de partage de données. L’effort particulier consenti par l’équipe du projet à la réutilisation des données est de nature à réduire la nécessité de multiplier ce genre de suivi à long terme et donc de réduire in-fine le nombre d’animaux utilisés par la communauté scientifique dans sa globalité. Les données collectées lors de notre projet, uniques en France, seront combinées à celles d'autres projets européens (dans des contextes d’élevage différents) impliquant des captures de loups et s'intéressant aux mêmes questions. Une collaboration internationale est déjà établie dans ce sens. De plus, ce projet permettra de tirer des préconisations de protocole de tirs à effet traumatisant (TEFT) et des prédictions sur le comportement des loups face aux TEFT, puis d'envisager des méthodes indirectes pour tester ces prédictions par la suite dans différents contextes, afin d'évaluer la généralisation potentielle des résultats.

Raffinement

1/ La capture : - Choix minutieux des sites de captures en priorisant la sécurité de l’animal - Ajout de ressorts et d'articulations (pivots) à la longe qui retiendra l'animal afin de garantir un bon niveau d'absorption des forces de traction et de torsion limitant ainsi efficacement les risques de blessures. - Ajout de bourrelets en tissus sur le lacet coulant pour permettre la circulation sanguine dans la patte malgré le serrage (pour les pièges à lacet). - Système d’alertes de déclenchement sur les pièges permettant une intervention rapide (< 30 minutes en véhicule) en cas de capture. 2/ La manipulation : - Prévention des myopathies par injection de sélénium. - Anesthésie générale pour minimiser le stress et le risque de blessure - Manipulation rapide (chronométrée), dans le calme et sans bavardage - Réalisation d'un frottis plutôt que d'une prise de sang pour le génotypage. - Suivi des constantes physiologiques durant l’anesthésie (rythme cardiaque, fréquence respiratoire, température corporelle, dilatation des pupilles) par un responsable désigné de la surveillance de l’état de l’animal. - Monitoring instrumental : mesure de la saturation périphérique en oxygène à l’aide d’un oxymètre de pouls, validation de la fréquence cardiaque par analyse du pouls. - Suivi du comportement et des points limites pendant toute la procédure par le responsable désigné - Écourtement ou arrêt de la manipulation lors de l’atteinte d’un point limite - Transport immédiat vers un centre de soin si blessure grave (fracture, luxation) lors de la capture - A chaque étape, un vétérinaire présent au titre du soin accompagne l’équipe de capture. Si une douleur est identifiée, il pourra mettre en place une analgésie : Meloxicam (0,1mg/kg IM) si douleur modérée (plaie peu profonde, contusion) / butorphanol (0,2 à 0,4 mg/kg IV ou IM) ou morphine (0,05 à 0,3 mg/kg IV ou IM) +ou- kétamine (1mg/kg IV ou IM) si douleur marquée (fracture, luxation, plaie profonde). 3/ Suites de la capture : - Pendant les semaines suivantes, l’animal est localisé, voire observé, afin de recueillir des informations sur l’effet de la capture. - Dans un souci continu d’amélioration de nos pratiques, nous réaliserons des bilans post-capture (2 par an) qui produisent des recommandations pour les captures futures. Ces bilans seront discutés avec d’autres équipes pratiquant des captures de loups et au sein de la structure bien-être animal de l’EU. Des bilans post-effarouchement seront aussi réalisés.

Choix des espèces

Le loup gris est le principal prédateur responsable des dommages aux troupeaux d’élevage en Europe et est l’espèce cible de ce projet. De fortes tensions se cristallisent autour de la problématique de cohabitation du loup et de l'élevage. S’agissant d’une espèce protégée par la convention de Berne et d’une clé de voûte pour le fonctionnement des écosystèmes, sa destruction ne représente pas une solution satisfaisante. La nécessité de trouver des solutions implique de comprendre au mieux le fonctionnement écologique du loup au sein du système pastoral et les équipements technologiques embarqués permettent d’aller plus loin dans cet objectif de compréhension. Cette espèce présente également les populations qui se portent le mieux parmi les grands prédateurs européens. Sa capture est considérée comme moins préjudiciable pour son état de conservation. Ainsi, le loup représente le modèle le plus logique pour étudier les moyens de protection des animaux d’élevage face aux grands prédateurs. D’après les retours d’expérience des projets européens portant sur le loup, les individus subadultes et adultes d’au moins 23 kilogrammes sont jugés comme suffisamment développés pour pouvoir supporter l’équipement d’un collier GPS. L’étude se base donc sur le critère de masse supérieur ou égal à 23 kg.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres mammifères : 540
Souffrances
▲ -
▲ 510
▲ 30
▲ -
Devenir
 -
 540
 -
 -

Pour comprendre comment une population de chevreuils s'adapte au changement climatique et aux activités humaines, 540 individus vont être capturés, dont 30 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les adultes et subadultes sont rabattus au cours d'une battue pédestre vers un filet tombant, tranquillisés, placés en caisse de contention, puis manipulés une dizaine de minutes sur une table, avec boucles auriculaires, puce sous-cutanée, collier GPS, pesée et prélèvements de peau, de sang, de poils, de fèces et d'ectoparasites. Les faons sont saisis au printemps dans la végétation où ils restent tapis, pesés dans un sac, bagués et équipés d'un collier extensible en moins de cinq minutes. Tous sont relâchés aussitôt, le porteur signalant de rares cas de mortalité à la capture, des blessures légères possibles lors de la course ou de la chute dans le filet, et un stress pouvant altérer la mobilité des adultes pendant quelques jours.

Objectifs

Nous souhaitons comprendre comment l'hétérogénéité spatiale de l’environnement (en termes de ressources et de risques) façonne la performance individuelle et, par conséquent, la dynamique des populations et le potentiel évolutif des grands herbivores, par le biais de leur utilisation de l'espace, en relation avec leurs composantes individuelles (condition, personnalité, immunité...), la prédation, la pression parasitaire et l'intervention humaine (les perturbations non létales, les pratiques agricoles, la chasse…). Cette étude est particulièrement pertinente dans un contexte de changement global (climatique, paysager…), pour comprendre comment les populations animales font face aux perturbations d’origine anthropiques et pour évaluer les services et disservices rendues par ces populations animales. Nous souhaitons aborder les questions suivantes : L'hétérogénéité individuelle diffère-t-elle selon les traits liés à la performance, selon les années au sein d'une population ? Qu'est-ce qui façonne la variation observée dans les trajectoires individuelles d’histoire de vie (e.g. fécondité, survie, dispersion natale), entre les facteurs environnementaux (météo et habitats au stade critique de la vie), les attributs individuels (sexe, cohorte, caractéristiques du domaine vital des adultes) et les influences anthropiques (perturbations, chasse, pression de prédation et maladies) ? Quelle est la contribution relative du hasard, de la contrainte et de l'adaptation dans l'élaboration des trajectoires individuelles observées au sein des populations ? Quelles sont les tactiques comportementales individuelles adoptées par les chevreuils (e.g. spatiales) pour faire face aux perturbations d’origine anthropique ? Comment les individus s’ajustent ils à de nouvelles conditions environnementales ?

Bénéfices attendus

Les bénéfices du projet sont d’abord d’apporter de nouvelles connaissances sur l’écologie d’une espèce modèle de grand herbivore sauvage, largement répandue et impliquée dans de nombreuses interactions avec les activités humaines, afin de comprendre son potentiel d’adaptation aux changements d’origine anthropique et de prédire sa dynamique de population dans nos paysages ruraux ordinaires. Ces connaissances sont précieuses pour comprendre ses interactions avec l’homme (risques sanitaires chez les humains et les animaux d’élevage, dégâts aux production sylvicoles et agricoles, collisions), mais aussi les services rendus (e.g. sur la biodiversité, sur les cycles des nutriments). Parmi les bénéfices attendus, ces connaissances permettraient donc de réduire certains disservices et de favoriser d’autres services rendus par la faune sauvage, de réduire les effets négatifs de l’homme sur les populations animales et d’une manière générale sur les écosystèmes, en fournissant des mesures de gestion concrètes. Ainsi, ce projet permettrait d’assurer une meilleure prise en compte des enjeux écologiques dans la gestion des territoires et dans les politiques publiques.

Procédures

Les chevreuils adultes et subadultes sont capturés au filet tombant suite à une battue pédestre (sans chien). Ils sont tranquilisés et placés dans une caisse de contention pour se reposer avant d’être manipulés. Sur la table de manipulation, ils sont identifiés (boucles auriculaires et puce électronique sous cutanée) et équipés d’un collier GPS. Ils sont examinés pour leur état général, mesurés (poids, mensurations) et font l’objet de prélèvements biologiques (peau, sang, poils, fèces, muqueuses, ectoparasites) avent d’être relâché dans leur milieu. Certains animaux sont transportés vers une autre localité de lâcher au sein du même site d’étude dans le cadre d’une translocation. La manipulation sur la table dure environ 11 minutes. Les faons de chevreuils sont capturés au printemps par saisie alors que l’animal est gité dans la végétation (il se déplace très peu à cet âge). L’animal est pesé dans sac de contention, idéntifié avec des boucles auriculaires, et équipé d’un petit collier extensible. Nous réalisons un examen de l’état general et effectuons quelques prélèvements biologiques (peau, salive, goutte de sang, tiques). La procédure dure moins de 5 minutes.

Impact sur les animaux

- La capture occasionne un stress qui peut altérer la mobilité des adultes pendant quelques jours. - De rares cas de mortalité peut survenir lors de la capture chez les adultes et subadultes. - Des blessures légères peuvent survenir pendant la capture des adultes et subadultes lors de la course dans la battue, lors de la chute dans le filet ou lors de la contention dans le sabot. - Une douleur est occasionnée par les prélèvements (prise de sang) ou l’identification (bague auriculaire, puce sous-cutanée). - Un inconfort musculaire peut être lié à la contention et au port du collier. - Certains individus sont confrontés à de nouvelles conditions environnementales dans le cadre des translocations.

Devenir

Tous les animaux sont relâchés dans le milieu naturel immédiatement après leur manipulation

Remplacement

Il n’y a pas d’alternative satisfaisante aujourd’hui au suivi in-situ des grands ongulés sauvages. Les études écologiques impliquant le suivi de la faune sauvages sont essentielles pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes et tenter de réduire l’impact de l’homme pour plus de résilience. Ces données sont necessaire pour appréhender la variabilité des trajectoires de vie des chevreuils et comprendre les mécanismes éco-évolutifs de l’adaptation aux changements globaux. Cependant les données apportées par ce suivi permettent d’ouvrir la voie à la modélisation informatique de l’utilisation de l’espace par le chevreuil, ce qui pourrait autoriser à l’avenir un remplacement des suivis en nature pour répondre à certaines questions (flux de matières et de vecteurs, étude de connectivité du paysage).

Réduction

Ce suivi d’une population de chevreuil en milieu rural bénéficie à de nombreux projets de l'unité mais aussi de plusieurs partenaires scientifiques en France et en Europe. En effet les données sur l’écologie spatiale du chevreuil sont mises à disposition dans le cadre d’un réseau scientifique européen sur les mouvements des mammifères. De plus les prélèvements biologiques sont stockés et mis dans une base de gestion d’échantillon qui facilite leur utilisation par d’autres chercheurs pour des questions différentes (par exemple récemment pour la recherche de pathogènes émergents comme la covid 19). L’effort particulier consenti par l’équipe de recherche à la réutilisation des données et des échantillons biologiques est de nature à réduire la nécessité de multiplier ce genre de suivi à long terme et donc de réduire in-fine le nombre d’animaux utilisés par la communauté scientifique dans sa globalité. L’utilisation des données issues des captures précédentes ainsi que des données issues du réseau Eurodeer nous permettent de limiter les besoins de nouvelles captures.

Raffinement

Dans un souci continu d’amélioration de nos pratiques, nous réalisons des bilans post-capture (2 par an) qui produisent des recommandations que nous incluons dans nos procédures (e.g. pommade anesthésiante sur l’oreille, refroidissement de l’animal lors de la manipulation en cas de chaleur). Les mesures de raffinement sont : Les animaux adultes et subadultes sont tranquilisés après la capture dans le filet, puis ils se reposent dans des caisses stockées au calme, à l’ombre et sous surveillance. La manipulation est rapide dans le calme en minimisant le bruit. Les prélèvements pouvant s’avérer douloureux (prise de sang) sont réalisés par 3 personnes très expérimentées. Les rôles des assistants sont précis et déterminés à l’avance. Un responsable surveille en permanence l’état de l’animal (température, respiration, agitation) et peut décider de racourcir la durée de la manipulation si des points limites sont atteints. A chaque étape, un vétérinaire est prêt à intervenir si nécessaire. Dès le lendemain et par la suite, l’animal est localisé, voire observé, afin de recueillir des informations sur l’effet de la capture. En général, la capture des faons est réalisée après une tétée pour limiter l’effet du dérangement sur les soins maternels. Les faons sont très peu réactifs jusqu’à l’âge de 15 jours (couché, immobile). Une seule personne très expérimentée manipule le faon, le plus rapidement possible et en silence, après s’être frotté les mains dans la végétation pour éviter de laisser trop d’odeur humaine sur le faon. Si le faon est trop jeune pour être manipulé, l’opération est reportée.

Choix des espèces

Le chevreuil est le grand herbivore sauvage le plus abondant en Europe. A ce titre, il joue un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes et rends des services et disservices pour les activités humaines. Leur présence peut générer des dégâts (agricoles, sylvicoles), réduire ou augmenter les risques sanitaires (maladie et collisions), produire des services (proie de substituion aux animaux domestiques pour les grands prédateurs, chasse, tourisme) et générer des conflits (entre forestiers et chasseurs par exemple). Ainsi c'est un bon modèle pour l'étude du fonctionnement des populations d'ongulés sauvages. D’autre part, le chevreuil est une espèce chassée et dont les effectifs évoluent à la hausse depuis la mise en place des plans de chasse dans les années 1980 aussi il ne se pose, pour cette espèce et à l’heure actuelle, aucun problème de conservation. Tous les stades de développement sont étudiés depuis la naissance jusqu’à la sénescence. L’objectif scientifique est d’étudier la trajectoire d’histoire de vie des individus et d’identifier par exemple comment les conditions précoces, lors du développement de l’individu conditionnent le comportement et la performance des individus.

  • Recherche fondamentale
    • Autre recherche fondamentale
    • Biologie du développement
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
    • Système endocrinien
    • Système urogénital
Autres mammifères : 57
Souffrances
▲ -
▲ 5
▲ 52
▲ -
Devenir
 -
 -
 57
 -

Mettre au point la production d'embryons in vitro et le transfert entre espèces, sous couvert d'un programme de conservation de la biodiversité : 57 cervidés vont être utilisés, 52 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 5 un niveau léger. Les femelles donneuses sont soumises à des cycles de synchronisation puis à des prélèvements d'ovocytes par cœlioscopie sous anesthésie générale, jusqu'à quatre fois par an et huit fois sur quatre ans, chaque intervention pouvant durer deux heures de l'anesthésie au réveil. Les receveuses reçoivent un embryon par endoscopie une fois par an. Aucun animal n'est tué à l'issue, tous étant réutilisés puis susceptibles de rejoindre le groupe de reproduction, et les deux espèces employées, le cerf élaphe et le cerf sika du Japon, sont l'une comme l'autre communes, le porteur précisant que le sika "ne correspond pas à une espèce en voie de disparition".

Objectifs

Dans le cadre de ses missions de conservation de la biodiversité, notre laboratoire de recherche mène différents programmes de conservation ou d'amplification de la génétique d'espèces rares, basés sur l’utilisation de biotechnologies de la reproduction. Une stratégie pour augmenter le nombre de descendants à partir d'effectifs très limités de géniteurs, consiste à utiliser la production in vitro d'embryons pour l'espèce menacée couplée au transfert embryonnaire sur des femelles porteuses proches génétiquement (espèce ou sous espèce). Cette stratégie s'est déjà avérée concluante sur le plan conceptuel avec un premier succès mondial en 2006 (naissance d'un jeune cerf sika du Japon ou Cervus nippon nippon porté par une mère élaphe Cervus elaphus).

Bénéfices attendus

Les techniques modernes de procréation assistée telles que l’insémination artificielle, la fécondation in vitro, la gamétogenèse in vitro ou le transfert embryonnaire, sont autant d’outils qui permettront à l’avenir d'améliorer l'efficacité des programmes conservatoires ex situ. Le stockage patrimonial à long terme de la génétique des espèces les plus rares grâce à la cryo-conservation de semences, d’ovules, de tissus gonadiques et embryons dans l’azote liquide représente une stratégie complémentaire de conservation désormais applicable à la faune sauvage. Ces approches permettront, au-delà du stockage sur le long terme, un meilleur brassage génétique entre sites de conservation et une facilitation pour la réintroduction de cette génétique vers les sites in natura. En théorie, ces échantillons sont susceptibles d’être conservés plusieurs centaines d’années (le recul actuel montre que nous pouvons conserver ces échantillons à minimum à moyen terme 50 ans).

Procédures

Les animaux de lots distincts seront soumis à des procédures chirurgicales (chirurgie mini invasive) pour permettre soit la collecte d'ovocytes dans le but de produire des embryons soit pour permettre le transfert d'embryons produits in vitro. Les femelles donneuses d'ovocytes seront soumises à des cycles de synchronisation/prélèvements de gamètes après anesthésie un maximum de 4 fois par an et au total 8 fois sur 4 ans. Les femelles receveuses d'embryons (transfert embryonnaire par endoscopie sur animaux anesthésiés) pourront être transférées sous anesthésie générale une fois par an. Les procédures chirurgicales n'excèdent pas deux heures du moment de l'anesthésie au réveil de l'animal.

Impact sur les animaux

La conduite des protocoles de procréation médicalement assistée chez les cervidés repose généralement sur des protocoles conduits sous anesthésie générale après manipulation des animaux. Les nuisances ou effets indésirables attendus sont celles et ceux associés à cette pratique (le risque anesthésique et notamment le risque de détresse respiratoire est considéré comme étant le plus probable dans nos procédures).

Devenir

Les animaux utilisés proviennent de l'élevage réalisé sur le site. Après utilisation dans le cadre des procédures expérimentales de ce projet, ces animaux pourront tout à fait rejoindre le groupe de reproduction naturelle. Par ailleurs, ces animaux feront l'objet d'études non invasives. Différentes études du comportement (reproduction, interactions sociales, expériences sur la communication acoustique ou comportement alimentaire) sont réalisées sur notre structure dans le cadre de protocoles hors-champ de l'expérimentation animale.

Remplacement

La mise au point des techniques de procréation assistée chez les mammifères nécessite l’utilisation d'animaux (cette étude ne peut être remplacée par des modélisations in silico). Le recours aux modèles in vitro sont déjà proposés dans l'étude permettant de minimiser le nombre d'interventions sur les animaux.

Réduction

Nos approches doivent permettre la collecte de gamètes en nombre suffisant (2 lots de 15 ovocytes) pour constituer des lots expérimentaux et comparer l'efficacité de 2 méthodologies de production in vitro (ovocytes fécondés par injection de spermatozoïdes vs. ovocytes fécondés par fécondation in vitro classique; ovocytes cryoconservés vs. ovocytes frais) sur la base de tests statistiques. La répétition de la procédure sur l'animal (5 à 6 ovocytes par femelle et par collecte) permet de réduire le nombre total d'animaux utilisés. La cryoconservation de semence permet de limiter les interventions sur le mâle. En effet, un même échantillon de semence cryoconservée peut être utilisé pour plusieurs inséminations ou fécondations in vitro (fractionnement de l’éjaculat avant cryoconservation) sur plusieurs années.

Raffinement

L'ensemble des procédures (élevage ou Procréation Médicalement Assistée) fait l'objet d'une bonne maîtrise technique par la structure. Afin de réduire le stress lié aux manipulations, un protocole d’habituation est appliqué par les soigneurs tout au long de l’année pour habituer les animaux aux procédures nécessaires au projet. Les animaux font l'objet d'une surveillance attentive par soigneurs et vétérinaires 7 jours sur 7. Dans le cas des procédures de coeliochirurgie sous anesthésie générale, des anesthésiques locaux seront administrés aux sites d’insertions des trocarts afin de minimiser la douleur au réveil de l’animal. Les traitements anti-inflammatoires non-stéroïdiens, définis avec le vétérinaire référent, permettent de réduire la douleur post opératoire. Ces procédures sont réalisées sur nos espèces modèles en coelioscopie avec des matériels pédiatriques permettant de réduire la taille des trocarts utilisés, de minimiser les douleurs post opératoires pour les animaux et d'accélérer la cicatrisation. Un suivi est réalisé sur l'ensemble des individus et une fiche de score ou scoring est établie pour permettre de diagnostiquer et évaluer la douleur chez les animaux (absente, légère, modérée ou sévère). En cas de diagnostic d'une douleur sévère, la procédure est stoppée pour l'individu. Pour les douleurs légères et modérées, un signalement est réalisé au responsable de l'établissement utilisateur ainsi qu'au vétérinaire référent pour avis et traitement. S'il n'est pas constaté d'amélioration dans les 48 heures (pas de disparition des symptômes ou aggravation de la douleur), la procédure expérimentale est stoppée pour l'individu. Une prise en charge intégrale pour soins vétérinaires est réalisée pour les animaux.

Choix des espèces

De par sa collection unique d’espèces de cervidés rares et en voie d’extinction, les programmes de recherche développés par notre structure visent des applications pour la conservation d'espèces cervidés. Deux espèces communes de cervidés seront ici utilisés : l’espèce élaphe (Cervus elaphus) et l’espèce sika (Cervus nippon). L’espèce élaphe, du fait de sa disponibilité (espèce commune en France), de son grand gabarit et de la bonne connaissance de sa physiologie est une espèce de choix comme espèce receveuse d’embryons. L’espèce Sika du Japon, donneuse d’embryons ne correspond pas à une espèce en voie de disparition, mais est utilisée pour mettre à l’épreuve la faisabilité des techniques de production in vitro et du transfert d'embryons interspécifiques. Des transpositions de nos recherches pourront être faites sur les sous espèces de cerfs sika menacées dans le milieu naturel (ex C.n.taiouanus, C.n.pseudaxis, C. eldii).

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres rongeurs : 144
Autres carnivores : 232
Autres mammifères : 138
Souffrances
▲ -
▲ 514
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 514
 -
 -

Améliorer les pièges vulnérants pour capturer la quasi-totalité des femelles en âge de se reproduire suppose de connaître leurs déplacements. 144 rats noirs, 232 petites mangoustes indiennes et 138 opossums communs, soit 514 individus vivant à l'état sauvage aux Petites Antilles, vont être capturés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés. Chacun reste au piège moins de douze heures, est anesthésié à l'isoflurane, épilé sur un à deux centimètres carrés, puis reçoit sous la peau du cou une puce d'identification posée au trocart, soixante femelles adultes recevant en plus un collier muni d'une balise satellitaire. Le porteur justifie ces captures par la protection d'oiseaux et de reptiles endémiques menacés, la finalité opérationnelle étant de réduire durablement les effectifs de ces trois espèces introduites.

Objectifs

Les espèces exotiques envahissantes représentent la 3ème cause de perte de biodiversité insulaire. Le transport volontaire ou non par l’homme d’êtres vivants peu conduire à leur développement à l’état sauvage en dehors de leur aire naturelle de répartition. Lors du développement de ces animaux dans la nature, des effets négatifs peuvent être observés sur les espèces natives et des milieux colonisés, ainsi que sur la santé humaine, et les activités économiques. Afin de limiter au mieux ces effets négatifs, une bonne connaissance de l’utilisation de l’espace des animaux exotiques est requise afin de proposer des dispositif de piégeage permettant d’en capturer le maximum – voire la totalité. L’utilisation de l’espace par les animaux est mesurable par différentes méthodes : la capture-marquage-recapture (CMR), la réception de signaux émis par des petits émetteurs à haute fréquence, ou encore, la géolocalisation automatisée par des balises miniaturisées réceptionant des signaux de satellites (GPS). Ce projet a pour objectif principal de mieux connaître l’amplitude des mouvements, la densité de population, et l’effet d’une sédation des animaux sur l’amélioration de leur probabilité de recapture, chez trois espèces de petits mammifères exotiques envahissants dans une île tropicale, grâce à des géolocalisations satelittaires, et par CMR : la petite Mangouste Indienne Urva auropunctata, l’Opossum commun Didelphis marsupialis, et le Rat noir Rattus rattus. Cette connaissance de l’utilisation de l’espace permettra de mettre en place des dispositifs de piégeage permettant d’en capturer le plus grand nombre – si ce n’est la totalité -, pour s’assurer qu’une diminution significative des abondances de ces mammifères est bien liée à l’augmentation attendue de celles de leurs proies potentielles, permettant de sauvegarder des espèces endémiques menacées d’extinction (oiseaux, reptiles).

Bénéfices attendus

Le projet alimentera les premières observations sur l’utilisation de l’espace par le Rat noir, l’Opossum commun, et la petite Mangouste Indienne, constituant une connaissance de l’écologie spatiale qui est encore peu connue pour ces espèces. C’est également le cas de leurs densités de populations qui ne sont pas documentées dans les habitats de forêts tropicales sèches. Les bénéfices attendus du projet concernent surtout une amélioration des statuts de conservation de populations d’espèces de petits vertébrés endémiques menacées d’extinction (oiseaux, reptiles), que ce soit directement ou indirectement, par une prédation ou une compétition pour la nourriture ou des sites de refuges et d’abris par ces mammifères exotiques envahissants. Par ailleurs, les dispositifs de luttes (pièges vulnérants) pourront être améliorés afin d’atténuer des risques liés à la capture d’individus d’espèces non cibles susceptibles de pâtir des campagnes de lutte. Un autre bénéfice attendu est la mise en place de protocole de suivi des abondances de ces populations au moyen de pièges photographiques, évitant la capture physique des individus de ces espèces. La pose d’un collier munis de balises miniaturisées réceptionant des signaux de satellites fixé sous sédation par anesthésie gazeuse sur le terrain n’est pas employée dans le cas de suivi de la petite Mangouste Indienne, très peu documentée pour le Rat noir, et inconnu pour l’Opossum commun : le projet permettra de calibrer, et d’apprécier les avantages et les inconvénients de cette méthode. A noter que ce protocole permettra également d’évaluer l’effet de la manipulation sous sédation sur la probabilité de recapture des individus en comparaison d’animaux manipulés sans être endormis – qui est attendue plus élevée chez les individus manipulés inconscients en comparaison de ceux manipulés à l’état vigile. En effet, le stress induit par la manipulation de animaux capturés peut les inciter à mois se refaire capturer.

Procédures

Sous anesthésie générale (Isoflurane) – qui ne durera pas au-delà de 5 minutes, au maximum 684 animaux seront marqués par une puce d’identification par radio-fréquence (RFID) implantée sous la peau (Procédure 1) uniquement lors de leur première capture, afin de les reconnaître lors de leur recapture ultérieure (ou ils seront relâchés immédiatement après avoir noté leur numéro d’identification et leur masse, sans autre manipulation). Egalement sous anesthésie générale (Isoflurane), 60 individus seront marqués par une puce RFID sous-cutané et avec la pose d’un collier munis de balises miniaturisées réceptionant des signaux de satellites (Procédure 2). L’implantation de la puce d’identification sur l’animal inconscient est effectuée par un trocard stérile à usage unique introduisant une puce de 11 mm3 (équivalente à un grain de riz pesant 0.031 g) parallèlement sous la peau du cou (profondeur de 1,5 cm), après application d’un gel analgésique une fois la zone d’implantation épilée (sur 1-2 cm2) et désinfectée. Profitant de l’anesthésie gazeuse lors de la pose de la puce d’identification, un lot de femelles adultes sera également équipé d’un collier muni d’une balise GPS miniaturisée (Procédure 2) représentant moins de 4% de leur poids (5 g pour les rats [soit

Impact sur les animaux

La pose d’une puce d’identification RFID sous-cutanée sous anésthésie (procédure 1), réalisée dans l’environnement familier de l’animal, est de courte durée (tout au plus 30 minutes de temps de récupération de leur capacité post-anesthésique) et n’entraine pas de faim/soif/malnutrition chez l’individu, ni aucune détresse, stress physique/thermique ou peur, ou encore de lésion ou de maladie. Ce geste n’induit qu’une légère douleur au moment de l’implantation de la puce sous la peau.

Devenir

Les animaux sont relâchés marqués par une puce d’identification sous-cutanée, et pour un sous-lot de femelles adultes additionnellement muni de leur équipement de suivi satellitaire, afin de mesurer les distances qu’ils parcourent dans leur domaine vital pendant au moins 15 à 20 jours. La mesure de ces distances aidera à améliorer les dispositifs de captures de ces espèces, que ce soit 1/ à des fins de contrôle de leur population exigé par la loi pour favoriser la survie d’espèce de petits vertébrés menacés d’extinction en relation avec leur prédation par les espèces étudiées, ou 2/ de la surveillance de leur répartition et de leur abondance dans des habitats protégées. Un effort particulier sera appliqué pour allonger le temps de chance de recapture à au moins 20 jours – à partir de la date du dernier individu équipé - afin de pouvoir déséquiper les individus.

Remplacement

L’étude porte sur l’acquisition de connaissance du mode de déplacement d’individus dans des populations « à l’état sauvage », dans leurs environnements naturels. Dès lors, l'utilisation d'animaux capturés vivants dans leur environnement ne peut être remplacée par d'autres modèles non animaux, ou d’origine captive. Une amélioration des connaissances acquises dans le cadre du projet devrait toutefois permettre, à termes, de disposer d’informations permettant de progresser sur une modélisation spatiale des risques d’impacts de ces mammifères exotiques envahissants à de plus larges échelles sans avoir recours à leur capture et manipulation, ainsi que les modalités d’un protocole de suivi des abondances des populations par piégeage photographique sans recours à une capture physique.

Réduction

En se basant sur des estimations théoriques où de très fortes densités de population seraient observées pendant les opérations de terrain, nous envisageons d’utiliser dans les deux procédures prévues dans le projet au maximum 144 rats, 138 opossums, et 232 mangoustes a cours de deux sessions de piégeages. Ainsi – au total sur 2 années, ce sont au grand maximum 514 individus qui pourraient être soumis à une anesthésie gazeuse : 454 à but de simple marquage par puce d’identification sous-cutanée (Procédure 1), et 60 femelles adultes soumises à double marquage constitué d’une puce d’identification sous-cutanée et d’un collier muni d’une balise miniaturisée de suivi par satellites (Procédure 2). Pour les mesures à partir des données d’équipement de suivi par satellites, en faisant l’hypothèse d’une population d’origine infinie, un échantillon de 16 individus tirés au hasard dans cette population doit permettre d’estimer une moyenne de l’amplitude spatiale du mouvement avec une précision convenable (Coefficient de variation = 20%), pour une erreur de mesure tolérée de 10%. En d’autres termes, un total de 16 femelles doit être échantillonné au hasard dans la population pour s’assurer à 95 % de chance que la moyenne du paramètre mesuré se situe dans les 10 % de la moyenne réelle de la population. Toutefois, l’emploi d’un dispositif de suivi par satellites n’ayant pas été testé auparavant pour deux des trois espèces considérées (opossum commun et rat noir), laisse une part d’échec possible que nous estimons, de notre expérience sur des suivis par balises satellitaires de petits rongeurs de l’ordre de 25%. Ce taux d’échec est proche de celui rapporté pour la petite mangouste indienne (21%). Nous envisageons donc d’utiliser 4 femelles adultes en plus (20%) pour chaque espèce aux 16 nécessaires pour disposer d’une mesure précise de notre paramètre de détection spatiale, conduisant à utiliser au maximum 20 femelles adultes.

Raffinement

La petite mangouste indienne est diurne, alors que les rats noirs et les opossums communs sont nocturnes. Un premier relevé des pièges aura lieu dans les 3 hrs suivant le lever du soleil afin de libérer les animaux capturés dans la nuit et en matinée, et dans les 3 hrs avant le coucher du soleil pour ceux capturés de jour. Les pièges seront appâtés (beurre de cacahuète, saucisse, et fruit). Des débris végétaux seront placés au fond de la cage piège – pour constituer une cachette, ou encore un tapis. Les cages seront disposées à l’ombre, et en hauteur pour éviter un risque d’inondation en cas de pluie. Le critère le plus strict utilisé à ce jour exige que les pièges de contention homologués retiennent des animaux pendant 24 heures avec moins de 57 % d’entre eux présentant des blessures graves pouvant diminuer la survie après relâchés. Les individus seront maintenus captifs 150 g seront sélectionnées, ainsi que des mangoustes > 450 g, et des opossums > 800 g, correspondant à un ratio de masse compris entre 1% et 4% selon les espèces. Ce ratio laisse la possibilité de perte/gain de poids potentiel des individus de 10% (correspond au remplissage/vidage d’un estomac – e.g. chez le rat noir) pendant la période de leur équipement tout en restant avec un ratio de masse ≤ 5% pour les mangoustes, et < 4% pour les rats noirs et les opossums communs. De plus, l’anesthésie aurait un effet positif sur les individus en limitant le stress à la capture. Un individu recapturé ayant perdu sa balise ne sera pas rééquipé.

Choix des espèces

Les rats noirs, les opossums communs, et les petites mangoustes indiennes, sont les principaux mammifères à l’origine d’une pression de prédation avérée sur des espèces d’oiseaux ou de reptiles (terrestres ou marins) endémiques menacées des Petites Antilles, avec les chats harets. Une bonne connaissance de leur mode d’utilisation de l’espace est essentielle dans l’objectif de pouvoir disposer de protocole efficace de leur limitation afin de sauvegarder/restaurer les populations menacées d’extinction de leurs proies. Le projet nécessite la capture d’individus « in natura », pour lesquels i) un nombre maximum d’individus a été défini, ii) des conditions optimales de captivité temporaire dans le piège ont été prévues (durée, abri, protection, apport alimentaire), iii) une manipulation rapide par contention chimique (anesthésie gazeuse à l’isoflurane, temps moyen estimé max. de 10-15 mn), iv) analgésie et prévention de risques d’infection pour le marquage sous-cutané, et v) le relâché sans prélèvement. Toutes les classes d’âge, que nous supposons être majoritairement constituées de sub-adultes et d’adultes (hors période de reproduction), seront utilisées lors de la capture-marquage-recapture. Une appréciation réaliste de la densité doit prendre en compte la variabilité liée à la structure d’âge de la population. Sur un autre plan, seules des femelles adultes seront équipées de balises GPS sous anesthésie gazeuse. L’objectif du projet est de disposer d’un protocole efficace de diminution des effectifs des populations de trois espèces de mammifères exotiques envahissants dans le but de mesurer l’augmentation consécutive de ceux de leurs proies, constituées d’espèces de petits vertébrés endémiques menacés d’extinction. Or, la limitation durable d’une population exige la mise en place d’un dispositif de piégeage permettant de capturer la quasi-totalité des femelles en âge de se reproduire.