
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-045036)
210 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont gavées avec la bactérie Clostridioides difficile, qui provoque une colite sévère et une perte de poids, puis reçoivent une souche bactérienne testée comme traitement, avec une mise à mort dès 20 % de perte de poids. Le porteur indique que les souris seront tuées faute de pouvoir être réutilisées, replacées ou adoptées après l’infection. Il présente cette bactérie comme une alternative possible à la transplantation de microbiote fécal, après des résultats obtenus in vitro.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Clostridioides difficile, anciennement dénommée Clostridium difficile (C. difficile), est une bactérie anaérobie stricte. Elle est retrouvée dans l’environnement ainsi que dans l’intestin de l’Homme et de l’animal. Les études épidémiologiques montrent une colonisation asymptomatique fréquente des nourrissons et des enfants de moins de deux ans avec des taux compris entre 20 à 70%. Chez l’adulte en population générale, son portage asymptomatique est estimé aux alentours de 3% mais s’élèverait à 10-25% en milieu hospitalier. C. difficile revêt un intérêt majeur en santé publique puisqu’elle est responsable de 10 à 25% des diarrhées post-antibiotiques, de 10% des diarrhées nosocomiales et de plus de 95% des colites pseudo-membraneuses. En France, la Haute Autorité de santé estime l’incidence des infections à C. difficile (ICD) dans les établissements de santé entre 0,5 et 3 cas pour 10 000 patients-jours. Certaines ICD sont réfractaires aux traitements et dans 18% des cas, les patients guéris vont faire une ICD récidivante. La transplantation du microbiote fécal (TMF) est une stratégie extrêmement efficace pour traiter les ICD. Les méta-analyses montrent une efficacité dans 84-91% des cas. Nous savons que le microbiote intestinal héberge une quantité et une diversité de microorganismes dépassant de loin le nombre total de cellules composant notre propre corps. Ainsi la transplantation d’un écosystème aussi complexe peut entrainer des effets secondaires indésirables. Les travaux les plus avancés concernent notamment l’obésité et montrent très clairement, chez la souris mince, que la transplantation d’un microbiote intestinal provenant de souris ou d’êtres humains obèses se traduit pas une prise de poids anormalement élevée. Par ailleurs, il a été rapporté dans la littérature des cas de patients devenus obèses suite à une TMF dans le cadre du traitement d’ICD. On touche ici à la « limite » de la TMF car il nous est impossible de contrôler ce qui est administré et donc d’en évaluer les risques sur le long terme pour la personne greffée. Nous nous proposons de tester l’efficacité d’une bactérie dans le traitement d’ICD. Cette souche appartient au phylum des Bacteroidetes, un des phyla majoritaires du microbiote intestinal humain. Cette souche n’a jamais été rapportée comme pouvant exercer un quelconque effet néfaste et pourrait faire un bon candidat dans le traitement des ICD. Par ailleurs,des études in vitro menées au laboratoire ont montré son efficacité.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
D’une façon globale ce projet permettra, nous l’espérons, de valider une souche bactérienne comme étant bénéfique dans le traitement de l’ICD. A long terme, cela pourrait permettre de remplacer la transplantation de microbiote fécal par une pratique tout aussi efficace mais plus sûre du point de vue microbiologique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront tous gavés avec C. difficile (1 seul gavage), ce qui représente un maximum de 250 souris. Ils recevront ensuite soit du PBS (un maximum de 80 souris), soit la souche au potentiel effet bénéfique (1 gavage quotidien) soit un maximum de 80 souris recevant la souche sauvage et un maximum de 40 souris recevant la souche déficiante pour le gène suspecté d’être efficace. Le gavage se fera sur animal vigile par du personnel expérimenté, habitué à cet acte qui hormis la contention n’induit aucune douleur à l’animal et ne dure que quelques secondes. En ce qui concerne la durée des gavages par notre souche d’intérêt, pour les expérience de traitement curatif, les animaux recevront un gavage quotidien après administration de la souche de C. difficile ce qui représente 10 jours de gavages. Pour les expérience de traitement préventif, les animaux recevront un gavage quotidien de la bactérie d’intérêt immédiatement après arrêt de l’antibiothérapie, ce qui représente 13 jours de gavages.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux recevront un traitement antibiotiques qui n’a jamais été rapporté dans la littérature comme induisant un stress/douleur… Les antibiotiques seront administrés par l’eau de boisson (pendant 3 jours), sauf un qui le sera par injection intrapéritonéale (injection unique) qui n’induit que la douleur liée à la piqure. Tous les animaux subiront des gavages. C’est une manipulation qui hormis la contention n’induit aucune douleur à l’animal et ne dure que quelques secondes. Notre souche d’intérêt dont nous voulons tester l’effet bénéfique, est une souche présente naturellement dans un microbiote sain et ne devrait pas induire de nuisance chez l’animal. En revanche, l’infection par C. difficile se traduit par une colite sévère ainsi qu’une perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de la procédure, les animaux seront mis à mort. Ils ne peuvent pas être réutilisés, ni replacés ni adoptés car ils auront été infectés par C. difficile.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre approche expérimentale inclut une première analyse in vitro sur des lignées épithéliales intestinales immortalisées. Nous avons montré l’effet bénéfique de notre souche que nous voulons tester in vivo. Notre souche diminue significativement la réponse inflammatoire suite à une infection par C. diffcicile. Ayant montré son efficacité in vitro, nous souhaitons valider ces résultat dans un modèle murin d’ICD, modèle qui permet notamment d’englober la complexité de la réponse immunitaire.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous n’avons jamais utilisé ce modèle infectieux et afin de réduire le nombre total de souris utilisées, nous allons dans un premier temps faire une expérience pilote. 10 souris maximum seront infectées uniquement avec C. difficile de manière à nous assurer que dans nos mains, le modèle fonctionne bien. De plus cette approche permettra de valider le système de score que nous souhaitons employer pour définir les points limites. Dans notre étude nous souhaitons vérifier qu’une bactérie d’intérêt limite les effets dus à l’infection par C. difficile. Nous nous placerons tout d’abord dans les meilleures conditions : traitement curatif (c’est-à-dire une préexposition à cette souche avant l’infection par C. difficile) et faible dose de C. Difficile administrée. Si aucun effet bénéfique n’est observé, nous arrêterons l’expérience. Un modèle curatif (administration de la souche d’intérêt après l’infection par C. difficile) ne sera mis en place que si un effet bénéfique est déjà observé en modèle préventif. Nous avons prévu également de tester 2 doses infectieuses de C. difficile. Nous ne testerons la dose élevée que si nous observons un effet bénéfique de notre traitement.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront stabulés dans uun salle climatisée (22 ± 2°C) avec un cycle 12/12h (jour/nuit, 7h00 à 19h00) et un taux d’humidité maintenu à 55%. Les animaux auront libre accès à la boisson et à la nourriture. Le milieu sera enrichit à l’aide de maisons en carton. Un suivi quotidien des animaux sera effectué de manière à repérer toute détresse animale (journalier puis 3 fois/jour après l’infection). Le poids des souris sera également suivi avec attention (pesées effectuées tous les jours dès l’infection par C. difficile) car c’est un très bon marqueur de l’inflammation intestinale et de la sévérité d’une diarrhée. Une perte de plus de 20% du poids avant induction de la colite constituera un critère d’arrêt et l’animal en question sera mis à mort. Les expériences seront réalisées en toute sécurité, notre animalerie permettant la manipulation de pathogènes de classe 2, comme C. difficile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris sont communément utilisées pour mimer les ICD. En effet, C. difficile induit une colite comparble chez la souris a celle induite chez l’Homme suite à une infection post-antibiothérapie. Les souris seront âgées de 9 semaines car c’était l’âge des animaux utilisés dans la publication qui fait référence dans le cadre des ICD en modèle murin, ainsi que dans la majorité de la littérature scientifique du domaine.