
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-064979)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les glucocorticoïdes (GC) et leurs analogues de synthèse font partie des médicaments les plus prescrits en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires et immunosuppressives. Cependant, à fortes doses, ils sont responsables d’une prise de poids associée à des troubles du métabolisme ainsi que d’une altération des fonctions digestives et de l’homéostasie glucido-lipidique, pouvant entraîner un diabète. Les traitements par GC sont en général initiés lors des crises inflammatoires puis arrêtés suite à la résolution de la crise et remis en place lors d’une nouvelle crise, engendrant des cycles de traitement. Tandis que les conséquences métaboliques du traitement chronique aux GC ont été bien documentées, les conséquences métaboliques des traitements intermittent par cycles ont été peu ou pas étudiées sur des modèles précliniques. Notre projet a donc pour objectifs de caractériser les conséquences sur le métabolisme et les organes impliqués d’un traitement intermittent aux GC.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le diabète de type 2 (DT2) est caractérisé par une résistance à l’insuline associée à une carence relative en insuline. En France, on dénombre 4,3 millions de personnes diabétiques. La prévalence augmente depuis des années et est passée de 5,6 pour cent en 2015 à 6,07 pour cent en 2021 (source Santé Publique France et Fédération Française des diabétiques). Si les tendances restent identiques, 520 000 personnes deviendront diabétiques d’ici 2027 en France. 90 pour cent des diabétiques sont atteints du diabète de type 2, maladie touchant préférentiellement les adultes et associée à l’obésité. Des traitements contre cette maladie existent avec notamment des antidiabétiques oraux pour le diabète de type 2. Il est bien connu qu’un des facteurs de risque du DT2 est le traitement chronique par les médicaments appelés glucocorticoïdes (GC). Les traitements par GC sont en général initiés lors des crises inflammatoires puis arrêtés suite à la résolution de la crise et remis en place lors d’une nouvelle crise, engendrant des cycles de traitement. Tandis que les conséquences métaboliques du traitement chronique aux GC ont été bien documentées, les conséquences métaboliques des traitements intermittent par cycles ont été peu ou pas étudiées. Notre projet permettra donc de documenter précisément les risques de développer un DT2 suite aux traitements par cycles aux GC et a donc pour objectifs de caractériser les conséquences sur le métabolisme et les organes impliqués d’un traitement intermittent aux GC et ainsi définir d’éventuelles pistes thérapeutiques pour mieux prendre en charge les patients atteints d’un DT déclenché par des traitements par cycle aux GC.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à un traitement via l’eau de boisson durant 2 à 12 semaines selon les groupes concernés. Nous réaliserons des prélèvements sanguins de faible volume effectués une fois par semaine pendant toute la durée du traitement pour contrôler la glycémie. Ces prélèvements sont effectués sur animal vigile et durent moins d’une minute par animal soit 3 à 13 prélèvements selon la durée de traitement. A la fin des traitements, les souris seront soumises à l’un des deux tests pour évaluer soit la tolérance au glucose ou celle à l’insuline. Pour cela, après une mise à jeun courte (5h), les souris seront soumises à une administration (injection au niveau de l’abdomen ou administration orale) avec une solution et 5 à 7 prélèvements sanguins de faible volume (quelques microlitres) sur une période de 2h seront réalisés pour mesurer l’évolution de la glycémie au cours du temps (2h pour chaque test effectué, 1 test par souris). Le jour de l’euthanasie, les animaux seront soumis à une injection unique au niveau de l’abdomen 7 minutes avant l’euthanasie. L’injection sera effectuée sur animal vigile à raison de quelques secondes par animal. L’ensemble des animaux seront ensuite euthanasiés par une méthode réglementaire afin de réaliser les différents prélèvements nécessaires pour les analyses.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration de corticostérone ou de la solution contrôle via l’eau de boisson pourrait induire un stress de courte durée lors de sa mise en place en raison de la peur de la nouveauté des souris (néophobie). Plusieurs semaines de traitement à la corticostérone, pourrait induire une augmentation de la concentration de sucre dans le sang pouvant impacter le bien-être des animaux avec notamment une augmentation de l’émission d’urine, de la prise de boisson et éventuellement une perte de poids. De même, le suivi glycémique longitudinal des animaux pourra induire un stress et une douleur de courte durée. Les tests métaboliques, qui comprennent une injection ou une administration orale puis plusieurs prélèvements sanguins de faible volume afin de suivre la glycémie, peuvent être source de stress et d’inconfort pour l’animal. Ils peuvent également induire un stress et une légère sensation de faim pour les animaux en raison de période courte de mise à jeun.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Notre étude nécessite le prélèvement d’organes afin de caractériser l’effet des traitements chroniques ou intermittents sur la fonction des organes qui régulent le métabolisme énergétique. Nous ne possédons pas de moyens techniques pour étudier ces fonctions par imagerie ou autre technique non invasive à ce jour. De plus, notre étude vise à définir le répertoire d’expression de gènes dans ces organes, technique qui nécessite le prélèvement de ces organes. Ainsi, l’euthanasie des animaux est strictement nécessaire afin de répondre aux enjeux scientifiques du projet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le métabolisme glucido-lipidique implique différents organes permettant l’absorption des nutriments (par l’intestin grêle), l’utilisation et le stockage des glucides et lipides (dans les muscles squelettiques, le foie et les tissus adipeux) et le contrôle hormonal de ces processus (par le pancréas endocrine). Leur activité coordonnée permet donc la régulation fine de ce métabolisme et la perturbation de cette activité par les traitements aux glucocorticoïdes va impacter le fonctionnement de chacun de ces organes mais également les interactions entre ces organes. Un organisme vivant est donc nécessaire pour définir la contribution spécifique des organes. Il n’est pas possible de recréer en culture de cellules la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires et moléculaires rentrant en jeu.
2. Réduction
Un total de 336 souris sera nécessaire pour la mise en œuvre de ce projet. Après traitement des souris, nous analyserons sur chaque souris le métabolisme glucidique par des tests dynamiques (tests de tolérance au glucose, test de sensibilité à l’insuline) ainsi que les différents organes impliqués dans l’homéostasie glucidique en prélevant ces organes après euthanasie des souris. Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe tout en nous assurant que nous obtiendrons des résultats statistiquement fiables. En effet, en raison des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude. Nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyse à effectuer.
3. Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, les procédures ont été mises au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress (formation, soins, etc.). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification ou de maison de type igloo. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (point limite) et des soins adaptés. L’administration via l’eau de boisson de glucocorticoïdes (ou du diluant seul) sera surveillée et les biberons changés 3 fois par semaine afin de garantir une bonne qualité de l’eau de boisson. Toutefois, afin de limiter les effets indésirables, les animaux seront suivis quotidiennement par du personnel formé et compétent afin de détecter toute anomalie. Un suivi du poids et de la glycémie sera mis en œuvre tout au long du projet. Des points limites ont été établis sur la base de précédentes études sur ce type de modèles expérimentaux. Les mesures appropriées seront mises en œuvre selon les observations réalisées (soins, etc.) et la structure en charge du bien-être animal ainsi que le vétérinaire pourront être sollicités, le cas échéant.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Justification de l’espèce : Nous avons montré qu’il existait des conséquences métaboliques importantes lors d’un traitement chronique aux glucocorticoïdes (GR). Nous souhaitons maintenant étudier les conséquences métaboliques d’un traitement intermittent. Afin de pouvoir comparer le traitement intermittent au traitement chronique, nous souhaitons réaliser cette étude chez des souris de même origine et de même fond génétique. Stades de développement Les études se feront avec des animaux adultes (entre 8 et 20 semaines d’âge).. En effet, l’équipe de recherche s’intéresse aux adaptations métaboliques et pancréatiques en réponse à un traitement chronique aux glucocorticoïdes, ce qui nécessite de réaliser les expériences dont le métabolisme glucido-lipidique est fixe, c’est-à-dire chez des souris adultes, post-sevrage et post-puberté.