
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-125202)
Irradiées près de cinq minutes, greffées de cellules tumorales ou de cellules souches porteuses d’un oncogène, 452 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance majoritairement sévère, 294 d’entre elles classées à ce niveau. Des femelles gestantes reçoivent un anti-inflammatoire par gavage pendant quatre jours de leur gestation, et les souris porteuses de l’oncogène développent des lymphomes qui les tuent entre deux mois et un an. Toutes sont tuées pour des analyses post-mortem. Le porteur décrit une surveillance de deux observations par semaine, « voire quotidiennement », pour des animaux chez lesquels il annonce lui-même l’apparition de lymphomes et d’anémies.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le gène TP53 est le gène le plus muté dans les cancers humains. Ce gène code pour le facteur de transcription p53 , considéré comme le « gardien du génome ». L’utilisation de modèles de souris génétiquement modifiées a permis de montrer que la réactivation de p53 dans les cellules cancéreuses permettrait de guérir du cancer. Cependant ces modèles de souris génétiquement modifiées ont également permis de prendre conscience des risques d’activer la protéine p53 dans les tissus sains. Comprendre les mécanismes de régulation de la protéine p53 est donc d’un intérêt majeur notamment pour pouvoir évaluer avec précision les bénéfices et les risques d’une stratégie thérapeutique antitumorale visant l’activation ou la réactivation de p53. Ce projet repose sur l’analyse de trois lignées de souris génétiquement modifiées qui ont déjà fait l’objet d’une autorisation d’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Il comporte trois parties distinctes. La première vise à caractériser le rôle potentiel d’Ackr4, gène cible de p53, dans le développement de lymphomes. La seconde vise à caractériser les effets d’une mutation particulière du gène TP53 fréquemment retrouvées dans les cancers. La troisième vise à analyser in vivo la fonction régulatrice d’une séquence non codante du gène TP53. L’objectif général de ce projet est de mieux comprendre les mécanismes de régulation de p53 dans des conditions physiologiques normales, au cours du développement de l’animal et lors de l’apparition de tumeurs , notamment des lymphomes. Les études réalisées sur ces modèles murins pourraient permettre à terme de définir de nouvelles cibles thérapeutiques dans le traitement du cancer ou servir de modèles dans le cadre d’essais pour le traitement des cancers.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif général est de mieux comprendre les fonctions et régulations de la voie p53. Parce que cette voie joue un rôle majeur dans la suppression tumorale, les données du projet de recherche sont susceptibles d’améliorer la compréhension de la biologie du cancer et de suggérer des thérapies anti-tumorales.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans une première procédure, la progression tumorale sera évaluée après injection de cellules tumorales par voie sous-cutanée aux animaux vigiles (1 fois au cours de l’expérience-durée du geste inférieur à 10 secondes). Dans une deuxième procédure, des cellules souches hématopoïétiques qui expriment un oncogène seront injectées par voie intra-veineuse (durée du geste inférieur à 10 secondes) à des animaux vigiles ayant été préalablement irradiés à une dose sublétale (durée de l’irradiation maximum 282 secondes). Dans une troisième procédure, des souris gestantes recevront par gavage un anti-inflammatoire ou une solution saline durant 4 jours de leur gestation. Dans une quatrième procédure visant à évaluer l’impact des dommages de l’ADN, des souris vigiles seront irradiées (durée de l’irradiation 282 secondes) puis mises à mort avant apparition de phénotypes dommageables (1 irradiation par souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une partie des animaux subiront des gestes de procédure désagréables, comme une injection sous-cutanée ou un gavage. L’injection sous-cutanée est un acte maitrisé par notre équipe et un apprentissage du gavage sera effectué afin de limiter les désagréments à l’animal. Les nuisances attendues lors de l’administration des produits seront celles liées au geste d’administration et pas d’effet délétère attendu par le produit lui-même Les animaux greffés avec des cellules tumorales par voie sous-cutanée développeront des tumeurs qui seront mesurées régulièrement. Les souris irradiées peuvent développer une anémie, qui sera compensée par la greffe de cellules souches hématopoïétiques exprimant l’oncogène c-Myc, et les animaux transgéniques exprimant l’oncogène c-Myc développeront des lymphomes. Ces animaux seront suivis régulièrement et mis à mort dès atteinte d’un point-limite tel que décrit dans la grille de score.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés dans chaque procédure sont mis à mort pour des analyses post-mortem
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de limiter au maximum nos études sur l’animal, nos études pour le gène p53, sont toujours précédées par une première analyse rapide dans des lignées de fibroblastes embryonnaires de souris des conséquences de l’expression d’une mutation ciblée au locus p53 grâce à l’utilisation d’une nouvelle stratégie de ciblage que nous avons conçue. Ce système a démontré son utilité pour sélectionner les mutations de p53 les plus prometteuses qui méritent d’être analysées chez la souris. De plus, une partie non négligeable des analyses est réalisée au préalable sur des cellules en culture dérivées de nos lignées de souris. Ces études permettent de déterminer les conséquences phénotypiques probables de la mutation chez l’animal et de définir la meilleure stratégie d’expérimentation possible.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1/ a/Les stratégies d’accouplement sont optimisées afin d’obtenir le maximum de souris de génotype adéquat et ainsi réduire l’élevage. b/ Pour chaque souris euthanasiée, un maximum d’organes est prélevé et les tissus sont congelés et/ ou fixés pour analyses ARN, protéines et histologiques. c/ Dans les différentes procédures, le nombre d’animaux est suffisant pour mesurer des différences significatives. d/ la procédure de suivi du développement de lymphomes induits par l’expression de l’oncogène c-myc nécessite une quinzaine d’animaux de chaque sexe et génotype. Il a été montré précédemment et confirmé que les différences de vitesse de développement des lymphomes corrèlent bien avec des différences dans le nombre de lymphocytes B immatures dans la rate au moment du sevrage. Une expérience pilote sera réalisée sur 5/6 animaux de chaque sexe et chaque génotype pour quantifier le nombre de lymphocytes B immatures dans la rate au stade du sevrage. Si aucune différence n’est observée alors la procédure de suivi du développement des lymphomes ne sera pas réalisée. Ceci permettra d’éviter d’utiliser une dizaine de souris de chaque sexe et de chaque génotype.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’éviter toute souffrance et/ou détresse, une grille d’évaluation de l’état de l’animal sera appliquée pour définir le point limite à partir duquel l’animal sera mis à mort. Les animaux seront observés 2 fois par semaine voire quotidiennement pour éviter tout souffrance inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Grâce à sa parenté biologique avec l’Humain (génome murin/humain, physiologie) et à la possibilité de modifier son génome, la souris est un modèle incontournable pour la compréhension des mécanismes qui contribuent au développement des cancers. L’injection de cellules cancéreuses ou de cellules souches hématopoïétiques qui expriment un oncogène sera réalisée sur des animaux de 8 semaines avec un suivi de 2 à 6 mois Des femelles gestantes de 8 à 15 semaines seront utilisées, et les petits seront génotypés au sevrage, à 3 semaines. L’analyse in vivo de la capacité de p53 d’induire l’apoptose de thymocytes en réponse à des dommages de l’ADN causés par une irradiation sera réalisée sur des animaux âgés de 6 semaines au plus tard car, passé ce délai, l’involution spontanée du thymus interfère avec la reproductibilité des résultats. L’expression de l’oncogène Myc dans les cellules lymphoïdes entraine le développement de lymphomes qui entrainent la mort de la souris entre deux mois et un an. Le suivi sera donc réalisé sur des souris adultes jusqu’à l’âge de 1 an.