
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-10-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-149902)
Un fragment de queue de moins de cinq millimètres est coupé aux ciseaux au moment du sevrage, et les phalanges sont tatouées pour identifier chaque animal. 5 200 souris vont être utilisées dans cet élevage de douze lignées génétiquement modifiées, dans des procédures classées au niveau de souffrance le plus faible. Le porteur décrit pourtant une rigidification progressive de la peau à partir de quarante semaines, avec perte de mobilité et démangeaisons, et, chez les lignées dépourvues de certaines cellules immunitaires, des infections pouvant évoluer vers une dégradation brutale de l’état général et une atteinte sévère de l’organe touché. Les souris de mauvais génotype sont tuées immédiatement, les reproductrices deux mois après leur dernière portée, les autres à vingt ou trente semaines selon le sexe, et celles qui conviennent partent vers d’autres protocoles expérimentaux.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet explore le rôle des cellules du système immunitaire dans la régulation de l’inflammation de la peau en condition normale et au cours des maladies inflammatoires cutanées. Ces maladies, dont les causes sont mal connues, sont caractérisées par l’apparition d’une inflammation et d’une modification de la structure de l’organe. Ceci affecte la peau notamment, mais aussi possiblement d’autres organes comme les poumons, le cœur et les reins. Une dérégulation du système immunitaire est aussi souvent associée à cette maladie. Dans ce contexte, nous souhaitons utiliser des lignées de souris comme modèle d’étude de l’inflammation cutanée et les combiner avec des lignées de souris dépourvues de certains types de cellules immunitaires ou au contraire nous permettant de suivre ces cellules dans les souris. L’objectif de ce projet est donc la description des élevages de ces différentes lignées de souris génétiquement modifiées, des méthodes d’identification (tatouage aux phalanges) et de détermination des gènes modifiés par technique invasive (biopsie de queue) en deux temps nécessaires à la préservation de l’intégrité des oreilles (organe d’intérêt pour nos expériences), ainsi que des méthodes de raffinement mises en place. Les animaux produits dans ce projet seront utilisés dans d’autres projets de recherche fondamentaux mais aussi à visée thérapeutique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet va permettre l’élevage des lignées de souris nécessaires pour étudier le rôle des cellules du système immunitaire dans la régulation de l’inflammation de la peau et comment ces cellules, lorsque dérégulées, peuvent participer à l’apparition de modification de la structure de la peau. Au-delà des aspects de recherche fondamentale, l’utilisation de ces lignées de souris pourraient nous permettre d’ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour aider les patients souffrant de ce type maladie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet consiste en l’élevage de 12 lignées de souris génétiquement modifiées utilisées comme modèles d’étude de maladies inflammatoires de la peau et/ou dépourvues de certains types de cellules du système immunitaires. Un fragment de tissu sera prélevé au niveau de la queue (moins de 5mm) au moment du sevrage (à 3-4 semaine, âge de séparation d’avec la mère) à l’aide de ciseaux préalablement désinfectés (durée du geste: 10 secondes) pour déterminer les gènes modifiés dans chaque souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La coupure d’un bout de la queue nécessite de tenir les souris, source de stress, et peut conduire à un léger saignement. Le développement progressif des modifications de la structure de la peau peut entrainer un inconfort pour les souris et une perte de mobilité (phénomène observé 40 semaines après la naissance) dû à la rigidification progressive de la peau ; ainsi qu’une réaction inflammatoire locale source de démangeaison. L’absence de certains types de cellules du système immunitaire peut peut augmenter la vulnérabilité aux infections par des microbes, qui restent cependant très rare en condition d’élevage dans les laboratoires, puisque l’atmosphère est contrôlée pour éviter l’entrée des microbes. Dans certains cas les signes cliniques restent modérés, mais l’infection peut évoluer rapidement vers une dégradation brutale de l’état général, un amaigrissement et une réduction musculaire marquée, et une atteinte sévère de l’organe atteint puisque les souris ne sont pas capables de se débarrasser de l’infection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris produites au cours de ce projet seront soit incluses dans d’autres protocoles expérimentaux, soit utilisées ou stockées pour générer de nouveaux accouplements. Les souris ne présentant pas les bonnes modifications de gènes seront immédiatement euthanasiées. Les souris utilisées pour des accouplements seront euthanasiées lorsqu’elles n’auront plus donné de portées depuis 2 mois. Les souris stockées pour de futurs accouplements seront euthanasiées lorsqu’elles seront âgées de plus de 20 semaines pour les femelles et de plus de 30 semaines pour les mâles (souris trop âgées pour être utilisées en accouplement).
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’étude à l’échelle du tissu et de l’organisme est indispensable pour découvrir les mécanismes moléculaires et cellulaires qui régulent l’inflammation de la peau au cours des maladies inflammatoires de la peau. Cette approche globale et intégrative nécessite l’utilisation de modèles animaux qui ne peuvent être totalement remplacés par des approches in vitro. Cependant, dans les études que nous menons, des techniques alternatives (cocultures cellulaires, organes-sur-puce) sont largement employées et remplaceront l’utilisation d’un modèle animal dans la mesure et autant que possible. Ces techniques in vitro permettent de reconstituer dans des boites de culture au laboratoire des organes ou partie(s) d’organes en utilisant différents types de cellules afin d’étudier certains mécanismes sans utiliser d’animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous adapterons l’élevage au besoin des projets de recherche de l’équipe. Nous connaissons bien l’ensemble de ces lignées de souris en termes de nombre et taille des portées, ce qui permet de gérer les élevages de façon raisonnée. Une attention particulière sera portée à génotyper et sélectionner les animaux de génotypes d’intérêt dès le sexage pour former les groupes expérimentaux dès le sevrage.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés en groupes pour respecter leur comportement naturel. Ils seront hébergés en portoirs ventilés réglés avec une surpression (nourriture irradiée conditionnée en double emballage) et leur manipulation se fera systématiquement sous une hotte afin d’éviter leur contamination par des microbes. Les souris seront surveillées quotidiennement (par les animaliers) et une fois par semaine par les expérimentateurs afin de détecter des signes de souffrance liés à l’apparition progressive des modifications de la structure de la peau et/ou d’une infection en tenant compte de leur apparence et de leur comportement (activité/mobilité spontanée des souris sans manipulation/attitude prostrée). En cas de suspicion de dégradation de l’état de la souris, une stimulation de la souris (main dans la cage pour entrainer le déplacement de la souris) sera faite afin de vérifier sa mobilité, et d’identifier des réactions de défense/agressivité, signes de douleur). Les contrôles cliniques seront alors rapprochés (tous les 2 jours) et en cas de dégradation de l’état général, la souris sera immédiatement euthanasiée. Des contrôles sanitaires (3 à 4 fois par an) permettront de s’assurer du maintien de la barrière et de l’absence d’agents pathogènes dans leur pièce d’hébergement. Concernant la méthode pour déterminer les gènes modifiés dans les souris et qui nécessite de couper un petit bout de la queue des souris, nous surveillerons dans les minutes qui suivent le prélèvement l’absence de saignement. Dans le cas contraire, une compression sera réalisée afin de favoriser la coagulation sanguine.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle souris a été choisi pour réaliser les expériences de ce projet. Les modèles murins de maladies inflammatoires de la peau sont largement décrits dans la littérature scientifique. Ils sont robustes et reproductibles et représentent d’excellents modèles des pathologies humaines. De plus, la bonne connaissance des modèles murins, notamment d’un point de vue génétique, permet le développement d’outils (souris génétiquement modifiées) permettant l’étude du rôle des cellules du système immunitaire in vivo, en prenant en compte le microenvironnement tissulaire. Enfin, nous avons une bonne connaissance du comportement de la souris et la possibilité de les prendre en charge facilement. Les souris seront mises en accouplement entre 6 et 8 semaines d’âge (maturité sexuelle), sans dépasser 20 semaines pour les femelles et 30 semaines pour les mâles au début du croisement.