
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-177915)
2 709 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 645 d’entre elles et sévère pour 2 064. Elles subissent une chirurgie d’injection d’un virus dans le cerveau, une chirurgie d’implantation puis une imagerie tête immobilisée, après une déplétion en dopamine reproduisant la maladie de Parkinson et un traitement à la L-DOPA. Le porteur décrit peu les procédures elles-mêmes et n’en précise pas la durée pour chaque animal. Il affirme qu' »aucun modèle in vitro ne peut reproduire » la connectivité cérébrale étudiée, ce qui justifie selon lui le recours à la souris.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nos actions quotidiennes nécessitent la sélection de comportements moteurs adaptés tout en supprimant les comportements indésirables. Cette fonction, que l’on appelle la régulation des actions motrices, est essentielle à l’interaction et à la survie dans un environnement en constante évolution, comme l’illustrent peut-être le mieux les conditions neurologiques dans lesquelles cette capacité est perturbée. Par exemple, dans la maladie de Parkinson (MP), la perte de la dopamine, un neurotransmetteur, est associée à des déficiences motrices dévastatrices qui commencent d’abord par une bradykinésie/hypokinésie (c’est-à-dire le ralentissement/l’incapacité d’initier une action volontaire), mais qui peuvent rapidement passer à un comportement extrême et opposé sous traitement à la lévodopa, comme les mouvements involontaires amormaux (MIAs), également connus sous le nom de dyskinésie induites par la lévodopa (DIL). Notre projet vise à mettre en lumière les bases neuronales qui sous-tendent le déclenchement normal de l’action motrice et la façon dont ces mécanismes sont perturbés dans des conditions pathologiques qui entraînent soit une incapacité à exécuter un plan moteur désiré (comme dans l’état akinétique de la maladie de Parkinson : MP), soit, au contraire, l’incapacité à s’abstenir de mouvements indésirables (comme dans les DIL). Nous avons montré récemment que le globus pallidus (GPe) est composé de deux populations neuronales, nommées neurones prototypiques (PROTO) ou arkypallidaux (ARKY) qui ont des fonctions distinctes dans le contrôle du mouvement. L’hypothèse principale de notre projet est que les neurones ARKY représentent un substrat cellulaire clé dans le réseau des ganglions de la base pour contrôler l’exécution du mouvement volontaire. En outre, nous proposons également que la dérégulation de la fonction des neurones ARKY pourrait contribuer aux déficits moteurs présents dans l’état akinétique (MP) ou dyskinétique (DIL) de la maladie de Parkinson. Toutes les expériences seront réalisées sur des souris contrôles (Sham), des souris déplétées en dopamine (MP) et des souris déplétées en dopamine avec un traitement à la L-DOPA (DIL).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour l’amélioration des traitements, ou le développement de nouveaux traitements pour réduire les symptômes moteurs des patients atteints de la maladie de Parkinson et des effets secondaires « dyskinésies » qui surviennent suite à la prise de traitements dopaminergiques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure chirurgicale pour injection de virus : entre 20 et 40 min, – procédure chirurgicale avec implantation : entre 1 et 2H, imagerie avec tête restreinte
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’effet indésirable attendu sur les animaux est inhérent à l’induction de la maladie de Parkinson qui induit un déficit moteur (réduction d’activité locomotrice et comportement rotatoire). Les procédures postopératoires et l’analgésie se feront sans douleur. Le stress sera limité avec une habituation progressive à l’expérimentateur. Toutes les procédures ont été régulièrement utilisées en laboratoire. Les expérimentateurs auront une solide expérience dans l’exécution des procédures. Les effets indésirables attendus sur les animaux comprennent: 1/ un risque de douleur durant la chirurgie et douleur aiguë lié à la récupération post- chirurgie implantatoire, ce risque est compensé par l’analgésie. 2/ un risque d’infection lié aux chirurgies et aux implants 3/ un risque de stress à court terme induit par notre paradigme expérimental de tête restreinte.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue de chaque procédure
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but du projet est connaitre la fonction d’une sous-population neuronale du globus pallidus externe (GPe) et le reste du réseau des ganglions de la base dans le contrôle de la motricité volontaire. La méthode la plus appropriée pour atteindre cet objectif consiste à combiner des approches d’injections stéréotaxiques, afin de rapporter des protéines capables d’être activer ou d’inhiber l’activité neuronale avec des d’enregistrements électrophysiologiques ou optique ex vivo sur tranches de cerveau, ou in vivo chez l’animal se comportant et nécessite donc le recours à l’animal. Aucun modèle « in vitro » ne peut reproduire la connectivité complexe entre le GPe et le reste du réseau des ganglions de la base.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation des mâles et des femelles nous permettra de porter une attention particulière au R de réduire dans la règle des 3R. En effet, tous les animaux transgéniques produits seront utilisés et ainsi moins d’animaux seront sacrifiés inutilement. La force de notre hypothèse, les expériences pilotes précédentes ainsi que la qualité de nos procédures basées sur des années d’expérience, nous permettront de réduire significativement le nombre d’animaux utilisés. Le nombre d’animaux a été calculé par l’estimation de la variance observée avec ce type de donnée permettant d’atteindre une signification statistique. Nous utiliserons des tests statistiques appariés (t-test apparié pour des données paramétriques ou le test de Wilcoxon pour des données non parametrique).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utilisons plusieurs procédures de raffinement, à savoir: 1/ choisir le modèle rongeur de maladie de Parkinson et de dyskinésies le mieux adapté pour reproduire les symptômes moteurs observés chez les patients Parkinsonsiens 2/ l’utilisation d’animaux hébergés dans la même strucutre ce qui ne nécessite aucun transport et donc limite le stress des animaux 3/ une manipulation des animaux par l’expérimentateur afin là aussi de limiter le stress 4/ l’établissement de points limites 5/ La mise en place de soins adéquats si nécessaire pendant et après l’opération et l’utilisation de l’anesthésie/analgésie leur de chaque protocole invasifs. A chaque étape du projet, le bien-être de nos animaux sera au coeur de nos préoccupations. Nos animaux naitront dans notre animalerie de haut statut sanitaire, hébergés en cages collectives sur racks ventiles, garnies de litières leur permettant de reproduire un comportement naturel de fouissage et d’un enrichissement constitué d’un nid végétal et de tubes de cartons, pour leur permettre de construire des nids, de jouer, ronger. Leur soin est confié à des personnels qualifiés et experts. Ils surveillent quotidiennement l’ensemble des animaux et de façon plus poussée et spécifique pendant les phases de récupération qui suit les procédures chirurgicale. Nous utilisons des anesthésiques et analgésiques adaptes aux procédures de chirurgie. L’expérimenter a une forte expérience pour toutes les procédures proposes. Des points limites suffisamment précoces sont définis pour éviter des souffrances aux animaux avec la mise en place de mesures pour les soulager comme une réhydratation, le réchauffement, une nourriture adaptée
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est une espèce de choix pour les études sur le système nerveux central des vertébrés. L’organisation du système nerveux central de cette espèce est assez similaire à celle de l’homme, ce qui permet d’extrapoler les résultats obtenus dans cette espèce à l’espèce humaine pour mieux comprendre les mécanismes cellulaires au niveau comportemental. Les propriétés du systéme nerveux central de la souris présentent de nombreuses similitudes avec d’autres mammifères, dont l’homme. Ainsi, les enseignements tirés de l’étude des tissus de la souris sont largement transférables à l’homme. Les procédures expérimentales seront réalisées sur des animaux âgés de plus de 5 semaines, ce qui correspond à l’âge adulte chez cette espèce lorsque l’animal est en pleine capacité d’apprentissage. Leur poids et leur taille sont stabilisés, et la taille du cerveau est homogène garantissant ainsi une bonne reproductibilité des sites d’injection et/ou d’implantation.