
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-217011)
231 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent par gavage des substances de référence connues pour perturber la thyroïde, subissent des prélèvements sanguins répétés sans anesthésie puis une autopsie du foie, de la thyroïde et de l’hypophyse. Le porteur présente le projet comme relevant du remplacement et de la réduction, l’objectif affiché étant de valider des méthodes sans animaux (NAMs) par extrapolation des données in vitro. Il reconnaît que cette validation « nécessite » malgré tout des données obtenues chez le rat, un seul sexe étant testé pour limiter l’effectif.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Classiquement l’évaluation de la sécurité des produits chimiques implique le recours à des études animales pour ne soumettre à autorisation que des produits dont le profil toxicologique garantit l’absence d’effet néfaste sur la santé humaine. Or cette pratique de la toxicologie est remise en question par le développement de nouvelles approches méthodologiques (connues sous l’acronyme NAMs) qui, combinant des modélisations mathématiques par ordinateurs (études in silico) et des modèles cellulaires (tests in vitro), limiteront ainsi le plus possible voir totalement le recours aux modèles animaux (études in vivo). Ce développement est encouragé par les autorités de mise sur le marché européenne (EFSA) ou américaine (EPA). Dans ce contexte, l’objectif est de développer des modèles quantitatifs d’extrapolation des données in vitro aux données observées in vivo en se focalisant sur les baisses d’hormones thyroïdiennes induites par les interactions entre le foie et la thyroïde. En effet de nombreux produits chimiques y compris des substances ingérées au quotidien comme l’alcool, mais aussi médicamenteuses, sont métabolisées dans le foie et détoxifiées. L’induction d’enzymes de détoxification a comme effet collatéral une élimination plus rapide d’hormones thyroïdiennes, notamment chez le rat qui est connu pour être beaucoup plus réactif que l’homme. Cette connaissance est habituellement obtenue par des études de toxicologie sur l’animal. Mais aujourd’hui il est possible d’envisager d’étudier le potentiel d’activité d’un produit chimique pour cet Adverse Outcome Pathway (AOP) spécifique en utilisant des outils mathématiques et des données obtenues sur essais in vitro de foie et de thyroïde. C’est l’objectif de ce projet et plus spécifiquement de créer des modèles quantitatifs d’extrapolation des données obtenues in vitro aux effets observés in vivo. En accord avec le principe des 3Rs, ce projet a pour objectif de se passer à terme d’études chez l’animal quand un produit est identifié comme affectant la thyroïde in vitro.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bénéfice attendu est la création d’un modèle mathématique capable de prédire les changements d’hormones thyroïdiennes chez le rat à partir des résultats d’essais in vitro sans avoir la nécessité de conduire une étude sur l’animal. Elle s’inscrit donc à la fois dans les R=Réduction et R=Remplaçement de « la règle des 3 R » en recherche animale, inscrite dans la Directive 2010/63/UE. Ce projet contribue à la mise au point de méthodes dites alternatives ou nouvelles approches méthodologiques (NAMs) en lieu et place de méthodes utilisant des animaux vivants, en utilisant ici des méthodes de culture cellulaire (hépatocytes et thyrocytes) combinées à des méthodes informatiques (in silico) qui nous permettront de prédire l’effet sur les hormones thyroïdiennes en fonction de l’impact des produits sur les enzymes hépatiques mesurées in vitro et sans recourir à l’animal.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront exposés aux produits administrés oralement par gavage. Ils seront maintenus en hébergement collectif pendant 7 jours. Des prélèvements sanguins seront pratiqués de manière répétée sur des volumes très réduits (moins de 100 µl) sans anesthésie. Une autopsie sera pratiquée en fin d’étude conformément aux études de toxicologie pour de multiples analyses histopathologiques et moléculaires sur les tissus prélevés, notamment le foie, la thyroïde et l’hypophyse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets toxiques attendus seront modérés et connus car on utilisera dans ce projet 3 substances de référence, connus pour agir directement ou indirectement sur la thyroïde en induisant une diminution de la concentration circulante en hormones thyroïdiennes. De plus on sélectionnera des doses suffisamment basses (3 niveaux de doses études) dont la plus haute soit suffisamment tolérée pour que l’étude soit valide.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront mis à mort et autopsiés en fin d’étude conformément aux études de toxicologie pour la réalisation de multiples analyses histopathologiques et moléculaires sur les tissus prélevés, notamment le foie, la thyroïde et l’hypophyse.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet s’inscrit totalement dans le R de Remplaçement de « la règle des 3 R » en recherche animale, inscrite dans la Directive 2010/63/UE. Ce projet a justement pour objectif la mise au point de méthodes dites alternatives ou nouvelles approches méthodologiques (NAMs) pour remplacer les études utilisant des animaux par des méthodes de culture cellulaire (hépatocytes et thyrocytes) combinées à des méthodes informatiques (in silico). Elles contribueront à mettre en place un modèle prédictif pour évaluer l’effet d’un produit sur les hormones thyroïdiennes en fonction de ses effets testés in vitro sur les enzymes hépatiques. Pour valider ces nouvelles méthodes et cette extrapolation entre méthodes in vitro et méthodes in vivo, des données sont nécessaires in vitro mais aussi in vivo chez le rat d’où cette demande d’autorisation de projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet s’inscrit également dans le R de Réduction de « la règle des 3 R » en recherche animale, inscrite dans la Directive 2010/63/UE. Le nombre d’animaux est réduit (231): pour le limiter au maximum, on ne testera le concept que sur un seul sexe (mâles) et rendre aussi la démonstration plus aisée en évitant l’influence des variations hormonales observées chez les femelles. Ce projet participe à l’effort de mise en place et de validation de méthodes alternatives pour réduire globalement le nombre d’animaux utilisés en Toxicologie. En effet, l’objectif est de promouvoir que les produits au profil le plus favorable et le moins risqué dans les phases avancés (celles qui nécessitent toujours l’utilisation d’animaux d’un point de vue réglementaire), en testant d’abord les produits à travers ces nouvelles méthodes alternatives. De ce fait, un nombre plus restreint de produits nécessiteront d’être testé chez l’animal et avec de plus grande chance de donner des résultats favorables, ce qui réduira de facto le nombre d’études nécessaires et donc d’animaux. Dans ce projet, le nombre d’animaux est réduit au strict minimum par type d’étude afin d’avoir une puissance statistique suffisante dans chaque procédure, à savoir 5 par groupe dans l’étude de toxicocinétique et 12 dans les études de toxicodynamie.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet s’inscrit également dans le R de Raffinement de « la règle des 3 R » en recherche animale, inscrite dans la Directive 2010/63/UE. Les paramètres étudiés sont beaucoup plus nombreux que ceux classiquement testés dans les lignes directrices de l’OCDE, notamment en incluant des biomarqueurs moléculaires à comparer à ceux qui seront mesurés in vitro. Ces études sont réalisés avec des produits de référence connus à des doses choisies pour perturber l’homéostasie de l’axe hypothalamo thyroidien tout en minimisant les nuisances sur le bien-être animal. Les points limites ne doivent pas être atteints et si c’était le cas, ont été définis avec précision, notamment en lien avec l’état général ici (consommation alimentaire, poids de l’animal, comportement) observé tous les jours.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de ce projet rentre dans le cadre des efforts entrepris afin de remplacer les études chez l’animal utilisé comme modèle en toxicologie, à savoir le rat, par de nouvelles méthodes alternatives. Pour comparer les données générées in vitro aux observations obtenues in vivo, et ainsi valider la pertinence de nos tests in vitro, il est important d’utiliser la même espèce animale et donc utiliser le rat dans ce projet. Toutes les études décrites dans ce projet utilisent de jeunes adultes (à partir de 6 semaines) conformément aux recommandations pour les études de toxicité réglementaire.