
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-238886)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les virus zoonotiques émergents constituent une menace croissante pour la santé publique, notamment dans les zones où le contact entre les humains et les animaux est de plus en plus fréquent. Les pteropine orthoreovirus (PRV) peuvent être transmis par les chauves-souris, probablement par l’intermédiaire d’aliments contaminés, peuvent infecter l’humain et provoquer des infections respiratoires aiguës, principalement en Asie du Sud-Est. Une particularité de ces virus est leur capacité à provoquer de la fusion entre cellules. Ce phénomène est commun à plusieurs virus émergents reconnus comme prioritaires par l’Organisation mondiale de la santé. Toutefois, l’impact de la formation de ces cellules fusionnées dans la gravité de l’infection chez l’animal reste encore mal compris. Il en est de même pour la réponse immunitaire. Ce projet s’articule autour de deux axes principaux : 1. Etudier l’infection par ce virus, sa pathogénicité, la dose virale, et ses manifestations dans les poumons des souris infectées. 2. Évaluer la réponse anticorps antivirale des souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le pteropine orthoreovirus (PRV) est un pathogène émergent encore peu étudié. A terme, en utilisant ce modèle de virus, cette étude permettra une meilleure compréhension des infections virales, ainsi que leur impact sur les maladies associées. Elle fournira également des informations importantes sur la réponse anticorps antivirale. Ces études permettront d’optimiser une méthode de détection de la réponse anticorps qui sera utilisée pour analyser des échantillons de sérum provenant de cohortes humaines de personnes infectées par ce virus en Asie du sud-Est. Ces travaux apporteront des données sur ce virus, mais aussi, plus largement, sur tous les virus exploitant des mécanismes analogues. Ces connaissances pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de ciblage de ces virus, permettant ainsi de mieux lutter contre les épidémies futures. Par ailleurs, les données obtenues avec cette étude sur le modèle souris (notamment la dose infectieuses et la pathogénèse) faciliteront les études ultérieures consacrées à de potentielles perspectives thérapeutiques contre ce virus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Infection des souris par le virus. Procédure courte de quelques minutes par ajout de liquide sur les narines. – Prise de sang (quelques secondes) unique, précédée d’une anesthésie, pour tous les animaux au début de l’étude. – Prise de sang (quelques secondes) 1 fois par semaine pendant 3 semaines (3 fois, 30 souris), ou pendant 6 semaines (6 fois, pour 30 souris), précédée d’une anesthésie, pour les animaux destinés à l’étude de la réponse anticorps antivirale. – 1 procédure terminale chirurgicale de mise à mort précédée d’une anesthésie et d’une analgésie. 1 fois, pour tous les animaux, procédure rapide de quelques minutes, sans réveil.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– Inconfort et douleur de courte durée liées aux injections et aux prélèvements sanguins. – Perte de poids jusqu’à 20%, problèmes respiratoires, difficultés respiratoires sévères liés à l’infection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’intégralité des animaux seront mis à mort, nécessaire pour le prélèvement et l’analyse des organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des approches utilisant des cellules en culture sont menées en parallèle et permettent d’orienter les hypothèses expérimentales, d’optimiser les protocoles et ainsi de réduire autant que possible le nombre d’animaux utilisés. Des études in vitro ont été menées, toutefois, ces modèles ne permettent pas de reproduire la complexité d’une infection systémique, ni les interactions tissulaires, ni la réponse immunitaire associée, nécessaires pour répondre aux objectifs du projet. Ainsi, ces études utilisant des animaux permettront de compléter les résultats déjà obtenus.
2. Réduction
La réduction à 5 animaux par groupe permet de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en assurant un nombre suffisant pour permettre d’émettre des conclusions sur les résultats obtenus en utilisant des tests statistiques. Le nombre d’animaux a été évalué à l’aide d’outils statistiques. Des études menées en parallèle sur des cellules en culture permettent d’orienter l’étude, réduisant ainsi le nombre d’animaux. Les expérimentations seront réalisées sur des souris mâles et femelles afin de détecter un éventuel effet sexe-dépendant sur les paramètres étudiés. Bien que ce choix augmente le nombre d’animaux nécessaires, il est indispensable pour garantir la robustesse scientifique des résultats et assurer leur validité pour les deux sexes. Les résultats impliqueront l’utilisation de tissus provenant des poumons, qui seront traités afin d’être conservés. Sous cette forme, ils seront facilement réutilisables pour des analyses ultérieures, limitant l’utilisation d’animaux supplémentaires.
3. Raffinement
Afin de réduire le stress lié à l’environnement, 2 semaines d’acclimatation précéderont les premières manipulations des souris, et ces dernières seront ensuite habituées à être manipulées. Les mâles hébergés ensemble proviendront d’une même fratrie afin d’éviter les comportements agressifs, le stress et les blessures. Bien que chacune des procédures de ce projet puisse occasionner des effets néfastes pour les animaux dus aux infections par le virus, chaque animal fera l’objet d’une surveillance attentive et régulière tous les jours via une grille d’observation standardisée, permettant une détection précoce des signes de détresse dans le but de minimiser toute douleur et/ou souffrance et d’optimiser le bien-être animal. Des points limites spécifiques et précoces seront mis en place. Les animaux avec une perte de poids supérieure à 10% feront l’objet d’une surveillance accrue. Si des animaux atteignent une perte de poids supérieure à 20%, ils seront mis à mort. En cas de difficulté à s’alimenter suite à l’infection, un gel nutritif pourra être ajouté à l’alimentation, et une hydratation sous-cutanée pourra être réalisée. Les animaux seront chauffés en cas d’hypothermie lors des procédures impliquant de l’anesthésie, ou causée par l’infection.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin a été choisi car il a déjà été montré que celui-ci est sensible aux infections par le virus utilisé pour ces expériences, et sont donc plus susceptibles de fournir des résultats exploitables. D’autre part, celles-ci figurent parmi les modèles les plus couramment utilisés en recherche. Ainsi, les données obtenues dans cette étude pourront être utilisées pour des études ultérieures utilisant ce modèle. Les procédures seront réalisées sur des souris adultes, au moins âgées de 7 semaines. Celles-ci seront commandées à un âge de 5 semaines de manière à intégrer une période d’acclimatation suffisante avant le début de l’étude. D’autre part, les souris adultes ont un système immunitaire mature, essentiel pour étudier la réponse immunitaire et la pathogénicité virale. Enfin, l’utilisation d’animaux adultes limite les variations inter-individuelles des résultats liées au développement.