Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NTS-FR-272131v1
Types de recherche
Recherche appliquée et Troubles immunitaires
Mots-clés
• Myasthénie Gravis (forme AChR), Autoanticorps, Faiblesse musculaire, immunisation, et souris
Souris : 1248
Souffrances
▲ Sans réveil0
▲ Légères0
▲ Modérées1248
▲ Sévères0
Devenir
Mise à l'adoption0
Reproduction (ou relâché si sauvage)0
Réutilisation0
Devenir non indiqué1248

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La myasthénie gravis (MG) est une maladie auto-immune qui perturbe la communication entre les nerfs et les muscles, entraînant une faiblesse musculaire et une fatigabilité. Cette condition affecte la qualité de vie des patients et peut mener à l’isolement social. L’incidence de la MG est estimée entre 3 et 28 personnes par million, avec plus de 700,000 patients dans le monde. Les traitements actuels sont principalement des immunosuppresseurs, nécessitant des mois de traitement et souvent associés à des effets secondaires graves. De plus, 10 à 15 % des patients sont résistants à ces traitements. La MG est causée par la production d’auto-anticorps qui attaquent les molécules de la jonction neuromusculaire, perturbant la transmission des signaux entre les nerfs et les muscles. La majorité des patients (85 %) possèdent des anticorps contre le récepteur de l’acétylcholine (AChR), une protéine essentielle pour une bonne communication nerveuse et musculaire. Ce projet vise à établir un modèle murin de la forme la plus courante de la MG chez l’homme (AchR), car aucun modèle in vitro ne reproduit la complexité biologique de cette pathologie. Ensuite, il s’agit d’évaluer l’action de candidats médicaments sur le développement de cette maladie. Pour ce faire, des souris recevront une petite partie de la protéine AchR (peptide) afin que leur système immunitaire produise des anticorps contre cette protéine, perturbant ainsi la communication nerf/muscle. Comme pour toute immunisation, un adjuvant sera ajouté pour optimiser la réaction immunitaire et la production d’auto-anticorps. Les études prévues dans ce projet incluent des évaluations cliniques et biologiques, comme des prélèvements sanguins pour mesurer la présence d’anticorps et des prélèvements d’organes pour valider l’expression des cibles thérapeutiques. Ces études peuvent être réalisées sur des souris génétiquement modifiées ou non pour un gène d’intérêt impliqué dans la maladie. Nous prévoyons 48 souris pour la mise au point du modèle. Puis, sur 5 ans, jusqu’à 20 études d’efficacité ou d’évaluation de l’effet dose de candidats médicaments, nécessitant chacune un maximum de 60 souris (maximum 5 groupes de 12 souris par étude).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Dans le processus de développement d’un nouveau médicament, ce type d’étude se fait après des tests en laboratoire sur des cellules et des simulations informatiques. L’objectif est de choisir les candidats médicaments qui peuvent réduire l’activité du système immunitaire dans la Myasthénie Gravis. Les bénéfices attendus sont les suivants : 1. Affiner le modèle de test pour cette pathologie sur les animaux, en réduisant au maximum leur souffrance et en améliorant les conditions des expériences. 2. Améliorer la qualité de vie des patients en sélectionnant les médicaments qui ont un effet positif sur les mécanismes de la myasthénie gravis, avant de passer aux essais cliniques, et offrir ainsi une nouvelle option de traitement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– Immunisation par l’agent inducteur (peptide + adjuvant) de la pathologie/du modèle : 3 injections sous-cutanées par jour (sur 2 jours à 4 semaines d’intervalle), moins de 30 secondes pour chacune des 3 injections – Administration des candidats médicaments / produits évalués (>1min) avec au maximum 3 administrations quotidiennes sur une durée maximum de 11 semaines. – Prélèvement de sang : (faible volume, moins de 30 secondes) avec une fréquence en accord avec les recommandations de la structure de Bien-Etre Animal : 2 prélèvements sur les 11 semaines que dure l’’étude – Electromyogramme : étude de la fonction des nerfs et des muscles sous anesthésie générale avec utilisation d’électrodes musculaires réalisé une seule fois par souris (en fin d’étude) – Prélèvement de sang terminal sous anesthésie générale et analgésie (une seule fois, 30 secondes) – Certaines études d’efficacité pharmacologique pourront nécessiter l’utilisation de souris génétiquement modifiées élevées et commercialisées par un éleveur : préalablement à leur expédition dans notre établissement utilisateur, elles auront eu un prélèvement de tissus (biopsie de l’extrémité de la queue) pour confirmer leur modification génétique.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Selon les données de la littérature, les nuisances estimées sont les suivantes : 1. Administration de peptide avec adjuvant sous-cutané (3 sites d’administration, 2 jours d’immunisation) : Moins de 30 secondes par injection, 2 fois. Risque de nécrose ou durcissement de la peau (douleur modérée) dans les jours suivant les administrations et dépendant du type d’adjuvant (risque accru avec l’adjuvant de l’article de référence, pondéré par l’administration préventive d’un antalgique 5 minutes avant). 2. Microprélèvements de sang : 30 secondes maximum, 2 fois. Stress et douleur ponctuels (douleur légère) . 3. Développement de myasthénie gravis sur 10 semaines : Faiblesse musculaire et réduction de la mobilité (souffrance modérée), sans atteindre des signes cliniques sévères 4. Administration de candidats médicaments : Stress et douleur passagers pendant l’administration, avec un maximum de 3 injections par jour sur une période de 11 semaines (douleur modérée). 5. Electromyogramme : 5 électrodes en sous cutané via de très fines aiguilles hypodermiques sous anesthésie gazeuse : Stress léger (une fois, 10 minutes) 6. Prélèvement de sang terminal sous anesthésie et analgésie : Sans réveil, donc sans douleur post-procédure.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés pour la collecte des organes et tissus nécessaires pour les analyses in vitro des échantillons (immunohistochimie, etc) nécessaires à la caractérisation complète du candidat médicament

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La recherche de nouveaux médicaments dans la prise en charge des maladies auto-immunes repose sur une première phase d’identification de candidats médicaments efficaces sur leur cible au moyen de modélisations in silico et in vitro. Néanmoins, l’efficacité thérapeutique d’un candidat médicament ne peut être démontrée qu’après administration chez l’animal, dans le contexte d’un organisme complet et complexe incluant l’ensemble des mécanismes physiopathologiques. Les pathologies auto-immunes sont par essence multifactorielles et impliquent un grand nombre de types cellulaires et de médiateurs, qu’il n’est pas possible de modéliser complètement in vitro. Seules les molécules les plus abouties et les plus avancées dans leur développement sont administrées in vivo. Pour ce projet spécifiquement, le modèle présenté permettrait d’évaluer différents mécanismes cellulaires impliqués dans cette pathologie dans l’organisme de la souris avec toute sa complexité et l’intégralité des différents composants du système immunitaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés sera affiné au fur et à mesure de la mise en place de ce modèle. Les conditions expérimentales des premières étapes sont directement basées sur les données de la littérature pour ce modèle, un accompagnement par le service Biostatistique sera assuré après la première étude afin d’affiner les designs expérimentaux, d’estimer la variabilité des paramètres et in fine le nombre d’animaux nécessaire par groupe. La technique de micro-prélèvement décrite en 5.10.3. pour réaliser les prélèvements sanguins permet également de réduire le nombre d’animaux utilisés au cours de ce projet.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Lorsqu’on utilisera l’adjuvant de l’article de référence, l’administration d’un antidouleur sera effectuée 5 minutes en amont. Des prélèvements de sang répétés sont réalisés à différents temps afin de mesurer en cinétique les paramètres biologiques d’intérêt et/ou le taux plasmatique du médicament. Les prélèvements de sang sont effectués selon la technique de micro-prélèvements de la souris, réalisable plusieurs fois sur un même animal en respectant les bonnes pratiques, les volémies et les conditions physiologiques de la souris. Cette technique permet également de réduire considérablement le nombre d’animaux inclus par étude. L’adjuvant de référence (dont le but est d’activer le système immunitaire et le rendre plus sensible à l’agent que va induire le modèle) sera associé à un antidouleur car il peut être mal toléré pas la souris. Nous évaluerons cependant un second adjuvant jamais utilisé dans ce modèle mais connu pour être mieux toléré. Les cages d’hébergement en cours d’études pourront selon les études être placées sur un portoir connecté permettant d’obtenir des données complémentaires en termes d’activité locomotrice des groupes de souris de manière non invasive ni stressante. Si grâce à ces cages connectées, nous voyons un impact sur la locomotion des souris non visible par l’expérimentateur ou par le test d’effort, ces mesures pourraient remplacer le test d’effort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce murine est exclusivement utilisée dans la bibliographie pour reproduire ce type de pathologie de par sa transposition à l’homme. De plus, la souche de souris que nous utiliserons dans ce projet est un fond génétique largement utilisé dans les modèles de Knock in (changement du gène murin d’intérêt par le gène humain) nous permettant d’évaluer la cible humaine dans un modèle animal. Idéalement, les souris sont utilisées à l’âge adulte, à partir de 6 semaines, tel que décrit dans la littérature de ce modèle (en comptant les premières étapes de pesées avant le début d’induction de la pathologie à 8 semaines).