Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

2 080 poulets vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chaque animal reçoit une dose de coccidies par voie orale directement dans l’œsophage, les oiseaux inoculés subissant une chute de croissance de 20 %, des diarrhées et des lésions intestinales cotées 3 sur 4. Le but affiché est de produire ces parasites et de calibrer les doses infectieuses pour tester ensuite des alternatives aux anticoccidiens, dans un enjeu que le porteur présente comme « économique et sanitaire ». Il affirme qu’il n’existe « pas de moyen » de disposer de ces parasites autrement qu’en infectant des oiseaux hôtes.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-288771v1
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Coccidiose, Multiplication, Pathogénicité, Traitements alternatifs
Poules : 2080

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les coccidioses des volailles sont dues à des parasites intestinaux et ne présentent pas de risques pour l’homme (contamination ou ingestion). Cependant, elles entraînent des conséquences économiques et sanitaires majeures, notamment dans les élevages de poulets. Les approches vaccinales sont coûteuses et difficiles à mettre en œuvre correctement. Les approches de prévention par usage d’antiparasitaires dans l’aliment sont donc d’usage courant et peuvent conduire à l’émergence de résistance chez les populations de coccidies, affaiblissant l’intérêt et l’efficacité de ces molécules. Selon la recommandation de la commission de l’UE, le développement et l’évaluation d’alternatives aux méthodes existantes sont nécessaires. Le but de ce projet est d’obtenir suffisamment de coccidies pour déterminer des doses de parasites nécessaires à reproduire une coccidiose modérée en condition expérimentale, dans l’objectif d’investiguer des approches nouvelles pour le contrôle de cette maladie en réalisant des études d’évaluation de solutions alternatives et de nouveaux vaccins susceptibles d’enrichir les moyens de lutte contre les coccidioses du poulet. Pour ce faire il est nécessaire de produire sur oiseaux des nouvelles générations de ces parasites pour avoir à disposition du matériel expérimental frais. En effet, les coccidies, au-delà de six mois, sont moins viables, rendant impossible leur exploitation. Or, il est indispensable de maîtriser les doses infectieuses pour évaluer l’efficacité de nouvelles molécules. Il n’existe pas de moyen de disposer de ces parasites autrement qu’en infectant des oiseaux hôtes. Les autres solutions ne permettent pas de produire suffisamment de coccidies. Que ce soit pour l’utilisation de souches pures de coccidies dans des études d’efficacité de vaccins, ou bien des isolats provenant du terrain pour tester des solutions alternatives, il faut au préalable déterminer une dose permettant de reproduire la maladie. Cette maîtrise de la dose infectieuse permet de garantir la pertinence des résultats obtenus dans le modèle d’évaluation des moyens de contrôle de la coccidiose. Ces coccidies, une fois multipliées et leurs doses infectieuses connues, seront utilisées pour évaluer l’efficacité d’alternatives aux anticoccidiens. En effet, des études sont en cours pour évaluer l’efficacité de vaccins, mais également de nouvelles solutions naturelles comme des probiotiques, huiles essentielles ou encore des post-biotiques.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le pouvoir pathogène des coccidies est défini par leur concentration ainsi que leur pathogénicité. De ce fait, il est nécessaire de les renouveler régulièrement pour assurer une viabilité suffisante afin de réaliser l’étude de leur virulence, sachant que le taux de coccidies vivantes commence à décliner à partir de 6 mois. Les bénéfices de la multiplication de ces souches sont donc de préserver leurs caractéristiques intrinsèques, ainsi qu’une quantité de coccidies suffisante pour garantir une souchothèque exploitable pour des études de virulence et d’efficacité qui en découlent. Les études du pouvoir pathogène de souches pures ainsi que d’isolats terrains permettent de définir les quantités d’oocystes optimales pour reproduire expérimentalement une coccidiose à impact modéré. Ces quantités seront alors utilisées lors d’études d’efficacité de solutions pouvant venir en appui ou en remplacement des traitements anticoccidiens actuels qui conduisent de plus en plus à l’apparition de résistances. Les produits qu’il est prévu de tester ultérieurement sont des solutions naturelles alternatives, mais il est également prévu de challenger des vaccins pour permettre l’immunisation des animaux contre cette pathologie.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les animaux utilisés lors des travaux réalisés dans ces différentes procédures recevront une dose de coccidies par voie orale, par administration d’un millilitre de suspension directement dans l’œsophage de l’animal. Cette procédure n’implique pas de souffrance pour l’animal, sachant que le geste technique sera réalisé par une personne compétente tandis qu’une autre personne sera en charge de la contention de l’animal pour éviter toute blessure liée à la pipette.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour les procédures de gravité modérée, les animaux inoculés subiront une baisse de gain de poids (GMQ) de 20%, un état clinique dégradé pendant 2 jours avec diarrhées modérées, ainsi que des lésions intestinales d’intensité 3 sur une échelle de 4. Concernant la multiplication, au vu de la dose de coccidies inoculées, les animaux ne sont pas censés subir d’effets indésirables sur leur santé ou leur bien-être.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A la fin de chaque procédure, les animaux présents au sein de l’animalerie protégée seront mis à mort conformément aux règles du bien-être animal. En effet, tous les animaux prévus dans ce projet seront soit infectés soit en contact avec un milieu contaminé.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les coccidies ne se développent que chez leurs hôtes respectifs et il n’existe pas de moyen de produire et d’étudier ces parasites autrement qu’en infectant des oiseaux hôtes. Les multiplications sur cellules in vitro ont un rendement négatif et aucun modèle in vitro n’existe aujourd’hui pour évaluer l’efficacité de moyens de lutte.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour la procédure de multiplication des coccidies, le nombre de poulets utilisé pourra être diminué lorsque les coccidies les plus prolifiques sont utilisées (passage de 12 à 10 poulets) car la quantité récoltée est suffisante. Pour l’évaluation de la virulence des souches testées, 10 animaux par groupe seront suffisants pour pouvoir faire des tests statistiques fiables.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

De nouvelles cages installées en 2017 permettent un meilleur raffinement dans l’hébergement, tel que la mise en place de perchoirs et de mobiles dans les cages, en plus d’un éclairage naturel, déjà disponible, qui permet de respecter le rythme circadien des oiseaux. Tout au long de l’expérimentation, des visites de contrôle quotidiennes seront programmées. Ces visites auront pour but la surveillance de l’état de santé des animaux, vérifier les paramètres d’ambiance dans l’animalerie ainsi que l’accès à l’aliment et le fonctionnement du système d’abreuvement. En ce qui concerne l’évaluation de l’état de santé des oiseaux, une grille de notation de scores de morbidité est définie. Cette grille permettra de déterminer une éventuelle atteinte du point limite et seront euthanasiés conformément aux règles du bien-être animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les coccidies des volailles sont strictement spécifiques de leurs hôtes. Ainsi les coccidies du poulet Gallus gallus ne se développent que chez cet hôte. Les animaux seront suivis à un âge compris entre 0 et 30 jours, âge adéquat pour l’étude de ces parasites. C’est à la période entre 15 et 30 jours que les coccidies font le plus de dégâts dans les élevages commerciaux, quelle que soit l’espèce de coccidie étudiée.