
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-289184)
300 souris et 100 rats vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, au cours de travaux pratiques d’une formation à l’expérimentation animale. Sur chaque animal, les stagiaires répètent des gestes techniques, préhensions, contentions, injections intrapéritonéales et sous-cutanées, prélèvements sanguins caudaux et submandibulaires sous anesthésie. Les souris seront tuées à la fin des séances, le porteur préférant leur mise à mort à un retour en animalerie, tandis que les rats sont réutilisés dans un autre travail pratique de physiologie. Il affirme que le recours à des animaux vivants est « indispensable » à ce type de formation et que le remplacement y paraît « difficile à envisager ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces travaux pratiques, inscrits dans la formation diplomante expérimentation animale de niveau applicateur et portés par le Service Ressources Biologiques, vont permettre aux participants de se former aux bonnes pratiques de l’expérimentation animale et ce, afin de garantir et respecter de façon optimale le bien être des animaux lorsque ceux ci devront être utilisés dans un projet de recherche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La mise en place de ces travaux pratiques utilisant des animaux vivants vont être bénéfiques tant pour le personnel que pour l’animal : 1/Le personnel : Il sera à l’issue des TP formé aux bonnes pratiques d’expérimentation animale tout en garantissant le bien être de l’animal et répondra ainsi aux exigences réglementaires lorsque celui ci devra utiliser des animaux vivants à des fins scientifiques au sein de son laboratoire. De plus, se familiariser aux espèces les plus utilisées en recherche scientifique contribuera à son propre bien être levant appréhension et donc risque de blessure. 2/L’animal : Un animal manipulé par un personnel formé est une garantie du maintien de son bien être, évitant stress et blessure.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour l’étape 1, 60 souris et 20 rats seront soumis à des contentions et préhensions. Pour l’étape 2, 60 souris vigiles seront soumises à des injections principalement IP et SC Pour l’étape 3, 60 souris anesthésiées seront soumis à des prélèvements caudaux et/ou submandibulaires. Leur fréquence et durée sont comme suit : 1/Préhension et contention Préhension des souris par la queue : 5 préhensions par animal d’une durée de 3 secondes Préhension des rats par le corps : 5 préhensions par animal d’une durée de 5 secondes Préhension des rats par la base de la queue : 5 préhensions par animal d’une durée de 3 secondes Techniques de contention des souris : 1/ Immobilisation complète : 5 contentions par animal d’une durée de 10 secondes 2/ Immobilisation de la tête : 5 contentions par animal d’une durée de 10 secondes 3/ Immobilisation avec l’utilisation d’un support : 5 contentions par animal d’une durée de 5 secondes Techniques de contention des rats : 1/ D’une main, le pouce vient se placer sous la patte gauche, l’index au-dessus de la patte droite et sous la mandibule pour maintenir la tête : 3 contentions par animal d’une durée de 10 secondes 2/ Une main vient attraper la base de la queue et avec l’autre main, la peau du cou est prise avec le pouce et l’index. Les autres doigts maintiennent la peau du ventre : 3 contentions par animal d’une durée de 10 secondes 2/ Présentation des différentes voies d’administration sur animaux vigiles IP 1 par animal, injection de 2 secondes IN 1 par animal, dépôt de la goutte de 1 seconde IM 1 par animal, injection de 2 secondes PO 1 par animal, administration de 5 secondes SC 1 par animal, injection de 2 secondes 3/ Les différentes voies de prélèvement et d’administration sur animaux anesthésiés IP 1 par animal, injection de 2 secondes Pénien 1 par animal, injection de 2 secondes 2 moyens peu invasifs de prélèvements sanguins : – par voie caudale 1 par animal, prélèvement de 30 secondes – sub-mandibulaire : 1 par animal, prélèvement de 5 secondes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les différentes étapes qui constitueront les TP, avec l’encadrement assidu des intervenants, peuvent induire un léger stress ainsi qu’une douleur égale à celle d’une piqûre d’aiguille selon l’expérience des participants.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Concernant les souris, celles ci feront l’objet de plusieurs manipulations type contention, administration de produit et/ou prélèvement et ce, par des personnels plus ou moins expérimentés. Pour leur bien être nous préférons procéder à leur mise à mort à la fin du TP. En outre, les TP se déroulant en dehors du service, les animaux ne pourront plus revenir dans l’animalerie. Concernant les rats, à l’issue des TP, ils seront réutilisés dans le cadre d’un TP de physiologie faisant aussi l’objet d’une autorisation de projet.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réglementation relative à l’expérimentation animale exige que toute expérimentation animale doit être faite par du personnel qualifié et reconnu comme tel. L’utilisation des animaux vivants est indispensable à ce type de formation visant à transmettre aux stagiaires les bonnes pratiques, les bons gestes et les bonnes attitudes à avoir vis-à-vis des animaux dans le cadre de procédures expérimentales. Le remplacement des animaux parait donc difficile à envisager dans ce type de formation.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La formation est ouverte pour une capacité maximale de 54 personnes réparties en 3 groupes de 18 pour les travaux pratiques. Chaque groupe sera composé de 9 binômes qui disposeront chacun de 2 souris et 2 rats. Les intervenants assureront une partie démonstration avant de laisser les stagiaires apprendre les bons gestes. Pour cela 2 souris et 2 rats seront nécessaires pour chaque session de TP. Les rats ne seront inclus dans les travaux pratiques que pour la partie préhension- contention. Ils seront ainsi réutilisés d’un groupe à l’autre. L’effectif total nécessaire au bon déroulement des séances sera donc de 60 souris (3 sessions x 9 binômes x 2 souris par binôme + 2 souris x 3 sessions pour les intervenants) et 20 rats (9 binômes x 2 rats + 2 rats pour les intervenants) sans préférence de sexe. A raison d’une session par an sur 5 ans (durée de la saisine), le nombre d’animaux total sera de 300 souris et 100 rats soit 400 animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En dehors des séances, les souris seront hébergées en cages de 5 individus. Quelques jours avant le début des TP, elles seront réparties par 2 afin d’éviter l’isolement social et de permettre la mise à disposition d’une cage par binôme. Les rats quant à eux seront hébergés dès le départ en cage de 2 individus. Toutes les cages d’hébergement seront enrichies avec l’enrichissement habituellement utilisé dans le service à savoir un tunnel réutilisable en polycarbonate rouge, une briquette en peuplier pour les rats et des rouleaux de cellulose pour les souris. Tous les animaux bénéficieront d’un accès à l’eau et à la nourriture à volonté. Lors des séances, pour minimiser le niveau de stress ou douleur des animaux, ces derniers seront au préalable manipulés quotidiennement à la fois par le personnel soigneur mais aussi par les intervenants 15 jours avant le début des TP afin de les habituer à être manipulés. En outre, une surveillance et observance clinique seront effectuées par les intervenants pour s’assurer d’une part de la bonne application des consignes de la part des participants sur les animaux et d’autre part du bien-être des animaux face à ces manipulations. Aussi, une anesthésie par injection intrapéritonéale sera réalisée avant tout prélèvement et administration de produits. Enfin, les animaux seront systématiquement retirés des TP en cas de stress ou de souffrance marquée évaluée selon les critères préalablement définis.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette formation diplômante est principalement à destination des étudiants des masters Neurosciences et Biologie Santé qui seront amenés à réaliser un stage de fin de cycle la plupart du temps dans un laboratoire de recherche universitaire. Ces espèces sont celles utilisées en majorité pour les études menées dans ces laboratoires. Il nous parait donc pertinent de familiariser les stagiaires à ces espèces. Pour des raisons comportementales et plus spécifiquement leur docilité, des lignées spécifiques pour les souris et les rats ont été particulièrement choisies. En effet, le bien-être du manipulateur est pris en compte. Un stress moindre lui permettra de réaliser des manipulations adéquates, et évitera ainsi tout risque de blessure pour lui comme pour l’animal en plus du stress. Enfin, afin de refléter au maximum la réalité dans les laboratoires de recherche en matière d’étude in vivo, les rats comme les souris, seront de jeunes adultes âgés de 2 à 3 mois. En effet, cette tranche d’âge correspond d’une part à celle utilisée majoritairement dans les projets de recherche ; Et d’autre part, elle correspond à une taille et à un comportement animal favorables à la praticité de manipulation et au bien-être des participants