Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’angiopathie de Moyamoya (MMA) est une maladie rare des vaisseaux du cerveau. Cette maladie se définit par une diminution progressive du diamètre des gros vaisseaux qui apportent le sang au cerveau (artères localisées à la base du cerveau) qui peut atteindre l’occlusion (c’est-à-dire que le vaisseau est totalement obstrué) et qui provoque un manque d’oxygène dans le cerveau. Le MMA se caractérise aussi par la présence d’un réseau de petits vaisseaux fins et anormaux à la base du cerveau, qui se sont probablement formés pour compenser le manque d’oxygène cérébral entrainé par l’occlusion des artères cérébrales atteintes d’anomalie de MMA. Les patients MMA peuvent avoir des accidents vasculaires cérébraux. Les mécanismes de développement de la maladie sont encore largement inconnus aujourd’hui et aucun modèle animal n’existe. Une vingtaine de gènes ont déjà été identifiés comme responsables du MMA chez l’homme. L’objectif de ce projet est de définir si des souris porteuses d’une ou de deux mutations dans un ou deux gènes déjà identifiés chez des patients MMA pourraient être un modèle animal pertinent de la maladie, c’est-à-dire que les animaux reproduiraient les anomalies vasculaires de MMA. Nous caractériserons les vaisseaux du cerveau et de la rétine chez les souris mutées dans un gène responsable du MMA chez l’homme. Cette analyse sera réalisée au cours du temps chez les animaux de 1 à 6 mois afin de déceler une anomalie vasculaire de manière précoce et de suivre son évolution dans le temps. Dans le cas où aucune anomalie vasculaire cérébrale ne serait décelée chez ces souris, elles seront croisées avec les souris mutées dans un autre gène responsable du Moyamoya chez l’homme. Cette expérience permettra alors de tester l’hypothèse de l’implication de deux gènes mutés co-responsables du développement de la maladie. Une modification du projet est nécessaire suite à un changement d’établissement utilisateur impliquant la modification de certaines des techniques utilisées, sans nécessité d’augmenter le nombre d’animaux initialement autorisé.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le MMA affecte entre 1 personne sur 30000 (Asie) et 1 personne sur 300000 (Europe). Les mécanismes responsables du développement de la maladie sont largement inconnus aujourd’hui. Il n’existe aucun modèle animal de MMA. L’obtention d’un modèle de MMA chez la souris permettrait tout d’abord d’étudier comment se développent des lésions MMA au niveau des vaisseaux du cerveau en suivant leur évolution au cours du temps mais également de mieux comprendre les mécanismes responsables du développement de la maladie. Il est par exemple important de comprendre si une mutation dans un gène suffit à déclencher la maladie ou si deux gènes mutés sont nécessaires pour entrainer le développement du Moyamoya. Ce modèle pourrait ensuite être utilisé pour évaluer l’efficacité de nouvelles pistes thérapeutiques. A plus long terme, comprendre comment se développent les lésions des artères du cerveau chez les patients MMA et le recours à ce modèle préclinique pourraient permettre d’envisager des approches médicamenteuses chez les patients pour limiter voire stopper le développement de la maladie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Afin de connaitre leur patrimoine génétique tous les souriceaux produits auront un petit prélèvement de l’extrémité de la queue (durée inférieure à 1 minute, une fois, animal vigile). Les animaux du projet seront analysés à 1, 2, 4 et 6 mois. Un à 3 prélèvements sanguins sur animal vigile (c’est-à-dire conscient, en éveil) seront réalisés entre l’âge de 1 et 6 mois, au niveau de la veine faciale. Ce prélèvement est rapide (manipulation totale de 3 minutes maximum par animal). Un petit groupe de souris recevra après l’anesthésie une injection d’un marqueur fluorescent de l’intérieur des vaisseaux. A la fin de l’expérimentation, tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Si la maladie de moyamoya se développe, une perte de poids est possible chez les animaux atteints, qui pourraient aussi présenter des troubles du comportement tels que des tremblements ou des problèmes de locomotion. La biopsie de l’extrémité de la queue sera associée à une légère et brève douleur et présentera un risque de léger saignement. Les prélèvements sanguins génèreront une légère et brève douleur au point de piqure et pourront induire un stress de courte durée lié à la manipulation. Ces prélèvements peuvent entrainer un risque léger de saignement persistant et le développement éventuel d’un hématome dans la zone du prélèvement.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux est euthanasié par une méthode réglementaire à l’issu de la procédure afin de réaliser des prélèvements post-mortem d’intérêt pour répondre à notre question scientifique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet consiste à étudier les liens potentiels existants entre la présence de mutations dans certains gènes et le développement de la maladie cérébro-vasculaire de MMA. Il requiert l’utilisation d’un organisme vivant complet et des vaisseaux sanguins dans le cerveau dans un environnement physiologique normal. Pour cela, cette étude n’est envisageable qu’in vivo, c’est à dire chez des animaux vivants.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux total nécessaire a été prévu pour être limité au maximum (476 maximum). Le nombre d’animaux par groupe a été déterminé par des calculs statistiques, issus de résultats précédents. Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés dans le projet, la caractérisation des vaisseaux du cerveau et de la rétine sera réalisée en priorité dans les groupes d’animaux âgés de 1 mois et 6 mois. Si aucune anomalie vasculaire n’est observée, les autres groupes ne seront pas réalisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur pour l’espèce. L’enrichissement de chaque cage est systématique au minimum un carré de coton pour la nidification et un bâtonnet de bois à ronger.Le prélèvement d’un petit morceau de la queue pour génotypage sera de la plus petite taille possible. Il s’agit d’un prélèvement rapide, parfaitement maitrisé et réalisé dans un endroit calme dédié. Les souriceaux sont remis rapidement avec leur mère et le reste de la portée, et l’on vérifie l’absence de saignement et la bonne prise en charge par la mère immédiatement puis environ 30 minutes après le prélèvement. Certaines injections seront réalisées sous anesthésie générale et locale pour réduire le stress associé au geste. L’euthanasie médicamenteuse des animaux est réalisée après leur sédation ou leur anesthésie générale pour éviter tout stress. Tous les animaux inclus dans ce projet sont observés quotidiennement. En cas d’anomalie celle-ci sera transmise à la structure chargée du bien-être animal, au vétérinaire et à notre équipe afin d’assurer une prise en charge optimale de l’animal. Ils feront également l’objet d’un examen détaillé hebdomadaire par une personne responsable du projet. L’aspect général (qualité du pelage, absence de larmoiement des yeux …), le comportement de l’animal (par exemple déplacement, convulsions) et le poids seront analysés, afin de déceler au plus tôt un éventuel état de souffrance d’un animal (suivi en fonction de l’âge). Des points limites sont définis et seront respectés pour éviter toute souffrance des animaux

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les vaisseaux du cerveau chez la souris sont très proches de ceux trouvés dans le cerveau humain. Par ailleurs, différentes lignées de souris mutées dans l’un des gènes responsables du moyamoya chez l’homme sont disponibles. Le prélèvement pour connaitre le patrimoine génétique des animaux sera réalisé à l’âge de 7 à 10 jours afin de bénéficier de la cicatrisation rapide observée chez les jeunes animaux et connaitre très tôt leurs modifications génétiques. Les animaux seront utilisés à différents âges, à 1 mois, 2, 4 et 6 mois pour caractériser les vaisseaux cérébraux et rétiniens de façon précoce et suivre leur évolution au cours du temps. Nous couvrons ainsi la période d’apparition du Moyamoya chez l’homme.