
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-329173)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’un des développements les plus intéressants dans le domaine des thérapies est la génération d’anticorps humains pour les utiliser ensuite comme pistes de traitements dans de nombreuses indications cliniques, et particulièrement dans le domaine des vaccins. La Syphilis, le paludisme et l’infection au Nipah/Hendra sont des maladies aux conséquences lourdes dans de nombreux pays et continuent d’être parmi les défis de santé les plus importants. Le développement de vaccins, soit comme mode de prévention (Syphilis, Malaria) soit comme traitement en réponse à une pandémie (Nipah) constituerait une avancée majeure. L’objectif est de fournir de nouveaux anticorps monoclonaux humains contre des antigènes d’intérêt bien identifiés. Ce projet décrit les étapes à mettre en place pour disposer des cellules lymphoïdes secrétant les anticorps d’intérêt chez la souris, après immunisation de ces souris par les antigènes pré-identifiés. L’utilisation de souris génétiquement altérées permet de garantir la spécificité « humaine » des anticorps produits.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice à court terme est de disposer de cellules murines lymphoïdes secrétant des anticorps humanisés d’intérêt pour des applications thérapeutiques. Le bénéfice à plus long terme, est de disposer de solutions thérapeutiques (anticorps, vaccins) contre la Syphilis, la Malaria, ainsi que les virus Nipah-Hendra.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
3 injections préférentiellement par voie SC, les voies IP ou IM se font en dernier recours selon la nature de l’antigène, espacées de 15 à 21 jours. Pendant la période d’immunisation des prélèvements de sang de 150µL sont effectués (5 jours avant la première administration puis une semaine après la première et deuxième administration, soit au maximum 3 prélèvements sur animal vigile). Les prélèvements sanguins en cours d’étude sont réalisés sur animaux vigiles à la veine saphène, ou à la veine submandibulaire. Sur la durée totale de l’étude vivo (50 à 60 jours maximum), le volume de sang prélevé en une fois représente au maximum 10% du volume sanguin circulant. La durée de récupération entre chaque prélèvement sera de 12 à 14 jours. Dans quelques cas, le génotypage des souris génétiquement altérées, est effectué de façon invasive (biopsie tissulaire pratiquée à 10 jours d’âge).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La manipulation répétée de l’animal vigile pour les administrations ou prélèvements sanguins entraine un inconfort léger de courte durée. Les injections répétées d’adjuvant, parfois nécessaire pour stimuler la réponse immunitaire, peuvent entrainer une rougeur ou irritation au point d’injection, effet rarement observé avec les adjuvants utilisés. L’administration d’un antigène peut, très rarement, entrainer une réaction immunitaire exacerbée. Dans quelques cas, le génotypage des souris génétiquement altérées peut être effectué par une méthode invasive .
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont euthanasiés pour les prélèvements d’organes nécessaires à l’atteinte des objectifs de l’étude (récupération des cellules immunitaires).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il existe des alternatives non animales pour produire des anticorps d’intérêt déjà caractérisés, mais à ce jour la phase vivo reste nécessaire à la création de clones de cellules compétentes pour de nouveaux anticorps. Elle permet en effet d’obtenir une très grande diversité d’anticorps qui seront ensuite triés, caractérisés par les méthodes alternatives pour générer les meilleurs.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été spécifiquement adapté pour chaque programme de recherche afin de limiter au maximum le nombre d’animaux. En effet les méthodes employées sont optimisées. Pour un antigène donné, un petit nombre d’animaux suffit à générer un grand nombre de cellules permettant la constitution d’une banque d’anticorps. Cependant il peut exister une plus ou moins grande variabilité de la réponse immunitaire d’un animal à l’autre. Cette variabilité est évaluée par le titrage des anticorps à partir de prélèvements d’échantillons sanguins au cours de l’immunisation. Si les titres d’anticorps sont trop faibles, il sera ajouté une ou deux administrations d’antigène afin d’en augmenter la production, sans avoir recours à des animaux supplémentaires.
3. Raffinement
Tous les antigènes administrés sont purifiés et caractérisés avant administration. Les adjuvants utilisés sont dépourvus d’effet indésirable, limitant considérablement le risque de réaction au site d’injection. Pour diminuer le stress lié à certaines injections, le geste technique sera réalisé sous anesthésie gazeuse. L’utilisation de cages équipées de système automatisé permettra d’améliorer la surveillance des animaux afin de mettre en place très rapidement les actions pour la prise en charge vétérinaire. Lors de l’observation de comportement agressif il sera ajouté de l’enrichissement au milieu d’hébergement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’animal utilisé est la souris immunocompétente car l’objectif est de générer des anticorps monoclonaux. L’utilisation de souris génétiquement altérées est prévue pour garantir la spécificité « humaine » des anticorps produits. Pour un antigène donné, un petit nombre d’animaux suffit à générer, à partir de la rate ou des ganglions lymphatiques, un grand nombre de cellules immunes B permettant la constitution d’une banque importante d’anticorps garantissant l’identification de candidats. Sachant que la réponse immunitaire est dépendante de l’âge, les études de génération d’anticorps monoclonaux seront réalisées sur des animaux âgés de 7-15 semaines pour garantir une réponse immunitaire optimale.