
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-09-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-420301)
2 240 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections d’une thérapie ou de cellules souches, puis des prélèvements sanguins répétés, dans des études réglementaires de biodistribution, toxicité et tumorigénicité menées pour des sponsors avant une demande d’essai clinique. Le porteur décrit des points limites incluant une perte de 20 % du poids ou une tumeur dépassant 2 000 mm³, et indique que les souris sont mises à mort par dislocation cervicale en fin d’étude. Il affirme que cette étude réglementaire sous contrôle de l’ANSM ne peut « pas, pour l’instant, être remplacée » par d’autres moyens.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet consiste à étudier les effets de tumorigénicité, toxicologie et biodistribution d’un traitement (thérapie innovante ou cellules souches) dans le but d’obtenir l’autorisation de l’ANSM pour les essais cliniques sur des adultes ou des enfants.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bénéfice principal de ces études est de pouvoir mettre sur le marché des médicaments à usage humain qui sont soit plus efficaces que ceux existants ou qui répondent à une demande pour pallier un manque au niveau thérapeutique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tatouage : une fois par étude, pour tous les animaux. Cet acte est effectué lorsque l’animal est anesthésié. Il ne dure qu’une minute. Injections : une fois par étude, pour tous les animaux. Ces injections sont pratiquées par voie veineuse (à la queue (5 minutes)) ou par voies intra-péritonéale ou intra-dermique. Les prélèvements sanguins pourront être effectués sur les animaux vigiles (région mandibulaire) ou anesthésiés par Isoflurane (sinus rétro-orbital) et n’excèdreont pas la minute. Quelle que soit l’étude, un prélèvement sera réalisé en début et en fin (au moment de la nécropsie) ; selon sa durée, trois prélèvements intermédiaires pourront être demandés par le sponsor. Pour une souris de 25 g le volume prélevé sera de 150 µl maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors des tatouages, les animaux sont anesthésiés. Ils sont observés par un zootechnicien jusqu’à leur réveil complet. En cas d’apparition d’une anomalie, la surveillance de l’animal sera renforcée et une note sera mise sur la cage. Les injections de l’élément d’essais par voie intraveineuse peuvent présenter une douleur en cas d’administration à la veine caudale. Une analgésie locale type Lurocaïne sous forme de pommade, sera déposée sur le lieu d’injection. Pour les gavages et dans la mesure du possible et pour diminuer toute irritabilité, l’élément d’essais sera dilué dans une substance « gélifiante ». Plusieurs prélèvements seront nécessaires au cours de l’étude et les volumes seront adaptés selon leur fréquence et selon la stature de l’animal. Ils s’effectueront par voie mandibulaire ce qui ne nécessite pas d’anesthésie, en alternant côtés gauche/droit. S’il est besoin de faire des analyses d’urines parfois demandées pour les études de toxicité, les animaux seront mis durant 24 heures dans une pièce dédiée et calme, dans des cages métaboliques permettant la séparation de l’urine et des fèces. Les souris garderont le contact visuel avec leurs congénères.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après le tatouage les animaux sont remis dans leur cage, avec leurs odeurs et le même groupe social. Après les injections et les prélèvements, dans le cas de petits saignements, nous nettoyons le site du prélèvement ou de l’injection pour qu’il ne reste aucune trace de sang qui pourrait stresser les autres animaux de la cage. Ensuite les animaux sont remis dans leur cage dans les mêmes conditions que pour le tatouage. A la fin de chaque procédure, les animaux sont mis à mort. Les méthodes de mises à mort sont soit par dislocation cervicale soit, les animaux sont préalablement anesthésiés pour récupération du sang total suivi d’une dislocation cervicale.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une étude BPL est la dernière étude menée sur les animaux avant de passer à la phase clinique du développement d’un médicament. Cette étude est règlementaire. Elle est menée sous la surveillance de l’Agence Nationale du Médicament et des produits de santé (ANSM). Elle ne peut pas, pour l’instant, être remplacée par d’autres moyens. Par contre, avant de mettre en oeuvre cette étude, des tests in vitro ont été menés.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux prévu dans une étude BPL est le nombre minimum nécessaire pour avoir des statistiques sûres et quelques animaux de plus pour remplacer ceux qui risquent de décéder durant l’étude. Cela nous permet de pouvoir mener et suivre l’étude jusqu’à son terme et de pouvoir retirer une conclusion sur la nocivité du produit étudié dans un rapport envoyé aux autorités. Le nombre prévu ne peut pas être réduit aux risques de devoir commander à nouveau la totalité des animaux. Par contre, le savoir faire des zootechniciens, qui est contrôlé par plusieurs acteurs, nous permet de limiter au maximum ce nombre d’animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
out au long de leur vie au sein de l’Etablissement hébergeant les animaux, une surveillance est mise en place. Chaque animal est suivi et tracé via un logiciel. Les animaux sont hébergés dans des cages ventilées avec l’eau et l’aliment ad libitum. A minima, de l’essui-tout et du sizzle-net est mis dans la cage pour que les souris puissent nidifier. Les animaux ne sont séparés qu’en cas de stress ou de blessures ou pour prélèvement d’urines. Sinon, ils sont gardés dans leur groupe social. En cas de bagarre, nous rajoutons de l’enrichissement comme des igloos, des bâtonnets de bois à ronger ou des carrés de coton. Les points limites mis en place sont les suivants : rostration, poil hérissé, perte de poids correspondant à au moins 20% de poids des animaux contrôles, infection ou ulcération et taille de la tumeur excédant 2000 mm3. Des analgésiques de surface de type Lurocaïne seront utilisés lors des injections via la veine caudale. L’anesthésie à l’isoflurane sera pratiquée pour les prélèvements et injections via le sinus rétro-orbitaire ou lors des tatouages.Tout le personnel intervenant sur ces animaux a reçu une formation théorique diplômante, est formé sur le terrain via un système de compagnonnage et est audité avant de pratiquer un geste sur l’animal dans le cadre de ces études. Lors des analyses hématologiques ou biochimiques le volume des prélèvements est réduit au minimum par l’utilisation d’automates développés pour l’application chez les rongeurs.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utilisons des rongeurs car ils font partie des espèces animales sur lesquelles les éléments d’essais doivent être testés dans le cadre d’études non cliniques règlementaires. Les études se feront sur des animaux sevrés, âgés de 1 jusqu’à 18 mois. 1 mois pour « mimer » une étude clinique réalisée chez les enfants et 18 mois dans le cadre de médicaments développés en gériatrie.