
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-451420)
6000 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour gérer un élevage de souris génétiquement altérées. Chaque animal subit sous anesthésie un prélèvement au bout de la queue ou de l’oreille pour son génotypage. Le porteur indique que les souris au génotype voulu sont versées en continu dans d’autres projets et que celles au génotype non requis sont mises à mort ou réutilisées. Il présente cet élevage comme une « réduction » du nombre d’animaux, tout en programmant le génotypage de 6000 individus.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est la caractérisation génétique des rongeurs (souris) dans le cadre de la gestion d’élevage d’animaux génétiquement altérés. L’élevage est réalisé par une plateforme au service des activités de recherche utilisant des animaux à des fins scientifiques comme modèle expérimental dans le domaine des neurosciences, de la physiologie, la compréhension de la réponse immunitaire dans certaines pathologies humaines ou encore dans les mécanismes liés au développement de cancers. Certains de ces projets sont amenés à utiliser des animaux génétiquement altérés (génétiquement modifiées ou avec des mutations spontanées) en l’absence de solutions alternatives disponibles n’utilisant pas d’animaux. L’élevage des animaux génétiquement modifiés nécessite la détermination de la constitution génétique (appelé génotype) de chaque individu par une amplification précise et localisée des séquences d’ADN modifiées à partir des cellules de tissu facilement accessible et avec une approche la moins invasive possible. Cette caractérisation précoce au moment du servage ou plus tardive des animaux nés sur site, est indispensable et contribue au respect de la règle des 3R, notamment en termes de réduction.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu du projet repose sur la réduction du nombre d’animaux utilisées. La mise en place d’une procédure de caractérisation génétique fiable et reproductible permet: d’utiliser des individus avec un génotype défini et requis dans les projets scientifiques, de maitriser la production du nombre d’individus au strict minimum et la qualité génétique des animaux élevés sur site.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
un prélèvement tissulaire (extrémité de la queue ou pavillon de l’oreille de 2mm) sous anesthésie générale pour 6000 souris; durée inférieure à 1 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Inconfort transitoire lié la phase de réveil de l’anesthésie gazeuse associé à une douleur légère et transitoire liée à la biopsie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les individus avec le génotype requis seront en utlisation continue dans les projets scientifiques nécessitant l’utilisation des lignées concernées. Les individus ne possédant pas le génotype requis seront mis à mort ou seront réutilisés dans des projets ne nécessitant pas de génotype particulier.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les animaux élevés dans l’animalerie sont nécessaires pour des projets scientifiques validés par différents experts scientifiques, projets pour lesquels il n’existe aucune méthode alternative in vitro ou in silico. Il n’existe pas non plus de technique in vitro ou in silico pour déterminer le génotype d’un animal sans prélèvement de son ADN contenu dans ses propres cellules. L’ADN est spécifique à chaque individu.
2. Réduction
La stratégie d’accouplement à la demande et non en continue (présence d’un mâle en continu dans la cage des femelles) permet de limiter la production d’animaux au strict minimum. Cette stratégie participe fortement à la réduction du nombre d’animaux utilisés dans ce projet. Selon les lignées et les projets, un certain nombre d’animaux n’ont pas le patrimoine génétique requis. Lorsque c’est possible, les animaux qui n’ont pas le génotype adéquat sont réutilisés dans des projets indépendants de leur génotype. La réutilisation participe à la réduction du nombre d’animaux utilisés globalement pour les projets scientifiques. De plus, le génotypage en amont des projets et non pas à la fin des projets scientifiques participe également à la réduction du nombre d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Une alternative non-invasive pour la récupération de cellules (prélèvement buccal) a été testée mais n’a pas donné de résultats exploitables et reproductibles. Des techniques alternatives de biopsie non invasives n’ont pas permis à ce jour d’obtenir des résultats satisfaisants. Le prélèvement de tissu pour déterminer le génotype des souris est réalisé systématiquement sous anesthésie gazeuse. Pour les jeunes individus, ce prélèvement sera réalisé à l’extrémité de la queue précocement, à l’âge de 21 jusqu’à 30 jours au moment du sevrage, avant l’ossification complète de la queue ce qui permet de limiter la nuisance de ce geste. Chez l’adulte, un prélèvement d’un morceau du pavillon de l’oreille en dehors de la zone cartilagineuse sera privilégié. La taille de la biopsie est réduite à son minimum. Les animaux sont hébergés en groupe social, en cage ventilée enrichie avec du matériel permettant de répondre à leurs besoins (nidification, se cacher, ronger) avec accès à l’eau et à l’alimentation ad libitum.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La pertinence de l’espèce choisie a été justifiée dans les projets de recherche réalisées dans l’animalerie. Ils font appel à des souris génétiquement modifiées. Pour les individus nécessitant une biopsie de l’extrémité de la queue pour génotypage, ils sont âgés de 21 à 30 jours maximum. Pour les individus nécessitant un prélèvement d’un morceau du pavillon de l’oreille, ils sont agés de plus de 6 semaines.