
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-07 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-516876)
7 040 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, chacune pouvant recevoir jusqu’à deux gavages par jour pendant huit semaines. Une injection de lymphocytes T dans l’abdomen de souris immunodéficientes y déclenche une colite, avec diarrhée, sang dans les fèces, perte de poids et parfois des lésions de type psoriasis, tandis que les animaux subissent des prélèvements de sang au sinus rétro-orbital ou à la jugulaire, deux à quatre notations de symptômes par semaine et jusqu’à deux échographies intra-rectales. Le bénéfice annoncé tient en une phrase, tester « à terme » de nouvelles approches thérapeutiques pour les malades. Le porteur écrit que l’évolution de la maladie entraîne « une perte de poids majeure sans impact sur le bien-être général de la souris ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), telles que la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), sont des pathologies caractérisées par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, due à une dérégulation du système immunitaire avec pour conséquence des lésions destructrices. Ces maladies présentent des caractéristiques communes : migration de cellules inflammatoires au niveau de la paroi du tube (dans tout le système digestif pour MC alors que la RCH affecte plus le rectum et le colon). L’augmentation et la dérégulation du recrutement des granulocytes et leur suractivation contribuent à la chronicité et à l’amplification de la maladie. Le nombre de malades atteints de MICI est estimé en Europe à 1 million de patients ayant une MC et 1,5 million un RCH. Leur fréquence varie considérablement d’un pays à l’autre et leur incidence augmente avec le niveau de développement socio-économique des pays. En France, en 2022 on dénombrait 303800 personnes prises en charge pour MICI dont 53% de femmes. Les MICI sont diagnostiquées chez des sujets jeunes (entre 20 et 30 ans pour la MC, 30 à 40 ans pour la RCH). La MC prédomine chez les femmes de façon claire notamment entre 20 et 40 ans ; la RCH est plus fréquente chez l’homme après 30 ans.. S’il n’existe pas de traitement pour guérir ces maladies, les médicaments actuels permettent la plupart du temps leur contrôle durable et une qualité de vie satisfaisante des 2 types de pathologies en dehors des poussées. Toutefois certains patients ne répondent pas ou plus aux traitements proposés. Il est donc nécessaire de découvrir de nouvelles alternatives thérapeutiques. L’objectif du projet est d’évaluer l’efficacité de nouveaux composés dans un modèle de transfert de lymphocytes T provenant de souris immunocompétentes à des souris immunodéficientes. Les symptômes observés dans ce modèle sont reconnus comme étant caractéristiques des deux pathologies. Seules les molécules ayant démontré une efficacité in vitro sur les différentes voies de signalisation ciblées dans le cadre de ces pathologies seront testées chez l’animal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A terme, ce projet permettra de tester et développer de nouvelles approches thérapeutiques innovantes ayant le potentiel d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients atteints de MICI.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1- injection par voie intra-péritonéale de cellules inflammatoires une fois dans l’étude : moins de 1 minute, vigile 2- les composés ou leur solvant seront administrés par gavage (maximum deux fois par jour), par voie intraveineuse (maximum trois fois par semaine) ou intrapéritonéale (une fois par jour) pendant 8 semaines maximum: moins d’une minute à chaque administration, vigile. 3- 1 prélèvement sanguin : veine jugulaire ou sinus rétro-orbital, 1 fois dans l’étude, 5 minutes, anesthésie gazeuse 4- 3 autres prélèvements au maximum dans une journée, veine saphène ou submentale médiale (n’excédant pas en tout 150µL, répartis sur 1 ou 2 jours, 15 minutes en tout, vigile) pour la pharmacocinétique 5- 2 à 4 scorings par semaine, 15 min à chaque fois, vigile 6- au maximum 2 échographies intra-rectales, 20 min chacune, sous anesthésie gazeuse
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’injection intrapéritonéale de lymphocytes T chez des souris immunodéficientes induit le développement des signes cliniques des MICI. Les effets indésirables attendus chez ces souris incluront donc une diarrhée, du sang dans les fèces et de la perte de poids. Conformément à ce qui est décrit dans la littérature et à ce qui a été observé lors de projets précédents, des signes de psoriasis peuvent également apparaitre. Les souris recevront également différents traitements (pendant au maximum 8 semaines) par gavage oral ou par injection intrapéritonéale ou intra-veineuse, traitements susceptibles de créer de l’inconfort voire de la toxicité. Conformément à ce qui est décrit dans la littérature, confirmé par notre expérience, l’évolution de la maladie entraine une perte de poids majeure sans impact sur le bien-être général de la souris (mobilité, toilettage..) D’autres gestes effectués seront également susceptibles de générer de l’inconfort et incluent : – les différents prélèvements de sang réalisés – l’administration intra-rectale de gel d’échographie nécessaire à l’acquisition d’images de colon par échographie – l’acquisition d’images de colon par échographie intra-rectale
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront mises à mort. Les tissus seront collectés post-mortem pour l’analyse de la physiopathologie.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
À ce jour, aucun modèle cellulaire ne récapitule complètement l’installation d’une MICI dans un organisme, la complexité cellulaire associée, ni même la cinétique d’absorption et d’élimination d’une molécule. Cette complexité rend ainsi nécessaire l’utilisation d’expériences in vivo pour évaluer l’efficacité de potentiels candidats médicaments. Les expérimentations chez l’animal permettent de préserver l’intégrité des organes impliqués dans la pathologie, leurs interactions cellulaires et leurs interactions avec les systèmes nerveux, endocrinien, circulatoire, gastro-intestinal, immunitaire. Ils sont indispensables pour comprendre les mécanismes pathogéniques, identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, tester l’efficacité et la toxicité de thérapies innovantes.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utiliserons un modèle bien établi dans la littérature afin de limiter la phase de mise au point et ainsi de réduire le nombre d’animaux. Le nombre de souris utilisées par groupe sera réduit au minimum tout en permettant une bonne analyse statistique. Le modèle ayant été mis en place depuis plusieurs années, nous savons qu’il faut 12 animaux par groupe pour une étude thérapeutique et 20 animaux par groupe pour une étude prophylactique. Tous les composés qui seront testés dans ce modèle seront sélectionnés sur la base de leur efficacité in vitro et leur bonne distribution pharmacocinétique. Un grand nombre de composés synthétisés sont préalablement éliminés sur la base de ces résultats et ne sont pas évalués in vivo.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux feront l’objet d’une surveillance journalière. Enfin, si les points limites préalablement établis sont atteints, l’animal sera mis à mort de façon anticipée afin d’éviter toute souffrance. Afin de réduire le stress, Les animaux seront hébergés dans un environnement contrôlé en continu (température, pression, hygrométrie, renouvellement d’air, alternance jour/nuit) relié à un système d’alarme. La densité dans les cages sera en conformité avec les recommandations et autant que possible, les groupes d’animaux dans les études resteront ceux formés pendant l’acclimatation. Les animaux et leurs conditions d’hébergement (environnement, nourriture, eau de boisson) seront sous surveillance quotidienne. L’environnement des animaux sera enrichi à leur arrivée et pendant toute la période d’acclimatation (igloo, sizzle pad, aspen).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation de la souris est basée sur une littérature abondante décrivant ce modèle de MICI induit par le transfert de lymphocytes T à des souris immunodéficientes Les animaux seront utilisés au stade adulte afin d’évaluer les composés d’intérêt à visée anti-inflammatoire sur un système immunitaire mature.