
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-524661)
98 rongeurs, 84 souris et 14 rats, vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Les souris reçoivent une injection de kaïnate dans l’hippocampe qui déclenche un état de mal épileptique parfois mortel puis des crises récurrentes, avec implantation d’électrodes cérébrales et gavages répétés du produit testé, avant prélèvement du cerveau. Le projet évalue le probénécide, un médicament déjà connu, comme piste de traitement des épilepsies résistantes et des crises d’absence. Le porteur affirme qu’il faut tester l’effet dans un « organisme entier représentatif » et présente les modèles souris kaïnate et rat GAERS comme les modèles de référence.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’épilepsie est une pathologie neurologique concernant 0.8% de la population. Elle consiste en la récurrence spontanée de crises, reflétant un fonctionnement cérébral anormal sous forme de décharges neuronales excessives. Malgré l’existence de nombreux antiépileptiques, près d’1/3 des patients sont résistants à ces traitements, qui ont de nombreux effets secondaires du fait de leur action sur des cibles impliquées dans l’activité physiologique. Notre équipe a récemment montré que le canal pannexine 1 est une cible thérapeutique d’intérêt en épilepsie de par son rôle dans le déclenchement des crises. Cette démonstration s’est faite ex vivo avec un peptide connu pour agir sur le canal et un agent pharmacologique, le probénécide. Le probénécide est un médicament utilisé pour son action sur des canaux rénaux, mais qui est également actif sur la pannexine 1. Un premier test dans le modèle de souris kaïnate a confirmé l’intérêt du probénécide sur les crises épileptiques après administration unique. Nous cherchons à mieux caractériser son effet pour permettre son développement comme futur traitement. Pour cela, nous devons l’évaluer dans des modèles mammifères représentatifs de la pathologie, tel qu’un modèle de souris générant des crises épileptiques résistantes et un modèle de rat générant des crises épileptiques d’absence. Le modèle kaïnate est un bon modèle préclinique pour évaluer l’effet de potentiels traitements anti-épileptiques car il reproduit différents aspects cliniques et tissulaires des patients ayant une épilepsie focale. De plus il a été montré que notre cible, la pannexine 1, est surexprimée et activée dans ce modèle au moment des crises, comme ce qui est observé dans le tissu cérébral de patients épileptiques. Pour l’absence, il existe un modèle génétique bien caractérisé, le rat GAERS, et des études montrant l’intérêt de la pannexine dans ce type d’épilepsie. Ces deux modèles permettront de tester différentes doses de probénécide et d’évaluer leur effet sur les crises. La distribution du produit après administration orale dans le plasma et le cerveau sera étudiée, permettant de corréler un effet pharmacologique à une concentration spécifique. Enfin, pour mieux caractériser l’effet du traitement, nous évaluerons, l’effet du probénécide sur différents marqueurs tels que la mort neuronale, l’activation des cellules gliales et l’inflammation.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de mieux comprendre l’effet du probénécide sur les crises épileptiques dans un modèle d’épilepsie. Nous voulons avec ce projet évaluer la dose efficace, le temps d’efficacité d’une administration et voir quel mode d’administration (unique et répétée) serait le plus pertinent. A long-terme, ce projet permettra d’évaluer la capacité du probénécide à être développé comme un traitement potentiel des crises épileptiques focales résistantes et/ou des crises d’absence.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1) injection d’une molécule (0,1µl/mn) durant une chirurgie réalisée (anesthésie générale) sur l’ensemble des animaux de la procédure réalisée une fois sur chaque animal, l’intervention dure environ 20 minutes par animal. 2) Chirurgie pour implantation d’émetteurs pour enregistrements et mesures de l’activité du cerveau par électroencéphalogramme (EEG) sous anesthésie générale et analgésie sur l’ensemble des animaux (40minutes par animal). 3) Gavage unique (1fois) ou répété de solution (3 fois par jour durant 4 jours), sur animaux vigiles. L’intervention dure environ 1 minute par animal. 4) enregistrement continu d’EEG sur animaux vigiles dans leurs cages allant de 3 à 5 jours consécutifs. 5) Perfusion des animaux profondément sédatés. L’intervention dure environ 40min (injection d’analgésique 30min avant, puis environ 10min de perfusion)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’administration de kaïnate intra-hippocampique provoque un état de mal épileptique parfois très important, pouvant entrainer la mort de l’animal. Une fois stabilisé, il entraine surtout des crises récurrentes. L’implantation des électrodes peut entraîner des effets secondaires tels qu’une infection, un œdème, et/ou de la douleur. Aux doses utilisées (doses pharmacologiques et non toxiques) les produits administrés par voie ne sont pas connus pour être irritant et entraîner de gêne lors de l’administration. Le principal risque vient de la voie d’administration (risque de fausse route).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour toutes les procédures: Euthanasie. L’objectif est de pouvoir récupérer du plasma et le cerveau pour quantifier le produit administré ou de récupérer le tissu cérébral fixé pour effectuer des études histologiques et immunohistochimiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but majeur du présent projet est d’étudier l’effet du probénécide comme potentiel traitement des crises épileptiques: il est nécessaire d’évaluer cet effet dans un organisme entier représentatif, afin de tester si par la voie orale (voie clinique) le produit est capable d’assurer un effet pharmacologique au niveau du cerveau à des doses compatibles à celles administrables à l’Homme. La souris kaïnate est un modèle mammifère représentatif de l’épilepsie résistante et le rat GAERS de l’épilepsie absence.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
24 animaux seront utilisés pour étudier la pharmacocinétique aigue ou chronique. Un n de 3animaux/point/groupe. 56 animaux seront utilisés pour l’étude de pharmacologie de notre molécule soit 6 animaux par groupe. Enfin, les mêmes rats GAERS seront utilisés pour étudier tous les produits à toutes les doses, que ce soit de façon aigüe ou sub-chronique. De plus, les mêmes animaux seront utilisés en fin d’étude pour évaluer la pharmacocinétique du produit. Nous nous basons sur un groupe n=12 animaux par groupe. Un risque de perte de 15% a été pris en compte pour les trois parties du projet afin de palier aux aléas expérimentaux et de pouvoir réaliser des tests statistiques. Le nombre total d’animaux pour ce projet est donc de 98.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après administration du kaïnate, les animaux seront surveillés quotidiennement. Tout animal montrant un problème de confort à la suite de l’opération sera mis sous surveillance accrue. Une attention particulière sera donnée si l’animal se gratte, présente une plaie, ou montre des signes de douleurs et un comportement adapté sera mis en place. Durant la procédure de chirurgie pour l’implantation des électrodes, l’asepsie sera maintenue via l’utilisation de matériel propre et stérilisé, un champ et des gants stériles, et la désinfection locale de la plaie afin de prévenir les risques d’infection. La plaie sera surveillée et nettoyée si besoin. Les animaux seront médicamentés durant et après la chirurgie pour assurer une analgésie adéquate, et le traitement sera adapté si besoin. Après l’opération, les animaux seront isolés 7 jours afin d’assurer qu’un congénère ne vienne pas altérer la suture. Tout animal montrant un problème de confort à la suite de l’opération sera mis sous surveillance accrue. Une attention particulière sera donnée si l’animal se gratte, présente une plaie, ou montre des signes de douleurs et un comportement adapté sera mis en place. L’aspect extérieur et le comportement de l’animal seront évalués après chaque administration : comportement général, niveau d’activité, déplacement et rythme respiratoire. Un animal pourra être sorti de l’étude et euthanasié s’il présente une souffrance (prostration, poil érectile, …) ou s’il montre une souffrance respiratoire qui serait le signe d’une fausse route (administration du produit dans les poumons plutôt que par voie orale). Les points limites sont définis par des changements dans l’aspect physique/comportement ou si des blessures sont constatées. Les animaux seront euthanasiés si leur bien-être est compromis. Les animaux seront soumis à un rythme d’éclairage de 7h à 19h, avec nourriture et eau ad libitum. De plus, nous utiliserons la grille d’évaluation du bien-être animal validée par le comité éthique pour suivre quotidiennement les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les rats et souris (rongeurs) sont des espèces mammifères qui donnent une bonne représentation des phénomènes biologiques humains. Les deux modèles utilisés ici sont des modèles reconnus de syndromes épileptiques humains et sont utilisés afin d’évaluer la pertinence d’un traitement avant que celui-ci puisse être testé chez l’Homme. L’un des objectifs du projet est d’évaluer l’effet d’un traitement dans un modèle d’épilepsie du lobe temporale pharmaco-résistante : le modèle souris kaïnate. Pour cela, les animaux seront utilisés à l’âge adulte, dès leur arrivée : 6semaines à réception dans notre laboratoire et seront gardées jusqu’à 12 ou 13 semaines en fonction des expérimentations. Ces souris étant validées comme étant un bon modèle d’épilepsie chez l’adulte, nous induisons cette épilepsie sur un cerveau mature sain, permettant d’obtenir un cerveau épileptique sans risque de remaniements lié à l’âge de l’animal Les rats GAERS sont élevés dans notre laboratoire et utilisés dès l’age de 3 mois. A cet âge, les crises généralisées qui caractérises l’épilepsie absence sont bien définies et le profil EEG bien dessiné. Il est également plus facile de faire l’experimentation sur un modèle adulte.