
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-10-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-540856)
1 316 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent pendant six semaines un traitement par voie orale ou intranasale, subissent une chirurgie d’implantation d’électrodes cérébrales, des séances d’IRM et de TEP, des prélèvements de sang et une restriction alimentaire, tout en étant laissées vieillir jusqu’à vingt-sept mois pour reproduire un déclin cognitif. Le porteur mentionne des tests comportementaux sans en préciser la nature, et reconnaît devoir accepter une détérioration physique liée à l’âge. Il affirme qu’il est « indispensable » de se reposer sur un modèle intégré et que le remplacement des souris n’est pas envisageable.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet répond au besoin clinique de développer la stratégie thérapeutique optimale visant à modifier la trajectoire cognitive de patients souffrants de troubles neurocognitifs légers et à risque d’évoluer vers une démence (troubles neurocognitifs majeurs). En effet, selon les rapports cliniques récents environ 35% des patients âgés répondant aux critères de MCI (Mild cognitive impairment), c’est à dire souffrant de troubles neurocognitifs légers vont développer dans les 5 années qui suivent une démence. Malgré le développement de biomarqueurs pronostiques permettant d’identifier précocement les sujets les plus à risque de développer une démence, les stratégies thérapeutiques actuellement à notre disposition sont peu efficaces pour modifier la trajectoire cognitive de ces patients. Il apparait donc indispensable de développer de nouvelles approches thérapeutiques combinées efficaces afin d’améliorer la prise en charge des patients à risque. Dans ce projet expérimental nous testerons plusieurs molécules pharmacologiques susceptibles de potentialiser les effets bénéfiques de l’entrainement cognitif afin de sélectionner la combinaison optimale apportant un bénéfice fonctionnel, comportemental et neurobiologique dans plusieurs modèles de troubles cognitifs liés à l’âge chez les souris mâles et femelles.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
CCe projet permettra de valider l’aspect translationnel de notre démarche grâce à l’étude « preuve de concept » engagée en parallèle au sein de notre équipe de recherche clinique et dont nous nous sommes inspirés pour élaborer le design expérimental de ce travail. L’une des molécules pharmacologiques testées dans ce projet pré-clinique sera le méthylphénidate qui est le traitement administré dans l’étude clinique PACTE. Ceci permettra d’évaluer 1- la comparabilité de la réponse au traitement de nos modèles murins avec les données humaines, 2- la pertinence des marqueurs fonctionnels et 3- d’étudier les mécanismes neurobiologiques de plasticité susceptibles d’expliquer les effets bénéfiques sur la cognition. Fort de cette démarche, ce projet permettra de comparer les bénéfices thérapeutiques (en premier lieu cognitifs) apportés par les différentes stratégies et molécules testées et de sélectionner la meilleure combinaison thérapeutique qui aura prouvé son efficacité sur les différents modèles murins de troubles cognitifs i.e. lié à l’âge et combinant âge + facteur de risque métabolique. Il sera aussi question d’identifier et de valider des biomarqueurs de suivi thérapeutique radiologiques, électrophysiologiques et biologiques translationnels. Si les résultats sont favorables, ces éléments serviront de base à l’élaboration d’un nouvel essai clinique orienté qui fera suite à l’étude PACTE actuellement menée chez les volontaires sains âgés.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sur 640 souris mâles et 480 souris femelles : Les souris recevront un traitement de 6 semaines selon une administration quotidiennement par voie orale ou intranasale dont le temps d’administration n’excèdera pas 5 min par animal. Concernant l’analyse comportementale les souris seront soumises à 3 séries d’évaluations d’une durée allant de 1 à 3 mois à raison de 30 min à 1h de test quotidien. L’entraînement cognitif sera quant à lui réalisé 3 fois par semaine pendant 6 semaines et ne durera pas plus d’une heure. L’examen d’imagerie cérébrale in vivo (IRM et TEP) sera réalisée à 3 temps et n’excèdera pas 1h15 par souris. Afin de mener les enregistrements EEG sur une partie des animaux, une chirurgie sera réalisée permettant l’implantation des électrodes. Celle-ci n’excèdera pas 45min par souris. Les enregistrements seront réalisés sur animaux vigiles au repos (acquisition de 24h) ou en cours de tâche comportementale (acquisition de 1h) grâce à un système d’enregistrement EEG sans fil (Neurologer, TSI). Ces enregistrements seront répétés 3 fois. Enfin sur l’ensemble des animaux, trois prélèvements sanguins seront effectués sous anesthésie, d’une durée maximale de 10min par souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans la perspective d’une utilisation clinique, les molécules pharmacologiques retenues dans ce projet sont connues pour leur bonne tolérance. Aucun effet indésirable n’est attendu. La combinaison avec l’entrainement cognitif n’est pas non plus problématique. Les voies d’administrations retenues pour ces molécules sont compatibles avec une prise chronique (via l’eau de boisson, la nourriture ou encore en intra-nasal). Une habituation à la contention préalable à l’induction du traitement sera réalisée pour l’administration intra-nasale afin de réduire le stress de l’animal. Lors de la chirurgie, nécessaire au positionnement des électrodes EEG, ou au cours des acquisitions en imagerie, l’induction et le maintien de l’anesthésie peut provoquer des détresses respiratoires et une hypothermie. Pour contrôler ces effets, nous veillerons sur l’état général des animaux pendant les procédures en contrôlant la température corporelle et la fréquence respiratoire. Si ces paramètres viennent à se dégrader rapidement nous mettrons fin à l’expérimentation. De même à l’issue de la chirurgie, au moindre comportement inhabituel d’un animal, nous procéderons à une surveillance plus stricte et en cas d’atteintes des points limites, nous procéderons à la mise à mort de l’animal. Concernant l’évaluation comportementale une habituation à la manipulation sera réalisée à l’arrivée des souris pour réduire le stress. La principale nuisance est la restriction alimentaire qui sera maintenue sur une période relativement longue (2 fois 2 mois espacés d’1 mois) afin de motiver les animaux dans les tâches de conditionnement opérant. Nous ne dépasserons pas une réduction de 10 % du poids corporel de référence afin de limiter l’impact sur les animaux âgés. Enfin les animaux seront confrontés aux effets du vieillissement sur l’organisme : perte de poids, une altération du pelage, une diminution de la mobilité etc. Nous serons donc contraints d’accepter un certain degré de détérioration physique lié à l’âge. Aussi, au fur et à mesure que les changements observés s’accumulent ou augmentent en « intensité », la fréquence de la surveillance augmente en conséquence. Au moindre comportement inhabituel et changements brutaux de l’intégrité physique d’un animal, nous procéderons à une surveillance plus stricte et en cas d’atteintes des points limites, nous procéderons à la mise à mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble de ces animaux seront évalués sur le plan comportementale et d’imagerie du vivant ou EEG avant leur mise à mort afin de permettre le prélèvement du cerveau pour en étudier les modifications au niveau cellulaire et moléculaire. Dans un souci de réduction du nombre d’animaux utilisés au cours de ce protocole, nous avons intégré dans la mesure du possible, les animaux a toutes les procédures mises en oeuvre dans ce projet.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche translationnelle assurant le lien entre la recherche fondamentale et la recherche clinique et permettant le transfert des connaissances vers des applications thérapeutiques au bénéfice du patient. Cherchant à évaluer le bénéfice comportemental et fonctionnel de stratégies thérapeutiques pro-cognitives, il est indispensable de se reposer sur un modèle intégré et le remplacement des souris par des méthodes alternatives n’est pas envisageable dans ce contexte. Toutefois l’ensemble des molécules pharmacologiques utilisées dans ce travail ont fait l’objet d’études préalables permettant de valider les propriétés recherchées pour cette étude.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des procédures expérimentales nécessaires à cette étude requière un nombre total de 1316 animaux. Le nombre minimal d’animaux nécessaire a été défini pour assurer la validité scientifique et statistique des résultats. Les animaux utilisés pour effectuer les tests comportementaux seront également utilisés pour les analyses d’imagerie ainsi que l’étude des mécanismes moléculaires et cellulaires. De même afin de limiter les animaux nécessaires à la mise au point du protocole, une étude préliminaire validant la faisabilité de l’ensemble des évaluations sera menée sur un petit nombre d’animaux avant d’élargir les effectifs. Les études statistiques seront réalisées à l’aide de tests paramétrique t test de student ou non paramétrique test de Mann whitney selon la normalité de la distribution déterminée selon le test de Shapiro Wilk. Pour les évaluations longitudinales une ANOVA à deux facteurs sera effectuée. Pour l’ensemble de ces analyses les différences seront significatives lorsque p
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront hébergées dans des portoirs ou armoires ventilées sous un cycle de lumière 12h/12h selon la règlementation, avec nourriture et accès à l’eau ad libitum. Le raffinement est assuré par un hébergement collectif, de l’enrichissement dans les cages, des sessions d’acclimatation aux expériences, une manipulation expérimentée des animaux. De plus, un suivi quotidien du bien-être des animaux sera effectué pour surveiller l’apparition éventuelle de souffrance ou de points limites pour lesquels des décisions adaptées seront prises. Un point limite a été déterminé selon les critères suivants : Le comportement général : -Difficulté de mobilité, isolement, perte partielle de réactions aux stimuli -Prostration, automutilation, tremblements – Vocalisations, agressivité Le poids : perte de poids importante (20%) L’apparence physique : pelage très terne ou souillé, plaie cutanée, hémorragie oculaire, génitale et/ou anale. Selon les critères observés et la cause identifiée, les animaux seront soit isolés et soignés, et/ou recevront un traitement analgésique (Buprénorphine, 0.05 mg/kg), ou seront euthanasiés par dose létale de pentobarbital dans une salle dédiée (Doléthal®, 182.2mg/kg) . La structure BEA ou le vétérinaire référent seront sollicités pour avis si besoin.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris sont des rongeurs faciles à manipuler, prenant moins de place dans une animalerie et demandant un entretien plus simple et plus économique que les rats. De plus, des projets précédents menés au laboratoire sur la souris ont permis d’établir les bases du projets actuels par l’étude de l’influence de l’âge sur les effets de médicaments psychotropes. L’utilisation de cette base de données pré-existante permettra de réduire le temps et le nombre d’animaux dédiés à la mise au point de ce projet. D’autre part le modèle de syndrome métabolique mis en place au laboratoire n’a été validé que chez les souris C57Bl6/j reconnues pour être particulièrement sensibles à un régime enrichi en gras. Enfin, nous disposons d’outils fiables et de protocoles bien validés pour l’évaluation comportementale et les analyses en imagerie chez la souris. Les modèles murins que nous souhaitons exploiter doivent présenter un déclin lié à l’âge c’est pourquoi l’ensemble des animaux diète normale ou diète enrichie seront utilisés à partir de 16 mois d’âge (âge où les premiers désordres comportementaux et notamment des altérations cognitives légères se manifestent) et suivies jusqu’à environ 27 mois. Pour autant les souris du modèle syndrome métabolique seront mises sous diète enrichie à partir de l’âge de 8 semaines, âge le plus couramment utilisé dans la littérature pour induire des troubles métaboliques chez ces souris