
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-18 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-608369)
24 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent dans leur eau de boisson un mélange de huit virus mangeurs de bactéries (bactériophages), avec surveillance clinique et recueil de selles pendant quatre semaines, puis une prise de sang sous anesthésie, pour vérifier l’innocuité de ce produit avant un essai chez des malades de Crohn. Le porteur affirme n’attendre aucune douleur et juge les bactériophages inoffensifs pour les mammifères, mais prévoit tout de même de tuer les souris pour prélever organes et selles. Il indique que les agences réglementaires imposent cette vérification sur des organismes vivants, sans alternative possible.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bactériophages sont des virus qui possèdent la particularité de n’infecter que les bactéries et sont spécifiques de l’espèce bactérienne qu’ils attaquent. Certains bactériophages sont déjà utilisés chez l’homme sur les aliments ou à visée thérapeutique dans les infections à bactéries multirésistantes. Nous souhaitons utiliser un nouveau mélange de huit bactériophages sur l’alimentation humaine à visée de prévention des poussées inflammatoires chez les malades de Crohn. La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique intestinale qui touche environ 60.000 personnes en France et plusieurs millions de personnes dans le monde. Ce travail vise à vérifier l’innocuité de ce mélange de bactériophages chez l’animal avant de l’utiliser chez l’homme. Il comportera une surveillance clinique et une analyse du microbiote fécal (ensemble des microorganismes vivant dans les fèces) chez les souris exposées au cocktail de bactériophages dans leur eau de boisson comparées aux souris contrôles.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce travail a pour objectif de vérifier l’absence de toxicité d’un mélange de bactériophages chez l’animal avant son utilisation chez l’homme. Il permettra de mettre en place un essai clinique chez les malades atteints de maladie de Crohn. En cas de succès, ce travail permettra de réduire l’activité de la maladie avec des bénéfices directs pour le malade : réduction du nombre de poussées inflammatoires, réduction du nombre de complications et réduction d’exposition à des médicaments immunosuppresseurs. Ce travail permettra aussi de réduire le coût collectif de la maladie en termes de nombre d’hospitalisations et de coût des traitements.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une surveillance clinique (aspect, comportement et pesée) sera réalisée deux fois par semaine et le recueil de selles une fois par semaine pendant 4 semaines. Lors du recueil de selles, l’animal sera isolé dans une boite en plastique pendant 30 minutes maximum. A la fin de la procédure, un prélèvement de sang sera réalisé sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Aucune douleur n’est à attendre. Les bactériophages sont des virus qui possèdent la particularité de n’infecter que les bactéries et sont spécifiques de l’espèce bactérienne qu’ils attaquent. Ils sont réputés inoffensifs pour les organismes tels que les mammifères (humains, animaux).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de vérifier l’innocuité des bactériophages, les animaux seront euthanasiés afin de récupérer les différents organes et les selles.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bactériophages sont des organismes vivants. Les agences règlementaires en France demandent donc de vérifier leur innocuité avant leur utilisation chez l’homme. Nous ne pouvons donc nous affranchir de l’utilisation d’organismes vivants, aucune alternative de remplacement ne peut être envisagée. Cependant des techniques pour déterminer la concentration en bactériophages ont été préalablement mises au point in vitro, afin de remplacer autant que possible l’utilisation de ces animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons réduit le nombre de souris au minimum nécessaire et suffisant pour valider scientifiquement notre étude du point du vue de l’analyse statistique .
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront surveillées quotidiennement pendant toute la durée du protocole par du personnel compétent. Tout au long de la procédure, tous les animaux seront évalués cliniquement 2 fois par semaine pour chaque animal. Ce score (prenant en compte la variation du poids de l’animal, son apparence, le changement de comportement) permettra de prendre des mesures progressives (points limites) en fonction de l’élévation du score (augmentation de la fréquence des observations, administration de solution saline pour lutter contre la déshydratation, euthanasie précoce). L’environnement des animaux sera enrichi afin de leur permettre d’avoir un comportement le plus naturel possible (cotons, maisons, cycle jour/nuit).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un animal vertébré dont l’anatomie et la physiopathologie de l’infection par voie orale sont suffisamment proches de celle de l’homme pour autoriser l’étude des thèmes mentionnés plus haut. La souris est l’espèce la plus utilisée par la communauté scientifique internationale dans la thématique de l’infection par voie orale. Nous utiliserons les animaux à l’âge adulte entre 6 semaines et 8 semaines d’âge car le microbiote intestinal est stable chez la souris à partir de 6 semaines.