
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-620115)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet a pour but d’évaluer la toxicité des produits chimiques, agrochimiques et pharmaceutiques dans un contexte réglementaire ou de recherche et développement afin de définir les conditions sécurisées de leur manipulation sur leur lieu de fabrication, leur stockage, leur transport et leur manipulation par les utilisateurs. Parmi les paramètres permettant d’évaluer la toxicité d’un produit chimique, nous évaluons sa toxicité systémique aigüe, son potentiel mutagène. Pour répondre aux exigences des instances réglementaires européennes ou de recherche avant mise sur le marché de produits chimiques, agrochimiques et pharmaceutiques nous réaliserons des tests de toxicité systémique aigue ou de mutagénicité (TAO : toxicité systémique aigue par voie orale, TAD : toxicité systémique par voie cutanée, MIC : test micronoyau de mutagénicité). Pour cela, le produit à tester est administrée par la voie qui convient chez le rat afin de déterminer la toxicité du produit, par les différents signes cliniques observés et effets délétères observés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permet d’évaluer la dangerosité potentielle sur la santé humaine liée à une substance chimique, agrochimique ou pharmaceutique. Ces études de toxicité et de mutagénicité permettront de définir les conditions de sécurité nécessaires pour leur manipulation lors de leur fabrication, leur stockage, leur transport et leur utilisation. Sur un plan plus large, ces évaluations, basées sur des normes très strictes, permettent d’évaluer la non dangerosité des médicaments ou des denrées alimentaires destinées à l’homme ou aux animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Toxicité aiguë par voie oral: traitement unique par gavage (temps de contention + gavage maximum 1min). Pesée à J0, J2, J7 et J14 (1min). Observations cliniques répétées dans les premières heures puis quotidiennes (si l’animal ne présente aucun signe il est observé dans sa cage, sinon il est tenu par l’expérimentateur sans contention pendant un temps pouvant varier en fonction des signes (max 5min)). Procédure pour la mise à mort (30sec x2). – Toxicité aiguë par voie cutanée: rasage (1min), traitement unique local par patchage (30 sec) / dépatchage (30 sec) (mise d’un pansement pendant 24h puis retrait). Pesée à J0, J2, J7 et J14 (1min). Observations cliniques répétées dans les premières heures puis quotidiennes (si l’animal ne présente aucun signe il est observé dans sa cage, sinon il est tenu par l’expérimentateur sans contention pendant un temps pouvant varier en fonction des signes (max 5min)). Procédure pour la mise à mort (30 sec x2). – Test de mutagénicité: traitement unique qui se fait par la voie la plus propice (gavage, patchage, injection) (selon la voie 30 sec à 1min), pesée quotidienne (1 min), observations cliniques répétées dans les premières heures puis quotidiennes (si l’animal ne présente aucun signe il est observé dans sa cage, sinon il est tenu par l’expérimentateur sans contention pendant un temps pouvant varier en fonction des signes (max 5min)), procédure pour la mise à mort (30 sec x2).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les réactions attendues sont des signes cliniques généraux relevant d’une toxicité aiguë : augmentation/diminution de l’activité spontanée des animaux ; diminution du mouvement involontaires des pavillons des oreilles déclenché par un son ; augmentation/diminution de la respiration, de la température corporelle, et du tonus musclaire ; limitation du réflexe de retournement ; aspect anormale de la ptose palpébrale, de l’aspect de la pupille, de l’aspect du poil ; observation de convulsions, tremblements, salivation, et larmoiement. La toxicité systémique peut également aboutir à la mort de l’animal. S’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. Concernant le test de toxicité aiguë dermique, en plus des effets systémiques, des réactions locales limitées à la zone de traitement peuvent être observées (sécheresse cutanée, perte de souplesse de la peau, érythème pouvant aller jusqu’à la formation d’escharre et/ou de croûte, desctruction de l’épidermes et du derme, œdème). Il est impossible d’estimer ou de prédire la durée de ces nuisances car elles seront dépendantes du produit testé. Cependant, une grille d’évaluation est mise en place en parallèle pour suivre le bien-être de l’animal, s’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. De plus les animaux traités par voie orale seront avant le test mis à jeûn pendant plusieurs heures (max 19h) et les animaux traités par voie dermique seront isolés pendant la durée de l’application (24 heures).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
– Toxicité aiguë par voie oral et cutanée: le but étant d’évaluer la toxicité systémique de la substance d’essai, une autopsie générale ainsi que celle du site de traitement (estomac ou peau) est réalisée en fin d’essai. Pour cela les animaux sont mis à mort en fin d’essai. – Test de mutagénicité : l’essai évalue la formation de micronoyaux dans les cellules sanguines prélevées dans la moelle osseuse des animaux. Pour ce faire, il est nécessaire de mettre à mort les animaux en fin d’essai afin de prélever leurs fémurs, os dans lesquels sera prélevé la moelle osseuse pour effectuer l’analyse.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’ensemble de ces tests n’est mené qu’après analyse de la fiche de données sécurité par le directeur d’étude. Ces fiches rassemblent l’ensemble des données permettant de caractériser le produit : identité et structure chimique, propriétés physico-chimiques, résultats obtenus dans tous les autres essais de toxicité in vitro et in vivo, données toxicologiques de substances semblables et/ou ayant un usage similaire. L’analyse de ces fiches permettra de déterminer la dose de produit au démarrage de l’étude, et des études d’irritation et de corrosion in vitro (sur tissus de peau reconstitués) peuvent également être exigées si un doute persiste sur le produit avant le début de l’étude in vivo. Néanmoins à ce jour aucun modèle in vitro, permettant d’évaluer la toxicité systémique aiguë des produits chimiques, agrochimiques et pharmaceutiques, n’est décrit dans les normes communément accepté pour autoriser la mise sur le marché.
2. Réduction
L’ensemble de ces tests n’est réalisé que sur un seul sexe (généralement des femelles) afin de limiter le nombre d’animaux. De plus les témoins dit négatif, traités avec des substances connus pour ne causer aucune toxicité mais permettant de diluer le produit si nécessaire, ne sont réalisés que deux fois par an et non à chaque essai, excepté pour le test de mutagénicité où le test négatif sera inclu dans chaque essai. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étape est fixé par les normes spécifiques aux procédures. Et ne peut donc pas être réduit. Le nombre de test annuel est basé sur une estimation au vu du nombre de tests effectués les années précédentes. Aucun test statistique ne sera effectué dans ces projets.
3. Raffinement
A leur arrivée, les animaux sont mis en cage par groupe de 2, 3 ou 5 animaux, par l’animalier qui effectue un premier contrôle de leur état de santé. En vue de leur acclimatation aux conditions du laboratoire, les animaux sont gardés pendant au minimum 5 jours avant le début des procédures, pour garantir leur bien-être. La taille des cages est adaptée aux critères de bien être animal, elles sont transparentes et contiennent de la litière constituée de copeaux de bois résineux déshydratée puis tamisée, ainsi que des frisottis, un tunnel en carton et des briquettes en bois comme enrichissement. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau et la litière souillée est remplacée par de la litière propre 2 fois par semaine. Une liste de point limite et une grille pour évaluer l’importance de ces points limites a été établi. S’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. Les points limites sont définis pour ces tests afin d’éviter toute souffrance inutile aux animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat, reste le modèle de choix utilisé pour les tests de toxicité. Il est décrit dans les lignes directrices de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) 402, 420, 423, 425 et 474 dont les versions originales ont été mises à jour en 2001 (OCDE 420 et 423), 2016 (OCDE 474), 2017 (OCDE 402) et 2022 (OCDE 425). L’espèce et le stade de développement des animaux à utiliser est imposé par les normes OCDE correspondantes. Nous utilisons des jeunes adultes de 8 à 12 semaines. Si des femelles sont utilisées, elles doivent être nullipares et non gravides.