Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Chez l’homme, les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI), telles que la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, résultent de réponses immunitaires non contrôlées contre la flore intestinale, entraînant une inflammation persistante et des lésions de l’intestin. Cette inflammation soutenue est due à de nombreuses molécules dont la production dépend d’une voie biochimique particulière. Nous travaillons sur un facteur capable de moduler cette voie inflammatoire et avons pour objectif de déterminer l’influence que ce facteur peut avoir dans l’inflammation intestinale. Pour ce faire, nous prévoyons d’utiliser un modèle utilisé en routine pour mimer chez la souris, l’inflammation associée aux MICI: induire une inflammation réversible au niveau du colon au moyen de sucres complexes administrés par l’eau de boisson. Nous étudierons les caractéristiques de cette inflammation influencée ou non par notre facteur d’intérêt. Nous examinerons en particulier le rôle de différentes cellules du système immunitaire dans ce processus. La compréhension du rôle de ce facteur régulateur dans la colite expérimentale pourrait ainsi ouvrir la voie à l’exploration de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant l’inflammation et aider à développer des approches innovantes pour moduler durablement l’inflammation chronique intestinale.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à une compréhension approfondie du rôle d’un facteur capable de moduler une voie biochimique majeure de l’inflammation qui est conservée chez l’homme et la souris. Cette étude se fera dans un modèle d’inflammation intestinale qui mime chez la souris, l’inflammation observable dans les maladies inflammatoires de l’intestin chez l’homme. Cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, en explorant la possibilité de manipuler l’activité de ce facteur pour réguler efficacement l’inflammation intestinale de manière ciblée et durable.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Au total, 384 souris seront pesées individuellement une fois par jour pendant 7 jours (durée estimée : 30 secondes par pesée). 48 souris recevront une injection unique dans l’abdomen d’un produit anesthésiant (environ 20 secondes par injection), puis ces 48 souris subiront une irradiation corporelle totale unique aux rayons X (durée estimée : 10 minutes). Ces souris recevront également, 4 heures après, une injection intraveineuse de cellules pour permettre la reconstitution de leur système immunitaire (durée estimée : 1 minute par injection). 6 souris recevront une injection unique dans l’abdomen d’un produit conçu pour induire localement le recrutement de cellules immunitaires (environ 30 secondes par injection). 48 souris recevront une injection unique dans l’abdomen d’un produit destiné à éliminer une partie de leurs globules blancs (environ 30 secondes par injection). 4 jours plus tard, ces 48 souris recevront une injection de cellules par voie intraveineuse (durée estimée : 1 minute par injection).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’induction de la colite peut provoquer un stress chez les animaux, principalement en raison de la gêne et de l’inconfort digestif liés à l’inflammation intestinale. Les symptômes incluent une modification de la consistance des selles et l’apparition possible de saignements entraînant une perte de poids et une diminution de l’activité. L’irradiation peut provoquer un stress modéré et affaiblir temporairement les défenses immunitaires, mais ces effets restent limités dans le temps. Les cellules immunitaires seront temporairement absentes pendant moins de deux jours, avant d’être remplacées par des cellules provenant d’autres souris, ce qui n’aura pas d’effet durable sur leur santé. Enfin, les injections peuvent provoquer une légère gêne localisée au point d’injection, mais celle-ci reste de très courte durée et limitée en intensité.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

À la fin de chacune des procédures, tous les animaux seront mis à mort afin de permettre le prélèvement du sang, des organes lymphoïdes et de l’intestin.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les analyses in vitro ne permettent pas de reproduire la complexité du système immunitaire, les interactions avec la flore intestinale, ni les interactions cellulaires qui régulent l’inflammation. En effet, l’inflammation intestinale implique non seulement les cellules immunitaires, mais aussi des cellules ayant des fonctions mécaniques, sécrétoires et régulatrices spécifiques, comme les cellules épithéliales intestinales, les fibroblastes locaux et des cellules du système nerveux. Ces différentes populations cellulaires communiquent via des médiateurs solubles, des interactions directes et des mécanismes d’activation complexes qu’il est impossible de recréer pleinement in vitro actuellement.

2. Réduction

3R / Réduction :

De nombreux paramètres immunologiques ou paramètres tissulaires seront analysés sur chaque animal afin de limiter au maximum le nombre de répétitions tout en garantissant la robustesse des résultats. Pour le modèle de colite induite chez la souris, la variabilité biologique, mise en évidence par des données de la littérature scientifique, nécessite l’utilisation de groupes de 6 animaux par condition. Ce nombre a été optimisé afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, tout en maintenant des conditions statistiques suffisantes pour une interprétation fiable des résultats. Enfin, deux des procédures ne seront mises en œuvre que si les résultats de la première procédure le justifient, garantissant une utilisation raisonnée des animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Dès le début de l’administration de l’eau de boisson modifiée, les souris seront surveillées quotidiennement et individuellement pendant 7 jours. Le suivi de l’inflammation intestinale sera assuré par une observation générale, une mesure du poids et un examen des selles. Toute souris présentant des signes manifestes de souffrance sévère sera immédiatement retirée de l’étude, anesthésiée sous anesthésie générale gazeuse et euthanasiée. Ces critères d’exclusion s’appliqueront également aux souris traitées pour des transferts de cellules. Toutes les procédures invasives seront réalisées sous anesthésie générale profonde afin de minimiser la douleur et le stress.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle de référence pour l’étude des maladies inflammatoires de l’intestin en raison de sa pertinence immunologique vis-à-vis des maladies humaines. C’est chez la souris que de nombreux modèles de maladies inflammatoires humaines, tels que celui de l’induction de colite, ont été développés et validés. De plus, la souris permet d’accéder à de nombreux variants génétiquement modifiés (indispensables pour explorer les rôles spécifiques de facteurs particuliers) et bénéficie d’une grande disponibilité d’outils d’analyse immunologique (anticorps, méthodes de dosage…). Sa proximité immunologique et inflammatoire avec l’homme, combinée à une reproduction rapide et des conditions expérimentales bien contrôlées, en fait un modèle pertinent pour cette étude. Enfin, l’utilisation de la souris permet une mise en perspective des résultats avec de nombreux travaux antérieurs connexes. Les souris seront utilisées à un âge compris entre 6 et 10 semaines au début de la procédure, un stade correspondant à l’âge adulte jeune, optimal pour l’étude des mécanismes inflammatoires et immunitaires. Ce choix est justifié par plusieurs facteurs. Tout d’abord, à cet âge, le système immunitaire est complètement mature, ce qui garantit une réponse inflammatoire reproductible et évite les biais liés à l’immaturité immunitaire des jeunes souris ou aux modifications du système immunitaire associées au vieillissement. De plus, l’homogénéité des réponses immunitaires dans cette tranche d’âge permet de limiter la variabilité interindividuelle, garantissant des résultats interprétables sans nécessiter un nombre excessif d’animaux.