
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-750857)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La mort cellulaire immunogène est un type de mort cellulaire déclenché dans le cadre de thérapies antitumorales comme les chimiothérapies. Il a été démontré qu’elle est déterminante pour l’effet à long terme de la thérapie anticancéreuse dans les contextes précliniques et cliniques. Elle implique un ensemble de motifs moléculaires associés aux dommages cellulaires. L’exposition et la libération spatiales et temporelles définies de ces motifs moléculaires dictent l’immunogénicité de la thérapie anticancéreuse. Il n’est pas encore démontré si une augmentation de l’effet de la tumeur ou des cellules malignes individuelles entraîne une immunogénicité. Cette incertitude a freiné l’exploration et l’application des traitements en lien avec la mort cellulaire immunogène. Les recherches visant à développer des mesures induisant ce mécanisme pour différents types d’entités tumorales bénéficieraient largement de la délimitation spatiale de l’émission de ces motifs et de leurs effets conséquents sur l’immunité antitumorale. Par conséquent, ce projet se concentrera sur l’élucidation du rôle et de l’origine (cellulaire ou tissulaire) des principaux motifs. Comprendre l’importance de ces motifs pour cette modalité de mort cellulaire immonogène et leurs modes d’interaction coopérative aidera les chercheurs à mieux mettre en œuvre lacette mort cellulaire dans différents types de tumeurs solides dans les thérapies cliniquement applicables.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet nous permettra de valider, dans des modèles précliniques, une nouvelle stratégie pharmacologique antitumorale efficace contre plusieurs types de cancer, en association avec d’autres thérapies et immunothérapies. À court terme, nous espérons aborder la question de l’origine des motifs liés à la mort cellulaire immunogène, ce qui permettra d’affiner les stratégies de traitement anticancéreux. À plus long terme, nous prévoyons de définir des conditions thérapeutiques optimales transposables en applications cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris recevront une injection sous anesthésie générale (2 min). De plus, elles recevront entre deux et sept injections suivant la procédure (animal vigile, anesthésie locale, durée maximale 1min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances découleront des interventions et greffes de cellules tumorales sous anesthésie générale, des injections de traitements, des suivis de croissance tumorale à l’aide d’un pied à coulisse ou d’imagerie tous les trois jours. Ces différentes manipulations peuvent entraîner du stress chez l’animal et les croissances tumorales en sous cutanées peuvent entraîner des douleurs locales et modérées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux du projet seront mis à mort afin de collecter divers organes pour des analyses immunologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux vivants est essentielle car ce projet vise à tester l’efficacité des traitements anticancéreux et à confirmer l’activation du système immunitaire, et actuellement, il est impossible de reconstruire un système immunitaire fonctionnel in vitro/ex vivo à cause des limites des technologies actuelles.
2. Réduction
Ce projet prévoit d’utiliser un maximum de 800 souris, avec 10 souris par groupe dans les procédures. Les expériences seront regroupées autant que possible afin de réduire le nombre d’animaux témoins. L’étude sera interrompue si la procédure initiale invalide l’hypothèse de travail. Plusieurs tissus seront prélevés et soumis à diverses analyses (immunologiques, histologiques ou de biologie cellulaire et moléculaire) afin d’extraire un maximum de données pour chaque expérience. Ces tissus seront également partagés avec nos collaborateurs afin de réduire le nombre d’animaux utilisés. Une analyse statistique a été réalisée pour calculer le nombre d’animaux requis.
3. Raffinement
Le poids des souris sera mesuré avant le début des traitements, et plusieurs fois par semaine lors de l’expérience de croissance tumorale Le stress des animaux sera évalué quotidiennement par des échelles d’hétéroévaluation. Des mesures seront prises pour limiter le stress : plusieurs souris par cage pour un hébergement en groupes sociaux, animaux hébergés au calme. Les interventions seront réalisées sous anesthésie générale ou non selon le geste à l’écart des animaux hébergés et par des personnes expérimentées. Des points limites ont été définis et seront strictement appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Plusieurs justifications d’ordre scientifique, et pratique sont à la base du choix de la souris comme modèle préclinique, notamment le fait que la souris est l’animal de laboratoire le plus couramment utilisé par la communauté scientifique internationale. Cela permet de travailler sur un modèle de mammifère suffisamment petit pour en avoir un certain nombre, suffisamment grand pour une mise en place des méthodologies envisagées relativement aisée et dont la génétique est la mieux connue. La souris est le modèle le plus utilisé dans notre centre de recherche, ce qui offre de nombreux avantages en termes d’élevage, d’animaleries, d’expertise en techniques d’expérimentation animale ainsi que le suivi microbiologique et vétérinaire des animaux. De plus, la pratique expérimentale que nous avons acquise sur cette espèce est désormais confirmée. Les animaux sont utilisés au stade adulte (à partir de 7 semaines) afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé et un système immunitaire mature.