
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-763538)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le mélanome est le cancer de la peau le plus agressif, et son nombre de cas augmente fortement. En France, il provoque plus de 2 000 décès par an (Inca, 2020). Lorsqu’il est détecté à un stade précoce, la chirurgie suffit généralement pour l’enlever. En revanche, s’il s’est déjà propagé dans l’organisme (métastases), le pronostic est très mauvais, avec une espérance de vie médiane d’environ 6 mois. Ces dernières années, de nouveaux traitements ont été développés, notamment des anticorps spécifiques et des médicaments ciblant certaines protéines impliquées dans la croissance des mélanomes. Cependant, ces traitements perdent souvent leur efficacité rapidement à cause du phénomène de résistance, empêchant une guérison durable. C’est pourquoi la recherche continue à explorer de nouvelles approches. Nous avons mis au point une molécule thérapeutique appelée « anticorps » capable de reconnaître une marque spécifique présente à la surface des cellules de mélanome. Nos premiers tests en laboratoire montrent que cet anticorps ralentit significativement la multiplication des cellules cancéreuses, comparé à un anticorps témoin. Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre le mélanome.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à évaluer l’efficacité de notre anticorps comme traitement contre le mélanome en testant son effet sur des modèles de souris porteuses de tumeurs humaines. Pour cela, nous injecterons des cellules de mélanome humain à des souris et comparerons l’effet de notre anticorps avec un anticorps témoin. Nous comparerons également son efficacité à celle du traitement de référence. L’intérêt principal de cette approche est de cibler uniquement les cellules cancéreuses sans affecter les cellules saines, ce qui limiterait les effets secondaires. Nos premiers tests en laboratoire ont montré des résultats prometteurs, mais il est essentiel de confirmer cette efficacité dans un modèle vivant avant d’envisager une application chez l’humain.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à un examen d’imagerie, sous anesthésie générale, une seule fois, ainsi qu’à des injections quotidiennes ou tous les 3 jours dans l’abdomen sur animal vigile, pendant 4 semaines maximum. Concernant le produit de contraste pour l’imagerie, une perfusion sera installée au préalable dans la veine de la queue de la souris (sous anesthésie) afin de pouvoir injecter le produit de contraste lorsque la souris sera dans l’imageur. L’examen aura une durée maximale de 30 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans cette étude sur le mélanome, les souris peuvent subir plusieurs effets indésirables liés à la croissance tumorale, aux traitements administrés et aux procédures expérimentales. La formation de la tumeur peut entraîner une gêne locale, voire une douleur si elle atteint une taille importante, pouvant aussi causer une perte de poids ou une altération de l’état général. Dans certains cas, la tumeur peut évoluer vers une nécrose, conduisant à une inflammation locale ou à une ulcération cutanée nécessitant une euthanasie anticipée. Les injections répétées des molécules thérapeutiques dans l’abdomen peuvent provoquer un léger inconfort abdominal et certains traitements anticancéreux peuvent affecter la fonction hépatique ou rénale, se traduisant par une fatigue accrue. De plus, la contention régulière pour la mesure de la tumeur au pied à coulisse ainsi que les injections fréquentes peuvent générer du stress, bien que ces manipulations soient effectuées rapidement pour minimiser l’inconfort. Enfin, l’imagerie, bien que non invasive, nécessite une anesthésie par isoflurane, qui peut induire une légère hypothermie ou une récupération plus lente chez certains animaux. Afin de limiter ces effets indésirables, une surveillance rigoureuse est mise en place et des critères éthiques stricts sont appliqués pour éviter toute souffrance excessive des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés après les examens pour permettre l’analyse des tumeurs et de certains organes. Ces analyses sont essentielles pour valider les données obtenues lors des examens d’imagerie ainsi que l’efficacité de l’anticorps évalué.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les expériences sur les cellules en laboratoire ne permettent pas de reproduire précisément les interactions complexes entre les cellules tumorales, les vaisseaux sanguins et les tissus environnants. L’utilisation d’un modèle vivant est donc nécessaire pour répondre aux questions posées par le projet.
2. Réduction
Le nombre de souris a été calculé grâce à des tests de puissance statistique. La mesure des tumeurs par pied à coulisse permet de suivre les animaux tout au long de l’étude sans avoir à les euthanasier à chaque étape, ce qui réduit considérablement le nombre d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
À leur arrivée, les souris seront installées dans des cages adaptées, avec de la litière changée régulièrement, des enrichissements (comme des tunnels, des dômes et du coton), ainsi que de la nourriture et de l’eau à volonté. Elles auront une semaine pour s’habituer à leur nouvel environnement. Ensuite, une injection sera faite pour que les souris développent une tumeur. Leur état sera suivi de près (taille de la tumeur, poids). À partir d’une certaine taille tumorale, les souris recevront une injection de substances thérapeutiques dans l’abdomen, tous les jours ou tous les 3 jours, associée à une récompense à base de céréales sucrées pour diminuer leur stress. Pour l’examen d’imagerie, les souris seront anesthésiées avec un gaz pour qu’elles restent immobiles. Elles seront placées sur un lit chauffant, et leur respiration et leur cœur seront surveillés en continu. Si des signes de douleurs sont observés dans le cadre de mise en ouvre de cette procédure alors des molécules analgésiques seront administrées aux animaux. Par ailleurs des points limites ont été mis en place et seront appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Des souris mâles et femelles immunodéprimées seront utilisées pour permettre l’implantation de cellules tumorales humaines sans rejet. Le cancer étudié étant le mélanome, il est plus représentatif de la réalité clinique d’utiliser les deux genres. De plus, des souris âgées de 6 semaines ont un poids suffisamment stabilisé pour évaluer l’efficacité de cette immunothérapie.