
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-25 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-823736)
Exposées à un mélange de quinze perturbateurs endocriniens et à une carence en iode avant l’accouplement, pendant la gestation puis pendant l’allaitement, 296 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les mères subissent une ponction sanguine rétro-orbitaire sur animal vigile, geste dont le porteur reconnaît le risque de douleur, d’infection et de saignement. Les 192 souriceaux nés de ces couples sont exposés par le lait maternel, puis tués à trois semaines ou à deux mois pour prélèvement des tissus. Trois tests comportementaux sont annoncés pour évaluer l’odorat, la mémoire et le stress, décrits seulement comme reposant sur l’exploration spontanée, sans qu’aucun ne soit nommé.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à étudier les effets à court et à long termes sur les molécules, les cellules et le comportement de l’exposition à un mélange de 15 perturbateurs endocriniens (PE) pendant la gestation en situation de carence iodée. Ces perturbateurs sont connus pour affecter les voies thyroïdiennes (essentielles au bon développement et fonctionnement du cerveau) et le développement neurologique du fœtus, surtout lorsqu’ils sont combinés à une légère carence en iode. Même si de l’iode est ajouté au sel depuis les années 70 pour combattre la carence en iode, celle-ci reste fréquente en Europe pendant la grossesse. L’objectif de ce projet est de recréer en laboratoire deux conditions environnementales courantes chez les femmes enceintes en Europe aujourd’hui : l’exposition de couples reproducteurs à un mélange de perturbateurs endocriniens et une carence modérée en iode. Pour ce faire, dans la procédure 1 nous validerons une méthode pour créer une carence en iode modérée chez des souris adultes (n=36) en 2 semaines. Dans la procédure 2, nous allons exposer des souris adultes mâles (n=20) et femelles (n=48) à un mélange de 15 perturbateurs endocriniens souvent retrouvés dans le liquide amniotique des femmes enceintes, en présence ou en l’absence d’une carence modérée en iode. Cela nous permettra d’étudier les effets à court et long terme sur les souriceaux exposés dès leur développement embryonnaire jusqu’à leur sevrage (via le lait des mères) dans la procédure 3. On aura quatre groupes d’exposition : contrôle (sans carence iodée ni PE), carence en iode modérée seule, mélange de PE seul et effet combinée de la carence en iode et du mélange de PE. Pendant la période de traitement, nous prévoyons de mesurer les niveaux d’hormones thyroïdiennes et d’iode. De plus, nous effectuerons des tests comportementaux sur la progéniture pour évaluer les effets du traitement (2 mois post natal) sur leurs fonctions cognitives (odorat, mémoire et stress). Nous prévoyons également de collecter les organes qui pourraient être affectés par le traitement, tels que le cerveau et la thyroïde, afin d’analyser le développement des cellules du cerveau et l’expression de certains gènes d’intérêt. Le nombre d’animaux dans la procédure 3 s’élève ainsi à 192 (48 souris/group = 12 femelles et 12 mâles dans deux âges : 3 semaines et 2 mois). Au total, 296 souris seront donc utilisées dans ce projet.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a un double bénéfice attendu : d’une part, celui de caractériser les effets d’un facteur aggravant (carence iodée modérée) dans un contexte d’exposition à des perturbateurs endocriniens pendant la gestation et d’autre part de renforcer les données scientifiques sur les effets néfastes des polluants ayant des propriétés de perturbateurs endocriniens/thyroïdiens sur la santé. L’expérimentation sur un modèle mammifère permettra de proposer un modèle au plus proche de la gestation humaine et de faire progresser les connaissances sur l’impact de 2 facteurs présents de façon habituelle dans la vie des femmes enceintes en Europe : carence modérée en iode d’une part et exposition aux perturbateurs endocriniens de l’autre. Cela permettra de renforcer les politiques de prévention des troubles du neurodéveloppement actuellement en augmentation de façon préoccupante en accompagnant les femmes enceintes afin d’éviter toute carence iodée pendant la grossesse et en particulier la phase précoce, et les aider à limiter leur exposition aux perturbateurs endocriniens.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une fois pendant la gestation, chez les mères, une ponction sanguine sera effectuée après anesthésie locale par gel, afin de doser les taux de hormones thyroïdiennes et d’iode et évaluer l’effet des traitements. La procédure de prélèvement dure environ 1 minute par souris. Les reproducteurs seront exposés 2 semaines avant accouplement, pendant accouplement et pour les femelles pendant la gestation (3 semaines) et lactation (3 semaines) Trois tests du comportement, qui se basent sur l’exploration spontanée des souris, sont envisagés dans ce projet. La durée des tests sont 5 min, 1h, quatre fois 8 min et trois fois 10 min pour une souris, un test du comportement par jour pendant cinq jours. Les souris issues des reproducteurs traités seront euthanasiées à la fin de l’expérience pour la collection de tissus à l’âge de 21 jours et 2 mois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les prélèvements sanguins en rétro-orbital causent un risque de douleur, infection et saignement. En plus, les animaux risquent être stressés car prélèvements sont faits sur animale vigile. Les tests de comportement peuvent également causer de stress aux souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux seront euthanasiés en fin de procédure pour la collection des tissus, ils ne peuvent donc pas être utilisés pour une autre étude expérimentale.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour comprendre les troubles du développement du cerveau et de la thyroïde pendant la grossesse et l’enfance, nous devons utiliser des modèles animaux dans notre recherche. Ces modèles nous aident à étudier comment différents facteurs, comme les hormones thyroïdiennes, l’iode et les produits chimiques perturbateurs endocriniens, affectent le développement du cerveau. Le développement du cerveau est très complexe et dépend de nombreux facteurs. Il est difficile de reproduire cette complexité en laboratoire, car il y a de nombreuses cellules et de processus impliqués. De plus, certains produits chimiques perturbateurs endocriniens peuvent agir comme des hormones et avoir des effets similaires, donc nous devons étudier ces effets dans un organisme complet pour les comprendre pleinement. Il est également important de tenir compte du sexe des animaux dans nos expériences, car nous savons que les réponses aux perturbateurs endocriniens peuvent varier selon le sexe. Nous devons donc analyser les résultats en fonction du sexe pour chaque expérience que nous menons.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet impliquera un total de 296 animaux : 36 animaux (6 femelles et 6 mâles par groupe) pour établir la carence d’iode modérée, 68 pour les animaux reproducteurs (48 femelles et 20 mâles) afin de produire 192 souriceaux répartis entre 4 groupes expérimentaux (48 souriceaux /groupe, 2 sexes, 2 âges = 3 semaines et 2 mois) : contrôle, carence modérée en iode seule, mélange de PE seul et effet combiné de la carence en iode et le mélange de PE. Les effets hormonaux varient dans les 2 sexes, raison pour laquelle il est nécessaire d’étudier autant de mâles que de femelles. De plus, compte tenu de la variabilité individuelle, un nombre d’animaux plus faible ne permettrait pas de déterminer avec précision si le traitement a eu l’effet escompté et serait donc dommageable dans l’exploitation de nos données.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour garantir le bien-être des animaux tout au long de notre étude, nous avons mis en place des procédures qui limitent la douleur et le stress. Les conditions de vie des animaux respectent les réglementations, avec accès à de la nourriture et de l’eau à volonté. Nous enrichissons leur environnement avec du coton et des nids en carton, car nous évitons l’utilisation de matériaux plastiques en raison de notre recherche sur les perturbateurs endocriniens. Nous surveillons attentivement les signes de détresse chez les animaux, tels que la prostration, la diminution de la consommation alimentaire, les comportements inhabituels comme l’irritation ou l’agitation. Si un animal montre des signes de détresse significatifs, il sera retiré de l’étude et éventuellement euthanasié pour éviter toute souffrance inutile. Nous veillons également à enrichir l’environnement des animaux avec des matériaux à ronger pour les aider à exprimer leur comportement naturel. En résumé, notre priorité est le bien-être des animaux tout au long de notre étude, et nous prenons des mesures pour garantir leur confort et leur santé.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle biologique choisi est la souris (Mus musculus). La souris est l’espèce animale la plus étudiée en expérimentation animale. Les connaissances accumulées par la communauté scientifique ont ainsi permis d’identifier de nombreux mécanismes physiologiques et comportementaux impliqués dans le fonctionnement des voies thyroïdiennes et de leur potentielle perturbation suite à une exposition à un mélange de substances chimiques perturbateurs endocriniens ou bien à une carence iodée. Tous les protocoles utilisés dans ce projet de recherche ont été optimisés et validés pour la souris, avec un contrôle maximum des paramètres vitaux. Les expériences porteront sur des souris adultes âgées de 3 mois afin de simuler la situation de carence iodée et l’exposition au mélange de 15 perturbateurs endocriniens. Les couples reproducteurs seront ainsi exposés 15 jours avant l’accouplement, puis les femelles gestantes seront exposées pendant la gestation et la lactation. Les effets des traitements sur la descendance, exposée de façon indirecte via la mère, seront évalués à court terme à 21 jours de vie ou à long terme à l’âge de 2 mois.