
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-12-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-859036)
1697 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 1333 d’entre elles et modéré pour 364. Selon les lots, elles subissent une greffe de thymus, une ablation du thymus par ouverture du thorax, des injections dans le thymus guidées par ultrasons, des injections répétées ou une irradiation. Le porteur indique que les chirurgies peuvent provoquer inactivité, perte de poids et douleur pendant trois jours, et que toutes les souris sont tuées pour analyser leurs organes. Il affirme qu’aucun modèle in vitro ne reproduit le développement de ces cellules immunitaires et que seul un ‘organisme complet’ permet d’étudier leur migration.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les cellules MAIT (Mucosal Associated Invariant T cells) sont des lymphocytes T reconnaissant des dérivés métaboliques. Ces cellules représentent 1 à 10% des lymphocytes T circulants chez l’homme, et entre 10 et 40% dans les tissus muqueux tels que le poumon, la peau ou encore le foie. Différentes données du laboratoire et de la littérature suggèrent qu’elles sont importantes pour l’immunité et la réparation tissulaire. Les cellules MAIT se développent dans le thymus, un organe situé dans la partie supérieure du thorax. Là elles se différencient en deux sous-ensembles nommées MAIT1 et MAIT17 qui ont différentes fonction. Actuellement, les molécules qui déterminent ce point de différenciation sont inconnues. L’objectif de ce projet est donc d’étudier comment les cellules MAIT se développent dans le thymus ainsi que les facteurs permettant leur colonisation dans les tissus muqueux périphériques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet tente de répondre à une question fondamentale en immunologie : comprendre les différents signaux qui sont nécessaires pour le développement et la colonisation des tissus par les cellules MAIT. Ce projet pourrait permettre à court terme d’avoir une meilleure compréhension des mécanismes qui influencent la génération et distribution des cellules MAIT dans les tissus et de découvrir les bénéfices qui peuvent arriver en conséquence. A plus long terme, ces découvertes peuvent permettre une meilleure maîtrise des cellules MAIT qui ont d’importantes fonctions pour la défense de l’organisme contre les bactéries entre autres et la régénération des tissus.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Chaque animal ne subira qu’une procédure décrite ci-après. Un premier lot d’animaux subira un greffe de thymus, chirurgie qui dure au maximum 20min, sur animal anesthésié avec une injection intra-péritonéale (i.p). L’analgésie sera réalisée par injection sous-cutanée 20min avant la chirurgie puis maintenue par injection sous-cutanée (s.c.) en fin d’intervention et puis 2 fois/jour pendant 48h. Chaque injection durera moins de 10sec. Un second lot de souris subira une ablation du thymus (thymectomie), chirurgie qui dure 20min max avec l’ouverture du thorax et ablation. La même analgésie sera réalisée que précédemment. Deux autres lots de souris, sous anesthésie gazeuse, seront injectées (avec un marqueur ou des cellules) dans le thymus en utilisant une machine à ultrasons (durée maximum 15 min). Dans une 5ème lot de souris, des administrations régulières de substances par voie s.c. ou i.p. seront faites sur animal vigile 1 ou 2 fois par jour (selon l’expérience) jusqu’à 2 semaines (durée de chaque injection inf 10sec). Dans un 6ème lot de souris, des cellules thymiques seront injectées par voie intraveineuse (i.v.) sur animal vigile ou sous anesthése gazeuse (durée maximal de 10 min avec anesthésie). Dans un 7ème lot, les souris seront irradiées (durée : 30 min incluant le placement dans les chambres d’irradiation et l’irradiation ) puis recevront par voie i.v. des cellules de moelle osseuse donneuses. Dans un dernier lot, les souris subiront des gavages de produit non toxique jusqu’à un maximum de 8 fois pendant 2 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après les chirurgies de greffe de thymus et thymectomie, les animaux peuvent se présenter plus inactifs et perdre du poids ainsi que sentir une douleur pendant les 3 jours qui suivent les chirurgies. Aucun effet de longue durée est lié à ces chirurgies et les animaux récupèrent vite et normalement démontrent un comportement normal après 3 jours. Les nuisances attendues lors de l’administration des traitements ou cellules seront une légère douleur liée à l’injection. Aucun effet indésirable indirect n’est prévu pour la durée des traitements. Irradiation pour la génération des chimères. Les animaux peuvent perdre du poids pendant les 3 jours suivants la procédure et seront donc surveillés pendant ce temps.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le point final de toutes les expériences nécessite la mort de tous les animaux pour l’analyse des organes. Par conséquent, aucun animal d’expérience ne sera vivant à la fin du projet.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La nature de ce projet ne permet pas le remplacement des souris car des modèles in vitro qui miment le développement des cellules MAIT dans le thymus n’existent pas. De plus, la seule manière d’étudier la migration et la colonisation dans les tissus muqueux est l’utilisation d’un organisme complet comme la souris pour permettre l’ensemble des interactions entre les cellules. Par contre, nous mettons au point actuellement un modèle in silico pour prévoir l’importance de gènes cibles sur le développement des cellules MAITs. Cette approche permettra la priorisation et la sélection de gènes à étudier chez la souris.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au sein du laboratoire, nous avons développé un système de culture de cellules MAIT in vitro ce qui nous permet de les expandre et d’obtenir une quantité de cellules plus importante à partir d’un animal. L’analyse de données in silico générées au laboratoire va permettre de prioriser des gènes cibles diminuant le nombre d’expériences nécessaires au projet. En plus, nous avons développé un modèle de transfert de cellules qui permettra de tester rapidement la fonction de plusieurs gènes cibles et réduire le nombre de nouvelles lignées crées sur la base des résultats obtenus. Dans les procédures nécessitant la mise en culture de cellules, l’expérimentateur sera formé à la technique de récupération de cellules de moelle osseuse sur les os principaux qui en contiennent (tibia, fémur et iliaque). Ceci permettra de réduire le nombre d’animaux donneur de cellules. Nous utiliserons de façon générale 12 souris par groupe expérimental (à repartir équitablement par 3 répétitions, soit 4 souris par group á chaque manip). Il s’agit d’un nombre suffisant qui nous permettra de surmonter les effets liés à la variabilité biologique entre les souris ainsi qu’aux variations intrinsèques liées à notre modèle. Ce nombre se base sur des expériences similaires réalisées au laboratoire avec ce modèle. En plus, ce nombre nous permettant également d’avoir une puissance statistique suffisante pour identifier un effet biologique et ainsi valider les résultats d’une expérience.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de limiter aux maximums les nuisances sur l’animal : Pour les injections intraveineuses, utilisation d’anesthésie Avant les chirurgies, l’expérimentateur viendra manipuler sans douleur les animaux pour qu’ils puissent s’habituer à la préhension. Cela permet de limiter le stress lié à l’expérimentation. Les chirurgies seront réalisées sous anesthésie avec prise en charge pré, per et post-opératoire et se termineront par l’injection d’une solution de réhydratation chauffée. De la nourriture gélifiée sera disposée dans le fond de cage pour faciliter l’accès De la crème vaseline oculaire sera utilisée pour éviter l’assèchement de l’œil durant et après l’anesthésie. Surveillance de l’animal dès le lendemain de la chirurgie puis au minimum 2 fois par semaine pour surveiller l’état général des souris. Une grille de score sera mise en place pour évaluer de manière objective l’état des animaux. En cas d’atteinte d’un point-limite, l’animal sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est ici un modèle de choix du fait de la forte similitude des systèmes immunitaires humains et murins. Plus particulièrement, les cellules MAIT ainsi que leur molécule de restriction n’apparaissent que chez les mammifères, chez qui elles sont très fortement conservées. De plus, nous avons une bonne connaissance du génome de la souris, ce qui nous permet de créer des souris génétiquement modifiées pour des gènes d’intérêts pour notre projet de recherche. Les animaux seront utilisés à l’âge de 6 – 12 semaines ou, pour certaines procédures, plus jeunes (dès 2 semaines). Pour les injections des cellules ou substances, les animaux plus jeunes seront utilisés parce qu’il a été démontré que la colonisation des tissus muqueux est surtout établi à cet âge. Par contre, pour les chirurgies les animaux seront utilisés à l’âge de 6 – 12 semaines afin qu’ils aient fini leur croissance, qu’ils récupèrent mieux des procédures et que les résultats ne soient pas affectés à cause de modifications dues à un âge trop avancé des animaux.