
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-891586)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il s’agit de comprendre pourquoi les femmes sont plus souvent atteintes par les maladies autoimmunes Rhumatismales. Une maladie autoimmune est une maladie où le corps se défend à tort contre soi, et ici il s’agit d’une maladie rhumatismale appelée polyarthrite rhumatoïde dont la cible est l’articulation. L’objectif est d’analyser le rôle des cellules semi-étrangères qu’un individu peut recevoir au cours de sa vie. Les femmes, comme les hommes, reçoivent des cellules maternelles pendant leur vie in utero. Chacun peut également recevoir des cellules d’un jumeau né ou non. Ces cellules issues d’un échange entre jumeaux s’appellent des cellules gémellaires ou fraternelles. Mais les femmes ont la particularité de recevoir, en plus de ces cellules maternelles et fraternelles, des cellules foetales quand elles sont enceintes. Ces cellules reçues à différents stades de la vie persistent des décennies chez leur hôte. La plupart du temps elles ne sont pas néfastes, voire même bénéfiques, pouvant contribuer à la réparation des tissus. Cependant, ces cellules, bien que peu nombreuses chez leur hôte, sont capables de produire des protéines appelées autoanticorps qui participent au développement des maladies autoimmunes rhumatismales. Elles y participent dans un contexte génétique particulier que nous étudions chez la souris. Nous pouvons réaliser des croisements différents mimant les différents contextes génétiques humains. Nous pouvons aussi visualiser et traquer ces cellules semi-étrangères issues des échanges foeto-maternels ou gémellaires grâce à des modèles de souris. Le but est de comprendre comment chaque source, maternelle, gémellaire et/ ou foetale peut indépendamment ou en collaboration avec d’autres, participer au déclenchement d’une maladie autoimmune rhumatismale chez leur hôte.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme ce projet apportera de nouvelles connaissances. A plus long terme, ce projet permettra de proposer de nouvelles thérapies personnalisées en fonction du sexe, afin de cibler ces cellules et/ou de les orienter vers une influence moins néfaste et d’enrayer le processus d’auto-immunité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les interventions sur les animaux seront toutes réalisées sous anesthésie gazeuse : – sur 199 animaux : 5 prises de sang (acte durant chacun moins d’une minute) par animal sur une durée de 7 mois – sur 260 animaux : 4 injections à 2 semaines d’intervalle et 9 prises de sang (actes durant chacun moins d’une minute) sur une durée de 5 mois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront soumis à un stress lors de la manipulation pour les placer dans la boite d’anesthésie gazeuse, et lors du réveil. Les prises de sang et les injections (équivalentes à piqûre pour vaccination) sont susceptibles d’induire une douleur/gène au point d’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la chaque procédure, les animaux seront mis à mort afin de prélever leurs organes qui seront analysés grâce à des techniques courantes de laboratoire (microscopie, …) et conservés en biobanque.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible d’utiliser des modèles in silico (modèle informatique) ou in vitro pour étudier le rôle des cellules acquises pendant la grossesse chez l’hôte et en particulier son rôle immunitaire. Seul un modèle murin peut permettre d’analyser la réponse immunitaire dans son intégralité, et qui implique différents organes.
2. Réduction
Les travaux précédents nous ont permis de définir les conditions d’immunisation et les croisements les plus propices à obtenir des échanges foeto-maternels (nombre de gestations etc..) et de connaitre les pourcentages de souris qui produisent des anticorps après immunisation pour quelques groupes. Ceci permet de calculer au plus juste le nombre d’animaux utilisés. Pour les groupes pour lesquels nous ne connaissons pas les pourcentages, nous planifions de commencer par immuniser 12 souris, puis analyserons les statistiques et n’augmenterons les effectifs que si nécessaire pour réduire au maximum le nombre à utiliser. Un morceau de chaque organe prélevé après mise à mort de l’animal sera cryopréservé, extrait en ADN et/ou préparé pour des coupes microscopiques qui pourront permettre des analyses ultérieures de recherches plus précises de cellules maternelles, gémellaires et/ou foetales au fur et à mesure du développement de nouvelles technologies, évitant ainsi d’utiliser de nouveaux animaux. Cette biobanque permettra d’établir un Atlas complet de chaque organe et pourra être mise à disposition pour de futures études collaboratives. Par exemple ici nous ne disséquons pas le cerveau pour en connaitre la composition exacte et le type de cellules maternelles, mais un spécialiste dans le domaine pourra analyser ces échantillons sans avoir à utiliser de nouveaux animaux. Cela permet de réduire considérablement le nombre d’animaux dans le futur.
3. Raffinement
Chaque cage sera pourvue d’un enrichissement, rouleau en coton/ dôme en cellulose/ papier de Kraft pour satisfaire l’instinct naturel de nidification et offrir un confort optimal et une sécurité pour les souris. Après les prélèvements ou immunisations qui sont faits après anesthésie gazeuse ( 5 à 6 min), les souris seront placées dans leur cage chauffée sous lumière chauffante pour que l’animal ait suffisamment chaud au réveil. A chaque prélèvement, l’animal sera pesé et observé pour être sûr de sa bonne santé. Une fiche d’observation sera remplie afin d’assurer un suivi de l’état des animaux et de prendre les mesures adaptées (surveillance accrue, apport de nourriture gélifiée) le plus précocement possible. Si ces mesures sont insuffisantes, et que l’état de l’animal ne s’améliore pas ou se dégrade, il sera euthanasié avant la mise à mort prévue initialement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La femelle souris est un modèle très proche de la femme en termes de placentation et d’échanges de cellules foeto-maternelles ou gémellaires pendant la grossesse. C’est également un bon modèle pour le suivi d’une réponse immune. De plus, il est possible d’utiliser des souris de génétique différente, ce qui nous permet de tracer et d’évaluer le rôle de ces cellules semi-étrangères (acquises pendant la grossesse) dans les maladies autoimmunes. Pour comprendre où vont ces cellules semi-étrangères en condition normale, non pathologique, et comment elles évoluent au cours du temps, les animaux sont étudiés à diférents stades de développement après sevrage : à 3 à 4 semaines de vie, au stade jeunes adultes (