Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

224 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, la plupart tuées à l’issue et 36 réutilisées dans un autre projet. On leur inflige un ulcère cutané, soit par excision soit par compression de la peau entre deux aimants pendant trois heures sous anesthésie, suivi d’anesthésies quotidiennes pendant trente jours au maximum pour photographier la plaie. Le porteur affirme qu’aucune méthode in silico ou de culture cellulaire ne peut remplacer la souris, la cicatrisation mobilisant selon lui trop de types cellulaires. Une injection de buprénorphine est prévue et les souris perdant plus de 20 % de leur poids sont mises à mort.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-923096v1
Types de recherche
· Organes sensoriels · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
ulcère, pied diabétique, prostacycline
Souris : 224

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet a pour but de déterminer l’impact du récepteur IP dans la cicatrisation cutanée. La PGI2 ou prostacycline et son récepteur, le récepteur IP sont des médiateurs fortement impliqués dans le processus inflammatoire. Ils jouent également un rôle dans le maintiens de l’homéostasie vasculaire par leur action vasoactive. De plus, ils pourraient également avoir un effet sur la migration cellulaire. Notre hypothèse est que ce récepteur, et plus généralement la voie de la PGI2 sont impliqués dans le retard de cicatrisation des ulcères du pied diabétiques. Ces résultats permettront donc de faire progresser la connaissance de cette pathologie afin d’en améliorer les traitements. Il n’existe à l’heure actuelle aucune autre méthode que celle décrite ici pour étudier l’effet du récepteur de la prostacycline sur la cicatrisation d’ulcère cutanée.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet apportera des données de cicatrisation à la fois par l’aspect macroscopique, via le suivi photographique quotidien des ulcères cutanés et, microscopiques, via les anlayses histologiques de la peau saine et de la peau remodelée. Ces données, obtenues sur animaux sains et animaux délétés pour le recepteur ip, permettront d’étudier l’impact de ce dernier sur la cicatration cutanée.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Dans le cas des groupes ayant un ulcère excisionnel, les animaux auront une biopsie de peau sous anesthésie générale (10min), suivie d’anesthésies quotidiennes (durant 30 jours maximum), de 10 minutes chacune, pour une mesure de l’évolution de la vascularisation de la plaie (5min) et un suivi photographique de l’état de la plaie. Une 2ème biopsie cutanée (10min) aura lieu juste avant l’euthanasie, sous anesthésie générale également. Dans le cas des groupes ayant un ulcère de pression, les animaux auront une compression de la peau entre deux aimants, sous anesthésie générale (3h), suivie d’anesthésies quotidiennes (durant 30 jours maximum), de 10 minutes chacune, pour une mesure de l’évolution de la vascularisation de la plaie (5min) et un suivi photographique de l’état de la plaie. Une biopsie cutanée (10min) aura lieu juste avant l’euthanasie, sous anesthésie générale également.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La base de notre étude repose sur la cicatrisation d’ulcères. Les animaux auront donc un ulcère d’1 cm maximum sur le dos après épilation. Cet ulcère se résorbera en 3 semaines maximum. Les animaux pouvent ressentir de la douleur, c’est pourquoi, avant la réalisation de l’ulcère puis au minimum 8h plus tard, l’animal recevra une dose adaptée de buprénorphine (0.1mg/kg) par injection sous cutanée afin de limiter cela. Pour le suivi de la cicatrisation, les animaux seront anesthésiés quotidiennement durant toute la durée de l’expérimentation.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A l’issue de l’ensemble des procédures les animaux seront euthanasiés et la peau prélevée pour des études ultérieures.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet n’est pas réalisable au moyen d’outil in sillico ou de culture cellulaire, c’est pourquoi nous ne pouvons pas remplacer notre modèle murin de cicatrisation par un autre modèle. En effet, la cicatrisation est un processus très complexe qui nécessite de nombreux types de population cellulaires différentes. A notre connaissance, il n’est pas possible de modéliser ni de cultiver en parallèle toute les populations de cellules nécessaires. De plus, la cicatrisation se produit également par la migration de cellule souche provenant de la lame basale de la peau et donc « éloigné » de la zone lésée. C’est pourquoi il est nécessaire de réaliser les expérimentations de cicatrisations sur l’animal, car son tissu cutané présente l’hétérogénéité de type cellulaire permettant la mise en place de tous les processus de la cicatrisation.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nous avons fait le choix d’utiliser tous les animaux nés de notre élevage de souris ipko, male et femelle, afin de réduire le nombre de souris générées. En effet, si nous avions voulu utiliser uniquement des souris males, il nous aurait fallu produire plus de souris et les femelles auraient été euthanasiées sans utilité. Un calcul d’effectif basé sur des expérimentations précédentes a été réalisé à l’aide d’un logiciel permettant de déterminer le nombre minimum d’animaux a utiliser afin d’obtenir des résultats expérimentaux significatifs.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Un seul ulcère par souris est réalisé afin de permettre une meilleure gestion de celui ci dans le but de réduire la douleur et le stress des animaux. Ainsi l’application de pansement et son maintien sera facilité. Celà permet également de placer l’ulcère suffisamment haut dans le dos de la souris, supprimant les éventuelles gênes sur la locomotion de l’animal. Afin de limiter la douleur des animaux, une injection de buprénorphine sera systématiquemet réalisée en sous cutanée avant la création de l’ulcère. Puis, selon les signes de douleurs de l’animal, une injection peut etre réalisée toute les 8h jusqu’à 3 jours post-opérations. Au vu des études précédentes de notre équipe, les animaux ne manifestent pas des signes de douleur dans ces conditions ce qui nous conforte dans les moyens actuels mis en oeuvre pour limiter la souffrance des animaux utilisés. Au besoin, du Doliprane à 20μg/mL sera également ajouté à leur eau de boisson. Pour tout signe d’infection localisée au niveau de la plaie ou d’aggravation majeure de la plaie, l’animal sera exclu de l’étude et sacrifié par dislocation cervicale sous anesthésie gazeuse. En cas de souffrance manifeste l’animal sera sacrifié. Cette souffrance manifeste sera évaluée selon plusieurs critères observationnels, à savoir parésie, léthargie prolongée, perte de poids supérieure à 20% par rapport au poids de base (pesées 2 fois par semaine) ou présence de morsures aggravées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La délétion du gène du recepteur ip n’a été réalisé que sur des souris, c’est donc avec cet animal que nous souhaitons travailler. Les résultats obtenus par ce projet viendront s’additionner aux résultats de projets précédents portant sur l’impact de la voie de la PGI2 sur l’ulcère du pied diabétique. Dans le cadre de ces projets, les souris ont été utilisées âgées de 12 semaines. Afin de garder une cohérence globale entre tous nos projets, nous souhaitons utiliser les animaux de ce projet au même âge, c’est à dire 12 semaines.