
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-15 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-958971)
2728 souris mâles vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Une maladie chronique du foie et un cancer hépatique leur sont induits par des régimes gras ou alcooliques et des injections de carcinogènes comme le tétrachlorométhane et la diéthylnitrosamine, avec un suivi par IRM et un isolement d’hépatocytes par exsanguination terminale. Le porteur affirme que la plupart de ces protocoles n’occasionnent « aucune souffrance », les désordres métaboliques et tumeurs restant selon lui asymptomatiques tant que le foie fonctionne. Il conclut que le recours aux souris ne peut être remplacé par des modèles in vitro pour ces mécanismes inter-organes.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le syndrome métabolique, l’obésité, l’infection par des virus de l’hépatite B et C ainsi qu’une consommation abusive et fréquente d’alcool, sont des causes majeures de pathologies hépatiques chroniques. Ces maladies sont associées à une accumulation de graisse dans le foie qui va progressivement induire une lipotoxicité et de nombreuses altérations cellulaires et métaboliques. Ces altérations conduisent au développement progressif d’une inflammation et d’une fibrose hépatique, qui peut ultimement dégénérer vers une cirrhose hépatique et un carcinome hépatocellulaire (CHC). Nos travaux au laboratoire ont permis de mettre en évidence le rôle critique de protéines appelées «AUBPs » (AU-rich elements binding proteins), qui régulent la dégradation et la traduction des ARNm. Nos travaux précédents ont permis de mettre en évidence l’importance de ces protéines dans le développement des hépatopathies stéatosiques non-alcooliques et le CHC. Nos travaux précédents et nos données préliminaires ont également mis en évidence l’altération d’oncogènes appellés “Galectines” à des étapes précoces comme la stéatose et qui pourrait donc jouer un rôle crucial dans la progression de la stéatose vers le CHC. Cependant, le rôle de ces protéines, dans les pathologies hépatiques reste à ce jour peu connu. Afin de mieux comprendre le rôle de ces protéines in vivo, notre projet suivra les objectifs suivants : 1. Etudier les conséquences des altérations de l’expression/de l’activité de nos candidats sur la physiologie, la survie et la prolifération des hépatocytes. 2. Etudier le rôle de nos candidats dans la stéatose et la fibrose hépatique. 3. Elucider le rôle physiopathologique de nos candidats in vivo dans le développement du carcinome hépatocellulaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
De nombreuses études indiquent que le régime alimentaire, le diabète et l’obésité mais aussi la consommation chronique et excessive d’alcool représentent des facteurs de risque important pour le cancer du foie. En raison de l’augmentation rapide et mondiale de ces maladies, une augmentation des cas de cancer du foie est attendue dans un futur proche. Le rôle de nos protéines d’intérêt dans le développement des maladies chroniques du foie et du carcinome hépatocellulaire (CHC) reste encore peu connu. Les expériences prévues dans cette demande devraient apporter des informations importantes concernant la fonction de ces protéines mais aussi d’évaluer le potentiel thérapeutique de leur ciblage afin de prévenir les maladies métaboliques du foie et leur progression vers le CHC.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure 1 : Régime prolongé en graisse et sucre (4 semaines); Régime alcoolique (10 jours); Anesthésie kétamine/xylazine (isolement hépatocytes: 1 x 10 min. Procédure 2 (Durée totale du protocole: 16 semaines): Injection de virus adéno-associés (AAV8: 1 x 10 min); Régime prolongé en graisse et sucre (12 semaines); Tests tolérances glucose (GTT)/ pyruvate (PTT)/ insuline (ITT) (2 heures/test); Cages Métaboliques (habituation + expérience: 8 jours); Mise à mort (1 x 10 min). Procédure 3 (Protocole C1: durée totale du protocole : 28 semaines) : Injection AAV8/traitement inhibiteurs HuR (2 x 10 min); Régime prolongé en graisse et sucre (24 semaines); Mise à mort (1 x 10 min). Procédure 3 (Protocole C2: durée totale du protocole : 8 semaines) : Injection AAV8/traitement inhibiteurs HuR (1 x 10 min); Régime déficient en méthionine et choline (4 semaines); Mise à mort (1 x 10 min). Procédure 4 (Protocole D1: durée totale du protocole: 38 jours) : Injection AAV8/traitement inhibiteurs HuR (1 x 10 min); Régime alcoolique (10 jours); Injection tétrachlorométhane (CCL4: 1 x 10 min); Mise à mort (1 x 10 min). Procédure 4 (Protocole D2: durée totale du protocole : 8 semaines) : Injection AAV8/traitement inhibiteurs HuR (1 x 10 min); Régime alcoolique (4 semaines); Injection CCL4 (12 x 10 min); Mise à mort (1 x 10 min). Procédure 5 (durée totale du protocole : 9 mois): Injection de diethylnitrosamine (DEN: 10 x 10 min); Injection AAV8/traitement inhibiteurs HuR (1 x 10 min); Imagerie (IRM: 1 x 30 min/mois pendant 7 mois); Mise à mort (1 x 10 min); Régime alcoolique (2.5 mois). Procédure 6 (durée totale du protocole : 9 semaines): Injection AAV8/traitement inhibiteurs HuR (1 x 10 min); Injection hydrodynamique de vecteurs plasmidiques (par injection i.v : veine caudale sans anesthésie: 1 x 10 min); Imagerie (IRM: 1 x 30 min/semaine); Mise à mort (1 x 10 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’expression de nos protéines d’intérêts sera modulée à l’aide de vecteurs viraux permettant d’augmenter ou de diminuer l’expression de nos protéines spécifiquement dans les hépatocytes (Protocoles B, C, D et E). Nos travaux précédents ont démontré que cette méthode n’occasionne aucune souffrance chez les animaux et est très efficace pour moduler l’expression des gènes au niveau hépatique. L’injection de virus par voie rétro-orbitale est une procédure maitrisée qui n’occasionne aucune nuisance particulière. Une approche pharmacologique, avec des inhibiteurs d’une protéine appelée “HuR” est également proposée. D’après la littérature, aucune souffrance n’est attendue chez les animaux traités avec ces molécules. Dans nos procédures B, C et D, nous prévoyons d’utiliser des modèles de stéatose et fibrose hépatique induit par des régimes alimentaires (régime riche en graisse et en sucre ou avec une diète alcoolique). Nous n’attendons pas de souffrance particulière chez les animaux nourris avec ces diètes. Nos études précédentes ont montré que le développement de la stéatose et de la fibrose hépatique induite par ces régimes n’occasionne aucune souffrance chez les animaux. Pour la procédure d’isolement d’hépatocytes primaires (Protocole A), une anesthésie profonde de l’animal suivi d’une exsanguination par ouverture de la veine cave est réalisée. Cette procédure terminale est donc rapide et n’induit aucune souffrance particulière chez les animaux. Le développement de tumeurs (Protocole E) hépatiques peut induire une insuffisance hépatique qui se manifesterait par un ictère, une diminution de l’activité physique, une prostration ainsi qu’une diminution de la prise alimentaire et du poids du sujet. Cependant, le développement de petites et moyennes tumeurs dans le foie (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la procédure expérimentale 1, l’isolement des hépatocytes primaires de souris est une procédure terminale qui implique la digestion du foie par de la collagénase. L’isolement des hépatocytes est une étape clé dans ce projet qui nous permettra de confirmer les résultats obtenus sur des lignées cellulaires immortalisées sur les hépatocytes. Pour les autres procédures (2 à 6), les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure afin de récupérer le foie mais aussi les autres organes métaboliques (tissus adipeux, pancréas, muscle) et le plasma dans le but d’étudier l’impact de la modulation de l’expression (AAV8) ou de l’activité de nos candidats (TTP, BRF1, BRF2, HuR, EDC4, RBM3, LGALS1, LGALS3BP) dans les processus associés aux pathologies chroniques hépatiques (alcooliques et non-alcooliques) et la carcinogenèse hépatique.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation d’animaux ne peut actuellement pas être substituée par des modèles alternatifs in vitro ou in silico, pour étudier les altérations métaboliques ou hépatiques. D’une part, les pathologies hépatiques nécessitent le concours et la communication de différentes cellules composant le foie (i.e, cellules de Kupffer, cellules stellaires, cellules immunes, cellules endothéliales, etc). D’autre part, un contrôle par le système nerveux central et périphérique du métabolisme hépatique, ainsi que la communication entre les organes (par exemple foie-muscle, foie-tissu adipeux ou foie-pancréas) et le système immunitaire jouent un rôle clé dans le développement de ces pathologies. Concernant la carcinogénèse hépatique, il est également bien établi que le microenvironnement tumoral composé de vaisseaux sanguins mais aussi de fibroblastes et de cellules immunitaires, joue un rôle primordial et déterminant dans l’initiation et le développement de cancers au sein d’un organe. La plupart des modèles cellulaires disponibles (cultures ou co-cultures en 2D ou 3D) in vitro sont des cellules cancéreuses qui ont déjà été transformées (mutations) et dont le métabolisme est fortement altéré. L’absence d’un microenvironnement physiologique, de vascularisation et d’interactions avec le système immunitaire rendent ce type d’étude in vitro sur le métabolisme et le cancer peu pertinent et difficile à extrapoler aux situations in vivo chez la souris et encore plus chez l’humain. A l’heure actuelle, ces systèmes in vitro ne permettent donc ni d’étudier des processus métaboliques complexes, ni la progression tumorale dans un contexte physiopathologique pertinent au sein d’un organe particulier ou de tout l’organisme. En accord avec cette notion consensuelle dans ce domaine de recherche, nous avons montré dans le cadre d’une étude précédente, des divergences importantes entre les données in vitro et in vivo. En effet, l’une de nos études étudiant le rôle d’une protéine appelée « tristetraproline » (TTP) dans le développement de CHC, a démontré un rôle suppresseur de tumeur de cette protéine in vitro et oncogénique in vivo. Les analyses in vivo nous apportent donc des informations clés et actuellement impossibles à obtenir avec des méthodes alternatives permettant de mieux comprendre la physiopathologie de ces cancers et la pertinence des candidats potentiellement susceptibles de représenter des cibles thérapeutiques chez l’humain.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des analyses statistiques pour déterminer le nombre minimal d’animaux nécessaires pour chaque expérience ont été effectué sur la base de données publiées antérieurement et de notre propre expertise dans ce domaine. Ces analyses nous permettent de limiter le nombre d’animaux de façon importante tout en assurant l’obtention de résultats significatifs. Effectuer les expériences planifiées avec un nombre d’animaux plus restreint est selon notre opinion éthiquement discutable, car hautement susceptible de ne pas permettre l’obtention de résultats pertinents. Une telle situation invaliderait nos expériences rendant tous nos efforts de recherche inutiles ainsi que l’utilisation et la mise à mort d’animaux vaines. Il est à noter également que la constitution de bio-banques avec les organes et tumeurs résultant de ces études sont susceptibles d’être réutilisés dans des projets futurs (en particulier les groupes contrôles) réduisant ainsi le nombre d’animaux à utiliser ou le besoin de recourir à l’expérimentation animale dans de futures études. La mise en place de protocoles non-invasifs de bio-imagerie médicale (IRM et CT-scan) permet d’optimiser la qualité des résultats (nombres et tailles des tumeurs qui se développent au cours du temps). Mais surtout, ces protocoles donnent lieu à une forte diminution du nombre d’animaux car ils évitent la mise à mort de différents groupes d’animaux en fonction du temps pour étudier le développement et la progression des cancers hépatiques.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour affiner les conditions expérimentales, nous avons fixé des règles fermes quant aux limites de l’expérience. En effet, comme décrit, le poids, l’apport alimentaire, l’activité, le développement des tumeurs et l’état général des souris seront suivis de près et des analgésiques seront administrés en cas de besoin. Si les limites de l’expérience sont dépassées et que les analgésiques n’ont pas d’effet positif (après 24h), les animaux seront mis à mort. Nous aimerions cependant rappeler encore une fois que les désordres métaboliques et le développement de tumeurs hépatiques restent principalement asymptomatique chez la souris (comme chez l’humain) tant que la fonction du foie est préservée (entre 10 et 20% d’hépatocytes encore fonctionnels), ce qui est le cas dans la majorité des protocoles proposés. Le nombre d’animaux, et la mise à mort de différents groupes d’animaux en fonction du temps pour étudier le développement et la progression des cancers hépatiques ont été fortement diminués, en particulier grâce à la disponibilité et la mise au point de protocoles non-invasifs de bio-imagerie médicale (IRM et CT-scan). Ce choix nous permettra également d’optimiser la qualité de nos résultats (nombres et tailles des tumeurs qui se développement au cours du temps). Finalement, l’anesthésie sera utilisée pour toutes les injections afin d’éviter le stress de l’animal, mais aussi pour éviter les blessures accidentelles lors de l’intervention. Les mâles agressifs seront aussi séparés du reste de la cage pour éviter les combats.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour l’ensemble des protocoles de cette autorisation, des souris mâles seront utilisées. Tout comme chez l’humain, les œstrogènes ont un rôle protecteur sur le développement de CHC chez la souris. Il est donc plus difficile d’induire de manière efficace et reproductible des tumeurs hépatiques chez les femelles. Par ailleurs, les œstrogènes peuvent prévenir du développement de la stéatose. Il est donc préférable d’utiliser des souris mâles pour étudier les maladies chroniques hépatiques. Les souris C57BL/6J seront utilisées car cette lignée répond très bien aux diètes obésogènes ou aux diètes déficientes en choline/méthionine. Ces souris sont infectées par des virus avec un très bon rendement. En effet, plus de 80% de leurs hépatocytes expriment les gènes encodés par ces virus d’après nos expériences. La totalité des C57BL/6J développent des tumeurs dans les conditions expérimentales utilisées. Ce modèle de souris, tout comme le développement de CHC à la suite d’une induction par DEN ou après une transfection hydrodynamique de MYC et p53 muté, ont été validé par de multiples études, y compris les nôtres, auparavant.