Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les seuls outils pour lutter contre le virus du Nil occidental, un virus transmis par les moustiques, reposent sur des barrières protectrices passives, comprenant notamment les répulsifs anti-insectes et les vêtements de protection. À ce jour, il n’existe aucun traitement préventif pour lutter contre ce virus responsable d’atteintes neurologiques potentiellement sévères chez l’homme (avec plusieurs centaines de décès répertoriés ces 5 dernières années). L’objectif de ce projet est d’évaluer la capacité de certains candidats vaccins à induire une réponse immunitaire favorable..

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Chaque année le virus du Nil occidental est responsable de la mort de plusieurs dizaines de personne en Europe et sa zone d’extension ne cesse de s’agrandir. Malgré son impact potentiel sur la santé humaine et vétérinaire, les mesures disponibles pour contrôler ce virus ou traiter les personnes infectées sont limitées. La gestion des virus transmis par les moustiques repose en grande partie sur des activités de surveillance intégrée qui permettent de mettre en œuvre des mesures principalement préventives en cas de détection de cas positifs. La situation épidémiologique de ce virus pourrait changer dans plusieurs régions européennes, passant d’épidémies irrégulières à persistantes. Cette situation nécessite des programmes de recherche afin de développer des stratégies vaccinales adaptées. Nous espérons ainsi, au travers de notre projet, développer de nouveaux outils de lutte contre ce virus émergent, en identifiant des candidats vaccins capables de provoquer une réponse immunitaire efficace, ce qui serait d’un intérêt majeur en santé humaine.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à 2 injections de différents candidats vaccins. Les injections seront effectuées sur animaux vigiles en moins de 10 secondes. Des prélèvements de sang seront effectués sous anesthésie générale à raison de 2 fois pour les lots d’animaux 1 et 2 (1 fois en début d’expérience et une seconde fois 3 semaines après) et 11 fois pour le lot 3 (étude à long terme) (en début d’expérience et 1 fois/semaine les semaines 4,5,6,7,8,10,12,16 et 20). Les prélèvements sanguins ont une durée d’environ 10 secondes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La procédure inclut deux injections de candidats vaccins, ce qui peut induire un stress et une légère douleur. Elle inclut également des prises de sang, qui seront réalisées sous anesthésie générale afin de diminuer les nuisances. En absence d’agent infectieux, il n’est pas attendu d’effets délétères sur les animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort afin de prélever des organes d’intérêt pour étudier la mise en place d’une réponse immune efficace.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

De manière à limiter au maximum l’utilisation des animaux, les étapes de pré-sélection des candidats vaccins que nous testerons seront réalisées sur modèles cellulaires in vitro afin de déterminer leur capacité à activer différents types de cellules immunitaires. Néanmoins, pour évaluer leur efficacité sur le développement d’une réponse immunitaire efficace, c’est à dire, la génération d’anticorps protecteurs, nous devons effectuer une validation sur des modèles murins. En effet, la génération de ces anticorps repose sur des réactions immunitaires complexes, faisant intervenir plusieurs acteurs du système immunitaire. Ces réactions ne peuvent se produire que dans un organisme, c’est-à-dire in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisé ici a été fixé en se basant notamment sur les publications utilisant les mêmes approches. Suivant ces données de la littérature et la variabilité expérimentale estimée, des simulations effectuées par un biostatisticien donne une probabilité de 80% d’observer une différence d’un facteur 2 en utilisant un groupe de 10 animaux. C’est pourquoi nous avons décidé d’utiliser ce nombre d’animaux par groupe. Les analyses statistiques seront par la suite effectuées par des tests statistiques. Ces données seront vérifiées et validées par un biostatisticien. De surcroît, les expériences d’injections et l’euthanasie des animaux seront toujours effectuées par le même utilisateur afin de limiter la variabilité expérimentale et minimiser le nombre d’animaux utilisés. Par ailleurs, les expériences seront réalisées en deux temps. Nous testerons initialement deux types de candidats vaccins. Si les résultats s’avèrent satisfaisants et permettent de répondre à l’objectif fixé (c’est à dire la génération d’une réponse immune efficace), les lots de souris prévus pour être injectés avec d’autres candidats vaccins optimisés ne seront pas nécessaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tout au long des expériences, une observation régulière du bien-être des souris sera effectuée. Tout animal présentant un éventuel signe de souffrance sera soigné (soins de plaies, apport d’alimentation assistée, réhydratation ainsi qu’ajustement de l’expérimentation). Tout animal présentant des signes de morbidité sera exclu de l’expérimentation et immédiatement euthanasié.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Certains modèles cellulaires nous permettent d’effectuer des analyses partielles de nos candidats vaccins, mais étant donné la complexité du système immunitaire, une étude in vivo est indispensable afin de valider nos hypothèses. Le modèle murin, de par sa proximité avec l’Homme au niveau immunologique est le modèle le plus pertinent pour répondre à ces questions. De plus, des nombreux outils sont disponibles pour réaliser une étude approfondie de la réponse immunitaire chez la souris et mettre en évidence l’efficacité des candidats vaccins. L’étude se fera sur des souris adultes (6-7 semaines) classiquement utilisées en laboratoire au sein d’autres études sur le virus du Nil occidental.