
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-05-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-150209)
108 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent douze injections sous-cutanées d’EPO ou de solution témoin et trois prélèvements sanguins à la queue en contention vigile, avant la mise à mort pour prélever l’intestin et étudier ses populations immunitaires. Le porteur affirme qu’il n’existe pas de modèle reproduisant la complexité des interactions entre cellules immunitaires intestinales et microbiote, et conclut que l’expérimentation animale est « nécessaire ». Les retombées annoncées pour les patients traités par EPO restent formulées comme une piste possible.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’érythropoïétine (EPO) est une hormone utilisée pour corriger l’anémie chez les patients atteints d’insuffisance rénale ou de cancer. Elle agit en stimulant la production de globules rouges au niveau de la moelle osseuse. Bien que l’anémie soit considérée comme un facteur de mauvais pronostic, il a été rapporté que le traitement à l’EPO était source d’effets secondaires pouvant, chez certains patients, entrainer une réduction de la survie globale. Plusieurs hypothèses suggèrent que ces effets indésirables, seraient du au fait que l’expression des récepteurs à l’EPO n’est pas uniquement restreinte aux cellules de la moelle osseuses mais est également retrouvée à la surface d’autres types cellulaires de l’organisme telles que les cellules du système immunitaire. Il est désormais établi que l’EPO présente un rôle immunosuppresseur capable de réduire l’efficacité des réponses immunitaires anti-infectieuses et anti-tumorales. Bien que quelques données soutiennent un rôle de cette hormone au niveau du tractus digestif notamment en renforçant l’intégrité de la barrière intestinale, aucune étude ne c’est intéressé au rôle de l’EPO sur le système immunitaire intestinal. Notre projet a donc pour but d’évaluer l’impact de l’EPO sur l’homéostasie de la muqueuse digestive. Pour cela, nous souhaitons explorer les altérations phénotypiques et fonctionnelles induites par l’EPO sur des populations immunitaires lymphocytaires clefs de l’intestin ainsi que son impact sur la composition du microbiote intestinal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les compartiments immunitaires et microbiens digestifs sont des acteurs majeurs de la santé humaine. Des altérations de l’un comme de l’autre sont décrites pour favoriser l’appariation de pathologies et pour réduire l’efficacité de certaines thérapies notamment dans le traitement des cancers. Ainsi nos travaux pourraient représenter une piste dans la compréhension des mécanismes impactant la survie globale des patients atteints de cancer traités par l’EPO.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des souris recevront un total 12 injections sous-cutanées de PBS ou d’EPO (3 injections par semaine). Ces injections seront réalisées lors d’une contention sur des souris vigiles. Trois prélèvements sanguins, espacés d’une semaine, seront effectués au niveau de la veine de la queue. Ce type de prélèvement sera réalisé sur des souris vigiles dans un tube de contention. Des selles seront récoltées les jours d’injection par une contention de la souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors des injections sous-cutanées, les souris peuvent être légèrement stressées au moment des premières contentions. Cependant, les injections sous-cutanées répétées d’EPO de PBS n’induisent pas de douleur supplémentaire à une piqure. Concernant les prélèvements sanguins au niveau de la veine de la queue, ils seront effectués 3 fois sur chaque souris et seront espacés d’une semaine. Ce type de prélèvement est stressant pour les souris, mais n’induit qu’une très faible douleur. L’expérience acquise sur ce type d’expérience nous a permis d’établir que l’injection d’EPO n’induisait pas de phénotype dommageable chez les souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des souris sera mis a mort à la fin de la procédure de notre étude afin de prélever les organes d’intérêts pour l’étude des populations immunitaires intestinales.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet vise à évaluer l’effet de l’EPO sur l’interaction hôte-microbiote au niveau de la muqueuse digestive. A ce jour, il n’existe pas de modèles et de systèmes permettant de refléter la complexité des interactions entre les cellules immunitaires intestinales et le microbiote. L’expérimentation animale s’avère donc nécessaire.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans notre étude, nous récupérons chez chaque souris l’ensemble de l’intestin afin de récolter les cellules immunitaires. L’objectif sera sur ces différents organes de décrire les altérations induites par le traitement à l’EPO d’un point de vue phénotypique mais aussi fonctionnel. Pour l’étude du microbiote intestinal, nous allons congeler les selles afin de quantifier et d’identifier les micro-organismes présents et impactés par le traitement à l’EPO. Nous allons récupérer un maximum de données afin de réduire le nombre d’animaux employés, le tout en conservant une validité statistique appropriée. Étant donné que nous travaillons sur des populations cellulaires minoritaires et que certaines souris sont réfractaires au traitement à l’EPO (jusqu’à 30 %), cette étude nécessite par lot traitée avec de l’EPO 20 souris. Pour les souris contrôles, traitées avec du PBS, nous n’aurons besoin que de 16 souris, car nous n’aurons pas de souris réfractaires. Ce nombre d’animaux a été calculé selon notre expérience acquise en tenant compte de la variabilité interindividuelle et afin d’obtenir des résultats statistiquement représentatifs.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris du projet bénéficient des conditions d’hébergement, conforme à la réglementation et contrôlée pour réduire toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable potentiels. L’expérience acquise sur ce type d’expérience nous a permis d’établir que l’injection d’EPO n’induit pas de phénotype dommageable chez la souris. De plus, nous avons mis en place une grille de points limites adaptées afin d’évaluer le bien-être de l’animal et de limiter sa souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris Mus musculus est l’espèce la plus utilisée en expérimentation en immunologie et dans l’étude du microbiote. De nombreuses bases de données sont disponibles dans la littérature et nos propres résultats servent de base expérimentale pour nos protocoles. C’est pourquoi nous utiliserons des souris C57BL/6J. Les souris que nous utilisons sont âgées de 6 à 12 semaines (les souris doivent être jeunes mais le système immunitaire mature).