
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-252029)
Chaque cochon est opéré une demi-journée, six à huit heures, par un binôme qui dissèque plusieurs organes, expose les tissus et s’exerce à la conversion en chirurgie ouverte. 100 cochons vont être utilisés, opérés sous anesthésie générale et tués avant tout réveil, sans que le projet produise de connaissances. Le porteur décrit des modèles de rein imprimés en 3D et perfusables qui permettront « à terme de s’affranchir des expérimentations animales », tout en qualifiant d' »indispensable » l’étape de formation sur tissus vivants. L’objet de la demande est l’entraînement de chirurgiens à la robotique, avec une néphrectomie partielle sur chacun des deux reins pour tirer le maximum de chaque animal.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le traitement de nombreuses pathologies cancéreuses ou bénignes nécessite de la chirurgie en complément d’un traitement médicamenteux. La chirurgie conventionnelle, par une ouverture cutanée, présente des risques non négligeables pour le patient (long temps de récupération, des douleurs post-opératoires intenses et une augmentation du risque infectieux). Depuis de nombreuses années, des techniques dites mini-invasives se développent et sont devenues un standard en chirurgie. La chirurgie coelioscopique permet de diminuer les contraintes rencontrées en chirurgie ouverte mais présente certaines limites : instruments totalement rigides dépourvus d’articulation, le contrôle de l’endoscope (caméra) par une tierce personne… Une nouvelle forme de chirurgie mini-invasive a donc vu le jour : la chirurgie mini-invasive robot-assistée. Cette dernière approche va combiner les avantages des deux autres et en apporter de nouveaux. Le chirurgien va travailler assis à une console, avec une vue en trois dimensions, contrôlant des instruments complètement articulés et en toute autonomie. Néanmoins, cette technique de chirurgie innovante nécessite une phase de formation. Après des phases de simulation virtuelle, puis sur modèles biomimétiques (qui imitent le plus fidèlement possible les propriétés du rein humain) imprimés en 3D et perfusables, il reste l’étape indispensable de formation sur tissus vivants (avec vascularisation, dissection et exposition de tissus) pour former les chirurgiens. Cette étape évaluera également la fiabilité et le réalisme des modèles en cours de développement qui permettront, à terme, de s’affranchir des expérimentations animales.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de former les chirurgiens de différents niveaux d’expérience (apprentissage, entraînement et préparation à des chirurgies complexes) à utiliser la chirurgie mini-invasive robot-assistée en toute sécurité chez l’Homme.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront soumis à la même procédure chirurgicale : prémédication, mise en place de la perfusion, anesthésie/analgésie, chirurgie robot-assistée avec dissection sur différents organes, exposition des tissus, contrôle de l’endoscope et exercice de conversion à une chirurgie ouverte. L’ensemble des animaux ne subira cette procédure chirurgicale une seule fois avant mise à mort à la fin de la session. Ces procédures seront réalisées sous anesthésie générale accompagnée d’une analgésie et durent environ une demi-journée (6 à 8h max).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le transport de l’animal au bloc opératoire et la chirurgie seront les deux points où l’animal pourrait ressentir du stress, de la douleur ou de la souffrance. Afin d’éviter cela, des protocoles précis de prémédication, de sédation, d’anesthésie et d’analgésie seront respectés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objet de la DAP est l’entrainement des chirurgiens aux techniques chirurgicales. De ce fait, les animaux seront tous euthanasiés après la chirurgie.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les premières phases de formation se feront par l’utilisation de méthodes alternatives (simulation virtuelle, modèles biomimétiques imprimés en 3D). Une fois le chirurgien prêt, il évoluera vers un apprentissage technique sur animal en suivant un protocole strict. De plus, les chirurgiens qui souhaitent accéder à la robotique doivent se former sur l’équipement avant de pouvoir mettre en pratique les gestes opératoires assistés par le robot sur des patients. A ce jour, nous n’avons pas les moyens techniques pour remplacer cette formation par des méthodes in vitro ou artificielles.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre de porcs sera réduit au minimum, à raison d’un animal par binôme avec une optimisation de chaque animal sur lequel plusieurs gestes chirurgicaux par temps opératoire pourront être effectués (néphrectomies partielles robot-assistées sur les deux reins par exemple).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés pour cette formation proviennent d’un éleveur agréé. Ils sont identifiés et transportés dans des conditions confortables sur de la sciure dans le camion. Une prémédication sera réalisée à leur arrivée pour diminuer leur niveau de stress. Afin de réduire au maximum la souffrance et douleur de l’animal lors de la chirurgie, ils seront sous anesthésie et analgésie. Le protocole prévoit des procédures mini-invasives réalisées sous anesthésie générale par un chirurgien avec monitoring des points vitaux de l’animal. Tous les animaux seront soumis à une procédure sans réveil. Des points limites seront définis afin de respecter le bien-être animal et pourront entraîner l’arrêt immédiat des manipulations (sur décision du personnel formé à l’expérimentation animale (niveau concepteur ou opérateur )
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La taille du cochon est adaptée à l’utilisation du système de robotique, des instruments de chirurgie, de l’endoscope, conçus pour l’Homme. Leur anatomie est homologue (espèce monogastrique) pour modéliser les voies d’abords et les pratiques en chirurgie viscérale. Jeunes adultes entre 30 et 60 kg : la taille des organes des porcs à ce stade de croissance correspond déjà à ce qui peut être observé en clinique chez l’Homme, il offre les repères anatomiques recherchés par le praticien et permet d’utiliser les mêmes équipements et matériels chirurgicaux que chez le patient.