Carnivores
Evaluation de thérapeutiques pour lutter contre l’obésité
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
100 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 60 réutilisés dans d'autres procédures et 40 placés à l'adoption, une partie étant tuée pour des prélèvements après la mort au cours des études d'efficacité. Sélectionnés parce que leur score de condition corporelle dépasse 7, donc déjà obèses, ils reçoivent une à trois administrations, jusqu'à neuf prélèvements sanguins et des périodes d'alimentation individuelle qui provoquent stress, baisse de prise alimentaire et perte de poids. Le bénéfice mis en avant pour les chiens obèses passe par l'autorisation de mise sur le marché de produits vétérinaires, objet réel du dossier. Sur le remplacement, le porteur affirme qu'aucune méthode ne permet d'évaluer la pharmacocinétique sans travailler sur un "organisme entier".
Objectifs
L'obésité chez le chien est un problème de santé majeur, sachant que plus d'1 chien sur 3 est en surcharge pondérale et que l'obésité est associée à des désordres métaboliques comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires ou des troubles articulaires. L'objectif de ce projet est d’évaluer des produits vétérinaires destinés à lutter contre l’obésité chez le chien. Avant qu’un traitement ne soit autorisé, il faut notamment démontrer que celui-ci apporte un effet bénéfique sur l’obésité de l’animal. Les études sont réalisées sur l’espèce cible (chien) pour s’approcher au mieux des conditions réelles d’utilisation.
Bénéfices attendus
Ces études permettent de définir l’innocuité et l’efficacité des produits vétérinaires testés et d’expliquer la relation entre la dose et la réponse, c'est-à-dire, l'effet du produit. Ce sont des informations nécessaires au choix de la posologie et de la voie d’administration du produit, préalable à la réalisation des études réglementaires d’efficacité et d’innocuité. Ces informations sont nécessaires à l’obtention d'une autorisation de mise sur le marché de nouveaux produits. Les bénéfices de ce projet sur la population canine obèse sont d’améliorer leur bien-être en réduisant les risques liés à l’obésité, désordres métaboliques comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires ou des troubles articulaires
Procédures
Les administrations s'effectuent sur animal vigile ou anesthésié, 1 ou 3 fois selon l'objectif de l'étude et durent environ 3 minutes. Les prélèvements sanguins s'effectuent sur animal vigile ou anesthésié en fonction du comportement de l'animal, 1 à 9 fois selon le protocole et durent environ 3 minutes. Enfin, un examen physique complet (incluant pesée et body condition score) de tous les animaux en vigile est prévu 1 fois ou plus si jugé nécessaire et dure environ 5 minutes.
Impact sur les animaux
Les produits à l’étude ont déjà fait preuve de leur innocuité chez d’autres espèces (rongeurs). Les nuisances attendues sur les animaux sont : stress dû à la contention ; douleur / inconfort suite aux injections ou aux prélèvements ; stress pendant les périodes d’alimentation individuelle et baisse de prise alimentaire et perte de poids durant les périodes de traitement ; signes cliniques secondaires à l’obésité (apparition potentielle de troubles métaboliques, de douleurs articulaires, troubles cardio-vasculaires,...).
Devenir
Les animaux seront réutilisés et/ou adoptés. Dans le cadre de certaines études d'efficacité, les animaux seront euthanasiés pour prélèvements post mortem.
Remplacement
Il n’existe pas à ce jour de méthode alternative au recours à l’animal permettant d’évaluer la pharmacocinétique ou la pharmacodynamie des produits pharmaceutiques vétérinaires. Les modèles in silico et/ou in vitro/ex vivo permettent de sélectionner des molécules potentiellement efficaces. Après cette première étape, les études de pharmacocinétique ou pharmacodynamie nécessitent de travailler sur un organisme entier, mettant en jeu des interactions entre différents tissus/organes impliqués dans le métabolisme et le/les effets physiologiques et thérapeutiques d’un futur candidat médicament.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au maximum lors des premières études exploratoires de pharmacocinétique/Pharmacodynamique (3 ou 4 animaux par groupe). Il sera ensuite calculé pour les études suivantes selon la variabilité entre individus observée antérieurement et pourra atteindre jusqu’à 10 animaux. Compte-tenu de la variabilité individuelle, les études d’innocuité et d’efficacité seront réalisées sur des groupes de 8 à 12 animaux. Ces effectifs s'évaluent en fonction de la bibliographie, de l'historique ou des objectifs de l'étude. Lorsque le statut des animaux le permet les animaux utilisés peuvent être issus de procédures (légère ou modérée) antérieures et peuvent ensuite être réutilisés dans une future procédure. La réutilisation permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. Seuls les animaux ayant retrouvé un état de santé et bien-être complet, attesté par le vétérinaire désigné, sont réutilisables.
Raffinement
Une période d’acclimatation optimale de 7 jours est prévue. Les chiens ont à disposition des méthodes d’enrichissement afin de stimuler l’exercice physique et leurs activités cognitives. Pour limiter le stress lié à l’alimentation individuelle, celle-ci est réduite au minimum (~1h30-2h), sans isolement visuel, olfactif et auditif. Afin d’identifier et gérer tout signe clinique secondaire à l’obésité, des examens cliniques, évaluation du body score, des pesées et des suivis sanguins réguliers sont réalisés. Un training est réalisé en renforcement positif (friandises, caresses), afin de limiter le stress lié aux actes techniques (contention, administrations, prélèvements) et aux conditions d’études. Pour réduire l’inconfort provoqué par les prélèvements, les opérateurs qualifiés réalisent une contention adaptée de l’animal et une anesthésie et/ou analgésie et/ou un changement du site pourra être mis en place. Les animaux sont observés quotidiennement, ou plus si jugé nécessaire, ce qui permet de détecter tout signe comportemental anormal (spontané ou provoqué) et/ou toute anomalie physique non attendue. Des points limites spécifiques au projet sont appliqués. En cas de déviation de l'état normal d'un animal, le responsable de la procédure, le vétérinaire désigné ou le vétérinaire d'astreinte, décidera d'augmenter les fréquences d'observations, d'isoler l'animal et/ou d'envisager un traitement pour soulager l'animal. Les conditions d’hébergement sont adaptées à l’espèce et à l’âge pour maximiser leur confort et leur bien-être. La SBEA garantit l’amélioration des techniques de soins et des conditions de vie pour les animaux.
Choix des espèces
Il s’agit des espèces cibles pour les produits. Des données concernant l’espèce doivent être fournies au dossier pour l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché. Les animaux inclus sont des chiens présentant au minimum un score de condition corporelle supérieur à 7. Les chiens utilisés ont plus de 9 mois. L’âge dépend de l’objectif de l’étude et du scope d’utilisation du produit testé.
Évaluation pharmacologique de la fonction cardiovasculaire chez le chien, par télémétrie implantée (pharmacologie de sécurité).
- Tests réglementaires
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Un émetteur de télémétrie est implanté chirurgicalement dans le corps de chaque chien, puis des molécules en développement leur sont administrées, seules ou de façon répétée, avec des prélèvements sanguins pouvant atteindre 64 ml en sept jours. 90 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, dont 20 réutilisés dans une autre procédure avant d'être tués, aucun ne pouvant être rendu à l'adoption à cause de l'implant. L'objet réel du projet est la production d'un rapport réglementaire joint aux demandes d'essai clinique. La chirurgie d'implantation, qui décide pourtant du sort de tous les animaux, n'apparaît pas dans la liste des procédures décrites, et le porteur n'indique ni le nombre d'études par chien ni la nature des molécules testées.
Objectifs
La pharmacologie de sécurité est un élément réglementaire indispensable dans le développement préclinique de molécules thérapeutiques. Préalablement aux études cliniques, les effets d’un composé thérapeutique sur les fonctions vitales (respiratoires, neurologiques et cardiovasculaires) doivent être caractérisés chez l’animal en respectant les Bonnes Pratiques de Laboratoire. Du fait de la complexité des organismes vivants, il n’existe actuellement aucun modèle de remplacement pour prédire les effets pharmacologiques de molécules thérapeutiques. Seule l’expérimentation animale permet de définir leur innocuité afin de sécuriser les premiers essais chez l’humain. Pour atteindre cet objectif, et en accord avec recommandations médicales internationales, la présente autorisation de projet permettra de caractériser les effets adverses de molécules sur le système cardiovasculaire du chien. L’évaluation de la fonction cardiovasculaire chez le chien se fera par électrocardiographie implantée, avant et après administration d’une molécule thérapeutique. La conduite de ces études de pharmacologie de sécurité conduira à la production d’un rapport décrivant les effets adverses de chaque molécule testée sur la fonction cardiovasculaire. Ce rapport, requis par la réglementation, fera partie intégrante de la demande d’essai clinique.
Bénéfices attendus
À l’échelle mondiale, les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de décès avec environ 17,9 millions de morts par an, suivies des cancers (10 millions/an), des maladies neurologiques (9 millions/an), des maladies infectieuses (7,7 millions/an), des maladies respiratoires chroniques (3,9 millions/an) et du diabète (1,5 million/an).Pour ces pathologies, il n’existe à ce jour aucune solution thérapeutique satisfaisante. Ce projet vise à couvrir une étape indispensable dans le développement de solutions thérapeutiques innovantes. La pharmacologie de sécurité est une phase règlementaire indispensable au développement préclinique, préalable aux études cliniques. Elle permet de caractériser les effets d’un composé thérapeutique sur les fonctions vitales (respiratoires, neurologiques et cardiovasculaires) chez l’animal. 10 à 12 % de ces composé thérapeutiques échouent en essais cliniques en raison de problèmes de sécurité cardiovasculaire. Ces risques cardiovasculaires sont mieux identifiés et anticipés aujourd’hui grâce à l'intégration des études de pharmacologie de sécurité. A court terme, le bénéfice premier de ce projet sera l’établissement du profil toxicologique/pharmacologique, spécifique à la fonction cardiovasculaire, d’un composé. A long terme, les données obtenues de ces études de pharmacologie de sécurité feront partie intégrante des dossiers de mise sur le marché. Ces études réduiront les risques cardiovasculaires lors des essais cliniques et contribueront à :: 1. améliorer la qualité de vie des patients, en permettant à de nouvelles molécules d’entrer en clinique 2. améliorer la sécurité des patients, en identifiant/caractérisant les effets cardiovasculaires indésirables 3. optimiser les doses thérapeutiques en identifiant précocement les doses efficaces optimales et les effets secondaires 4. contribuer à la recherche scientifique. Les résultats de ces projets enrichiront les connaissances scientifiques sur les mécanismes d'action et les profils de sécurité de nouvelles familles de molécules 5. réduire les coûts de santé en améliorant la sécurité/efficacité des traitements 6. répondre aux exigences réglementaires en matière de sécurité afin d’obtenir l’autorisation d’essais cliniques
Procédures
Les animaux seront soumis à l'administration, unique ou répété, d'une molécule thérapeutique en phase de test ou d'un composé de référence (témoin). Chaque administration dure quelques minutes ou quelques dizaines de minutes. Des prélèvements sanguins peuvent être effectués (5 minutes environ). La quantité et la fréquence acceptables dépendent du volume sanguin total (VST). Chez un chien, il est estimé à 850 ml pour un chien de 10 kg Environ 10 % du VST peut être prélevé en toute sécurité toutes les 2 semaines (soit 85ml) , 7,5 % tous les 7 jours (64 ml) selon les recommandations EFPIA/ECVAM, et ressources du NIH. En cas de cinétique, les temps de prélèvement sont déterminés sont les caractéristiques du xénobiotique tout en respectant le volume maximal possible de 7,5% sur 7 jours glissant. Par exemple : prélèvement avant administration, puis 3h, 6h, 12h et 24h après, 1 à 2 ml à chaque temps.
Impact sur les animaux
Trois catégories de nuisances peuvent être provoqués chez les animaux utilisés dans ce projet. Elles sont toutes prises de manière préventives pour réduire leur impact. - Liées aux manipulations vigiles : en cours d’étude, les observations cliniques, ainsi que certaines voies d’administration, peuvent nécessiter d’une manipulation et une contention manuelle des animaux. Elles sont faites selon les bonnes pratiques vétérinaires mais cela peut néanmoins engendrer un stress. - Liées aux prélèvements/administration : la réalisation de prélèvements de sang et l’administration répétée d'une molécule peut provoquer des lésions locales et un stress des animaux en cas de réalisation incorrectes, d’individus plus fragiles ou bien de l’immobilisation nécessaire pour certaines voies d’administration. De plus, même si ces effets délétères sont rares lorsque le geste est réalisé par un opérateur expérimenté, il existe un risque de lésions ou d’infection lors d’administration intrathécale, intracraniale (lésions neurologiques, paralysie partielle) ou intra-articulaire (boiterie, arthrite). - Liées à une toxicité du xénobiotique testé : il n’est pas attendu d’effets toxiques majeurs dans les études de pharmacologie en raison de la faible dose administrée de xénobiotique ou d'une administration unique.
Devenir
A l'issus de la procédure, les animaux seront euthanasiés car l'implant télémétrique les rends inaptes à une réhabilitation. Dans la mesure du possible, ils seront inclus dans une autre procédure sans réveil afin de réduire le nombre d'animaux utilisés, sur avis vétérinaires. Ils pourront être aussi réutiliser dans une procédure légère ou modéré, mais seront in fine euthanasié dans le cadre de ces procédures en raison de la chirurgie d'implantation initiale.
Remplacement
La pharmacologie de sécurité étudie les interactions entre une molécule et une ou plusieurs cibles liées au système cardiovasculaire. Ces interactions englobent les effets de la molécule ou de ses produits de dégradation, sur des cibles, mais aussi l’influence éventuelle de ces cibles sur la molécule. Une compréhension fine des mécanismes de toxicité est donc indissociable d’une connaissance approfondie des mécanismes physiologiques, développementaux, cellulaires et moléculaires. À ce jour, l’ensemble des cibles potentielles et les mécanismes impliqués dans la toxicité cardiovasculaire ne sont pas complètement élucidés et ne peuvent donc pas être modélisés. Il n’existe pas, en conséquence, de modèle de substitution. C’est pourquoi la réglementation impose l’évaluation de la sécurité pharmacologique d’une molécule thérapeutique avant toute administration chez l’humain.
Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux dans les études de pharmacologie cardiovasculaire de sécurité : • nous nous assurerons de la validité et de la prédictivité des données acquises avant de démarrer toute expérimentation, pour ne pas évaluer des composés non pertinents • des études pilotes seront réalisées, si nécessaire, sur un nombre limité d’animaux. L’objectif sera d’identifier les doses les plus favorables et les moins toxiques • un même animal instrumenté pourra participer à plusieurs études si et seulement si : o les composés testés précédemment n’ont présenté ni effets cardiovasculaires irréversibles, ni effets toxiques o les profils pharmacocinétiques sont connus et permettent de définir une période de repos adéquate o les paramètres biochimiques et hématologiques évalués avant l’étude se situent dans les valeurs de référence attendues pour cette espèce Le nombre d’animaux par étude est de 4 (4 males) et peut aller jusqu’à 8 (4 males et 4 femelles). Ce nombre est considéré comme le minimum acceptable permettant une interprétation statistique pertinente des données, et la caractérisation correcte des effets cardiovasculaires potentiels.
Raffinement
Le raffinement de nos procédures inclue : • la gestion du stress et de l’angoisse : à leur arrivé sur site, les animaux seront acclimatés (2-3 semaines) aux conditions d’hébergement, et suivent un programme d’entrainement aux procédures expérimentales. Ils seront également hébergés en collectivité, pour augmenter les interactions sociales, dans un environnement enrichi • la prise en charge précoce de la souffrance : un opérateur observera matin et soir chaque animal. La douleur sera objectivée en fonction de modifications de l'apparence, de la posture et du comportement. Dès les premiers signes de douleur, une intervention vétérinaire sera effectuée. Certains administrations seront faites systématiquement sous anesthésie • des soins vétérinaires adaptés si nécessaires : compléments alimentaires, sérum physiologique, antibiotique, analgésique • l’intégration de points limites stricts afin de limiter toutes souffrances prolongées. Spécifiquement pour les études de cardiologie, la méthode validée nécessite l'implantation chirurgicale d'un module de télémétrie (émetteur envoyant les données physiologiques de l'animal en temps réel, à distance). Afin de rendre cette technique moins invasive, l'utilisation d'un module externe avec des électrodes de surface est en cours d'évaluation.
Choix des espèces
Les études de pharmacologie réglementaire in vivo sont encadrées par des recommandations médicales et pharmaceutiques internationnales. Elles peuvent être réalisées chez des espèces rongeurs ou non rongeurs. Le chien, en raison de sa valeur prédictive, est l’une des espèces non rongeurs retenue pour ce type d’étude.
MODIFICATION Chirurgies d’implantations de dispositifs d’administration ou de mesures pour les études de toxicologie et pharmacologie règlementaire.
- Tests réglementaires
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Chiens : 250
Ouistitis et tamarins : 320
Macaques à longue queue : 225
Opérés puis intégrés à des études de toxicologie et de pharmacologie réglementaires, 2 400 rats, 320 ouistitis et tamarins, 250 chiens et 225 macaques à longue queue subissent des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Chacun reçoit par chirurgie un dispositif d'enregistrement de ses constantes ou un cathéter veineux, une opération de trente minutes à deux heures selon l'espèce, suivie d'un isolement pouvant aller jusqu'à vingt-quatre heures. Le porteur reconnaît des risques d'inflammation, d'infection et de douleurs opératoires et post-opératoires, et présente ces implants comme un moyen de réduire le stress des manipulations invasives qui viendront ensuite. Il indique que les lignes directrices ICH/EMA imposent deux espèces, un rongeur et un non-rongeur, et prévoit de recourir à des animaux juvéniles quand le produit vise des indications pédiatriques.
Objectifs
L’objectif du projet est de réaliser des chirurgies d’implantation de système de mesure, d’administration ou de prélèvements de différents paramètres physiologiques, produits d’études ou fluides biologiques. Ces systèmes sont nécessaires à la réalisation d’études de toxicologie et pharmacologie réglementaire suivant les lignes directrice ICH/EMA afin d’évaluer la sécurité, l’efficacité et la toxicité de candidats médicaments ou substances chimiques chez différentes espèces animales avant leur utilisation chez l’humain ou l’animal.
Bénéfices attendus
Ces chirurgies permettent de : - Faciliter et sécuriser le traitement des animaux et donc diminuer leur stress induit par des manipulations invasives répétées. - Faciliter les prélèvements de sang et limiter le nombre de site de prélèvement - Evaluer de manière fiable certains paramètres physiologiques comme la fréquence cardiaque, des bio-potentiels comme l’électroencéphalogramme, des températures comme la température corporelle ou l’activité motrice. - Collecter des données sur la sécurité, l’efficacité et/ou la toxicité, de candidats médicament avant administration chez l’Homme ou chez l’animal.
Procédures
Les animaux se verront implantés par chirurgie un système d'enregistrement des paramètres physiologies et/ou un système de cathétérisation veineuse afin de pouvoir administrer des molécules testés dans le cadre d'essais pré-cliniques de développement de médicaments. La pose de ces implants prends de 30 minutes à 2h, selon l'espèce. Si un prélèvement sanguin est nécessaire, il est fait vigile, en quelques minutes.
Impact sur les animaux
La chirurgie représente un risque de nuisance modérée pour les animaux. Les risques sont une inflammation ou un gonflement des zones de chirurgie, d’infection, de douleurs opératoires et post opératoire. L’isolement post opératoire, bien que limité à 24h maximum, représente aussi une source de stress pour les animaux.
Devenir
Les procédures décrites dans ce projet permettront d'intégrer les animaux dans des projets de toxicologie et pharmacologie pré-cliniques dans le cadre du développement de médicaments. Cette intégration se fait dans le cadre d'une utilisation continue des animaux sur des projets liés à la même question scientifique.
Remplacement
Les chirurgies préparatoires menées dans le cadre de ce projet permettent la réalisation d’études règlementaires évaluant l’efficacité, la sécurité et la toxicité de candidats médicament ou de substances chimiques en vue de leur mise sur le marché. Ces études réglementaires sont des prérequis aux essais cliniques de phase I, II et III et sont réalisées en suivant des guidelines nationales et internationales (ICH/EMA). Selon ces guidelines, ces études doivent être effectuées sur des modèles animaux, il n’est donc pas possible actuellement de remplacer les modèles in vivo par des modèles in vitro ou in silico.
Réduction
Une fois les animaux implantés ils participent à plusieurs études, ce qui permet d’en réduire le nombre nécessaire. De plus, pour les études réglementaires le nombre d’animaux est réduit au minimum pour permettre la détection d’effet indésirables/toxicologique/pharmacologique en accord avec les lignes directrices ICH/EMA.
Raffinement
Afin de réduire les nuisances liées à la chirurgie, un protocole anesthésie/analgésie est avec une prémédication (qui permet de rendre plus rapide et plus stable l’anesthésie et d’apporter une analgésie), une application d’anesthésique locale avant l’incision et générale en fin de chirurgie et une anesthésie générale gazeuse avec inhalation d’isoflurane sont mis en place pour permettre une chirurgie et un réveil rapide et sans douleur. Le suivi post-opératoire sera quotidien, et inclus l’administration d’analgésie injectable et/ou par voie orale systématiquement durant 2 à 3 jours. Des points limites ont été définies afin de mettre en place des actions correctives afin d'éviter tout souffrance.
Choix des espèces
Toutes les espèces retenues pour ce projet sont des espèces reconnues pour leur aptitude à prédire les effets pharmacologiques, indésirables et/ou toxiques de candidats médicament ou substances chimiques. Les lignes directrices requièrent deux espèces (rongeurs et non rongeurs) selon la nature du produit à tester (molécule chimique de synthèse, peptide, protéine, anticorps monoclonal ou produit de thérapie génique ou cellulaire). Ce projet utilise des rongeurs à partir de 6 semaines, des chiens à partir de 6 mois, des macaques à partir de 2 ans et des marmousets à partir d’un an. Exceptionnellement, ce projet pourra être menées sur des animaux juvéniles pour des produits à visée pédiatrique afin de révéler des effets toxiques dépendant de l’âge (retard de croissance, effet sur la maturation sexuelle, effet toxique lié à l’immaturité de certaines fonctions physiologiques). La ligne directrice suivie est : “guideline on the need for non-clinical testing in juvenile animals of pharmaceuticals for paediatric indications - EMEA/CHMP/SWP/169215/2005”.
Suivis télémétriques et prélèvements biologiques sur des phoques dans leur milieu naturel
- Conservation des espèces
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Capturés au filet dans leur milieu, maintenus contraints jusqu'à trente minutes, pesés puis anesthésiés, des phoques gris et veaux-marins subissent une biopsie de lard, un prélèvement de sang, le prélèvement d'une ou deux vibrisses et le collage d'une balise sur le poil. 480 individus vont être utilisés de cette façon, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance légère, chaque capture durant une à deux heures. Le porteur décrit pourtant la biopsie de lard comme une source de "douleur modérée", ce qui entre en tension avec la gravité légère annoncée pour l'ensemble. Les phoques sont relâchés en mer aussitôt réveillés, un même individu pouvant être recapturé et échantillonné plusieurs fois au cours d'un projet mené au nom de la conservation de ces espèces protégées.
Objectifs
Le projet consiste en le suivi par télémétrie (balises émettrices) de phoques sauvages dans leur milieu naturel, et de prélèvement de quelques échantillons biologiques réalisés lors de la capture, afin de mieux comprendre leurs stratégies d’utilisation de l’espace et des ressources marines et de répondre aux attentes des gestionnaires en charge de la gestion et la conservation de ces mammifères marins protégés et/ou de leur habitat naturel. Afin de réaliser les suivis individuels, les phoques sont capturés dans leur milieu à l’aide de filets, transportés dans ces filets (pendant quelques minutes à environ 30 minutes maximum), pesés (toujours contraints dans les filets), anesthésiés, puis libérés de leur filet une fois endormis ; leur poil est séché et dégraissé de façon à coller les balises sur le poil. Quelques prélèvements biologiques sont effectués afin de compléter les informations obtenues par les balises grâce à des marqueurs génétiques et écologiques, puis les animaux sont immédiatement relâchés en mer. Ces opérations, durant environ 1 à 2 heure(s) entre la capture et le relâcher, sont intégralement réalisées sur le terrain (sur le littoral) et les animaux ne sont pas transportés en captivité. Les balises utilisées permettent de suivre leurs déplacements et activités en mer comme à terre pendant plusieurs mois (localisations, détails des plongées, périodes de repos à terre, etc.). Les balises tombent au plus tard 9 ou 10 mois après la pose, pendant la mue annuelle des phoques (lorsque le nouveau poil remplace l’ancien, la balise tombe avec l’ancien poil).
Bénéfices attendus
Les suivis télémétriques réalisés permettent de décrire les déplacements des phoques, leur comportement à terre comme en mer et leurs rythmes d'activités. Les prélèvements biologiques associés permettent de décrire leur écologie trophique (à l’aide de marqueurs issus de leurs proies et de leur habitats), leur niveau de contamination (à partir de polluants métalliques ou organiques), et de décrire la structure génétique des populations auxquels ils appartiennent (degré d’isolement ou de proximité avec les autres colonies). Ils permettent de mieux comprendre les stratégies individuelles de ces prédateurs supérieurs aux variations de leur environnement (impact du changement climatique sur la disponibilité en proies, ou sur les conditions de mer par exemple) et leurs réponses aux pressions anthropiques (telles que les activités humaines en mer et les changements globaux). Ces informations sont également primordiales pour les gestionnaires (locaux et nationaux) qui ont en charge la gestion et la protection de ces espèces protégées ou de leur habitat préférentiel.
Procédures
Les animaux sont capturés dans leur milieu naturel, contraints physiquement dans des filets pendant leur transport (quelques minutes à 30 minutes environ) puis pendant la pesée (quelques minutes). Un prélèvement de sang sur les phoques anesthésiés est réalisé et ne dure que 10 secondes environ. Une biopsie de lard, sous anesthésie, est réalisée en quelques secondes. Un ou deux prélèvement(s) de vibrisse est/sont réalisé(s) (il ne prend qu’une seconde). Du poil est prélevé sur environ 3 cm² et une balise est collée sur leur poil à l'arrière de la tête, en quelques minutes. Les phoques muant chaque année, la balise se détache au plus tard l’année suivante en tombant avec le vieux poil. Exceptionnellement, un individu peut être recapturé et échantillonné plusieurs fois sur la durée du projet, toujours à plusieurs mois voire années d’intervalle.
Impact sur les animaux
La biopsie de lard est source de douleur modérée pour les phoques, d'une durée de quelques dizaines de secondes. Le prélèvement d'une vibrisse génère une douleur légère très brève (une à quelques secondes).
Devenir
Tous les animaux sont immédiatement relâchés dans leur milieu naturel à l'issue de la procédure.
Remplacement
Le Remplacement des animaux n'est pas possible puisque l'objectif même du projet est de mieux connaitre et décrire le comportement d'espèces sauvages à préserver, il est donc indispensable de suivre des animaux de ces espèces dans leur milieu naturel.
Réduction
La Réduction est réalisée par le choix de capture d'un maximum de 30 phoques par espèce, par colonie et par période de 5 ans : ces effectifs permettent de décrire la variabilité inter-individuelle, très forte chez ces prédateurs supérieurs. Ils sont estimés à partir des travaux préliminaires (non publiés) sur les résultats acquis ces dernières années, analysés à l'aide d'outils statistiques appropriés et soulignent la forte variabilité interindividuelle des comportements étudiés. Il s'agit néanmoins d'un chiffre idéal mais pas toujours atteint car les budgets alloués à ces opérations ne le permettent pas toujours (balises télémétriques très chères). Dans ce cas, ces effectifs sont atteints après plusieurs opérations, sur quelques années. Idéalement, le sexe-ratio des captures représente aussi fidèlement que possible celui de la colonie.
Raffinement
Cette demande comporte des points limites stricts et spécifiques du projet. Le Raffinement des procédures est réalisé par une diminution des sources de stress chez l'animal lors de la capture (utilisation de filets spécifiquement construits pour ces espèces, ne les blessant pas ; absence de gestes brusques et de bruit excessif autour des animaux pendant toute la procédure ; linge sur les yeux pendant la manipulation, etc.), par la prise en compte des sources possibles de douleur (utilisation d'analgésiques), par la limitation des prélèvements (sanguins, biopsie de lard, phanères) au strict minimum pour effectuer les analyses biologiques pertinentes, et par le suivi de l'animal pendant l'intégralité de la procédure, jusqu'à son réveil et son retour spontané dans le milieu naturel (rythme respiratoire, rythme cardiaque le cas échéant, voire taux de saturation en oxygène le cas échéant). Les procédures mises en place réduisent par ailleurs les risques de blessure de l'animal comme des manipulateurs, de la capture jusqu'au relâcher. En amont des procédures ont été déterminés 1) des paramètres à prendre en compte pour exclure de la procédure des animaux affaiblis et 2) des paramètres à suivre lors de la procédure et des actions à faire immédiatement en cas d'anomalies mises en évidence.
Choix des espèces
Les animaux concernés par ces études, les phoques gris et les phoques veaux-marins, sont l’objet même du projet, puisqu’il s’agit de mieux comprendre le comportement naturel de ces mammifères marins dans leur milieu, notamment pour mieux définir les mesures de gestion et de conservation à mettre en place au niveau local et national voire international. Ces espèces sont protégées en France et font l'objet d'un programme de suivi dans le cadre de la Directive-cadre Stratégie pour le Milieu Marin. Les phoques capturés, prélevés et équipés de balises sont majoritairement des sub-adultes ou adultes. Le poids minimum choisi est de 40 kg, en l’état actuel des balises utilisées (balises GPS/GSM et balises Argos), de façon à ce que le poids et surtout la surface des balises sur le corps des phoques n’entraine qu’une force négligeable de frottement lors de la nage.
Etude de l’efficacité d’une nouvelle formulation vaccinale BCG chez le furet
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système respiratoire
Douze furets reçoivent un vaccin BCG par voie orale puis une administration intratrachéale de BCG recombinant, avec huit prises de sang et un lavage broncho-alvéolaire répartis sur dix-huit semaines, la plupart de ces actes sous anesthésie générale de quinze à trente minutes. Ces douze individus, six vaccinés et six témoins, subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et le fournisseur est chargé de castrer les mâles avant livraison. Le porteur affirme qu'aucune méthode sans animaux ne reproduit la complexité du tissu pulmonaire, et présente le furet comme un bon modèle pour "remplacer" le blaireau, espèce sauvage réellement visée par ce vaccin vétérinaire mais dont l'expérimentation est plus lourdement encadrée. Tous seront mis à mort pour prélever trachée, poumons, ganglions et rate.
Objectifs
Ce projet s’inscrit dans un projet scientifique visant à étudier la vaccination contre la tuberculose dans la faune sauvage. Le champ d’application du vaccin est donc vétérinaire. Le furet et le blaireau sont deux espèces sensibles à Mycobacterium bovis. Le blaireau étant une espèce sauvage, l’expérimentation est soumise à une réglementation complémentaire contrairement au furet qui est une espèce domestique. Notre partenaire pour ce projet, a validé la pertinence du furet comme modèle du blaireau pour l’infection à Mycobacterium bovis. Les objectifs sont d’analyser l’influence de la voie de vaccination orale sur la mise en place d’une réponse immunitaire contre les mycobactéries. Les protocoles précédents ont permis : 1/ de prendre en main le modèle furets et de développer des outils afin d’analyser la réponse immunitaire induite chez le furet. 2/ de valider les outils développés dans le protocole 1 et l'efficacité de l’administration du vaccin par voie orale. Le protocole 3 (proposé dans cette DAP) a pour objectif de tester l’efficacité de la réponse vaccinale induite par l’administration, par voie orale, du vaccin BCG formulé . L’intérêt de la formulation est de potentialiser la mise en place de la réponse vaccinale par rapport à du BCG non formulé (c’est-à-dire augmenter l’intensité des réponses immunitaires et/ou leur durée sans augmenter la dose d’antigène). La formulation améliore aussi la stabilité du vaccin. Le choix de la formulation vaccinale a été réalisé par notre partenaire qui a testé 4 formulations. L’innocuité de la formulation a été validée in vivo sur modèle furet par notre partenaire. Dans ce protocole, nous allons analyser les réponses immunitaires des animaux et valider ou non l’efficacité de ce nouveau vaccin. Le présent projet est prévu pour au maximum 12 furets : un lot de 6 animaux vaccinés (BCG formulé) administré par voie orale et un lot de 6 animaux témoins non vaccinés recevant un placebo par voie orale. Les 2 lots sont ensuite challengés par administration de BCG recombinant (fluorescent) par voie intratracheale. Ce projet a pour but de vérifier à l’aide d’un challenge avec un BCG recombinant (fluorescent) l’efficacité de la réponse vaccinale induite par la vaccination BCG par voie orale. L’intégralité du protocole (vaccination et épreuve) est réalisée avec la souche vaccinale BCG utilisée en médecine humaine. Nous restons donc sur un modèle d’infection non virulente.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet sont de valider l’efficacité de la réponse vaccinale induite par la vaccination BCG par voie orale permettant la mise en place d’une protection optimale contre les mycobactéries. Ce projet nous permettra de definir les corrélats de la protection contre une exposition mycobacterienne qui sont induits dans le poumon et dans le sang par la vaccination orale au BCG.
Procédures
Au cours des 18 semaines du projet, chaque furet sera soumis au maximum à : 1/ Un traitement anti-parasitaire et son rappel si besoin (1 à 2 min) 2/ 1 pose de puces télémétriques qui durent quelques secondes 3/ 8 prises de sang : au maximum 1 prélèvement par semaine. Une prise de sang dure quelques secondes 4/1 LBA (lavage-broncho-alvéolaire) qui dure 2 à 5 min 5/ 1 administration par voie orale d’un vaccin BCG qui dure quelques secondes 6/ 1 administration en intra-trachéale d’un vaccin BCG recombinant, qui dure quelques secondes Tous ces actes, hormis la vermifugation et l’administration par voie orale se feront sous anesthésie générale pendant 15 à 30 minutes selon la nature et le nombre d’actes effectués
Impact sur les animaux
Les effets indésirables pourraient être liés à une mauvaise réaction des animaux à l’anesthésie générale ou à un des gestes techniques qui induirait une réaction inflammatoire locale, un hématome ou une infection. Les injections et prises de sang peuvent engendrer une légère douleur au niveau du site d’injection/prélèvement. Les administrations par voie orale et par voie intra-trachéale peuvent engendrer une légère irritation de la trachée. L’ensemble de ces interventions peuvent générer du stress pour les furets.
Devenir
La totalité des animaux sera mis à mort à l’issue du projet. Des prélévements de tissus seront réalisés par les concepteurs : trachée, poumons, ganglions, rate... pour des analyses.
Remplacement
A ce jour, il n’existe aucun système in vitro ou méthode alternative permettant de reproduire la complexité du tissu pulmonaire et les processus complexes de recrutement des cellules immunitaires. Le blaireau est l’espèce cible pour l’étude de la tuberculose mais les expériences sur cette espèce sauvage sont difficiles à mettre en œuvre. Cependant, il a été démontré par la communauté scientifique que le furet est un bon modèle pour remplacer le blaireau.
Réduction
Pour ce projet, le nombre minimal d’animaux a été fixé à 6 par lot pour favoriser d’une part le lien social entre les animaux (hébergement en couple) et pour avoir suffisamment d’échantillons biologiques qui soient statistiquement pertinents pour la suite du projet. En fonction de ce que le fournisseur sera en mesure de nous fournir au moment de la commande, le sexe ratio de chaque lot pourra être adapté. L’expérimentation contient 2 lots d’animaux : un lot de 6 animaux vaccinés au BCG par voie orale puis challengés par administration de BCG recombinant (fluorescent) par voie intratracheale et un lot de 6 animaux témoins non vaccinés recevant un placebo (du PBS par voie orale) puis challengés par administration de BCG recombinant (fluorescent) par voie intratracheale. Le nombre d’animaux utilisés pour fournir des échantillons a été déterminé grâce à un test statistique de calcul de la puissance ou de l'effectif nécessaire en utilisant un test de comparaison de deux échantillons indépendants. Un maximum d’analyses sera effectué sur chaque animal (cellules immunitaires, cytokines, expression des gènes, histologie, évaluation de la charge vaccinale).
Raffinement
A l’arrivée des animaux, une période d’acclimatation de 4 semaines sera respectée pour habituer les animaux aux interventions du personnel (manipulations, jeux, friandises). Ils seront uniquement vermifugés et un test de formulation sans BCG avec du Chitosan sera proposé (200µL par voie orale) pour vérifier la prise par les animaux. Pour leur bien-être, la pose d’implants hormonaux et de puces télémétriques se fera donc après la phase d’acclimatation au cours de la même anesthésie générale. Pour limiter les blessures infligées par les mâles sur les femelles, nous demanderons une castration des mâles par le fournisseur. Les animaux seront hébergés dans des cages conçues pour le furet. Chaque furet disposera de sa propre cage connectée par 2 avec un tunnel pour se regrouper. Un hamac en tissu sera suspendu permettant aux furets d’avoir un coin de repos. Différents jouets seront utilisés (balle, jouets en plastique dur, tissus…). Des récompenses alimentaires (saumon, jus de thon, pâte appétente) seront données après les interventions sans anesthésies et dès l’acclimatation pour habituer les animaux à l’administration orale du vaccin. Pour certaines interventions, les furets seront maintenus sous anesthésie générale gazeuse avec monitoring (fréquence respiratoire, fréquence cardiaque, température), sous lampe et tapis chauffant et sous la supervision du personnel en charge des anesthésies. Lors de l’intubation intra-trachéale, du gel anesthésiant sera mis sur la sonde d’intubation pour anesthésier la gorge. Pour détendre la mâchoire des furets et faciliter l’intubation ils recevront une injection d’anesthésiques. Lors de la phase de réveil, une surveillance rapprochée de l’animal sera effectuée. Des molécules seront disponibles, pour faciliter le réveil et gérer la douleur. En cas d'infection, un traitement antibiotique de 1ère intention sera mis en place en accord avec la vétérinaire de l’unité. Deux visites quotidiennes seront réalisées pour assurer les soins et surveiller l’état de santé des furets. Des point limites ont été définis. Si un animal présente des signes cliniques (atteinte de l’état général, perte d’appétit, isolement, prostration…), la vétérinaire d’unité sera consultée et un vétérinaire praticien pourra être contacté (espèce furet).
Choix des espèces
Le furet est un modèle validé pour l’étude d’espèces de la faune sauvage (blaireau) qui constitue l’espèce ciblée par le projet de vaccination contre la tuberculose animale. Le furet et le blaireau sont deux espèces de Mustélidés qui sont sensibles à Mycobacterium bovis. Le blaireau étant une espèce sauvage, l’expérimentation sur cette espèce est soumise à une réglementation complémentaire contrairement au furet qui est une espèce domestique. Animaux adultes âgés d’environ 12 mois (poids d’environ 1000 g pour les mâles et 800 g pour les femelles). Le choix d’animaux adultes agés de 12 mois est conditionné d’une part par le fait que la vaccination est plus pertinente sur animaux adultes que chez des jeunes dont le système immunitaire est en cours de développement et d’autre part pour avoir des animaux d’un poids suffisant (notamment les femelles) pour faciliter les procédures d’anesthésies et de prélèvements sur les animaux et réduire au maximum l’impact sur leur état de santé.
Etude sur l’efficacité d’un analogue structurel des phéromones apaisantes sur l’amélioration des interactions intra et inter spécifiques chez le chat
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
Tester une gamme commerciale d'analogues de phéromones apaisantes, déjà vendue dans plusieurs pays, passe par 24 chats hébergés en groupes de cinq à sept dans une animalerie, dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Les expérimentateurs les mettent en présence de congénères peu connus pendant vingt-cinq minutes, puis d'une personne familière et d'une personne inconnue pendant dix minutes, en filmant leurs réactions. Le protocole prévoit des bagarres et des blessures, avec séparation dès trois secondes de combat ou trois agressions, ce que le porteur ramène à des conflits que ces chats sauraient gérer. Aucun n'est tué à l'issue, tous étant conservés en vie pour être réutilisés dans de futurs projets de recherche.
Objectifs
Le chat peut avoir du mal à s’adapter aux changements du foyer, ainsi que montrer des interactions négatives entre ces différents congénères (relations intraspécifiques) ou avec leur propriétaire ou autres personnes (visite chez le vétérinaire, par exemple). L’utilisation de phéromones a déjà été montré comme une option efficace pour aider les chats à faire face à toutes ces situations, avec les produits commercialisés autour du monde. Des nouvelles phéromones sont étudiées en ce moment, ainsi que des nouvelles galéniques plus adaptés à chaque situation. Ce projet a pour but d’évaluer l’efficacité des analogues structurels des phéromones apaisantes ainsi que nouvelles galéniques afin d’améliorer le bien-être des chats et sa cohabitation avec l’être humain.
Bénéfices attendus
Nous attendons de ce projet de pouvoir proposer une solution naturelle et sans danger pour les chats leur permettant d’affronter plus sereinement les situations potentiellement stressantes que peuvent rencontrer au cours de leur vie. Les interactions sociales entre les chats d’un même foyer ou entre chats inconnus sont une potentielle situation stressante pour eux. Les interactions avec le propriétaire ou autres personnes peuvent également être une source du stress et de difficulté de cohabitation. Si nos résultats sont positifs, cela nous permettra de préconiser l’usage de ce traitement afin d’apaiser ces interactions et améliorer le bien-être des chats. Cela pourrait aussi éviter des abandons des chats ou des euthanasies pour l’impossibilité de les faire adopter.
Procédures
Les rencontres avec ces congénères pendant la phase de conflit d'intérêt, pourraient stresser les chats, ou même les blesser si un combat arrivait. Néanmoins, ces chats sont habitués à gérer ces conflits car ils sont logés en groupes de 5 à 7 chats, et des points limites sont établis pour éviter une souffrance animale. Les rencontres dureront un totale de 25 minutes s’il n’y a pas des agressions. S’il y a une agression de plus de 3 secondes, les animaux seront séparés et la rencontre stoppée. Les animaux seront alors observés et soignés si nécessaire. Les rencontres avec les personnes connue et inconnue seront réalisées dans une salle d’expérimentation dont les animaux sont habitués, comprenant des ressources pour assurer leur bien-être. Les rencontres dureront un totale de 10 minutes. L’arrivée d’une personne inconnue pourrait éventuellement inquiéter ou stresser le chat, qui pourrait choisir de ne pas s’approcher de la personne ou de se cacher, en attendant son départ.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendues sur les animaux sont de possibles blessures associées à des comportements agressifs lors des rencontres entre chats, ainsi qu’un stress aigue. Néanmoins, ceux effets indésirables seront réduits au maximum avec la surveillance des opérateurs pendant l’essai et l’intervention rapide et séparation des animaux si besoin. Un suivi vétérinaire sera assuré si un anima est blessé.
Devenir
A la fin de ce projet, l'ensemble des individus est conservé en vie afin d'être réutilisés pour de futurs projets de recherche.
Remplacement
Le but de ce projet est d’étudier les effets des phéromones apaisantes et ses dérivées sur les animaux à niveau comportemental ; c’est pour cela qu’il est nécessaire de le réaliser sur des animaux vivants.
Réduction
24 chats ont été inclus dans ce projet. Ce nombre de chats est présent dans notre animalerie et la possibilité de travailler avec uniquement ces animaux nous permet d’éviter l’utilisation de nouveaux animaux (réduction). Afin de vérifier qu'un tel effectif serait suffisant pour obtenir des résultats statistiques robustes, pour la première partie de l'étude, nous nous sommes basés sur des résultats obtenus dans notre institut sur l'effet de la phéromone apaisante dans les rencontres d’animaux peu connus, et nous avons pu calculer que selon le paramètre mesuré, un effectif variant entre 16 et 46 rencontres (nous avons prévu 40 rencontres pour 20 chats) serait suffisant pour obtenir une puissance statistique de 80%. Pour la deuxième partie de l'étude, nous avons pu calculer qu'un effectif variant entre 9 et 20 chats serait suffisant pour obtenir une puissance statistique de 80%. Nous avons décidé de rester sur cet effectif qui était cohérent avec les évaluations statistiques réalisées. Cela nous permet donc de réutiliser ces animaux et d'éviter l'implication de nouveaux individus dans ces procédures expérimentales. L'analyse statistique comparera les réponses comportementales des animaux à l'aide de modèles mixtes linéaires généraux (GLMM) pour les variables continues et de modèles mixtes linéaires généralisés (GzLMM) pour les variables discrètes. Une analyse de survie sera réalisée pour les latences. Pour limiter les biais expérimentaux, l'ensemble de la procédure sera réalisé en aveugle.
Raffinement
Tout au long du projet, les chats seront hébergés dans ces chatteries, en groupe de 5 à 7 chats. Les chatteries mesurent 25 m², avec une partie interne et une autre externe où les chats peuvent y aller librement. Toutes les ressources nécessaires pour le bien-être des animaux sont présentes. Dans la première partie de l'étude, la présence dans la salle d’expérimentation sera d’un totale de 25 minutes, et chaque chat y passera 4 fois pendant la durée de 4 semaines (avec une pause au milieu de 1 ou 2 semaines). Dans la deuxième partie de l'étude, la durée totale de temps dans la salle d'expérimentation sera similaire, mais chaque chat y passera une ou deux fois maximum. La salle d'expérimentation mesure 12 m², et comprend des étagères, une litière, une gamelle d’eau, un jouet, un griffoir et un panier de repos. La pièce contiendra également une caméra avec capteurs de détection de mouvement. Au cours des rencontres entre chats, 2 opérateurs resteront à proximité immédiate de la porte afin de pouvoir intervenir au plus vite dès le point limite atteint (combat de 3 secondes ou 3 agressions). Lors des expérimentations mais aussi entre ces dernières, des recommandations seront faites au personnel étant en contact avec les animaux dans l’objectif de limiter les réactions de peurs, ainsi il est demandé à chaque personne entrant dans les salles d’hébergement de toquer 3 fois afin d’annoncer sa présence. Tout le personnel en contact avec les animaux a de l'expérience sur l’espèce et a suivi des formations concernant le bien-être animal.
Choix des espèces
L’objectif étant de tester les analogues structurels des phéromones apaisantes du chat sur le comportement du chat dans différentes situations, il est nécessaire de tester le produit sur l’espèce cible. L’ensemble des individus impliqués dans cette étude seront adultes car c’est ce qui est le plus représentatif de la population du chat domestique et ces problématiques d’adaptation dans des différentes situations.
Evaluation de l’efficacité de l’innocuité, de la durabilité de nouvelles méthodes, dispositifs, molécules pour les affections vasculaires
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
- Diagnostic des maladies
- Troubles cardiaques
Cochons : 400
Moutons : 800
Bovins : 50
1 300 cochons, moutons, bovins et chiens vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit une chirurgie d'implantation d'un dispositif vasculaire, parfois précédée d'une seconde intervention destinée à lui créer la lésion à traiter, par section d'un nerf, découpe de tissu ou ligature d'un vaisseau. Ces opérations peuvent durer plusieurs heures et s'accompagnent d'une mise à jeun de douze à seize heures, de prélèvements de sang hebdomadaires et d'une douleur postopératoire que le porteur annonce sur plusieurs jours. La mise à mort finale sert à ouvrir les corps pour évaluer la tolérance et la durabilité des implants, dans un cadre que le porteur présente comme une "obligation règlementaire" pour la mise sur le marché de dispositifs médicaux.
Objectifs
Le système vasculaire comprend les réseaux artériels et veineux qui, reliés à la pompe cardiaque, permettent de faire circuler le sang dans l'ensemble de l'organisme et d'assurer la perfusion de tous les organes. La circulation veineuse est connectée avec le réseau des vaisseaux lymphatiques qui vient s'y déverser avant le coeur. Les pathologies vasculaires telles que les thromboses, les sténoses, les anévrismes, les traumatismes, etc... avec leurs conséquences telles que les accidents vasculaires cérébraux ou l'infarctus du myocarde représentent un enjeu majeur pour la santé publique et constituent une préoccupation croissante avec l’augmentation des populations à risque liée au vieillissement de la population, à la sédentarité et aux nouveaux modes de vie. L’implantation ou la mise en oeuvre de techniques et dispositifs médicaux vasculaires (endoprothèses, filtres, stents, delivery systems, cathéters, ballons et guides ou encore dispositifs pour embolisation ou pour thrombectomie par exemple) sont des approches thérapeutiques indispensables pour soigner ces maladies mais aussi pour permettre un accès régulier au compartiment vasculaire (exemple des chambres implantables pour dialyses ou chimiothérapies). Avec le développement de nouvelles technologies, les limites des actes chirurgicaux sont sans cesse repoussées avec le souci permanent de réduire le traumatisme chirurgical et les complications, de raccourcir les temps opératoires et les phases de récupération. La chirurgie mini-invasive, la chirurgie assistée par la robotique, la chirurgie transluminale, la chirurgie endovasculaire, la chirurgie vasculaire sous coelioscopie sont autant d’exemples qui illustrent ces avancées et la transformation de la pratique de la chirurgie vasculaire. Ce projet de recherche a pour objectif le développement et l'évaluation de nouveaux dispositifs et techniques pour le traitement des affections vasculaires au niveau des coronaires, des vaisseaux périphériques et des vaisseaux cérébraux."
Bénéfices attendus
L'avantage escompté et les bénéfices attendus sont une amélioration de la prise en charge des patients, une amélioration de la durabilité et de l’efficacité des implants pour éviter leur rejet, et ainsi les ré opérations parfois multiples des patients, pour réduire les temps de cicatrisation qui handicapent les patients, et réduire le traumatisme tissulaire, corollaire de ces interventions, ainsi que l'occurrence d'effets indésirables comme les infections grâce au recours à des méthodes d'implantation mini-invasives. Un autre avantage important des techniques mini-invasives est de permettre une récupération plus rapide des patients.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : - Des prélèvements sanguins sur animaux vigiles ou légèrement sédatés, pour tous les animaux du projet. La fréquence des prélèvements pouvant être couramment d’un prélèvement par semaine et d'une durée de moins de cinq minutes. - Des préparations à l’anesthésie pour les examens d'imagerie et d'implantation chirurgicale qui consistent en la pose d'un cathéter et en l'injection des produits utilisés pour la prémédication et l'anesthésie. Durée de moins de dix minutes. - Des procédures chirurgicales d'implantation de dispositif vasculaire avec ou sans procédure chirurgicale de création de modèle lésionnel préalable. Chaque animal du projet ne subira qu'une seule chirurgie d'implantation de dispositif vasculaire associée ou non à une chirurgie de création de modèle antérieur soit une seule et parfois deux interventions chirurgicales par animal dont une mini-invasive pour la création de modèle lésionnel. Comme pour les interventions chez l'Homme, les interventions chirurgicales et les examens d'imagerie sont toujours réalisés sous anesthésie générale (évitant tous stress et douleur pour les animaux) et pourront durer jusqu'à plusieurs heures en cas d’intervention chirurgicale complexe pour tous les animaux du projet.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux sont exactement les mêmes que ceux attendus sur un futur patient humain : - La faim ,lors de la mise à jeun (12 heures pour les porcs, 12 à 16 heures pour les ovins/bovins, 12 heures pour les chiens) de l’animal préalablement à l’anesthésie, - Le stress physique induit par la contention/manipulation/pose de cathéter au moment de la préparation de l’anesthésie, - En fonction des besoins et préalablement à la procédure d'évaluation du dispositif, l'induction d'une lésion à la faveur d'une intervention chirurgicale mini-invasive de type lésion nerveuse, création d'un defect tissulaire, ligature ou occlusion de vaisseaux par exemple - La douleur en phase postopératoire : jusqu'à plusieurs jours en fonction de l’invasivité de la technique, pour ces derniers points, des mesures de raffinement sont mises systématiquement en place pour minimiser ces effets (comme par exemple le recours systématique à l'anesthésie générale, l'usage systématique de traitements anti-inflammatoires et anti-douleur opiacés, la protection des plaies, la mise en place d'un suivi clinique quotidien des animaux).
Devenir
Pour toutes les procédures du projet, la nécessité de collecter des données scientifiques se fera au niveau clinique, au niveau biologique (hématologie et biochimie par exemple), au niveau fonctionnel (données issues des examens d'imagerie, scanners, IRM par exemple), par l'interrogation des dispositifs, et enfin au niveau tissulaire par la réalisation d'une évaluation nécropsique et d'une évaluation histopathologique après euthanasie des animaux qui déterminera la tolérance locale et générale ainsi que l’altération du dispositif (durabilité). La bonne réalisation de ce suivi règlementaire garantit donc une évaluation complète et des dispositifs testés dans le projet.
Remplacement
La validation des dispositifs médicaux implantables et des méthodes techniques innovantes dans ce projet requiert la vérification de la sécurité et de l’efficacité des implants. Le recours à l’animal vivant pour évaluer les différentes versions de prototypes afin de reproduire fidèlement les contextes clinique, fonctionnel, anatomique et tissulaire qui seront visés par les applications chez les patients est indispensable. En effet leur utilisation in fine chez les patients représente des procédures à haut risque létal et il est donc indispensable d’avoir recours à l’expérimentation animale au préalable afin de vérifier le bon fonctionnement des dispositifs et des méthodes d’implantation, leur innocuité et leur durabilité. L’expérimentation sur l’organisme entier, et donc sur animal vivant est incontournable, c’est une obligation règlementaire dans le cadre de l’évaluation des dispositifs médicaux implantables.
Réduction
Le nombre d’animaux a été évalué prospectivement et réduit au minimum nécessaire pour répondre aux besoins et objectifs scientifiques du projet, aucune approche statistique n'a été réalisée. Pour réduire le nombre d’animaux, des sélections par méthodes d’imagerie non invasives sont mises en place (IRM, Scanner, Echographie, RX …), permettant par exemple une reconstruction 3D des structures d’intérêt. Un bilan intermédiaire en cours de projet sera effectué pour s’assurer de la pertinence de cette estimation.
Raffinement
Les modèles animaux suivront exactement le cheminement d’un futur patient avec les mêmes exigences et techniques médicales mises en œuvre pour la réalisation des interventions (personnel hautement qualifié, plateau technique opératoire et d’imagerie de pointe). L’ensemble des procédures est conçu pour réduire au maximum le stress, l’angoisse et les contraintes sur les animaux : recours systématique à l’anesthésie générale avec prise en charge de la douleur durant les interventions d’imagerie, pendant et après les procédures chirurgicales, utilisation de tapis chauffants et suivi du réveil. La réalisation des examens d’imagerie sur le site même des animaleries permet de réduire au maximum le recours aux transports pour les animaux et le stress associé. Les paramètres vitaux sont enregistrés et contrôlés par des techniciens spécialisés en anesthésie afin d’adapter les perfusions, l’assistance respiratoire et les dosages d’anesthésiques et d’antalgiques. Les protocoles de réanimation sont standardisés et réalisés par des vétérinaires chirurgiens spécialisés. Pendant et après ces procédures, des protocoles de prises en charge de la douleur sont systématiquement appliqués. Les animaux sont hébergés systématiquement en groupe sociaux ou individuellement pour les besoins de l'étude, ils ont accès à un enrichissement environnemental multimodal (social, alimentaire, manipulatoire et physique) et dans des conditions environnementales d'hébergement contrôlées et maîtrisées (température et ventilation). Des points limites stricts et spécifiques sont appliqués tout au long du projet.
Choix des espèces
Les dispositifs testés dans ce projet doivent l’être sur une anatomie semblable à celle de l’Homme avec les mêmes dimensions. Les modèles utilisés ont fait l'objet d'études similaires et sont considérés comme appropriés à cette fin. - Le système vasculaire du mouton, du porc et du chien reproduisent fidèlement les réactions vasculaires humaines et le processus de cicatrisation des vaisseaux est similaire à celui observé chez l'homme. - La taille relative de ces modèles animaux permet une visualisation à l'aide d'équipements angiographiques et échographiques standards. - Chez l'ovin, la taille des veines iliaques externes est comparable à celle des humains. - Le modèle porcin est pertinent pour l'évaluation de la thrombogénicité des dispositifs. - Les débits et les volumes dans la veine cave inférieure ou les veines jugulaires du canidé peuvent être similaires à ceux des veines fémorales humaines, la structure hémodynamique des veines est similaire à celle des veines fémorales humaines. - Le modèle veau est pertinent pour les endoprothèses aortiques complexes. Les animaux utilisés pourront être des juvéniles ou adultes. L’objectif scientifique est d’avoir une anatomie de taille ou une situation clinique comparable à celle observée chez l’Homme.
Pose d’émetteurs intra-abdominaux pour suivre des visons d’Europe réintroduits en nature et connaître leur contribution à la sauvegarde de l’espèce
- Conservation des espèces
Le vison d'Europe est classé en danger critique d'extinction, et ce sont 60 jeunes issus d'élevages conservatoires qui vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun est anesthésié quarante minutes pour qu'un émetteur soit implanté dans son abdomen et qu'un fragment de tissu soit prélevé, avec une douleur et une inflammation des sutures pendant vingt-quatre heures. La moitié sera repiégée en nature six mois plus tard et réanesthésiée pour changer d'émetteur, la batterie ne tenant pas plus longtemps. Tous sont ensuite relâchés dans le milieu naturel, le porteur estimant qu'à partir de la quatrième année, équiper un vison sur deux suffira à obtenir les données recherchées.
Objectifs
Le Vison d’Europe est une espèce en danger critique d’extinction et le Plan National d’Actions en faveur de l’espèce va réaliser des réintroductions d’individus issus d’élevages conservatoires français à proximité des noyaux de population connus. L’objectif du projet est de suivre en temps réel pendant 6 mois à 12 mois les visons d’Europe réintroduits dans le milieu naturel, afin de connaître : 1) leurs déplacements ; 2) leur comportement ; 3) leur devenir ; 4) et leur participation à la reproduction.
Bénéfices attendus
Compte tenu de l’enjeu en termes de conservation de la biodiversité, le suivi des individus réintroduits est indispensable afin d’évaluer le succès global des opérations de réintroduction visant à éviter l’extinction de l’espèce dans le milieu naturel. Ces localisations quotidiennes des visons d’Europe réintroduits permettront de : 1) suivre leurs déplacements depuis le lieu de lâcher afin de d’évaluer leur fixation sur le territoire ou au contraire leur dispersion ; 2) connaître leur comportement écologique et le comparer aux données connues sur les visons natifs, afin d’évaluer leur adaptation à leur environnement et à leurs habitats naturels ; 3) connaître leur devenir ; 4) pour les visons suivis 12 mois, connaître leur contribution à la reproduction. Le prélèvement de tissu permettra de connaître la signature génétique des visons réintroduits et par la suite, de savoir si les visons réintroduits se sont reproduits avec les visons natifs.
Procédures
Sur la durée du projet : - 30 visons seront anesthésiés une fois pendant 40 minutes pour placer un émetteur et prélever du tissu, puis ils seront suivis 6 mois. - 30 visons seront anesthésiés une fois pendant 40 minutes pour placer un émetteur et prélever du tissu, puis environ 6 mois plus tard ils seront capturés en nature, à nouveau anesthésiés une fois pour changer l'émetteur (durée de la batterie 6 mois) ; ces visons seront ainsi suivis 12 mois.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances induites par les procédures sont : léger stress (15 minutes) lors de la capture, légère douleur (15 secondes) lors de l'injection de l'anesthésique, léger engourdissement (5 à 15 minutes) lors du réveil, légère douleur et légère inflammation (24 heures) au niveau des points de suture, léger stress (2 à 4 heures) lors du transport jusqu'à l'enclos d'acclimatation, léger stress (4 heures) lors de la découverte de l'enclos d'acclimatation. Pour les visons suivis 12 mois, s'ajoutera un léger stress (30 minutes) lors du transport du site de capture en nature jusqu'au local d'intervention pour changer l'émetteur.
Devenir
Tous les individus de Vison d'Europe équipés d’un émetteur seront réintroduits dans le milieu naturel.
Remplacement
Compte-tenu de l’objectif du projet de sauver une espèce en danger critique d’extinction en réintroduisant des individus issus d’élevages conservatoires, et de l’impératif de connaître précisément le devenir de ces individus en temps réel pour évaluer son succès, le principe de remplacement ne peut être appliqué.
Réduction
S’agissant d’une première expérience pour la réintroduction de visons d’Europe en France, il est prévu de suivre tous les visons réintroduits les 3 premières années. Le nombre de visons relâchés étant estimé à 15 par an, 45 visons seront équipés au cours des 3 premières années du projet. A partir de l’année 4, compte tenu du retour d’expérience qui aura déjà été acquis au cours des 3 premières années, le suivi d’un vison sur deux est suffisant pour continuer à acquérir des données, donc 15 visons seront équipés au cours des années 4 et 5. La capture dans le milieu naturel pour changer l’émetteur et suivre les visons 12 mois au lieu de 6 mois concernera la moitié des individus relâchés, préférentiellement des femelles.
Raffinement
Seuls les animaux en bonne santé apparente, sans signe évident de maladie seront mis à disposition du projet de réintroduction par les élevages conservatoires. Les émetteurs utilisés ont été choisis pour leur innocuité en termes de blessures ou de perturbation comportementale, même à long terme. Leur pose sera effectuée par des vétérinaires spécialistes de l’espèce sous anesthésie générale. Au cours de l'anesthésie, un opérateur formé sera en charge de suivre la température, le rythme respiratoire, le rythme cardiaque, le taux d’oxygène. L’animal recevra une injection d’anti-inflammatoire et d’antibiotique longue action en fin d’intervention. Les visons se réveilleront dans leur boîte nichoir, au calme et dans la pénombre. Après leur réveil complet, ils seront transportés vers les enclos d’acclimatation et y seront placés dans leur boîte nichoir. Ces enclos de grande taille sont installés directement sur les sites de lâchers dans des habitats naturels de l’espèce et enrichis avec un bassin et une seconde boîte nichoir. Une visite quotidienne sera effectuée pour le nourrissage, y compris avec des proies vivantes, et la surveillance continue se fera par des appareils photographiques automatiques. La méthode de lâcher est une méthode douce : les enclos d'acclimatation sont ouverts au bout de deux à trois semaines et les visons en sortent librement. Les captures dans le milieu naturel seront effectuées par des équipes de piégeurs formés. Les cages de capture seront aménagées avec du foin, appâtées copieusement et protégées des intempéries. Si le poids minimal défini pour recevoir un nouvel émetteur n’est pas atteint, l’individu sera aussitôt relâché. Les visons à équiper seront manipulés dans un local à proximité du site de capture, pour limiter le temps de transport. Après le réveil complet, ils auront à disposition de l’eau et de la nourriture, et seront relâchés sur leur lieu de capture dès la fin de journée, après un contrôle régulier de leur bon état par le vétérinaire. Des points limites gradés ont été définis pour les captures, l’anesthésie et le séjour en enclos d’acclimatation.
Choix des espèces
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan National d’Action en faveur du Vison d’Europe (2021-2031) pour la conservation de l’espèce. Pour sauvegarder cette espèce en danger critique d’extinction, seuls des individus de cette même espèce, issus d’élevages conservatoires, peuvent être réintroduits et suivis. Les réintroductions concerneront uniquement des jeunes (nés au printemps) au moment de leur séparation naturelle de leur mère (entre juillet et novembre). Ils auront connu une captivité de courte durée (70 jours environ) et en groupe familial. Ils seront donc peu imprégnés et peu habitués à la captivité. Dans le milieu naturel cela correspond au moment de l’émancipation, stade naturel au cours duquel cette espèce solitaire cherche à se fixer sur un territoire.
Imagerie par résonance magnétique et thérapie par ultrasons transcrâniens guidés par imagerie par résonance magnétique chez les ovins, porcs et chiens provenant d’établissements utilisateurs extérieurs.
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Troubles cardiaques
- Troubles nerveux
Cochons : 52
Moutons : 182
Une plateforme d'imagerie fournit un service à des établissements extérieurs, et 182 moutons, 52 cochons et 26 chiens lui sont envoyés pour des séances d'IRM, parfois couplées à des ultrasons transcrâniens, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque animal peut subir six séances, chacune durant jusqu'à cinq heures entre l'induction de l'anesthésie et le réveil, avec intubation et injection d'un produit de contraste, et jusqu'à douze trajets de quatre heures. Certains portent des modifications génétiques provoquant des troubles locomoteurs ou des crises d'épilepsie. Le porteur justifie le recours à ces trois espèces par la taille de leur boîte crânienne, rapprochée de celle de patients humains allant de l'enfant à l'adulte, et indique que tous sont réveillés puis renvoyés dans leur établissement d'origine.
Objectifs
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique non invasive et non destructive des tissus in vivo. Elle permet l'étude longitudinale et tri-dimensionnelle des tissus dans des conditions normales et pathologiques. Les divers types de contrastes et modalités (structurelles, fonctionnelles et spectroscopique) font de l'IRM une technique de choix pour la recherche. Les applications de l'IRM expérimentale sont notamment le suivi au cours du temps de la progression d'une pathologie, l’évaluation et la validation de traitements, la validation de nouveaux marqueurs d'imagerie. Les scanners IRM à très haut champ magnétique sont des équipements de pointe qui peuvent apporter des informations déterminantes dans de nombreux projets scientifiques impliquant des modèles animaux via l’utilisation d’une variété importante de protocoles d’imagerie standards mais aussi avancés et innovants. Dans le cas des pathologies du cerveau, l’utilisation des ondes ultrasonores permet soit de traiter certaines pathologies (par leur action mécanique et thermique) soit d’améliorer la distribution dans le cerveau des molécules données en guise de traitement aux patients. Les études d’imagerie IRM peuvent être associées au traitement par ultrasons à la fois pour cibler la zone anatomique à traiter mais également pour permettre d’évaluer les effets de ce traitement innovant au cours du temps. Ce projet aura pour but de faciliter la mise en place de collaborations avec des équipes externes en vue de réaliser des études d’imagerie IRM sur des ovins, porcs et chiens modèles de diverses pathologies du cœur et du cerveau ou des modèles animaux sains, qui ne seront pas hébergés dans notre établissement utilisateur. Pour chaque animal, ce projet s’inscrira donc dans un projet plus large (multi-établissement) qui aura été validé au préalable. Ces imageries (couplées ou non aux ultrasons) permettront de répondre aux objectifs scientifiques des projets de nos collaborateurs.
Bénéfices attendus
Les maladies cardiovasculaires sont responsables de 19,8 millions de décès par an, et les pathologies neurologiques de 11 millions de décès dans le monde. Ces chiffres soulignent l’importance d’améliorer la compréhension, le diagnostic et les traitements de ces maladies afin de diminuer l’impact sur la santé des patients par l’identification d’une stratégie thérapeutique. Du point de vue scientifique, ce projet permettra à la fois de tester une approche thérapeutique par ultrasons et d’intégrer de nouvelles données d’imagerie pour répondre à une question scientifique précise (expliquée dans les projets scientifiques autorisés par le ministère de l’étude concernée). Les bénéfices de ce projet sont directement liés aux bénéfices attendus dans les projets multi-établissements auxquels les animaux seront rattachés. Il pourrait également aider à la compréhension de certaines pathologies humaines en vue d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Procédures
Les animaux seront tous soumis à des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) avec ou sans traitement par ultrasons, le tout sera réalisé sous anesthésie générale et avec une analgésie adéquate. Une intubation sera réalisée. La procédure dure 5h maximum (de l’induction de l’anesthésie au réveil de l’animal). Les procédures pourront être répétées au maximum 6 fois sur le même animal avec un délai d’une semaine minimum de récupération. Au cours de l’imagerie l’animal pourra recevoir une injection de produit de contraste (2 injections par session maximum, durée inférieure à 1 minute). Lorsqu’il y aura un traitement par ultrasons l’animal pourra également recevoir une injection d’une molécule sensible aux ultrasons couplée à la molécule thérapeutique à évaluer afin de faciliter son passage dans le cerveau (2 injections par zone à traiter maximum, durée inférieure à 1 minute). A chaque imagerie l’animal aura un transport aller et retour (4h maximum par trajet) pour venir dans notre établissement, soit 12 transports maximum.
Impact sur les animaux
Les animaux ressentiront un stress lors du transport entre les établissements utilisateurs. L’induction de l’anesthésie nécessaire pour la réalisation des imageries génèrera un stress pour l’animal. L’anesthésie engendrera un stress thermique (hypothermie), un risque de difficultés cardio-respiratoires, et un risque rare de non-récupération de la vigilance suite à la narcose. Les injections provoqueront une légère douleur et un inconfort au point d’injection. Certaines injections seront associées à un risque d’hématome et de léger saignement très localement au niveau du point d’injection. Certains animaux impliqués dans ce projet pourront présenter des modifications génétiques ayant un impact sur leur vie quotidienne (phénotype dommageable, comme des troubles locomoteurs ou des crises d’épilepsie). L’ensemble des phénotypes et nuisances associées seront complétés le cas échéant dans le projet scientifique plus large auquel les animaux seront rattachés.
Devenir
Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’activité d’une plateforme fournissant un service d’imagerie à des établissements extérieurs, ainsi tous les animaux seront réveillés à l'issue de chaque procédure et retourneront dans leur établissement d’origine.
Remplacement
La validation des stratégies thérapeutiques (méthodes pharmaceutiques ou dispositifs implantables) requiert la vérification de leur sécurité, de leur efficacité et de leur durabilité. Lorsqu’il s’agit de dispositif biomédical implantable, il est indispensable d’avoir recours à l’expérimentation animale au préalable afin de vérifier le bon fonctionnement des dispositifs et leur durabilité avant une mise en place chez l’Homme. Cela doit impérativement se faire sur des animaux dont les organes sont de taille similaire aux organes humains et dans des conditions fonctionnelles qui reproduisent la fonction de l’organe vivant et cela doit aussi permettre de vérifier les potentiels effets secondaires sur l’ensemble de l’organisme. L’expérimentation sur l’organisme entier, et donc sur animal vivant est alors incontournable. En particulier, les organes comme le cœur ou le cerveau sont complexes et intégrés et il n’existe à ce jour aucun modèle in vitro (cellules) ou numérique adapté pour les besoins scientifiques du projet.
Réduction
Le nombre d'animaux a été évalué et réduit au minimum nécessaire pour répondre aux besoins et objectifs scientifiques de chaque projet. Le nombre d'animaux déclaré est une estimation prospective basée sur le nombre d’études que nous pourrions réaliser dans les 5 années à venir. Ce nombre représente donc un maximum, en fonction de nos collaborations il est possible que nous en utilisions moins. Ainsi nous prévoyons de pouvoir engager dans ce projet un maximum de 260 animaux, répartis en 182 ovins, 52 porcs et 26 chiens. Le nombre d’animaux par groupe dans les projets multi-établissements auxquels les animaux seront rattachés auront été réduits au strict nécessaire pour répondre aux objectifs scientifiques.
Raffinement
La procédure est une méthode d'imagerie non-invasive (IRM). Les procédures utilisées sont adaptées pour éviter tout inconfort de l'animal, et sont réalisées par du personnel formé, expérimenté et compétent en tout temps. Pour la réalisation des imageries des méthodes d'anesthésie et analgésie appropriées seront mises en place, et ce spécifiquement pour chaque espèce. Les paramètres physiologiques des animaux seront vérifiés tout au long de l’anesthésie générale. Nous nous assurerons du maintien de ces paramètres (maintien de la température, de l’hydratation, ...). Afin de réduire le stress durant le transport et la procédure, les ovins et les porcs seront toujours transportés au minimum par 3 individus de la même espèce, et les chiens seront transportés par deux et en compagnie d’un vétérinaire ou animalier connu. Le retour de l’animal dans son établissement ne se fera qu’après la vérification de son réveil complet et en s’assurant que son état soit compatible avec le transport. Des points limites sont définis pour chaque procédure et seront respectés pour éviter toute souffrance des animaux.
Choix des espèces
Les stratégies thérapeutiques nécessitant le recueil de données par imagerie par résonance magnétique (IRM) doivent être testées sur des organismes vivants dont l’anatomie est comparable à l’anatomie humaine notamment avec des dimensions très proches. Cela nécessite d’utiliser de gros animaux, pour mimer l’anatomie de patients humains qui vont de l’enfant à l’adulte de grande taille, d’où la nécessité d’avoir recours à différentes espèces (ovins, porcs, chiens). Par exemple, le modèle porcin est largement utilisé dans l’étude des implants cérébraux car le volume de son crâne est adapté pour l’étude des dispositifs en développement pour une application humaine. Ils sont aussi pertinents pour les études pharmacologiques impliquant des structures spécialisées du cerveau. Le modèle ovin et le modèle canin présentent une boîte crânienne qui se rapproche le plus en certains sites, de l'anatomie de la boîte crânienne humaine. Les animaux utilisés seront des juvéniles (sevrés) ou des adultes en fonction des objectifs scientifique des études dans lesquels ils seront engagés, l’objectif étant d’avoir une anatomie de taille ou une situation clinique comparable à l’anatomie humaine.
Morphogénèse anatomique et fonctionnelle du cortex du furet
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Opérés du cerveau quelques jours après leur naissance, sous une anesthésie d'une heure, 50 furetons subissent une déformation mécanique de leur cortex, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Le porteur décrit une étude pilote dont les complications sont "peu connues" et anticipe des douleurs post-opératoires, des risques infectieux et des troubles locomoteurs ou sensoriels. Aucune analyse statistique n'est prévue, tous les furetons des cinq portées sont manipulés et deux portées servent à ajuster le protocole. Si l'effet recherché apparaît et que les animaux restent viables, 10 femelles partiront vers un autre projet pour des tests cognitifs, les autres étant tués pour prélever leur cerveau.
Objectifs
Les objectifs de ce projet portent sur la compréhension des mécanismes par lesquels les forces mécaniques influencent le développement cortical et l’organisation fonctionnelle du cerveau. Ces phénomènes dépendent d’interactions complexes entre la croissance tissulaire, la morphogenèse, la connectivité neuronale et la dynamique cellulaire en conditions physiologiques. À ce jour, aucune alternative in vitro ou in silico ne permet de reproduire avec une fidélité suffisante l’ensemble de ces processus dans un environnement cohérent et évolutif. Le recours à un modèle animal non-humain est donc indispensable pour être en position de perturber de manière contrôlée le repliement cortical. Nous visons ainsi à générer des motifs alternatifs qui permettront d’évaluer l'impact des forces mécaniques sur l'organisation cérébrale. Ce modèle est indispensable pour comprendre comment des modifications géométriques locales influencent les voies de connexion neuronale et l’émergence de zones cytoarchitectoniques, des éléments qui jouent un rôle potentiel dans les fonctions cognitives et sensorielles.
Bénéfices attendus
Ce projet pourrait apporter des bénéfices significatifs pour l’ensemble des maladies neurodéveloppementales, en fournissant des connaissances essentielles sur les mécanismes mécaniques impliqués dans le développement du néocortex. Comprendre comment les forces mécaniques influencent la formation des structures corticales, tels que les plis corticaux, pourrait transformer notre approche de plusieurs troubles neurologiques associés à un développement anormal du cerveau. Parmi ces troubles, la lissencéphalie et la polymicrogyrie sont particulièrement pertinentes : ces pathologies, caractérisées par un cortex lisse ou anormalement plissé, sont souvent associées à des déficits cognitifs et moteurs graves. La lissencéphalie et la polymicrogyrie sont des troubles rares mais graves, touchant environ 1 naissance sur 50 000 pour la lissencéphalie et 1 sur 10 000 pour la polymicrogyrie. Ces pathologies sont associées à de lourdes conséquences sur le développement cognitif et moteur, entraînant une dépendance à vie et des coûts de soins très élevés pour les familles et les systèmes de santé. Les connaissances acquises grâce à ce projet pourraient ainsi non seulement améliorer la compréhension des mécanismes fondamentaux du développement cérébral, mais également orienter des stratégies thérapeutiques innovantes pour de nombreuses maladies neurodéveloppementales. En ciblant les processus de morphogenèse mécanique, il serait possible de développer des interventions visant à corriger ou à compenser les anomalies structurales dès les premières étapes du développement, ouvrant des perspectives pour des traitements plus précoces et potentiellement plus efficaces pour ces pathologies.
Procédures
Les furetons seront soumis à une procédure chirurgicale effectuée quelques jours après la naissance afin d’induire une déformation mécanique au niveau cérébrale. La chirurgie d’une durée d’une heure sera effectuée sous anesthésie générale et maintien de la température et de l’oxygénation avec prise en charge analgésique et antibiotique en pré et post-opératoire. À la fin de la période de maintien, les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire en vue des différents prélèvements des tissus pour analyses.
Impact sur les animaux
Ce projet constitue une étude pilote visant à déterminer si une déformation mécanique appliquée dans les premières étapes de développement modifie la configuration (forme et positionnement) des plis corticaux, et, le cas échéant, si cela influence la viabilité des animaux. Comme il s’agit d’une première exploration dans ce domaine, les nuisances/complications liées à la chirurgie sont peu connues et pourront être variables. Nous anticipons les nuisances potentielles suivantes : (i) Douleurs post-opératoires (ii) Risques infectieux (iii) Troubles locomoteurs ou sensoriels en fonction des effets de la déformation corticale (iv) Possibilité de stress.
Devenir
Nous procéderons à une euthanasie afin de prélever le cerveau et de visualiser si la manipulation mécanique a eu un effet sur la formation des plis corticaux. Si un effet est observé et que les animaux sont viables et non nécessaires pour analyse histologique, nous poursuivrons par une analyse cognitive avec une partie des animaux (10 femelles) dans une utilisation continue qui se fera par un transfert dans un autre projet éthique.
Remplacement
Pour cette étude, le modèle animal du furet est particulièrement adapté en raison de son cortex plissé, permettant d’étudier les processus mécaniques impliqués dans la formation des gyri et des sulci, processus qui ne peuvent être observés chez les rongeurs classiques au cortex lisse. De plus, le fait que le plissement cortical du furet se déroule ex-utero en fait un animal clé pour ce projet, car cela permet un accès unique aux étapes précoces de ce processus. En perturbant de manière contrôlée le repliement cortical, nous visons à générer des motifs alternatifs qui permettront d’évaluer l'impact des forces mécaniques sur l'organisation cérébrale. Ce modèle est indispensable pour comprendre comment des modifications géométriques locales influencent les voies de connexion neuronale et l’émergence de zones cytoarchitectoniques, des éléments qui jouent un rôle potentiel dans les fonctions cognitives et sensorielles.
Réduction
Ce projet étant une étude pilote, nous limiterons le nombre d’animaux utilisés pour répondre aux objectifs de recherche tout en garantissant la robustesse des résultats. Cinq femelles gestantes seront utilisées : deux portées pour développer et ajuster le protocole expérimental, et trois portées pour tester l’hypothèse de travail, soit un total de 50 furetons (environ 10 furetons par portée chez une mère première gestante). Les effets de la manipulation seront quantifiés par des analyses histologiques. La nature de ce projet ne permet d’analyses statistiques ; nous souhaitons tester si notre manipulation produit l’effet attendu, à savoir un changement dans le type de pli. Or il n’est pas possible de quantifier avec une taille d’effet un changement de type de pli. Enfin, nous manipulons tous les furetons obtenus car nous disposons d’un atlas de référence pour la croissance corticale chez le furet, ce qui nous permet de ne pas avoir à utiliser d’animaux supplémentaires comme contrôle.
Raffinement
Les furetons naissent sur place, et les mères gestantes arrivent environ deux semaines avant la naissance afin de s'acclimater aux conditions d’hébergement. Les animaux (mères et furetons) sont hébergés dans des cages enrichies avec divers jouets, tunnels et tapis à furets pour stimuler leur bien-être. De plus, les soigneurs et soigneuses interagissent avec les furetons deux à trois fois par jour en intégrant des jeux dans leur environnement et en les acclimatant à la manipulation. Une aire de jeu est également accessible pour favoriser la stimulation sociale. L’état général des animaux est contrôlé quotidiennement en étroite collaboration avec un vétérinaire. Les marqueurs de bien-être, tels que le poids, l’état général et le comportement, sont suivis avec rigueur. La gestion de la douleur est assurée par l’administration d'analgésiques en pré et post-opératoire pour assurer un soulagement optimal. La surveillance post-opératoire inclut un contrôle biquotidien des constantes vitales afin d’assurer le rétablissement des animaux dans les meilleures conditions. Le protocole chirurgical inclut l'administration d'anti-inflammatoires et d'analgésiques en pré- et post-opératoire, minimisant ainsi l'inconfort. La chirurgie se fait en milieu stérile, avec suivi de la température (maintien par tapis chauffant), de l’oxymétrie, des rythmes cardiaque et respiratoire.
Choix des espèces
Le furet est spécifiquement choisi pour ce projet en raison de caractéristiques uniques qui le rendent particulièrement adapté à l’étude des processus mécaniques impliqués dans le développement cortical. Contrairement aux rongeurs à cortex lisse, le furet présente un cortex plissé, permettant d'observer directement la formation des plis corticaux et de mieux comprendre comment les forces mécaniques influencent le développement du cerveau. Le processus de plissement cortical du furet se déroulant ex-utero, ce modèle offre un accès unique aux étapes précoces de cette organisation cérébrale, ce qui en fait un modèle clé pour ce projet. Les animaux seront utilisés principalement à partir de quatre jours après la naissance, un moment crucial où les processus de développement cortical sont encore en cours. Ce stade précoce permet d'intervenir au moment où le cortex est encore plastique, rendant possible l’étude des effets d’une perturbation mécanique sur la formation des plis corticaux. En intervenant à ce stade, nous maximisons les chances d’observer des impacts directs sur la morphogenèse corticale, car les forces mécaniques jouent un rôle majeur dans l’organisation des structures corticales durant cette période critique. Des étapes de suivi sont prévues tout au long du développement postnatal afin d’évaluer l’évolution et la viabilité des effets induits par la manipulation. Cette approche permet d'assurer un suivi longitudinal pour mieux comprendre comment ces perturbations précoces influencent l'organisation cérébrale et le développement des circuits neuronaux.
Recherche et développement de produits vétérinaires stimulant le système immunitaire (« vaccins thérapeutiques ») chez le chien et le chat
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
Chiens : 600
Sur 1 500 chiens et chats, 850 seront réutilisés dans d'autres études et 450 placés en adoption, les 200 restants étant tués quand des prélèvements d'organes sont prévus. 900 chats subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 600 chiens un niveau léger. Chaque animal reçoit deux à dix vaccinations sur animal vigile, jusqu'à dix prélèvements sanguins, des examens cliniques et parfois quatre biopsies au punch du site d'injection, les chats étant anesthésiés quand la contention ne suffit pas. Le porteur écrit qu'il n'existe pas de méthodes alternatives et que le recours à l'espèce cible est "nécessaire", pour des vaccins thérapeutiques destinés au marché vétérinaire.
Objectifs
Ce projet a pour but de développer des vaccins thérapeutiques ayant recours à des technologies innovantes pour nos carnivores domestiques. Différentes pathologies pourront être ciblées, parmi lesquelles les maladies dermatologiques, ostéoarticulaires et respiratoires. L’usage d’anti-inflammatoires stéroidiens et non stéroidiens est efficace mais entraine au long cours de nombreux effets indésirables. Il représente la seule option thérapeutique à ce jour. Il apparait ainsi nécessaire de rechercher de nouveaux traitements contre ces pathologies et des candidats vaccins potentiels ont été identifiés. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’innocuité et l’efficacité de candidats vaccins sur des chiens et des chats.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d’évaluer l’innocuité et l’efficacité de nouveaux vaccins thérapeutiques contre des pathologies félines et canines du quotidien. Nous envisageons de tester 5 à 10 candidats vaccins pour les chiens et 5 à 10 candidats vaccins pour les chats
Procédures
Les animaux seront vaccinés 2 à 10 fois en fonction de la durée d’étude. Les vaccinations durent moins d'une minute et s'effectue sur animaux vigiles. Au minimum 2 examens cliniques vétérinaires seront réalisés avec pesée, prise de température et observation des principaux appareils (cardio-vasculaire, respiratoire, digestif…). Des examens neurologiques complets pourront être réalisés en complément. Ces examens peuvent durer entre 5 et 10 minutes en fonction des individus. 1 à 10 prélèvements sanguins peuvent être réalisés en fonction de l'objectif et de la durée de l'étude. Ces prélèvements durent moins d'une minute et s'effectuent sur animaux vigiles. Des prélèvements d’urine peuvent être effectués, une fois et selon l'objectif de l'étude. Cet acte dure quelques minutes et s'effectue sur animal vigile. Dans tous les cas, pour les prélèvements et les administrations, des anesthésies ou des tranquillisations pourront être effectuées en fonction de l'individu, notamment chez les chats. Des biopsies (1 à 4 au « bopsy punch ») des sites d’injection sous anesthésie/analgésie pourront être réalisées une fois par étude. Cet acte dure moins d'une minute.
Impact sur les animaux
L’innocuité sera évaluée par suivis clinique, de température corporelle et de réactions locales au point d’injection ainsi que par un suivi hémato-biochimique et urinaire. L’efficacité sera évaluée par suivi sanguin sérologique. Les prises de sang et d’urine peuvent générer un stress et de l’inconfort au moment du geste. Les contentions liées à ces gestes peuvent générer du stress chez les animaux. Les administrations de vaccins peuvent générer stress et inconfort ainsi que l’apparition de réactions locales (œdème ou nodule inflammatoire) et d’hyperthermie transitoire. Chez le chat, un recours à l’anesthésie pourra être nécessaire et générer un stress lors de la mise à jeun puis au moment de l’induction, de l’inconfort, de la nausée et du stress au moment du réveil (qui peut durer jusqu’à plusieurs heures). Des biopsies au niveau des sites d’injection pourront être réalisés sous anesthésie/analgésie.
Devenir
Dans la majorité des cas, les animaux ne sont pas euthanasiés en fin d’étude mais réutilisés ou adoptés. Si dans le cas particulier où des nécropsies avec prélèvements d’organes pour histologie sont nécessaires, les animaux seront euthanasiés en fin d’étude.
Remplacement
Il n’existe pas de méthodes alternatives. Le recours à des études in vivo sur espèce concernée/cible est nécessaire.
Réduction
En phase de recherche le nombre d’animaux inclus est évalué avec recherche bibliographique et analyse statistique (test de student) afin de minimiser le nombre d’animaux utilisés et le risque d’études non conclusives. Pour ce projet, des animaux provenant d’autres projets (avec degré de sévérité léger ou modéré) pourront être réutilisés. La réutilisation permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. Seuls les animaux ayant retrouvé un état de santé et bien-être complet, attesté par un vétérinaire, seront réutilisés.
Raffinement
Une période d’acclimatation systématique est prévue dans le but de limiter le stress et de stabiliser leur état physiologique. Les chiens seront hébergés en groupe sur litière. Ils bénéficieront de zones de jeu avec interaction avec l’Homme. Les chats sont hébergés en groupe avec de nombreux aménagements pour se percher et faire leurs griffes. Les jouets dans les zones de jeu sont régulièrement changés pour favoriser la curiosité. Dans certains bâtiments, les chiens ont accès à une aire d’exercice en extérieur. Afin de limiter le stress lié aux actes techniques, les animaux seront travaillés en renforcement positif avec friandises et caresses. Une méthode low stress de contention des chats avec le dispositif CatWrap pourra aussi être utilisée. Des anesthésies ou tranquillisations avec analgésie si nécessaire, seront mises en place selon le comportement du chat, si l'objectif scientifique requiert des prélèvements répétés chez le chat, des biospsie pour les chiens et les chats. Les animaux anesthésiés seront individuellement placés sous surveillance, au calme et au chaud si besoin et ce jusqu’à leur réveil complet. Le personnel intervenant dans l’étude sera formé aux gestes techniques afin de travailler avec le plus d’expertise possible. Les animaux sont observés quotidiennement, ou plus si jugé nécessaire, ce qui permet de détecter tout signe comportemental anormal (spontané ou provoqué) et/ou toute anomalie physique non attendue. En cas de déviation de l'état normal d'un animal, le responsable de l’étude, le vétérinaire désigné ou le vétérinaire d'astreinte, décidera d'augmenter les fréquences d'observations, d'isoler l'animal et/ou d'envisager un traitement pour soulager l'animal. Des points limites seront définis pour apporter des soins adaptés ou une exclusion de l’étude avec d’autres soins ou une euthanasie si nécessaire. La Structure du Bien Etre Animal (SBEA) garantit l’amélioration des techniques de soins et des conditions de vie pour les animaux.
Choix des espèces
Espèce cible de la pathologie investiguée. Les animaux utilisés sont majoritairement de jeunes adultes.
Etudes des effets toxiques de xénobiotiques chez le chien
- Tests réglementaires
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Tués à l'issue pour l'analyse pathologique de leurs organes, sauf une centaine réutilisés ou confiés à des associations, 2 800 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 2 200 d'entre eux et sévère pour 600. Ils reçoivent de façon répétée des candidats médicaments ou des pesticides, subissent des prélèvements sanguins en état vigile, des prélèvements d'urine par sondage échoguidé sous sédation, des ponctions de liquide céphalorachidien et de liquide synovial ainsi que des biopsies d'organes sous anesthésie profonde. Les effets toxiques attendus vont des atteintes neurologiques aux atteintes métaboliques, et restent difficiles à estimer à l'avance. L'établissement mène ces études pour le compte des laboratoires qui développent ces produits, et présente le recours au chien comme "nécessaire" au regard des exigences réglementaires.
Objectifs
L’établissement utilisateur est spécialisé dans la conduite d’études de toxicologie/pharmacologie indispensables à l’évaluation clinique de xénobiotiques pour le compte de laboratoires les développant. Ce projet vise à d’évaluer la sécurité et la toxicité de xénobiotiques avant leurs utilisations, selon les recommandations des autorités règlementaires, chez le chien domestique Canis familiaris. Ces xénobiotiques sont des médicaments en cours de développement ou des composés chimiques comme les pesticides. Leur évaluation est effectuée conformément aux exigences des autorités réglementaires. Elle constitue la phase « pré-clinique » de leur développement, qui est un pré-requis aux essais cliniques de phase I, II et III et nécessaire pour l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché. Pour chaque xénobiotique, afin de caractériser ses potentiels effets toxiques, d’identifier ses organes cibles et de définir ses marges de sécurité, plusieurs études complémentaires et séquentielles sont nécessaires : - Des études préliminaires de détermination range de doses (DRF, dose range finding) ou de la dose maximale tolérée (MTD, maximal tolerable dose) qui constituent la première étape des évaluations toxicologiques et pharmacocinétiques. Elles permettent d’identifier la dose appropriée pour les études réglementaires ultérieures, notamment la toxicité à dose unique et à doses répétées. Elles aident également à déterminer les effets pharmacologiques et toxiques afin de confirmer les études règlementaires et de garantir le succès du dépôt d'une demande d'autorisation de mise sur le marché. - Des études de toxicologie réglementaires et de pharmacocinétique qui ont pour objectif de déterminer le niveau exempt d'effets toxiques ou le niveau sans effet indésirable observé en fonction de la durée du traitement et de l’espèce animale, de collecter des données de toxicité et de pharmacocinétique de candidats médicament avant administration chez l’humain ou chez l’animal. Le projet s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue du bien-être animal en appliquant les principes des 3R. Les procédures sont optimisées pour limiter le nombre d’animaux requis, agir en étapes progressive pour raffiner le choix des doses et réduire la douleur et la contrainte, notamment par l’utilisation de techniques moins invasives et la validation d’approches alternatives.
Bénéfices attendus
Les études de toxicologie ont pour objectif de déterminer le niveau exempt d'effets toxiques ou le niveau sans effet indésirable observé en fonction de la durée du traitement et de l’espèce animale, de collecter des données sur la sécurité, l’efficacité et/ou la toxicité, de xénobiotiques (ex : candidats médicaments). Ces données sont des préquis avant le passage aux essais cliniques ainsi que pour la constitution du dossier d’autorisation de mise sur le marché. Le projet favorisera l’application des principes des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner), en optimisant les protocoles d’étude et en limitant l’impact sur le bien-être animal, ce qui renforcera la qualité scientifique des résultats et la conformité aux normes éthiques et réglementaires.
Procédures
Les animaux sont soumis dans ce projet : - des prélèvements de sang réguliers réalisés dans le cadre de recommandations vétérinaires, vigiles (sauf en cas d'anesthésie prévus pour d'autres prélèvements, cf ci-dessous). Chaque prélèvement dure quelques minutes, le nombre total est établi en fonction des caractéristiques du produit testé et limité en suivant les recommandations vétérinaires internationales. -des prélèvements d'urine, de manière passif (isolement jusqu’à diurèse ou bien de 4h maximum), ou échoguidé sous sédations (quelques minutes). Généralement, un prélèvement au début et un prélèvement en fin d’étude sont suffisants. - prélèvement d’autres fluides biologiques (liquide céphalorachidien, liquide synovial) : jusqu’à une fois par semaine, sous anesthésie profonde d’une quinzaine de minutes environs - des biopsies d’organes par ponction échoguidée (mini invasive), sous anesthésie profonde (10 minutes environ) - des contention manuelle, notamment dans le cadre d'examen clinique pour détecter des effets toxiques, d’environ 10 minutes. Afin d’éviter la répétition d’actes anesthésiques, les prélèvements peuvent être réalisés au cours d’une même anesthésie, permettant, en 10 à 15 minutes, de recueillir plusieurs échantillons de tissus et liquides biologiques. A chaque étude, tous ces prélèvements ne sont pas effectués, à l’exception des prélèvements de sang et d’urine qui sont systématiques. Ils sont choisis selon la nature du produit testé et les données préliminaires déjà connues (in vivo ou in vitro).
Impact sur les animaux
Trois catégories de nuisances peuvent être provoqués chez les animaux utilisés dans ce projet. Elles sont toutes prises de manière préventives pour réduire leur impact. - Liées aux manipulations vigiles : en cours d’étude, les observations cliniques, ainsi que certaines voies d’administration, peuvent nécessiter d’une manipulation et une contention manuelle des animaux. Elles sont faites selon les bonnes pratiques vétérinaires mais cela peut néanmoins engendrer un stress. - Liées aux prélèvements/administration : la réalisation de prélèvements de tissus biologiques (principalement de sang) et l’administration répétée du xénobiotique peut provoquer des lésions et un stress des animaux en cas de réalisation incorrectes, d’individus plus fragiles ou bien de l’immobilisation nécessaire pour certaines voies d’administration. De plus, les animaux sont placés en cage individuelle pendant la phase d’évaluation de la diurèse (prélèvement d’urine, durée limitée à 4 heures maximum). - Liées à une toxicité du xénobiotique testé : les études de toxicologie visent à évaluer la toxicité d’une molécule. Ce type de nuisances est difficilement estimable, mais selon le mécanisme d’action du xénobiotique (anticorps, anticancéreux, neurologique, etc), la voie d’administration, ou encore sa biodistribution, des effets toxiques sont possibles (neurologique, immunologiques, inflammation, métabolique, etc).
Devenir
Les études de toxicologie nécessitent généralement une analyse pathologie et donc la mise à mort des animaux d'après les recommandations des instances pharmaceutiques et médicales internationales. Néanmoins, pour chaque étude, 2 animaux peuvent être inclus dans la phase de préparation uniquement sans recevoir le produit testé et donc maintenus en vie en fin d'étude et inclus après validation vétérinaire dans d'autres études dans le cadre d'une même procédure (utilisation continue). Sans produits administrés, ou bien dans le cas où une mise à mort n'est pas utile d'un point de vu scientifique, ils peuvent être réutilisés dans d'autres procédures, ou bien placés. L'établissement travaille avec des associations pour les faire adopter.
Remplacement
Actuellement, il n'existe pas de méthodes alternatives permettant d'obtenir toutes les informations collectées grâce à ces études. Suivant les recommandations des autorités règlementaires, il est nécessaire de recourir à des modèles in vivo.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe est fixé au minimum permettant de garantir la fiabilité des données obtenues d’après les lignes directrices des instances médicales et pharmaceutiques.. Ce nombre est considéré comme le minimum acceptable permettant une interprétation pertinente des données et la caractérisation correcte des effets toxiques potentiels. Afin de le réduire, des animaux peuvent faire plusieurs études préliminaires après une période de repos (wash-out) dans le cadre d’une utilisation continue. Des études pilotes sont menées sur un nombre restreint d’animaux, lorsque cela est pertinent, afin d’optimiser les conditions expérimentales et d’affiner les protocoles, ce qui permet de réduire le besoin en animaux pour les études principales. De plus, les tissus et échantillons biologiques collectés au cours des études sont réutilisés pour des analyses complémentaires (histopathologie, biomarqueurs, etc.), ce qui évite de recourir à des animaux supplémentaires pour des tests additionnels. L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une démarche proactive de réduction du nombre d’animaux, en accord avec les principes des 3R et les exigences des bonnes pratiques de laboratoire. Enfin, la réutilisation d’animaux issus d’autres procédures expérimentales de gravité réelle ‘’légère’’ ou ‘’modérée’’ est possible tant que ces animaux n’ont pas reçu de xénobiotique en cours de test. Cela permet de réduire le nombre global d’animaux utilisé au sein de l’établissement et d’utilisés des animaux bien habitués aux manipulations liées aux études. Cette réutilisation est validée par un vétérinaire et la structure en charge du bien-être animal
Raffinement
Une période d’acclimatation 15 à 21 jours pour les chiens est respectée à réception des animaux. Pendant cette période d’acclimatation, les animaux bénéficient d’un programme d’habituation et de training adapté aux procédures qu’ils devront subir, afin de réduire leur stress et de favoriser leur coopération. Ce programme inclut des manipulations progressives et régulières, permettant aux animaux de s’habituer au contact humain et aux équipements utilisés. Pour les chiens, après la période d’acclimatation, des séances de jeu sont intégrées dans leur routine, favorisant leur stimulation cognitive et physique. Un programme d’enrichissements est appliqué quotidiennement. Il inclue un roulement régulier pour éviter l’habituation, est mis en place et validé par la Structure de Bien-Être Animal. Ce programme garantit des conditions de vie optimales et contribue à minimiser les impacts des expérimentations sur les animaux. Les animaux sont hébergés collectivement, sauf exceptions (bagarre, blessure), avec des enrichissements adaptés à leurs besoins. L’isolement est validé par un vétérinaire et fait l’objet d’un suivi par la structure en charge du bien-être animal. Les animaux sont observés quotidiennement pour détecter tout signe clinique anormal et prendre rapidement les mesures nécessaires (réhydratation, isolement pour soin). Toute anomalie est rapportée au vétérinaire, qui prescrit un traitement si nécessaire. Un suivi clinique et pondéral est en place, un fois par semaine pendant la phase d’administration du principe actif. L’examen clinique complet est effectué par un personnel formé pour évaluer les fonctions motrices, nerveuses, cardiaques, respiratoires, la température et l’état général des animaux. Un vétérinaire est présent aux heures ouvrées, et une astreinte vétérinaire est disponible 24h/24 et 7j/7. À leur inclusion dans le projet, tous les animaux font l’objet d’un examen clinique par un vétérinaire pour s’assurer de leur bon état de santé et exclure ceux jugés inaptes. Une traçabilité des animaux/des actes est assurée pour permettre leur suivi et analyse lors des bilans rétrospectifs. L’établissement développe des techniques les moins invasives possibles (ex: des gilets de télémétrie, permettant d’analyser les fonctions cardiaques, respiratoires et l’activité sans contrainte physique ou pose d’implant). Les volumes prélevés/administrés respectent les recommandations vétérinaires.
Choix des espèces
Ces animaux sont des espèces reconnues pour leur aptitude à prédire les effets pharmacologiques, indésirables et/ou toxiques de xénobiotiques destinés à devenir des médicaments humain. Les lignes directrices des instances médicales et pharmaceutiques requièrent généralement deux espèces (rongeurs et non rongeurs) selon la nature du produit à tester (molécule chimique de synthèse, peptide, protéine, anticorps monoclonal ou produit de thérapie génique ou cellulaire). Le chien est la principale espèce non rongeur utilisée. Selon ces lignes directrices, il convient d’utiliser de jeunes animaux sains : les chiens seront utilisés à partir de 6 mois.