Oiseaux
Influence d’une supplémentation alimentaire en extraits de pépin de raisin suite à une exposition à un stress thermique et/ou à des pesticides sur les performances reproductives, la fertilité et la qualité des descendants des poules et des coqs
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Tués en fin d'essai pour prélever leurs organes et pour éviter que les polluants ne se disséminent, 800 poules, coqs et poussins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils subissent une semaine de chaleur excessive, avec halètement, ailes déployées et baisse de la prise alimentaire, tout en recevant des pesticides à des doses dites environnementales. Les coqs passent neuf semaines en cage individuelle et subissent six prélèvements de sperme, les prises de sang allant jusqu'à six par animal. Le choix de l'espèce est assumé comme agronomique : il s'agit de savoir si un extrait de pépins de raisin ajouté à l'aliment protège la fertilité des élevages de volailles contre les vagues de chaleur et les pesticides.
Objectifs
Des études réalisées in vivo ont montré non seulement un effet néfaste du stress thermique (ST) mais aussi celui d'une exposition à des pesticides sur les performances reproductives chez la volaille. D'autre part, ces deux facteurs environnementaux sont associés à une augmentation du stress oxydatif. Cependant, nous ne connaissons pas les effets de leur association sur la fertilité chez la femelle et le mâle et la viabilité des descendants. Les extraits de pépins de raisin possèdent des propriétés anti-oxydantes importantes qui ont pour effet de réduire le stress oxydatif. Ces propriétés sont bénéfiques pour augmenter la durée de vie des cellules et réduire les pertes embryonnaires. Ainsi, notre hypothèse est que les extraits de pépin de raisin pourraient aider à limiter les effets néfastes du ST et/ou de l'exposition aux pesticides. Nos objectifs sont: - de mieux déterminer l'impact d'un ST observé en cas de vagues de chaleur associé ou non à une exposition à des pesticides retrouvés à des doses environnementales sur la fertilité de la poule et du coq. - de tester des approches alimentaires en particulier la supplémentation en extrait de pépins de raisin comme moyen pour réduire les effets néfastes du ST et des pesticides.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux comprendre les effets physiologiques d’une exposition à un mélange de pesticides associé ou non à un stress de température chez les oiseaux. De plus, il permettra aussi de proposer des solutions afin de limiter les effets négatifs de ces expositions par une supplémentation naturelle en antioxydants.
Procédures
L’ensemble des animaux recevront un stress thermique sur une durée d’une semaine. Ils recevront entre 2 et 6 prélèvements de sang et 6 prélèvements de sperme. Ces actes durent en moyenne 30 secondes. Les coqs seront placés en cage individuelle pour une durée de 9 semaines.
Impact sur les animaux
Pour les coqs, un stress lié au passage en cage peut être observé chez nos animaux, entraînant notamment des troubles du comportement alimentaire qui durent généralement de 48 à 72 heures. Les prélèvements de semences peuvent éventuellement engendrer du stress. Pour les poules et les coqs, l’exposition des animaux à un stress thermique d’élévation de température peut entrainer un inconfort avec une réduction de la prise alimentaire et des manifestations de halètement et de déploiement des ailes pour réguler la température corporelle. De plus, la contention lors des prises de sang engendre du stress pour l’animal, une légère douleur au niveau du site de prélèvement et un éventuel hématome. Les pesées peuvent aussi engendrer du stress.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés afin d'effectuer le prélèvement d'organes et/ou pour éviter la dissémination des polluants.
Remplacement
Pour évaluer les réponses physiologiques telles que l’évolution du poids, l’engraissement, la performance de ponte et la fertilité, il faut disposer des mesures sur les animaux et le modèle le plus adapté est la poule, le coq et le poussin dans notre protocole.
Réduction
Du sang sera prélevé sur des poules, coqs et poussins. Pour les adultes, cela constitue l’ensemble des animaux en expérimentation alors que pour les poussins cela représente environ 20% des animaux. Nous cherchons à mettre en évidence des variations possibles du stress thermique et/ou des pesticides mais aussi celles de la supplémentation en extraits de pépin de raisin sur les performances de ponte et de fertilité et des marqueurs physiologiques de stress cellulaire. Un des paramètres principaux de ce stress est l’index de stress oxydatif de l’animal. L’unité statistique pour les analyser sera l’animal qui sera son propre témoin avant et pendant le stress thermique. Pour calculer l’effectif requis pour atteindre une puissance de 80%, nous nous sommes appuyés sur des études précédentes montrant que 10 animaux sont nécessaires pour voir une différence de ce marqueur en réponse à une supplémentation de 0.5% de la quantité d’aliment en extraits de pépin de raisin. Chez les poules, nous prélèverons non pas 10 mais les 30 animaux de chaque lot car nous souhaitons mesurer la concentration d’hormones impliquées dans l’engraissement et la reproduction dont nous supposons que les différences seront plus faibles entre les lots nécessitant plus d’animaux.
Raffinement
Les poules seront maintenues dans un bâtiment d’élevage standard, au sol sur litière avec copeaux de bois dans des parquets (9 m2) où elles resteront en groupe. Elles disposeront de plusieurs enrichissements (blocs à piquer, perchoir, …). Les animaux auront à disposition des éléments permettant de grimper et de se cacher. Les animaux seront maintenus en groupes sociaux tout au cours de l’élevage. Pour limiter les phénomènes de picage, des répulsifs dit anti picage pourront être appliqués sur les animaux victimes de picage. Pour les poussins, la taille du parquet sera suffisante pour leur permettre de se déplacer avec une zone de repos significative en plus de l’espace mangeoire et abreuvement. Ils disposeront également de plusieurs enrichissements (balles de couleur…) Les coqs hébergés en cages individuelles pendant 9 semaines comprenant 2 semaines d’adaptation bénéficieront d'un milieu enrichi par un jouet à picorer et de la proximité avec leurs congénères permettant des échanges visuels, olfactifs et auditifs. Les animaux seront soumis à une observation soutenue, plusieurs fois par jour, afin de détecter le plus précocement possible toute dégradation du bien-être. Un arbre de décision visant à faciliter la gestion quotidienne des animaux (atteinte ou non du point limite) a été développé et sera fourni aux techniciens chargés du suivi des animaux. Deux expérimentateurs seront mobilisés afin de permettre la réalisation d'une contention appropriée du poulet par l'un pendant que l'autre réalisera la prise de sang. Ceci permettra de limiter les mouvements éventuels des animaux susceptibles d'engendrer un échec de la prise de sang.
Choix des espèces
La poule et le coq ont été choisis comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. Nous étudierons les animaux à deux stades physiologiques différents: -stade adulte (poules et coqs) afin d’étudier les performances reproductrices et la ponte chez les poules. - stade jeune poussin afin de déterminer l'effet du ST et/ou d'une exposition de pesticides sur la croissance des descendants.
Repenser la nutrition protéique pour la santé, le bien-être et la robustesse du poussin – apports en protéines et acides aminés dans un contexte de diversification des sources protéiques
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Chacun des 208 poussins subit une seule prise de sang de quelques secondes avant d'être tué, à zéro, cinq ou dix jours de vie. Ces poulets de chair vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, pour mesurer leur composition corporelle et des biomarqueurs après six régimes différents. Le porteur présente ces travaux comme un moyen de renforcer la santé et le bien-être du poussin, l'objet opérationnel étant de réduire l'apport protéique des premiers jours et d'utiliser davantage de tournesol et de colza à la place du soja importé. Aucun animal ne dépasse dix jours, la mise à mort servant aux découpes anatomiques et aux prélèvements de tissus.
Objectifs
La nutrition du jeune poussin est délicate du fait du passage d’une alimentation d’origine maternelle à une alimentation d’origine exogène, alors qu’elle contribue de manière importante à sa robustesse en renforçant sa santé digestive. Les apports protéiques pourraient probablement être réduits dans les premiers jours de vie et l’usage de matières premières protéiques locales souvent riches en fibres pourrait être facilité en période de croissance par une alimentation néonatale adaptée. L’objectif général du projet est de proposer des stratégies nutritionnelles précoces du poussin afin de renforcer sa santé et son bien-être, et d’améliorer l’usage de sources de protéines diversifiées et locales à base de tournesol et colza par exemple, pour réduire l'importation de soja. Les 2 premières étapes, qui ont fait l’objet de précédentes demandes, visait à optimiser l’apport protéique pendant les premiers jours de vie, puis à améliorer l’équilibre en acides aminés et évaluer l’impact de la supplémentation en acides aminés fonctionnels (acides aminés ayant un rôle sur des fonctions physiologiques). Nous cherchons dans cette nouvelle demande à tester les apports en protéines et en acides aminés dans un contexte de diversification des matières premières pour améliorer l’autonomie protéique.
Bénéfices attendus
L’objectif étant d’affiner la connaissance des besoins en acides aminés pour ajuster et/ou équilibrer les apports sur la phase de démarrage, l’intérêt scientifique de ce projet réside en premier lieu dans l’approche expérimentale fine d’une période du développement de l’animal qui est relativement peu étudiée. La connaissance des besoins nutritionnels du poussin a été expérimentée mais jamais, à notre connaissance, sous l’angle complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. Au niveau opérationnel, les attendus sont de : mieux appréhender les besoins du jeune (incluant la période ≤ 7 jours) pour réduire les apports en protéines et apporter les acides aminés de manière à optimiser l’équilibre entre les fonctions adaptatives et productives, et à terme proposer des stratégies nutritionnelles précoces permettant de renforcer la santé et le bien-être des animaux tout en favorisant l’usage de matières premières protéiques locales sur toute la période d’élevage.
Procédures
Il n’y aura qu’une prise de sang par animal qui ne durera que quelques secondes.
Impact sur les animaux
La contention lors des prises de sang engendre du stress pour l’animal, une légère douleur au niveau du site de prélèvement et un éventuel hématome.
Devenir
Suite à la procédure de prise de sang, les animaux seront mis à mort pour des découpes anatomiques et des prélèvements de tissus, à J0, J5 et à J10, ceci afin d’étudier leur composition corporelle et mesurer des biomarqueurs tissulaires en lien avec leur robustesse, santé et bien-être en fonction de l’apport alimentaire en protéines et acides aminés avec diversification des matières premières riches en protéines.
Remplacement
La connaissance des besoins nutritionnels du jeune poussin sera expérimentée sous l’angle original et complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. Les analyses ne peuvent se réaliser que chez l’animal et directement sur l’espèce cible (poule domestique)..
Réduction
Au total, 208 animaux (16 à l’éclosion et 192 ensuite) seront prélevés (sang et tissus), la moitié étant des mâles et l’autre moitié étant des femelles. Le nombre d’animaux expérimentaux a été défini pour permettre de détecter significativement des effets d’une diversification des sources protéiques pour des apports en protéines et acides aminés optimisés (5 régimes avec des matières premières diversifiées moins digestibles ou une combinaison de différentes matières premières protéiques et 1 régime classique maïs-blé/soja) sur les performances de croissance et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. L’unité statistique pour analyser les performances de croissance sera le compartiment. Huit compartiments par groupe sont nécessaires et suffisants pour détecter des différences de consommation d’aliment et d’indice de consommation entre régimes d’après des travaux antérieurs validés et publiés sur l’apport en protéines et en acides aminés chez les poulets en fin de période d’élevage. L’unité statistique pour les dosages de biomarqueurs sera l’animal. Pour caractériser l’état initial post-éclosion, 16 poussins (8 par sexe) seront utilisés. De même, un effectif de 16 animaux par régime et par âge au prélèvement, sexes confondus (1 par compartiment, par sexe et par âge au prélèvement), soit 192 animaux, est nécessaire et suffisant pour pouvoir tirer des conclusions significatives en tenant compte de nos expériences précédentes et de la variabilité interindividuelle attendue des paramètres sanguins et tissulaires mesurés : utilisation des résultats d’essais précédents et des avancées méthodologiques d'après des travaux antérieurs validés et publiés.
Raffinement
Les animaux seront élevés dans un bâtiment d’élevage standard, au sol sur litière avec copeaux de bois dans des compartiments où ils resteront en groupe. La taille du compartiment est suffisante pour permettre aux poussins de se déplacer avec une zone de repos significative en plus de l’espace mangeoire et abreuvement. Les animaux auront à disposition plusieurs enrichissements leur permettant de grimper et de se cacher. Le suivi des performances sera fréquent avec des mesures tous les 2 ou 3 jours sur la période étudiée. Toute manifestation de symptômes persistants définis par un point limite entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation. Les prises de sang seront effectuées dans un lieu différent des espaces d’hébergement.
Choix des espèces
Le poulet de chair a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. Les œufs embryonnés seront mis en incubation au couvoir de l’établissement expérimentateur puis les animaux seront élevés jusqu’à 10 jours.
Évaluation de nouvelles solutions enzymatiques pour améliorer la valeur nutritionnelle des régimes alimentaires chez le poulet de chair.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Mettre au point un additif enzymatique pour l'industrie avicole, dans un secteur où l'aliment représente environ 70 % des coûts de production : 320 poulets de chair sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous tués à 28 jours pour prélever leurs contenus intestinaux. Ils reçoivent pendant quatre semaines un régime volontairement appauvri en énergie, sont sortis de leur cage pour être pesés en groupe à J14 et J28, puis contenus pour une prise de sang d'un millilitre. Le porteur indique qu'ils mangent davantage pour compenser le manque d'énergie. Il décrit un hébergement en cages en batterie enrichi de "grelots scintillants" et une densité par cage censée procurer le maximum de confort, pour des oiseaux tués à quatre semaines.
Objectifs
L’alimentation animale représente environ 70 % des coûts de production dans l’élevage, ce qui a donné lieu à des recherches approfondies sur l’optimisation de l’utilisation des aliments sans compromettre les performances animales ou la durabilité. L’utilisation d’enzymes alimentaires est devenue une pratique courante dans l’industrie de la production animale. À l’échelle mondiale, les tourteaux de soja et le maïs sont les ingrédients dominants des aliments pour volailles, principalement en raison de leur profil nutritionnel et de leur disponibilité. Cependant, ces ingrédients sont riches en fibres perturbant la composition de la microflore intestinale, altérant la disponibilité et l'utilisation des nutriments et par conséquent réduisant les performances de croissance des poulets de chair. L’utilisation d’enzymes dégradant les fibres est devenue une pratique courante dans les régimes alimentaires des volailles pour réduire leurs effets antinutritionnels. Il a été démontré qu'elles diminuent la viscosité intestinale et améliorent la digestibilité des nutriments, et donc l'utilisation des ingrédients alimentaires fibreux composant l’aliment. Néanmoins, de nombreuses données ont montré que les enzymes utilisées sont très spécifiques et que l’efficacité varie en fonction de la composition des ingrédients de la ration alimentaire. En effet, le profil en fibres du maïs est nettement différent de celui du blé, expliquant une croissance moins importante des poulets de chair avec ces enzymes sur des régimes à base de maïs. Par conséquent, l’efficacité des enzymes repose sur les caractéristiques chimiques des fibres constituants les ingrédients suggérant ainsi que l'utilisation d'un mélange d’enzymes serait plus efficace dans les régimes alimentaires des poulets de chair. L’objectif de ce projet est d’évaluer des combinaisons de trois enzymes pour améliorer la valeur nutritionnelle des régimes alimentaires des volailles par rapport aux solutions enzymatiques existantes.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra 1) d’évaluer si les trois enzymes ajoutées individuellement dans l’aliment sont efficaces sur la solubilisation des fibres constituants le blé, le maïs et le soja., 2) de déterminer la ou les combinaisons enzymatiques qui permettent in vivo de mieux valoriser l’apport nutritif de la ration alimentaire, 3) de déterminer si les enzymes agissent en synergie ou de manière additive. Sur la base des résultats obtenus et du mode d’action déterminé, la dose d’inclusion de la ou des combinaisons enzymatiques sélectionnées pourra être optimisée. Ce projet permettra de répondre aux difficultés rencontrées par les éleveurs de poulets de chairs en termes d’apports nutritifs de la ration alimentaire, de coûts d’alimentation et de santé intestinale des animaux.
Procédures
Les animaux seront nourris avec un régime alimentaire modifié avec un apport en énergie réduit pour voir les effets des additifs ajoutés pendant 28 jours. Stress et inconfort des animaux qui seront sortis de leur cage pour être pesés en groupe (
Impact sur les animaux
Augmentation de la consommation alimentaire pour compenser une réduction modérée de l’apport en énergie dans l’aliment. Inconfort et stress dû aux pesées et à la prise de sang
Devenir
Tous les animaux entrant dans la procédure seront mis à mort pour le prélèvement des contenus intestinaux
Remplacement
Pour réduire le recours à l’expérimentation animale, les additifs alimentaires spécifiques des substrats présents dans le maïs, le soja et le blé ont été précédemment testés in vitro seuls ou en combinaison sur leur efficacité à solubiliser les fibres des ingrédients entrant dans la ration alimentaire des poulets de chair. Ces tests ont montré l’efficacité des enzymes à solubiliser les fibres spécifiques constituants le blé, le maïs et le soja. Cette efficacité a été accentuée dès lors que les enzymes ont été ajoutées en combinaison. Ces tests in vitro utilisées en première intention doivent cependant être confirmée in vivo afin de prendre en compte toutes les interactions physiologiques complexes qui ont lieu in vivo lors de l’ingestion des additifs chez le poulet de chair. Le développement de la nouvelle solution enzymatique implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l'utilisation d'animaux vivants
Réduction
Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux, d’avoir suffisamment de quantité d’échantillons pour réaliser les analyses et d’obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post mortem seront réalisées sur les contenus intestinaux de chaque animal afin de générer le maximum d’informations possibles par animal.
Raffinement
La gestion du bien-être des animaux tout au long du projet inclut l’application de points limites spécifiques et précoces. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée en groupe des animaux sont réduits en réalisant les opérations de capture le plus silencieusement possible, par une manipulation délicate des animaux saisis au niveau du tarse juste au-dessus des doigts pour être transférés dans des contenants suffisamment grands pour éviter l’empilement et donc l’étouffement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place au démarrage de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, un ajustement régulier de la hauteur des lignes d’eau ainsi que des ouvertures d’accès aux mangeoires en fonction de l’âge des animaux sera effectué. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (grelots scintillants), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, favorisent les interactions sociales, et correspondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne restera isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
Les nouvelles solutions enzymatiques qui sont développées sont destinés à être incorporées dans les rations alimentaires distribuées aux volailles (poulets de chair) pour faire face à la variabilité de la qualité nutritionnelle des ingrédients entrant dans la composition des régimes alimentaires des volailles. Les animaux seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 28 jours. Des poulets juvéniles et jusqu’à 28 jours d’âge seront utilisés dans cette étude afin d’avoir des animaux dont le développement intestinal et les sécrétions d'enzymes endogènes soient suffisamment matures, soit après 3 semaines pour les mesures de digestibilités.
Etude de la pathogénicité et de la transmission de virus de l’influenza aviaire chez les volailles
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Dindes : 41
Autres oiseaux : 574
Infectés par instillation oculaire de virus de l'influenza aviaire, les oiseaux subissent jusqu'à 20 écouvillons oro-pharyngés, 20 écouvillons cloacaux, 20 prélèvements de plumes immatures et 5 prises de sang de 2 mL, sur animal vigile, sur 22 jours. 820 oiseaux vont être utilisés, 205 poules, 41 dindes et 574 rangés sous la mention autres oiseaux dont des canards, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, tous tués, témoins compris, pour éviter toute dissémination du virus. Les souches hautement pathogènes peuvent provoquer des signes respiratoires, digestifs, nerveux et cutanés allant jusqu'à l'anorexie totale. Sur le remplacement, une seule phrase indique que la pathogénicité ne peut pas être évaluée in vitro, et le résumé ne précise ni les espèces retenues, qui dépendront du virus détecté sur le terrain, ni les points limites appliqués.
Objectifs
L’objectif de ce projet est d’identifier les mécanismes responsables de la variabilité des symptômes et des dommages observés lors de l’infection des volailles par différents virus de l'influenza aviaire (VIA) et de décrire la transmission directe et indirecte du virus entre individus. Les procédures expérimentales utilisées permettront de caractériser : i) le profil de multiplication du virus au cours de l’infection, ii) les réponses de l’animal à cette infection et iii) la transmission du virus entre animaux infectés et réceptifs. Pour chaque VIA étudié, les animaux sont infectés puis hébergés en animalerie confinée, le confinement des animaux devenant nécessaire pour des raisons de sûreté de manipulation des animaux infectés et de maintien de comparabilité entre les procédures pour chaque virus étudié. Des observations cliniques quotidiennes, des prélèvements par écouvillonnage et des prélèvements de sang seront effectués sur les animaux pour déterminer les caractéristiques de l'infection.
Bénéfices attendus
La description des caractéristiques de l’infection par des VIA émergents fournit des informations utiles à la gestion des foyers d’infection par les VIA et à la prévention de la diffusion du virus chez les volailles, en cas de détection sur le terrain. Ce projet permet également de créer ou d’améliorer des modèles permettant de décrire l'infection et la transmission des virus étudiés, afin de limiter le recours ultérieur à l'utilisation d'animaux.
Procédures
Les animaux sont soumis aux prélèvements suivants, sur animaux vigiles. Au maximum, 20 écouvillons oro-pharyngés, 20 écouvillons cloacaux, 20 prélèvements de plumes immatures et 5 prises de sang (2mL) seront réalisés par animal. L'infection des animaux est effectuée en début de procédure par instillation oculaire. Les prélèvements s’étalent sur une durée de 22 jours au maximum. Au cours de chaque intervention, les prélèvements sont réalisés séquentiellement sur l’animal, la durée de chacun des actes ne dépassant pas une minute pour une durée totale d’immobilisation et de contention d’environ 3 à 5 minutes par animal.
Impact sur les animaux
Suite à l'inoculation de virus de l'influenza aviaire hautement pathogène, les signes cliniques suivants pourront être observés, isolés ou associés entre eux : symptômes respiratoires, digestifs, nerveux, cutanés et symptômes généraux pouvant aller jusqu'à l'anorexie totale. Suite à l'inoculation de virus de l'influenza aviaire faiblement pathogène, les signes cliniques précédents pourront être observés dans les cas les plus graves mais restent le plus souvent limités à des signes de gêne respiratoire modérée. Chez les palmipèdes, l'infection est fréquemment inapparente. Aucun effet indésirable n'est attendu sur la santé des animaux témoins.
Devenir
Pour des raisons de sécurité et pour prévenir tout risque de dissémination des virus inoculés, l'ensemble des animaux des groupes infectés seront mis à mort. Pour la procédure de caractérisation du pouvoir pathogène des virus de l'influenza aviaire, les animaux du groupe témoin non inoculé avec le virus sont également mis à mort séquentiellement au cours de la procédure pour permettre une comparaison sur prélèvements avec les sujets du groupe inoculé par le virus étudié.
Remplacement
L’étude de la pathogénicité et de la transmission virale ne peut pas être évaluée in vitro d’où la nécessité d'utiliser des oiseaux de l’espèce la plus adaptée.
Réduction
La stratégie employée pour réduire le nombre d'animaux utilisé consiste à réduire le nombre de sujets par lot et à utiliser en conséquence des tests statistiques adaptés aux faibles effectifs. Pour la procédure de transmission, les animaux sont contrôlés avant infection ce qui sert de point de mesure témoin et permet de diminuer le nombre d’animaux en n'utilisant pas de lot témoin.
Raffinement
Les animaux sont logés dans les animaleries dans des parcs délimités, en respectant les normes d’élevage et avec à disposition des enrichissements appropriés. Dans l’éventualité de signes cliniques provoqués par le virus occasionnant un mal-être chez l’animal, des points limites sont définis pour que les animaux soient mis à mort avant que la souffrance ait un atteint un seuil non acceptable. L'approche pour réduire la souffrance des animaux réside également dans l’instauration d’observations cliniques deux fois par jour à partir de l'inoculation.
Choix des espèces
Les espèces choisies sont des espèces de volaille domestique : le choix dépendra de l’espèce chez laquelle le virus à caractériser aura été détecté. Les animaux seront âgés de 6 à 7 semaines pour les poulets, canards et dindes. Des canards de 11 à 12 semaines d'âge pourront également être utilisés pour être pertinent avec les pratiques d'élevage de la filière d'élevage du canard. Dans les deux catégories d'âge retenu, les oiseaux sont utilisés avant leur maturité sexuelle et sont réceptifs à l’infection par les VIA.
Effet de l’enrichissement du milieu sur les vocalisations et le comportement des poulets de chair et des poules pondeuses
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Capturés dans leur box en moins de deux minutes, isolés de leur groupe pour quatre tests éthologiques de moins de vingt minutes chacun, 160 poulets de chair et poules pondeuses subissent en fin d'expérimentation une prise de sang, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Toutes leurs vocalisations sont enregistrées, de l'éclosion à trente-cinq jours pour les poulets de chair, du début au pic de ponte pour les pondeuses, les uns en milieu enrichi, les autres en conditions standard d'élevage. L'objet est de constituer un stock de cris pour entraîner une intelligence artificielle capable de repérer automatiquement, dans les élevages, les signes de bien-être et de mal-être des oiseaux. Les 160 poules seront ensuite placées chez des particuliers, recrutés par campagne de volontaires, avec l'appui éventuel d'une association locale.
Objectifs
Le contrôle du bien-être animal dans les élevages commerciaux de volailles fait aujourd’hui partie des priorités sociétales. Avec le développement récent de l’intelligence artificielle, la bioacoustique peut nous permettre maintenant la mise en place d’outil automatisé pour quantifier les vocalisations liées au bien-être des animaux. Afin de développer un tel outil utilisable en élevage, ce projet vise à enregistrer toutes les vocalisations émises par des poussins de chair au cours de leur croissance et par des poules pondeuses lors de la phase adulte. Afin de déterminer les vocalisations propres à un état de bien être, nous comparons des oiseaux élevés en milieu standard d’élevage, à des oiseaux élevés en milieu enrichi. Ces conditions permettront aussi d’évaluer les conséquences de l’enrichissement du milieu sur le développement du comportement de jeu, social et émotif des oiseaux ainsi que des capacités cognitives d’exploration spatiale du milieu, qui pourront être mis en lien avec les vocalisations émises en situation positive.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont de deux ordres : 1/ enregistrer un stock de cris des poussins au cours de leur croissance et de poules pondeuses, essentiels pour entrainer une intelligence artificielle qui aura pour but à terme de détecter automatiquement dans les élevages des cris indicateurs de l'état positif des animaux, mais aussi prévenir les états de mal-être, et 2/ tester l'effet de l'enrichissement physique du milieu pour améliorer les conditions de vie des animaux d'élevage.
Procédures
Les animaux seront soumis à des tests éthologiques de caractérisation du comportement et des vocalisations. Les tests individuels seront au nombre de 4 et restent d'une durée inférieure à 20 minutes chacun. Un seul prélèvement sanguin sera effectué en fin d’expérimentation pour évaluer l’état de santé sur la base d’indicateurs physiologiques par une personne expérimentée. Le prélèvement sera réalisé en moins de 2 min après la capture de l'oiseau dans son box.
Impact sur les animaux
Les oiseaux peuvent subir des nuisances lors de la capture puisqu’ils peuvent émettre des réponses de peur à l’approche de l’expérimentateur (fuite et envol). Cependant, le temps de capture est inférieur à 2 minutes, ceci permettant de limiter les risques de blessure de l’animal lors de ces comportements de fuite. La prise de sang pourra induire une douleur de courte durée et modérée liée à l'aiguille. Enfin, la séparation sociale lors des tests peut également être une source de stress pour ces oiseaux sociaux. Cependant, cette séparation sera d’une courte durée (moins de 20 minutes par journée de test, 4 tests individuels sur l’ensemble de l’expérience).
Devenir
Tous les poulets et poules pondeuses seront réhabilités et placés chez des particuliers après une campagne de recrutement de volontaires avec l’appui éventuel d’association locale.
Remplacement
Nous cherchons à enregistrer un stock de vocalisations typiques de l’état de bien-être chez les poussins et les poules, et de les mettre en lien avec leur comportement. Nous donc devons expérimenter directement sur l’animal vivant, ce qui exclut tout type de remplacement.
Réduction
Le nombre d’animaux choisi par lot (20 mâles et 20 femelles) pour les poussins, et 20 femelles par lot pour les poules pondeuses permet d’avoir un effectif suffisant pour tester les différences comportementales compte tenu de l’existence de la variabilité individuelle en éthologie tout en tenant compte d’un possible effet sexe. De plus, la composition de 8 individus par groupe permet de favoriser les échanges sociaux en référence aux conditions naturelles de l’espèce.
Raffinement
Les animaux seront maintenus en groupes sociaux de 8 individus, ce qui permet de favoriser les échanges sociaux en référence aux conditions naturelles de l’espèce. Chaque groupe sera hébergé dans un box mesurant 2m x 2,3 m x 2m. Le plafond de ces box sera recouvert d’un revêtement isolant phoniquement afin de diminuer la résonnance des pièces pour un meilleur confort phonique des oiseaux. Chaque box sera équipé d’une mangeoire et d’un abreuvoir (nourriture et eau à volonté), d’une chaufferette pour les poussins, de litière au sol (copeaux de bois) leur permettant de faire des bains de poussière. L’allumage et l’extinction de la lumière se fera progressivement avec une phase de lumière tamisée de 30 minutes afin de ne pas opérer de changement brutal de luminosité ce qui peut être perturbateur du comportement des animaux. Lors des phases de tests, les oiseaux seront déplacés et manipulés par du personnel compétent et expérimenté. Les phases de tests seront limitées à 20 minutes par jour pour limiter les contraintes pour l’animal. A chaque étape, les points limites seront pris en compte pour la continuité de l’expérimentation dans de bonnes conditions. Ces évaluations seront réalisées par des personnes expérimentées. Les oiseaux seront soignés et observés tous les jours par un personnel expérimenté. La détection de tout changement de comportement ou de blessure induira un isolement de l'individu pour l’administration de traitement adapté.
Choix des espèces
La poule domestique est une espèce modèle de gallinacé nidifuge, à développement rapide, et ayant une vie terrestre et riche socialement, et dont la domestication est la plus ancienne, ce qui en fait une espèce peu sensible à la présence humaine. De plus, l’interêt de cette espèce pour l’élevage est crucial. En effet, au niveau de la consommation de viande, le poulet de chair est la viande la plus produite dans le monde (132M de tonnes en 2021). De plus, au niveau de la production des œufs, la France est le premier producteur européen d’œufs (1M de tonnes en 2023). C’est pour cela que nous allons utiliser une lignée de poulets de chair, et une lignée de poules pondeuses. Nous allons tester des poussins en croissance pour identifier les effets de l’âge sur l’expression vocale (la fréquence des cris évolue avec la croissance) et la mise en place des comportements. Nous suivrons le calendrier en élevage observant les poulets de l’éclosion à l’âge de 35 j. Nous allons aussi observer des femelles adultes pondeuses, du début de ponte jusqu’au pic de ponte. Les variations hormonales sexuelles sont connues pour influencer l’expression comportementale et vocale, il est donc nécessaire d’observer au moins ces deux stades de reproduction.
Identification précoce de traits comportementaux permettant de prédire un risque de picage sévère futur au sein d’un lot de poules pondeuses
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Testée seize fois et manipulée dix-huit fois sur trente-six semaines, chaque poulette suivie passe par des épreuves de persévérance alimentaire, de réactivité face à un objet nouveau, de motivation sociale, de témérité, de biais d'attention et de contagion émotionnelle. 224 poules pondeuses vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, dont 200 suivies individuellement. L'objectif déclaré est de fournir aux éleveurs une grille pour repérer tôt les futures piqueuses, l'épointage du bec restant autorisé en France. Le porteur reconnaît que le picage sévère ne pourra pas être évité puisqu'il s'agit précisément de l'observer, 28 poules choisies pour leur tempérament seront tuées par injection pour prélever leur cerveau, les autres partant à l'abattoir.
Objectifs
La filière de production des œufs est en pleine mutation, avec l’abolition progressive à la fois de l’élevage en cages mais aussi de pratiques pouvant compromettre le bien-être des animaux. L’épointage du bec chez la poule pondeuse, une pratique consistant à cautériser l'extrémité du bec à l’aide d’un rayon laser, potentiellement douloureuse, a déjà été interdite dans plusieurs pays. Elle reste cependant couramment utilisée en France pour limiter les effets du picage sévère en élevage, tels que le cannibalisme. L’arrêt de l’épointage s’avère compliqué, car les quelques initiatives actuelles (enrichissement du milieu, contrôle de l’intensité lumineuse, apports nutritionnels spécifiques) ne permettent pas de limiter suffisamment le risque de picage sévère chez les poules non épointées. Pour limiter son apparition, il est nécessaire de mettre en place le plus précocement possible des actions préventives. Or, les méthodes actuelles pour détecter précocement les problèmes de picage, telles que la dégradation de l’état du plumage ou l’observation de comportements agressifs, sont trop tardives pour anticiper les épisodes de picage et intervenir efficacement pour les limiter. L’enjeu est ainsi d’agir le plus tôt possible grâce à des observations comportementales en lien avec le niveau de tempérament “piqueur” des animaux. Ce travail a pour ambition de proposer un outil d’évaluation du risque de picage chez la poule à un stade précoce. Cet outil repose sur une grille d’évaluation du comportement des poulettes à destination des éleveurs. La présente étude visera à compléter et à valider des indicateurs comportementaux/de tempéraments reliés à une propension plus ou moins forte de l’individu à piquer.
Bénéfices attendus
Le but de cette étude est d’élaborer une grille d’indicateurs de traits comportementaux/tempéraments chez la poulette qui servira à évaluer à un stade précoce un risque de picage sévère ultérieur. En effet, les mesures prises pour endiguer et gérer le picage sévère en élevage sont trop tardives. La finalité est d’avoir un outil qui permettra aux éleveurs et éleveuses d’identifier les premiers signes précurseurs du picage dès le stade poulette, sur la base de leur tempérament, afin de prendre les mesures nécessaires pour la bonne gestion de leur lot (ex : apport d’enrichissements supplémentaires dans le milieu de vie, la gestion très douce des transitions alimentaires, le suivi renforcé des animaux (comportement, emplumement) pour déceler le moindre écart, la limitation des changements brusques et les sources de stress, etc….).
Procédures
La procédure n’implique pas d’actes invasifs. Lors des trois sessions de tests (session 1 : 4 tests et sessions 2&3 : 6 tests), chacun des 200 individus sera testé une fois par semaine. Un minimum de deux semaines sera laissé entre les sessions pour laisser la place à des périodes sans perturbation. Au total, une même poule sera donc testée 16 fois, dont trois fois par groupe de 10, et manipulée à deux autres moments pour la pose et le changement des dossards et des bagues. Chacun des 200 individus sera donc manipulé 18 fois, étalé sur 36 semaines d’élevage. Les objectifs des tests de comportement, choisis pour leur lien avec un comportement de picage d'après la littérature scientifique et une étude pilote, sont de pouvoir identifier des comportements contrastés afin de dresser un profil de tempérament d'individus qualifiés de "très piqueur" et un profil d'individus qualifiés de "peu piqueur". Les comportements étudiés sont la persévérance pour accéder à une ressource alimentaire appétante, la réactivité émotionnelle des animaux face à un environnement ou à un objet nouveau, leur motivation sociale, leur témérité, leur activité, leur biais d'attention et leur contagion émotionnelle. L'ensemble de ces 6 tests répétés à trois âges différents (sauf 2 d'entre eux en session 1 car jugés plus exploratoires, permettant de laisser davantage de temps de récupération entre les deux premières sessions de tests) dureront entre 5 minutes et 20 minutes au maximum chacun en fonction du test. Concernant les 24 poules surnuméraires, elles seront manipulées deux fois pour la pose des dossards et dans un maximum de 20 fois sur toute la durée de l’expérimentation au cours de deux tests comportementaux qui nécessitent la présence de congénères dans la zone où seront testés individuellement les 200 individus suivis (elles seront placées par groupe de 2-3 dans une aire dédiée).
Impact sur les animaux
Les contentions que les tests impliquent sont ponctuellement stressantes pour les animaux. Les tests comportementaux individuels (20 minutes maximum) peuvent engendrer du stress lié à l’isolement social. Le but de l’expérimentation étant d’observer du picage pour le relier à des tempéraments, nous ne pourrons pas l’éviter. En cas de picage sévère, les animaux pourront subir un stress ou de la douleur lié à une blessure (une observation vigilante et quotidienne est prévue ainsi qu'une infirmerie pour traiter les animaux qui seraient blessés).
Devenir
La majorité des animaux seront abattus en circuit classique (abattoir) pour commercialisation. Un total de 28 poules choisies pour leur tempérament « fortement piqueur » et « peu piqueurs » seront mises à mort par injection pour un prélèvement du cerveau pour analyses génomiques futures comme mesure complémentaire aux observations comportementales.
Remplacement
L'impact du tempérament des poulettes sur le comportement de picage sévère ultérieur ne peut être évalué que par des essais sur animaux vivants. De plus, le projet concerne spécifiquement l’espèce de la poule domestique.
Réduction
Ce protocole expérimental est pensé de façon à minimiser le nombre de poules utilisées tout en conservant un effectif suffisant pour être à minima représentatif des conditions d’élevage et pour avoir des résultats statistiquement significatifs. Le tempérament est propre à chaque individu. Il existe donc une forte variabilité interindividuelle qui nécessite l’implication d’un nombre suffisant d’animaux. Ce projet impliquera donc au total 224 poules, dont parmi elles 200 seront suivies et testées. L’analyse des résultats d’une étude préliminaire nous a permis de conclure que 200 individus étaient un minimum pour nous permettre de différencier statistiquement des poules avec un tempérament « très piqueur » d’un tempérament « peu piqueur » (prévalence de 10% d’individus très piqueurs au sein d’un lot, d’après une étude précédente). Les 24 poules surnuméraires permettent d’augmenter la taille de groupe pour provoquer davantage de comportements d’interactions sociales entre les poules et serviront d’individus familiers lors de deux tests comportementaux impliquant les individus suivis.
Raffinement
Le raffinement des conditions d’hébergement visera à assurer au sein du parc des conditions similaires à celles rencontrées sur le terrain en élevage standard avec des pratiques un peu améliorées (présence de perchoirs dès le stade de poulettes, suivi rapproché quotidien). La densité d'élevage sera très légèrement plus faible que celle rencontrée sur le terrain afin de nous permettre de mieux observer les animaux : 14 poulettes/m² au lieu de 16. Un contrôle des paramètres d'ambiance sera fait quotidiennement de manière automatique dans toutes les salles. L’alimentation et la conduite des animaux seront adaptées à la génétique utilisée en suivant son cahier des charges. Les poules feront l’objet de visites quotidiennes pour la surveillance afin de mettre fin immédiatement aux souffrances des individus malades ou blessés et pour l’entretien (nourrissage, nettoyage, tests). Des visites supplémentaires seront instaurées au besoin selon l’évolution de leur état de santé. L’examen individuel comprendra : une observation des points limites associés au suivi du picage ou à un état léthargique. De plus des observations quotidiennes sont prévues par analyse de vidéo pour suivre l’évolution des comportements de picage. Aussi, lors des tests comportementaux individuels, l’isolement social ne sera que visuel. Les tests seront conduits dans la même salle que l’enclos de vie, ce qui permettra aux animaux de garder un contact auditif et olfactif avec leurs congénères.
Choix des espèces
Ce projet concerne directement la filière d’élevage de poules pondeuses, affectée par la problématique du picage sévère qui est une vraie problématique de santé et bien-être animal et de perte économique en élevage. Le projet vise donc à l’élaboration d’une grille pour évaluer le risque de picage dès le stade de poulettes sur la base de tempéraments. Cette évaluation précoce leur permettra de ne pas attendre les premiers signes visuels de picage sévère pour prendre des mesures de régulations nécessaires du picage. La poule pondeuse est l’espèce cible et est donc la seule espèce adaptée aux objectifs et aux conditions de la procédure expérimentale. Une souche très répandue dans la filière d'élevage française, plus sujette au picage, a été choisie pour le projet. Les animaux seront élevés dès leur arrivée en tant que poussins de 1 jour jusqu’à 36 semaines au maximum. Cela nous permettra ainsi de confirmer le lien entre les indicateurs de la grille présumant le tempérament « piqueur/non piqueur » des poulettes et la présence/absence réelle de ce comportement de picage à un stade plus avancé, chez la poule pondeuse, là où il est censé se produire plus fréquemment qu’au stade poulettes.
Etude de la réponse immunitaire post-vaccinale vis-à-vis de l’influenza aviaire et de ses facteurs de variation : suivi longitudinal de lots de canards gras vaccinés
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Les canards mulards de la filière du foie gras sont l'espèce visée par le plan de vaccination contre l'influenza aviaire, et ce sont eux que ce projet suit. 4 750 d'entre eux vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger, prélevés à trois reprises entre huit et soixante jours d'âge. Chaque animal attrapé subit une prise de sang, un écouvillonnage de la trachée et un écouvillonnage du cloaque, l'ensemble en moins de trois minutes. Le porteur mentionne pour les prises de sang "quelques cas exceptionnels d'atteinte cérébrale avec symptômes neurologiques réversibles ou non" chez moins de 5 % des oiseaux, soit jusqu'à deux cents individus, et prévoit qu'ils restent en élevage douze à quatorze semaines, c'est-à-dire jusqu'à l'abattage.
Objectifs
Troisième pays producteur de volailles en Europe, la France est confrontée à un risque omniprésent d’introduction et de diffusion de virus influenza aviaires hautement pathogènes (IAHP) dans ses filières avicoles. Depuis octobre 2023, elle met en oeuvre un plan de vaccination contre l'IAHP dans les élevages de canards. Les essais expérimentaux réalisés en 2023 suggèrent que la vaccination des canards devrait permettre un niveau de circulation bien moindre des virus IAHP, une transmission intra-élevage limitée voire stoppée et en conséquence, une transmission inter-élevages également limitée. Néanmoins, en conditions réelles d'élevage, de nombreux facteurs sanitaires, techniques, sociaux et économiques sont susceptibles d'interférer avec la qualité de la réponse immunitaire post-vaccinale et pourraient ainsi être à l'origine de cas d'échec de protection vaccinale, c'est-à-dire de l'infection d'animaux pourtant vaccinés. Dans ce contexte, le projet dans sa globalité a pour objectif de mesurer la qualité de la réponse immunitaire post-vaccinale des palmipèdes vis-à-vis de l’IAHP et ses facteurs de variation en conditions réelles d'élevage, afin de fournir des recommandations pour l'amélioration du plan de vaccination.
Bénéfices attendus
A court terme, l’analyse des résultats débouchera sur la rédaction d’un plan de préconisations qui s’adressera aux différents acteurs de la filière. Il inclura notamment des pistes concernant (i) l'utilisation possible des données obtenues à des fins de recherche ; (ii) les adaptations éventuelles des mesures de prévention et de gestion de l'IAHP dans les filières avicoles, y compris du plan de vaccination. Ce projet permettra aussi au Laboratoire National de réference de créer une échantillothèque à partir de l’ensemble des prélèvements réalisés sur les animaux et dans l’environnement. Le projet permettra également de nourrir un modèle épidémiologique représentant la diffusion du virus IAHP dans les filières avicoles en représentant au mieux l'effet de la vaccination comme outil de prévention et de gestion des épizooties. De plus, un modèle épidémiologique paramétré grâce aux résultats de cette étude permettra de s’affranchir des prélèvements à l’avenir. Plus généralement, ce projet permettra de produire les connaissances scientifiques nécessaires à l’amélioration de la prévention de l’influenza aviaire dans les filières avicoles et contribuera ainsi à la protection des filières animales et à la limitation du risque de transmission zoonotique à l’homme.
Procédures
L’ensemble des prélèvements sera fait sur des animaux vigiles. Ces prélèvements ne nécessitent pas d’anesthésie. Des animaux différents seront prélevés à chaque visite. L’injection de vaccination réalisée dans le cadre de la réglementation, dure au maximum une minute depuis la capture jusqu’au relâcher de l’animal. L’ensemble des prélèvements, soit (une prise de sang, un écouvillons trachéal et un écouvillon cloacal,) réalisé sur un animal à la suite de la vaccination (en l’absence de signe de stress ou d’atteinte de l’état général) n’excèdera pas une durée de 3 minutes.
Impact sur les animaux
- Prises de sang : quelques cas exceptionnels d’atteinte cérébrale avec symptômes neurologiques réversibles ou non (
Devenir
Les animaux resteront en élevage pendant la durée habituelle d’élevage à savoir 12 à 14 semaines.
Remplacement
Aucune alternative non animale n’est possible puisque le projet porte sur l'acquisition de connaissances sur la réponse immunitaire conférée par les différents vaccins contre l'IAHP en conditions réelles. Le projet vise à nourrir un modèle épidémiologique permettant à terme de s’affranchir en partie des prélèvements sur les animaux dans des conditions réelles.
Réduction
Le nombre d’animaux a été fixé en se basant sur le cadre de la surveillance post-vaccinale réglementaire en élevage, qui tient compte des résultats des études disponibles notamment des études expérimentales réalisées en animaleries. Il est prévu d’inclure 50 lots vaccinés avec le protocole du cas 1, et 20 lots vaccinés avec le protocole du cas 2 cependant cette répartition d’effectifs est susceptible de varier en fonction des protocoles vaccinaux utilisés sur le terrain sur la période d’étude selon la réglementation en vigueur.
Raffinement
Les prélèvements sur les animaux seront réalisés dans la continuité de l’injection vaccinale. Ceci évitera des manipulations supplémentaires et minimisera le stress des animaux. Après une période de surveillance à la suite du prélèvement, les animaux seront maintenus dans leurs conditions d’élevage habituelles. Les signes de stress seront surveillés chez chaque animal afin d’interrompre la procédure si nécessaire.
Choix des espèces
Le déploiement de la vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène en France concerne uniquement les filières canard gras et à rotir. Le projet porte exclusivement sur la filière canard gras (canard mulard), particulièrement représentée dans la région d’étude. Les prélèvements seront réalisés au moment des chantiers de vaccination, juste après la réalisation des injections prévues dans le protocole vaccinal. Les animaux vaccinés en élevag uniquement seront prélevés entre 8 et 15 jours d’âge (âge moyen à la première vaccination observé sur le terrain : 12 jours) et entre 25 et 35 jours d’âge (âge moyen à la deuxième vaccination observé sur le terrain : 31 jours). Une troisième série de prélèvements sera réalisée 2 à 4 semaines après la 2e vaccination soit sur des animaux âgés de 40 à 60 jours. Dans le cas d’une première injection de primo-vaccination au couvoir, les animaux seront prélevés en élevage vers 25-35 jours d’âge, puis vers 40-60 jours d’âge. Ces âges sont susceptibles de varier à la marge pour s’adapter aux âges de vaccination effectifs dans les élevages étudiés.
Multiplication et purification de parasites du genre Eimeria dans leur hôte exclusif : le poulet
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Fabriquer du matériel biologique : 2 000 poulets vont être utilisés pour faire se multiplier dans leur intestin des parasites du genre Eimeria, tous tués cinq à sept jours après l'inoculation pour que ces parasites soient récupérés. Chacun reçoit une inoculation orale par gavage ou une injection dans le cloaque, avec une contention d'environ cinq minutes. Le porteur affirme calibrer les doses pour ne pas abîmer la muqueuse intestinale, le rendement en parasites en dépendant, et annonce l'absence de symptômes cliniques, alors que les procédures relèvent d'un niveau de souffrance modéré. Sa propre équipe a publié une méthode de culture in vitro couvrant la totalité du cycle parasitaire, qu'il écarte au motif qu'elle ne permet pas d'obtenir des parasites en grande quantité.
Objectifs
Il s’agit de produire la quantité de parasites requis pour l’obtention du matériel biologique nécessaire (ADN, ARN, protéine) à la compréhension du cycle des parasites et des mécanismes impliqués dans les processus infectieux, ainsi qu’à l’évaluation des propriétés anticoccidiennes d’extraits naturels, alternatifs aux anticoccidiens chimiques actuels.
Bénéfices attendus
Les études menées sur ces parasites doivent nous permettre à court terme de mieux connaitre la biologie de ces parasites, le rôle des protéines produites par ces parasites dans les interactions avec les cellules de l’hôte et enfin de mieux connaitre la physiopathologie de la coccidiose. A plus long terme, nos travaux visent à améliorer les moyens de contrôle de la coccidiose : i) en évaluant l’intérêt d’alternatives aux traitements chimiques et antibiotiques, qui existent actuellement pour lutter contre la coccidiose ; ii) en identifiant de nouvelles cibles thérapeutiques chez le parasite, iii) et en développant des stratégies thérapeutiques innovantes, qui neutralisent les protéines du parasite et restaurent les moyens de défense naturels de la cellule. La coccidiose est une maladie cosmopolite, présente dans tous les élevages de poulets. L’impact de notre recherche est donc très large. La coccidiose est bien connue pour compromettre l'efficacité de l'utilisation des nutriments. Le bénéfice direct pour l’animal sera donc un meilleur contrôle de sa santé, sa nutrition et son bien-être en élevage. De plus, la coccidiose a un impact environnemental important : augmentation de la consommation d’eau, de la production de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d'azote par les poulets infectés et libération d'ammoniac dans les fèces. Le contrôle de la coccidiose bénéficie aussi à la préservation de l’environnement.
Procédures
Inoculation orale par gavage de l'inoculum par animal (1 fois et environ 5 min contention comprise). Inoculation cloacale par injection cloacale par animal (1 fois et environ 5 min contention comprise).
Impact sur les animaux
En coccidiose aviaire, on ne parle pas de virulence mais plutôt de pouvoir pathogène des parasites car la gravité de l’infection est dépendante de la dose infectieuse. La coccidiose clinique est très symptomatique, avec une perte d’appétit, une perte de poids, une soif intense, des modifications du comportement (oiseaux prostrés, ailes pendantes, crête décolorée), et des diarrhées sanglantes. Ces signes impactent fortement la croissance des jeunes et le taux de ponte des poules. En élevage, la plupart des cas de coccidiose sont des infections subcliniques, qui impactent les performances zootechniques des oiseaux, sans symptômes visibles. Dans le cadre de nos travaux, les doses inoculées aux poulets sont faibles et n’induisent pas de symptômes cliniques. Le contention peut engendre un stressest estimé comme léger et de très courte durée.
Devenir
Tous les poulets inoculés seront mis à mort 5 à 7 jours après l’inoculation pour récupérer les parasites qui se sont multipliés dans la lumière intestinale afin de faire différents tests sur la virulence du parasite, la caractérisation des facteurs de virulence et déefficacité de produits anticcoccidiens.
Remplacement
L’équipe a publié une méthode de culture in vitro qui permet d’accéder à la totalité des stades du cycle parasitaire. Il s’agit là d’une preuve de concept et en aucun cas d’une méthode de production de parasites en grande quantité. La culture in vitro ne reproduit que la 1ere multiplication asexuée (production de mérozoïtes) et ne couvre pas les 2 autres multiplications asexuées puis la reproduction sexuée (qui génère les oocystes). Nous avons publié une preuve de concept : avec une souche vaccinale (qui ne fait qu’une seule multiplication asexuée) et sur culture primaire de cellule de rein de poulet, on a réussi à produire in vitro quelques oocystes. Mais la manipulation des Eimeria nécessite la reproduction de 10e7 oocystes (c’est le rendement obtenu pour chaque poulet infecté).
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dépend de la prolificité de la souche et du nombre de parasites requis. Pour les souches utilisées au laboratoire, le rendement en parasites produits peut être déterminé. Les protocoles de multiplication sont planifiés en concertation avec l’ensemble des utilisateurs, les expériences sont organisées pour optimiser l’utilisation des parasites et utiliser le moins d’animaux possible.
Raffinement
Chaque inoculum fait l'objet d'une attention particulière pour administrer des doses définies et adaptées à l’espèce présente et ainsi éviter toute pathogénicité. Pour un rendement optimal, la muqueuse intestinale ne doit pas être trop abîmée. Il est donc inutile d’inoculer une dose trop forte de parasites qui pourrait induire des effets pathogènes et donc provoquer de la douleur. Même si la dose inoculée est calculée de manière à ne pas induire de pathogénicité, nous restons vigilants à l’état de santé des animaux : après inoculation de l’agent infectieux, deux visites quotidiennes sont réalisées dans la salle expérimentale afin de surveiller l’éventuelle apparition des premiers symptômes liés à la maladie : plumes ébouriffées, prostration. Ils sont hébergés par groupe de 20 sur litière de miscanthus pour éviter les poussières. Ils ont à disposition aliment et eau ad libitum. Pour le raffinement des conditions d’hébergement, des petites plateformes triangulaires ont été placées pour permettre aux poulets de se percher à l’intérieur des cages.
Choix des espèces
A l’heure actuelle, il n’existe pas de méthode alternative suffisamment efficace (in vitro) pour multiplier les parasites. Les animaux sont utilisés entre 3 et 7 semaines d’âge (considéré comme l’âge optimum pour un meilleur rendement en parasites). Le poulet est l’espèce hôte chez laquelle se multiplient les parasites. Des poulets de statut sanitaire contrôlé sont utilisés. L’étroitesse du spectre d’hôtes des parasites du genre Eimeria empêche toute tentative de manipulation d’une espèce parasitaire aviaire sur un modèle animal autre que la poule.
Etude de la viabilité d’oocystes de coccidies après contact avec des désinfectants
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Infectés par un parasite qui ne se développe que chez Gallus gallus, 1 000 poulets vont être utilisés pour mesurer l'efficacité de désinfectants destinés aux bâtiments d'élevage avicole, 700 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 300 un niveau léger. Élevés à l'abri de toute contamination depuis l'éclosion, ils reçoivent à seize jours une inoculation orale de coccidies traitées ou non par désinfectant. L'effet recherché est une diarrhée avec plumes ébouriffées pendant trois à quatre jours et des lésions intestinales de niveau 3 sur une échelle de 4, faites de points de nécrose sur la muqueuse du duodénum et du jéjunum. Le porteur range ce travail parmi les moyens d'améliorer la santé et le bien-être des animaux non-humains en élevage, 965 poulets étant tués et 35, écartés à la pesée de quinze jours, réutilisés ailleurs.
Objectifs
Les parasites du genre Eimeria sont responsables des coccidioses aviaires, maladies intestinales à fort impact sanitaire et économique chez la volaille. Leur gestion représente un enjeu économique majeur pour la filière avicole et un élément important pour l’amélioration de la santé et du bien-être des animaux. Plusieurs moyens de lutte existent : des anticoccidiens distribués dans l’aliment, des vaccins anticoccidiens et des désinfectants ayant un effet sur les formes infectieuses de ces parasites présentes dans l’environnement, les oocystes. Ce projet a pour objectif de développer et proposer un outil spécifique à la filière avicole afin d’évaluer l’efficacité de désinfectants sur les oocystes d’Eimeria spp. et de fournir une réponse adaptée à la problématique des éleveurs. Les oocystes sont mis en contact avec une souillure représentative des élevages avicoles (cocktail contenant de l’aliment, des fientes de volailles et de la poussière produite par les oiseaux) puis déposés sur des supports non poreux (coupons en inox) ou poreux (coupons de terre autoclavée). Les produits à évaluer sont ensuite déposés sur ces supports. La dernière étape du projet vise à tester la viabilité des oocystes traités de différentes manières par rapport à des oocystes non traités, en infectant des poulets avec ces oocystes traités ou non traités.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à proposer un modèle d’étude de l’efficacité de désinfectants sur les oocystes d'Eimeria, spécifiquement adapté aux bâtiments d’élevage de volailles, en utilisant des coccidies parasites des poulets, et en testant les produits sur deux types de surface, poreuse et non poreuse pour représenter les deux types de bâtiments existants en production de poulets : avec sol bétonné ou avec sol en terre battue. De plus, la présence de biofilms et leur nature pouvant influencer l’efficacité des désinfectants, une évaluation préalable de la quantité de matière produite par l’activité des poulets en élevage (quantité de matières fécales produites, quantité d’aliment gaspillé et quantité de poussière produite) et restant après lavage d’un bâtiment (prélèvements de surface après lavage) a permis de définir un biofilm à mélanger avec les oocystes sur les supports afin de se rapprocher des conditions d’utilisation des désinfectants dans les bâtiments d’élevage. Un tel modèle permettra d’évaluer plus objectivement et efficacement l’intérêt potentiel de désinfectants, ceux ayant déjà des indications oocysticides et de nouveaux candidats n’ayant pas cette indication. L’objectif est de contribuer à améliorer la biosécurité en élevage avec une optimisation des choix et des usages des désinfectants, pour réduire l’utilisation de produits médicamenteux et promouvoir la qualité de la production avicole. Ce projet peut permettre de contribuer à une meilleure gestion du risque de coccidiose dans les élevages, en utilisant les produits les plus efficaces.
Procédures
Inoculations par voie orale de suspensions contenant des parasites infectieux sur animaux vigiles à l’âge de 16 jours : une seule inoculation par animal, avec contention de l'animal par un agent et inoculation par un autre agent. La durée de l'inoculation est inférieure à cinq secondes et la durée de la contention, inoculation comprise, est inférieure à la minute.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont des signes cliniques et lésions intestinales proportionnels à l'intensité de développement des coccidies. Les doses envisagées doivent permettre d'obtenir des signes cliniques modérés avec les oocystes non traités (diarrhée et plumes ébouriffées pendant trois à quatre jours) et des lésions intestinales d'intensité 3 sur une échelle comportant quatre niveaux d'intensité. Les lésions d'intensité 3 sont caractérisées par des points blancs de nécrose nombreux sur la muqueuse du duodénum et du jéjunum, causés par les cellules détruites par les parasites. Une baisse de gain de poids et une augmentation de l'indice de consommation sont attendus pendant cette période.
Devenir
Mise à mort de tous les sujets mis en place dans l'animalerie d'expérimentation : infectés avec des parasites ou témoins hébergés dans la même animalerie que les sujets infectés, risquant d’être contaminés par les oiseaux infectés expérimentalement. Les sujets écartés de l'étude lors de la pesée à 15 jours pourront être réutilisés dans d'autres procédures.
Remplacement
Les tests in vitro de mesure de viabilité des oocystes sont très peu nombreux et ne concernent qu’Eimeria tenella pour le poulet. La capacité des parasites à sortir des oocystes et éventuellement à envahir des cellules dans les seuls tests disponibles, ne garantit pas que ces parasites seront capables de réaliser leur cycle de développement en totalité. Ainsi, des désinfectants ne bloquant pas ces premières étapes en totalité pourraient être considérés comme de mauvais candidats alors que l’effet pourrait se manifester plus tard dans le cycle de développement parasitaire, dans le cas où le produit aurait affaibli initialement les parasites sans pour autant les tuer. De plus, aucun modèle n’est développé pour Eimeria acervulina, qui est la coccidie la plus fréquente, la plus dommageable économiquement et une des moins faciles à diagnostiquer. Il n’y a donc pas actuellement de modèle adapté à Eimeria acervulina permettant de se passer de modèle animal.
Réduction
Les effectifs ont été réduits à vingt sujets par lot, ce qui permet d'obtenir des différences significatives pour une baisse de gain de poids moyen d'environ 15 à 20% par rapport à des animaux non infectés (ou infectés avec une dose n'entraînant pas de baisse de gain de poids). Un lot de référence sera constitué de 20 sujets subdivisé en cinq sous-lots de quatre sujets recevant des doses croissantes d'oocystes non traités, afin d'établir une échelle indicative des indices lésionnels. L'utilisation de quatre sujets par dose au lieu de vingt est envisageable car les lésions sont dose-dépendantes et même si l'échelle sera moins fiable que les résultats des différents lots expérimentaux, il sera possible d'estimer un pourcentage de destruction ou d'inactivation des oocystes traités.
Raffinement
Les oiseaux seront hébergés dans des cages conformes aux conditions exigées pour les animaux utilisés à des fins scientifiques, en groupes homogènes, avec un éclairage naturel, complété par un éclairage artificiel en période de jours courts, et une période d’obscurité la nuit de durée continue minimale de 6 heures, une maîtrise de la température ambiante conforme aux exigences requises en fonction de l’âge des oiseaux, une gestion de la pression et un suivi de l’hygrométrie. Des cordelettes en sisal seront suspendues dans les cages, ainsi que des CD à hauteur des animaux, afin qu'ils puissent jouer avec. Des perchoirs seront installés dans chaque cage. Les points limites définis dans les procédures seront appliqués strictement pendant toute la durée de chaque essai.
Choix des espèces
Le modèle sélectionné pour l'étude sur les oocystes est la coccidie Eimeria acervulina, qui est un parasite strictement inféodé à l'espèce Gallus gallus. Cette coccidie ne se développe que chez le poulet. Les oiseaux seront mis en place à l’âge d’un jour, après éclosion et récupération au couvoir, afin d’éviter toute contamination accidentelle avec des coccidies. Ils seront élevés en animalerie protégée jusqu’à l’âge de 15 jours. Ils seront inoculés le lendemain. L’essai durera ensuite huit jours, afin que la totalité d’un cycle parasitaire soit réalisée et totalement terminée. Ces âges correspondent aux périodes d’apparition les plus fréquentes de cette coccidie dans les élevages, et la durée du cycle parasitaire n’excédant pas sept jours, il n’est pas nécessaire de les garder au-delà huit jours pour pouvoir mesurer les effets des parasites sur les animaux.
Effet du refroidissement de l’eau de boisson et des modalités d’alimentation sur les performances des poulets de chair en situation de stress thermique
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Bien-être animal
Pour tester des alternatives à la brumisation dans les élevages de poulets de chair, 600 poussins sont exposés à 32 °C pendant cinq heures d'affilée, à deux reprises au cours de leur croissance. Ils vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 522 d'entre eux et modéré pour 78. La température rectale est mesurée sur animal vigile, thermomètre introduit dans le cloaque, avant, pendant et après chaque coup de chaleur, sur 25 poulets par traitement. Le porteur indique qu'une température élevée peut provoquer halètement, léthargie, stress oxydatif et troubles de l'absorption intestinale, et que des problèmes de locomotion peuvent apparaître chez les 78 animaux gardés jusqu'à 49 jours. 300 poulets sont mis à mort à 42 jours, l'âge d'abattage des poulets lourds standards, les 300 autres étant rendus à l'élevage.
Objectifs
Les éleveurs sont parmi les professionnels les plus exposés aux aléas climatiques. Ils seront sans doute parmi les plus impactés par les évolutions qui vont s’opérer au cours des prochaines décennies. Ils sont donc particulièrement sensibilisés à ces sujets. Ce projet vise à produire des connaissances nouvelles et des outils nécessaires pour accompagner les éleveurs avicoles dans la mutation des systèmes d’exploitation qu’ils vont devoir opérer pour s’adapter au changement climatique (« adaptation ») et limiter leur impact sur le climat (« atténuation »). Plusieurs méthodes d’adaptation au changement climatique seront testées. Ces méthodes pourront permettre de mettre en place des solutions concrètes en élevage avicole de poulet de chair standard pendant la période estivale. Les épisodes caniculaires deviendront à terme plus longs et plus intenses pour les animaux. Aujourd’hui, la brumisation est une méthode couramment utilisée afin de réguler la température à l’intérieur des batiments d’élevage. Cependant, elle augmente l’impact environnemental des élevages. En effet, la brumisation nécessite une augmentation de l’utilisation d’eau en période de sécheresse. De plus, cette méthode augmente fortement l’hygrométrie et peut détériorer l’état des litières engendrant des problèmes de santé. Il est donc nécessaire de proposer aux éleveurs des solutions plus durables afin de maintenir les performances et la santé de leurs animaux. Afin de tester plusieurs alternatives à la brumisation, deux essais seront mis en place avec des poulets de chair à croissance rapide. Deux scénarios climatiques de stress thermique cyclique seront utilisés afin de tester plusieurs solutions d’adaptation et d’atténuation. Les objectifs opérationnels sont 1/ d’évaluer l’effet du refroidissement de l’eau de boisson 2/ de gérer la quantité d’aliment ingéré en période chaude 3/ de tester un aliment spécialement adapté pour les périodes chaudes.
Bénéfices attendus
Les éleveurs sont fortement impactés par le réchauffement climatique. La brumisation utilisée en période de canicule est un coût supplémentaire pour l’élevage. Ainsi, de plus en plus de recherches se concentrent sur la mise au point de méthodes pour diminuer l’impact des températures élevées sur la croissance, la santé et le bien-être des poulets de chair. Ainsi, le refroidissement de l’eau permettrait aux animaux de mieux réguler leur température corporelle et de réduire le rythme d’halétement. Cela permettrait également d’économiser l’eau qui devient de plus en plus une denrée rare. La mise à jeun permettrait d’éviter une dépense énergétique et une production de chaleur due à la digestion et l’absorption des nutriments. Ces essais permettront de tester des solutions applicables en élevage qui pourront ensuite être recommandées aux éleveurs. Avenant: Les animaux maintenu en élevage de 42 à 49 jours permetteront de collecter des données permettant de modéliser la phase de récupération des animaux à ce stress.
Procédures
La température rectale sera mesurée sur animal vigile avant, pendant et après le stress thermique et ce, pour les deux périodes de coup de chaleur. Cette intervention sera faite sur 25 animaux par traitement. Les animaux mesurés ne seront pas les mêmes entre les deux périodes de stress thermique.
Impact sur les animaux
Les animaux seront soumis à une température de 32°C pendant 5h d’affilée. Une température élevée peut provoquer une augmentation de l’halètement, une léthargie, une accumulation de tissu adipeux, une augmentation du stress oxydatif et des mécanismes d’inflammation. Au niveau intestinal, une température élevée peut induire des désordres d’absorption. L’eau à volonté permettra aux animaux de réguler leur température corporelle. Enfin, la mesure de température rectale nécessite une contention de l’animal et une introduction du thermomètre dans le cloaque pouvant générer un stress. Avenant: Pour les 78 animaux maintenue en élevage de 42 à 49 jours, des problèmes de locomotion peuvent survenir après le dernier stress thermique
Devenir
Pour l’essai 2, les animaux seront mis à mort à 42 jours, ce qui correspond à l’âge d’abattage des poulets lourds standards. Avenant: 78 animaux seront maintenu en élevage jusqu'à 49 jours pour étudier leur capacité à récupérer d'un coup de chaleur et d'étudier les mécanismes physiologiques qui sous tendent cette réponse
Remplacement
Compte tenu des objectifs finaux du projet (évaluation des effets du refroidissement de l’eau de boisson et de la gestion de la prise alimentaire en condition de stress thermique) et de l’absence de techniques in vitro ou de données suffisantes pour de la modélisation permettant de répondre à ces objectifs, l’espèce aviaire ne peut être substituée.
Réduction
Les animaux seront nourris à l’aide de mangeoires électroniques permettant la mesure individuelle automatique du poids et de la consommation alimentaire des animaux. Contrairement à un dispositif en parquet (8 parquets par traitement), ce dispositif permet de réduire le nombre total d’animaux utilisés dans ce projet. Un total de 300 poussins de 1 jour non sexés sont requis pour chacun des essais (soit un total de 600 animaux sur l’ensemble du projet). Cela permet de constituer 6 groupes de 50 animaux et ainsiévaluer 6 traitements différents. L’unité statistique est l’individu. Concernant la consommation d’aliment, sur la période de 21 à 25 jours, un effectif de 50 poulets par traitement est suffisant pour observer une différence significative de 50g d’aliment ingéré entre les traitements « eau tempérée » et « eau refroidie ». Pour la période de 35 à 42 jours, une différence de consommation est attendue. Les animaux du traitement « aliment à volonté » devraient consommés 7% de plus que les animaux du traitement « aliment intermittent ». Concernant le poids vif à 42 jours, un effectif de 50 poulets nous permettra de voir une différence significative de 130g entre les traitements « eau tempérée » et « eau refroidie ». Pour l’essai 2, la composition des carcasses sera évaluée à la fin de la période d’élevage. Le stress thermique induit une accumulation de gras abdominal. Cela pourrait être réduit via la période de jeun. Une diminution du gras abdominal de 0,26 % (pourcentage de poids vif) est attendue entre les traitements « aliment à volonté » et « aliment intermittent ». Ces estimations ont été faites à partir de données de la littérature et avec un logiciel de statistiques. Au regard de la bibliographie et d’expériences précédentes, le nombre d’animaux/groupe que nous avons définis est nécessaire et suffisant pour mettre en évidence des différences de performances (s’il y en avait).
Raffinement
Les animaux seront élevés au sol, avec une litière en copeaux de bois, en groupe sociaux pendant toute la durée de l’expérience, à une densité inférieure (11 animaux/m²) au maximum autorisé. Ils auront la possibilité d’explorer et de se percher. Un perchoir sera mis à disposition dans chaque parquet. Les effets du stress thermique sur le comportement des animaux pourront être évalués à l’aide d’une méthode d’évaluation du bien-être. Le comportement des animaux sera suivi quotidiennement afin de détecter tout risque de souffrance ou de mal-être. Toute manifestation de symptômes comportementaux persistants définis par les critères suivants, prostration, animal ayant cessé de s’alimenter et de s’abreuver, entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation. Avenant: Entre J42 à J49, la motivation des animaux sera évaluée avec un test de distrubution d'une nourriture appétante (larves séchés) et de réactivité à l'homme.
Choix des espèces
Le poulet domestique a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. La souche à croissance rapide utilisée dans cet essai est la souche principale utilisée en élevage de poulet de chair standard. L’objectif de ce projet est d’évaluer la croissance et la consommation alimentaire des poulets de façon individualisée, grâce aux mangeoires électroniques, dans des conditions contrôlées pendant toute la période d’élevage. Ainsi, nous utiliserons des animaux de 1 jour, fournis par un couvoir commercial et nous élèverons les animaux jusqu’à l’âge de 42 jours, âge classique d’abattage des poulets standards lourds. Avenant: Allongement de la durée d'élevage de 42 à 49 jours pour 78 animaux
Production, chez le poulet, de sérums utilisés pour le diagnostic de l’influenza aviaire et de la maladie de Newcastle
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
1 200 poulets vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour fournir aux laboratoires agréés des sérums de diagnostic de l'influenza aviaire et de la maladie de Newcastle. Chaque oiseau reçoit deux ou trois injections intraveineuses d'antigènes inactivés espacées d'au moins une semaine, puis une prise de sang, en restant vigile et contenu moins de deux minutes par acte. L'activité relève de la production de réactifs, le nombre de rappels et la date de mise à mort étant ajustés animal par animal pour maximiser le volume de sérum récolté. Tous les poulets sont tués, le porteur expliquant que cette mise à mort permet de récolter un volume de sang maximal.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de produire des réactifs biologiques utilisables pour la mise en oeuvre de méthodes d'analyses en santé animale. Les propriétés de ces réactifs reposent sur les caractéristiques de reconnaissance spécifique des anticorps produits naturellement par les animaux vertébrés en réponse à une infection ou à l'injection de substances étrangères (dans ce projet, des virus inactivés) : les anticorps produits sont présents dans le sang des animaux et peuvent être obtenus après prise de sang et coagulation naturelle de ce prélèvement permettant la récolte d'un sérum spécifique des virus injectés. Ces sérums d’origine aviaire seront utilisés comme réactifs pour le diagnostic des infections des oiseaux provoquées par ces mêmes virus. Le recours aux animaux est la seule façon d’obtenir ces sérums et afin de produire la quantité optimale d’anticorps spécifiques, les poulets utilisés sont inoculés deux ou trois fois de suite avec différents antigènes inactivés.
Bénéfices attendus
Les sérums produits à l'issue de ce projet, utilisés comme réactifs et matériaux de contrôle, permettent d'harmoniser au niveau national la réalisation des analyses de diagnostic de maladies d'importance majeure chez les volailles : l'influenza aviaire et la maladie de Newcastle.
Procédures
Les oiseaux utilisés sont soumis à des interventions ponctuelles sur animaux vigiles : 2 ou 3 injections intraveineuses (à au moins une semaine d'intervalle entre elles) et un prélèvement de sang. L'acte d'injection par voie intra-veineuse ou de prélèvement de sang dure généralement environ une minute par animal, sans dépasser 2 minutes d'immobilisation et de contention de l'animal.
Impact sur les animaux
Seules les manipulations et la contention des animaux nécessaires à la réalisation des prises de sang et des injections d'antigènes, et les piqures d'aiguille associées à ces actes, peuvent avoir un impact négatif sur le bien-être des animaux utilisés au cours de ce projet. Toutefois, ces nuisances sont limitées dans le temps et peu nombreuses au cours d'une procédure et elles sont de faible intensité. Les antigènes injectés sont inactivés et sans effet négatif attendu sur la santé des animaux. Le risque d'hématome suite aux injections et prises de sang est réduit, le personnel étant formé à ces différents actes et il applique systématiquement un point de compression en fin d'intervention pour éviter la formation de l'hématome.
Devenir
La mise à mort de l'ensemble des oiseaux utilisés au cours d'une procédure, et qui ont donc été immunisés, est nécessaire pour procéder (au moment de cette mise à mort) à la récolte d'un volume maximal de sang pour obtenir un volume final de sérum, dont la production est l'objectif de ce projet, lui aussi maximal.
Remplacement
Il n'existe pas de méthodes alternatives de production de sérums hyperimmuns spécifiques.
Réduction
L'utilisation de l'effectif est optimisée dans chaque cas par la mesure de l'apparition des anticorps, afin de déterminer individuellement le nombre optimal de rappels à effectuer et la date de mise à mort appropriée : malgré la variabilité individuelle inévitable du titre de la réponse en anticorps, le volume final récolté de titre suffisant (à moduler selon l'utilisation prévisible du sérum) sera ainsi maximal. Ceci permet de produire les quantités de sérums adaptées aux besoins (utilisation propre et fourniture éventuelle aux laboratoires agréés).
Raffinement
Le nombre d'injections est optimisé individuellement par la mesure de l'apparition des anticorps (comme décrit précédemment), permettant la production d'anticorps en quantité et qualité adéquats pour l'utilisation prévue du sérum. La surveillance des animaux est assurée par une visite quotidienne et est augmentée au cours des interventions d'immunisation et de prélèvement prévues par les procédures. Dans l’éventualité de signes cliniques occasionnant un mal-être chez l’animal, des points limites adaptés et spécifiques du projet sont définis pour que les animaux soient mis à mort avant que la souffrance ait un atteint un seuil non acceptable. Les seules interventions prévues consistant en l'inoculation intra-veineuse d'antigènes inactivés (dont l'innocuité fait l'objet de contrôles préalables) et en prises de sang, seule une douleur légère et fugace directement liée à l'acte de piqure est subie par l'animal : aucun protocole d'analgésie n'est prévu. Le personnel chargé des interventions est formé pour la réalisation des diférents actes techniques. Les animaux disposent par ailleurs de conditions et d’un environnement d’élevage adaptés à leurs besoins : les oiseaux sont élevés en groupe de 20 individus (bénéficiant ainsi d'un enrichissement social), en enclos sur litière au sol, sans perchoirs mais enrichis avec des objets légers mobilisables (chaînettes suspendues). Les animaux sont nourris et abreuvés à volonté.
Choix des espèces
L'espèce choisie est une espèce majeure de volaille, permettant de garantir la qualité des sérums produits. Les animaux utilisés sont âgés de 7 à 10 semaines : à cet âge, les oiseaux utilisés produisent des anticorps en qualité et quantité requise pour la réalisation du projet.
Evaluation des déplétions de résidus de produits vétérinaires administrés à l’animal de rente
- Tests réglementaires
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Équidés : 20
Cochons : 60
Chèvres : 60
Moutons : 60
Bovins : 120
Poules : 120
Dindes : 30
Autres oiseaux : 20
Pour constituer les dossiers d'autorisation de mise sur le marché de médicaments vétérinaires, 550 animaux de rente, bovins, moutons, chèvres, porcs, lapins, chevaux et volailles, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent le produit par voie intraveineuse, intramusculaire, orale, percutanée, intravaginale, intrarectale ou intramammaire, maintenus au cornadis, en cage de contention ou au licol. La majorité sera tuée pour prélever des tissus, une trentaine de porcs, vingt moutons et vingt bovins seront réutilisés, dix lapins et vingt poules proposés à l'adoption. Le nombre d'animaux est fixé par le "Donneur d'ordre" de l'étude, et le porteur note que les effets indésirables du produit testé sont déjà connus et "acceptables" pour sa commercialisation.
Objectifs
L’administration de médicaments vétérinaires à des animaux producteurs de denrées peut entraîner la présence de résidus dans les denrées alimentaires (la viande, les abats, le lait et les œufs) obtenues à partir de ces animaux traités. Afin de proteger les consommateurs, des seuils réglementaires ont été définis pour les substances contenues dans des médicaments vétérinaires pour toutes les denrées alimentaires d’origine animale. Ces seuils réglementaires également appelés "limite maximale de résidus" (LMR) tiennent compte de la toxicité de la substance et de l’exposition possible des consommateurs de denrées. Les LMR sont fixées par décision de la Commission Européenne basée sur un avis scientifique rendu par l’Agence européenne du médicament (EMA). Les études d'évaluation des résidus ont pour but de définir les temps d'attente appropriés des médicaments vétérinaires pour chaque production animale afin d’assurer la sécurité du consommateur. Ils correspondent au temps nécessaire entre la dernière administration du médicament et la mise à la consommation des denrées alimentaires issues des animaux traités, afin de garantir que les denrées alimentaires issues des animaux traités avec ce médicament vétérinaire ne contiennent pas de résidus à des concentrations supérieures aux LMR fixées. Le projet a pour objectif d’évaluer les déplétions de résidus de médicaments ou d'additifs vétérinaires administrés aux bovins, ovins, caprins, porcins, lapins, équins et volailles.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu des études de déplétion de résidus est la sécurité alimentaire des consommateurs. En effet, le respect du temps d’attente permet de garantir l’absence de résidus dans les denrées alimentaires ou une teneur en résidus en dessous de la LMR. Le temps d'attente d’un médicament est le temps nécessaire entre la dernière administration du médicament vétérinaire et l’obtention dans les denrées d’une quantité de résidus en quantités inférieures aux LMR. Ce délai est indiqué sur l’étiquetage des médicaments ainsi que sur l’ordonnance.
Procédures
La procédure prévoit des manipulations simples des animaux (pesée, examen clinique) pour lesquelles aucune souffrance ou angoisse particulière ne sont attendues. L'administration des traitements de l'étude (en dehors de l'administration dans l'eau de boisson) implique une contention de l'animal pouvant induire un stress. Le matériel de contention sera adapté à chaque espèce (cornadis, cages à contention, licols) afin de limiter le stress des animaux et d'assurer la sécurité du personnel. Aucun prélèvement n'est prévu sur animaux vigiles. Les oeufs sont ramassés dans les nids après la ponte. Le lait provient de la traite bi-quotidienne.
Impact sur les animaux
Les souffrances attendues dans ce projet correspondent à la douleur liée à l'administration du traitement (par voie intraveineuse, intramusculaire, orale, sous-cutanée, per cutanée, intravaginale ou intrarectale, intramammaire). Ces souffrances sont considérées "légères". Par ailleurs, le transport et la manipulation des animaux (pesée, contention pour administration du traitement ou euthanasie) peuvent induire un stress. Les études de déplétions de résidus sont conduites avec la formulation finale du produit (celle qui sera mise sur le marché). Les effets indésirables sont donc connus, et "acceptables" pour la commercialisation du produit.
Devenir
La majorité des animaux entrants dans ce projet seront euthanasiés en fin de procédure soit pour prélèvements de tissus, soit parce qu'ils ont reçus un produit sans autorisation de mise sur le marché. Dans le cas où les animaux reçoivent un produit avec AMM utilisé à la posologie décrite dans l'AMM, les animaux peuvent être ré-utilisés dans une autre procédure, replacés ou adoptés, après avis du vétérinaire.
Remplacement
L'utilisation de modèles in-vitro, ex-vivo ou de simulations informatiques ne permet pas de répondre aux objectifs du projet. En effet, la déplétion des résidus de médicaments ou d'additifs alimentaires ne peut être évaluée qu'après administration du produit à des animaux vivants. La rétention et l'élimination des résidus est un processus complexe ne pouvant pas être modelisé informatiquement. Les études de déplétion de résidus sont nécessaires au dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché de médicaments vétérinaires destinés aux animaux producteurs de denrées alimentaires et doivent être réalisées chez l'espèce cible correspondant aux indications thérapeutiques du produit à tester. Il n'y a donc pas d'alternative à l'utilisation d'animaux.
Réduction
Les effectifs animaux minimaux sont fixés par la réglementation (VICH GL48, CVM GFI #207 ou 10.2903/j.efsa.2017.5022). Concrètement, le nombre d'animaux est fixé par le Donneur d'ordre de l'étude en fonction des données en sa possession (études de déplétion de résidus du produit testé conduites sur d'autres espèces ou études de "proof-of-concept" chez l'espèce cible ou données bibliographiques). En principe, le nombre d'animaux utilisé est calculé de telle sorte que l'expérimentation soit interprétable, en tenant compte de la variabilité biologique individuelle. Il n'y a pas de groupe non-traité dans les études de résidus.
Raffinement
Les conditions d'hébergement seront adaptées aux besoins physiologiques des animaux et leur permettront d'exprimer le plus possible leur gamme normale de comportements. De plus, la contention sera réalisée par du personnel expérimenté à l'aide de matériel adapté (cornadis, couloir/cage de contention, licol, plaque...) et visera à minimiser le stress des animaux. Le bien-être des animaux sera évalué quotidiennement par le personnel en charge des animaux (animaliers et/ou vétérinaires). En cas de douleur (liée ou non aux procédures expérimentales), des points-limites adaptés ont été définis afin de limiter et de prendre en charge précocement toute souffrance.
Choix des espèces
Dans le cadre d’essais réglementaires pour la mise sur le marché de médicaments vétérinaires, l’étude doit être menée sur l’espèce cible. Pour les études résidus ‘viande’, des animaux jeunes adultes seront généralement utilisés. Dans le cas de produits vétérinaires destinés aux ruminants de tous âges, deux études séparées seront réalisées, une sur l’animal pré-ruminant et l’autre sur l’animal ruminant, pour tenir compte des différences physiologiques à ces deux stades de développement. Pour les études résidus ‘lait’ et ‘œufs’, les animaux utilisés seront à un stade physiologique compatible avec une production de lait ou d’œufs par l’animal.