Poules
Etude de la réplication et de la transmission de plusieurs mutants d’une souche atténuée du GaAVH-2 cloné en chromosome bactérien artificiel sur la poule.
- Recherche appliquée
- Cancers
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Pour corriger les mutations d'un vaccin expérimental contre la maladie de Marek, un lymphome mortel des volailles, et préparer un éventuel brevet, 72 poussins d'une lignée homozygote plus sensible à cette maladie vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacun reçoit sous la peau un virus vaccinal, puis subit sans anesthésie six prises de sang et cinq prélèvements de plumes à une semaine d'intervalle, enfermé avec 17 autres dans un isolateur de 2 m². Le porteur indique que les prélèvements de plumes causent "une douleur ponctuelle désagréable" et que ces gestes répétés entraînent un "stress récurrent", et tous les poussins sont tués au plus tard 46 jours après l'injection pour prélever leur rate. Parmi les bénéfices, il cite le fait d'éviter une "hausse significative des prix" du poulet et des œufs, et affirme que vacciner "favorise le bien-être des animaux".
Objectifs
Dans l’industrie avicole, le vaccin commercial est considéré comme le meilleur vaccin contre la Maladie de Marek. Cette dernière se manifeste principalement sous la forme d’un lymphome mortel et elle est induite par un herpesvirus oncogène couramment appelé virus de la maladie de Marek. Actuellement, la plupart des poules pondeuses dans le monde sont vaccinées avec la souche commerciale. Cependant, ce vaccin n’est pas clonal et pourrait dériver dans le temps. Aussi, avoir cette souche clonée dans un vaccin serait un atout pour s’assurer de sa stabilité génétique. De plus, cela pourrait permettre de dériver un vaccin qui permettrait de différencier les animaux vaccinés des animaux infectés naturellement (vaccin DIVA) ou même d’être à la base d’un vecteur vaccinal. A ce jour, il existe un vaccin expérimental dans lequel le génome du virus atténué a été cloné. Cependant, lors d’une étude antérieure avec un virus dérivé de ce vaccin expérimental, nous avons observé que ce virus a des propriétés qui diffèrent du virus commercial. De plus, nous avons identifié différentes mutations dans le génome du virus commercial cloné en vaccin expérimental qui pourrait être à l’origine des différences de propriétés entre ce vaccin expérimental et une souche commerciale de référence. Afin de pouvoir étudier l’impact des mutations identifiées dans le vaccin expérimental, des virus recombinants seront générés par manipulation génétique du génome viral afin de réparer le virus atténué expérimental à différentes positions et étudier l’effet de ces réparations sur les propriétés de ces virus vaccins. Les mutations seront réalisées dans les différents gènes identifiés comme mutés par rapport au virus vaccinal commercial de référence, non cloné. Ceci nous fournira trois virus mutants.
Bénéfices attendus
Pertinence scientifique: Avoir des vaccins contre la maladie de Marek stables génétiquement et modifiables à façon, par exemple pour en faire des vaccins DIVA, serait une avancée par rapport aux vaccins actuellement disponibles. C’est un des objectifs de ce projet. Pertinence vétérinaire: L’importance des vaccins contre la maladie de Marek, une pathologie majeure chez le poulet n’est plus à démontrer. Ces vaccins ont permis de diminuer considérablement la maladie, même si elle reste une présente à bas bruit dans les élevages. Avoir de nouveaux vaccins aussi performants que les vaccins actuels et facilement différentiables des souches pathogènes est un des enjeux de ce projet, via à plus long terme le développement des vaccins DIVA. Impact socio-économique: Le poulet et les œufs constituent une source de protéines abordable, particulièrement importante pour les classes moyennes et modestes. La vaccination contre la maladie de Marek en évitant la maladie de Marek, évite une hausse significative des prix, avec un impact direct sur le consommateur et la sécurité alimentaire. Par ailleurs, ces travaux faits dans le cadre d’un projet de Prématuration pourraient conduire à un dépôt de brevet, ouvrant la voie à de nouveaux vaccins possiblement DIVA. Pertinence médicale: Vacciner les animaux favorise le bien-être des animaux. Plus spécifiquement, vacciner contre la maladie de Marek permet d’avoir des poulets/poules en meilleure santé. En conséquence, c’est aussi un bénéfice pour la santé humaine, en préservant la qualité des aliments, même si le virus de la maladie de Marek ne contamine pas les œufs de poule et ne se transmet pas à l’homme, dans l’état des connaissances actuelles.
Procédures
Chaque poussin recevra un vaccin par voie sous-cutanée. Chaque animal vaccins sera soumis à 6 prélèvements de sang à 7 jours d'intervalles ainsi que 5 prélèvements de plumes à 7 jours d'intervalles (immédiatement après la prise de sang). La vaccination et les prélèvements seront réalisés sur animaux vigiles. La durée de chaque acte prendra moins d’une minute. L'expérience prendra fin 46 jours maximum après inoculation du virus vaccinal.
Impact sur les animaux
1-Hébergement : Les animaux sont hébergés dans des isolateurs biologiques de 2 m2. L’hébergement des animaux en isolateurs biologiques est nécessaire dans le cadre des recherches portant sur le virus de la maladie de Marek. 18 animaux vont être logés par isolateur durant toute la durée de l’expérience. 2-Expérience et manipulations : L’injection sous-cutanée peut entrainer une douleur au niveau du site d’injection mais qui devrait vite s’estomper. Un animal dont la contention serait mal assurée pourrait se faire mal ou se blesser. Les contentions, injections, prises de sang et prélèvements de plumes entraineront un stress récurrent chez les animaux concernés. Celui-ci ne peut pas être évité mais sera limité à des intervalles de 7 jours. Les prises de sang peuvent être sources d’hématomes et les prélèvements de plumes entrainent une douleur ponctuelle désagréable pour l’animal.
Devenir
À la fin de l'expérience, tous les animaux seront euthanasiés afin de permettre la réalisation des prélèvements de rates nécessaires aux analyses de charges virales dans cet organe et de réactivation.
Remplacement
Aucun test ne peut être fait in vitro en remplacement d’une expérience in vivo car les différences entre le virus issus de la souche expérimentale et de la souche commerciale de référence sont indétectables in vitro. L’utilisation d’un autre modèle animal est impossible le virus de la maladie de Marek est strictement spécifique des gallinacés. Aucun autre organisme ne reproduit les interactions virus-hôte indispensables pour étudier les vaccins contre la maladie de Marek. Par conséquent, le recours à des poulets est incontournable pour garantir la pertinence et la fiabilité des résultats.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été déterminé conformément au principe de réduction, en respectant les règles de bien-être animal tout en garantissant la robustesse scientifique des résultats. Ce nombre permet d’obtenir un échantillonnage suffisant pour que les différences observées entre les groupes soient statistiquement significatives et non dues au hasard. Ces calculs ont en partie été réalisés en se basant sur les résultats d'expériences antérieures, étudiant la souche vaccinale expérimentale originale et le vaccin commercial de référence. Après prélèvements, chaque mutant sera comparé par rapport aucontôle sur la base des différents prélèvements (notamment la charge virale dans le sang). En ce qui concerne les charges virales, la moyenne de chaque mutant sera comparée à celle du contrôle dans les différents timings. Le calcul de la puissance du test a été fait avec un test t de student pour deux échantillons indépendants.
Raffinement
Une visite des animaux est effectuée 2 fois par jour par le personnel technique qualifié afin de vérifier la bonne santé des animaux en isolateur. Bien qu’il ne soit pas attendu de signes cliniques suite à la vaccination, une grille de score clinique devra être utilisée si un animal venait à présenter des signes cliniques anormaux. Suivant le score obtenu, un arbre décisionnel est défini afin de prendre une décision concernant le devenir de l'animal. Celle- ci est prise en concertation avec le zootechnicien, le concepteur du projet et la vétérinaire désignée. Cessignes pourraient intervenir suite à une prise de sang, une inflammation au point d’injection du vaccin ou pour toute autre raison (défaut de mobilité, apathie…). Si jamais le zootechnicien constate une dégradation du bien-être de l’animal et l’atteinte de ses points limites, il prévient aussitôt les responsables du projet et la vétérinaire désignée afin de prendre une décision. L’ensemble des gestes techniques est assuré par du personnel formé et compétent, ce qui limitera le stress des animaux. La contention est effectuée en douceur par un opérateur et le second effectue les prélèvements de plumes et de sang. Ces derniers seront réalisés simultanément pour limiter le stress. Le nombre de prélèvements a été réduit au plus juste et ils ont été espacés au minimum de 7 jours pour limiter la manipulation et la souffrance liées aux prélèvements répétés. Dans le cas des prélèvements de plumes, de petites plumes seront prélevées, ce qui limite la douleur par rapport aux prélèvements de plus grosses plumes. Afin de limiter la douleur lors de la vaccination, nous utiliserons des seringues avec des aiguilles fines et courtes. Des vers de farine seront donnés comme aliment de récompense après les prélèvements comme cela est réalisé depuis 2025. Les animaux hébergés en isolateur ont une température et une hygrométrie contrôlées. Ils ont accès à la nourriture et à l’eau de boisson à volonté. Ils sont hébergés en groupe, ont des petits perchoirs, et des jouets pour picorer/piquer. Les surfaces d’hébergement sont respectées.
Choix des espèces
Espèce Gallus gallus entre 1 et 46 jours d’âge. Le vaccin étudié est une souche atténuée duvirus de la maladie de Marek, responsable de la maladie de Marek, qui présente une spécificité d’hôte stricte. Ce virus n’infecte que les gallinacés. Cette contrainte limite donc le choix du modèle animal à l’espèce Gallus gallus, qui est l’hôte naturel du virus de la maladie de Marek et la seule espèce vaccinée avec le vaccin commercial. Lorsqu’il est possible d’infecter l’hôte naturel, cette approche est toujours la plus pertinente et la plus fiable, car elle permet d’obtenir des données directement transposables à la pathogénie réelle, sans extrapolation à partir d’un modèle artificiel. La lignée utilisée est une lignée de poulets homozygotes. Elle est plus sensibles à la maladie de Marek et elle est donc couramment utilisés lors des expériences in vivo. La sensibilité de cette lignée à la maladie permet de limiter le nombre d’animaux utilisés et sera utile par la suite quand nous envisagerons une inoculation d’épreuve pour vérifier la protection induite par ces virus vaccinaux modifiés.
Génération d’une lignée hôte dite stérile pour faciliter la restauration génétique de lignées d’intérêt chez le poulet
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Isolés jusqu'à six semaines en cage individuelle, les coqs subissent des prélèvements de semence par massage toutes les 48 à 72 heures, et les poules sont inséminées artificiellement. Ce sont 550 poulets, 150 de première génération et 400 de la suivante, utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger à modéré pour créer une lignée génétiquement modifiée qui ne produirait plus ses propres cellules reproductrices. Après une prise de sang à quinze jours, les poussins qui n'ont pas le sexe voulu ou la modification recherchée "seront éliminés", et les 550 sont tués à l'issue, parce qu'issus de gamètes "potentiellement génétiquement modifiés". Le porteur présente pourtant la future lignée comme un moyen d'éviter de "produire inutilement des animaux intermédiaires".
Objectifs
L’objectif de ce projet est d’établir une lignée de poulet dite stérile pour faciliter la sauvegarde et la restauration de races d'animaux d'intérêt. Actuellement, pour réintroduire une race conservée en laboratoire, on injecte ses cellules reproductrices dans des œufs d'accueil. Cependant, les cellules d'origine de l'œuf entrent en compétition avec les cellules injectées : seuls 3 % à 15 % des poussins qui naissent héritent réellement de la génétique souhaitée. Cela oblige à élever un très grand nombre d'animaux et à réaliser de nombreux tests génétiques pour identifier les quelques individus de la bonne race. En développant une lignée de poulets « hôtes » incapables de produire leurs propres cellules reproductrices, ce problème est résolu car ces animaux porteurs ne transmettent que les cellules de la race à sauvegarder. Ainsi, 100 % de leur descendance appartient directement à la race recherchée, ce qui évite de produire inutilement des animaux intermédiaires. Cette demande d'autorisation concerne uniquement les premières étapes du procédé : la création et l'évaluation des premières générations d'animaux (F0 et F1) nécessaires pour établir cette lignée.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à développer une lignée de poulet permettant un rétablissement rapide d’une génétique d’intérêt, que ce soit des lignées ou races locales en danger ou encore des lignées expérimentales. Cette approche biotechnologique permettrait une transmission germinale totale ce qui aurait comme impact de réduire fortement le nombre de poussins nécessaires à faire naître pour restaurer une lignée. Ainsi, l’accès à cette lignée éditée d’hôtes reproducteurs permettrait d’envisager de limiter les lignées dans les unités expérimentales, et de les rétablir au moment voulu.
Procédures
Les interventions réalisées sur les animaux seront la prise de sang, le prélèvement de semence par massage dorso-lombaire chez les mâles et l’insémination artificielle chez les femelles. Tous ces actes sont réalisés en moins d'une minute chacun.
Impact sur les animaux
Un stress lié au passage en cage lors de la phase de reproduction pour les mâles peut être observé, entraînant notamment des troubles du comportement alimentaire qui durent généralement de 24 à 48 heures. Au cours des élevages de longue durée comme ici, il est également possible d’observer une dégradation de l’état général d’un individu, aux causes parfois non définies avant une autopsie. La capture, la contention et la prise de sang constituent des sources de stress pour l’animal, mais ces manipulations ne seront réalisées qu’une seule fois dans cette procédure. L’isolement en cage individuelle représente un autre facteur de stress : il ne sera imposé qu’une seule fois à un même animal, pour une durée maximale de six semaines, incluant deux semaines d’habituation. Les prélèvements de semence peuvent occasionnellement engendrer un stress transitoire. De même, les inséminations artificielles pratiquées sur les femelles peuvent être source d’inconfort ou de stress momentané. Concernant la mutation génétique induite, nous n’attendons pas d’effets indésirables.
Devenir
Les 550 individus totaux (F0 : 150 et F1 : 400) seront euthanasiés car étant issus de gamètes potentiellement génétiquement modifiés, ils ne pourront pas être replacés.
Remplacement
L'utilisation d'animaux est indispensable dans ce projet : aucune méthode alternative sans animal (modélisation informatique ou simples cultures cellulaires) ne permet de vérifier la capacité réelle à transmettre des caractères génétiques à une descendance au sein d'un organisme vivant complet. Jusqu'ici, la méthode classique consistait à congeler la semence des coqs. Cependant, cette approche nécessite de nombreuses générations de croisements successifs pour reconstituer une lignée et ne permet pas de préserver les chromosomes spécifiques des femelles. La stratégie retenue s'appuie sur la conservation de cellules reproductrices particulières (les PGCs), qui préservent l'intégralité du patrimoine génétique des mâles et des femelles. Une fois réinjectées dans un œuf hôte, elles permettent de régénérer la lignée d'intérêt directement dès la première génération. Pour garantir la réussite du processus et éviter la compétition entre cellules, l'embryon hôte doit être rendu stérile. Cette stérilité garantit que seuls les caractères souhaités sont transmis, ce qui réduit considérablement le nombre total d'animaux nécessaires.
Réduction
Le nombre d'animaux a été rigoureusement calculé pour être le plus faible possible tout en garantissant la réussite scientifique. Utiliser environ 50 individus offre une probabilité raisonnable de succès (70 %). Viser un taux de réussite quasi certain (90 à 95 %) aurait exigé plus de 100 oiseaux et l'utilisation de plus de 1 000 œufs, ce qui va à l'encontre du principe de Réduction. À moyen terme, le projet permet de réduire significativement le nombre global d'animaux utilisés. Il y aurait moins de générations intermédiaires car l’utilisation d’un hôte stérile évite d’avoir à élever de nombreux descendants pour identifier ceux qui ont hérité du patrimoine génétique recherché. De plus, ce projet permet de conserver les lignées sous forme de banques de cellules congelées plutôt que maintenues sous forme d’animaux vivants en élevage. Enfin, un suivi régulier de l'efficacité de la technique permettra d'ajuster les effectifs à la baisse dès que possible.
Raffinement
Le raffinement des procédures est au cœur de la conception de ce projet, afin de minimiser toute douleur, souffrance ou détresse animale. Les injections de PGCs sont réalisées à un stade embryonnaire précoce, avant le développement des structures neurologiques impliquées dans la perception de la douleur, ce qui limite l’impact des manipulations. Après l’éclosion, les animaux sont élevés dans des conditions respectant strictement la réglementation en vigueur, avec un environnement adapté à leurs besoins physiologiques et comportementaux (densité contrôlée, enrichissement, accès à l’alimentation et à l’eau ad libitum, suivi sanitaire régulier). Les manipulations nécessaires, telles que les prélèvements sanguins pour génotypage, sont réalisées par du personnel qualifié, en utilisant des techniques standardisées minimisant l’invasivité et la durée de contention. Les animaux au sol auront à leur disposition diverses combinaisons d’enrichissement : perchoir, bloc à piquer, des chaînettes métalliques, des bandelettes de tissus pour stimuler le jeu. Les coqs hébergés en cages individuelles pendant 6 semaines au maximum bénéficient d’un milieu enrichi par un jouet à picorer et de la proximité avec leurs congénères permettant des échanges visuels, olfactifs et auditifs. Une surveillance quotidienne des animaux est assurée afin de détecter précocement tout signe de stress, de douleur ou d’altération de l’état général. Des critères d’arrêt prédéfinis avec un arbre de décision visant à faciliter la gestion quotidienne des animaux (atteinte ou non du point limite) et une grille d'évaluation ont été développés et seront fournis aux zootechniciens chargés du suivi des animaux (cf Annexe). Ils incluent si nécessaire une euthanasie réalisée selon des méthodes réglementaires, afin d’éviter toute souffrance prolongée. L’ensemble du personnel impliqué est formé et sensibilisé aux bonnes pratiques expérimentales et aux principes des 3R.
Choix des espèces
Afin de rétablir un génotype d’intérêt de races de poulet via l’injection de PGCs de poulet, des embryons de gallus gallus domesticus (A28) sont les plus adaptés. L’espèce receveuse choisie est donc le poulet. Les animaux seront utilisés à 15 jours de vie en vue d’un prélèvement sanguin pour sexage (F0 & F1) et génotypage (F1). Les individus dont le sexe ne correspond pas au sexe des PGCs injectés (F0) et ceux qui ne présentent pas la modification génétique recherchée (F1) seront éliminés. Les animaux (F0) seront utilisés à 30 semaines pour la reproduction. La collecte de sperme des mâles aura lieu toutes les 48/72h et les femelles seront inséminées artificiellement.
Evaluation de l’efficacité de solutions nutritionnelles sur la réponse au stress thermique chez le poulet de chair
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Reçus à l'âge d'un jour, 672 poulets de chair sont élevés jusqu'à 35 jours et, à partir du 21e jour, 576 d'entre eux sont exposés à un stress thermique contrôlé, pour tester des produits à base d'épices ajoutés à leur aliment. Les pesées à J0, J10, J21 et J35 imposent une contention manuelle, et les poulets exposés à la chaleur peuvent présenter une respiration accélérée, moins d'activité et une baisse d'alimentation, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. À J34, 288 poulets subissent deux prises de sang et un test d'immobilité tonique, qui consiste à les maintenir sur le dos et que le porteur décrit comme générant "un stress aigu de courte durée". L'objectif affiché porte sur la "robustesse" et les "performances zootechniques" des volailles d'élevage. À l'issue, 144 poulets sont tués par électronarcose pour des mesures de qualité de viande, et les 528 autres partent vers "la filière de production standard", celle des poulets de chair.
Objectifs
L'augmentation des températures environnementales constitue un défi majeur pour les productions animales et le bien-être des volailles. Le stress thermique est reconnu comme un facteur important de dégradation des performances zootechniques ainsi que des fonctions physiologiques et immunitaires. Dans un contexte marqué par la hausse des températures et la fréquence accrue des vagues de chaleur, il est nécessaire de mieux caractériser les réponses des animaux au stress thermique et d'identifier des solutions permettant d'en limiter les conséquences. Ce projet vise à évaluer les effets d'un stress thermique contrôlé sur les réponses zootechniques, physiologiques et comportementales des poulets de chair, ainsi que l'efficacité de plusieurs produits à base d'épices incorporés dans l'alimentation. Ces produits ont déjà montré des effets favorables sur la réponse au stress dans d'autres modèles expérimentaux. Les résultats obtenus pourront contribuer au développement de stratégies nutritionnelles visant à améliorer la robustesse et le bien-être des volailles dans un contexte de hausse des températures environnementales.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à améliorer les connaissances sur les effets du stress thermique chez le poulet de chair, en évaluant ses conséquences sur les performances zootechniques, les réponses physiologiques et le comportement des animaux. Il permettra également d'évaluer l'intérêt de plusieurs produits à base d'épices comme solution nutritionnelle pour limiter les effets du stress thermique. À terme, les résultats pourraient contribuer au développement de stratégies favorisant la robustesse, le bien-être et les performances des volailles dans un contexte d'augmentation des températures environnementales.
Procédures
Les animaux seront soumis à une exposition à un stress thermique contrôlé. Cette exposition est susceptible d'entraîner un inconfort transitoire caractérisé notamment par une augmentation de la fréquence respiratoire, une diminution de l'activité et une baisse de la consommation alimentaire. Des pesées seront réalisées à plusieurs reprises au cours du projet et nécessiteront des manipulations de courte durée. Un sous-groupe d'animaux fera également l'objet d'évaluations physiologiques et comportementales comprenant des prélèvements sanguins réalisés sur animaux vigiles et un test d'immobilité tonique. Ces procédures nécessiteront une contention manuelle temporaire et pourront être à l'origine d'un stress léger à modéré de courte durée ainsi que d'une douleur légère au site de prélèvement. Chaque animal concerné par ces évaluations sera soumis à deux prélèvements sanguins et à un test d'immobilité tonique au cours du projet.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances attendues au cours du projet sont liées à l'application du stress thermique contrôlé ainsi qu'aux procédures de prélèvement et d'évaluation comportementale. Les animaux élevés dans la salle soumise au stress thermique pourront présenter des signes transitoires d'inconfort liés à l'augmentation de la température ambiante, tels qu'une augmentation de la fréquence respiratoire, une diminution de l'activité ou une baisse de la consommation alimentaire. Les pesées réalisées à J0, J10, J21 et J35 nécessiteront une contention manuelle de courte durée susceptible de provoquer un stress léger et temporaire. Les prélèvements sanguins réalisés à J34 pourront entraîner un stress ponctuel lié à la manipulation et à la contention des animaux, ainsi qu'une gêne légère et de courte durée au niveau du site de ponction. Un risque limité d'apparition d'un hématome local peut également être observé. Le test d'immobilité tonique constitue une procédure générant un stress aigu de courte durée associé à la contention et au maintien temporaire de l'animal en position dorsale. Au total, les effets indésirables attendus sont principalement des manifestations transitoires de stress et d'inconfort, d'intensité légère à modérée, associées aux conditions de stress thermique, aux manipulations et aux procédures expérimentales réalisées.
Devenir
Une partie des animaux (2 poulets par module parmi les 4 utilisés dans le cadre des prélèvements de sang et tests d’immobilité tonique soit 144 poulets au total) sera mise à mort par électronarcose à l’issue de l’essai afin de réaliser des analyses scientifiques complémentaires, telles que des mesures de qualité de viande. La mise à mort est réalisée selon des méthodes réglementaires approuvées, par du personnel formé. Les animaux ne faisant pas l’objet de prélèvements nécessitant leur mise à mort sont maintenus en vie à l’issue de l’essai. Ces animaux sont ensuite orientés vers la filière de production standard.
Remplacement
Aucune méthode substitutive ne permet actuellement de reproduire la complexité de la thermorégulation chez les volailles, en intégrant les interactions comportementales et métaboliques intervenant dans ce processus, et les liens avec la nutrition.
Réduction
Le nombre d'animaux inclus dans ce projet a été déterminé de manière à garantir une puissance statistique suffisante pour mettre en évidence les effets des différentes stratégies nutritionnelles sur les paramètres zootechniques, comportementaux et physiologiques étudiés, tout en limitant au strict nécessaire le nombre d'animaux utilisés. La procédure de stress thermique contrôlé concernera 576 poulets. Afin de réduire le nombre d'animaux soumis aux procédures les plus contraignantes, les prélèvements sanguins et le test d'immobilité tonique seront réalisés uniquement sur un sous-échantillon représentatif d'animaux. Ainsi, 192 animaux parmi ceux soumis au stress thermique feront également l'objet de ces évaluations physiologiques et comportementales. Afin de disposer d'un groupe de comparaison non exposé au stress thermique, ces mêmes évaluations seront également réalisées sur 96 animaux supplémentaires. Au total, 672 animaux seront inclus dans une procédure expérimentale au cours du projet. Ce dimensionnement expérimental a été défini de manière à répondre aux objectifs scientifiques du projet tout en respectant le principe de réduction du nombre d'animaux utilisés.
Raffinement
Le bien-être des animaux repose sur une surveillance quotidienne assurée par un personnel qualifié et spécialement formé à l’élevage et à la manipulation des volailles. Les animaux sont élevés en case collective (12 animaux). La durée et la période d’augmentation de la température est adaptée à la thématique d’essai et réduite au maximum (uniquement sur la période de finition). Les manipulations sont réduites, peu invasives et courtes dans le temps. Elles se limitent principalement à des pesées (J10, J21, J35), ainsi qu’à un test d’immobilité tonique et prélèvements de sang uniquement pour certains animaux. L’eau et les aliments sont distribués à volonté. L’air est ventilé, les conditions d’ambiance (température et hygrométrie) sont contrôlées via un boitier de commande. Un sur-grillage plastique est placé au sol des modules afin d’améliorer le confort pour les pattes des volailles. Un papier de démarrage (papier absorbant) est placé au sol les premiers jours après l’arrivée des poussins. Il permet de déposer un peu d’aliment directement à leur portée et d’améliorer le démarrage alimentaire, tout en limitant le contact avec le sol grillagé. Il est retiré après quelques jours.
Choix des espèces
Il s’agit de l’espèce cible. Les poussins sont reçus, âgés d’un jour, comme dans les conditions d’élevage habituelles. Ils sont élevés jusqu’à 35 jours d’âge. Lors des phases de démarrage et de croissance (jusqu’à 21 jours d’âge), les volailles seront élevées avec des conditions d’ambiances (température et hygrométrie) conformes au cahier des charges standard leur assurant un bien-être optimal. Cela permet une meilleure adaptation des animaux à leur environnement, et de limiter les potentielles nuisances sur les animaux en réduisant la durée d’exposition. La modification des consignes de condition d’ambiance n’interviendra que sur la phase de finition (après 21 jours d’âge et jusqu’à 35 jours d’âge) . Les mesures comportementales et physiologiques seront réalisées à J34 juste avant la fin de l’essai et à la fin de la période d’élevation des températures, afin d’évaluer l’impact de cette dernière sur ces paramètres.
Mise en place d’un modèle animal d’entérite nécrotique chez le poulet de chair
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
48 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère. Livrés à un jour et élevés en cages en batterie, ils reçoivent par la bouche une substance non précisée à 14, 19, 20 et 21 jours pour provoquer une entérite nécrotique, avec diarrhée, déshydratation, abattement et plumage ébouriffé attendus, puis une prise de sang de 2 mL avant d'être tués à 23 ou 28 jours. Les retombées annoncées, dont une production "moins dépendante des traitements antimicrobiens", sont renvoyées au "plus long terme". Le projet construit un protocole d'induction de la maladie pour tester ensuite des additifs alimentaires, dans une filière que l'entérite nécrotique expose à d'"importantes pertes économiques".
Objectifs
L’entérite nécrotique est une maladie digestive fréquente chez le poulet de chair qui peut fortement dégrader la santé et le bien-être des animaux, réduire leurs performances de croissance et engendrer d’importantes pertes économiques pour la filière avicole. Dans un contexte de réduction de l’utilisation des antibiotiques en élevage, il est nécessaire de développer de nouvelles approches permettant de prévenir ou de limiter cette maladie. L’objectif de ce projet est de mettre au point un modèle expérimental reproduisant de manière fiable et contrôlée l’entérite nécrotique chez le poulet de chair. Ce modèle permettra d’identifier les paramètres les plus pertinents pour caractériser la maladie et d’évaluer l’efficacité de solutions nutritionnelles destinées à réduire son apparition ou sa sévérité. À terme, ce modèle servira d’outil de recherche pour tester de nouveaux ingrédients ou additifs alimentaires, mieux comprendre leurs mécanismes d’action et sélectionner les candidats les plus prometteurs avant leur évaluation dans des études menées à plus grande échelle en conditions d’élevage.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à développer un modèle expérimental permettant de reproduire de manière contrôlée l’entérite nécrotique chez le poulet de chair. Disposer d’un tel modèle est essentiel pour mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l’apparition et l’évolution de cette maladie, ainsi que les interactions entre les agents infectieux, l’environnement intestinal et les défenses naturelles de l’animal. Ce modèle permettra également d’évaluer dans des conditions maîtrisées de nouvelles stratégies visant à prévenir ou à réduire les effets de l’entérite nécrotique. Dans un contexte où l’usage des antibiotiques est en diminution, il constitue un outil indispensable pour tester des alternatives telles que les compléments alimentaires et solutions nutritionnelles innovantes modulant la microflore. La standardisation des conditions expérimentales favorisera l’obtention de résultats fiables et reproductibles, facilitant ainsi la comparaison des différentes approches évaluées et l’identification des solutions les plus prometteuses. L’étude permettra également d’améliorer les connaissances sur le fonctionnement du microbiote intestinal et son rôle dans la résistance à la maladie. À plus long terme, les connaissances acquises grâce à ce projet contribueront au développement de stratégies de prévention plus efficaces, à l’amélioration de la santé et du bien-être des animaux, ainsi qu’à une production avicole plus durable et moins dépendante des traitements antimicrobiens.
Procédures
Les animaux seront élevés avec un aliment répondant à leur besoin nutritionnel pendant 28 jours. A 14, 19, 20 et 21 jours d'âge, une seule administration par voie orale à l’aide d’une seringue sans aiguille de 1 mL de substance sera réalisée sur chaque animal de la cage. Pour chaque administration, le temps de contrainte pour maintenir chaque animal ne dépassera pas 30 secondes et se fera progressivement en fonction de la déglutition de l'animal. Une partie des animaux (24) sera soumise à un prélèvement sanguin à J23 l’autre à J28. Un volume de sang de 2 mL nécessaire et suffisant à l'analyse des différents paramètres sanguins sera prélevé sur chaque animal. Pour chaque prise de sang, le temps de contention ne dépassera pas 1 min.
Impact sur les animaux
Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels pendant 28 jours. L’induction de l’entérite nécrotique peut entraîner l’apparition de signes cliniques digestifs d’intensité variable. Les nuisances associées au modèle expérimental d’entérite nécrotique chez le poulet de chair sont principalement liées à l’induction contrôlée d’une pathologie digestive pouvant entraîner de l’inconfort, une diminution de l’ingestion alimentaire, un abattement (position en boule), un plumage ébouriffé. Une diarrhée peut également être observée, contribuant à une déshydratation et à une dégradation globale de l’état corporel. Une baisse des performances zootechniques (croissance ralentie, indice de consommation dégradé) est également attendue, reflétant l’impact systémique de la maladie. La manipulation des animaux, incluant leur sortie des cages pour la pesée en groupe, l’administration des agents des substances et le prélèvement sanguin, est susceptible d’induire un inconfort et un stress temporaires. Le prélèvement de sang, effectué une unique fois par animal, peut entraîner une douleur passagère au site de prélèvement.
Devenir
Une partie des animaux seront mis à mort à J23 et l’autre à J28 pour le prélèvement de tissus biologiques.
Remplacement
L’entérite nécrotique est une maladie digestive complexe qui résulte de l’interaction entre une bactérie (Clostridium perfringens), des facteurs favorisant son développement, le microbiote intestinal et les défenses naturelles de l’animal. À l’heure actuelle, il n’existe pas de méthode alternative permettant de reproduire l’ensemble de ces mécanismes de manière fiable sans utiliser d’animaux. Des méthodes de laboratoire (in vitro) seront toutefois utilisées avant les essais sur animaux afin de sélectionner les solutions les plus prometteuses et de limiter le nombre d’animaux nécessaires. Cependant, ces méthodes ne permettent pas d’évaluer les effets de la maladie sur l’organisme dans son ensemble. Le recours à l’animal reste donc indispensable pour atteindre les objectifs du projet, tout en étant limité aux situations où aucune alternative pertinente n’est disponible.
Réduction
Le projet a pour objectif de mettre au point un modèle expérimental d’entérite nécrotique chez le poulet de chair afin de contribuer au développement de nouvelles stratégies de prévention et d’améliorer la santé et le bien-être des animaux confrontés à cette maladie digestive. Le nombre d’animaux a été défini de manière à obtenir des résultats scientifiquement fiables tout en limitant leur utilisation au strict nécessaire. Les effectifs retenus permettent également de garantir des conditions d’élevage adaptées, notamment le maintien des interactions sociales et d’une hiérarchie au sein des groupes, éléments importants pour le bien-être des animaux. Enfin, plusieurs paramètres seront évalués sur chaque animal au cours de l’étude et lors des analyses post-mortem, afin de maximiser les informations recueillies et d’optimiser l’utilisation de chaque animal inclus dans le projet.
Raffinement
La gestion du bien-être des animaux tout au long du projet inclut l’application de points limites spécifiques et précoces. L’inconfort, le stress de la contrainte lors du maintien des animaux dû au gavage, sont réduits par, une manipulation empathique, délicate et compétente des animaux par les applicateurs de la procédure, une administration de la substance par voie orale à l’aide d’une seringue à un volume approprié à la taille de l’animal soit 1 mL et par une surveillance minutieuse quotidienne des animaux à l’aide de la grille d’observation. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour les prises de sang sont réduits par une manipulation délicate des animaux, un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans le procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille tout au long de l’étude et en favorisant l’accès à l’eau et à la nourriture surtout en période de démarrage des animaux (J0-J8). L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. La première semaine d’élevage, l’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, la hauteur des lignes d’eau ainsi que les ouvertures d’accès aux mangeoires, sont ajustées régulièrement en fonction de l’âge des animaux. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (balles avec grelots), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, favorisent les interactions sociales, et correspondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou physique avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
L’espèce retenue correspond à l’espèce cible, à savoir le poulet de chair. Ce choix permet de développer un modèle expérimental directement basé sur l’espèce chez laquelle la pathologie d’intérêt, l’entérite nécrotique, se manifeste en élevage, notamment en conditions de production intensive. Ainsi, les observations et résultats obtenus seront représentatifs et transposables aux conditions réelles de production sans biais lié à une extrapolation inter-espèces et exploitables par la filière avicole. Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour. Ils seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 28 jours.
Production de sérums positifs de référence pour la technique d’agglutination rapide sur lame permettant de détecter des anticorps spécifiques de Salmonella dans le sérum de volailles
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
Une prostration, une déshydratation sévère ou une perte de poids importante peuvent conduire à la mise à mort d'un poulet avant la fin de l'essai. 15 poulets âgés de onze semaines vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués une fois leur réponse en anticorps obtenue. Ils sont infectés par voie orale par Salmonella Gallinarum, agent de la typhose aviaire, puis subissent jusqu'à neuf prises de sang d'environ 1 mL à la veine de l'aile, sans médication contre la douleur prévue. Leur sérum sert à fabriquer un témoin positif pour les contrôles sanitaires obligatoires des élevages, en quantité calculée, selon le porteur, "sur la base des données de production et de vente" pour couvrir cinq ans.
Objectifs
La pullorose et la typhose aviaire sont des maladies infectieuses qui peuvent être dues à certaines Salmonella, il s’agit de maladies septicémiques qui affectent principalement les poulets et qui présentent une obligation de déclaration, de surveillance et de certification. Ce projet consistera en un protocole d’infection expérimentale conduit en animalerie protégée sur poulets afin d’obtenir des sérums positifs contre Salmonella.
Bénéfices attendus
Cette procédure doit permettre la production d’un sérum de référence positif vis-à-vis de Salmonella Gallinarum chez le poulet. Ce sérum (qui sera constitué de l’ensemble des différents sérums individuels obtenus par infection expérimentale sur poulets) permettra de valider (témoin positif) les tests sérologiques pour la technique d'agglutination rapide sur lame réalisés dans les contrôles sanitaires des élevages par les laboratoires.
Procédures
Les animaux seront soumis à une contention d'une durée inférieure à 5 minutes lors de l’inoculation par voie orale de S. Gallinarum, lors des pesées des animaux ou des prises de sang. Les prises de sang, au maximum neuf, consistent en un prélèvement d’environ 1 mL au niveau de la veine alaire. Les prélèvements seront réalisés en alternance sur les deux ailes afin de limiter les sollicitations répétées d’un même site de prélèvement. Ces actes seront réalisés par des personnels expérimentés, toujours les mêmes, pour limiter au maximum le stress et la douleur chez les animaux.
Impact sur les animaux
La pullorose et la typhose aviaire sont des maladies infectieuses dues à Salmonella enterica enterica serovar Gallinarum (biovar Pullorum ou Gallinarum respectivement). Ces maladies septicémiques affectent principalement les poussins, les jeunes dindonneaux et faisandeaux et sont responsables d’une mortalité en coquille ou après l’éclosion. La maladie est moins grave chez les oiseaux plus âgés, c’est pourquoi il a été choisi des animaux agés de 11 semaines dans cette procédure. Bien que la mortalité puisse être élevée, les signes cliniques peuvent etre d'intensité variable, chez les adultes. Les animaux contaminés peuvent présenter une baisse de l'activité, une diminution de la consommation d'aliment et d'eau, un retard de croissance, un plumage ébouriffé, de la diarrhée et une déshydratation. Cet essai provoquera une phase de stress et de douleur légère qui seront générées par l’inoculation de la souche de Salmonella Gallinarum et les prélèvements réalisés chaque semaine sur les animaux (prises de sang). Cette douleur légère et passagère sera directement liée à l'acte de piqure qui est subie par l'animal : aucun protocole de médication particulière n'est prévu. L’inoculation et les prises de sang seront réalisées par des personnels expérimentés dans la réalisation de ces actes pour limiter au maximum leur stress et la douleur.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort lorsqu'ils auront développé une réponse sérologique spécifique de Salmonella Gallinarum à la fin de l’essai.
Remplacement
La production de sérums de référence est nécessaire pour la validation des contrôles sanitaires obligatoires effectués dans les élevages. Cette production de sérum positif Salmonella Gallinarum ne peut être réalisée que sur espèces cibles (poulets) car il n’existe malheureusement pas, à ce jour, de méthodes alternatives de production de sérums expérimentaux spécifiques.
Réduction
L’expérience acquise a permis de limiter le nombre d’animaux utilisés, ainsi que le nombre d’interventions sur ces animaux. La quantité d’animaux à utiliser a été calculée au plus juste pour produire une quantité de sérum positif suffisante pour 5 ans. Nous espérons récolter entre 8 et 10 ml de sérum par animal. Toutefois, les titres en anticorps sont variables d’un animal à l’autre, et dans certains cas les titres peuvent être trop faibles, voire nuls. Ainsi, sur la base des données de production et de vente, une infection expérimentale de 15 poulets permet de récolter environ 100 ml de sérum positif, quantité utilisée par les laboratoires sur une période de 5 ans. L’objectif de l’étude étant la production et la caractérisation d’un sérum positif de référence, celle-ci ne nécessite pas d’analyse statistique.
Raffinement
Le raffinement des conditions d’hébergement visera à assurer des conditions d’hébergement limitant l’inconfort potentiel des animaux. Les 15 poulets inclus dans cette procédure expérimentale seront hébergés à l'âge de 7 semaines dans leur nouvel environnement et bénéficieront d’une période d'habituation de 4 semaines afin de favoriser leur adaptation et de limiter le stress lié au changement d'environnement. La litière sera composée de copeaux de bois (qui sert d’enrichissement du milieu puisque les animaux grattent et picorent cette litière). En plus de la litière, qui sera maintenue sèche et friable (renouvellements d’air important), il sera ajouté des cordes suspendues et des plateformes de perchage en grillage. Un suivi des animaux sera mis en place pendant toute la durée de l’essai, les animaux recevront à volonté, de l’eau et de l’aliment réservé aux poulets de chair spécifiques à leur âge. Les paramètres zootechniques (pesées des animaux au démarrage de l’essai, avant l’inoculation et avant chaque série de prélèvement ; suivi de la consommation d’aliment et d’eau) seront pris en compte tout au long de l’essai. Les paramètres d’ambiance utilisés sont préconisés pour les élevages de poulets de chair. Les installations sont équipées de lumières électriques programmables, d'un chauffage électrique automatisé et d'une ventilation. Les pesées, les prises de sang et l’inoculation individuelle des animaux seront réalisées conjointement par deux personnes habilitées dans le but de réduire la durée de la contention et de l’intervention sur l’animal afin d’en diminuer le stress induit. Les points limites sont définis afin de prévenir toute souffrance importante. Une surveillance régulière des animaux permettra de détecter une aggravation de leur état. Les signes attendus d’intensité légère à modérée et transitoire (baisse d’activité, diminution de la consommation, plumage ébouriffé, diarrhée légère, déshydratation légère) seront surveillés. Une altération importante de l’état général, une prostration, une déshydratation sévère, une incapacité à s’alimenter ou à boire, une perte de poids importante ou tout signe de souffrance sévère constitueront des points limites et entraîneront une prise en charge adaptée, pouvant aller jusqu’à la mise à mort de l’animal.
Choix des espèces
Les poules (Gallus gallus) constituent l'espèce la plus pertinente pour la production de sérums positifs dirigés contre Salmonella Gallinarum, car elles représentent l'hôte naturel et la principale espèce cible de ce pathogène. Les animaux mis en place auront 7 semaines d’age, et la procédure commencera lorsqu’ils seront agés de 11 semaines, afin de permettre une réponse immunitaire des animaux suffisament importante, mais également de réduire les risques de symptomes et d’effets indésirables de la maladie chez ces animaux.
Effet de différents microbiotes sur la physiopathologie de l’infection par Eimeria tenella chez le poulet.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
- Système immunitaire
Un microbiote administré par la bouche au premier jour de vie, puis le parasite Eimeria tenella vers deux semaines d'âge : 128 poussins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à J14 ou J21 pour prélever leurs cæcums. Le projet compare trois microbiotes face à la coccidiose, et le bénéfice attendu pour les poussins supplémentés se mesure en "meilleures performances zootechniques", pour une filière qui chiffre ses pertes à plus de 1,5 milliard d'euros par an. Le résumé mentionne aussi une pose de puces sous anesthésie, sans dire où ni pourquoi. Le porteur justifie le choix du poulet par le parasite, qui n'infecte que cette espèce.
Objectifs
Les coccidioses représentent le premier fléau parasitaire de l’aviculture conduisant à d'importantes pertes économiques (>1,5 milliards d’euros/an dans le monde). Ces maladies sont provoquées par des parasites, Eimeria. La prophylaxie repose sur l’utilisation d’anticoccidiens et sur la vaccination. Le coût élevé des vaccins, l’apparition de résistances aux anticoccidiens et la demande des consommateurs pour limiter l’utilisation des anticoccidiens et des antibiotiques nécessitent le développement de nouveaux moyens de lutte plus naturels. Dans cet objectif, notre ambition est d'utiliser la modulation du microbiote pour atténuer la sévérité de la pathologie liée à l'infection par Eimeria. Comme nous l’avons décrit précédemment, nos résultats mettent en évidence un rôle du microbiote et/ou ses métabolites sur la physiopathologie de l’infection par E. tenella incluant le développement du parasite E. tenella et sur la réponse inflammatoire associée à l’infection. La nature des bactéries et/ou leur métabolites impliqués dans cet effet restent encore à déterminer.Dans ce projet, nous comparerons différents microbiotes (témoin, adulte, commercial) sur la physiopathologie de l’infection par E. tenella. Nous évaluerons l'effet de ces différentes compositions microbiennes caecales sur le développement des parasites, la formation de lésions et la réponse inflammatoire. La composition du microbiote et du métabolome seront déterminés avant l’infection expérimentale. Ensuite, les corrélations entre la composition du microbiote, ses fonctions et des paramètres d'infection seront déterminées pour détecter quel(s) microorganisme(s) sont impliqués dans le cas de pathologies plus ou moins sévères. Ce projet fournira des indications pour le développement d'un microbiote limitant les conséquences négatives de l'infection.
Bénéfices attendus
Dans le cadre de ce projet, le bénéfice attendu est que les animaux supplémentés résistent mieux à l’infection (effet anticoccidien) et présentent par conséquent de meilleures performances zootechniques, moins de lésions, moins d’inflammation, moins développement parasitaire. Si l’administration d’un microbiote ne présente pas d’effet, les animaux présenteront des charges parasitaires et des paramètres lésionnels similaires à ceux du groupe témoin.
Procédures
Les animaux seront soumis à deux administrations orales : une de microbiote et une du parasite Eimeria. De plus, la contention peut engendrer du stress pour les animaux. Chaque intervention dure environ 30 secondes à 1 minute.
Impact sur les animaux
Les animaux seront soumis à une administration orale du parasite Eimeria à des doses qui ne causent pas de morbidité importante et qui n’induisent pas des signes cliniques proches du point limite. Une perte de poids pourra être observée chez les animaux infectés non supplémentés sans atteindre le point limite, ni des signes cliniques sévères. De plus, la contention peut engendrer du stress pour les animaux.
Devenir
A J14 et J21, l'euthanasie des animaux est prévue pour des prélèvements des caeca et mesures de différents paramètres (parasitaire, inflammatoire, microbiote, métabolites).
Remplacement
L’agent pathogène Eimeria tenella responsable de la coccidiose a un spectre d’hôte restreint : il infecte exclusivement le poulet Gallus gallus. L’étude de l’influence du microbiote sur la physiopathologie de l’infection par E. tenella nécessitent des expérimentations in vivo pour lesquelles des analyses des paramètres zootechniques, parasitaires, inflammatoires, biochimiques, et du microbiote intestinal seront réalisées.
Réduction
Le nombre de 128 animaux a été optimisé pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement valides. Les effectifs sont basés sur les études de la littérature portant sur les analyses de microbiote lors de supplémentations pour avoir une différence significative.
Raffinement
Aucune étude in vitro n’a été réalisée en amont de ce projet, la pathologie étudiée et le cycle parasitaire ne pouvant être reproduits de manière pertinente qu’in vivo. Les poulets seront hébergés dans des conditions environnementales contrôlées et disposeront d’un enrichissement social et comportemental (dans des petites salles séparées au sol : petites rondelles en inox suspendues ou du bolduc suspendues ce qui permet aux animaux de piquer dedans, des perchoirs qui apporte un enrichissement qui fait partie du comportement naturel et de la litière favorisant le grattage (litière de miscanthus pour éviter les poussières). Ils seront hébergés en groupe de 32 poussins, au sol, dont la température est régulée (ajout le lampe chauffante) avec aliment et eau ad libitum ainsi qu’un éclairage 12h/24h. Pour la pose de puces, l'anesthésie gazeuse flash dure quelques minutes et récupération très rapide des animaux, qui sont remis en lot dans la foulée. Pas de gène visible, ni de modification d’interactions entre les poussins. Limitation des nuisances sur le bien-être animal : Évaluation de l’état de santé des animaux deux fois par jour par le personnel de la plateforme expérimentale. Si atteinte du point limite : euthanasie des animaux.
Choix des espèces
Les poussins à statut sanitaire protégé et contrôlé seront utilisés et seront l’espèce hôte chez laquelle se multiplient les parasites Eimeria. L'éclosion constituant une fenêtre unique pour l'implantation de bactéries et l'amélioration précoce des fonctions intestinales, l'implantation de bactéries pour améliorer précocement les fonctionnalités de l'intestin sera réalisée juste après l’éclosion (1er jour d’âge). Une coccidiose expérimentale sera ensuite induite à environ 2 semaines d’âge afin de reproduire expérimentalement la fenêtre d’infection de la coccidiose aviaire.
Evaluation de l’efficacité alimentaire de matières premières, d’aliments et d’additifs destinés à l’alimentation des animaux d’élevage par la mesure des performances zootechniques chez les volailles.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Matières premières, aliments et additifs destinés aux élevages de volailles sont ici jugés sur le poids, la consommation alimentaire et l'indice de consommation des oiseaux. 57 600 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Élevés au sol pendant 21 à 42 jours, ils sont pesés jusqu'à trois fois, 5 % d'entre eux subissent des prises de sang éveillés, et certains régimes peuvent provoquer un inconfort digestif ou un ralentissement de croissance. Le porteur justifie leur mise à mort par des prélèvements post mortem qui ne permettent pas de les "revaloriser".
Objectifs
L'objectif de ce projet consiste à évaluer précisément l'impact de stratégies et solutions nutritionnelles sur la performance zootechnique, la santé digestive et le bien-être des volailles. Ces mesures traduisent la capacité globale de l'animal à valoriser son alimentation et donc à satisfaire ses besoins physiologiques et comportementaux et elles se caractérisent prioritairement par le poids corporel, la consommation alimentaire et l'efficacité alimentaire (indice de consommation), l'homogénéité des lots et la viabilité des animaux. Au dela des marqueurs primaires de performances, l'objectif vise à explorer et comprendre les mécanismes biologiques associés aux effets observés et notamment au niveau métabolique et physiologique et d'ainsi comprendre et favoriser les phénomènes de résilience face aux contraintes physiologiques rencontrées en élevages commerciaux par les animaux et dans différents contextes d'élevage. Le projet s'appuie sur le modèle poulet de chair en croissance, afin de pouvoire maîtriser la conduite d'élevage, de réduire les sources de variabilité et d'ainsi pouvoir comparer l'effet de différents régimes alimentaires (variant dans leur composition, équilibre nutritionnel, matières premières, additifs, stratégies nutritionnelles alternatives) sur la croissance des animaux tout en mesurant les indicateurs de résilience, de santé et de bien-être animal.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux comprendre l'effet et l'impact de stratégies nutritionnelles sur la croissance, l'ingestion, l'efficacité alimentaire des volailles. Ces acquisitions constituent les leviers essentiels d'optimisation des stratégies de formulation et d'utilisation des aliments pour volailles sur la base de résultats zootechniques mesurés in vivo et participent ainsi à la réduction de l'impact environnemental des élevages avicoles. Ces connaissances permettront donc d'éviter les situations de déséquilibres nutritionnels aussi susceptibles d'affecter le confort, la croissance, la santé, et le bien-être animal. De plus, les données produites permettront de raffiner les conditions optimales d'utilisation de solutions additives (doses, substrats, conditions d'application, phase d'âge ...) et seront ainsi directement utiles à l'amélioration des systèmes d'élevage. Enfin, les attendus visent à mieux comprendre les liens entre nutrition, digestion et résilience aux facteurs de stress en élevage et en parallèle d'identifier des biomarqueurs (sanguins, digestifs, ...) pour développer des outils de suivi ou de diagnostic précoces et non invasifs et d'ainsi établir de nouvelles pistes de solutions nutritionnelles.
Procédures
Les animaux sont hébergés, en groupes, au sol sur litière de copeaux de bois, dans un bâtiment expérimental dont les conditions d'ambiance (régulation) ont été préalablement définies et adaptées à l'espèce, stade physiologique et nombre d'animaux. Les animaux reçoivent les aliments qui leur sont destinés et formulés selon les spécifications des différentes phases d'âge (démarrage, croissance, finition). Les essais se déroulent sur une période de 21 ou 28 jours sauf, si l'objectif scientifique implique que l'effet ne puisse pas être mesuré précocement, auquel cas la durée se prolonge jusqu'à 35 ou 42 jours au maximum. Les animaux sont donc soumis au maximum à 3 pesées d'une heure considérant l'ensemble des animaux (en fin de chaque phase d'âge) et par exception, 5% d'entre eux sont soumis à des prises de sang à la même fréquence que les pesées.
Impact sur les animaux
Dans le cadre de ce projet, les animaux peuvent être soumis à un stress léger et peu fréquent lié aux manipulations des animaux lors des phases de pesées. Certains des régimes expérimentaux peuvent engendrer de l'inconfort digestif, un déséquilibre métabolique ou un ralentissement de croissance. Enfin, dans les quelques cas où des prélèvements sanguins sur animaux vigiles seraient pratiqués, il est possible que les animaux concernés ressentent une douleur légère et brève.
Devenir
Les animaux en fin de projet sont euthanasiés, les prélèvements post mortem ne permettant pas de les revaloriser.
Remplacement
Des approches alternatives nous permettent, en phase amont, d'étudier certains mécanismes isolés (physiologiques, immunitaires, voies métaboliques, voies de régulation, ...) que l’on pense être impliqués dans le développement de l’animal (performance de croissance, santé). Cependant, elles ne permettent pas de reproduire les réponses zootechniques intégrées mesurées dans le cadre de ce projet, et qui résultent de l'interaction complexe entre digestion, métabolisme, comportement alimentaire, régulations physiologiques. Ces mesures sont ainsi indispensables pour apprécier l'efficacité réelle des stratégies nutritionnelles. En conséquence, seules les études de mesure de performance conduites sur l'animal dans son environnement d'élevage permettent d'apprécier l'efficacité réelle des stratégies nutritionnelles testées et de valider nos hypothèses. En parallèle, les données générées contribuent systématiquement à développer des modélisations de la réponse animale, avec pour objectif de limiter progressivement le recours à l'animal.
Réduction
La variabilité intrinsèque de ce type de mesure de performance d’élevage conduit à utiliser un nombre minimum d’animaux par traitement pour obtenir un coefficient de variation (CV) pour chaque détermination qui soit au plus égal aux références de l’EU (Etablissement Utilisateur) en ce domaine. Le nombre d'animaux est donc systématiquement déterminé par un calcul de puissance basé sur les données antérieures et spécifiques de l'EU. Avec l’évolution des connaissances en nutrition des animaux de rente et techniques d’élevage, les améliorations possibles sont de plus en plus « fines » (moins de 1%) et difficiles à mettre en évidence mais essentielles. L’enjeu est de reproduire en élevages commerciaux ce qui a été testé expérimentalement sur un « faible nombre » d’animaux.
Raffinement
Les animaux sont logés en groupe et dans des conditions bien maîtrisées en termes de surface, d’ambiance d'élevage, de programme lumineux et de contrôle du statut sanitaire. Les rampes d'eau sont vidangées 2 fois par jour pour assurer un accès régulier à de l'eau bien fraiche. Des dispositifs d’enrichissement des parquets sont utilisés : litières de très bonne qualité dans laquelle les volailles peuvent gratter, les mangeoires (alimentation ad libitum) et abreuvoirs sont mobiles assurant une stimulation des animaux. Des balances, de pesées animales en temps réel, posées au sol, servent ponctuellement de surface pour se percher ou se reposer. Les soigneurs animaliers passent systématiquement 2 à 3 fois par jour, week-end et jours fériés compris et interagissent avec les animaux (alimentation, surveillance, nettoyage). Les animaux sont manipulés par le personnel formé et habilité de l'EU afin de limiter le stress (phases de pesées et de prélèvements sanguins). La durée très courte de la contention et du prélèvement rend l'anesthésie non appropriée au regard de la procédure mise en place et de sa fréquence très faible. Des points limites précoces et spécifiques au projet seront utilisés pour la surveillance pluriquotidienne des animaux.
Choix des espèces
Le choix de l'espèce est calqué sur l'espèce élevée dans les élevages d'animaux de rente. Ils ont donc issus de souches génétiquement identiques à celles des animaux en élevages commerciaux. Les résultats issus du projet seront ainsi directement applicables et utiles à l'amélioration des systèmes d'élevages. Par ailleurs, le modèle, l'espèce et la génétique ici choisis sont les références les plus largement décrites en litérature scientifique, ce qui permet de s’appuyer sur des méthodes expérimentales validées, de comparer les résultats obtenus aux données disponibles et publiées et de raffiner l'intérêt scientifique de nos expérimentations. Les périodes d'élevage sont identiques aux conditions d'élevage commerciaux. L'évaluation de l'efficacité alimentaire de solutions nutritionnelles nécessite une étude à plusieurs stades physiologiques représentatifs des âges clefs du développement de l'animal.
Mesure de digestibilité de matières premières, d’aliments et de l’effet d’additifs chez le poulets en croissance.
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
6 000 poulets de chair vont être utilisés, chacun pesé puis transféré à treize jours en cage individuelle ou collective, et privé de nourriture jusqu'à dix-huit heures d'affilée autour des trois jours de collecte des excréta. Ils sont tués entre vingt et vingt-quatre jours, dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, et le porteur écrit qu'ils le sont, "les prélèvements post mortem ne permettant pas de les revaloriser". L'hébergement en cage, individuel pour une partie d'entre eux, limite les interactions sociales, et la mise à jeun est décrite comme un stress métabolique modéré. La finalité est industrielle : mesurer la valeur nutritionnelle de matières premières et l'effet d'additifs sur la formulation des aliments, sur des souches identiques à celles des élevages commerciaux.
Objectifs
L'objectif principal du projet est d'évaluer la digestibilité de différentes matières premières et aliments destinés aux volailles de chair afin d'améliorer la connaissance de leur valeur nutritionnelle réelle et leur utilisation dans les formulations alimentaires. Le projet vise également à étudier l'effet de diverses solutions additives (enzymes, émulsifiants, probiotiques, acides organiques ou autres additifs nutritionnels) sur l'utilisation digestive des nutriments par les animaux. Les travaux permettront de quantifier l'impact de ces stratégies nutritionnelles sur la digestibilité de l'énergie, des protéines, des acides aminés, des lipides et d'autres constituants alimentaires d'intérêt. Les résultats obtenus contribueront à optimiser les performances zootechniques des volailles, à améliorer l'efficacité alimentaire et à réduire les rejets de nutriments dans l'environnement, participant ainsi au développement de systèmes de production plus durables et plus respectueux des ressources. Les évaluations seront réalisées à partir de mesures de digestibilité fécale et iléale, deux méthodes complémentaires permettant d'estimer précisément l'absorption des nutriments et de mieux comprendre leur utilisation par l'animal.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à produire des données fiables de la valeur nutritionnelle des matières premières et leurs interactions avec les additifs alimentaires afin d'améliorer la formulation des aliments pour volailles. Cette optimisation permet d'adapter plus précisément les apports nutritionnels aux besoins des animaux, d'améliorer l'efficacité alimentaire et de réduire les rejets dans l'environnement. Les données obtenues contribueront également au développement de méthodes alternatives et de modèles prédictifs de la digestibilité, offrant des outils de diagnostic directement utilisables en élevage. Enfin, le projet cherche à mieux comprendre les interactions entre l'alimentation, les fonctions digestives et le microbiote intestinal, afin d'identifier des stratégies de supplémentation innovantes favorisant une meilleure valorisation des ressources alimentaires, ainsi que la santé digestive et le bien-être des volailles.
Procédures
Jusqu'à l'âge de 13 jours, les animaux sont hébergés collectivement dans de grands parquets au sol. À l'âge de 13 jours, les animaux sont soumis à une mise à jeun de courte durée (2 à 4 heures), puis pesés individuellement afin d'être répartis en lots homogènes selon leur poids. Ils sont ensuite transférés dans des cages individuelles ou collectives, où ils sont hébergés pour phase d'adaptation aux logements et aux régimes alimentaires témoins et expérimentaux pendant 1 semaine. Cette phase est suivie d'une période de collecte des excréta de 3 jours (jours 21 à 23), encadrée d'une mise à jeun de 16 à 18 heures maximum. Les animaux sont pesés à nouveau à l'issue de cette période. Pendant toute la durée de l'étude, les consommations alimentaires ainsi que les principaux paramètres zootechniques (poids, gain de poids et indice de consommation) sont enregistrés. Les interventions sont limitées aux manipulations nécessaires au suivi expérimental et à la collecte des échantillons destinés aux analyses de digestibilité.
Impact sur les animaux
La mise à jeun nécessaire à la collecte des excreta induit un stress métabolique modéré, indispensable à la standardisation des conditions de mesure de la digestibilité. L'hébergement en cage, notamment individuel, limite temporairement les interactions sociales et certaines expressions comportementales. Enfin, les manipulations liées aux pesées et aux changements de logement peuvent entraîner un stress transitoire.
Devenir
Les animaux en fin de projet sont mis à mort, les prélèvements post mortem ne permettant pas de les revaloriser.
Remplacement
À ce jour, les méthodes alternatives disponibles, telles que les approches in vitro ou les modèles de simulation, sont qualifiées pour faire du screening et permettent de mettre en oeuvre des phases de pré-tests de l'efficacité de solutions de supplémentation mais elles ne permettent pas de reproduire fidèlement l'ensemble des interactions biologiques ni de prédire avec un niveau de fiabilité suffisant les réponses observées in vivo. L'utilisation d'animaux dans le cadre de ce projet est nécessaire car la mesure de la digestibilité des matières premières et l'évaluation de l'efficacité des additifs alimentaires reposent sur l'étude de phénomènes physiologiques complexes impliquant l'ensemble du tractus digestif, les sécrétions endogènes, le microbiote intestinal, et les mécanismes d'absorption notamment.
Réduction
Le nombre d'animaux est déterminé de manière à obtenir des résultats statistiquement fiables tout en respectant le principe de réduction. Il est calculé en tenant compte de la variabilité biologique des animaux et de la variabilité des analyses réalisées. Les effectifs sont définis à partir de données historiques afin de maintenir une faible variabilité expérimentale. Un effectif de 12 animaux par matière première ou traitement évalué a été identifié comme le minimum nécessaire pour détecter des différences significatives entre les groupes expérimentaux et les témoins, tout en permettant d'exclure d'éventuelles valeurs aberrantes sans compromettre la validité des résultats.
Raffinement
Les mesures sont réalisées chez des animaux âgés de 20 à 24 jours afin de répondre aux objectifs scientifiques tout en limitant leur maintien en élevage et les contraintes associées. Une période d'acclimatation d'une semaine est prévue après le transfert en cage afin de limiter le stress lié au changement de logement et d'alimentation. Les cages offrent un espace permettant l'expression des comportements naturels et des interactions sociales, et sont enrichies avec des objets et jouets stimulant les interactions animales et des tapis de fond de cages. Lors des phases de mise à jeun, l'intensité lumineuse est progressivement diminuée afin de réduire l'activité locomotrice et d'apaiser les animaux. Cette mesure permet de limiter les interactions entre congénères et les comportements liés à la recherche de nourriture, contribuant ainsi à améliorer le bien-être des poulets pendant cette période. Les animaux font l'objet d'une surveillance individuelle plusieurs fois par jour afin de détecter précocement tout signe d'inconfort ou de stress et de mettre en œuvre les mesures appropriées si nécessaire.
Choix des espèces
Le choix de l'espèce est représentatif de l'espèce élevée dans les élevages d'animaux de rente. Ils sont donc issus de souches génétiquement identiques à celles des animaux en élevages commerciaux. Les bénéfices attendus tels que décrits dans ce projet seront ainsi directement applicables et utiles à l'amélioration des systèmes d'élevages. Au cours des premières semaines de développement du poussin, le tractus gastro-intestinal, les sécrétions enzymatiques digestives et le microbiote intestinal sont encore en phase de maturation. C'est à partir d'environ trois semaines d'âge que les principales fonctions digestives sont suffisamment stabilisées pour limiter cette variabilité et à la fois l'âge pivot d'intérêt zootechnique durant lequel l'efficacité d'utilisation des matières premières et des additifs nutritionnels constituent un enjeu majeur. Ainsi, le stade physiologique choisi pour la réalisation des mesures de digestibilité correspond à des poulets de chair âgés de 20 à 24 jours.
Etude pilote pour optimiser l’examen en imagerie multimodale et le phénotypage du processus de gavage chez le canard mulard
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Autres oiseaux : 10
Mettre au point trois techniques d'imagerie médicale sur des oiseaux vivants pour prédire la qualité marchande du foie gras : 20 oiseaux, 10 poules de réforme et 10 canards mulards, vont être utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Chaque individu subit trente minutes de contention vigile pour une échographie, une prise de sang au sinus occipital, une anesthésie par injection intramusculaire, une intubation, puis deux heures trente à deux heures quarante-cinq d'examens d'imagerie. La mise à mort intervient en fin d'anesthésie, le porteur indiquant que les produits de contraste et les anesthésiques rendent les oiseaux "impropres à l'élevage et à la consommation ultérieure". Les marqueurs recherchés sont le taux de fonte lipidique, le poids du foie entre 450 et 550 grammes et l'absence des veinules que "le consommateur" juge dépréciantes, et le porteur annonce que ces résultats alimenteront les débats sur le "bien-être animal".
Objectifs
La production de foie gras fait l’objet de débats sociétaux et scientifiques grandissants. Elle reste néanmoins une activité économique importante en France (80% de la production mondiale). Cette production repose sur une phase d’engraissement par gavage de courte durée (entre 12 et 14 jours) et la qualité du foie gras obtenu à la suite de ce processus de gavage repose classiquement sur trois critères principaux : (i) le taux de fonte lipidique qui doit être < 30%, idéalement
Bénéfices attendus
Le projet apportera de nouvelles connaissances sur : - les mécanismes d'installation et de réversibilité de la modification physiologique du foie induite par le gavage chez le canard Mulard - l’identification de biomarqueurs d'imagerie susceptibles de prédire la qualité technologique des foies, notamment leur poids, leur qualité vasculaire et leur taux de fonte lipidique - la comparaison des performances de l'IRM, du scanner avec celles de l'échographie, une technique beaucoup plus accessible et potentiellement utilisable en élevage - les conséquences physiologiques du gavage et la capacité du foie à retrouver un état proche de son état initial après l'arrêt de l'engraissement. Dans un contexte où la production de foie gras fait l'objet de nombreux débats sociétaux relatifs au bien-être animal, ces résultats permettront d'alimenter les discussions avec des données expérimentales objectives et quantitatives, fondées sur des méthodes d'imagerie non invasives. Cette étude pilote permettra d'optimiser les protocoles expérimentaux avant la mise en œuvre d'une étude de plus grande ampleur. Elle servira à ajuster les paramètres d'imagerie, à valider les séquences IRM les plus pertinentes, à optimiser les modalités d'observation et les interventions sur les animaux, ainsi qu'à évaluer la faisabilité du suivi longitudinal. Cette étape préparatoire contribuera à améliorer la qualité scientifique des futures expérimentations tout en limitant le nombre d'animaux nécessaires, conformément au principe des 3R.
Procédures
Chaque animal subira : une contention vigile pour un examend'échographie (30 minutes), puis une prise de sang (1 minute, voire 2 si un deuxième essai est réalisé), puis une injection pour induire l'anesthésie (30 secondes). Sous anesthésie, il sera intubé (30 secondes), une voie veineuse sera posée (5 minutes), puis 2 examens d'imagerie seront effectués (2h30 à 2h45).
Impact sur les animaux
Le transport entre les deux sites peut entrainer du stress léger. La contention lors des prises de sang, des injections et de l’examen d’échographie peut engendrer du stress pour l’animal. Les prises de sang et la pose d’une voie veineuse peut provoquer une légère douleur au niveau du site de prélèvement et un éventuel hématome. L’induction de l’anesthésie par injection intra-musculaire peut être légèrement douloureuse.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés en fin d'anesthésie d’imagerie car l’injection des produits de contraste et des anesthésiques rend les animaux impropres à l’élevage et à la consommation ultérieure. Ce seront des animaux de réforme, sans retour prévu à l’élevage.
Remplacement
Afin de déterminer les paramètres optimums pour l’imagerie (IRM + scanner + échographe 3D), et de maîtriser les gestes techniques inclus dans le projet principal, cette étude pilote doit être réalisée in vivo d’abord chez la poule, puis chez le canard. Il n’y a pas de méthode de remplacement. Nous avons choisi des poules de réforme pour ne pas utiliser des animaux qui auraient pu avoir un autre sort. Des autopsies sur poules et canards réalisées au préalable nous permettront de mieux connaître les structures anatomiques d'intérêt.
Réduction
20 animaux au maximum seront utilisés (10 poules et 10 canards) dans cette expérimentation pilote. Cela est suffisant pour le paramétrage des 3 outils d’imagerie, et l'entrainement aux gestes sur les animaux. Si les objectfis sont atteints avec un nombre inférieur d’animaux, les animaux surnuméraires ne seront pas utilisés. L'intérêt de l'imagerie est de pouvoir sérier les examens et donc de pouvoir utiliser les animaux comme leur propre témoin. De plus cette étude permettrait de mettre à jour des données anciennes. L'utilisation de cadavres au préalable permettra de limiter le nombre d’animaux vivants utilisés. Les poules seront des animaux de réforme.
Raffinement
Tous les gestes et examens seront d’abord testés sur cadavres, d’abord de poule (plus faciles à se procurer), puis de canard (si possible). Ensuite seulement nous utiliserons des animaux vivants. Les animaux seront amenés sur la plateforme et laissés au calme quelques heures, dans une pièce chauffée si besoin. Ils seront ensuite manipulés avec douceur lors de la séquence d'examen vigile (échographie 3D, prise de sang, induction de l’anesthésie). Raffinement des prises de sang : elles seront réalisées au sinus occipital toujours en binôme, avec une contention calme et précise. Pour le sinus occipital, une garde sur l’aiguille limitera les risques de pénétration excessive et de lésions cérébrales. Un point de compression de 30 à 60 secondes sera appliqué pour prévenir les hématomes. L’anesthésie sera induite par injection intra-musculaire, et le relai gazeux sera fait après intubation oro-trachéale. L'anesthésie sera complétée par une administration d'analgésique. Du gel anesthésiant sera appliqué sur la sonde avant l’intubation. L'euthanasie suivra les examens d’imagerie (les animaux sont destinés à la réforme).
Choix des espèces
Le projet cible porte sur le canard mulard. Néanmoins, cette espèce n’est pas élevée au sein de la structure concernée. Les mises au point seront donc réalisées sur poules, une espèce proche. La structure peut nous fournir facilement des animaux morts et des animaux de réforme. Une fois les gestes maîtrisés chez la poule, nous utiliserons quelques canards issus de l’élevage partenaire, prévus à cet effet, pour valider dans l’espèce cible du projet. Les poules seront des adultes de réforme, pour se rapprocher au maximum du format des canards utilisés dans le projet, et pour rentabiliser au maximum leur utilisation. Les canards seront des individus prêts à gaver (soit 14 semaines d'âge), car ce sont les cibles du projet.
Évaluation de l’efficacité d’additifs alimentaires chez le poulet de chair par mesure de la digestibilité des nutriments
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
1 986 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, chacun sorti de sa cage pour une pesée en groupe au premier puis au vingt et unième jour. Une partie reçoit un aliment appauvri en phosphore, ce qui altère la minéralisation de leurs os et provoque des boiteries et des difficultés à se déplacer, une autre une ration réduite en énergie qu'ils compensent en mangeant davantage. Tous sont mis à mort pour le prélèvement des contenus intestinaux et des os. Le porteur affirme que le projet vise à améliorer leur "bien-être" et leur santé, alors que les produits comparés sont des additifs destinés aux rations distribuées aux volailles d'élevage, dont il attend des gains d'efficacité alimentaire, une litière plus sèche et une baisse des rejets de phosphore et d'azote.
Objectifs
L’alimentation des poulets de chair repose principalement sur des matières premières d’origine végétale telles que le maïs, le blé et les coproduits comme le tourteau de soja. Ces ingrédients contiennent toutefois des composés partiellement indigestibles, appelés facteurs antinutritionnels, notamment les phytates (phosphore végétal) et certains constituants des fibres. Ces composés limitent l’utilisation des nutriments par les animaux, en réduisant leur digestion et leur absorption. Les volailles possèdent naturellement une capacité limitée à dégrader ces substances. En conséquence, une partie des nutriments apportés par l’alimentation est mal valorisée, ce qui impacte l’efficacité alimentaire et limite l’utilisation de matières premières alternatives, souvent plus riches en fibres. L’ajout de solutions nutritionnelles spécifiques dans l’aliment constitue une réponse efficace pour améliorer cette situation. Ces composés biologiques permettent de dégrader les fractions indigestibles et d’augmenter la disponibilité des nutriments essentiels comme le phosphore, les protéines et l’énergie. Ils contribuent également à améliorer la digestion, la santé du système digestif et la qualité des déjections, tout en réduisant les rejets dans l’environnement. Cependant, leur efficacité peut varier selon plusieurs facteurs, tels que leur nature, leur origine ou les conditions d’utilisation. Toutes ces solutions nutritionnelles ne présentent donc pas le même niveau de performance. Dans ce contexte, le projet vise à évaluer différentes solutions chez le poulet de chair afin de comparer leur efficacité sur la digestibilité des nutriments. L’objectif est d’identifier les options les plus performantes, comparables aux références existantes, afin de contribuer au développement de stratégies nutritionnelles plus efficaces, économiques et respectueuses de l’environnement.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à étudier l’intérêt d’ajouter certaines solutions nutritionnelles dans l’alimentation des poulets de chair. L’objectif est d’améliorer leur bien-être, leur santé et de réduire l’impact de l’élevage sur l’environnement. Certaines parties des aliments, notamment les fibres ou d’autres composants végétaux, sont difficiles à digérer pour les poulets. Cela limite l’utilisation des nutriments présents dans leur nourriture. En ajoutant ces solutions, on aide les animaux à mieux digérer leur alimentation et donc à mieux utiliser les protéines, l’énergie et les minéraux. Cela peut avoir plusieurs effets positifs dont une meilleure digestion et moins de troubles digestifs (comme les diarrhées), des animaux en meilleure forme et plus homogènes, des déjections moins humides, ce qui améliore la qualité de la litière et limite certains problèmes de peau. Ces améliorations permettent aussi de réduire les rejets dans l’environnement, notamment le phosphore et l’azote, qui peuvent polluer les sols et l’eau. Elles contribuent également à améliorer la qualité de l’air dans les bâtiments d’élevage. Enfin, ces solutions permettent de mieux utiliser les matières premières végétales, y compris certains coproduits, ce qui peut réduire les coûts et préserver les ressources naturelles. Dans l’ensemble, ce projet vise donc à trouver des solutions pour produire de manière plus efficace, plus respectueuse des animaux et plus durable pour l’environnement.
Procédures
La manipulation des animaux, incluant leur sortie des cages pour la pesée en groupe, est susceptible d’induire un inconfort et un stress aigu de courte durée (inférieur à 1 minute à J0 et J21).
Impact sur les animaux
Modification transitoire de la consistance des fèces en raison d’une modification de la ration alimentaire. Augmentation de la consommation alimentaire pour compenser une réduction modérée de l’apport en énergie dans l’aliment. Altération modérée de la minéralisation osseuse et apparition de boiterie et de difficultés à se déplacer pour les animaux nourris avec un aliment réduit en phosphore.
Devenir
Tous les animaux entrant dans la procédures seront mis à mort pour le prélèvement des contenus intestinaux et des os.
Remplacement
Pour réduire le recours à l’expérimentation animale, la totalité des produits collectées ont fait l’objet d’une première évaluation in vitro visant à retenir uniquement les produits répondant à des critères stricts de qualité, notamment un haut niveau de pureté, une thermo stabilité compatible avec les procédés industriels et une efficacité démontrée in vitro. Ces critères de sélection utilisés en première intention doivent cependant être confirmés par la réalisation d’expérimentations in vivo, indispensables pour évaluer de manière intégrée les phénomènes de digestion, d’absorption et de métabolisme des nutriments. Ces mécanismes complexes ne peuvent pas être entièrement reproduits par des méthodes alternatives in vitro. Les études de digestibilité permettent ainsi d’obtenir des données mécanistiques essentielles reliant l’action des produits aux performances nutritionnelles et aux impacts environnementaux. Aussi, la sélection des produits implique de connaitre leur mode d’action chez l’animal auquel il est destiné, impliquant l'utilisation d'animaux vivants.
Réduction
Sur la base de travaux antérieurs et de références bibliographiques, des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux, d’avoir suffisamment de quantité d’échantillons pour réaliser les analyses et d’obtenir des données scientifiquement robustes.
Raffinement
La gestion du bien-être des animaux tout au long du projet inclut l’application de points limites spécifiques et précoces. L’inconfort et le stress dus à la sortie des cages pour la pesée en groupe des animaux sont réduits en réalisant les opérations de capture le plus silencieusement possible, par une manipulation délicate des animaux saisis au niveau du tarse juste au-dessus des doigts pour être transférés dans des contenants suffisamment grands pour éviter l’empilement et donc l’étouffement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place au démarrage de l’étude de papier filtre à l’intérieur de la cage, pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, la hauteur des lignes d’eau ainsi que les ouvertures d’accès aux mangeoires, sont ajustées régulièrement en fonction de l’âge des animaux. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (balles avec grelots), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, favorisent les interactions sociales, et correspondent à la législation en vigueur. Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
Les produits qui sont testés, sont destinés à être incorporées dans les rations alimentaires distribuées aux volailles (poulets de chair) pour faire face à la variabilité de la qualité nutritionnelle des ingrédients entrant dans la composition des régimes alimentaires des volailles. Le poulet de chair est le modèle le plus pertinent, compte tenu de sa croissance rapide et de sa sensibilité aux apports en nutriments et en minéraux.
Evaluation de stratégies nutritionnelles pour améliorer la santé hépathique des poules pondeuses
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Prolonger la carrière de ponte pour "réduire le nombre de poules de remplacement nécessaires pour produire une même quantité d'œufs" : 288 poules pondeuses de 54 à 78 semaines vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour tester des stratégies alimentaires censées préserver leur foie. Chacune des poules concernées subit trois prélèvements sanguins espacés d'au moins trois semaines, sur animal vigile après contention manuelle, les repas de milieu et de fin de journée étant reportés ces jours-là. Le porteur indique que des différences d'accumulation de graisse dans le foie apparaîtront entre les groupes, et les rapporte à des phénomènes déjà observés dans les élevages commerciaux. 144 poules sont tuées à la fin de la seconde étude pour analyse post-mortem, les 144 autres partant en "essai zootechnique hors procédure" ou vers "les circuits conventionnels de commercialisation de poules pondeuses", ce que la colonne mécanique du devenir traduit par un retour à l'élevage.
Objectifs
Dans un contexte d'évolution des pratiques d'élevage visant à prolonger la durée de vie productive des poules pondeuses afin d'améliorer la durabilité de la filière œuf, ce projet a pour objectif d'évaluer l'efficacité de différentes stratégies nutritionnelles destinées à préserver la santé hépatique des animaux en fin de carrière de ponte. Le foie joue un rôle central dans le métabolisme énergétique et lipidique de la poule pondeuse et est particulièrement sollicité tout au long de la production d'œufs. Avec l'allongement de la durée de ponte, les contraintes physiologiques exercées sur cet organe sont susceptibles de s'accentuer, augmentant le risque de désordres métaboliques. En particulier, une accumulation excessive de lipides dans le foie peut conduire à une stéatose hépatique de gravité variable et, dans les cas les plus sévères, à des hémorragies susceptibles d'entraîner la mort des animaux. Par ailleurs, les connaissances scientifiques concernant la physiologie, l'état de santé hépatique et les besoins nutritionnels des poules pondeuses en fin de carrière restent limitées. Dans le contexte actuel d'allongement de la durée de production, il apparaît nécessaire d'améliorer la compréhension des mécanismes impliqués dans le maintien de la santé des animaux âgés et d'identifier les facteurs nutritionnels susceptibles de les influencer. Le projet vise ainsi à caractériser l'impact de différentes stratégies nutritionnelles sur l'état de santé hépatique des poules en phase tardive de ponte et à déterminer leur capacité à préserver la fonctionnalité du foie au cours du vieillissement. Les connaissances générées permettront d'approfondir la compréhension de cette période encore peu étudiée et d'identifier des approches alimentaires susceptibles de limiter les troubles hépatiques associés à l'âge, de favoriser le maintien en bonne santé des animaux et de soutenir leur maintien en production dans de bonnes conditions sanitaires et de bien-être.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d'acquérir de nouvelles connaissances sur les besoins nutritionnels et les déterminants de la santé hépatique des poules pondeuses en fin de carrière, une période encore peu documentée malgré l'intérêt croissant porté à l'allongement de la durée de production. Les résultats obtenus contribueront à une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans le maintien de la fonction hépatique chez les animaux âgés et de leur modulation par l'alimentation. À terme, les connaissances générées pourraient permettre d'identifier des stratégies nutritionnelles capables de limiter l'accumulation excessive de lipides dans le foie, principal facteur de risque des troubles hépatiques observés chez les pondeuses âgées. Ces approches pourraient ainsi contribuer à réduire l'incidence des stéatoses hépatiques, ainsi que les complications associées, notamment les hémorragies hépatiques pouvant conduire à une augmentation de la mortalité en élevage. En favorisant le maintien de la santé hépatique, ces stratégies nutritionnelles pourraient améliorer la robustesse, la santé et le bien-être des animaux tout au long des phases tardives de ponte. Les résultats du projet pourraient également servir de base au développement de recommandations nutritionnelles adaptées aux poules âgées afin de soutenir leur maintien en production dans de bonnes conditions sanitaires. Au-delà de ses retombées pour la santé animale, le projet présente un intérêt pour la filière avicole en accompagnant l'allongement de la carrière productive des poules pondeuses. Une amélioration de la longévité productive des animaux permettrait en effet de réduire le nombre de poules de remplacement nécessaires pour produire une même quantité d'œufs, contribuant ainsi à une utilisation plus efficiente des ressources et à une amélioration de la durabilité environnementale de la filière œuf.
Procédures
Les animaux seront soumis à des prélèvements sanguins afin d'évaluer différents paramètres biologiques. Les prélèvements seront réalisés sur des animaux vigiles, après une contention manuelle de courte durée. Chaque animal fera l'objet de trois prélèvements sanguins espacés d'au moins trois semaines. La durée de contention et de prélèvement est estimée à quelques minutes par animal. Afin de standardiser les conditions de prélèvement et de garantir la qualité des mesures biologiques, les repas habituellement distribués en milieu et fin de journée seront reportés jusqu'à la réalisation des prélèvements les jours concernés. Cette restriction alimentaire restera limitée à quelques heures et ne concernera que les journées de prélèvement.
Impact sur les animaux
Les animaux inclus dans ce projet recevront différents régimes alimentaires formulés à partir de matières premières couramment utilisées en élevage de poules pondeuses et dans des niveaux nutritionnels compatibles avec les pratiques d'alimentation rencontrées en conditions d'élevage. L'objectif du projet est d'évaluer l'impact de ces stratégies nutritionnelles sur différents indicateurs de santé hépatique sans rechercher l'induction expérimentale d'une pathologie. Les principales contraintes liées au projet concernent les prélèvements sanguins réalisés à plusieurs reprises chez les animaux sélectionnés pour les mesures biologiques. Ces prélèvements peuvent entraîner un stress transitoire lié à la manipulation et à la contention ainsi qu'une gêne légère et temporaire au niveau du site de prélèvement. Des variations du degré d'accumulation lipidique hépatique pourront être observées entre les groupes expérimentaux. Toutefois, ces situations correspondent à des phénomènes également observés dans les élevages commerciaux de poules pondeuses et ne sont pas attendues à des niveaux supérieurs à ceux rencontrés dans les conditions usuelles de production. Un suivi sanitaire régulier sera réalisé afin d'identifier précocement tout signe clinique évocateur d’une altération de leur état de santé et de mettre en œuvre les mesures appropriées si nécessaire. En dehors des prélèvements sanguins, les animaux seront maintenus dans des conditions conformes aux pratiques habituelles d'élevage et ne devraient pas être exposés à des nuisances supplémentaires liées au projet.
Devenir
144 animaux (3/cage) sont mis à mort à la fin de la deuxième étude pour les analyses post-mortem, tandis que les autres animaux ayant subi des prises de sang et les animaux hors procédure sont maintenus dans le circuit prévu par la station expérimentale (essai zootechnique hors procédure après une nouvelle période de transition ou réforme avec orientation vers les circuits conventionnels de commercialisation de poules pondeuses).
Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet actuellement de reproduire la complexité des mécanismes impliqués dans le maintien de la santé hépatique chez la poule pondeuse âgée. Les effets des stratégies nutritionnelles étudiées dépendent d'interactions entre l'alimentation, le métabolisme lipidique et énergétique, la production d'œufs, le vieillissement et l'état physiologique global de l'animal. L'évaluation de ces effets nécessite le suivi conjoint de paramètres zootechniques, biologiques et sanitaires qui ne peuvent être étudiés de manière pertinente qu'à l'échelle de l'animal entier. L'utilisation de poules pondeuses est donc indispensable pour répondre aux objectifs du projet.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés a été limité au strict nécessaire pour atteindre les objectifs scientifiques du projet. Seuls les animaux faisant l'objet des prélèvements sanguins seront soumis à une procédure expérimentale. Afin de limiter les contraintes supportées par chaque individu, des animaux différents seront utilisés dans les deux phases de l'étude. Cette organisation permet d'obtenir les informations nécessaires à l'évaluation des effets des stratégies nutritionnelles étudiées tout en respectant les principes de réduction et de raffinement de l'expérimentation animale.
Raffinement
Le bien-être des animaux repose sur une surveillance quotidienne assurée par un personnel qualifié et spécialement formé à l’élevage et à la manipulation des volailles. Les animaux sont élevés en cages collectives (20 poules) aménagées correspondant aux normes « bien-être » de la directive 1999/74/CE. Les cages disposent donc de nids et de perchoirs pour améliorer le bien-être des poules. L’air est ventilé, les conditions d’ambiance (température et hygrométrie) sont contrôlées via un boitier de commande (température cible autour de 20-22°C). Un système de brumisation est également présent dans la salle et utilisé si besoin. L’eau est accessible à volonté via des godets présents dans les cages. Avant chaque étude, une période de transition de trois semaines est appliquée durant laquelle l’ensemble des animaux reçoivent un aliment standard unique. Les aliments sont distribués de façon semi-automatique avec 4 repas par jour (6h15, 11h, 14h et 17h). L’éclairage est constant de 6h à 20h. Les manipulations sont réduites, peu invasives et courtes dans le temps.
Choix des espèces
Il s’agit de l’espèce cible. Les animaux seront utilisés entre 54 et 78 semaines d'âge. Cette période correspond à la seconde partie de la carrière de ponte, durant laquelle les contraintes métaboliques associées à la production d'œufs peuvent favoriser l'apparition de troubles hépatiques. Le projet ayant pour objectif d'évaluer des stratégies nutritionnelles destinées à préserver la santé hépatique lors de l'allongement de la durée de production des pondeuses, il est indispensable d'utiliser des animaux représentatifs de cette tranche d'âge. Les résultats obtenus seront ainsi directement transposables aux conditions d'élevage visées par le projet.
Création d’une souche d’Eimeria tenella génétiquement modifiable et multiplication chez le poulet
- Recherche appliquée
- Maladies animales
Produire en série un parasite génétiquement modifiable : 115 poulets vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués pour prélever leurs cæca, y mesurer la charge parasitaire et y noter les lésions. Chacun reçoit Eimeria tenella par la bouche ou par le cloaque, à une dose que le porteur dit calculée pour ne pas déclencher de symptômes, la coccidiose clinique donnant sinon perte d'appétit, soif intense, crête décolorée, prostration et diarrhées sanglantes. Le rendement attendu est de dix millions d'oocystes par poulet infecté, et il faut recommencer régulièrement pour "préserver l'infectiosité de la nouvelle souche transgénique générée". Le porteur écrit avoir publié une culture in vitro qui "permet d'accéder à la totalité des stades du cycle parasitaire", puis qu'elle "ne reproduit que la 1ere multiplication asexuée" et "ne couvre pas la fin du cycle".
Objectifs
Les coccidioses représentant un problème majeur en élevage aviaire, elles entraînent de lourdes pertes économiques. Ces parasitoses sont causées par des apicomplexes intracellulaires obligatoires dont Eimeria tenella. Face au coût élevé des vaccins et l’émergence de parasites résistants aux anticoccidiens, il devient urgent d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. La possibilité de modifier génétiquement le parasite serait un outil précieux pour nos recherches portant sur la compréhension du parasite et la mise en place de nouvelles stratégies de contrôle : suivi de l’infection in vitro et in vivo, identification de facteurs de virulence, génération de mutants ou de vaccins, test d’efficacité de nouveaux traitements. Ce projet a pour but de créer une souche d’Eimeria tenella génétiquement modifiable par des systèmes tels que CRISPR/Cas9 pour réaliser de l’édition de génome dite « propre » et servira de souche de base pour la génération des souches transgéniques pour les recherches futures de l’équipe.
Bénéfices attendus
Le développement d’une souche d’E. tenella génétiquement modifiable permettra d’accélérer les recherches conduisant à l’identification de nouvelles molécules. En effet, cette nouvelle souche premettra de rendre diverses applications possibles (ex : génération de mutants ou de vaccins, identification et caractérisation de facteurs de virulence parasitaires par génétique inverse) plus aisées, robustes et rapides au laboratoire (ex : criblage et test d’efficacité de nouveaux traitements, suivi d’infection in vitro). Des multiplications régulières sur animaux sont nécessaires pour préserver l’infectiosité de la nouvelle souche transgénique générée et ainsi permettre la continuité des études au laboratoire.
Procédures
Les animaux seront soumis à une administration par voie orale ou cloacale du parasite Eimeria à une dose qui ne cause pas de morbidité et qui n’induit pas de signes cliniques proches du point limite. L’objectif est de générer une souche d’Eimeria tenella génétiquement modifiable. L’inoculation est réalisée au fond de la cavité buccale de l’animal et n’est pas invasive comme le serait un gavage dans lequel l’embout serait inséré jusqu’à l’oesophage. L’inoculation est de courte durée (20s maximum). De même l’inoculation par voie cloacale n’est pas invasive et est de courte durée (10s). Aucune douleur n'est attendue suite aux deux types d’inoculations. L’angoisse liée à la contention est estimée comme légère et de très courte durée. Elle est effectuée par du personnel expérimenté.
Impact sur les animaux
En coccidiose aviaire, on ne parle pas de virulence mais plutôt de pouvoir pathogène des parasites car la gravité de l’infection est dépendante de la dose infectieuse. La coccidiose clinique est très symptomatique, avec une perte d’appétit, une perte de poids, une soif intense, une crête décolorée, des modifications du comportement (oiseaux prostrés, ailes pendantes), et des diarrhées sanglantes. Ces signes impactent fortement la croissance des jeunes et le taux de ponte des poules. En élevage, la plupart des cas de coccidiose sont des infections subcliniques, qui impactent les performances zootechniques des oiseaux, sans symptômes visibles. Dans le cadre de nos travaux, les doses inoculées aux poulets sont faibles et n’induisent pas de symptômes cliniques. La contention lors des inoculations peut engendrer un stress estimé comme léger et de très courte durée.
Devenir
Pour chaque procédure de ce projet, tous les animaux seront euthanasiés afin de pouvoir prélever différents tissus (caeca) et de pouvoir analyser la charge parasitaire contenue et le scoring des lésions.
Remplacement
L’équipe a publié une méthode de culture in vitro qui permet d’accéder à la totalité des stades du cycle parasitaire. Il s’agit là d’une preuve de concept et en aucun cas d’une méthode de production de parasites en grande quantité. La culture in vitro ne reproduit que la 1ere multiplication asexuée (production de mérozoïtes) et ne couvre pas la fin du cycle, c’est-à-dire, les 2 autres multiplications asexuées puis la reproduction sexuée (qui génère les oocystes). Nous avons publié une preuve de concept : avec une souche vaccinale (qui ne fait qu’une seule multiplication asexuée) et sur culture primaire de cellule de rein de poulet, on a réussi à produire in vitro quelques oocystes. Mais la manipulation des Eimeria nécessite la reproduction de 10e7 oocystes (c’est le rendement obtenu pour chaque poulet infecté).
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dépend de la prolificité de la souche et du nombre de parasites requis. Pour la souche sauvage utilisée au laboratoire, le rendement en parasites produits peut être déterminé. En revanche pour la souche recombinante à générer, nous n’avons aucune donnée sur sa prolificité.
Raffinement
Chaque inoculum fait l'objet d'une attention particulière pour administrer des doses définies et adaptées à l’espèce présente et ainsi éviter toute pathogénicité. Pour un rendement optimal, la muqueuse intestinale ne doit pas être trop abîmée. Il est donc inutile d’inoculer une dose trop forte de parasites qui pourrait induire des effets pathogènes et donc provoquer de la douleur. Même si la dose inoculée est calculée de manière à ne pas induire de pathogénicité, nous restons vigilants à l’état de santé des animaux : après inoculation de l’agent infectieux, deux visites quotidiennes sont réalisées dans la salle expérimentale afin de surveiller l’éventuelle apparition des premiers symptômes liés à la maladie : plumes ébouriffées, prostration. Ils sont hébergés par groupe de 3 à 20 animaux en parquet, sur litière de miscanthus pour éviter les poussières ou bien en cage, selon les disponibilités des salles d’expérimentation. Ils ont à disposition aliment et eau ad libitum. Pour le raffinement des conditions d’hébergement, des petites plateformes triangulaires ont été placées pour permettre aux poulets de se percher à l’intérieur des parquets.
Choix des espèces
A l’heure actuelle, il n’existe pas de méthode alternative suffisamment efficace (in vitro) pour multiplier les parasites, en routine et en grande quantité. Le poulet est l’espèce hôte exclusive chez laquelle se multiplient les parasites. Des poulets de statut sanitaire contrôlé seront utilisés. L’étroitesse du spectre d’hôtes des parasites du genre Eimeria empêche toute tentative de manipulation d’une espèce parasitaire aviaire sur un modèle animal autre que la poule. Les animaux sont utilisés entre 3 et 7 semaines d’âge, considéré comme l’âge optimum pour un meilleur rendement en parasite.