
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-09-02 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-068610)
Prolonger la carrière de ponte pour « réduire le nombre de poules de remplacement nécessaires pour produire une même quantité d’œufs » : 288 poules pondeuses de 54 à 78 semaines vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour tester des stratégies alimentaires censées préserver leur foie. Chacune des poules concernées subit trois prélèvements sanguins espacés d’au moins trois semaines, sur animal vigile après contention manuelle, les repas de milieu et de fin de journée étant reportés ces jours-là. Le porteur indique que des différences d’accumulation de graisse dans le foie apparaîtront entre les groupes, et les rapporte à des phénomènes déjà observés dans les élevages commerciaux. 144 poules sont tuées à la fin de la seconde étude pour analyse post-mortem, les 144 autres partant en « essai zootechnique hors procédure » ou vers « les circuits conventionnels de commercialisation de poules pondeuses », ce que la colonne mécanique du devenir traduit par un retour à l’élevage.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans un contexte d’évolution des pratiques d’élevage visant à prolonger la durée de vie productive des poules pondeuses afin d’améliorer la durabilité de la filière œuf, ce projet a pour objectif d’évaluer l’efficacité de différentes stratégies nutritionnelles destinées à préserver la santé hépatique des animaux en fin de carrière de ponte. Le foie joue un rôle central dans le métabolisme énergétique et lipidique de la poule pondeuse et est particulièrement sollicité tout au long de la production d’œufs. Avec l’allongement de la durée de ponte, les contraintes physiologiques exercées sur cet organe sont susceptibles de s’accentuer, augmentant le risque de désordres métaboliques. En particulier, une accumulation excessive de lipides dans le foie peut conduire à une stéatose hépatique de gravité variable et, dans les cas les plus sévères, à des hémorragies susceptibles d’entraîner la mort des animaux. Par ailleurs, les connaissances scientifiques concernant la physiologie, l’état de santé hépatique et les besoins nutritionnels des poules pondeuses en fin de carrière restent limitées. Dans le contexte actuel d’allongement de la durée de production, il apparaît nécessaire d’améliorer la compréhension des mécanismes impliqués dans le maintien de la santé des animaux âgés et d’identifier les facteurs nutritionnels susceptibles de les influencer. Le projet vise ainsi à caractériser l’impact de différentes stratégies nutritionnelles sur l’état de santé hépatique des poules en phase tardive de ponte et à déterminer leur capacité à préserver la fonctionnalité du foie au cours du vieillissement. Les connaissances générées permettront d’approfondir la compréhension de cette période encore peu étudiée et d’identifier des approches alimentaires susceptibles de limiter les troubles hépatiques associés à l’âge, de favoriser le maintien en bonne santé des animaux et de soutenir leur maintien en production dans de bonnes conditions sanitaires et de bien-être.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’acquérir de nouvelles connaissances sur les besoins nutritionnels et les déterminants de la santé hépatique des poules pondeuses en fin de carrière, une période encore peu documentée malgré l’intérêt croissant porté à l’allongement de la durée de production. Les résultats obtenus contribueront à une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans le maintien de la fonction hépatique chez les animaux âgés et de leur modulation par l’alimentation. À terme, les connaissances générées pourraient permettre d’identifier des stratégies nutritionnelles capables de limiter l’accumulation excessive de lipides dans le foie, principal facteur de risque des troubles hépatiques observés chez les pondeuses âgées. Ces approches pourraient ainsi contribuer à réduire l’incidence des stéatoses hépatiques, ainsi que les complications associées, notamment les hémorragies hépatiques pouvant conduire à une augmentation de la mortalité en élevage. En favorisant le maintien de la santé hépatique, ces stratégies nutritionnelles pourraient améliorer la robustesse, la santé et le bien-être des animaux tout au long des phases tardives de ponte. Les résultats du projet pourraient également servir de base au développement de recommandations nutritionnelles adaptées aux poules âgées afin de soutenir leur maintien en production dans de bonnes conditions sanitaires. Au-delà de ses retombées pour la santé animale, le projet présente un intérêt pour la filière avicole en accompagnant l’allongement de la carrière productive des poules pondeuses. Une amélioration de la longévité productive des animaux permettrait en effet de réduire le nombre de poules de remplacement nécessaires pour produire une même quantité d’œufs, contribuant ainsi à une utilisation plus efficiente des ressources et à une amélioration de la durabilité environnementale de la filière œuf.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des prélèvements sanguins afin d’évaluer différents paramètres biologiques. Les prélèvements seront réalisés sur des animaux vigiles, après une contention manuelle de courte durée. Chaque animal fera l’objet de trois prélèvements sanguins espacés d’au moins trois semaines. La durée de contention et de prélèvement est estimée à quelques minutes par animal. Afin de standardiser les conditions de prélèvement et de garantir la qualité des mesures biologiques, les repas habituellement distribués en milieu et fin de journée seront reportés jusqu’à la réalisation des prélèvements les jours concernés. Cette restriction alimentaire restera limitée à quelques heures et ne concernera que les journées de prélèvement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux inclus dans ce projet recevront différents régimes alimentaires formulés à partir de matières premières couramment utilisées en élevage de poules pondeuses et dans des niveaux nutritionnels compatibles avec les pratiques d’alimentation rencontrées en conditions d’élevage. L’objectif du projet est d’évaluer l’impact de ces stratégies nutritionnelles sur différents indicateurs de santé hépatique sans rechercher l’induction expérimentale d’une pathologie. Les principales contraintes liées au projet concernent les prélèvements sanguins réalisés à plusieurs reprises chez les animaux sélectionnés pour les mesures biologiques. Ces prélèvements peuvent entraîner un stress transitoire lié à la manipulation et à la contention ainsi qu’une gêne légère et temporaire au niveau du site de prélèvement. Des variations du degré d’accumulation lipidique hépatique pourront être observées entre les groupes expérimentaux. Toutefois, ces situations correspondent à des phénomènes également observés dans les élevages commerciaux de poules pondeuses et ne sont pas attendues à des niveaux supérieurs à ceux rencontrés dans les conditions usuelles de production. Un suivi sanitaire régulier sera réalisé afin d’identifier précocement tout signe clinique évocateur d’une altération de leur état de santé et de mettre en œuvre les mesures appropriées si nécessaire. En dehors des prélèvements sanguins, les animaux seront maintenus dans des conditions conformes aux pratiques habituelles d’élevage et ne devraient pas être exposés à des nuisances supplémentaires liées au projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
144 animaux (3/cage) sont mis à mort à la fin de la deuxième étude pour les analyses post-mortem, tandis que les autres animaux ayant subi des prises de sang et les animaux hors procédure sont maintenus dans le circuit prévu par la station expérimentale (essai zootechnique hors procédure après une nouvelle période de transition ou réforme avec orientation vers les circuits conventionnels de commercialisation de poules pondeuses).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet actuellement de reproduire la complexité des mécanismes impliqués dans le maintien de la santé hépatique chez la poule pondeuse âgée. Les effets des stratégies nutritionnelles étudiées dépendent d’interactions entre l’alimentation, le métabolisme lipidique et énergétique, la production d’œufs, le vieillissement et l’état physiologique global de l’animal. L’évaluation de ces effets nécessite le suivi conjoint de paramètres zootechniques, biologiques et sanitaires qui ne peuvent être étudiés de manière pertinente qu’à l’échelle de l’animal entier. L’utilisation de poules pondeuses est donc indispensable pour répondre aux objectifs du projet.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été limité au strict nécessaire pour atteindre les objectifs scientifiques du projet. Seuls les animaux faisant l’objet des prélèvements sanguins seront soumis à une procédure expérimentale. Afin de limiter les contraintes supportées par chaque individu, des animaux différents seront utilisés dans les deux phases de l’étude. Cette organisation permet d’obtenir les informations nécessaires à l’évaluation des effets des stratégies nutritionnelles étudiées tout en respectant les principes de réduction et de raffinement de l’expérimentation animale.
3. Raffinement
Le bien-être des animaux repose sur une surveillance quotidienne assurée par un personnel qualifié et spécialement formé à l’élevage et à la manipulation des volailles. Les animaux sont élevés en cages collectives (20 poules) aménagées correspondant aux normes « bien-être » de la directive 1999/74/CE. Les cages disposent donc de nids et de perchoirs pour améliorer le bien-être des poules. L’air est ventilé, les conditions d’ambiance (température et hygrométrie) sont contrôlées via un boitier de commande (température cible autour de 20-22°C). Un système de brumisation est également présent dans la salle et utilisé si besoin. L’eau est accessible à volonté via des godets présents dans les cages. Avant chaque étude, une période de transition de trois semaines est appliquée durant laquelle l’ensemble des animaux reçoivent un aliment standard unique. Les aliments sont distribués de façon semi-automatique avec 4 repas par jour (6h15, 11h, 14h et 17h). L’éclairage est constant de 6h à 20h. Les manipulations sont réduites, peu invasives et courtes dans le temps.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il s’agit de l’espèce cible. Les animaux seront utilisés entre 54 et 78 semaines d’âge. Cette période correspond à la seconde partie de la carrière de ponte, durant laquelle les contraintes métaboliques associées à la production d’œufs peuvent favoriser l’apparition de troubles hépatiques. Le projet ayant pour objectif d’évaluer des stratégies nutritionnelles destinées à préserver la santé hépatique lors de l’allongement de la durée de production des pondeuses, il est indispensable d’utiliser des animaux représentatifs de cette tranche d’âge. Les résultats obtenus seront ainsi directement transposables aux conditions d’élevage visées par le projet.