Rongeurs
Etude des circuits cérébraux impliqués dans la reproduction et le métabolisme et leurs réponses aux informations périphériques (EU2/2)
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
Injections de vecteurs viraux dans le cerveau, ablation des gonades, chirurgie intracrânienne de deux à quatre heures pour poser des dispositifs d'enregistrement, régimes gras de trois à douze mois, jeûnes de 24 heures et expositions répétées à 4 °C : 14 020 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées à l'issue pour prélever organes et tissus. Le projet étudie les cellules de l'hypothalamus qui relient métabolisme et reproduction, dont le porteur espère qu'elles "pourraient un jour servir de cible" à des traitements. Le suivi du comportement sur huit semaines ne précise aucun test. Le choix des espèces évoque aussi le rat pour les cultures de cellules, sans qu'aucun rat figure dans les effectifs déclarés.
Objectifs
Notre laboratoire cherche à mieux comprendre comment le cerveau contrôle des fonctions essentielles du corps, comme l’alimentation, le poids, la dépense d’énergie et la reproduction. Nous étudions en particulier les circuits du cerveau qui pilotent ces fonctions, ainsi que leur manière de recevoir et d’interpréter les informations venant du reste du corps. Nos travaux visent à comprendre : - quels mécanismes permettent aux cellules de communiquer entre elles dans ces processus ; - comment certaines cellules participent à la formation et au bon fonctionnement des réseaux de neurones qui contrôlent le comportement et le fonctionnement du corps ; - comment des facteurs comme l’alimentation, la lumière ou la température peuvent influencer certaines fonctions du cerveau liées au métabolisme et à la reproduction ; - comment ces cellules peuvent aussi jouer un rôle dans le vieillissement du cerveau et dans les fonctions qu’il coordonne. Pour répondre à ces questions, nous travaillons principalement sur des rongeurs, car cela permet d’étudier le cerveau et ses réseaux de manière précise, dans des conditions contrôlées. Ce projet se déroulera sur deux établissements utilisateurs EU 1/2 et EU 2/2 et le transfert des animaux entre les établissements sera limité au maximum.
Bénéfices attendus
Les maladies métaboliques, comme l’obésité et le diabète, posent aujourd’hui un vrai problème de santé publique. Elles ont un coût important pour la société et peuvent aussi empêcher de vieillir en bonne santé. Elles peuvent également perturber la fertilité, qui est devenue un enjeu important en France et en Europe. Nos recherches s’intéressent à certaines cellules d’une zone du cerveau appelée hypothalamus. Cette région joue un rôle essentiel dans l’équilibre entre le métabolisme, comme le poids corporel et la régulation du sucre, et la reproduction. Nous cherchons à comprendre comment ces cellules participent à ces fonctions et si elles pourraient un jour servir de cible pour de nouveaux traitements. L’un de nos objectifs est aussi de trouver des moyens d’agir sur le cerveau de manière plus sûre, sans avoir à forcer le passage à travers sa barrière naturelle de protection (la barrière hématoencéphalique), ce qui peut présenter des risques. À terme, ces travaux pourraient aider à mieux traiter certaines maladies métaboliques et troubles de la reproduction, tout en contribuant à préserver la santé du cerveau au cours de la vie.
Procédures
Les interventions décrites ici auront lieu dans les 2 établissements utilisateurs. Les animaux recevront différents traitements (vecteurs viraux ou molécules pharmacologiques), soit directement dans le cerveau (durée d’intervention : 30 minutes à 1h maximum), ou intracérébrale (durée d’intervention : 30 minutes à 1h maximum), soit en périphérie (20 minutes maximum). Ces traitements permettront d’étudier leurs effets sur plusieurs fonctions importantes, comme la reproduction, le métabolisme, le comportement et l’activité du cerveau. Les animaux seront suivis pendant plusieurs semaines au cours d’un suivi longitudinal afin d’observer l’évolution de ces effets dans le temps sur plusieurs fonctions importantes : - la reproduction (8 semaines), - le métabolisme (4 à 20 semaines), - le comportement (8 semaines), l’activité du cerveau (8 semaines maximum). La durée totale de ce suivi sera de 2 à 38 semaines avec des temps de récupération allant de 6 à 30 semaines pour les procédures nécessitant plusieurs gestes chirurgicaux. Au cours de ces procédures, des anesthésiques et des antidouleurs seront utilisés chaque fois que nécessaire pour limiter l’inconfort. Les anesthésies seront réalisées par injection intrapéritonéale ou inhalation et l’analgésie en injection sous-cutanée, intrapéritonéale ou en spray. Selon les besoins du protocole, les traitements pourront être administrés aux animaux par différentes voies : eau de boisson ou gavage, injection intrapéritonéale, injection intraveineuse, injection sous cutanée ou implants. Des prélevements sanguins pourront également être réalisés de manière unique ou répétées (veine mandibulaire, caudale, ou latérale) selon les volumes et fréquences maximales recommandées pour le bien être de l’animal et dans le respect de la réglementation en vigueur (durée des interventions 5 à 20 minutes). Dans certains groupes, des interventions chirurgicales seront nécessaires, comme l’ablation des gonades dans les études sur la reproduction (Durée intervention : 15-20 min. Durée anesthésie maximum 1h). Une intervention chirurgicale intracranienne sera pratiquée pour la mise en place de dispositifs permettant d’enregistrer l’activité cérébrale (durée de l’intervention 2 à 4h). Pour les études sur le métabolisme, les animaux pourront recevoir des régimes particuliers, tels que des régimes hyperlipidémiques (riche en graisses, durant 3 à 12 mois), une restriction alimentaire (10 jours maximum), ou une mise à jeun (durée maximale 24h).
Impact sur les animaux
Toute manipulation des animaux peut provoquer du stress, de la fatigue et de l’inconfort et des mesures de raffinement seront mises en place pour les limiter au maximum. Les manipulations sont effectuées par du personnel formé, et les animaux sont habitués aux manipulations afin de limiter le stress. Les procédures de chirurgie, d’injections ou de prélèvements de sang peuvent provoquer des douleurs à court-terme qui seront limitées par l’utilisation d’analgésiques pendant et après la procédure si nécessaire. Dans le cadre des études métaboliques ou comportementales, les animaux seront soumis à des conditions d’hébergement dérogeant aux standards réglementés. En effet les animaux pourront être privés de leur congénères (sans isolement visuel et olfactif) pendant des durées allant de 24h à 2 semaines et pouvant être répétées. Les animaux pourront être restreints en quantité de nourriture (maximum 10 jours) et/ou être exposés à des jeûnes allant jusqu’à maximum 24h. Enfin, pour évaluer la thermogénèse adaptative, les conditions standards de température d’hébergement pourront également modifiées dans les tests d’exposition au froid (maximum 24h d’exposition à 4°C, 4 expositions au maximum espacées d’au minimum 72h) ou de thermoneutralité (48h à 29-30°C > 4-8h à 4°C > 64-68h à 29-30°C > 6-8h à 4°C). Les différentes contraintes sont cependant appliquées de manière séquentielle avec des périodes de récupération permettant la stabilisation physiologique entre étapes et les animaux disposent d’un enrichissement compatible avec les mesures (litière et matériel de nidification).
Devenir
A l’issue des procédures, les animaux seront mis à mort, puis certains organes et tissus seront prélevés pour être analysés postmortem.
Remplacement
A chaque fois que cela sera possible, nous utiliserons des méthodes alternatives (cellules souches pluripotentes induites (IPS), organoïdes, cultures cellulaires, …). La dernière procédure consiste à prélever des tissus chez des animaux sans intervention lourde, afin de créer des cultures de cellules sur lesquelles nous pourrons tester des molécules directement en laboratoire (in vitro). Cela nous aidera à réduire le nombre de molécules et de doses à tester chez l’animal (in vivo), et donc à diminuer le nombre total d’animaux utilisés, en accord avec le principe des « 3R » (Remplacer, Réduire, Raffiner). Cependant, pour comprendre finement le fonctionnement normal et les dérèglements du système nerveux et des hormones (neuroendocrinologie), il est aujourd’hui encore indispensable d’avoir recours à des modèles animaux. Des méthodes alternatives permettant d’étudier, en laboratoire, des interactions très complexes entre cellules et tissus sont en cours de développement dans notre équipe, mais elles ne sont pas encore suffisamment avancées pour remplacer complètement les animaux. Notre recherche porte sur de grandes fonctions du corps, comme la reproduction, la régulation du poids et de l’équilibre énergétique, ou encore certaines fonctions liées à la mémoire. Ces fonctions sont trop complexes pour être entièrement étudiées uniquement avec des cellules en culture. En revanche, les travaux réalisés dans le cadre de ce projet permettront de produire de nouvelles connaissances et de nouvelles méthodes qui, à terme, aideront à mieux modéliser certains aspects de ces phénomènes in silico et ainsi, progressivement, à limiter davantage l’utilisation d’animaux.
Réduction
Le nombre d’animaux prévu dans ce projet est limité au strict minimum pour obtenir des résultats fiables sur le plan scientifique. La taille de chaque groupe a été calculée à l’aide d’un outil de planification expérimentale, afin d’éviter tout animal surnuméraire tout en garantissant la solidité des résultats. Par ailleurs, comme indiqué dans les procédures, certaines expériences ne seront réalisées que si les résultats des étapes précédentes le justifient. Nous présentons donc ici un nombre maximal d’animaux, qui ne sera en pratique pas atteint dans de nombreux cas.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des conditions strictement contrôlées, avec un haut niveau de protection sanitaire. Ils ont accès à l’eau et à la nourriture en continu, et leur environnement est enrichi, par exemple avec des cylindres de coton, pour favoriser leurs comportements naturels, réduire le stress et les aider à maintenir leur température corporelle. Les périodes d’isolement sont limitées au minimum nécessaire et toujours justifiées. Les manipulations sont réalisées par du personnel formé, et les animaux sont progressivement habitués à ces manipulations pour diminuer au maximum leur stress. Une attention particulière est portée au principe de raffinement, qui consiste à adapter les procédures pour réduire au mieux la peur, l’anxiété et la douleur. Cela inclut, par exemple, le regroupement des animaux, l’enrichissement de leur environnement, ainsi que des soins attentifs avant, pendant et après les interventions (asepsie, anesthésie, analgésie). Toutes les procédures pouvant être douloureuses ou invasives sont effectuées sous anesthésie appropriée, avec une prise en charge de la douleur avant et après l’intervention lorsque c’est nécessaire. Après chaque anesthésie, les animaux sont surveillés en continu jusqu’à leur réveil complet. Par la suite, leur état général est contrôlé chaque jour : activité, posture, aspect du pelage, alimentation, hydratation et poids sont évalués à l’aide d’une grille de suivi. Des critères d’arrêt précis sont définis. Si un animal présente des signes de souffrance, de détresse prolongée, une perte de poids importante ou une dégradation de son état général, il est immédiatement retiré de l’étude et, si besoin, euthanasié afin d’éviter toute souffrance supplémentaire. Dans le cas où cela s’avèrerait vraiment nécessaire, les animaux seront transportés dans un véhicule climatisé dans des cages de transport agréées sous condition d’autorisation pour le statut sanitaire (distance 11,1 km ; statuts sanitaires équivalents) entre les établissements utilisateurs. Les animaux seront acclimatés pour une période de 7 jours sur le site d’accueil avant toute manipulation.
Choix des espèces
Nos projets de recherche en physiologie intégrée visent à comprendre le lien entre le cerveau et la périphérie afin d’identifier de nouvelles thérapies pour des pathologies telles que le diabète, l’obésité, l’infertilité et les maladies neurodégénératives. Le recours aux animaux est strictement limité aux situations où aucune méthode alternative ne permet d’obtenir un niveau d’information équivalent. Les espèces utilisées ont été choisies afin de maximiser la pertinence scientifique tout en minimisant la douleur, la souffrance et le nombre d’animaux. La souris est privilégiée en raison de la disponibilité d’outils génétiques et viraux permettant de cibler précisément des populations cellulaires, réduisant ainsi le nombre d’animaux nécessaires et la variabilité expérimentale. Le rat est utilisé uniquement lorsque la quantité de tissu requise ou la robustesse cellulaire ne peuvent être obtenues chez la souris, notamment pour l’établissement de cultures primaires. Pour les étapes principales (procédures 1 à 8), nous utiliserons des souris adultes, dès l’âge de 6 semaines, jusqu’à des animaux plus âgés (plus de 24 mois).
Méthode invasive de génotypage de lignées murines
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
Ce projet sert la gestion d'élevage d'une plateforme : 30 000 souriceaux âgés de 7 jours vont subir, sans anesthésie, une coupe de tissu pour déterminer leur génotype, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le geste peut provoquer une douleur brève et un saignement, et le porteur justifie l'absence d'anesthésie par l'âge des souriceaux, tout en décrivant ce prélèvement comme "indispensable et non remplaçable". Les souriceaux au génotype non recherché ou "surnuméraire", 20 à 30 % en moyenne selon les lignées, sont tués, les autres gardés en vie pour d'autres projets, l'entretien des colonies ou des formations aux gestes techniques. Le champ structuré du devenir, vide, n'en signale aucun gardé en vie.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de mettre en place des procédures de prélèvement de tissus pour le génotypage, spécifiquement dans le cadre de lignées à phénotype non dommageable. L’enjeu est d’assurer un suivi rigoureux des différentes lignées à phénotype non dommageable élevées au sein de la plateforme. L’objectif final est d’assurer une gestion optimale de l’ensemble des colonies animales à phénotype non dommageable élevées, en garantissant à la fois la qualité scientifique du génotypage et le respect du bien-être animal.
Bénéfices attendus
Le génotypage permet d’identifier avant sevrage les animaux possédant le génotype d’intérêt utilisés dans les projets expérimentaux de l’EU.
Procédures
Une seule intervention sur les animaux vigiles aura lieu : un prélèvement tissulaire pour génotypage. Cette intervention est réalisée en moins de 5 minutes sur chaque animal.
Impact sur les animaux
Ces gestes techniques peuvent provoquer une douleur brève, généralement légère et transitoire. Le stress lié à la contention est également une nuisance potentielle chez les jeunes animaux. Dans le cas de la coupe de tissus, un léger saignement peut survenir, mais il est en général limité et cesse spontanément. Enfin, des modifications comportementales transitoires peuvent être observées après la manipulation, telles qu’une réduction temporaire de l’activité ou un comportement d’évitement, mais elles disparaissent. L’ensemble de ces effets est limité par l’utilisation de méthodes validées, le raffinement des techniques, et la formation spécifique du personnel zootechnique chargé des interventions.
Devenir
Les animaux ne présentant pas le génotype recherché ou surnuméraire seront mis à mort (en moyenne 20 à 30% selon les lignées). Les animaux dont le génotype correspond aux besoins expérimentaux seront gardés en vie pour une utilisation dans d’autres projets de l’EU ou pour réaliser du maintien de colonies. Certains animaux non utilisés dans les projets expérimentaux de l’EU, pourront être utilisés dans des projets de prélèvements hors DAP ou pour les formations aux gestes techniques.
Remplacement
Le prélèvement tissulaire pour génotypage est indispensable et non remplaçable pour la gestion des lignées génétiquement modifiées à phénotype non dommageable utilisées dans les projets expérimentaux autorisés au sein de l’EU.
Réduction
Le nombre d’individus est calculé en fonction des besoins d’élevage de la plateforme et est optimisé aux besoins essentiels des expérimentateurs. Une gestion rigoureuse des individus notamment grâce au génotypage permet d’éviter l’élevage des individus surnuméraires et avec un phénotype non recherché.
Raffinement
Afin de garantir le bien-être animal, ces gestes techniques sont réalisés par un personnel qualifié, formé à des manipulations rapides et précises, permettant de minimiser le stress et l’inconfort pour l’animal. L’anesthésie n’est pas utilisée car elle est réalisée sur des individus âgés de 7 jours. L’environnement est enrichi par la mise à disposition de matériaux de nidification (coton, sizzle pad) de maisonnettes et de tunnels afin de favoriser les comportements naturels. Les manipulations sont effectuées de manière à limiter le stress, en privilégiant l’utilisation de tunnels ou la prise au creux de la main. L’état de santé et de bien-être des animaux fait l’objet d’un suivi quotidien.
Choix des espèces
L’espèce murine est l’espèce la plus utilisée au sein de la plateforme et le génotypage des lignées transgéniques est obligatoire pour la réalisation des projets expérimentaux. Les animaux concernés par ce projet ont 7 jours.
Étude de la maturation neuroendocrinienne et des conséquences fonctionnelles de perturbations précoces du développement chez la souris EU 2/2
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
Les souris gestantes ou allaitantes reçoivent des molécules actives ou un régime gras, puis leurs souriceaux sont identifiés par un prélèvement à l'oreille ou à la queue et, pour certains, injectés de molécules ou de vecteurs viraux. Viennent ensuite, selon les groupes, jusqu'à douze mois de régime gras, dix jours de restriction alimentaire, des jeûnes de 24 heures, des isolements de 24 heures à deux semaines, quatre expositions de 24 heures à 4 °C, et des chirurgies de deux à quatre heures pour enregistrer l'activité cérébrale. 12 134 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et les tests de comportement prévus vers huit semaines ne sont pas nommés. La narration annonce la mise à mort des souris à l'issue des procédures, alors que le champ structuré en compte 500 réutilisées.
Objectifs
Les premiers mois de vie constituent une période essentielle pour le développement du cerveau et de l’organisme. Durant cette phase, des facteurs tels qu’une naissance prématurée, une alimentation maternelle déséquilibrée, des variations hormonales ou certaines maladies génétiques peuvent influencer durablement la santé. Ces perturbations précoces peuvent augmenter, à long terme, le risque de développer des troubles métaboliques (comme l’obésité ou le diabète), des problèmes de fertilité (par exemple le syndrome des ovaires polykystiques), ainsi que des difficultés cognitives. Ce projet a pour objectif de mieux comprendre comment l’environnement précoce influence le développement du cerveau, en particulier les circuits neuronaux qui contrôlent des fonctions essentielles comme l’alimentation, l’équilibre énergétique et la reproduction. Plus précisément, ce projet vise à : - explorer l’impact des perturbations précoces sur le développement du cerveau et sur certaines fonctions essentielles tout au long de la vie, de la naissance à l’âge adulte ; - comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans ces processus ; - identifier de nouvelles pistes thérapeutiques pour prévenir ou corriger certaines maladies, comme l’obésité, le diabète ou les troubles de la fertilité (par exemple le syndrome des ovaires polykystiques). Ce projet se déroulera sur deux établissements utilisateurs EU 1/2 et EU 2/2 et le transfert des animaux entre les établissements sera limité au maximum.
Bénéfices attendus
Les premiers mois de vie sont une période cruciale pour le développement du cerveau. Des perturbations durant cette phase, comme une naissance prématurée, des déséquilibres hormonaux ou une alimentation maternelle inadaptée, peuvent avoir des conséquences durables sur la santé de la descendance. Elles augmentent notamment le risque de troubles métaboliques (comme l’obésité, le diabète ou certaines maladies cardiovasculaires), de difficultés reproductives, ainsi que de troubles du développement cognitif à l’âge adulte. Les résultats de ce projet présentent un double intérêt. D’une part, ils permettront d’acquérir de nouvelles connaissances sur les mécanismes cellulaires et neuronaux impliqués dans le développement postnatal des circuits cérébraux qui régulent ces fonctions essentielles. D’autre part, ils pourraient contribuer à la santé publique en ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention ou de prise en charge des maladies métaboliques et reproductives. Enfin, ces travaux participeront au développement de modèles expérimentaux plus fiables et mieux adaptés pour la recherche en endocrinologie, en neurodéveloppement et en reproduction.
Procédures
Les interventions décrites ici pourront avoir lieu dans les 2 établissements utilisateurs. Les interventions d’une même procédure auront lieu soit intégralement dans l’EU1/2 soit intégralement dans l’EU2/2. Aucun transport d’animaux n’aura lieu en cours de procédure. Les animaux dont le modèle aura été créé dans l’EU2/2 seront transportés vers l’EU1/2 pour l’évaluation métabolique et comportementale. Chez les mères: Des femelles gestantes et/ou allaitantes recevront des molécules actives (par voie orale ou par injection) ou feront l’objet d’interventions nutritionnelles (régime enrichi en graisses). Les effets de ces traitements seront évalués chez les souriceaux dès la naissance, au cours d’un suivi longitudinal à moyen et long terme. Ce suivi comprendra différentes procédures d’évaluation de la reproduction (à partir de 8 semaines), du métabolisme (entre 4 et 20 sem.), du comportement (vers 8 sem.) et de l’activité cérébrale (jusqu’à 8 sem.). Chez la descendance: Tous les animaux issus des mères gestantes seront identifiés et prélevés au niveau de l’oreille ou de la queue. Des souriceaux (mâles et femelles) recevront, à des âges définis, des injections de molécules ou de vecteurs viraux. Ils feront ensuite l’objet d’un suivi longitudinal similaire, incluant des analyses de la reproduction, du métabolisme, du comportement et de l’activité cérébrale. Types d’interventions et durée : Les animaux pourront recevoir différents types de traitements par voie orale, par injections ou implantation de dispositifs. Des prélèvements sanguins seront réalisés (veines mandibulaire, caudale ou latérale), en respectant les volumes et fréquences maximaux autorisés. La durée de ces interventions est généralement comprise entre 5 et 20 minutes. Certains groupes seront soumis à des interventions chirurgicales dans le but d’évaluer la reproduction (anesthésie: 1h; intervention: 15 à 20 minutes) ou de réaliser un enregistrement de l’activité cérébrale (anesthésie et intervention: 2 à 4 h). Au cours de ces procédures, des anesthésiques et des analgésiques seront utilisés chaque fois que nécessaire. Les anesthésies seront réalisées par injection ou par inhalation et l’analgésie sera administrée par injection ou par application locale. Les animaux impliqués dans l’étude du métabolisme pourront recevoir des régimes spéciaux (régime enrichi en graisses pendant 3 à 12 mois), une restriction alimentaire (jusqu’à 10 jours) ou des périodes de jeûne (durée maximale de 24 heures).
Impact sur les animaux
Les manipulations réalisées sur les animaux peuvent entraîner du stress, de la fatigue et un certain inconfort. Certaines procédures, telles que les interventions chirurgicales, les injections ou les prélèvements sanguins, peuvent provoquer des douleurs légères de courte durée pouvant être répétées. Dans le cadre des études métaboliques ou comportementales, les animaux seront soumis à des conditions d’hébergement dérogeant aux standards réglementés. En effet les animaux pourront être privés de leur congénères (sans isolement visuel et olfactif) pendant des durées allant de 24h à 2 semaines et pouvant être répétées. Les animaux pourront être restreints en quantité de nourriture (maximum 10 jours) et/ou être exposés à des jeûnes allant jusqu’à maximum 24h. Enfin, pour évaluer la réponse aux changements de température, les conditions standards de température d’hébergement pourront également modifiées (maximum 24h d’exposition à 4°C, 4 expositions au maximum espacées d’au minimum 72h OU 24-72h à 30°C).
Devenir
À l’issue des procédures, les animaux sont mis à mort selon des méthodes réglementaires et encadrées, afin de permettre le prélèvement des tissus nécessaires aux analyses scientifiques. Ces prélèvements sont indispensables pour comprendre en détail les mécanismes étudiés et ne peuvent pas être réalisés autrement.
Remplacement
Pour évaluer l’impact de l’environnement périnatal sur le développement des systèmes neuroendocriniens, il n’existe actuellement pas d’alternative à l’expérimentation animale. La complexité des phénomènes étudiés, notamment l’influence de l’environnement maternel sur le développement de l’organisme, implique des interactions étroites entre plusieurs organes (cerveau, tissus périphériques, systèmes hormonaux) qui ne peuvent pas être reproduites de manière fiable par des modèles informatiques. Les animaux invertébrés ne peuvent pas être utilisés dans ce contexte, car leur organisation biologique est très différente de celle des mammifères. Ils ne possèdent pas les mêmes structures cérébrales ni les mêmes systèmes hormonaux, ce qui ne permet pas d’étudier les mécanismes neuroendocriniens pertinents pour la santé humaine. Par ailleurs, les modèles in vitro, tels que les organoïdes ou les cellules souches, bien qu’utiles pour certaines questions spécifiques, ne permettent pas de reproduire la complexité des interactions entre les organes ni les réponses physiologiques intégrées de l’organisme entier. Or, ces interactions sont essentielles pour répondre aux objectifs de nos recherches en physiologie intégrée.
Réduction
Le nombre d’animaux nécessaires a été déterminé à l’aide de calculs de puissance statistique, afin de garantir l’obtention de données fiables tout en limitant leur utilisation au strict minimum. La taille de chaque groupe expérimental a été définie à l’aide d’outils de planification adaptés, permettant d’éviter l’utilisation d’animaux en excès tout en assurant la robustesse des résultats. Par ailleurs, certaines expériences ne seront entreprises que si les résultats des étapes précédentes le justifient, ce qui permet d’éviter des expérimentations inutiles. Enfin, les protocoles expérimentaux ont été conçus pour optimiser l’utilisation de chaque animal. Lorsque cela est possible, plusieurs types d’analyses seront réalisés sur un même individu (par exemple, des évaluations physiologiques et des analyses moléculaires sur différents organes), réduisant ainsi le nombre total d’animaux nécessaires.
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des conditions strictement contrôlées, garantissant leur bien-être et un bon état de santé. Ils ont accès en permanence à l’eau et à la nourriture, et leur environnement est enrichi (par exemple avec des matériaux pour construire un nid), afin de leur permettre d’exprimer des comportements naturels et de réduire le stress. Les manipulations sont réalisées par du personnel formé et les animaux sont progressivement habitués à être manipulés afin de diminuer leur stress. Une attention particulière est portée à la réduction de toute douleur, peur ou inconfort. Lorsque des interventions sont nécessaires, elles sont réalisées sous anesthésie adaptée et des traitements contre la douleur sont administrés si besoin, avant et après les procédures. Après chaque intervention, les animaux sont surveillés attentivement jusqu’à leur réveil complet, puis leur état de santé est suivi quotidiennement (activité, alimentation, poids, comportement) avec le moins de perturbations possibles. Une attention particulière sera apportée afin de prévenir tout transfert d‘odeurs étrangères à la cage qui pourraient compromettre le lien entre la mère et ses petits. Des critères précis sont définis pour intervenir rapidement en cas de problème. Si un animal montre des signes de souffrance ou de détresse, il est immédiatement pris en charge et, si nécessaire, retiré de l’étude afin d’éviter toute souffrance prolongée. Dans le cadre des études métaboliques ou comportementales, les différentes contraintes sont appliquées de manière séquentielle avec des périodes de récupération permettant la stabilisation physiologique entre étapes et les animaux disposent d’un enrichissement compatible avec les mesures (litière et matériel de nidification). Lors du déplacement des animaux de l’EU2/2 vers l’EU1/2, les animaux seront transportés dans un véhicule climatisé dans des cages de transport agréées sous condition d’autorisation pour le statut sanitaire (distance 11,1 km ; statuts sanitaires équivalents) entre les EU. Les animaux seront acclimatés pour une période de 7 jours sur le site d’accueil avant toute manipulation. Des points limites ont été définis et seront appliqués. Tout animal présentant des signes s’approchant ou atteignant l’un d’entre eux seront retirés de l’étude et si nécessaire, mis à mort.
Choix des espèces
Nos projets de recherche en physiologie intégrée visent à comprendre les interactions entre le corps et le cerveau afin d’identifier de nouvelles approches thérapeutiques pour des pathologies telles que le diabète, l’obésité et l’infertilité. Nous étudierons des souris de la naissance à l’âge adulte afin de couvrir l’ensemble des étapes clés du développement et de la maturation des systèmes biologiques. La période néonatale correspond à une phase critique de mise en place et d’organisation des structures, notamment au niveau neuroanatomique et neuroendocrinien, tandis que l’âge adulte reflète un état fonctionnel stabilisé de ces systèmes. Cette approche permet d’appréhender la dynamique des mécanismes physiologiques au cours du temps et d’identifier d’éventuelles origines développementales aux altérations observées à l’âge adulte. Le recours aux animaux est strictement limité aux situations dans lesquelles aucune méthode alternative ne permet d’obtenir un niveau d’information équivalent. L’espèce utilisée a été choisie de manière à maximiser la pertinence scientifique tout en minimisant la douleur, la souffrance et le nombre d’animaux utilisés. La souris est privilégiée car des données essentielles à l’interprétation des résultats ne sont disponibles que dans cette espèce, ce qui contribue également à réduire la variabilité expérimentale et, par conséquent, le nombre d’animaux nécessaires. De plus, les études physiologiques en neuroendocrinologie ainsi que les recherches sur l’obésité et l’infertilité ont historiquement été menées chez la souris, facilitant la comparaison avec les données existantes. Enfin, certaines expériences proposées nécessitent l’utilisation d’animaux génétiquement modifiés pour lesquels la souris constitue de loin le modèle expérimental le plus pertinent et le mieux caractérisé.
Modèles précliniques pour l’étude des maladies hépatiques liées à l’alcool
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
- Troubles gastrointestinaux
Soumises à des régimes enrichis en éthanol et à des administrations orales d'éthanol jusqu'à douze semaines, avec un effet sédatif et une "potentielle perte de conscience transitoire", 3 225 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Certaines reçoivent aussi un régime gras qui les rend obèses et limite leurs mouvements, pour tester des traitements des maladies du foie liées à l'alcool au fil de 45 projets. La description des procédures annonce 15 jours de cage individuelle pour le régime liquide, celle des effets néfastes en compte 25. Toutes sont tuées à la fin pour prélever leur foie et d'autres organes.
Objectifs
Les maladies hépatiques liées à l’alcool constituent un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Elles représentent l’une des principales causes de cirrhose, d’insuffisance hépatique et de cancer du foie, entraînant une morbidité et une mortalité importantes. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la consommation nocive d’alcool est responsable de plusieurs millions de décès chaque année dans le monde et contribue de manière significative à la charge globale des maladies chroniques. En outre, l’augmentation de la prévalence de l’obésité, du diabète de type 2 et du syndrome métabolique a conduit à l’émergence d’un nouveau profil de maladie hépatique. Cette maladie associe une consommation d’alcool excessive associée à une disfonction du foie lié à des problèmes métaboliques, souvent observée chez les patients souffrant d’obésité. Dans ce contexte, le développement de nouvelles approches thérapeutiques visant à prévenir ou limiter les lésions hépatiques induites par l’alcool constitue un enjeu médical majeur. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité de nouvelles thérapies dans deux modèles murins de consommation excessive d’alcool afin de proposer de nouvelles thérapies pour les patients (nous réaliserons 45 projets sur 5 ans) .
Bénéfices attendus
L'intérêt de ce projet est la maîtrise des deux modèles de maladies hépatiques liées à l’alcool. Ils permettront de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans le développement de ces maladies métaboliques associée à la consommation excessive d’alcool et ainsi de tester et valider de nouvelles thérapies qui pourront être utilisés pour traiter les maladies hépatiques chez l'homme. Cette étude aura ainsi des bénéfices pour l'homme à long terme en extrapolant les résultats.
Procédures
Pour induire des complications hépatiques liées à l’alcool, des régimes enrichis en éthanol et une administration orale d’éthanol seront appliquées aux animaux pendant toute la durée du projet (jusqu’à 12 semaines). Les composés à tester/de référence seront administrés une à deux fois par jour par toutes voies possibles (1 minute sur animal vigile et 5 minutes sur animal anesthésié). Jusqu’à 6 prélèvements de sang seront réalisés au cours de la vie de l’animal afin de suivre des paramètres biologiques ou l’élimination des produits testés. Un prélèvement de sang dure environ 2 minutes par animal. Dans le cas de prélèvements de sang visant à quantifier des paramètres métaboliques, les animaux seront mis à jeun 6h maximum avant le prélèvement (retrait de l’aliment mais libre accès à l’eau). Dans le cadre du modèle sous régime liquide, nous hébergerons les animaux en cage individuelle avec un sur-enrichissement pendant 15 jours.
Impact sur les animaux
- L’administration d’éthanol par voie orale induit des effets similaires à une alcoolisation chez l’homme, avec un effet sédatif et une potentielle perte de conscience transitoire. - Obésité induite par l’ingestion d’un régime gras : Le maintien de l’animal sous régime gras favorise sa prise de poids et limite ses capacités de mouvements. - Les prélèvements de sang réalisés et les traitements : aucun effet douloureux n’est attendu après ces mesures cependant, il peut arriver qu’un animal soit stressé par certains gestes techniques (contentions pour administration ou prélèvement). - L’utilisation du régime liquide nécessite un hébergement individuel pendant 25 jours ( jusqu'à 10 jours d'acclimatation, 5 jours d’habituation au régime liquide et 10 jours avec l’ajout de l’éthanol au régime). Cela peut induire un stress. - La mise à jeun de 6h peut induire un stress léger.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour prélever les organes cibles (le foie notamment).
Remplacement
Les complications hépatiques liées à l’alcool et l’obésité sont des dérèglements multi organes, qui se passent de façon séquentielle dans un ordre bien précis lors du développement de la maladie. Pour trouver un traitement efficace ciblant les comorbidités, l'utilisation d'un modèle animal est nécessaire pour mimer à la fois l'atteinte multi-organe et l'évolution de la pathologie au cours du temps.
Réduction
Toutes les procédures nécessaires à la caractérisation de la pathologie, de ses comorbidités ou sa résolution, le cas échéant, seront réalisées sur le même animal afin de réduire le nombre d'animaux inclus dans l'étude. Quand plusieurs groupes de traitement sont étudiés, des tests statistiques sont réalisés.
Raffinement
L’état physique des souris est observé quotidiennement, des changements significatifs dans le comportement des animaux peuvent être annonciateurs de douleur : une démarche altérée ou une posture recroquevillée ou une déshydratation/perte d’appétit ou les yeux mi-clos ou une absence de selles ou une absence de comportement de toilettage, entraineront un examen clinique poussé. Si l’état clinique de l’animal venait à se dégrader et atteindre les points limites, ce dernier serait mis à mort. En cas de déshydratation, une injection sous cutanée de solution de réhydratation est réalisée. En cas d’hypothermie, l’animal sera placé en armoire chauffante. Pour limiter le stress lié à l’hébergement individuel dans le premier modèle, les cages étant transparentes et les unes à côté des autres, les animaux peuvent voir leur congénère à proximité. De plus nous ajouterons du sur-enrichissement (tunnel suspendu, igloo, cocoon...). Une habituation au régime liquide sera réalisée pendant 5 jours. Une habituation progressive à la contention sera prévue avant le début des traitements et/ou les prélèvements de sang (2 à 5 sessions). Enfin, en cas d'apparition de plaies en cours d’étude, des soins seront réalisés. L'utilisation des antibiotiques sera validé avec le vétérinaire désigné. Les prélèvements terminaux seront réalisés sous couverture anesthésique et analgésique adaptée.
Choix des espèces
Les deux modèles de souris utilisés dans le présent projet sont connus pour l'étude des complications hépatiques liées à l’alcool car suffisamment caractérisés et publiés. En conséquence la connaissance acquise sur ces deux modèles permet de limiter le nombre d'animaux utilisé. Les souris sont utilisées à partir de 10 semaines d’âge en référence à des publications qui recommandent de ne pas utiliser des souris plus jeunes car plus sensibles à l’éthanol.
Mise au point d’un modèle de souris pour mieux comprendre les effets de la dystrophie myotonique de type 1 sur le système nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Les souris de ce projet sont génétiquement modifiées pour déclencher à volonté les mécanismes de la dystrophie myotonique de type 1, l'induction se faisant dès le premier jour de vie pour une partie d'entre elles. 3 672 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour analyser leur cerveau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une injection sous anesthésie ou une chirurgie de trente minutes, deux mois de régime mou pour certaines, et le porteur cite parmi les symptômes attendus l'apathie, la myotonie "ou encore mort subite". Les deux tests d'anxiété prévus ne sont pas nommés.
Objectifs
La dystrophie myotonique de type 1 (DM1) est une maladie rare et multisystémique, avec un large éventail de symptômes cliniques affectant des patients de tous âges et des deux sexes. La DM1 est l'une des formes les plus courantes de dystrophie musculaire. Bien qu'elle ait été initialement caractérisée par des symptômes musculaires tels que la faiblesse musculaire, la myotonie, les défauts de conduction cardiaque; elle est hautement multisystémique. Les manifestations neuropsychologiques sont très invalidantes et particulièrement prononcées dans les formes précoces de la DM1. Ce projet vise à comprendre le rôle des différents types de cellules du cerveau (neurones, astrocytes et oligodendrocytes) dans les atteintes cérébrales observées dans la DM1, ainsi qu'à déterminer si ces atteintes sont réversibles et à quel moment la mise en place d'un traitement serait le plus efficace.
Bénéfices attendus
La dystrophie myotonique de type 1 (DM1) est la forme la plus fréquente de dystrophie musculaire chez l'adulte. Sa prévalence mondiale est estimée à 1 personne sur 8000, avec des variations selon les régions. Une étude récente suggère une prévalence globale pouvant atteindre 1 cas sur 2400 individus. La DM1 est une maladie chronique, évolutive et multisystémique, ainsi la prise en charge mobilise de nombreuses ressources médicales, sociales et familiales. Les soins de santé actuels se concentrent sur la réduction des incapacités grâce à des approches médicales multidisciplinaires, entraînant des coûts substantiels atteignant en moyenne 50 000 euros par patient par an. Ces dépenses peuvent s’élever à 1,5 million d’euros au cours des deux premières années de vie dans les cas congénitaux les plus sévères. Par conséquent, la recherche de traitements efficaces n’est pas seulement une nécessité médicale, mais également un impératif socio-économique essentiel pour améliorer la qualité de vie des patients, favoriser leur intégration socio-économique et réduire les coûts des soins de santé. Les efforts de recherche et de thérapie sur la DM1 se sont principalement concentrés sur les symptômes musculaires, tandis que la recherche sur la physiopathologie cérébrale a commencé plus tard et reste non résolue. Ce projet permettra de valider un nouveau modèle de souris unique, conçu pour reproduire plus fidèlement les atteintes cérébrales de la dystrophie myotonique de type 1 (DM1). Une fois ce modèle validé, il sera utilisé pour mieux comprendre le rôle des différents types de cellules du cerveau et il permettra également d'évaluer si ces troubles peuvent être corrigés lorsque l'expression des ARN toxiques est arrêtée, ce qui reproduit l'effet attendu de futures approches thérapeutiques ciblant le système nerveux central.
Procédures
En début de procédure, les animaux seront soumis à une injection sous anesthésie générale (1 minute) ou une chirurgie sous analgésie et anesthésie générale et locale (30 minutes). Les animaux suivront ensuite deux tests comportementaux pour tester l'anxiété (animal vigile, 30 minutes maximum par test). Quelques groupes d'animaux seront mis sous un régime alimentaire spécial en cours de procédure (animal vigile, 2 mois maximum). Enfin, un prélèvement sanguin sera réalisé en fin de procédure (animal sous anesthésie générale, 1 minute) suivi d'une euthanasie réglementaire (animal sous anesthésie générale pour certains groupes avec un acte de 1 minute et animal sous anesthésie générale et analgésie pour les groupes avec chirurgie terminale de 15 minutes).
Impact sur les animaux
Dans le cadre de ce projet, les animaux seront exposés à plusieurs nuisances : les injections pourront provoquer une douleur légère et de courte durée au niveau du site d'injection. Certaines injections et prélèvements sanguins pourraient engendrer un hématome ou une hémorragie dans de rares cas. Les actes chirurgicaux peuvent entrainer des douleurs modérées ainsi que des difficultés de récupération et de cicatrisation. Certains actes seront réalisés sous anesthésie ce qui pourrait provoquer une hypothermie et dans de rares cas une détresse cardiorespiratoire. Les tests comportementaux peuvent engendrer un stress chez l'animal. Les incisives pourraient connaitre une pousse excessive avec la mise en place d'une alimentation spéciale molle. Enfin, les animaux pourraient développer des symptômes de la dystrophie musculaire après l'induction via administration : apathie, somnolence, myotonie ou encore mort subite.
Devenir
En fin de procédure, les animaux seront euthanasiés afin de pouvoir réaliser toutes les analyses nécessaires au projet : différents prélèvements seront réalisés afin d'analyser les effets de la maladie sur le cerveau. Ces analyses permettront d'étudier le fonctionnement de certains gènes, d'observer la présence des marqueurs caractéristiques de la maladie, d'évaluer l'état des cellules du cerveau, de mesurer le poids du cerveau et de rechercher d'éventuels signes d'inflammation ou d'altérations des tissus.
Remplacement
Le projet se concentre sur une maladie humaine rare : la dystrophie myotonique de type 1 (DM1). Des études préliminaires ont validé la stratégie en culture cellulaire, où le système d'activation-réversion a démontré son efficacité. Ces travaux ont été réalisés sur des neurones primaires et seront étendus aux astrocytes et aux oligodendrocytes. Toutefois, si les modèles de culture cellulaire permettent d'étudier certains mécanismes à l'échelle d'une cellule ou d'un type cellulaire, ils ne reproduisent pas la complexité d'un organisme entier. L'utilisation de souris génétiquement modifiées est donc indispensable pour étudier les interactions entre les différents tissus et cellules, ainsi que les effets de la stratégie thérapeutique dans un contexte physiologique complet.
Réduction
3672 animaux seront utilisés dans ce projet. Afin de réduire et d’optimiser le nombre d’animaux, la stratégie a d'abord été validée in vitro, ensuite, tous les animaux issus des croisements (sans distinction de sexe) seront utilisés et les souris n’ayant pas le génotype d’intérêt seront utilisées comme contrôles, enfin nous utiliserons les mêmes groupes contrôles pour chaque expérience. La procédure a été établie de manière à ce que chaque animal testé permette d’obtenir le plus de résultats possibles (physiologie, biologie moléculaire, histologie...). Nos études précédentes, nous ont permis de déterminer le nombre minimum de souris à utiliser afin de nous permettre de réaliser des analyses statistiques fiables.
Raffinement
Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères (l’hébergement individuel est limité au maximum) en portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture et l’eau. Le milieu est enrichi avec deux enrichissements minimum (nidification et mastication) et les animaux sont vérifiés quotidiennement. Les animaux sont déjà acclimatés à l'environnement car l'élevage est dans l'établissement. Le projet a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal. Une anesthésie associée à une analgésie est mise en place dès que nécessaire (injections, chirurgie, prélèvements). Des précautions sont prises pour éviter le rejet par la mère dès que des souriceaux sont manipulés. Un gel ophtalmique est placé sur les yeux des souris adultes endormies afin d’éviter une sécheresse oculaire. Quand les animaux sont sous anesthésie, ils sont placés sur tapis chauffant pour limiter l’hypothermie. Pour les tests comportementaux les animaux seront manipulés dans une pièce dédiée au calme. Si les régimes alimentaires particuliers sont mous, un bâton à ronger en bois sera ajouté dans la cage. Ainsi, la douleur et le stress sont limitées en apportant des soins adaptés ainsi qu’une surveillance attentive accompagnée de points limites suffisamment prédictifs et précoces.
Choix des espèces
Nous utilisons un modèle de souris spécialement développé pour cette étude, qui permet de déclencher de manière contrôlée les mécanismes de la dystrophie myotonique de type 1. Ce modèle est particulièrement adapté pour comprendre comment la maladie affecte le cerveau et pour évaluer l'efficacité de nouvelles approches thérapeutiques dans des conditions proches de celles observées chez les patients. Deux âges sont utilisés : la naissance (1 jour de vie), pour reproduire une atteinte d'origine périnatale (formes congénitale et pédiatrique), et l'âge adulte (60 jours de vie), pour reproduire une atteinte d'origine tardive. Les analyses sont conduites jusqu'à un âge maximal de 6 mois. Ce choix permet de valider l'induction et l'extinction du système à des âges d'apparition représentatifs de l'hétérogénéité clinique de la maladie.
Évaluation du potentiel thérapeutique de candidats médicaments en oncologie sur des modèles murins développés par xénogreffe et allogreffe de cellules cancéreuses
- Recherche appliquée
- Cancers
Des cellules cancéreuses injectées dans la peau, les muscles, les os, les articulations, la prostate, les glandes mammaires, le cerveau ou le cœur, puis jusqu'à quatorze semaines de traitements expérimentaux : 1 800 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées puis autopsiées à l'issue. Le projet teste des candidats anticancéreux au fil de dix études, dont les effets indésirables sont discutés "avec les clients" avant chaque protocole. Certaines souris ont un système immunitaire inactif. Pour l'ostéosarcome, un cancer des os, le porteur prévoit d'injecter des souris âgées de 4 à 5 semaines.
Objectifs
Ce projet vise à tester de nouveaux traitements contre le cancer, en utilisant des modèles de tumeurs créés par injection de cellules cancéreuses chez la souris. Pour 5 ans de projet, le nombre maximal d’animaux utilisés sera de 1800 souris. Le nombre d’études/protocoles prévisionnel sur les 5 ans de projet est de 10 études/protocoles. Certain(e)s études/protocoles pourront nécessiter environ 10 à 20 animaux, tandis que d’autres pourront nécessiter jusqu’à 360 animaux maximum. L’effectif de chaque étude sera adapté aux besoins scientifiques et expérimentaux. Le nombre de 10 études/protocoles constitue alors une estimation prévisionnelle et pourra évoluer en fonction des besoins scientifiques, sans que le nombre total de souris utilisées puisse dépasser 1 800 sur la durée du projet. Les modèles de tumeurs créés chez la souris ont de nombreux avantages en recherche préclinique, notamment : (i) mimer et pouvoir étudier les mécanismes biologiques impliqués dans le développement et la récidive des cancers; (ii) permettre l’étude des interactions entre les cellules cancéreuses et ce qui les entourent ; (iii) permettre d’analyser la/les réponse(s) des cellules cancéreuses aux traitements en cours de développement ; (iv) permettre d’étudier les voies d’administration et le devenir des molécules à l’étude dans l’organisme, tout en analysant leurs toxicités ; et (v) pouvoir prédire les applications de ces potentiels traitements chez l’homme. Suivant le type de cellules cancéreuses utilisées et le site d’implantation choisi pour celles-ci, il est possible de créer différents modèles tumoraux chez la souris, tels que le cancer du sein ou encore de la prostate.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet sont principalement de nature scientifique et translationnelle (la recherche translationnelle vise à transformer les découvertes scientifiques en applications concrètes pour les patients). À court terme, ce projet permettra d’évaluer, dans des systèmes vivants intégratifs pertinents, l’efficacité et la tolérance d’anticancéreux potentiels. Il fournira des données sur la biodisponibilité (portion et vitesse de passage dans la circulation sanguine) et le métabolisme (transformation chimique) des molécules, leurs capacités à inhiber le développement des tumeurs et leurs éventuels effets toxiques. L’ensemble des résultats pourra être extrapolé à ce qui pourrait être observé chez l’homme, ce qui permettra d’identifier les traitements les plus prometteurs et d’orienter les décisions de poursuite ou d’arrêt de leur développement. À moyen terme, les données générées contribueront à améliorer la compréhension des mécanismes liés au développement des cancers. Elles permettront également d’approfondir les connaissances sur les mécanismes d’action des familles chimiques des molécules étudiées. De plus, les résultats obtenus permettront d’affiner la méthodologie de développement des modèles précliniques tumoraux. Grâce aux retours d’expériences, le développement des futurs candidats médicaments en oncologie sera mieux orienté. À plus long terme, ce projet vise à contribuer à la sélection rationnelle de candidats médicaments destinés aux essais cliniques. Les résultats obtenus permettront ainsi de réduire les incertitudes liées à l’extrapolation des données expérimentales à l’humain, tout en améliorant la pertinence des choix faits lors de la phase de développement préclinique des futurs médicaments anti-cancéreux.
Procédures
Les études prévoient une injection unique de cellules cancéreuses par différentes voies d'administration (au niveau de la peau, des muscles, du tissu osseux, des articulations, de la prostate, des glandes mammaires, du cerveau, du cœur ou par voie intraveineuse). La voie d’administration dépendra du cancer à modéliser. Cette injection sera réalisée sous anesthésie générale, avec une prise en charge adaptée de la douleur. La durée de l’injection variera de 1 à 30 minutes selon la voie d'administration utilisée, et une radiographie pourra être réalisée pendant la procédure (5 à 10 minutes). Le volume injecté dépend de la voie d'administration et est défini à partir de critères physiologiques propres à la souris, dans le respect du bien-être animal et conformément aux recommandations des guides de bonnes pratiques. Les traitements expérimentaux pourront être administrés avant et/ou après l'injection des cellules cancéreuses, jusqu'à 14 semaines après celle-ci, par différentes voies (orale, sous-cutanée, intraveineuse, intrapéritonéale, intramusculaire ou intra-articulaire). Les administrations dureront de 1 à 8 minutes et pourront être répétées selon le protocole expérimental. Les volumes administrés dépendront de la voie d'administration, et ils sont définis à partir de plusieurs critères physiologiques propres à la souris, en tenant compte du respect du bien-être animal, et des conseils rassemblés dans les guides de bonnes pratiques. Les fréquences des administrations dépendront de la voie d'administration et de la nature des traitements expérimentaux. Les fréquences d’administration sont définies à partir de plusieurs critères physiologiques propres à la souris, en tenant compte du respect du bien-être animal, et des conseils rassemblés dans les guides de bonnes pratiques. Au cours des études, des prélèvements sanguins, des collectes d'urine et, en fin d'étude, des prélèvements de liquide synovial (liquide présent dans les articulations) pourront être réalisés. Les prélèvements sanguins seront effectués sur des animaux vigiles, en moins de 5 minutes, dans le respect des limites réglementaires en termes de volume et de fréquence des prélèvements. Les prélèvements de liquide synovial seront réalisés sous anesthésie générale avant la mise à mort.
Impact sur les animaux
Une observation quotidienne de l’état général des animaux, ainsi qu’une évaluation clinique détaillée à minima 2 fois par semaine du comportement, du poids, et des volumes tumoraux seront réalisées tout au long de l’étude afin d’identifier et circonscrire ou éliminer le plus rapidement et efficacement possible toute nuisance ou effet indésirables éventuels sur les animaux. Des nuisances ou effets indésirables liés à l’induction du/des modèles oncologiques murins (injection des cellules cancéreuses sur les souris) et au développement tumoral sont attendus dans ce projet. Plus précisément, nous surveillerons l'état général et clinique des animaux pour déceler tout éventuel traumatisme et inflammation au niveau des sites d’injections des cellules cancéreuses, ainsi que tout mal-être en lien avec le développement de la/des tumeur(s). Des nuisances ou effets indésirables liés aux traitements à tester peuvent être observés lors de leurs administrations ou plus tardivement (exemple : perte de poids). Les nuisances et effets indésirables susceptibles d’être observés seront abordés avec les clients avant toute mise en œuvre de l’étude / du protocole. Ils seront également anticipés grâce aux informations obtenues au cours d’études / de protocoles préalablement réalisés et à une veille bibliographique inhérente au(x) traitement(s) à administrer.
Devenir
À l’issue de chaque étude/protocole, les animaux seront anesthésiés, mis à mort puis autopsiés, et les organes d’intérêt seront prélevés. Les échantillons sanguins, urinaires et de liquide synovial (liquide présent dans les articulations) seront analysés afin de déterminer les concentrations des molécules testées dans ces compartiments, d’évaluer leurs toxicités et la réponse biologique aux traitements. Les organes prélevés pourront également faire l’objet d’analyses diverses afin d’évaluer la distribution des molécules dans l’organisme, d’étudier leurs éventuelles toxicités et d’analyser les éventuelles modifications tissulaires suite aux traitements (tissus sains et tissus cancéreux).
Remplacement
De manière générale, les traitements que nous évaluons sur des modèles animaux ont fait l’objet de tests préliminaires mais le passage chez l’animal reste indispensable afin d’identifier et analyser les interactions des molécules à l’étude avec l’organisme. En effet, les tests préliminaires actuels permettent d’anticiper les comportements des molécules testées, mais ne fournissent pas d’informations fiables sur leurs effets généraux sur l’organisme. Aucune méthode alternative ne permet actuellement de reproduire tous les paramètres physiologiques qui sont liés à un individu dans sa globalité. De plus, dans le cadre des études en cancérologie, il est pour le moment impossible de reproduire artificiellement les mécanismes et la complexité de la pathologie.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe sera réduit au minimum tout en s’assurant de pouvoir obtenir des résultats fiables et ainsi permettre une interprétation robuste des données et éviter toutes répétitions du protocole/de l’étude. Le nombre d’animaux par groupe sera de 10 maximum. Ce nombre a été déterminé grâce à nos données historiques et à des calculs. Cet effectif pourra être revu à la baisse après analyse de résultats préliminaires et dans le cas où le(s) traitement évalué(s) est/sont connu(s) (exemple : traitement(s) de référence). Le nombre de groupe sera de 10 maximum, par temps d’analyse expérimental (3 temps expérimentaux d’analyse maximum par étude / protocole). De plus, les groupes seront optimisés pour éviter toute redondance. En cas de risque d’exclusion d’animaux identifié (exemple : animaux de nature agressive), il sera possible d’ajouter des animaux de réserve. Le nombre d’animaux de réserve ne dépassera pas 20% de l’effectif total ou 1 animal par groupe par temps expérimental d’analyse.
Raffinement
Une phase d’acclimatation, de minimum 7 jours, sera respectée. Les animaux seront stabulés en groupes sociaux dans des locaux adaptés (pièces sous atmosphère contrôlée, cages ventilées, accès ad libitum à l’eau et à la nourriture, enrichissement (tunnel) permettant leur maintien dans un environnement adéquat, n'induisant pas de mal être. Un hébergement individuel temporaire pourra-être mise en place par exemple en cas de complications post-opératoires nécessitant un isolement (réouverture d’un site opératoire, etc.) ou encore en cas d’agressivité. Dans ce cas, l’enrichissement sera augmenté. Un suivi quotidien et un suivi clinique plus approfondi, à minima 2 fois par semaine, seront réalisés, avec prise de poids, mesure du volume des tumeurs et observations des caractéristiques spécifiques aux modèles tumoraux (exemple : observation des signes de boiterie pour le modèle ostéosarcome (cancer des os)). Les animaux seront maintenus un minimum de temps en situation d’inconfort lors de leur manipulation (ex : au moment de leur pesée et de la mesure du volume de la tumeur, ou au moment des prélèvements sanguins). Nous mettrons en place des mesures adaptées et spécifiques pour réduire au maximum/éliminer le mal être éventuel occasionné par les manipulations, le développement tumoral et les différents traitements : les conditions d’hébergement seront optimisées (litière spécifique, augmentation de l’enrichissement, facilité d’accès à l’alimentation/ à l’eau et ajout de nourriture appétente), nous utiliserons des traitements antalgiques dès l’apparition de signes cliniques de douleur ou pour éviter l’apparition de ceux-ci. Tout animal ayant atteint un ou plusieurs points limites, repérés le plus précocement possible grâce à un suivi clinique précis, sera mis à mort.
Choix des espèces
La souris est un modèle animal largement utilisé dans les études précliniques en raison de la proximité de nombreuses caractéristiques biologiques et physiopathologiques avec celles observées chez l’homme. Il s’agit d’un modèle très bien caractérisé, pour lequel il existe un important recul scientifique ainsi que de nombreuses données de référence. De plus, sa taille et ses caractéristiques physiologiques permettent le prélèvement de volumes suffisants de liquides biologiques (sang, liquide synovial, etc.) afin de réaliser l’ensemble des analyses requises dans le cadre des projets scientifiques. Ainsi, la souris constitue un modèle pertinent pour étudier les mécanismes pathologiques, évaluer l’efficacité et la tolérance des médicaments en développement, et générer des données utiles à la préparation des essais cliniques chez l’homme. Selon les questions scientifiques initialement posées dans les études/protocoles, des souris ayant une système immunitaire inactif ou actif pourront être utilisées. Le choix du sexe et de l’âge au démarrage des études/protocoles des souris sera également défini en fonction des questions scientifiques auxquelles souhaitent répondre les études/protocoles. Les cancers peuvent toucher les patients à n’importe quel âge, mais il est recommandé d’effectuer les injections de cellules cancéreuses sur des souris âgées de 4 à 10 semaines. Pour modéliser des cancers pédiatriques, tel que l’ostéosarcome, il est recommandé, par exemple, d’injecter les cellules cancéreuses sur des souris jeunes âgées de 4 à 5 semaines, pour que le modèle soit pertinent. Les modèles de cancer peuvent être induits sur des souris femelles ou mâles. Cependant, suivant le cancer à modéliser, le choix du sexe des souris doit être pertinent. Par exemple, la modélisation du cancer du sein se fait majoritairement sur des souris femelles.
Évaluation des effets comportementaux et physiologiques de différentes substances pharmacologiques chez le rongeur
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
Rats : 1400
Jusqu'à 200 souris et 200 rats pourront être gardés en vie puis éventuellement réutilisés, à condition qu'aucun prélèvement post-mortem ne soit prévu pour eux, les autres étant tués pour prélever sang et organes. Au total, 2 800 rongeurs, 1 400 souris et 1 400 rats, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, pour mesurer la tolérance de dix substances pharmacologiques. Ils reçoivent jusqu'à quatorze jours d'administrations quotidiennes par gavage ou injection, une batterie d'observations fonctionnelles pouvant durer 24 heures, et pour certains un test de force de préhension ou un test de Von Frey, où une stimulation mécanique est appliquée jusqu'au retrait de la patte. Le choix de l'espèce tient en deux phrases, qui décrivent les rongeurs comme des "modèles fréquemment décrits".
Objectifs
L’objectif de ce projet est d’évaluer les effets comportementaux et physiologiques de différentes substances pharmacologiques chez le rongeur afin d’identifier des conditions d’administration bien tolérées. Jusqu’à 10 études pourront être réalisées sur la durée du projet, correspondant chacune à l’évaluation d’une substance d’intérêt. Selon les résultats obtenus, certaines études pourront comporter des évaluations complémentaires de la sensibilité mécanique, de la force de préhension ou des paramètres biologiques.
Bénéfices attendus
Ce projet contribuera à une meilleure compréhension des effets comportementaux et physiologiques de substances d’intérêt pharmacologique. Les résultats pourront orienter la sélection de molécules candidates pour un développement ultérieur, tout en améliorant la prédiction préclinique de leurs effets secondaires potentiels.
Procédures
Les animaux recevront soit une administration unique, soit des administrations quotidiennes pendant une durée maximale de 14 jours, selon la substance évaluée et l’objectif expérimental. Sur l’ensemble du projet, un maximum de 2800 animaux pourra être utilisé. Certains animaux, dans la limite de 400 maximum, pourront faire l’objet de prélèvements sanguins sous anesthésie gazeuse. En fin de procédure, une mise à mort pourra être réalisée lorsqu’un prélèvement de sang ou d’organes/tissus post-mortem est nécessaire.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus sont principalement un stress lié aux manipulations et aux administrations répétées, un inconfort lors des gavages, une douleur ou gêne transitoire lors des injections intrapéritonéales ou intraveineuses, ainsi qu’un stress lors des observations comportementales. Le test de Von Frey peut également induire une douleur ou un inconfort transitoire, la stimulation mécanique étant appliquée jusqu’au seuil de retrait de la patte.
Devenir
Les animaux pour lesquels des prélèvements sanguins ou d’organes/tissus post-mortem sont nécessaires seront mis à mort à la fin de la procédure. Un nombre estimé maximal de 400 animaux, soit jusqu’à 200 souris et 200 rats, pourra être maintenu en vie et éventuellement réutilisé, sous réserve qu’aucun prélèvement post-mortem ne soit nécessaire, qu’aucun point limite n’ait été atteint et qu’aucun effet résiduel de la substance ne soit observé. Leur éligibilité à une réutilisation sera évaluée conformément à la réglementation. Aucun replacement ni aucune adoption ne sont prévus.
Remplacement
Dans la mesure du possible, les substances étudiées sont préalablement évaluées à l’aide de méthodes in vitro, notamment afin d’identifier et d’écarter les molécules présentant une toxicité incompatible. Cette étape permet de limiter le recours à l’animal aux substances pour lesquelles une évaluation intégrée à l’échelle de l’organisme reste nécessaire. Toutefois, les méthodes expérimentales in vitro ou in silico ne permettent pas de reproduire l’ensemble des interactions complexes entre les systèmes nerveux, cardiovasculaire, endocrinien et métabolique impliqués dans la réponse globale d’un organisme à une substance pharmacologique. Elles ne permettent notamment pas d’évaluer de manière complète les effets neurocomportementaux complexes. Le recours au modèle animal reste donc nécessaire pour atteindre les objectifs du projet.
Réduction
Le nombre d’animaux sera limité au strict nécessaire. En général, la variabilité des réponses aux effets d’un traitement administré chez le rongeur justifie une taille minimale de groupe de 10 animaux par condition expérimentale. La variabilité élevée en comportement et physiologie justifie cette taille minimale. Un effectif inférieur peut exposer à un risque de devoir reproduire les procédures pour valider statistiquement la solidité des résultats obtenus par une analyse de la variance (ANOVA). En cas de résultat significatif, les différences entre chaque groupe et le groupe contrôle seront explorées à l’aide d’un test de comparaisons multiples adapté (Dunnett ou Tukey). Afin de limiter le nombre d’animaux, la procédure 1 constitue une étape de criblage initial. Les procédures 2 et 3 ne seront déclenchées qu’en seconde intention, uniquement si le test FOB met respectivement en évidence une modification de la sensibilité mécanique ou de la force de préhension. Les effectifs prévus pour ces procédures correspondent donc à un maximum théorique et ne seront pas utilisés en l’absence de signal lors de la procédure 1. Lorsque la cinétique d’action de la substance, l’état clinique des animaux et l’absence d’interférence entre tests le permettront, les évaluations complémentaires seront réalisées sur les mêmes animaux. Une nouvelle cohorte ne sera utilisée que lorsque la durée d’observation du FOB, pouvant aller jusqu’à 24 h, ou les contraintes temporelles des mesures rendent l’utilisation des mêmes animaux scientifiquement non pertinente.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe afin de maintenir leur socialisation et dans des cages enrichies. Les substances évaluées sont sélectionnées sur la base d’une analyse préalable approfondie de la littérature scientifique et des données disponibles concernant notamment leur pharmacologie, leur pharmacocinétique et leur profil de tolérance. Les doses et voies d’administration retenues sont ainsi définies à partir de données existantes, lorsque celles-ci sont disponibles, afin de limiter le risque d’effets indésirables non anticipés. Les administrations seront effectuées sur des animaux vigiles par du personnel expérimenté. Les administrations par voie orale seront réalisées à l’aide de sondes souples afin de limiter les irritations. Le cas échéant, les prélèvements sanguins seront réalisés sous anesthésie afin de réduire l’inconfort et le stress des animaux. L’état clinique des animaux sera évalué quotidiennement selon les points limites définis dans les procédures. Tout animal atteignant un point limite sera pris en charge conformément aux critères établis, avec mise à mort si nécessaire, afin de limiter au maximum la douleur, la souffrance et l’angoisse.
Choix des espèces
Après une étude de la littérature scientifique, les rongeurs sont des modèles fréquemment décrits pour l’étude de la tolérance d’un produit pharmacologique. Les animaux utilisés seront adultes conformément à la littérature.
Évaluation de protéines modifiées pour le développement d’une thérapie génique contre la Dystrophie Myotonique de type 1 chez la souris
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
Pour tester des outils de thérapie génique contre la dystrophie myotonique de type 1, 2 600 souris issues de deux lignées modifiées pour présenter des signes de la maladie vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune reçoit une injection unique d'un vecteur viral sous anesthésie, certaines passent un test d'agrippement et un électrocardiogramme, et une partie est opérée pour mesurer la contraction du muscle sous stimulation électrique du nerf, avant d'être tuée sans réveil pour prélever muscles, diaphragme et cœur. Le porteur affirme que ces phénotypes "ne compromettent pas le bien-être des animaux". Il prévoit pourtant de déposer la nourriture au fond de la cage en cas de "faiblesse musculaire importante".
Objectifs
La dystrophie myotonique de type 1 est une maladie fréquente chez l’adulte qui touche principalement les muscles, mais aussi le cœur et certains aspects du fonctionnement du système nerveux. Elle entraîne une faiblesse musculaire, une diminution de la masse musculaire, des difficultés de relâchement des muscles après contraction, ainsi que des troubles cardiaques pouvant être graves. L’importance des symptômes varie fortement d’une personne à l’autre. Cette variabilité dépend notamment de caractéristiques génétiques propres à la maladie, ce qui rend son évolution difficile à prévoir et à prendre en charge. Au cours du temps, la maladie a tendance à s’aggraver progressivement, ce qui contribue à la détérioration de l’état des patients. À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement permettant de guérir cette maladie. Il est donc nécessaire de mieux comprendre ses mécanismes et de développer de nouvelles approches thérapeutiques. Pour cela, l’utilisation de modèles animaux est indispensable. Certains modèles de souris reproduisent une partie des anomalies observées chez les patients, tandis que des modèles plus récents présentent des atteintes plus proches de la maladie humaine, notamment au niveau des muscles et du cœur. Dans ce contexte, ce projet a pour objectif de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur l’utilisation de vecteurs viraux permettant d’introduire du matériel thérapeutique dans les cellules. Ces approches visent à corriger les dysfonctionnements observés dans les cellules malades. L’objectif est d’améliorer ces outils afin d’identifier les plus efficaces et les plus adaptés à une utilisation future. Le projet comprend plusieurs étapes : (i) tester différentes versions de ces outils chez la souris ; (ii) évaluer des éléments permettant d’en améliorer le fonctionnement ; (iii) comparer plusieurs stratégies issues de cette optimisation ; (iv) analyser les effets à court et à long terme des approches les plus prometteuses après leur administration.
Bénéfices attendus
La dystrophie myotonique de type 1 (DM1) est la maladie musculaire la plus fréquente chez l’adulte (1 personne sur 8000 en moyenne au niveau mondial) et est très invalidante. Il n’y a encore aucun médicament pour cette maladie. L’attente des patients pour un traitement ciblé est donc très forte. L’objectif principal de ce projet est la validation de composés thérapeutiques innovants, développés dans notre laboratoire, qui permettraient une amélioration des symptômes spécifiques à la maladie dans le modèle murin, pour ensuite passer à des essais chez l’homme et avoir un médicament spécifique. Les composés évalués dans ce projet pourraient à terme bénéficier, en théorie, à tous les patients atteints de DM1.
Procédures
Les animaux recevront une injection unique d’un outil thérapeutique transporté par un vecteur viral permettant l’introduction d’un matériel thérapeutique dans les cellules. Cette administration pourra être réalisée soit localement (intramusculaire), soit de manière systémique (dans la circulation sanguine). L’injection est réalisée sous anesthésie générale et dure moins de 2 minutes par animal. Elle n’est pas répétée. Seuls les animaux recevant une injection systémique feront l’objet d’un prélèvement sanguin initial avant administration. Ce prélèvement dure moins de 2 minutes. Les animaux recevant une injection systémique pourront également faire l’objet d’évaluations fonctionnelles non invasives comprenant un test de force musculaire par agrippement (grip test ; durée d’environ 10 minutes par animal) ainsi qu’un électrocardiogramme (ECG ; durée d’environ 5 à 10 minutes par animal sous anesthésie générale légère). Ces examens ne provoquent pas de douleur. Les animaux recevant une injection intramusculaire ou systémique pourront faire l’objet d’une évaluation terminale de la fonction musculaire in situ nécessitant une intervention chirurgicale d’environ 15 à 20 minutes. Cette procédure est réalisée sous anesthésie générale profonde associée à une analgésie adaptée. Elle permet de mesurer les paramètres de contractilité musculaire en réponse à une stimulation électrique du nerf moteur. À l’issue de cette évaluation, les animaux recevant une injection systémique feront l’objet d’un prélèvement sanguin terminal d’une durée inférieure à 2 minutes, réalisé sous anesthésie générale profonde. Les animaux sont ensuite euthanasiés avant leur réveil afin d’éviter toute douleur, souffrance ou gêne post-opératoire.
Impact sur les animaux
Les études précédentes indiquent que l’administration de ces outils thérapeutiques n’entraîne pas de douleur ni d’effets nocifs détectables chez les animaux. Le modèle de souris utilisé dans ce projet présente des caractéristiques proches de la maladie humaine, avec notamment une faiblesse musculaire et des difficultés de relaxation musculaire. Ces manifestations n’ont pas été associées à des signes de douleur, même après plusieurs mois d’évolution. Les effets indésirables attendus sont principalement liés à cet état pathologique ainsi qu’aux différentes manipulations expérimentales. Les manipulations courantes (pesée, injections, anesthésie) peuvent provoquer un stress léger et de courte durée. Les prélèvements sanguins peuvent entraîner une douleur brève, ainsi qu’un faible risque d’hématome ou de saignement au point de prélèvement. Les outils utilisés dans ce projet, ou des approches similaires, ont déjà été testés chez la souris sans effets secondaires notables. Une légère sensibilité locale peut néanmoins apparaître au point d’injection, notamment lors des administrations dans le muscle.
Devenir
Tous les animaux qui entreront dans ce projet (soit un maximum de 2600 souris) seront euthanasiés à la fin de la procédure à laquelle ils seront associés. En effet, dans le cadre de l'évaluation d'approches thérapeutiques comme celles décrites dans ce projet, nous devons vérifier la correction des symptômes moléculaires au niveau des organes atteints. Dans le cas des modèles murins de la maladie que nous étudions (Dystrophie myotonique de type 1), nous devons vérifier l'efficacité de notre traitement au niveau des muscles, du diaphragme et du coeur, ce qui rend strictement nécessaire l’euthanasie en fin de procédure afin de prélever ces organes. Ces marqueurs moléculaires sont très spécifiques à la maladie et corrèlent très bien avec l'état de sévérité et donc également avec l'efficacité du traitement. Ces études d'efficacité seront complétées par l'analyses de marqueurs sanguins pour déceler une éventuelle toxicité.
Remplacement
Dans un objectif de remplacement, les composés thérapeutiques seront d’abord testés sur des cellules en laboratoire, avant toute utilisation chez l’animal. Cependant, ces modèles cellulaires ne reproduisent pas totalement le fonctionnement des muscles adultes. Les fibres musculaires sont des cellules complexes et très spécialisées, difficiles à reproduire en dehors de l’organisme. Il est donc nécessaire d’évaluer ces approches chez l’animal afin de vérifier leur efficacité dans un organisme entier. Pour cela, des modèles de souris reproduisant la maladie humaine seront utilisés. Ces modèles permettent d’étudier les effets des traitements à la fois au niveau biologique et au niveau fonctionnel (muscles, cœur). Seuls les composés ayant montré une bonne efficacité en laboratoire et l’absence d’effets indésirables seront testés chez la souris. Ces composés seront administrés soit localement dans le muscle, soit par voie générale (dans la circulation). Deux modèles de souris seront utilisés, présentant des formes de maladie différentes, afin de mieux refléter la diversité observée chez les patients.
Réduction
Le nombre d’animaux a été limité au strict minimum nécessaire afin de répondre aux objectifs scientifiques du projet. Tous les animaux issus des croisements seront utilisés, sans distinction de sexe. Les animaux ne présentant pas les caractéristiques attendues seront utilisés comme groupes de comparaison, ce qui permet d’éviter d’en utiliser davantage. Le protocole a également été conçu pour tirer le maximum d’informations de chaque animal. Plusieurs types d’analyses seront réalisés sur les mêmes individus et sur différents tissus, afin de limiter le nombre total d’animaux utilisés. Le projet est organisé en plusieurs étapes successives. La poursuite des étapes suivantes dépendra des résultats obtenus aux étapes précédentes. Cette approche permet d’éviter des expérimentations inutiles et de réduire le nombre d’animaux utilisés. Le nombre total d’animaux nécessaires a été déterminé à l’aide d’un calcul préalable, permettant de s’assurer que les résultats obtenus seront fiables tout en utilisant le moins d’animaux possible. Les résultats seront analysés à l’aide de méthodes statistiques adaptées, afin de garantir une interprétation rigoureuse des données. Au total, un maximum de 2600 animaux sera utilisé dans ce projet.
Raffinement
Afin de limiter au maximum le stress et la souffrance animale, toutes les mesures nécessaires seront mises en œuvre tout au long du protocole. Les animaux seront pris en charge par du personnel qualifié. Leur bien‑être sera assuré grâce à un environnement adapté, comprenant des éléments d’enrichissement (matériaux à ronger, abris). Les souris seront hébergées en groupe (jusqu’à six individus), avec un accès libre à l’eau et à la nourriture, et dans des conditions contrôlées de température, d’humidité et de lumière (alternance jour/nuit). L’hébergement individuel sera évité autant que possible. Si cela est nécessaire, des enrichissements supplémentaires seront fournis et une attention particulière sera portée à leurs conditions de vie. Une surveillance quotidienne des animaux sera assurée. Des critères précis permettront de détecter toute altération de l’état général (perte de poids, signes de souffrance). Si nécessaire, les animaux seront euthanasiés afin d’éviter toute souffrance prolongée. Lors des procédures expérimentales, une anesthésie sera utilisée lorsque nécessaire, ainsi qu’un traitement adapté visant à prévenir la douleur. Une surveillance renforcée sera mise en place pendant une à deux heures après chaque intervention. Les manipulations seront réalisées avec précaution afin de limiter le stress et l’inconfort des animaux, notamment lors des manipulations pouvant déclencher des contractions musculaires. En cas de faiblesse musculaire importante, la nourriture sera placée au fond de la cage afin de faciliter l’accès.
Choix des espèces
Différents modèles animaux de cette maladie ont été développés, mais les modèles murins sont les seuls à reproduire de manière fiable les principaux signes observés chez les patients. Dans ce projet, deux modèles de souris présentant des formes différentes de la maladie seront utilisés. Ils reproduisent les principales caractéristiques de la pathologie, notamment des anomalies du fonctionnement musculaire, une faiblesse musculaire ainsi que des atteintes cardiaques. Ces modèles sont donc particulièrement adaptés pour évaluer l’efficacité de nouvelles approches thérapeutiques. Aucun de ces modèles ne présente d’altération majeure de l’état général des animaux. Les animaux seront utilisés au stade adulte (à partir de 8 semaines d’âge), lorsque leur croissance et leur développement sont terminés. Les phénotypes observés dans ces modèles restent compatibles avec un bon état général et ne compromettent pas le bien-être des animaux.
Évaluation de l’effet combinatoire de la radiothérapie et d’un virus oncolytique avec ou sans immunothérapie sur le contrôle tumoral
- Recherche appliquée
- Cancers
Greffées de cellules tumorales sous la peau, puis soumises à quatre injections d'un virus dans la tumeur, à des irradiations localisées et à quatre injections d'anticorps, 1 152 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue pour examiner leurs tissus. Il s'agit de mesurer si l'association de la radiothérapie, d'un virus oncolytique et d'une immunothérapie freine la croissance des tumeurs. Le porteur indique que ces tumeurs nécrosent "malgré leur petite taille", avec une douleur modérée possible. Parmi les raisons du choix de l'espèce, il cite l'agrément de son animalerie, qui autorise l'hébergement "des souris seulement".
Objectifs
Ce projet vise à évaluer l’efficacité préclinique du traitement combiné: radiothérapie et virus oncolytique, avec ou sans immunothérapie sur le contrôle tumoral.
Bénéfices attendus
En adoptant cette approche, nous visons à minimiser les limitations des thérapies utilisées seules, à améliorer les résultats thérapeutiques et à augmenter la réponse globale des tumeurs en limitant les toxicités liées aux traitements. Cette stratégie de traitement à multiples facettes non seulement promet d'améliorer les résultats thérapeutiques actuels mais pourrait également nous conduire à développer de nouvelles stratégies de traitement antitumoral plus efficaces et moins toxique en particulier pour la prise en charge des cancers résistants. Ce projet espère fournir une base solide et des nouvelles perspectives pour optimiser les traitements cliniques futurs tout en réduisant les effets secondaires des thérapies en question. L’association d’un virus oncolytique avec la radiothérapie constitue une approche prometteuse pour surmonter les limitations liées à la résistance des tumeurs et améliorer l’efficacité tumoricide.
Procédures
Les animaux seront soumis à des injections en sous cutanée (une fois, durée environ 10-20 secondes) et à des injections en intra-tumoral (quatre fois, durée environ 20 secondes) sous anesthésie générale. Les animaux recevront des irradiations localisées des tumeurs (un cycle d'irradiation dure environ 1-5 minutes en fonction de la dose) sous anesthésie générale. L’anticorps sera injecté quatre fois, durée environ 10-20 secondes, sous anesthésie locale.
Impact sur les animaux
Les animaux peuvent ressentir une légère douleur et inconfort transitoires liés à l’injection des cellules tumorale et aussi à l’injection de l’immunothérapie. Les animaux peuvent également ressentir du stress léger et transitoire lié à leur immobilisation dans les caches de contention pendant le temps d’irradiation. L’injection intra-tumorale du virus peut entrainer la formation d’une très petite croûte à l’endroit de l’injection. Ceci pourra entraîner un léger prurit temporaire. En raison de la croissance des tumeurs ou des effets secondaires des traitements, les animaux peuvent présenter des changements de comportement modérés, tels qu'une diminution de l'appétit et/ou une réduction de l'activité. Les modèles utilisés sont réputés pour produire des tumeurs qui nécrosent, malgré leur petite taille. Cette nécrose peut entraîner une douleur modérée.
Devenir
Les animaux seront tous euthanasiés à l'issue de chaque procédure pour examen post-mortem sur tissus et organes.
Remplacement
Ce projet a pour but d’évaluer l'effet thérapeutique d’un modulateur de l’immunité dans les tumeurs, combinés à la radiothérapie. Ceci exige donc un système biologique dynamique et complet en interaction direct avec le stroma tumoral. Ceci nécessite le recours à un modèle animal vivant entier et ne peut pas être modélisé in vitro ni in silico. Les modèles in vitro et in silico ne peuvent pas fournir ou assurer l’ensemble des voies biologiques ainsi que toutes les interactions physiologiques essentielle dans la réponse des tissus et des cellules aux traitements notamment à l’irradiation. Il est à noter que la réponse d’un tissu ou d’une tumeur à l’irradiation implique l’activation de plusieurs voies de signalisations et de plusieurs systèmes dont le système immunitaire. Ce dernier étant composé de plusieurs populations (lymphocytes, macrophages, monocytes, neutrophiles…) localisées dans des organes différents (rate, ganglions lymphatiques, et autres) et assurant des fonctions différentes, ne peut être reproduit ni in vitro ni in silico.
Réduction
Afin de réduire au minimum le nombre d’animaux à utiliser nous permettant d’atteindre les objectifs du projet, nous avons réalisé une analyse statistique à priori, afin de calculer le nombre d’animaux nécessaires pour détecter des différences significatives pour chaque procédure expérimentale. Le critère de jugement principal pour le calcul de puissance est la taille tumorale.Ces calculs nous ont permis de déterminer la taille des lots à traiter, et les résultats seront étudiés par analyse de variance.
Raffinement
Une anesthésie générale sera faite lors des injections ainsi que lors des irradiations. Les conditions d'hébergement des animaux seront optimisées, en fournissant l'environnement et la nourriture nécessaire. Leur environnement sera enrichi avec du coton ou des maisons en carton afin de diminuer leur angoisse. Le comportement et l'état de santé des animaux seront surveillés quotidiennement, pour identifier et traiter toute anomalie. Les souris seront élevées en groupe pour minimiser le stress de l'isolement. Une pesée sera effectuée régulièrement, au minimum de façon hebdomadaire. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués. Un aliment appétent et énergétique sera proposé en cas de nécessité (diminution de l'appétie, perte de poids).
Choix des espèces
La souris est l’espèce animale de référence pour les études de radiobiologie, des études impliquants des immunomodulateurs (comme les inhibiteurs de PD1/PD-L1/CTLA-4 et les virus oncolytiques) et l'étude de la croissance tumorale. La physiologie et la génétique de la souris sont de mieux en mieux connues et de nombreuses études ont déjà validé des découvertes faites chez la souris en les appliquant pendant des essais cliniques, ce qui facilite le transfert des résultats obtenus chez la souris en clinique. De plus, l’agrément de notre animalerie autorise l’hébergement des souris seulement. Et pour des raisons de taille et de capacité d’hébergement, la souris reste le choix premier. Les souris seront utilisées à l’âge de 7 à 9 semaines, âge auquel elles sont considérées comme adultes. À cet âge, le système immunitaire des animaux a atteint sa maturité, ce qui constitue un point critique pour les études en immunologie.
Évaluation de nouvelles thérapies ciblées contre le cancer de la prostate –EU 1/2
- Recherche appliquée
- Cancers
2 450 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour analyser leurs organes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont castrées par chirurgie, greffées de cellules ou de fragments de tumeurs de prostate humaine, parfois irradiées sur tout le corps, transportées cinq à six heures d'un établissement à l'autre et soumises jusqu'à six séances d'imagerie sous anesthésie. Le bénéfice annoncé se limite à évaluer de "nouveaux composés de radiothérapie interne vectorisée", face à des tumeurs qui peuvent nécroser et provoquer une cachexie. Sur le remplacement, le porteur affirme ne pas pouvoir se passer d'un "organisme entier" et juge les "modèles animaux" "indispensables".
Objectifs
Le cancer est désormais la première cause de mortalité dans les pays développés, devant les pathologies cardiovasculaires. Dans ce contexte, l’objectif de nos projets est le développement de nouvelles thérapies ciblées couplées à des radioéléments. Cette dernière repose sur le principe suivant : « attacher » une molécule radioactive à une molécule biologique qui joue le rôle de transporteur et va reconnaitre spécifiquement une protéine surexprimée par les cellules tumorales prostatiques. Pour la thérapie, on utilise des molécules radioactives puissantes sur une distance très courtes (de l’ordre du millimètre ou micromètre), détruisant ainsi les cellules tumorales à proximité immédiate de l’endroit où elle est transportée, tout en limitant la toxicité sur les tissus sains environnant la tumeur. Dans ce projet, l’objectif principal est d’évaluer l’activité antitumorale de nouveaux traitements ciblés. Dans le cas où aucune donnée de toxicité ne serait disponible, une étude de la toxicité de ces thérapies ciblées pourra être réalisée au préalable dans le cadre de ce projet. Ce projet est un projet multisite entre deux Etablissements Utilisateurs différents (EU1 et EU2).
Bénéfices attendus
Le développement de la radiothérapie interne vectorisée est actuellement en plein essor. En effet, cette thérapie cible de façon spécifique la tumeur de chaque patient, et permet un traitement personnalisé. Notre projet permettra ainsi d’évaluer l’efficacité de nouveaux composés de radiothérapie interne vectorisée.
Procédures
Une induction tumorale : sous anesthésie (
Impact sur les animaux
- Certaines souris seront immunodéficientes et pourraient développer des pathologies du fait de leur manque de défenses immunitaires si elles n’étaient pas hébergées dans des conditions sanitaires protégées. - L’irradiation corps entier chez certains animaux va éliminer les défenses immunitaires sur une courte période et fragiliser l’animal qui pourrait développer des infections s’il n’était pas maintenu dans des conditions sanitaires protégées. - L’implantation sous cutanée de cellules tumorales ou des fragments de tumeurs va mener à une masse sous cutanée qui pourrait, si elle est menée trop loin, gêner l’animal dans ses mouvements et impacter son état général. De plus, des nécroses peuvent apparaitre. Il est aussi possible, selon le modèle tumoral, que la progression tumorale entraîne une cachexie (amaigrissement et fatigue) constatée par une perte de poids. - La contention des souris pour manipulation lors de la mesure de la taille des tumeurs et de la mise sous anesthésie pourrait provoquer un léger stress. - lors de la répartition en groupes homogènes selon les critères de volume tumoral et de poids corporel, les animaux seront potentiellement mis avec de nouveaux congénères. Cette nouvelle organisation sociale pourra engendrer un stress de 1 à 2 jours. - Afin d’observer des effets de composé sur l’évolution de la tumeur, les animaux recevront des traitements de composés intraveineux qui pourront induire un stress léger. - Les produits administrés pour la thérapie peuvent provoquer une perte de poids transitoire.
Devenir
Différentes analyses complémentaires réalisées sur les organes prélevés post-mortem sont nécessaires pour atteindre les objectifs scientifiques de nos études. La totalité des animaux seront donc euthanasiés en fin d’étude.
Remplacement
Pour étudier le devenir d’une molécule dans l’organisme et évaluer l’efficacité d’un traitement anticancéreux, il n’est pas possible de se passer d’un organisme entier avec ses fonctions physiologiques intactes ; les modèles animaux sont ainsi indispensables. Des études préliminaires réalisées in vitro nous permettrons néanmoins de valider que la molécule étudiée atteint bien sa cible.
Réduction
Une sélection des composés avec la meilleure activité sera réalisée in vitro en amont de toute utilisation in vivo et permettra de réduire le nombre d’animaux nécessaire à son strict minimum. Les effectifs d’animaux dans les groupes expérimentaux ont été adaptés pour chaque type d’étude afin de mener à des résultats scientifiquement pertinents tout en réduisant au maximum les effectifs des groupes. Enfin, la bonne connaissance de la pousse tumorale pour chaque modèle permet d’implanter uniquement le nombre d’animaux nécessaires pour obtenir des groupes porteurs de tumeurs de tailles homogènes.
Raffinement
La chirurgie pour la greffe de fragments tumoraux et la castration sont réalisées sous anesthésie générale gazeuse sur lit chauffant afin de réduire l’inconfort potentiel et permettre ainsi le raffinement de l’étude. La chirurgie est réalisée de façon aseptique et les animaux reçoivent une couverture analgésique. Une surveillance post opératoire et des soins post opératoires adaptés sont appliqués si nécessaires.
Choix des espèces
La souris constitue un modèle de choix en pharmacologie car son génome est connu et ses principales fonctions physiologiques (fonction rénale, hépatique) sont comparables à l’Homme. D’autre part, les souris sont compatibles avec nos systèmes d’imagerie utilisés pour la caractérisation des molécules utilisées pour cibler et visualiser les tumeurs chez l’homme. Du point de vue scientifique, la souris porteuse de tumeur reste le modèle de choix dans les études d’évaluation de l’efficacité des nouvelles thérapies contre le cancer. Les animaux pourront être utilisés pour l’induction tumorale à un âge minimum de 5 semaines (jeune adulte), et pourront ensuite être traités à partir de l’âge de 7 semaines (adulte), les modèles de tumeur de prostate humaine nécessitant au moins 2 semaines post implantation pour commencer à pousser. Les molécules étudiées ont pour but d’aider le diagnostic ou le traitement de cancers retrouvés chez les patients adultes. Il est donc justifié de traiter des animaux possédant les fonctions physiologiques correspondant au stade adulte.
Modèles physiopathologiques d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
Rats : 2870
5 740 rongeurs, 2 870 souris et 2 870 rats, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, et le porteur prévoit une espérance de vie de 60 à 70 % seulement à huit ou douze semaines. Chacun subit une ligature de l'artère coronaire ou de l'aorte pour provoquer une insuffisance cardiaque, avec un arrêt cardiaque dont le résumé écrit qu'il "ne peut pas être totalement exclu". Certains restent seuls jusqu'à huit semaines pour la télémétrie, et le test de course sur tapis roulant passe par une stimulation électrique. Tous sont tués à la fin pour prélever organes et sang, au fil de 70 projets destinés à tester des médicaments "développés par nos clients".
Objectifs
Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité mondiale, il est primordial de poursuivre la recherche dans ce domaine pour mieux caractériser les mécanismes impliqués, développer des modèles prédictifs et robustes et ainsi permettre l’évaluation pré-clinique de nouveaux candidats médicaments. Les atteintes cardiaques peuvent se manifester sous différentes formes telle que l’insuffisance cardiaque dont la conséquence principale est que le cœur n'assure plus son rôle de pompe cardiaque essentiel à l’apport de nutriments et d’oxygène à l’ensemble de l’organisme. Les mécanismes mis en jeu sont très complexes et nécessitent encore une meilleure compréhension afin d’avoir des médicaments adaptés. Nous réaliserons 70 projets sur 5 ans.
Bénéfices attendus
Les médicaments existants permettent d’améliorer la condition de vie des patients et de prolonger leur espérance de vie en ralentissant l’évolution de la maladie. Cependant, aucun ne répare complètement ou n’empêche l’évolution inéluctable de cette défaillance cardiaque. Afin d’améliorer la prise en charge de cette maladie il est donc nécessaire de développer des modèles précliniques au plus proche de la physiopathologie humaine afin d’évaluer des nouveaux médicaments potentiels. L’ensemble des expériences effectuées ont pour but de valider ou non l’efficacité de nouveaux médicaments développés par nos clients sur des modèles précliniques, étape indispensable et préalable à l’administration chez l’homme.
Procédures
L’insuffisance cardiaque sera induite chez le rongeur par le biais d’intervention chirurgicale afin de ligaturer complétement l’artère coronaire ou partiellement l’aorte ascendante. Si le projet requiert l’implantation d’implants, cela se fera en même temps que la chirurgie cardiaque. Ces interventions sont réalisées sur des animaux anesthésiés et ventilés mécaniquement ayant préalablement reçu des antalgiques locaux et centraux. Le contrôle et maintien de la température sera assuré par des tapis chauffants et une injection de soluté d'hydratation à 37°C permettra une réhydratation en cas de perte de sang. Un suivi postopératoire est mis en place pour assurer une bonne récupération avec un accès facilité à la nourriture et à l’eau. Ces interventions chirurgicales durent en moyenne 20 à 30 minutes et ne seront réalisées qu’une fois par animal. Les composés à tester seront administrés une à deux fois par jour sur animal vigile ou anesthésié. L'administration dure 1 minute sur animal vigile et 5 minutes sur animal anesthésié. Des pompes permettant une diffusion du composé en continu pourront être implantées sous la peau des animaux (chirurgie de 10 minutes sous anesthésie avec couverture analgésique). Les animaux seront soumis à des suivis longitudinaux non invasifs à maximum 4 reprises pendant le projet : - épilation, imagerie et capteurs (examens réalisés sous anesthésie gazeuse, 20 minutes maximum par examen). - Pour la mesure de pression artérielle en télémétrie, les animaux seront hébergés seuls avec un sur-enrichissement approprié le temps de la mesure (quelques heures à 8 semaines en continu) avec contact visuel, olfactif et auditif des congénères. - La mesure de la composition corporelle se fera sur animal vigile contenu dans un tube teinté et dure moins de 2 minutes. - La mesure de la dépense énergétique se fera sur animaux vigiles hébergés en cage individuelle sans enrichissement sur une période de 40h avec contact uniquement visuel des congénères. En fin de procédure, les animaux pourront être soumis à un test d’effort réalisé sur un tapis de course (60 minutes max) ou à un test de force musculaire (moins de 10 minutes). Les mesures terminales nécessiteront une procédure chirurgicale sous anesthésie générale et sans réveil. Des prélèvements de sang (uniques ou répétés) seront réalisés maximum 4 fois pendant le projet. Un prélèvement de sang dure environ 2 minutes par animal et sera réalisé selon la voie choisie sur animal vigile ou anesthésié.
Impact sur les animaux
La chirurgie cardiaque induit progressivement une dysfonction cardiaque qui va engendrer des nuisances. Chez le rongeur, les effets indésirables se manifesteront sous différentes formes : comportementale (hyper ou hypoactivité, isolement, agressivité, hygiène), modification des prises hydriques et alimentaires (poids et hydratation), aspect général (aspect du pelage, manque d’hygiène) ... Ces altérations du comportement seront détectées lors des visites quotidiennes. Cependant, le risque d’un arrêt cardiaque est possible et ne peut pas être totalement exclu. Par ailleurs, la chirurgie en soi peut également induire des nuisances comme l’hypothermie ou la perte de sang. Certaines techniques, bien que non invasives, nécessitent une anesthésie légère, l’animal peut mettre quelques minutes à récupérer. Les prélèvements sanguins et administrations de composés peuvent engendrer un stress et une douleur légère (piqûre). Durant les mesures de dépenses énergétiques ou de télémétrie, les animaux seront isolés sur une période de 40h (mesure de dépense énergétique) à 8 semaines (mesures télémétriques) ce qui est source de stress. Lors des tests de course sur tapis roulant, les animaux seront soumis à un stress et une douleur légère à modérée (stimulation électrique pour le tapis). L’induction du modèle et l’implantation d’émetteur de télémétrie nécessitent une intervention chirurgicale qui pourra engendrer une douleur.
Devenir
Tous les animaux du projet seront mis à mort à la fin des procédures afin de procéder à la collecte des organes et du sang pour l'évaluation de critères d’efficacité des composés .
Remplacement
Les nouveaux médicaments doivent avoir validé leur efficacité pré-clinique (chez l’animal) avant de passer en phase clinique (chez l’homme). L’utilisation des animaux permet de réaliser ces tests dans un système intégré et donc d’augmenter la prédictibilité des effets chez l’homme. Les interventions chirurgicales décrites dans ce projet permettent de reproduire les différentes phases de la pathologie qui mettent en jeu des phénomènes locaux (au niveau du tissu) et des phénomènes intégrés (par exemple la participation du système immunitaire, du système nerveux autonome et des reins). Seul l'ensemble de ces mécanismes permet de rendre compte de la physiopathologie et ne peuvent donc être mis en jeu autrement que chez l’animal. Des projets de cultures ainsi que de co-cultures cellulaires sont de plus en plus développés pour tenter de mimer les différents organes. Ce seront des alternatives à l'utilisation de l'animal, notamment pour les études de screening, de toxicité et d'efficacité sur l’organe cible. Cependant, ces modèles ne sont encore suffisamment développés et ne sont pas un miroir suffisamment fiable de ce qu'il se passe dans la complexité de l’organisme.
Réduction
Le projet a été organisé de manière à réduire au maximum le nombre d'animaux tout en prenant en compte une espérance de vie à 8-12 semaines de 60-70% et la variabilité interindividuelle lors du développement de la dysfonction (15% des animaux exclus après répartition avant le début des traitements si applicable). Ces estimations sont basées sur notre expérience, au sein de la société, des modèles induits par chirurgie, des données bibliographiques et d’échanges avec d’autres chercheurs. La possibilité de réaliser des mesures non invasives permettra un suivi longitudinal de plusieurs paramètres pour chaque animal, réduisant ainsi le nombre d’animaux utilisés dans le projet.
Raffinement
Lors des chirurgies, l’utilisation de tapis et/ou lampes chauffantes pendant la chirurgie et la phase de réveil/post-opératoire et l’injection de lactate Ringer à 37°C permettront de prévenir une hypothermie ou de compenser une perte de sang éventuelle. Sur la phase aigüe post-opératoire (7 jours), une surveillance renforcée sera mise en place pour suivre la récupération post-opératoire des animaux avec des visites 2 fois par jour et des pesées quotidiennes sur les 3 premiers jours. Pendant les 4 jours suivant la chirurgie, une surveillance standard quotidienne sera remise en place sauf en cas d’observation de signes de douleurs. Au-delà de 7 jours, le suivi quotidien des animaux sera poursuivi. Pendant toute la durée de nos études, les animaux sont suivis quotidiennement, pesés au moins une fois par semaine afin d’identifier une potentielle souffrance. Si les animaux présentent des signes de souffrances (tels que perte de poids, défaut de toilettage, agressivité, …), nous scorerons son état. Des soins tels que : hydratation et mise en place de nourriture ou d’hydrogel dans la litière si nécessaire seront effectués. Si l'animal présente une blessure cutanée un protocole de soin sera effectué (désinfection / cicatrisation). Si l'état de l'animal ne s'améliore pas, l’animal concerné sera mis à mort. Des mesures non invasives de la fonction cardiaque, vasculaire et métabolique sont réalisées sur un même animal. Les examens réalisés sous anesthésie ne le seront que si l'état de l'animal le permet (pas de perte de poids, température corporelle normale). Pour les techniques réalisées sur animal vigile, une habituation au dispositif sera réalisée : - aux tétines spécifiques dans les cages d'hébergement pendant 7 jours sur quelques heures par jour et habituation à la cage pendant 16h avant la mesure. - au tapis de course pendant 1 minute à l'arrêt et 4 minutes à faible vitesse, réalisée une semaine avant la mesure. - à la contention du grip test, 2 ou 3 fois les jours précédant la mesure. Pour les procédures qui peuvent induire une douleur, une couverture analgésique adaptée est mise en place et sera adaptée au besoin de chaque animal.
Choix des espèces
Les rongeurs (rats et les souris) sont largement utilisés et caractérisées par la communauté scientifique pour des études pharmacologiques précliniques afin d’évaluer les effets de molécules sur les fonctions cardiovasculaires dans des modèles pathologiques. Il est possible d’induire chez le rongeur des atteintes similaires à celles observées chez l’Homme et d’en suivre l’évolution avec les mêmes outils qu’en médecine humaine (échographe, doppler, mesure de pression artérielle…). Le choix de l'espèce se fera en fonction des physiopathologies développées dans chacune des 2 espèces, des caractéristiques connues (publications, projets ultérieurs), des cibles thérapeutiques et des validations pharmacocinétiques, de la nature du traitement testé. L’ensemble des procédures décrites dans le projet concerne des animaux sevrés (minimum 3 semaines). Si l’étude le requiert, les expérimentations pourront être réalisées sur des animaux plus âgés afin de considérer le vieillissement (comorbidité connue) comme les facteurs aggravants de la pathologie (jusqu'à 18 mois)
Rôle des récepteurs CB1 des ganglions de la base dans les comportements locomoteurs
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Les souris de ce projet portent une modification ciblée des récepteurs cannabinoïdes CB1 dans certaines régions du cerveau, issues de lignées dont le porteur indique vouloir réduire la "production excédentaire". 3 008 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune subit deux chirurgies de 45 à 60 minutes à vingt jours d'intervalle, avec pose d'implants d'enregistrement, des injections sans anesthésie, puis jusqu'à deux tests de locomotion que le résumé ne nomme pas. Toutes sont tuées à la fin pour prélever leur cerveau.
Objectifs
Les comportements moteurs regroupent l’ensemble des mouvements et actions permettant à un organisme d’interagir avec son environnement. Ils reposent sur des mécanismes biologiques, en partie innés et en partie acquis, qui organisent et adaptent les mouvements en fonction des besoins et des contraintes du milieu. Cela inclut aussi bien des actions rapides et orientées vers un but, comme se déplacer ou atteindre un objet, que des ajustements plus fins permettant de maintenir l’équilibre ou la posture. Ces différentes formes de mouvement s’articulent en permanence pour assurer une adaptation flexible aux situations. Le contrôle du mouvement est assuré par des circuits cérébraux spécialisés impliqués dans la sélection et la coordination des actions. Dans ce cadre, certaines molécules naturelles présentes dans le cerveau contribuent à ajuster finement la communication entre neurones et à moduler la manière dont les comportements moteurs sont initiés et exécutés. Bien que leur action soit souvent associée à une diminution de l’activité neuronale, elles peuvent également jouer un rôle important dans la fluidité et la flexibilité des mouvements. L’objectif de ce travail est d’étudier le rôle de ces mécanismes biologiques dans le contrôle du comportement moteur, dans une région cérébrale impliquée dans la régulation des actions et des habitudes motrices. L’hypothèse est que ces mécanismes, présents dans différents types de cellules cérébrales, participent à la transition entre différents états moteurs et à l’adaptation du comportement. Ces processus pourraient être altérés dans certaines maladies neurologiques responsables de troubles du mouvement, comme la maladie de Parkinson. Pour tester cette hypothèse, des souris présentant une modification ciblée de ces mécanismes dans certaines régions du cerveau seront étudiées lors de tâches motrices standardisées. Ces tâches permettent d’évaluer la coordination et l’adaptation des mouvements dans des conditions contrôlées. Des approches complémentaires en biologie moléculaire, en enregistrement de l’activité cérébrale et en analyse comportementale seront utilisées afin de comprendre comment ces mécanismes influencent le comportement moteur.
Bénéfices attendus
Les substances actives du cannabis agissent sur des mécanismes naturels présents dans le cerveau, impliqués dans la régulation de l’activité des cellules nerveuses. Dans des conditions normales, ces mécanismes sont activés par des molécules produites par l’organisme lui-même et participent à l’équilibre de la communication entre neurones ainsi qu’à certains processus de protection du système nerveux. Certaines substances dérivées du cannabis ont également été étudiées pour leurs effets potentiels sur le cerveau, notamment dans des pathologies affectant les fonctions motrices et comportementales. Comprendre le fonctionnement de ces mécanismes naturels permet de mieux expliquer comment ces substances modifient l’activité cérébrale. Ce projet vise à clarifier comment ces processus biologiques régulent des circuits cérébraux impliqués dans le contrôle du mouvement et du comportement. L’objectif est de contribuer au développement de nouvelles approches thérapeutiques pour des troubles liés à des altérations du comportement et du mouvement, notamment dans certaines maladies neurodégénératives et psychiatriques. Les premiers résultats pourront être présentés lors de réunions scientifiques publiques environ un an après le début des analyses. La publication dans une revue scientifique est envisagée dans un délai de 4 à 5 ans.
Procédures
Les animaux recevront des injections sur animaux vigiles (nombre d'injections défini selon le protocole expérimental ; durée d'environ 20 secondes par injection). Deux interventions chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale avec prise en charge antalgique. Chaque intervention chirurgicale durera, dans son ensemble, environ 45 à 60 minutes, et les deux chirurgies seront espacées d'environ 20 jours. Cinq semaines après les interventions chirurgicales, les animaux seront soumis, au maximum, aux deux tests comportementaux destinés à évaluer leur locomotion, réalisés successivement à une distance d'une semaine entre eux. La durée totale des tests sera d'environ 30 minutes par animal, répartie sur plusieurs jours selon le protocole expérimental.
Impact sur les animaux
Les douleurs post-opératoires et la possible perte de poids liées à l’acte chirurgical sont prévues. Des nuisances liées à la cicatrisation des implants d'enregistrement sont également attendues, pouvant se traduire par un inconfort local transitoire au niveau du site d'implantation ainsi qu'un risque d'irritation ou d'inflammation locale pendant la période de cicatrisation. Un stress mineur est attendu lors des tests comportementaux utilisés, en raison du placement dans la salle expérimentale et du déplacement depuis la cage d’hébergement. Les tests comportementaux peuvent entraîner des nuisances globalement légères et transitoires. Elles sont principalement liées, d’une part, à l’exposition à un environnement nouveau, à la manipulation et à l’isolement temporaire pendant l’enregistrement comportemental, pouvant induire un stress modéré et de courte durée, et d’autre part, à l’effort locomoteur répété associé aux essais.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin des toutes les procédures pour prélèvement des cerveaux pour analyses.
Remplacement
A ce jour, notre connaissance du comportement et de l'organisation des circuits neuronaux chez les mammifères, y compris l'homme, ainsi que leur plasticité, ne nous permet pas de concevoir et de réaliser des simulations fiables afin d’étudier les changements qui se produisent. En outre, l'utilisation d'invertébrés, dont le système nerveux est complètement différent, serait inappropriée. Dans ce contexte, le recours à des expériences sur les mammifères reste nécessaire. Le but du projet est d'étudier un phénomène comportemental qui ne peut pas être reproduit par des études in-vitro (dans des cultures cellulaires) car il s’agit de tests comportementaux.
Réduction
Le nombre d'animaux par groupe est fixé au minimum permettant d'obtenir des résultats fiables et comparables à la littérature scientifique, compte tenu de la variabilité importante des mesures comportementales locomotrices. Des estimations préalables de taille d'échantillon garantissent une puissance statistique suffisante pour détecter des effets biologiquement pertinents, avec des analyses adaptées à la nature des mesures et à la taille des groupes. Le nombre total d'animaux prévu pour l'ensemble du projet est d'environ 3008 souris sur 5 ans, en raison de la combinaison de plusieurs approches expérimentales et de l'utilisation de différentes lignées de souris. Pour les analyses combinant comportement et mesures biologiques, un maximum d'environ 16 animaux par groupe est prévu, ce nombre pouvant être réduit si les données montrent qu'un effectif plus faible suffit. Plusieurs approches permettent de limiter le nombre d'animaux utilisés : une gestion adaptée des accouplements et des colonies évite les étapes inutiles, l'identification précoce des animaux pertinents réduit leur production excédentaire, et la conservation/le partage de lignées validées évite leur production répétée.
Raffinement
Nous attendons au moins 1 semaine (7 jours) pour permettre aux animaux de s'adapter au cycle jour/nuit de notre animalerie expérimentale. Toutes les procédures chirurgicales, tant préopératoires que postopératoires, comprennent également l'utilisation d'analgésiques pour la gestion de la douleur et des mesures d'analgésie prises immédiatement si nécessaires. L'établissement des points limites est basé sur une évaluation de l'état général et du comportement des animaux. Si un point est atteint, le vétérinaire en sera informé et nous prendrons une décision ensemble soit des soins comservatoires, soit une mise à mort, afin d’éviter toute souffrance des animaux. Nous définissons les points limites par un état anormal constaté sur deux jours consécutifs. Une habituation à la préhension sera réalisée avant chaque protocoles expérimentaux.
Choix des espèces
La souris est utilisée comme modèle de référence en raison de sa forte utilité expérimentale, de la possibilité de comparer les résultats avec des travaux antérieurs réalisés au sein du laboratoire et dans la littérature scientifique, ainsi que de la disponibilité de modèles permettant d’étudier des altérations ciblées de certaines protéines d’intérêt. Les expériences sont réalisées chez des animaux adultes afin d’éviter les effets liés au développement et de limiter la variabilité interindividuelle. Ce choix permet également une meilleure comparabilité avec les études existantes. Les interventions chirurgicales sont effectuées vers l’âge de 8 semaines, suivies d’une période de récupération de plusieurs semaines avant les évaluations comportementales. Les tests sont ensuite réalisés lorsque les animaux ont atteint l’âge adulte stabilisé, soit entre 12 et 16 semaines.