Rongeurs
Comparaison de la régulation de l’expression de deux transgènes efficaces en thérapie génique in vivo chez des souris atteintes de glycogénose de type Ia
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Les souris qui font plusieurs hypoglycémies avant de recevoir la thérapie génique sont mises à mort. 58 souris mâles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées en fin d'étude pour prélever leur foie. La maladie leur est induite par cinq injections quotidiennes, puis viennent l'injection du vecteur viral dans la circulation, deux semaines de régime riche en sucres et en graisses pour une partie d'entre elles, une incision du bout de la queue et six prélèvements de sang par test de glycémie. Le porteur cherche lequel de deux vecteurs dérègle le moins la glycémie, et espère en tirer des recommandations alimentaires pour des patients dont la maladie touche environ 150 personnes en France.
Objectifs
La glycogénose de type I est une maladie génétique rare causée par un défaut dans un gène qui joue un rôle clé dans la production de sucre (glucose) par le foie. Lorsqu'il ne fonctionne pas correctement, le corps ne peut pas produire de glucose en interne, ce qui entraîne de graves baisses de sucre dans le sang (hypoglycémies). De plus, des accumulations de glycogène (polymère de glucose) et de graisses se forment dans le foie, ce qui peut provoquer des problèmes hépatiques à long terme, allant jusqu’au développement de tumeurs pouvant nécessiter une greffe du foie. Actuellement, il n’existe pas de traitement curatif pour cette maladie. Les patients doivent suivre un régime alimentaire très strict pour éviter les hypoglycémies, en mangeant régulièrement des sucres lents (Maïzena crue). La thérapie génique est une piste prometteuse ; elle consiste à introduire un gène fonctionnel dans le foie à l’aide de virus modifiés qui servent de « transporteurs » du gène médicament. Une étude sur un modèle viable de souris atteintes de glycogénose de type I a montré que l’injection unique de ce traitement permettait de restaurer la production de glucose par le foie et d’éviter l’apparition de tumeurs. Deux types de vecteurs ont été testés. Le premier est plus efficace et nécessite l’injection d’une dose plus faible, mais l’expression du gène médicament n’est pas régulée par l’insuline. Le deuxième, bien que moins efficace, est sensible aux régulations hormonales. Ces régulations sont importantes car l’insuline est une hormone qui contrôle le taux de sucre dans le sang. Elle est produite par le pancréas après un repas pour éviter que les taux de glucose dans le sang soient trop élevés. L’absence de régulation hormonale de l’expression du gène médicament pourrait dérégler l’équilibre de glucose dans le corps, et potentiellement favoriser une résistance à l’insuline, surtout en cas d'alimentation déséquilibrée, voire une hyperglycémie, qui sont les caractéristiques du diabète. L’objectif de ce projet est d’étudier l’impact de la thérapie génique sur l’équilibre du glucose et la réponse à l’insuline chez des souris atteintes de glycogénose. Ces souris suivront deux types d’alimentation : • Un régime normal • Un régime riche en sucre et en graisses (favorisant le diabète) Cela permettra de s’assurer que le traitement ne provoque pas de complications métaboliques, quelles que soient les habitudes alimentaires du patient.
Bénéfices attendus
Le taux de sucre dans le sang (glycémie) doit être très bien régulé. Si le foie produit trop de glucose, cela peut entraîner un risque de diabète, surtout chez les personnes ayant une alimentation déséquilibrée et un excès de poids. Les patients atteints de glycogénose de type I ne produisent pas de glucose eux-mêmes, donc ils doivent manger régulièrement des sucres lents tout au long de la journée et même la nuit. Ce régime constant peut les rendre moins sensibles à l'insuline, une hormone essentielle pour réguler le sucre dans le sang. La thérapie génique pourrait leur permettre de produire du glucose, mais selon la méthode utilisée, elle pourrait aussi modifier l’équilibre glycémique et, à long terme, augmenter le risque de diabète, surtout si leur alimentation n’est pas adaptée. Ce projet vise à mieux comprendre comment la thérapie génique influence la régulation du glucose chez des souris atteintes de glycogénose, en particulier après les repas. L’objectif est de trouver la meilleure approche pour optimiser ce traitement et, si nécessaire, donner des recommandations alimentaires aux patients pour éviter d’éventuels effets secondaires.
Procédures
Afin de sélectionner les souris transgéniques nécessaires au projet, un morceau de tissu (biopsie) sera prélevé pour caractériser leurs gènes. La durée du geste est de quelques secondes. Toutes les souris subiront une injection tous les jours pendant 5 jours (quelques secondes/souris) pour induire la glycogénose. Toutes les souris transgéniques seront traitées par thérapie génique par une injection unique du vecteur dans la circulation sanguine. Pour cela, les souris seront immobilisées dans un tube de contention adapté à ce type de procédure de manière à la rendre rapide et limiter le stress de l’animal (durée d’environ 1 minute). Une partie des souris seront nourries en régime riche en sucres et en graisse pendant 2 semaines après la thérapie génique. Ce régime pourrait favoriser le développement d’un état prédiabétique chez certains lots de souris, sans conséquence sur le bien-être animal (asymptomatique). Pour analyser la régulation de leur glycémie, les souris recevront une injection de glucose ou d’insuline et leur glycémie sera mesurée régulièrement. Pour cela, une goutte de sang sera prélevée (au total 6 fois au cours de chaque test) à l’extrémité de la queue. Une seule incision initiale de l’extrémité de la queue sera réalisée après application d’une crème anesthésiante. Au total, 3 prises de sang seront aussi réalisées avant et après l’injection du glucose pour suivre la sécrétion d’insuline. En fin de procédure, une prise de sang sera réalisée juste avant la mise à mort de l’animal.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables prévus sur les animaux sont : -l’induction de la glycogénose de type I qui est une maladie entrainant des hypoglycémies sévères quand les animaux ne mangent pas (entre les repas). Le développement des hypoglycémies entraine un mal-être qui peut être important, voire le décès de l’animal s’il n’est pas pris en charge. -la biopsie de tissu et les injections peuvent entrainer une légère douleur. L’immobilisation de la souris pour réaliser ces gestes induit un léger stress. -la prise de sang peut entrainer une légère douleur.
Devenir
Afin de caractériser l’effet des traitements, en particulier le pourcentage de cellules du foie guéries et le nombre de particules virales, le foie sera prélevé en fin d’expérience. Pour cela, tous les animaux devront être mis à mort à la fin du projet.
Remplacement
Aujourd’hui, on sait fabriquer en laboratoire de mini-foies appelés organoïdes, qui contiennent différents types de cellules du foie (comme les hépatocytes, les cellules biliaires ou encore les cellules immunitaires). Cependant, la thérapie génique ne peut pas être testée uniquement sur ces mini-foies, car elle repose sur l’injection de virus modifiés dans le sang pour transporter le gène médicament. Pour fonctionner, ces vecteurs doivent atteindre les cellules du foie (hépatocytes) en traversant les petits vaisseaux sanguins. Or, toutes les cellules du foie ne seront pas forcément corrigées. L’efficacité du traitement dépend donc de la quantité de cellules qui reçoivent le gène. C'est pourquoi il est essentiel de tester cette thérapie dans un organisme entier, où la circulation sanguine et le fonctionnement du foie sont aussi proches que possible de la réalité.
Réduction
Le nombre de souris utilisées pour cette étude a été calculé avec précision, en tenant compte des connaissances actuelles sur la maladie, du modèle animal choisi, du fonctionnement du métabolisme du sucre et de l’énergie, des résultats d’expériences précédentes et d’une approche statistique. Au total, ce projet réalisé sur 2 ans nécessitera 58 souris mâles, dont 50 souris atteintes de la maladie et traitées par thérapie génique et 8 souris saines servant de groupe témoin.
Raffinement
-Pour éviter les inflammations des organes causées par les injections dans l’abdomen, l’induction de la maladie sera réalisée par une injection d’un produit sous la peau à différents endroits. -La maladie étudiée ne se développe que dans le foie des souris adultes, ce qui évite des complications comme des hypoglycémies graves et protège les souris pendant leur développement. - Avant que la maladie n’apparaisse, les souris seront habituées à boire du glucose à la pipette. Ainsi, si leur taux de sucre baisse légèrement, elles accepteront plus facilement cette solution. - Pour éviter les hypoglycémies, les souris auront un accès facile à la nourriture (croquettes dans la cage, biberons adaptés). En cas d’hypoglycémie sévère, une injection de glucose sera réalisée, et une partie de la cage sera placée sur une plaque chauffante pour maintenir leur température. Une grille d’évaluation permettra de surveiller les signes d’hypoglycémie. L’apparition de plusieurs hypoglycémies avant la thérapie génique constitue un point limite nécessitant l’euthanasie de la souris pour raison éthique. -Les souris seront manipulées avec un tunnel pour limiter leur stress. -Pour réduire la douleur, une crème anesthésiante sera appliquée sur les zones de ponction du sang et d’incision. -Une grille de score aidera à prendre des décisions en cas d’observation d’un mal-être et décrit les points limites au-delà desquels les souris seront mises à mort.
Choix des espèces
Le choix de l’espèce s’est orienté vers la souris car les études réalisées sur des vertébrés inférieurs tels que le poisson, montrent que les régulations de la production de glucose par l’organisme ne sont pas les mêmes que chez les mammifères. De plus, le modèle de souris transgéniques utilisé n’a été réalisé que dans cette espèce grâce à la transgenèse ciblée. Enfin, les outils d’analyses moléculaires, comme des anticorps, spécifiques de la souris sont disponibles en laboratoire. La biopsie de tissu pour caractériser les gènes des souris sera réalisée chez les nouveau-nés âgés de 7-10 jours. La maladie sera induite à l’âge de à 5 semaines. Une période de 5 semaines suivant ces injections permet la disparition des effets potentiels sur le métabolisme du produit injecté lors de l’induction de la maladie. Les souris seront traitées par thérapie génique à l’âge de 10 semaines. Les souris saines témoins seront commandées dès l’âge de 4 semaines.
Evaluation du potentiel thérapeutique d’une protéine médicament pour la myopathie de Duchenne
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
36 rats porteurs de la dystrophie de Duchenne vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Âgés de quatre à six mois et déjà atteints dans leurs muscles, ils reçoivent une injection dans chaque patte, puis une évaluation de leur force musculaire sous anesthésie huit semaines plus tard et un prélèvement de sang avant la mise à mort. Le porteur attend à court terme une amélioration du muscle chez les rats traités, à moyen terme une combinaison avec une thérapie génique, à long terme un usage chez les patients, alors qu'aucun traitement de cette maladie n'existe à ce jour. Il indique que la protéine a déjà été validée sur des cellules puis chez la souris, et juge le passage au rat "indispensable" parce que ce modèle mime la maladie humaine plus fidèlement.
Objectifs
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une myopathie génétique rare qui touche un garçon sur 3500 à la naissance. Le pronostic de la DMD est très sombre et les jeunes patients meurent prématurément d'insuffisance cardiorespiratoire, en raison de l'absence de la protéine dystrophine dans les muscles striés. Cette maladie entraîne une dégénérescence de l’ensemble des muscles (squelettique, cardiaque ou lisse). Il n’existe pas à ce jour de traitement pour la DMD mais des stratégies de thérapie génique prometteuses sont en cours d’évaluation dans des essais cliniques. L’un des principaux inconvénients dans ce type de thérapies est que chez les patients DMD, les fibres dépourvues de dystrophine se cassent, ce qui produit une diminution de la synthèse des protéines et de la masse musculaire, laissant place à l’accumulation de tissus de remplacement sans capacité contractile. Aujourd’hui il est connu que l’utilisation de thérapies pour la restauration de la dystrophine devra s’accompagner d’une stratégie permettant un meilleur maintien des capacités contractiles. La protéine-médicament testée dans ce projet a été décrite comme étant un acteur clé du maintien de la masse musculaire en inhibant la dégradation et en stimulant la synthèse protéique. L’objectif est d’évaluer le supposé bénéfice de sa supplémentation dans le muscle dystrophique de rats modèles de la DMD, pour renforcer le dossier préclinique préparatoire au montage d’un essai clinique chez les enfants atteints de DMD.
Bénéfices attendus
L’objectif est d’identifier des traitements combinés pour optimiser la restauration fonctionnelle des muscles dystrophiques. La protéine testée joue un rôle dans le maintien de la masse musculaire en maintenant plus longtemps actif le processus de régénération des fibres musculaires. A court terme, chez les rats DMD traités avec la protéine-médicament, une amélioration du phénotype histologique et fonctionnel du muscle dystrophique est attendue. A moyen terme, en cas de succès, l’idée est de combiner l’utilisation de cette protéine-médicament avec une stratégie permettant la restauration de la dystrophine (protéine absente dans les patients DMD) en améliorant l’intégrité musculaire. A long terme, le but est d’utiliser cette protéine comme traitement utilisable chez le patient DMD en complément des outils de thérapie génique en cours de développement.
Procédures
Les animaux recevront un unique traitement dans la patte gauche puis un autre dans la patte droite, procédure qui au total n’excède pas 10 minutes. La force musculaire sera évaluée après 8 semaines (fin de la procédure), sous anesthésie. Sur des animaux encore anesthésiés, un prélèvement de sang sera réalisé (moins de 1 minute), en vue de quantifier des biomarqueurs de la maladie.
Impact sur les animaux
L’administration du traitement dans la patte des animaux est susceptible d’entraîner une douleur transitoire liée à l’acte de traitement lui-même, au volume administré, ainsi qu’à la maladie musculaire préexistante.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses de laboratoire nécessaires à l'évaluation complète du produit testé.
Remplacement
Le but de ce projet est l’identification d’une possible stratégie thérapeutique complémentaire pour le maintien de l’intégrité musculaire dans le muscle malade. Des expériences ont été préalablement réalisées dans des cellules pour valider le fonctionnement de la protéine évaluée ici. Les premières expériences in vivo de preuve de concept ont été réalisées chez un modèle de souris de la DMD. L’objectif aujourd’hui est de tester son efficacité sur un modèle plus sévère et plus proche de la maladie humaine. L’utilisation du modèle utilisé ici parait donc indispensable pour évaluer un éventuel bénéfice de cette protéine sur des processus tels que la régénération et le maintien de la masse musculaire pendant plusieurs semaines au cours de la phase active du processus pathologique.
Réduction
De nombreuses données ont déjà été accumulées sur le modèle utilisé ici, traité avec des candidats médicaments (thérapie génique ou pharmacologique). Pour chacun des groupes, traiter 6 animaux permet d'obtenir in fine des valeurs en nombre suffisant pour confirmer ou infirmer un effet majeur de la thérapie sur l'évolution fatale de la maladie. Pour réaliser cette estimation, des tests statistiques en prenant en compte des paramètres tels que la différence à mettre en évidence entre les différents lots, la puissance et le risque du test sont réalisés. Par ailleurs, en raison de ce nombre important de projets qui incluent toujours des animaux sains et malades traités avec un placebo, de nombreuses données sont maintenant disponibles et permettent de documenter avec fiabilité l'histoire naturelle de la maladie, en comparaison avec les congénères contrôles. Il est donc possible de réduire les cohortes de ces animaux. Finalement, chacun des groupes a pu être réduit à 6 animaux. Pour l’analyse des résultats, des logiciels qui permettent de comparer deux groupes ou plusieurs groupes entre eux seront utilisés.
Raffinement
Les animaux sont stabulés en portoirs à cages ventilées, dans des pièces dont la température et l’humidité sont contrôlées, monitorées et fidèles à la réglementation. Pour leur bien-être, de grandes cages disponibles sur le marché sont utilisées, de sorte qu'ils puissent marcher et se dresser sur leurs pattes arrière. Cet exercice spontané quotidien est pleinement justifié lorsque les capacités locomotrices sont évaluées. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l'eau avec un cycle d'éclairage est de 12h par jour. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères, à 7 ou 8 animaux par cage à l'âge d'un mois. Puis le nombre de rats par cage est progressivement réduit jusqu'à atteindre un maximum de 3 par cage. L'isolement n'existe jamais et le milieu est enrichi avec des lanières de papier Kraft, des bâtons de bois à ronger, des balles rondes, des tunnels ou des carrés de coton compacté. Pour éviter une réponse de stress induite par les divers tests, les animaux sont habitués dès leur plus jeune âge à être manipulés régulièrement, le plus en douceur possible. Le traitement sera administré sous anesthésie générale et des molécules de prévention, d'atténuation ou de suppression de la douleur seront systématiquement utilisées pour rendre la procédure aussi indolore que possible. Afin d’anticiper tout signe de douleur, des critères de suivi du bien-être ont été établis et sont évalués quotidiennement en observant individuellement les animaux, week-ends et jours fériés inclus. Ces critères portent sur l’aspect général des animaux (pelage et yeux), leur comportement (mobilité) et l’état général de l’animal (masse corporelle). En cas de signes de douleur, des mesures sont prises : surveillance renforcée (biquotidienne) et mesures médicamenteuses visant à atténuer ou supprimer la douleur.
Choix des espèces
Le rat est une espèce de mammifère appartenant à la classe des Euarchontoglires qui contient également les primates (donc l'humain). À ce titre, le rat phylogénétiquement proche de nous constitue un modèle apprécié. Les récents outils d'édition du génome ont permis d'en faire un modèle de choix pour l'analyse des troubles musculosquelettiques. Ce modèle de rat DMD mime la maladie humaine de manière beaucoup plus fidèle que ne le fait le modèle historique de la souris, tout en conservant les atouts des rongeurs (courte durée de gestation, taille raisonnable, longévité moyenne, effectifs plus importants). Pour ce projet, les animaux utilisés seront âgés de 4 à 6 mois. A cet âge (stade intermédiaire de la maladie), les animaux présentent des signes de la dystrophie dans le muscle squelettique, ce qui permettra d’évaluer l’efficacité de cette protéine médicament.
Etude de la toxicité neuro-respiratoire d’un analgésique-opioïde seul ou en combinaison à d’autres psychotropes chez le rat.
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
- Système respiratoire
858 rats vont être utilisés, chacun passant six heures enfermé dans une enceinte de plexiglas et subissant jusqu'à treize prélèvements sanguins en vingt-quatre heures, 250 d'entre eux dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils reçoivent du fentanyl seul ou associé à de la cocaïne, à des myorelaxants ou à des antiépileptiques, après une chirurgie de vingt à quarante-cinq minutes pour implanter une sonde ou un cathéter, puis une semaine d'isolement en cage individuelle. Le porteur indique que ces associations peuvent provoquer une rigidité musculaire, une hypothermie et une dépression respiratoire "pouvant aller jusqu'au coma et au décès", et cherche la dose de naloxone capable de renverser ces effets. Aucun rat n'est réutilisé, parce que l'appareillage de télémétrie se récupère après la mort de l'animal.
Objectifs
Le fentanyl est un antidouleur puissant qui, en cas de surdosage, peut ralentir dangereusement la respiration, voire entraîner la mort. Récemment, on a découvert qu'il est souvent mélangé à d'autres substances, telles que les relaxants musculaires, les traitements contre l’épilepsie ou encore les stimulants, comme la cocaïne. Le traitement habituel pour reverser ses effets, la naloxone, pourrait devoir être utilisé en plus grande quantité lorsqu’il est combiné à ces autres drogues. Cependant, à ce jour on ne connaît pas encore la dose de naloxone nécessaire dans ces cas de polyintoxications. Ainsi, nous menons une étude expérimentale sur le rat afin d’évaluer l’impact de ces substances sur la respiration et sur le diaphragme, principal muscle impliqué dans la ventilation, dans un contexte d’intoxication. Nous analyserons ensuite leur distribution cérébrale et étudierons d’éventuelles interactions entre ces molécules. Enfin, nous évaluerons l’efficacité de la naloxone pour reverser leurs effets. Ce projet contribuera à optimiser les stratégies thérapeutiques actuelles et à développer de nouvelles approches pour une prise en charge plus efficace des intoxications au fentanyl et aux substances associées.
Bénéfices attendus
Les résultats de ce projet permettront de mieux caractériser les mécanismes de toxicité mis en jeu par le fentanyl en association aux substances psychotropes les plus souvent retrouvées en co-consommation aujourd’hui et d’optimiser ou de développer de nouvelles thérapeutiques au-delà du simple traitement symptomatologique pour la prise en charge des patients intoxiqués disponible à ce jour.
Procédures
Une première partie des animaux subiront : Procédure chirurgicale sous anesthésie gazeuse (20 mins) + port d’une sonde de télémétrie (7 jours) + injection de substances (1–2 injections, 5-10 secondes) + mise en boite de mesure isolée (6h). Une seconde partie des animaux subiront : Procédure chirurgicale sous anesthésie gazeuse (30 mins) + port d’un cathéter (48h) + injection de substances (1 injection, 5 secondes) + prélèvements de sang sur animaux vigiles (9 prélèvements ; 30 secondes/ prélèvement sur 24h). Une autre partie des animaux subiront: Procédure chirurgicale sous anesthésie gazeuse (45 mins) + port d’une sonde et isolement en cage individuelle (7 jours) + injection de substances (1–2 injections, 5-10 secondes) + mise en cage de mesure isolé (6h). Une quatrième partie des animaux subiront : Procédure chirurgicale sous anesthésie gazeuse (30 mins) + port d’un cathéter (48h) + injection de substances (1 injection, 5 secondes) + prélèvements de sang sur animaux vigiles (13 prélèvements ; 30 secondes/ prélèvement sur 24h). Enfin, la dernière partie des animaux subiront: injection de substances (1 injection, 5 secondes); perfusion intracardiaque sous pentobarbital sodique (15 mins).
Impact sur les animaux
Stress de quelques secondes lors des injections. Isolement du rat dans une enceinte hermétique en plexiglas pendant 6 heures durant les mesures de la ventilation. Hébergement des rats pendant une semaine en cage individuelle à la suite de la chirurgie jusqu'à la fin de la procédure évaluant les effets respiratoires périphériques. Isolement du rat dans un cylindre de plexiglas pendant 6h pour réaliser les prélèvements sanguins. Léger risque de thrombose et d’hypolocomotion pour certains animaux lors de la mise en place de cathéters. Chirurgie de 10 min à 35 min après anesthésie générale précédée d’une analgésie. Forte sédation par les analgésiques étudiés pouvant entrainer une réduction de l’activité locomotrice, une rigidité musculaire, une hypothermie et une dépression respiratoire pouvant aller jusqu’au coma et au décès. Variabilité de la durée et de l’intensité de ces effets en fonction des molécules et des associations administrées.
Devenir
La réutilisation des animaux est impossible en raison de la récupération post-mortem de l'appareillage de télémétrie ou de l'atteinte d'un point limite qui requiert la mise à mort des animaux. Par ailleurs, les rats manipulés dans la procédure évaluant les effets des molécules sur le système nerveux central seront mis à mort à différents temps de mesure empêchant une étude longitudinale dans cette procédure.
Remplacement
L’ensemble des procédures ne sont pas remplaçables par des expériences in silico ou in vitro, en raison d’une approche physiopathologique du système respiratoire intégrée sur animal entier ainsi que la caractérisation du comportement pharmacocinétique des différentes molécules dont les différentes phases ne peuvent être évaluées dans leur intégralité que par l’utilisation d’animaux, en particulier le rat dont la taille est la plus adaptée aux procédures expérimentales.
Réduction
Les effectifs ont été determinés comme nécessitant 6 à 9 rats par groupe à l’aide de tests statistiques permettant une analyse des résultats obtenus adaptée. De plus, si aucun effet ventilatoire significatif n’est observé à la suite des associations médicamenteuses, la suite des expériences ne seront pas réalisées dans le but de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
L’ensemble des procédures sont réalisés par un personnel compétent. Pour améliorer leur bien-être, les animaux sont hébergés en groupes sociaux dans des cages contenant de l’enrichissement. La surveillance quotidienne des animaux sera assurée par un personnel qualifié, et des points limites spécifiques adaptés aux différentes procédures seront mis en place pour détecter et réduire toute souffrance ou douleur. Si nécessaire, des analgésiques seront administrés, tout en veillant à ne pas perturber le déroulement de l'expérience. En cas de besoin, des procédures réglementaires de mise à mort anticipée seront appliquées. Toutes les interventions chirurgicales prévues dans ce projet seront réalisées sous anesthésie générale et accompagnées d'une gestion adéquate de la douleur pendant la période périopératoire. De plus, une ouate en silicone sera utilisée après la chirurgie pour favoriser une meilleure cicatrisation et une prise en charge plus rapide en cas de saignement. Enfin, l’étude pharmacocinétique sera réalisée à l’aide de microprélèvements dans le but de réduire au maximum le volume sanguin à prélever.
Choix des espèces
Le rat, est un modèle de référence dans notre champ d’étude du fait de sa physiologie respiratoire très proche de la physiologie humaine. En plus de sa taille adéquate qui permet une facilité et une répétition des prélèvements, son métabolisme est très semblable à celui de l’Homme, ce qui facilitera la translation des données pharmacocinétiques à l’Homme. La pose de sondes indispensables à la réalisation de nos procédures est plus aisée sur le rat permettant l’obtention des résultats plus reproductibles. La population jeune étant la plus affectée par les problèmes de mésusage de substance, des rats jeunes adultes âgés de 6 à 8 semaines seront utilisés. Ceci nous permettra en plus de pouvoir faire l’analogie avec les résultats déjà obtenus et les articles publiés dans la littérature.
Génotypage invasif et gestion de la production de souris génétiquement modifiées atteintes de glycogénose de type 1a qui développent une maladie chronique rénale.
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Tuées au sevrage pour les femelles et les génotypes jugés non pertinents, à sept mois pour les mâles malades, la moitié des géniteurs pouvant retourner à l'élevage, 1 000 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Toutes les souris de chaque portée subissent à sept ou dix jours le prélèvement d'un morceau de tissu destiné à lire leur génotype, y compris celles dont le génotype ne servira à rien. Les souris porteuses de la modification développent une maladie rénale chronique que le porteur décrit comme silencieuse jusqu'à la mise à mort, une perte de poids supérieure à 15 % déclenchant celle-ci plus tôt. Il indique que des mini-organes cultivés en laboratoire existent désormais, tout en concluant que l'étude du rein "nécessite" des animaux parce que la fonction rénale suppose un organe entier.
Objectifs
Ce projet porte sur la gestion de souris génétiquement modifiées pour étudier la maladie rénale qui se développent chez les patients atteints de glycogénose de type 1. L’absence de cette enzyme provoque de fortes baisses de sucre dans le sang (hypoglycémies) et des problèmes au foie et aux reins. La glycogénose est une maladie génétique rare qui touche environ 150 personnes en France. Jusqu’à ce jour, il n’existe pas de modèles cellulaires reproduisant la maladie rénale de la glycogénose. En effet, son développement implique différents types cellulaires constituant le néphron et les tubules rénaux, ainsi que des cellules immunitaires recrutées de la circulation sanguine. Le modèle de souris utilisé dans ce projet reproduit toute la maladie rénale de la glycogénose et est viable car la transgenèse est ciblée dans les reins. L’obtention de ces souris transgéniques nécessitent la réalisation d’un prélèvement de tissu (biopsie) pour caractériser leur gène et sélectionner uniquement les souris d’intérêt. Contrairement aux souris totalement dépourvues de l’enzyme clé de la production de sucre et qui meurent très tôt d’hypoglycémie (chute des taux de sucre dans le sang), ces souris particulières restent en vie car leur foie peut encore produire du glucose. Elles développent cependant progressivement une maladie des reins, avec apparition de kystes et perte de la fonction rénale, ce qui en fait un bon modèle pour étudier cette complication. Ces souris sont donc un outil unique pour comprendre les mécanismes de la maladie rénale dans la GSD1a et pour tester de nouveaux traitements. Le projet a pour but de conserver de jeunes mâles capables de se reproduire pour produire rapidement un nombre suffisant de souris destinées à ces recherches.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus seront l’identification génétique de la lignée à partir d’une biopsie de tissu pour optimiser la gestion de l’élevage. Ce projet permet aussi d’organiser au mieux la production de cohortes d’animaux pour nos projets scientifiques (utilisation continue vers des projets liés à l’étude de la maladie rénale ou le test d’efficacité d’approches thérapeutique), en conservant un nombre de souris d’intérêt jeunes reproducteurs sans atteindre le développement le développement d’un mal -être lié à l’apparition d’une insuffisance rénale.
Procédures
Pour sélectionner les souris génétiquement modifiées nécessaires à l’étude, un morceau de tissu sera prélevé à l’âge de 7-10j sur toutes les souris de la portée (souris d’intérêt pour ce projet, mais aussi les souris de génotype non pertinent ou ne présentant pas phénotype dommageable) pour analyser leurs gènes. La durée du geste est de quelques secondes. Les souris atteintes de glycogénose peuvent développer une maladie chronique rénale, mais qui restera silencieuse puisqu’aucun signe de mal-être liée à une insuffisance rénale ne devrait apparaitre avant la mise à mort à l’âge de 7 mois des animaux.
Impact sur les animaux
A l’âge de 7 jours, on prélève un morceau de tissu pour analyser l’ADN des souris génétiquement modifiée. Ceci peut entrainer une légère douleur et un stress lié à la contention des nouveau-nés mais le geste est rapide (quelques secondes). Le risque de saignement est très faible. La nuisance liée au phénotype dommageable est principalement induite par la perte de la fonction rénale à long terme. Cette maladie silencieuse peut se révéler par une perte de poids importantes et des signes communs de mal-être (prostration de l’animal, absence de toilettage, yeux fermés, respiration accélérée).
Devenir
Toutes les souris génétiquement modifiées qui présentent les caractéristiques de la glycogénose seront mis à mort à l’âge de 7 mois afin d’éviter d’atteindre les stades avancés de la maladie rénale. Les animaux de génotype non pertinent ou femelles non utilisées seront mis à mort au sevrage ; cependant une partie des animaux géniteurs (50%) pourra être replacée, si besoin, dans le système d’élevage en vue du maintien de lignées.
Remplacement
Même s’il est maintenant possible de bio-construire des mini-organes à partir de cellules en laboratoire, l’étude de la maladie rénale nécessite l’utilisation d’animaux ; en effet, le rein est un organe complexe dont l’organisation en néphrons est requise pour assurer la fonction rénale. Ainsi, conserver la physiologie de l’organisme est nécessaire pour comprendre les mécanismes impliqués dans cette maladie et tester l’efficacité de nouvelles approches thérapeutiques.
Réduction
Le nombre d’animaux a été calculé au plus juste en connaissant le schéma d’accouplement et le nombre de lots de souris nécessaires pour chaque projet d’expérimentation. Les lignées transgéniques nécessaires à la création de ce modèle animal sont cryoconservées, ce qui permettra d’arrêter la production des animaux dès la fin des projets nécessitant ces animaux
Raffinement
L’obtention d’un modèle de la glycogénose ne touchant que les reins permet d’éviter le développement d’hypoglycémies sévères caractéristiques de la glycogénose et qui sont fatales chez les souris génétiquement modifiées dans tous les tissus. Ce raffinement a permis d’obtenir un modèle unique reproduisant la maladie rénale chronique qui apparait chez les patients atteints de glycogénose plutôt âgés. Pour vérifier la modification génique, la biopsie sera réalisée sur une zone peu innervée à l’âge de 7-10 jours pour limiter la douleur liée à la petite incision. Lors de la contention des nouveau-nés, le zootechnicien se frottera les mains dans la litière pour limiter le stress des animaux. La préhension des souris sera réalisée par transfert à l’aide d’un tunnel pour réduire le stress. L’âge de la mise à mort des animaux a été fixé à 7 mois pour les mâles afin de s’affranchir du développement du phénotype dommageable. Les femelles seront mises à mort au sevrage car elles ne peuvent pas être utilisées pour la reproduction. Une perte de poids au-delà des 15%, ainsi que l’observation d’une souffrance, de lésions ou de détérioration de l’état de santé général constituent des points limites au-delà desquels les souris seront mises à morts.
Choix des espèces
Le choix de l’espèce s’est orienté vers la souris car les études réalisées sur des vertébrés inférieurs tels que le poisson, montrent que les régulations de la production de glucose par l’organisme ne sont pas les mêmes que chez les mammifères. De plus, le modèle de souris transgéniques utilisé n’a été réalisé que dans cette espèce grâce à la transgenèse ciblée. Enfin, les outils d’analyses moléculaires, comme des anticorps, spécifiques de la souris sont disponibles en laboratoire. Seule une biopsie de tissu sera réalisée chez les nouveau-nés âgés de 7-10 jours. Les animaux d’intérêt seront ensuite utilisés à l’âge de la maturité sexuelle (6-8 semaines) pour être mis en reproduction.
Etude comportementale de souris mutantes, modèles d’une maladie maladie génétique rare caractérisée par une déficience intellectuelle MODIFICATION
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
Placées dans des dispositifs qui mesurent leur activité, leur motricité, leur anxiété, leur sociabilité et leur mémoire, 360 souris porteuses de mutations liées au syndrome de Bosch-Boonstra-Schaaf vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue. Cette version du projet ajoute un test de rotarod, où l'animal court sur un cylindre tournant jusqu'à trois cents secondes, sans augmenter l'effectif. Le porteur écrit pourtant que le seul effet indésirable potentiel sera le stress lié à la nouveauté de l'environnement, et qualifie le phénotype de non dommageable. L'encéphale de chaque souris est prélevé après la mise à mort, au cas où des modifications anatomiques échapperaient à l'observation du comportement.
Objectifs
L’ajout d’un nouveau test comportemental (rotarod) sans ajout d’animaux nécessite une modification du projet initial. Le syndrome de Bosch-Boonstra-Schaaf est une maladie génétique humaine identifiée à ce jour sur une centaine de personnes à travers le monde, souvent chez de jeunes enfants. Ces malades souffrent généralement d'une déficience intellectuelle, d'un retard développemental, de syndromes autistiques ainsi que de modifications comportementales plus ou moins sévères. De plus,cette pathologie est souvent associée à des troubles de la vision. Chez la souris, trois lignées mutantes ont été générées afin d'être au plus près des mutations rencontrées chez l'Homme. L'objectif principale est d'étudier le comportement (activité générale,motricité, apprentissage, mémoire, anxiété, sociabilité) de ces animaux afin de déterminer quel est le modèle (la mutation) le plus proche de l'Homme.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus sont importants car cela permettra de valider le modèle animal et de choisir la mutation génétique la plus proche de l'Homme afin de mieux étudier ensuite le neurodéveloppement dans ce modèle et éventuellement de proposer des thérapies comportementales afin de permettre une évolution favorable de ce syndrôme.
Procédures
Les animaux seront soumis à differents tests comportementaux pour étudier leur activité générale; leur motricité, le niveau d'anxiété, le niveau de sociabilité ainsiq ue leur capacité d'apprentissage et de mémorisation
Impact sur les animaux
Le seul effet indésirable potentiel sera le stress que peuvent engendrer certains tests, les animaux étant mis dans un environnement nouveau.
Devenir
Les animaux seront mis à mort et l'encéphale sera prélevé pour d'éventuelles études in vitro à postériori. En effet, si des modifications comportementales sont enregistrées, il sera peut-être nécessaire d'étudier anatomiquement la structure de l'encéphale. Ce n'est pas parce que le phénotype est non dommageable et que le comportement semble normal qu'il n'y a pas des modifications au niveau anatomique ou cellulaire possibles
Remplacement
Les conséquences de certaines mutations sur le comportement ne peuvent pas être testées in vitro. Les interactions sociales, motivationnelles, les capacités motrices et mnésiques ne peuvent être étudiées que sur l'animal vigile. Afin de s'assurer que les résultats soient transférables à l'humain, les expériences seront menées sur la souris qui est un excellent modèle génétique.
Réduction
Le nombre d'animaux est calculé selon un testde puissance (80%) et d'après notre propre expérience afin d'obtenir des résultats robustes. Cela nous permet d'utiliser le strict minimun d'animaux, cad 20 animaux par groupe. Nous utiliserons les mâles et les femelles car il n'a pas été rapporté de différences comportementales entre sexe dans de précédentes études de ce gène.
Raffinement
L'hébergement sera effectué dans l'animalerie où les conditions d'élévage sont parfaitement définies pour un bienêtre animal. Les tests comportementaux seront effectués entre 9:00 et 17:00, avec un seul test par jour pour limiter le stress. Un suivi quotidien des animaux ( week-end et jours fériés inclus) est effectué soit par les animaliers, soit par l'expérimentateur. Les animaux seront amenés en salle d'expérimentation 30 minutes minimum avant le début du test pour s'habituer à la pièce et diminuer le stress. Les expérimenteurs pourront venir éventuellement le weekend afin de travailler dans des conditions optimales. Les animaux ne seront pas soumis à plus de 3 tests par semaines. Si besoin, suite à une évolution du score de la grille d'évaluation, et en accord avec le vétérinaire de l'institut, des mesures seront prises pour traiter l'animal. L'analyse comportementale sera faite par un système d'analyse vidéo automatique afin d'avoir un bon niveau de raffinement des résultats et de permettre d'utiliser un nombre minimal d'animaux. Une application stricte des points limites durant toute la vie de l'animal sera mise en place pour ce projet. Dans le test de rotarod, lors d'une session, si l'animal arrive à 300s lors d'un essai, il ne fera pas les essais suivants dans la mesure où il aura atteint la réponse maximale.
Choix des espèces
Nous avons choisi la souris en raison de ses similarités génétiques avec l'homme, ainsi que la facilité avec laquelle son génome peut être manipulé et analysé. La souris est un excellent modèle génétique afin d'étudier le comportement suite à la mutation des gènes connus chez l'Homme comme impliqués dans notre syndrome. Ces mutations sont maintenant bien identifiées et les animaux sont en élévage chez les prestataires d'élévage. Les tests comportementaux seront effectués sur des animaux adultes permettant ainsi d'avoir une maturité corticale suffisante.
Réduction de l’inflammation pour améliorer les réponses vaccinales : une étude préclinique sur un modèle murin de trisomie 21
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système immunitaire
- Système nerveux
Porteuses d'une copie supplémentaire de gènes du chromosome 21, les souris de ce projet naissent avec des réponses immunitaires déséquilibrées, des déficits cognitifs et, dans un cas sur dix, une accumulation de liquide dans le cerveau. 555 vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, 150 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et les autres un niveau léger ou modéré. Chaque souris suivie reçoit un produit par sonde gastrique quinze ou trente jours de suite, deux vaccinations sous anesthésie, neuf prélèvements de sang, puis trois tests de mémoire spatiale, à long terme et épisodique, dont un conditionnement à la peur que le porteur décrit comme une source de stress, d'angoisse et de douleur temporaire. Il annonce 555 souris au total, en indiquant que 150 seulement entrent dans l'expérience et que jusqu'à 540 seront mises au monde pour maintenir la lignée.
Objectifs
Le syndrome de Down (SD) est une anomalie génétique causée par la présence d'un chromosome 21 supplémentaire. Ce chromosome contient des gènes importants pour le système immunitaire, ce qui explique certaines particularités des personnes atteintes par ce syndrome. Par exemple, il influence la réponse du corps aux infections et aux vaccins. Les recherches montrent que chez les personnes atteintes du SD, une partie de leur système immunitaire fonctionne de manière un peu différente pouvant le rendre moins efficace et causer des problèmes de santé supplémentaires, comme des infections ou des maladies inflammatoires. La cause de cette modification du fonctionnement du système immunitaire pourrait participer à l’impact sur le développement intellectuel des personnes atteintes du SD. Nous pensons qu’en corrigeant cette cause il serait possible de non seulement réduire l'inflammation dans le corps, et potentiellement améliorer la réponse des personnes atteintes du SD aux vaccins et voir si cette modulation pourrait améliorer leurs capacités cognitives. L'objectif de notre étude est de tester l'effet d’un traitement sur des souris génétiquement modifiées modèles du syndrome de Down, et ainsi voir s'il peut améliorer leur réponse immunitaire après la vaccination et induire une réduction des déficits cognitifs typiques de cette pathologie.
Bénéfices attendus
Ce projet de recherche vise à mieux comprendre comment l'inflammation, les réponses aux vaccins et les déficits cognitifs sont liés à la trisomie 21 (T21), aussi appelée syndrome de Down, en utilisant un modèle de souris spécifiquement conçu pour étudier cette condition. Les connaissances que nous allons acquérir pourraient aider à développer des traitements plus adaptés aux personnes atteintes de T21. Mais ces découvertes pourraient aussi bénéficier à d'autres groupes de personnes qui souffrent de maladies liées à une inflammation chronique, comme celles atteintes de maladies auto-immunes, de diabète, ou même les personnes vieillissantes. De plus, cela pourrait concerner celles qui vivent avec des infections de longue durée, telles que le VIH. Si cette étude donne des résultats positifs, elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour améliorer les capacités cognitives des personnes atteintes du syndrome de Down. Elle pourrait également offrir des solutions pour d'autres problèmes de santé qui sont liés à une inflammation du cerveau, comme les maladies neurodégénératives, qui touchent souvent les personnes âgées, telles que Alzheimer. Ainsi, cette recherche a des implications très importantes pour la santé publique. En fonction des résultats obtenus, elle pourrait non seulement aider les personnes atteintes de T21, mais aussi toute une population confrontée à des problèmes de santé similaires liés à l'inflammation et aux troubles cognitifs.
Procédures
Afin d’identifier leur patrimoine génétique tous les jeunes souriceaux vigiles subiront une petite biopsie (durée inférieure à 1 minute, 1 fois). Si un problème technique survenait (rare) un deuxième prélèvement pourrait être réalisé sur ces mêmes animaux adultes vigile (durée inférieure à une minute, une fois). Un sous-groupe de souris recevra un traitement quotidien pendant 15 jours consécutifs, tandis qu’un autre sous-groupe le recevra pendant 30 jours consécutifs. Toutes les souris suivront deux périodes de traitement, espacées de 120 jours, chaque administration durant moins d’une minute. Toutes ces souris recevront une vaccination et une dose de rappel, espacées de 150 jours, sous anesthésie générale (durée inférieure à 5 minutes). Ces souris auront également un suivi longitudinal au niveau sanguin, elles auront au total 9 prélèvements sanguins espacés de 2 semaines minimum, sous anesthésie générale (durée inférieure à 5 minutes). Elles participeront à 3 tests de comportements espacés d’un jour de repos entre chaque test. Le premier test permettra d’évaluer la mémoire spatiale (2 sessions avec 1 session par jour de 8 minutes). Le deuxième permettra d’évaluer la mémoire à long terme (5 sessions avec 1 session par jour de 10 minutes). Et enfin le troisième permettra d’évaluer la mémoire épisodique et l’apprentissage contextuel (2 sessions avec 1 session par jour de 5 minutes). Pour finir une chirurgie sous anesthésie générale et analgésie adaptée sera réalisée afin de collecter le liquide cérébrospinal (durée inférieure à 30 minutes, une fois) suivie de l’euthanasie par une méthode réglementaire.
Impact sur les animaux
La biopsie pour identifier le patrimoine génétique des animaux peut causer une douleur passagère et un petit risque de saignement. Les souris utilisées dans cette étude présentent une modification génétique spécifique, qui entraîne des réponses immunitaires déséquilibrées, une hypersensibilité à certains signaux dans le corps, des déficits cognitifs, et dans 10 pourcents des cas, une accumulation de liquide dans le cerveau, appelée hydrocéphalie. Ces souris sont aussi plus petites et plus légères que les autres. Lors de certaines procédures, les animaux peuvent ressentir du stress, notamment lorsqu’ils sont manipulés pour un traitement, des injections ou des tests comportementaux. Le fait de devoir être maintenue immobile peut également être une source de stress pour la souris. Lors de l’administration du traitement, il existe un petit risque que le tube utilisé blesse l’intérieur de la gorge ou de l’estomac, ou que le liquide passe par erreur dans les poumons au lieu de l’estomac. Les tests, comme celui de conditionnement à la peur, peuvent provoquer un stress supplémentaire, ainsi qu'une angoisse et une douleur temporaire. Les souris auront une douleur légère et temporaire au moment des injections ou lors des prélèvements sanguins, avec un risque d’hématome et de saignement. Les injections intramusculaires peuvent également provoquer des douleurs et des hématomes au niveau du muscle. La chirurgie sera associée à un risque de douleur. L'anesthésie générale nécessaire pour la réaliser peut entraîner quelques effets secondaires, comme une légère baisse de la température corporelle, une sécheresse des yeux, et dans de très rares cas, des problèmes respiratoires ou cardiaques. Toutefois, les anesthésies générales pour les prélèvements de sang ou les injections intramusculaires, sont très courtes et présentent donc des risques moins importants.
Devenir
Les souris utilisées pour évaluer le traitement seront euthanasiées afin de prélever puis analyser des tissus d’intérêt dans le but de répondre à notre question scientifique. Toutes les autres souris seront euthanasiées car elles ne pourront pas être replacées ou réutilisées en raison de leur modification génétique spécifique.
Remplacement
Il n'existe malheureusement pas d'alternative à l'utilisation d'animaux pour ces recherches. Les réponses aux traitements et aux vaccins sont très complexes, et pour obtenir des données précises et fiables, il est indispensable de travailler avec un modèle animal complet. Cela permet d'obtenir des informations pertinentes et compréhensibles sur le fonctionnement réel du corps. Les animaux vivants sont essentiels pour évaluer l'impact des traitements sur le comportement, ce qui est impossible à faire uniquement avec des modèles en laboratoire ou des simulations informatiques. Bien que des études en laboratoire aient montré que le traitement évalué ici pourrait améliorer les réponses immunitaires et réduire l’inflammation du cerveau, ces études ne reproduisent pas la complexité d'un organisme vivant. En laboratoire, on analyse souvent des cellules isolées ou des échantillons qui ne peuvent pas simuler les interactions entre les différents systèmes du corps. En plus de cela, même si les recherches en laboratoire montrent des effets à l'échelle cellulaire, elles ne permettent pas de savoir si ces effets auront un réel impact bénéfique dans un organisme vivant. Par exemple, un médicament peut avoir un effet sur des cellules en culture, mais cela ne signifie pas qu'il aura le même effet lorsqu'il est administré à un organisme entier. Enfin, les expériences réalisées sur des animaux vivants fournissent des informations cruciales qui permettent de faire le lien entre les recherches de base et les études sur les humains. C'est cette étape préclinique qui est nécessaire pour savoir si un traitement peut être testé de manière sûre et efficace chez les personnes. En résumé, bien que l'idéal serait d'éviter l'utilisation d'animaux, ces recherches sont actuellement indispensables pour progresser dans le domaine médical.
Réduction
Nous utiliserons un total de 555 souris maximum pour mener à bien ce projet. Le nombre d'animaux a été réduit au minimum nécessaire, sans compromettre les objectifs scientifiques de l’étude. Cette recherche, qui durera plusieurs années, impliquera un total de 150 souris, réparties en cinq groupes de 30 animaux (15 mâles et 15 femelles dans chaque groupe). Ce nombre a été calculé en tenant compte d'études précédentes, pour garantir des résultats fiables et robustes. Les groupes de 30 souris, répartis selon leur sexe et leur génétique, nous permettront d’obtenir des résultats solides, notamment pour les tests de comportement qui peuvent varier en fonction de ces critères. Les tests statistiques appropriés seront utilisés pour valider les données de manière précise. Nous maintiendrons notre élevage de souris génétiquement modifiées pendant toute la durée du projet et ne produirons que le nombre strictement nécessaire d'animaux. Nous prévoyons de produire un maximum de 540 souris, afin de respecter les besoins du projet tout en prenant en compte la production des souris porteuses du patrimoine génétique d’intérêt. Chaque étape de la reproduction et de l’élevage des souris sera minutieusement planifiée pour minimiser le nombre d'animaux utilisés tout en garantissant la qualité et la pertinence des résultats scientifiques.
Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur pour l’espèce. Ils seront observés quotidiennement, en cas d’anomalie celle-ci sera déclarée à notre équipe, à la structure chargée du bien-être animal (SBEA) et au vétérinaire afin d’assurer une prise en charge adaptée pour l’animal. Leur état de santé sera évalué plus spécifiquement par notre équipe chaque semaine ou toutes les deux semaines à l’aide d’un système de notation pour s’assurer qu’elles sont en bonne forme. Des mesures préventives seront mises en place pour réduire tout impact des procédures expérimentales sur les animaux. Cela comprend la formation du personnel, la surveillance constante des animaux, et des méthodes pour les habituer à l’environnement et à la manipulation avant les expériences. Les prélèvements de tissus pour connaître le génotype des souris seront réalisés sur de jeunes animaux, ce qui permet une cicatrisation rapide. Après chaque prélèvement, les animaux seront immédiatement surveillés, puis contrôlés à nouveau 30 minutes après. Nous utiliserons uniquement des mâles génétiquement modifiés comme reproducteurs afin de minimiser réduire au strict minimum le nombre d’animaux impactés par les modifications génétiques et assurer une bonne prise en charge des souriceaux par leur mère. Pour réduire le stress lors de l’administration de médicaments, les souris seront progressivement habituées à être manipulées. Pour les injections intramusculaires et les prélèvements de sang, les souris seront anesthésiées afin de limiter leur stress pendant ces procédures. Lors des tests comportementaux, les souris seront habituées à l’expérimentateur et à la manipulation. Elles seront également transférées dans la salle de test au moins une heure avant le début des expérimentations pour réduire leur anxiété. De plus, entre chaque animal testé, l’équipement sera soigneusement nettoyé pour garantir leur confort. Enfin, pour la chirurgie nécessaire à la collecte de liquide céphalorachidien (LCR), l'animal sera sous anesthésie générale et recevra des analgésiques pour éviter toute douleur. Un tapis chauffant sera utilisé pour prévenir l’hypothermie, et un gel oculaire sera appliqué pour protéger leurs yeux de la sécheresse pendant l’anesthésie. Toutes ces précautions sont prises pour assurer que les souris soient traitées avec respect et que leur bien-être soit pris en compte à chaque étape du projet.
Choix des espèces
Les souris sont des animaux de laboratoire couramment utilisés en raison de leur système immunitaire bien connu et de leur similitude génétique avec l'humain, ce qui permet de mieux comprendre des maladies et des comportements. Elles sont particulièrement adaptées pour étudier des maladies comme le syndrome de Down (SD) et sont cruciales pour mieux comprendre cette pathologie. Le modèle de souris qui a été développé pour imiter certains aspects du SD, est largement utilisé pour la recherche. Ces souris possèdent une copie supplémentaire de certains gènes, similaires à ceux du chromosome 21 humain, ce qui leur permet de développer des caractéristiques proches du SD, comme des troubles immunitaires et des déficits cognitifs. Nous injecterons le traitement à évaluer avant l’âge de 2mois c’est-à-dire juste avant la maturation complète du système nerveux des animaux puis les suivrons jusqu’à l’âge de 8 mois car on considère que le développement cérébral des souris est complet et leur schéma comportemental stable à partir de l’âge de 6 mois. Ce temps d’étude nous permettra de suivre l’évolution des paramètres d’intérêts. Les prélèvements pour identifier le patrimoine génétique des animaux seront réalisés sur de jeunes souris, ce qui permet une cicatrisation rapide.
Validation de biomarqueurs circulants pour l’agressivité et la sensibilité au Folfirinox, dans le cancer du pancréas
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Opérées en vingt minutes pour recevoir des cellules tumorales dans la rate, puis isolées de leurs congénères, 308 souris subissent ensuite des injections dans l'abdomen cinq fois par semaine pendant trois semaines. Deux cent quarante-six d'entre elles relèvent d'un niveau de souffrance sévère, les autres d'un niveau modéré, avec une tumeur du pancréas et des métastases qui provoquent douleur, perte de poids et mobilité réduite. Le porteur affirme que le recours aux animaux est "absolument indispensable" pour valider des biomarqueurs sanguins avant de les chercher dans le plasma de patients, la quantité de plasma humain disponible étant limitée. Toutes sont tuées sous anesthésie après un dernier prélèvement de sang, pour que leurs organes alimentent aussi des projets connexes de l'équipe.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de valider des biomarqueurs sanguins du développement tumoral et de la résistance au traitement dans le contexte du cancer pancréatique.
Bénéfices attendus
Dans l'ensemble, nous exploiterons les résultats obtenus ici pour valider une signature de biomarqueurs afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients atteints de cancers pancréatiques. La validation des ces biomarqueurs permettra la mise en place de validation dans les échantillons sanguins de patients et ensuite la mise en place d’un essai de grande ampleur pour valider la fiabilité des signatures. L’amélioration du diagnostic (éligibilité à la chirurgie et sensibilité au traitement) sont des éléments majeurs permettant d’améliorer la survie et la qualité de vie des patients. La forte augmentation d’incidence des cancers pancréatiques (8.000 cas en 2000 et 16.000 cas en 2021, en France) en fait un réel problème de santé publique.
Procédures
Les animaux seront soumisent à 1 procédure chirurgicale (durée 20 minutes), des injections dans l'abdomen (durée 30 secondes) 5 fois par semaine pendant 3 semaines et enfin, un prélèvement de sang sous anesthésie juste avant la mise à mort pour prélèvement des organes d'intérêt (donc 1 seul prélèvement par souris, qui dure 30 secondes au maximum).
Impact sur les animaux
Les nuisances subies par les animaux sont pour les procédures 1 et 3: avant l’acte chirurgical : contention et injections sous-cutanées d’antalgique et d’anesthésique local qui peuvent générer un léger stress ; au cours de l’acte chirurgical : l’anesthésie gazeuse peut engendrer une hypothermie et une détresse respiratoire si elle est mal contrôlée ; en post-chirurgie : des complications post-opératoires (rupture des points de sutures, infection de la plaie) peuvent survenir et engendrer de la douleur qui doit être rapidement prise en charge ; les animaux devront être isolés de leurs congénères ce qui génère un stress. Pour les procédures 1, 2 et 3, les nuisances au cours du développement de la tumeur primaire et des métastases sont les suivantes : douleur, perte de poids, mobilité réduite, apparences et/ou comportements anormaux, celles-ci sont grâce à notre expertise du modèle rapidement détectées et en fonction du score déterminé, la procédure adaptée sera mise en œuvre.
Devenir
Le sort de tous les animaux sera la mise à mort sous anesthésie pour prélèvement d'organes en vue d'analyses cellulaires, biochimiques et histologiques.
Remplacement
Le recours à des animaux est absolument indispensable pour mener à bien ce projet qui vise à confirmer la faisabilité de la détection de biomarqueurs vésiculaires sanguins associés à la résécabilité ou à la chimiorésistance avant de pouvoir les valider dans le plasma de patients. La quantité de plasma humain est limitée et les protocoles d’isolation des vésicules extracellulaires et d’identification des biomarqueurs doivent pouvoir être mis au point afin de s’assurer qu’aucun échantillon ne soit perdu. Ce projet fait suite à plusieurs validations in vitro en modèle organoïde de la pertinence de ces biomarqueurs pour stratifier les patients entre les groupes réséqués et non réséqués, et pour identifier les vésicules extracellulaires capables d’induire la chimiorésistance. Ces signatures spécifiques ont été identifiées de telle sorte que, par exemple, une protéine présente dans un groupe ne soit pas du tout identifiée en spectrométrie de masse dans l’autre. Nous disposons donc de signatures spécifiques qui reposent sur la haute sensibilité du spectromètre de masse et sur une quantité importante d’échantillons biologiques différents (n=15 organoïdes).
Réduction
Le nombre d’animaux nécessaires dans chaque procédure pour l’obtention d’un résultat significatif a été défini en utilisant le test statistique d’analyse de la variance suivie de comparaisons multiples; en précisant la diminution attendue de l’incidence/taille des tumeurs et les différences inter-individuelles, estimées sur la base de données bibliographiques et de résultats antérieurs de l’équipe. Par ailleurs, nous prélèverons, par nécropsie, d’autres tissus de chacune de ces souris afin d’alimenter d’autres analyses au laboratoire. Le prélèvement des principaux organes associés aux métastases de l’ADKP (foie, poumon, …), à la régulation du métabolisme, ainsi que de la réponse immunitaire (rate, ganglion lymphatique, moelle osseuse) serviront à des projets connexes de l’équipe afin de mieux comprendre les mécanismes métaboliques de la réponse au traitement, du développement des métastases ainsi que les mécanismes conduisant à l’évasion immunitaire dans l’ADKP, en réponse à un agent chimio-thérapeutique.
Raffinement
Une voire 2 personnes compétentes (formations en expérimentation animale + chirurgie) réaliseront les injections en IP d’antalgiques en pré et post-opératoire, la désinfection de la zone à inciser, l’injection en SC de l’anesthésique local avant l’incision, puis l’implantation des cellules tumorales dans la rate. Ceci afin d’éviter toutes complications post-opératoires et limiter ainsi le nombre d’animaux à opérer. Une surveillance et une manipulation quotidienne des souris avec un phénotype dommageable seront effectuées, des critères objectifs seront quantifiés et un score cumulé sera établi (e.g. Score cumulé 10 apparences et/ou comportements anormaux). Lorsque ce score cumulé est > à 10 pour une souris avec un phénotype dommageable, celle-ci sera rapidement euthanasiée. Un enrichissement matériel (twists, cocon ou nid) de l’environnement des animaux est mis en place dans toutes les cages afin qu’ils expriment un répertoire diversifié de comportements normaux.
Choix des espèces
Nous utiliserons des souris de référence dans le domaine du cancer pancréatique car leurs tumeurs miment fidèlement la maladie chez l’homme. De plus, cette espèce se caractérise par de nombreux avantages, notamment leur développement rapide, une descendance nombreuse et une facilité d’entretien et d’élevage.
Production de rats modèles de dystrophies musculaires de Becker et de Duchenne et prélèvements pour leur caractérisation génétique
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
Nés dans un élevage dédié puis expédiés vers l'établissement utilisateur qui les recevra, 12 530 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. À 13 ou 15 jours, un morceau d'oreille leur est découpé aux ciseaux pour établir leur identité génétique, et ceux qui portent l'anomalie recherchée développent ensuite une fonte musculaire progressive pendant leur hébergement. Le porteur affirme que ces rats récapitulent très fidèlement la progression des dystrophies de Duchenne et de Becker chez l'humain, et indique qu'aucun traitement n'existe aujourd'hui pour les enfants atteints. Les reproducteurs en fin de vie reproductive sont tués parce qu'ils ne sont pas malades, les mâles porteurs de la mutation et leurs frères sains partant vers des cohortes d'évaluation de médicaments.
Objectifs
Produire et caractériser génétiquement des animaux modèles qui présentent un phénotype dommageable mimant les dystrophies musculaires de Duchenne ou de Becker, anomalies génétiques rares du muscle qui touchent essentiellement les garçons. Le pronostic pour certaines d'entre elles est très sombre et les jeunes patients meurent prématurément d’insuffisance cardiaque ou respiratoire. L’anomalie génétique responsable de ces maladies résulte en l'absence ou la réduction de synthèse d'une protéine essentielle au fonctionnement des fibres musculaires. En l'absence de cette protéine, les fibres musculaires meurent progressivement, réduisant les capacités de vie autonome des enfants atteints. Il n'existe à ce jour aucun traitement pour ces enfants. Les animaux porteurs des mêmes anomalies génétiques sont produits pour identifier et tester de nouveaux médicaments. Ces animaux récapitulent très fidèlement la progression de la maladie chez l'humain et permettent d'évaluer l'absence de toxicité de médicaments innovants. En raison d'une constitution génétique propre à ces animaux, il est par ailleurs possible de modéliser l'efficacité de ces traitements innovants pour chaque malade, prémices d’une médecine adaptée à chaque patient. En cas d'efficacité non toxique démontrée, les candidats médicaments poursuivront leur développement pour, in fine, être testés chez les patients atteints de ces maladies musculaires.
Bénéfices attendus
Les animaux produits dans le cadre de ce projet contribueront au développement de traitements innovants pour les dystrophies musculaires de Becker ou de Duchenne. Des traitements de guérison sont actuellement absents de la pharmacopée et sont très attendus par les malades, leurs familles, les associations de patients et les médecins. D'une manière générale, ce projet permettra d'avancer dans la connaissance plus précise des mécanismes anormaux à l'œuvre dans ces 2 maladies, cibles de médicaments innovants.
Procédures
La production et la prise en charge en élevage d’animaux atteints d’une affection musculaire, ainsi que l'identification individuelle des animaux via la récupération d'un morceau de peau à partir duquel on définit l'identité génétique de l'animal.
Impact sur les animaux
Entre 13 et 15 jours d'âge, un très petit morceau de peau issue du bord non cartilagineux de l’oreille est prélevé à l'aide d'un ciseau. Cette découpe, quasi-imperceptible pour l'œil humain, ne modifie pas l'anatomie de l'oreille, ne provoque pas de saignement visible et ne cause à l'animal qu'un inconfort très léger d'une durée de quelques secondes. Durant le temps d'hébergement sur le site éleveur, généralement de quelques semaines, les animaux porteurs des anomalies génétiques d'intérêt ont une fonte musculaire progressive qui peut altérer modérément leur qualité de vie.
Devenir
À la fin de chacune des procédures, les animaux reproducteurs en fin de vie reproductive seront mis à mort car ils ne sont pas malades et ne peuvent donc pas être inclus dans des cohortes d'évaluation de médicaments innovantes. Tous les animaux mâles porteurs de l'anomalie génétique ainsi que leurs frères de portée sains seront expédiés vers l'établissement utilisateur receveur en vue d'être inclus dans des cohortes d'évaluation d'efficacité de thérapie innovantes.
Remplacement
Les dystrophies musculaires de Becker et de Duchenne touchent plusieurs organes interconnectés (muscles, cœur, cerveau, tube digestif). Préalablement aux essais précliniques sur les animaux issus de nos 4 lignées modèles, l’efficacité des thérapies testées a été démontrée sur des cultures de cellules musculaires et parfois, chez des organismes de plus petite taille (vers, insecte, poisson). Aucun produit n'est testé chez nos animaux sans connaissance d'un mécanisme biologique robuste, préalablement établi.
Réduction
L'équipe de recherche qui a généré les animaux a accumulé beaucoup d'expérience sur ces lignées. Lors des essais précliniques, traiter moins de 10 individus permet d'obtenir des valeurs en nombre suffisant pour confirmer ou infirmer un effet majeur d'un candidat médicament sur l'évolution de la maladie. Des tests statistiques ont été réalisés et ont permis de réduire le nombre moyen d'animaux nécessaires pour répondre de façon robuste et suffisante à la plupart des questions biologiques posées lors des expérimentations. Pour ces objectifs, nous mettons en place un élevage qui sera optimisé pour ne produire que les animaux nécessaires aux expérimentations.
Raffinement
Les animaux sont habitués dès leur plus jeune âge à être manipulés en douceur très régulièrement. Les animaux sont hébergés à deux ou plus et le milieu est enrichi. Afin d’anticiper tout signe de douleur, des critères de suivi du bien-être ont été établis et sont évalués quotidiennement en observant individuellement les animaux, week-ends et jours fériés inclus. Ces critères portent sur l’aspect général des animaux (pelage et yeux), leur comportement (mobilité) et l’état général de l’animal (masse corporelle). En cas de signes de douleur, des mesures sont prises : surveillance renforcée (biquotidienne) et mesures médicamenteuses visant à atténuer ou supprimer la douleur.
Choix des espèces
Le rat est une espèce de mammifère appartenant à la même classe que l'être humain. Cette proximité évolutive en fait un modèle apprécié. Il partage de nombreux aspects anatomiques et physiologiques avec l’humain, notamment pour la constitution et le fonctionnement des organes ainsi que les processus métaboliques. Les récents outils génétiques ont permis d'en faire un modèle de choix pour l'analyse des troubles musculaires. Les modèles de rat miment ce type de maladies humaines de manière très fidèle, tout en conservant les atouts des rongeurs avec une courte durée de gestation, une taille raisonnable et une longévité compatible avec l'étude dans un temps raisonnable d'effets à long terme des médicaments testés sur des individus âgés. Il est un excellent complément aux autres modèles.
Pré-conditionner le donneur pour améliorer la clinique de la transplantation pulmonaire : évaluation en modèle rat
- Recherche appliquée
- Troubles respiratoires
Quarante-cinq minutes de chirurgie pour prélever un poumon sur 150 rats donneurs, deux heures pour le greffer sur 150 rats receveurs : 300 rats vont être utilisés, tous tués, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Les donneurs sont mis à mort avant le prélèvement du poumon, les receveurs trois jours après la greffe pour mesurer la dysfonction du greffon et la réponse immunitaire. Jusqu'à 90 d'entre eux reçoivent auparavant une injection de corticoïdes dans la veine de la queue quinze heures avant l'opération, et 30 une administration directe dans la trachée. Le porteur écrit que les effets indésirables de cette administration trachéale "ne sont pas bien connus" et qu'une difficulté à respirer au réveil est envisageable.
Objectifs
La transplantation pulmonaire est souvent le dernier espoir pour les personnes atteintes de graves maladies respiratoires. Malheureusement, même si de plus en plus de patients ont besoin de cette opération, les résultats restent décevants : seuls 60 % des patients sont encore en vie cinq ans après la greffe. L’un des grands problèmes est qu’un grand nombre de patients développent, dès les premiers jours après l’opération, un dysfonctionnement du nouveau poumon peut ensuite entraîner des complications à long terme. Les recherches récentes en immunologie montrent que le stress subi par les cellules pendant l’opération joue un rôle important dans l’échec du greffon. Ce stress déclenche une inflammation, la mort de certaines cellules et attire des cellules du système immunitaire qui peuvent endommager le nouveau poumon. Aujourd’hui, pour éviter ces réactions, les médecins injectent des corticoïdes (anti-inflammatoires puissantes) au patient juste après la chirurgie. Notre projet vise à aller plus loin : nous pensons qu’il serait encore plus efficace de traiter le donneur, avant la greffe, avec ces corticoïdes. Pour tester cette hypothèse, nous allons utiliser un modèle bien connu de greffe de poumon chez le rat. Nous allons comparer plusieurs méthodes : traitement du donneur vivant avant le prélèvement, ou traitement du poumon une fois prélevé, pendant une phase où il est maintenu en vie artificiellement grâce à une machine. Cette dernière méthode permet d’utiliser des doses de médicament plus fortes, sans risque pour le reste de l’organisme. Nous testerons aussi plusieurs types de corticoïdes : la forme classique, mais aussi deux nouvelles versions conçues pour cibler plus précisément les cellules responsables de l’inflammation.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour but de montrer qu’un traitement du poumon du donneur, avant la greffe – soit directement sur le donneur (in vivo), soit sur l’organe une fois prélevé et maintenu en vie par une machine (ex vivo) – peut améliorer nettement les résultats de la transplantation. Le traitement réalisé sur le poumon en dehors du corps (ex vivo) pourrait être encore plus efficace, car il permet d’utiliser des doses plus fortes de médicaments anti-inflammatoires (corticoïdes) sans effets secondaires pour le reste du corps. Les résultats de ce projet pourraient ensuite servir à lancer une étude chez l’homme. Si les résultats sont positifs, cela pourrait changer les méthodes actuelles et grandement améliorer les chances de survie des patients greffés. Ce type de traitement pourrait aussi profiter à d’autres types de greffes, comme celles du rein, du foie ou du cœur. Ce projet permettra également de tester une approche innovante : l’utilisation de microparticules pour transporter les corticoïdes directement vers les cellules du système immunitaire responsables de l’inflammation. Les résultats de ce projet pourraient ouvrir la voie à un nouveau protocole de traitement des donneurs de poumons chez l’homme, et ainsi améliorer significativement la survie des personnes greffées. Enfin, ce travail représente une première en France : il permettra de mettre en place un modèle de greffe de poumon chez le rat, avec maintien de l’organe en vie en dehors du corps. Ce modèle pourra ensuite être utilisé pour tester d’autres traitements innovants, comme des thérapies cellulaires, géniques ou de nouveaux médicaments, et ainsi faire progresser encore davantage la médecine de la transplantation.
Procédures
Toutes les procédures appliquées aux animaux seront effectuées sous anesthésie générale : -injection une seule fois sur les animaux donneurs sur une durée de 5 minutes, maximum 90 animaux -administration du meilleur traitement, une seule fois, sur une durée de 15 minutes, sur max. 30 animaux donneurs -chirurgie pour récupérer le poumon donneur, 1 seule fois, durée de 45minutes, sur les animaux donneurs, 150 animaux -chirurgie pour transplantation du poumon, 1 seule fois, animaux receveurs, durée de 2h, 150 animaux
Impact sur les animaux
Pour les animaux donneurs : L’injection de médicament dans la veine de la queue est faite sous anesthésie générale 15h avant le prélèvement du poumon. Bien que la piqure n’induit pas une douleur ressentie pendant l’anesthésie, elle pourrait générer une douleur légère et passagère au réveil. Les effets indésirables dus à l’administration dans la trachée ne sont pas bien connus, on pourrait s’attendre a observer une difficulté à respirer après le réveil. Pour les animaux receveurs : Il est fréquent que les animaux aient un peu moins d’appétit pendant un ou deux jours après l’opération. Cela est souvent dû à l’anesthésie plus qu’à la chirurgie. Une cicatrice sur le thorax gauche peut, dans de rares cas, provoquer une gêne temporaire. Cette gêne disparaît généralement en 24 à 48 heures et n’empêche pas l’animal de manger ou de boire. Les problèmes respiratoires sont très rares, car l’autre poumon (le droit) continue de fonctionner normalement. Jusqu’à présent, aucune difficulté respiratoire n’a été observée dans les trois jours suivant la greffe. Enfin, une hémorragie interne pourrait survenir si les vaisseaux sanguins ne sont pas parfaitement refermés pendant l’opération. Des signes comme des saignements, une grande pâleur ou des difficultés à respirer seront surveillés de très près pendant la période de suivi de 3 jours post-transplantation. Une nuisance liée à l’hébergement individuel en post-greffe pourrait être générée, mais elle sera atténuée par le maintien de contacts visuels, auditifs et olfactifs avec les autres animaux.
Devenir
Tous les animaux donneurs seront mis à mort avant la récupération du poumon (n=150). Les animaux receveurs seront mis à mort pour évaluer les paramètres biologiques de dysfonction primaire du greffon, l’inflammation, et la réponse immunitaire.
Remplacement
Aucune méthode ne permet d’évaluer l’effet de la transplantation pulmonaire en raison des effets complexe de la chirurgie (sections, sutures), et des réponses au stress de nombreux types cellulaires (cellules de la structure du poumon, cellules des vaisseaux, cellules immunitaires) qui sont issus du donneur et qui rencontrent les cellules étrangères du receveur venues par la circulation sanguine. Cette complexité n’est strictement pas modélisable in vitro. Seule cette méthode permettra d’apprécier l’effet du traitement du poumon donneur (in vivo et/ou ex vivo) sur l’issue clinique de la transplantation.
Réduction
Nous avons pris toutes les mesures possibles pour réduire le nombre d'animaux utilisés dans cette expérimentation. Cependant le nombre d'animaux par groupe ne doit pas être inférieur à 10, en raison de la nécessité d'obtenir des résultats fiables en tenant compte des variations inter-individus. Ce nombre est basé sur des expériences précédentes réalisées sur des porcs, sur l’expérience de nos collaborateurs, et des calculs d’estimation statistique.
Raffinement
L’état général des rats est surveillé quotidiennement : une fois par jour avant l'intervention, et trois fois par jour après la transplantation. Les animaux sont pesés avant l'intervention et trois jours après, au moment de l'euthanasie, ou plus fréquemment s’ils n’ont pas commencé à manger normalement. Un complément alimentaire hautement nutritif sera donné en post-transplantation et des hamacs chauffants seront installés dans les cages. Toutes les interventions sont réalisées de manière à réduire au maximum le stress et la douleur des animaux. Cela inclut l'anesthésie, la gestion de la douleur pendant et après l'opération, ainsi que l'utilisation de coussin ou de lampes chauffantes pendant la chirurgie. Un suivi systématique est mis en place pour évaluer la douleur des animaux et leur fournir des traitements appropriés. Des contrôles réguliers sont effectués pour minimiser la douleur, avec des évaluations trois fois par jour après l'opération. . Des points limites sont définis pour évaluer les paramètres de suivi, permettant ainsi de minimiser la douleur animale. Ces évaluations sont consignées sur des fiches de suivi pour chaque animal.
Choix des espèces
Le rat est une espèce animale de référence pour la transplantation pulmonaire. C’est également un modèle animal utilisé pour analyser la réponse biologique du poumon à la perfusion et pour évaluer l’effet du traitement chez le donneur directement. Il permet aussi d’employer des animaux dont la génétique est mieux maitrisée que celle du porc, ainsi que des animaux consanguins (tous les donneurs sont du même type génétique, tous les receveurs sont d’un autre type génétique). Le modèle rat est désormais maîtrisé et a été validé par plusieurs équipes internationales. Les animaux seront utilisés à l'âge de 70 à 85 jours, lorsqu'ils auront atteint un poids minimal de 300 g, suffisant pour garantir un développement adéquat des vaisseaux sanguins permettant la réalisation des sutures vasculaires. Les animaux seront utilisés à l'âge de 70 à 85 jours, lorsqu'ils auront atteint un poids minimal de 300 g, suffisant pour garantir un développement adéquat des vaisseaux sanguins permettant la réalisation des anastomoses vasculaires.
Traitement des cancers hépatobiliaires par le plasma froid atmosphérique dans des modèles murins immunocompétents et immunodéficients 1/2
- Recherche appliquée
- Cancers
- Troubles gastrointestinaux
- Recherche fondamentale
- Oncologie
10 800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour prélèvement de sang et de tissus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. 8 640 reçoivent une injection sous-cutanée de cellules tumorales dans le flanc, 2 160 une chirurgie abdominale de quinze à vingt minutes pour injecter ces cellules dans le foie, et 1 620 un traitement au plasma froid de dix minutes répété jusqu'à sept fois. Le porteur indique que ce gaz appliqué sur la peau peut l'assécher jusqu'à la nécrose dans les cas extrêmes, et que le développement tumoral entraîne un inconfort croissant. L'efficacité du plasma froid sur le cholangiocarcinome reste à démontrer, le porteur la disant "prometteuse" d'après des travaux sur d'autres cancers, là où les tumeurs greffées et les chirurgies du foie, elles, figurent au protocole.
Objectifs
Les cholangiocarcinomes (CCA) sont un type de cancer rare qui atteint le foie et les voies biliaires. A ce jour, seule l’ablation chirurgicale apparaît comme une thérapie efficace mais elle n’est envisageable que dans 20 pourcents des cas, avec sur 5 ans un taux de survie estimé entre 15-40 pourcents. La majorité des patients ne pouvant bénéficier d’intervention chirurgicale reçoit alors une chimiothérapie. En cas de progression tumorale consécutive à cette première ligne de traitement, il n’existe à ce jour pas de thérapie complémentaire approuvée. Par conséquent, l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques est plus qu’attendue. Les plasmas froids atmosphériques (PFA) sont des gaz faiblement ionisés, constitués d’électrons, d’espèces radicalaires et excitées et possédant des propriétés de champ électrique et de rayonnement. Les PFA constituent une stratégie physique innovante et prometteuse pour le traitement des carcinomes puisque leurs capacités à réduire la croissance tumorale a récemment été démontrée dans des études in vitro et in vivo. Cependant, le développement et l’efficacité d’une stratégie PFA sur les cholangiocarcinomes (CCA) n’ont pas encore été testés. La finalité du projet est donc d’évaluer l’efficacité de la thérapie PFA comme alternative à l’ablation chirurgicale ou comme approche complémentaire à des traitements conventionnels. L’utilisation PFA permet raisonnablement d’espérer une régression significative de la taille des tumeurs, voire même une régression importante en combinant cette approche innovante à l’approche conventionnelle de la chimiothérapie. Par ailleurs, on peut s’attendre à un « effet sélectif » du plasma, c’est-à-dire qu’appliqué sur une zone présentant des cellules tumorales et saines, le plasma pourrait favoriser la mort des cellules cancéreuses sans endommager les cellules saines. Les objectifs sont de tester l’efficacité antitumorale du PFA et de mieux comprendre les mécanismes d’action du PFA, en particulier sur le phénotype des cellules tumorales, les cellules du microenvironnement tumorale et sur les composants de la matrice extracellulaire (MEC), dans des modèles précliniques de CCA ectopique. La caractérisation des échantillons sera réalisée par des approches multiples de biologie moléculaire et cellulaire. Ce projet sera mené dans 2 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Les tumeurs des voies biliaires ou cholangiocarcinome (CCA) sont de très mauvais pronostiques et très agressives. Les traitements sont limités, seule la résection chirurgicale est efficace mais seuls 20 à 30 % des patients sont éligibles, les autres recevront une chimiothérapie palliative. La recherche sur traitements dit innovants dans un but de traiter localement la tumeur est nécessaire pour proposer de nouvelles options thérapeutiques pouvant être proposée seule ou en combinaisons avec des thérapies systémiques déjà en place. Dans son ensemble, ce projet est de tester dans des modèles expérimentaux murins, l’effet du plasma froid atmosphérique (PFA) sur le CCA. Les bénéfices attendus sont de démontrer un effet antitumoral du plasma froid atmosphérique dans des modèles bien décrits de CCA représentatifs de la maladie humaine. Si l’effet anti-antitumoral s’avérait efficace, ce projet pourrait permettre de développer un nouvel outil thérapeutique anti-cancéreux applicable en santé humaine dans le cadre des cancers des voies biliaires. Au-delà du cancer des voies biliaires, les PFA pourraient jouer un rôle important dans le développement de nouvelles applications médicales. Par exemple, les résultats pourraient orienter la création de nouvelles thérapies pour d’autres cancers ou d’autres applications comme la cicatrisation des plaies et l'ingénierie tissulaire.
Procédures
- Procédure 1 (EU1). 1. Injection sous cutanées des cellules (n=8640) sur souris vigiles, durée 10 secondes/animal - Procédure 2 (EU1). 1 chirurgie pour injecter dans le foie des cellules sur souris anesthésiées et sous analgésie (n=2160), durée 15-20 minutes/souris - Traitement au plasma froid atmosphérique (EU1/EU2) sur souris anesthésiées (n=1080 procédure 1 et n=540 procédure 2) 10 minutes/souris, répété 6 à 7 fois max. - Imagerie (EU2). Anesthésie + imagerie (4-5 fois sur même souris) (n=6480), durée 15 min/souris - Prélèvements sanguins (EU1/EU2) sur animal vigile (2-3 par souris) (n=6480), durée 10 min/souris - Prélèvement terminal (EU1/EU2). A l’issue des traitements, tous les animaux seront anesthésiés et analgésiés puis soumis à un prélèvement sanguin et tissulaire pour effectuer les analyses et ne durera pas plus de 10 minutes entre de début de l’anesthésie et l’euthanasie de l’animal.
Impact sur les animaux
-le développement des tumeurs : -le modèle ectopique implique une injection des cellules sous cutanée dans le flanc/dos de l’animal ce qui peut engendrer un stress à l’animal en raison de la contention et d’une douleur de courte durée lors de l’introduction de l’aiguille, et un inconfort au fur et à mesure du développement tumoral. -Le modèle orthotopique (injection dans le foie) implique une chirurgie abdominale pour injecter dans un lobe du foie les cellules tumorales, ce qui engendre donc des nuisances liées à l’anesthésie (stress thermique, risque d’arrêt cardio-respiratoire) et à la chirurgie elle-même (douleurs post-opératoires malgré la prise en charge réalisée, inflammation locale, risque de dessiccation de la plaie). - Le traitement par plasma froid. L’utilisation de ce gaz faiblement ionisé appliqué directement sur la peau de l’animal peut générer un assèchement de la peau pouvant aller jusqu’à la nécrose dans les cas les plus extrêmes (peu probable). - Pour les traitements administrés par injection au niveau de l’abdomen ou dans la veine de la queue ou par gavage, les nuisances pourraient être un éventuel durcissement abdominal ou de la queue, une inflammation de l’abdomen, queue ou gorges). Les contraintes liées au gavage sont la contention qui constitue un facteur de stress. - Les traitements seront effectués sous anesthésie (sauf pour le gavage) et impliqueront donc également les contraintes/risques liées à l’anesthésie elle-même.
Devenir
A l’issue des procédures, les animaux seront tous euthanasiés par des méthodes réglementaires afin de prélever le sang et les tissus pour réaliser différentes analyses biologiques. Ces analyses permettront d’évaluer l’impact « biologique » des différents traitements, en utilisant les différents marqueurs de progression de la pathologie.
Remplacement
Dans la mise en œuvre de ce projet, un organisme vivant est nécessaire pour étudier les acteurs mis en jeu dans le développement et l’évaluation de thérapies innovantes anti-cancéreuses. Il n’est pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires rentrant en jeu dans le développement du cancer. Le modèle animal est donc indispensable dans le cadre de ce projet.
Réduction
Le projet impliquera un total de 10800 animaux. Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats statistiquement fiables. A cause des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique G*Power a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude qui est de 15 par groupe. Nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyses à effectuer (les différents types de tests donnant des résultats soit qualitatifs, soit quantitatifs). D’une façon générale, les modèles seront testés avec un seuil de validité de 5%. Lorsque ces conditions ne seront pas vérifiées, des tests non paramétriques seront effectués. En parallèle des animaux, nous développons des modèles in vitro en 3 dimensions afin de tester nos thérapies, ce qui permetra de réduire le nombre d'animaux utilisés.
Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures ont été mise au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress (anesthésie, analgésie, enrichissement). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum, le milieu est enrichi. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (point limite) et des soins adaptés (anesthésie, analgésie). Un analgésique, notamment la buprénorphine, sera utilisé en pré-opréatoire 20 minutes avant et post-opératoire pour limiter la douleur et garantir un bien-être optimal des animaux. Un protecteur oculaire en gel sera aussi utilisé lors de l'anesthésie pour éviter tout assèchement des yeux. Pour le transport des animaux, celui-ci est effectué dans le respect du bien-être animal (mise à disposition d'eau sous forme de gel et de nourriture) et est réalisé par un transporteur agréé.
Choix des espèces
Les cellules en culture ne permettent pas de tester des nouveaux traitements anti-cancéreux dans sa globalité. Aussi, la souris est utilisée pour mimer un cancer avec des caractéristiques de la maladie proche de celles observées chez l’homme. Plusieurs modèles animaux de cancers biliaires (ectopique ou orthotopique) existent chez la souris récapitulant les différentes formes observées chez l’homme. Les souris seront utilisées à l'âge adulte/jeune adulte : 5 à 8 semaines pour les animaux commerciaux dont 1 semaine d’acclimatation. Nous n'utilisons pas d'animaux trop vieux afin de nous affranchir des problèmes de prise de greffes dans le cas des xénogreffes ectopiques et modifications des fonctions hépatiques dues à l'âge dans le cas des greffes syngéniques orthotopiques qui pourraient interférer avec nos résultats.
Formation réglementaire pratique aux procédures expérimentales sur rongeurs
- Formation professionnelle
Rats : 180
Deux heures de travaux pratiques par session, pour que des débutants s'exercent aux gestes de laboratoire : 1 620 souris et 180 rats vont être utilisés, tous tués à la fin de chaque séance, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit au maximum une administration par voie orale, sous-cutanée ou intrapéritonéale et un prélèvement sanguin, sur animal vigile et par des mains inexpérimentées. Le porteur reconnaît que la maîtrise imparfaite des gestes génère plus de stress et de douleur qu'entre des mains formées, et compte trois animaux par participant. De 75 à 95 % d'entre eux sont des animaux de surplus déjà destinés à être tués dans l'établissement d'accueil, mobilisés ici pour satisfaire une obligation réglementaire de formation.
Objectifs
Les personnels de la recherche amenés à concevoir ou à réaliser des procédures expérimentales impliquant des animaux utilisés à des fins scientifiques ont l’obligation réglementaire d’acquérir une formation spécifique en experimentation animale. Cette formation initiale à l’expérimentation animale vise à délivrer les connaissances réglementaires requises concernant l’expérimentation animale (niveau applicateur). La formation totale d’une durée de 45h inclut une formation théorique comprenant un module général (13h), un module spécifique pour les rongeurs et lagomorphes (30 h) et une formation pratique (2h) sur rongeurs qui fait l’objet de la demande. Au cours de cette formation pratique réalisée sur rongeurs, les participants se familiariseront aux gestes techniques réalisés sur animaux vigiles tels que la manipulation et la contention, le sexage, le prélèvement sanguin et l’administration de molécules par différentes voies. La formation du personnel est indispensable pour maîtriser les gestes techniques, éviter la souffrance animale, limiter le risque d'erreur dans les procédures et limiter le nombre d'animaux utilisés. Ainsi, une bonne maîtrise des gestes techniques participe au respect de la règle des 3R.
Bénéfices attendus
Chaque participant recevra ainsi une formation pratique prenant en compte le respect du bien-être animal et la règle des 3R. La qualité de ces formations contribue ainsi à court terme à la maitrise des gestes techniques permettant d’obtenir à moyen terme des résultats scientifiques plus fiables et reproductibles tout en réduisant au maximum le stress et la souffrance des animaux et leur nombre.
Procédures
Les gestes enseignés seront réalisés sur animal vigile. La préhension et la contention des animaux peut induire un stress chez les animaux. Les administrations réalisées sur animaux vigiles par voie orale, sous cutanée ou intrapéritonéale peuvent induire un stress et une douleur de courte durée. Le prélèvement sanguin réalisé sur animal vigile peut induire un stress et une douleur de courte durée. Chaque animal pourra faire l’objet au maximum d’une administration et d’un prélèvement sanguin. La séance pratique d’apprentissage durera 2h.
Impact sur les animaux
S’agissant d’expérimentateurs néophytes, la maitrise des gestes techniques est imparfaite et peut générer plus de stress et de douleur qu’effectués par des expérimentateurs compétents et expérimentés.
Devenir
A chaque session de formation, l’intégralité des animaux seront mis à mort.
Remplacement
Nous avons mis au point diverses méthodes au cours de notre formation pour remplacer l’animal. Ainsi, les travaux dirigés d’anatomie sont exclusivement réalisés à l’aide de planches anatomiques et d’un puzzle 3D inerte. Les méthodes d’identification par pose de bague auriculaire et emporte-pièce sont enseignées sur des morceaux de carton. Un mannequin ou une peluche sont utilisés pour les démonstrations de contention. Néanmoins, pour l’apprentissage des gestes de contention ou de techniques d’administration ou de prélèvements en situation réelle, les réactions comportementales de l’animal vigile ne peuvent être reproduites par des méthodes alternatives et nécessitent l’utilisation de modèles animaux in vivo.
Réduction
De notre expérience, 75 à 95% des animaux nécessaires à cette formation sont couverts par des animaux de surplus et donc destinés à être euthanasiés dans l’établissement utilisateur accueillant cette formation. Seuls 15 à 25% maximum des animaux nécessaires à cette formation nécessiteront une provenance d’un fournisseur. Ce qui contribue à la réduction. Afin de limiter le nombre de gestes réalisés sur chaque animal (au maximum : contention, 1 administration et 1 prélèvement sanguin dans un souci de raffinement), 3 animaux par participant sont nécessaires.
Raffinement
Pour la séance de travaux pratiques, les animaux seront amenés dans leur cage d’hébergement dans la salle de travaux pratiques quelques heures avant le début de la séance pour habituation. Le stress des animaux sera réduit au maximum en commençant cette session pratique par une approche douce d’habituation aux animaux par des techniques de préhension douce permettant aux participants de maîtriser leur propre appréhension. Les participants seront en situation réelle sensibilisés à la détection et la prise en compte de tout signe de stress de l’animal. Les gestes techniques d’administration et de prélèvement ne seront réalisés par le participant que lorsqu’il maitrisera parfaitement la contention, celle-ci étant validée par l’encadrant. Le nombre de gestes techniques réalisé sur chaque animal est limité et chaque animal fait l’objet au maximum d’une administration et d’un prélèvement sanguin. L’encadrant veille tout au long de la séance de formation pratique au respect du bien-être animal et sensibilise en continu les participants au raffinement des techniques.
Choix des espèces
La formation étant spécialisée sur les rongeurs et les lagomorphes, des rongeurs (souris ou rats) mâles et femelles âgés de 8 semaines et plus seront utilisées dans ce projet.
Amélioration de l’efficacité de la transplantation d’îlots pancréatiques chez la souris diabétique par traitement pharmacologique de pancréas issus de donneurs d’une espèce différente (Modification)
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
180 souris tuées comme vieux reproducteurs ou parce qu'elles sont du mauvais sexe, 480 autres tuées en fin de procédure pour analyses : 660 souris au total vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère. Les receveuses, rendues diabétiques, subissent deux injections intrapéritonéales, une chirurgie abdominale de vingt à trente minutes pour greffer des îlots pancréatiques, puis des prises de sang deux fois par semaine pendant dix semaines. Une partie est immunodéficiente et vit en cage ventilée pour la protéger des pathogènes. Le porteur affirme qu'aucune méthode alternative n'existe pour reproduire la réaction de rejet dans la veine porte, après avoir mené in vitro toutes les étapes d'optimisation du composé testé.
Objectifs
Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie auto-immune se manifestant par une destruction sélective des cellules beta du pancréas qui sécrètent l’insuline, causant une diminution de la production d’insuline et une hyperglycémie. À ce jour, l’injection régulière d’insuline est largement pratiquée mais peut-être limitée par le risque d’hypoglycémie, ou de maladie chronique rénale associée. Alternativement, des ilots pancréatiques contenant les cellules beta peuvent être préparés à partir de pancréas de donneurs décédés et être injectés (greffés) dans la veine « porte » des patients pour pouvoir se loger dans le foie. Ce type de greffe entre personnes différentes nécessitent un traitement immunosuppresseur à vie, problème d’autant plus important pour la greffe d’ilots qui doit être reproduite 3 fois pour un même patient. Ces greffes d’ilots ont fourni des résultats cliniques spectaculaires et sont maintenant autorisées par la Haute Autorité de Santé, mais reste freinées par la rareté des donneurs, le faible nombre d’îlots récoltés d’un pancréas et le risque de rejet lié au système immunitaire du patient. Nous avons pu démontrer que le traitement du pancréas de souris par un inhibiteur de la traduction des protéines permettait d’augmenter la qualité des ilots récupérés à partir d’un pancréas. Dans des expériences de transplantation d’ilots entre souris de même souche (pour éviter le rejet de greffe), nous avons démontré que les ilots préparés avec notre molécule permettaient de traiter le diabète des souris de manière beaucoup plus efficace que des ilots préparés sans la molécule. Notre objectif est maintenant de démontrer l’efficacité de notre approche dans des conditions où les ilots peuvent être rejetés. Nous préparerons des ilots pancréatiques de souris, de porc et humains et nous les grefferons dans des souris diabétiques présentant ou non un système immunitaire fonctionnel. Nous utiliserons une procédure de greffe utilisée en clinique (transplantation dans la veine porte du foie) et des traitements immunosuppresseurs limitant le rejet. Cela nous permettra d’obtenir les dernières données nécessaires pour envisager un passage en clinique. En raison de la nécessité d'utiliser une nouvelle lignée de souris immunodéprimées, plutôt que des animaux irradiés, il a été nécessaire de modifier le projet initial avec un ajout de 100 animaux supplémentaires.
Bénéfices attendus
Les résultats de ce projet fourniront les bases pour transposer notre procédure de préparation d'ilots pancréatiques en clinique humaine pour le traitement du diabète de type I, ce qui permettra d'augmenter le nombre d'îlots disponible à la greffe et en plus avec une meilleure efficacité par rapport au protocoles actuels. Grâce à cela, beaucoup plus de patients présentant un diabète de type 1 pourraient recevoir ces ilots et cela pourrait même être proposé à d'autres types de patients comme ceux ayant subit une pancréatectomie.
Procédures
Les interventions sont présentées selon l’ordre chronologique. Pour le transfert des îlots: (1) 2 injections intraperitonéales (5-10 secondes) à 1 semaine d’écart. (2) 1 semaine après la deuxième injection, chirurgie abdominale sur animaux anesthésiés (20-30 minutes). (3) à 2, 4, 6 et 8 semaines après la chirurgie, 7 prises de sang (goutte à la queue) sur une durée de 4 heures sur souris vigile (10-15 second par prise). (4) 4 prises de sang effectuées sur souris vigile au niveau de leur mandibule, seront réalisées dans la semaine de la chirurgie et 1, 3, 6 et 8 semaines après celle-ci (10-15 second par prise). (5) 1 goutte de sang obtenue par une piqure au niveau de la queue sur souris vigile (10-15 second par prise) 2 fois par semaine pendant 10 semaines. A noter que les prises de sang réalisée en "(3)" et "(4)" seront également utilisées pour le suivi hebdomadaire "(5)".
Impact sur les animaux
Les nuisances et complications éventuelles de la procédure incluent : (1) Stress et angoisse, voire des douleurs, liés aux contentions multiples auxquelles s’additionnent les actions d’injections et de prélèvements sanguins. Les opérateurs sont formés aux dernières méthodes de contention et de prélèvement moins traumatiques pour l’animal. (2) Des complications éventuelles peuvent survenir au cours et après la procédure chirurgicale et notamment une mauvaise cicatrisation, un saignement ou une infection du site de la greffe ou du site de l'injection. Ces complications sont rares (
Devenir
180 animaux seront euthanasiés en tant que vieux reproducteurs ou de sexe non désirés et seront utilisés pour des prélèvements de tissus. A cela s'ajoute 480 animaux qui seront euthanasiés en fin de procédure pour des analyses histologiques et métaboliques des animaux.
Remplacement
De nombreuses études en utilisant des lignées cellulaires et des îlots primaires isolés de souris nous ont permis 1) d'établir la concentration optimale du produit pour obtenir la meilleure survie et fonctionnalité des îlots pancréatiques, 2) de démontrer la capacité de notre composé à protéger les îlots en culture de l'absence d'oxygène et 3) d'établir les mécanismes mis en jeu. Toutes ces étapes d'optimisation ont été effectuées in vitro avec un nombre très limité d'îlots par rapport aux expériences de transplantation. Néanmoins, aucune méthode alternative au modèle in vivo n’existait pour aller plus loin dans notre étude et démontrer l'efficacité de notre approche pour soigner le diabète de type 1. Ainsi, d’autres études préalables à ce projet ont permis de montrer l’efficacité de notre approche pour normaliser la glycémie de souris diabétiques quand des ilots traités par notre molécule sont greffés au niveau de la capsule rénale ou de la veine porte de souris diabétique de la même souche. Néanmoins, à cette étape du projet et comme aucune méthode alternative n'existe pour reproduire la complexité cellulaire d'un ilot pancréatique , ni pour reproduire la réponse inflammatoire multiple et spécifique du rejet de greffe au niveau de la veine porte et du foie, nous sommes obligés de déterminer maintenant in vivo 1) l'efficacité de la procédure dans un environnement ou le rejet de greffe est possible et 2) à déterminer l'efficacité de la procédure quand les ilots sont d'origine porcine ou humaine dans un environnement ou le système immunitaire fonctionne ou ne fonctionne pas.
Réduction
Les études d'optimisation in vitro nous ont permis de réduire le nombre de souris nécessaire pour les procédures chirurgicales. A noter, l'effet de notre molécule sur la qualité des ilots de porcs et humains sera évaluée in vitro avant de réaliser les expériences de greffes, pour n’utiliser que des conditions optimales de récupération fonctionnelle. Le nombre de souris utilisées dans l'étude est strictement calculé pour obtenir des résultats statistiquement concluants, tout en réduisant au maximum le nombre de souris nécessaires.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe de 5 ou 6 selon leur poids et en milieu enrichi. Ils seront surveillés quotidiennement (comportement, apparence, signes cliniques) par le personnel animalier d'une part, et par les personnes en charge de l'expérimentation d'autre part. Les animaux immunodéficients sont élevés en cage ventilée, manipulés sous une hotte stérile et ont une procédure de change de litière et de suivi sanitaire spécifique et indépendant des animaux possédant un système immunitaire fonctionnel pour les protéger des pathogènes environnants. Toute apparition de signes de douleur tels que prostration, dos vouté, isolement et poil hérissé entrainera l’ouverture d’une fiche de score avec des points limites bien définis. Une attention particulière sera portée aux différents points d’injection, au suivi des souris diabétiques (poids, glycémie) et à la zone de chirurgie pour les animaux transplantés. Lors des chirurgies, les animaux sont injectés au moment de l’anesthésie avec de la solution saline pour prévenir la déshydratation et un analgésique pour prévenir au mieux les douleurs inhérentes à la procédure de chirurgie. L’ensemble de la procédure de chirurgie est réalisée sous une hotte stérile, sur tapie chauffant et avec un champ opératoire et une désinfection préalable et post-chirurgie avec un antiseptique. Lors des mises à mort, une sédation préalable est réalisée pour limiter le stress au moment de la dislocation.
Choix des espèces
Aucune méthode alternative ou modèle in vitro n’est disponible pour aller plus loin dans notre étude, car la complexité du système immunitaire ne peut être récapitulée in vitro. Cette étude de transplantation, dans des conditions ou le rejet pat le receveur est possible, est essentielle pour étudier in vivo le comportement de nos ilots vis-à-vis du système immunitaire humain. Cette étape est primordiale avant de pouvoir proposer notre approche aux procédures cliniques. De plus, l’ensemble des protocoles pour cette espèce est maîtrisé par les opérateurs et les outils de suivi et d’analyses sont déjà disponibles. Les animaux entreront dans les procédures entre 8 et 18 semaines d'âge.